Bonjour tout le monde, je reviens (enfin) vers vous avec ce nouveau chapitre. Il est en passant celui qui me posait des problèmes il y a quelques temps. J'espère que vous apprécie toujours autant l'histoire. Je me rends compte au vu de la dernière saison de Doctor Who que ma fan fiction a pris un chemin bien éloigné de la série (j'avais commencé mon histoire à la fin de la huitième saison et que je ne prends pas compte de ce est arrivé par la suite) Je ne vais pas vous ennuyer plus longtemps avec mes divagations. je crois en effet que je vous avais laissé à un moment crucial... Bonne lecture!


Chapitre : Être en colère

La première chose que Lydie remarqua par la suite fut la soudaine luminosité de l'endroit où elle se trouvait. La lumière l'éblouit un instant à travers ses paupières mi-closes. Lorsque sa vue revint à la normale, la jeune dame du temps s'aperçut qu'elle était dans une immense pièce immaculée de blanc. Lydie n'eut pas le temps de poursuivre ses observations, une personne qui ne lui était pas étrangère se présenta à elle. Elle mit quelques secondes à se souvenir que c'était son camarade avec qui elle avait fui les anges pleureurs un peu plus tôt (1).

Le seigneur du temps : Mademoiselle, est-ce que tout va bien ?

Lydie : Je ne sais pas trop... Où est-ce que l'on est ?

Le seigneur du temps : Je l'ignore. Après m'être fait attrapé par l'ange, j'ai atterri ici. Tout comme les autres candidats.

Le gallifréen lui désigna alors la petite trentaine de seigneurs du temps qui étaient éparpillés dans la pièce. Un autre candidat adressa un signe au seigneur du temps avec qui Lydie discutait.

Le seigneur du temps : Tous nos concurrents se sont fait attrapés par les anges pleureurs, on est tous là. Tu es l'une des dernières à être arrivée.

Lydie (d'une toute petite voix) : Je n'ai pas réussi à échapper plus longtemps aux anges...

Le seigneur du temps : Et je me demande bien où vous êtes allée après mon départ... Vous êtes trempée.

Lydie : Je me suis retrouvée à la piscine...

Le seigneur du temps : Et dans tous les sens du terme à ce que je vois.

Le seigneur du temps se tut lorsqu'il s'aperçut de la tristesse de la jeune femme. Il n'était pas l'heure de faire de l'ironie. Il s'agenouilla à côté de Lydie qui était assise au sol, recroquevillée sur elle-même.

Le seigneur du temps : Mademoiselle ?

Lydie (relevant son visage baigné de larmes vers lui) : On a tout perdu... Notre époque, nos proches... On n'a même pas pu lui dire au revoir.

Lydie éclata en sanglot, laissant couler toutes les larmes qu'elle avait retenues jusque là. Elle évacua toute la douleur et l'angoisse qu'elle ne s'était pas permise de laisser voir auparavant. Son ancien concurrent, sachant parfaitement que rien ne pourrait atténuer la douleur de la jeune femme, se permit seulement de la prendre dans ses bras. Elle se laissa aller à cette étreinte affectueuse, bien que peu réconfortante, et pleura pendant de longues minutes. Lydie ne sut combien de temps s'était écoulé depuis son arrivée lorsque de l'agitation la sortit de son état de désolation. Oubliant sa peine un instant, la jeune dame du temps suivit celui qui fut son camarade d'infortune, et rejoint les anciens candidats du concours. Tous les seigneurs du temps étaient alors regroupés dans une partie de la pièce, d'où venait la source de ce qui avait créé tant d'agitation. Un écran holographique était apparu sur un mur, où l'on pouvait voir le Docteur, sous l'incarnation de l'époque d'origine des candidats. L'image projetée était claire, dévoilant un Docteur observateur. Il semblait à la recherche de quelque chose mais regardait dans la direction de ses anciens invités.

Le Docteur : Bien, je vois que tout le monde est présent.

Un seigneur du temps : Docteur ?... Docteur ! Est-ce que vous nous entendez ?! Docteur !

Le Docteur : Nul besoin de vous époumonez. Je vous vois et vous entend très bien.

Une dame du temps : Docteur, des anges pleureurs ont pris d'assaut le Tardis et nous avons tous été envoyé dans le passé. Comment pouvons-nous retournez à notre époque ?

Le Docteur : Je n'en vois pas l'utilité...

Cette phrase laissa sans voix l'ensemble des candidats. Que voulait dire le Docteur à travers de telles paroles ? La folie l'avait-elle atteint ? Le doute planait, de plus que le héros gallifréen avait l'air paisible, en totale contradiction avec la réalité de la situation.

Le Docteur : … puisque vous y êtes toujours. (un bruit de serrure se déverrouillant se fit entendre du côté des candidats) Je viens de vous rouvrir les sorties de la pièce où vous vous trouvez. Maintenant que tout cela est fini, vous pouvez de nouveau vous déplacer librement dans le Tardis.

Un autre seigneur du temps : Nous sommes à notre époque ?! Mais qu'est-il arrivé? Les anges pleureurs... Et qu'est-ce qui est fini ?

Le Docteur (avec évidence) : Votre cinquième épreuve. Et je dois dire que vous avez su relevez le défi que je vous ai donné.

Une dame du temps (ne comprenant toujours pas) : Quel défi ?... Tout ce qui s'est passé...

Le Docteur : Je vois que mon stratagème commence à vous devenir plus clair pour certains...

La dame du temps : Alors c'est vous les anges pleureurs ?!

Le Docteur : Effectivement. La cinquième épreuve consistait à évaluer vos réactions face au danger.

Un seigneur du temps : Mais de là à nous mettre face de vrais anges pleureurs...

Le Docteur : Qui vous dit que c'était de véritables anges pleureurs ? (s'adressant à son vaisseau) Ma chère...

Le seigneur du temps légendaire ne dit rien de plus mais son Tardis comprit ses intentions puisque quelques secondes après ce court échange, un ange pleureur apparaissait au cœur du groupe de candidats. Immédiatement, les trente seigneurs et dames du temps s'écartèrent de la redoutable créature.

Le Docteur : Difficile de distinguer le vrai du faux, n'est-ce pas ? Vous pouvez abaisser votre garde, puisque ce n'est qu'une simple création de mon vaisseau.

Une dame du temps (encore un peu méfiante) : Vous voulez dire que... Les anges pleureurs que l'on a rencontrés auparavant, ce n'était que des projections venant du Tardis ?

Le Docteur (la corrigeant) : Des projections matérielles. Mon cher vaisseau a mis en scène des statues de pierre. Répondant individuellement à chacun de vos actes, elle vous a mis en situation de danger. Et je dois reconnaître qu'elle a fait un travail des plus réalistes : vous ne vous êtes rendu compte de rien.

Un seigneur du temps : Cela n'explique toujours pas un point. Lorsque vos anges nous ont ''capturés'', comment sommes-nous arrivés dans la pièce où nous nous trouvons ?

Le Docteur : Simple téléportation de la part de mon Tardis. Une faculté détournée, mais qui m'a été bien utile. Bien, je vais maintenant délibérer pour choisir ceux qui poursuivront le concours. Remettez-vous de vos récentes émotions, vous avez du temps libre jusqu'à ce que je revienne vers vous.

L'écran holographique disparut alors, mettant fin à la communication. La plupart des concurrents, encore sous le choc des dernières révélations, mirent quelques temps à recouvrer leur esprit et à partir. Lydie faisait partie de ceux-ci. Ce fut son ancien camarade d'infortune qui la sortit de sa léthargie en lui recommandant d'aller échanger ses habits détrempés contre d'autres secs. Lydie suivit son conseil et retourna dans sa chambre, ses pensées toutefois tourmentées de ce qu'il s'était passé un peu plus tôt dans la matinée.

Lydie :* Avec le recul, je me rends compte que j'aurai pu comprendre le stratagème plus tôt... Le fait que les anges pleureurs soient arrivés à l'heure où l'épreuve devait commencer... De plus que l'on n'a pas aperçu le Docteur alors qu'il aurait dû être présent. Les anges qui sont apparus d'un seul coup, sans qu'il n'y ait eu d'alerte d'intrusion... En y réfléchissant bien, on aurait même pu se poser des questions depuis hier. Ce ne doit pas être une coïncidence si on ne devait pas être présent dans le Tardis, le Docteur devait être en plein préparatif pour l'épreuve d'aujourd'hui...*

Tant de petites choses qui, regroupées, auraient pu lui indiquer ce qu'avait entrepris le Docteur en compagnie de son vaisseau. Cependant, Lydie ne comprenait toujours pas pourquoi une telle épreuve avait été créée. Elle acceptait que le Docteur les évalue dans un contexte de danger pour savoir comment ils réagiraient. Mais elle ne comprenait pas pourquoi tout cela avait été si loin, ou pourquoi avait été choisie l'une des espèces les plus dangereuses de l'Univers. Lentement, les émotions de peur, d'abandon et d'incompréhension qui s'étaient succédé dans l'esprit de la jeune dame du temps s'estompèrent. Pour être mieux remplacé par un sentiment bien plus fort: une colère sourde.


Après avoir coupé la communication avec ses invités, le Docteur avait soupiré. Il s'était montré neutre et indifférent auprès des trente candidats, mais lui aussi avait été ébranlé par cette cinquième épreuve. Lorsqu'il avait confié la gestion de celle-ci au Tardis, il ne s'était pas attendu à ce que ce soit des anges pleureurs qui soient mis en scène. Il avait conseillé aux concurrents de se remettre de leurs émotions, mais lui-même devait aussi l'appliquer au vu de sa propre histoire : ces créatures lui avaient laisser trop de mauvais souvenirs.

Balayant ses tristes pensées de son esprit, le Docteur alla s'installer devant le poste de visionnage que sa compagne de longue date lui avait installé dans son cabinet privé. Le reste de la journée allait être long : il devait visionner un par un le parcours de chacun des trente candidats. Les fuites détectées dans le Tardis la veille étaient effectivement une diversion pour faire évacuer les candidats (2). Il avait ainsi pu passer sa journée à camoufler tranquillement des micros caméras dans l'ensemble du vaisseau. Ces caméras avaient été par la suite prises en main par la conscience du Tardis. Celle-ci avait coordonné pendant l'épreuve l'enregistrement des caméras, les déplacements des candidats et les actions des pantins qu'avaient été les anges pleureurs. Le Docteur avait suivi en direct l'évolution de l'épreuve, ces enregistrements lui servant de complément pour l'évaluation individuelle des candidats.

Il était en plein visionnage des séquences enregistrées lorsque des martèlements parvinrent jusqu'à ses oreilles, accompagnée d'une voix étouffée. Le Docteur crut d'abord pouvoir passer outre cela et continuer ses délibérations, mais le fond sonore se pérennisa et devenait de plus en plus fort. Bien décidé à faire taire ce fracas lointain, le Docteur délaissa sa tâche et s'en alla des appartements qui lui étaient réservés. Arrivé à la salle de contrôle, il se rendit compte que le vacarme ne venait pas de l'intérieur, mais de l'extérieur de son vaisseau. Quelqu'un tambourinait à la porte du Tardis, avec la ferme intention d'entrer dans celui-ci. Quelques candidats venaient d'arriver de leur dortoir. Leurs regards étonnés fit comprendre au Docteur que ses invités étaient tout aussi perdus qu'il ne l'était. Rejoignant le niveau du poste du pilotage, le seigneur du temps légendaire alla ouvrir la porte du Tardis. Un homme à forte carrure entra dans le vaisseau, sans avoir préalablement demander l'avis de son propriétaire. Le Docteur, connaissant parfaitement la personne, passa outre cela et referma la portes du vaisseau.

? (se retournant pour faire face au Docteur) : Je peux savoir ce qui vous est passé par la tête ?!

Le Docteur (répondant à l'impolitesse du nouveau venu) : Bonjour à vous aussi Monsieur le Conseiller.

Devant le héros gallifréen se trouvait en effet l'un des plus conseillers ayant le plus d'influence du Haut Conseil de Gallifrey. Un seigneur du temps physiquement intimidant et qui savait en profiter, associé à une redoutable éloquence. Du point du vue du Docteur, c'est surtout un concitoyen qui protégeait les valeurs désuètes de la civilisation gallifréenne. Le Docteur ne l'appréciait donc pas et cela semblait réciproque. Et au vu de l'agression verbale qu'il venait de subir, le membre du Haut Conseil n'était pas venu pour une visite de courtoisie. Les candidats étaient maintenant tous revenus dans la salle de contrôle et le Docteur s'aperçut qu'il allait devoir gérer la situation en leur présence. Il n'était en effet pas naïf quand à la raison de la venue du politicien gallifréen, mais ne savait pas dans quelle direction leur discussion allait aboutir.

Le Conseiller : Ne faites pas de sarcasme avec moi Docteur, cela ne vous permettra pas de me détourner de la raison pour laquelle je suis venu ici.

Le Docteur : Et pourrais-je savoir celle-ci ?

Le Conseiller : Comme si vous l'ignoreriez! Quelle folie vous a pris de confronter les candidats à des anges pleureurs ?

Le Docteur : Je vois que les nouvelles vont vite... Pour être correct et pour que vous ne vous fassiez pas de fausses idées, je tiens à souligner que c'était des anges pleureurs de synthèse, et donc inoffensifs.

Le Conseiller : Qu'ils soient factices ou non, cela ne change rien ! (désignant les candidats) Vous ne vous rendez pas compte de la peur que vous leur avez faites ?

Le Docteur : J'en ai totalement connaissance, et ce sentiment est une bonne chose. Il stimule l'instinct de survie face au danger et c'est exactement ce que je souhaitais évaluer aujourd'hui.

Le Conseiller : Qu'êtes-vous encore aller nous chercher ?! Et qu'est-ce que cela peut vous apporter ? Et surtout aux candidats ?

L'aveuglement du politicien fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase chez le Docteur. La patience et l'amabilité dont il avait fait preuve avaient été mise à trop rude épreuve. Il laissa éclater toute la colère retenue depuis l'arrivée du membre du Haut Conseil de Gallifrey.

Le Docteur : La vie ! Je leur apprends à survivre lorsque les conditions ne sont pas forcément en leur faveur !

Le Conseiller (surpris par la changement radical d'attitude du légendaire seigneur du temps) : Calmez-vous donc Docteur, je vous prie de baisser d'un ton.

Le Docteur : Comment osez-vous me faire la morale Monsieur le Conseiller ?! Alors que mon but premier a toujours été de protéger ceux qui sont à mes côtés ! Grâce à l'épreuve d'aujourd'hui, j'espère avoir fait comprendre à ces candidats qu'il faut toujours garder son esprit vif car le danger peut être partout et peut surgir n'importe quand.

Le Conseiller : Je pense que l'histoire de notre civilisation est déjà une leçon de vie en elle-même dans le domaine. (3)

Le Docteur : Je ne crois pas que cela ait encore marqué les esprits des plus récentes générations. Mon futur compagnon doit savoir à quoi s'attendre en voyageant avec moi.

Le Conseiller (campant sur ses positions) : Un simple cours aurait pu être tout aussi enrichissant que la manière dont vous avez ''enseigné votre message'' à vos invités ce matin.

Le Docteur (ne supportant plus l'attitude hautaine et l'esprit étriqué du politicien, devenant acerbe) : Parlons-en de l'éducation ! Croyez-vous vraiment que c'est en les berçant d'illusions que vous allez leur apprendre à vivre avec la réalité de l'Univers ? On me considère comme une légende vivante sur Gallifrey, mais comment réagiraient nos concitoyens s'ils connaissaient certaines vérités ?

Le Conseiller (réalisant que le Docteur n'était plus sous contrôle et que certains détails délicats pouvaient être révélés, troublé) : Ils ne comprendraient pas, certainement...

Le Docteur : Et vous avez raison, sauf que là est tout mon problème ! Personne ne sait rien de moi et de ce j'ai vécu !

Cette dernière phrase provoqua un écho personnel chez le Docteur. Un souvenir des plus douloureux refit surface, plus blessant que jamais : ses adieux avec son Amélia Ponds plus d'un millénaire auparavant. Envoyée dans le passé avec son mari, la fille qui attendait n'avait pas eu la possibilité de retourner à son époque (4). Tout cela était si lointain dans l'esprit du Docteur mais il se souvenait parfaitement des responsables de cette séparation : Amy et Rory avaient été alors par des anges pleureurs. Ces créatures démoniaques, qu'il avait eu la malchance de croiser à plusieurs reprises, avaient toujours fait des ravages pour lesquels il n'avait pu être généralement qu'observateur. Et il avait dû y refaire face aujourd'hui.

Le Docteur avait été si souvent proche du danger qu'il y était maintenant habitué. Mais son dernier souhait était que la personne qui deviendrait son compagnon puisse le suivre dans ses aventures rocambolesques et dangereuses, sans que cela soit au dépit de son existence. Quelque peu aveuglé par la colère le consumant, le Docteur fit alors un aveu qui allait à l'encontre de son désir de garder secret son passé.

Le Docteur : Êtes-vous certain que des seigneurs du temps accepteraient encore de devenir mon compagnon de voyage s'ils savaient que j'ai failli tous les tuer ?! (5)

Le Conseiller : Docteur !

Le reproche était inutile, car venu trop tardivement. Le gouvernement gallifréen n'avait pas voulu ébruiter certains sombres secrets pour conserver intacte la figure emblématique du Docteur. Mais une des vérités cachées au peuple de Gallifrey concernant le Docteur venait d'être révéler au grand jour.

Le Docteur : Si je veux que mon futur compagnon me fasse confiance, quelques faits doivent être révélés. Je ne peux pas voyager accompagné par quelqu'un qui ne me confiera pas sa vie sans réfléchir (s'adressant plus particulièrement aux candidats) Quoi que l'on vous ait appris, l'Univers est rempli de dangers. Les anges pleureurs ne sont qu'une race menaçante parmi tant d'autres.

Le Conseiller : Votre pessimisme ne fera que les effrayer Docteur.

Le Docteur : Mais ils auront raison d'avoir peur, car à endroits et à des moments de l'Univers, des combats font encore rage (6). (à ses invités) Et quoi que l'on vous ait raconté, la Guerre du Temps ne s'est jamais fini. Des Daleks ont réussi à s'échapper des derniers affrontements...

Le Conseiller : Suffit, vous allez trop loin Docteur ! Certains faits sont gardés secrets et vous en avez déjà beaucoup trop dit !

Le Docteur : Personne ne peut ainsi me faire taire alors que je suis le principal concerné dans cette histoire ! Si vous ne me permettez pas cela, je ne peux pas garantir la sécurité du seigneur du temps qui m'accompagnera et je m'y refuse. Et je n'ai alors qu'une chose à dire : je mets fin au concours.

Cette annonce provoqua un silence angoissant dans la salle de contrôle du Tardis. Les candidats ne savaient plus trop quoi penser : était-ce une simple menace ou une déclaration sérieuse ? Ils eurent bien vite leur réponse.

Le Docteur : Messieurs, mesdames les candidats, retournez dans vos dortoirs et préparez vos bagages... L'aventure se termine aujourd'hui... pour tout le monde.

Le Conseiller : Docteur ! Vous ne pouvez pas mettre ainsi terme au concours !

Le Docteur (le regard froid) : Je pense en avoir la légitimité, j'ai le droit de changer d'avis.

Le Conseiller : Pas sans en avoir préalablement réfléchi longuement et en avoir discuter avec le Haut Conseil.

Le Docteur : Mais je l'ai fait puisque vous en êtes un représentant. (aux candidats) Allez rassembler vos affaires. (cette fois à l'adresse du politicien) Quant à vous, suivez-moi.

Le Conseiller : Où voulez-vous aller ? Nous devons discuter !

Le Docteur : Et nous allons le faire! Et si vous ne me suivez pas, alors je ne vous laisse pas le choix... (à son vaisseau) Ma chère, à vous l'honneur.

Personne à part le Docteur, ne comprit sur l'instant cette demande implicite : tous les candidats furent donc surpris de voir disparaître le Docteur et le visiteur inopiné. Du côté de ces deux seigneurs du temps, ceux-ci réapparurent quelques instants plus tard dans une autre partie du vaisseau. Le politicien, qui ne s'était pas attendu à cela, examina son environnement puis s'adressa au Docteur, une pointe de animosité dans la voix.

Le Conseiller : Puis-je savoir ce qu'il vient de se passer ? Où sommes-nous ?

Le Docteur : Dans mon cabinet privé, et c'est mon vaisseau qui nous a téléporté ici.

Le Conseiller : Comment cela ? Les tardis m'ont jamais eu cette faculté.

Le Docteur : Ils l'ont toujours eu, mais pour les cas d'urgence (7). (divaguant) Je laisse mon vaisseau s'emparer de quelques unes de ses fonctions et les utiliser quand elle en voit l'utilité...

Le Conseiller : Vous laissez votre Tardis prendre des décisions ?! J'aurai définitivement tout vu aujourd'hui !

Le Docteur (le regard froid) : Je traite mon vaisseau comme mon égal, que cela vous plaise ou non. Et ma décision de déléguer la gestion de la cinquième épreuve à mon Tardis ne regarde que moi!

Le Conseiller (se pinçant l'arrêt du nez, perdant patience devant la conviction du Docteur) : Nous vous avons autorisé l'organisation de cette compétition, mais cela ne signifie pas que vous pouvez faire n'importe quoi !

Le Docteur : Comprenez-vous seulement ce que je fais lors de ce concours ?! Vous m'accusez de mettre en danger la vie des candidats alors que mon but est tout l'inverse. Si vous ne vous rendez pas compte de cela, alors cela ne sert à rien que je continue un tel concours.

Le Conseiller : Que faites-vous de tous les dispositifs qui ont été mis en place en vue de celui- ci ? Et comment expliquerez-vous à la population l'arrêt soudain de la compétition ?

Sur l'instant, le Docteur ne trouva pas de réponses à ces questions. Mais cela ne le préoccupait pas plus que cela. Il savait surtout qu'il pouvait regretter son choix plus tard, mais il ne souhaitait pas avoir pour compagnon quelqu'un qui se mettrait constamment en danger. Il avait déjà tant perdu auparavant qu'il ne voulait pas que cela se reproduise si facilement, à cause d'un tempérament aventurier si serait trop développé chez son futur compagnon.

Le Docteur : Peu importe. Je préfère me confondre en excuses aujourd'hui plutôt que présenter mes condoléances à une famille si un de leur proche venait à être trop imprudent en voyageant à mes côtés. Je ne changerai pas d'avis, Monsieur le Conseiller : le concours prend fin aujourd'hui.

Le politicien comprit au regard déterminé du légendaire seigneur du temps que cette décision était irrévocable. Même en usant de la persuasion, il n'avait qu'une chance infime pour que le Docteur revienne sur ce qu'il avait dit. Si le membre du Haut Conseil de Gallifrey ne désira pas tenter l'impossible, quelqu'un d'autre souhaita le faire changer d'avis.

Le Tardis : Vous renoncez trop facilement Docteur...

Le Docteur : S'il-vous-plaît ma chère, je ne veux pas en parler, pas maintenant...

Le Tardis : Que cela vous plaise ou non, nous allons discuter de cette décision, et pas plus tard que tout de suite ! Je ne vous laisserai pas gâcher une telle opportunité de trouver un nouveau compagnon.

Le Docteur : Était-ce vraiment une bonne idée dès le départ ? Vous savez très bien que le passé peut se répéter...

Le Tardis : Mais qu'est-ce que vous pouvez être borné quand vous le voulez ! Vous savez parfaitement que la solitude ne vous sied pas (8), mais vous abandonnez tout de même une chance de trouver celui ou celle que vous recherchez pour être à vos côtés. Croyez-moi Docteur, si vous voulez réellement renoncer au concours, je ferai en sorte de me mettre en travers de votre route.

Le Docteur : Pourquoi vous entêtez-vous donc ?!

Le Tardis : Je vous l'ai déjà dit Docteur, je ne vous emmène pas toujours où vous désirez aller, mais où vous devez aller. Je sais ce qui est bon pour vous. Laissez-moi l'occasion de vous le prouvez une nouvelle fois.

Ces dernières paroles eurent pour effet de calmer un peu le Docteur. Elles lui firent se remémorer certains événements qui remontaient à plus d'un millénaire (9). Le seigneur du temps avait déjà entendu ces propos de la part du Tardis, et ceux-ci s'étaient toujours avérés exacts. Le Tardis avait toujours été à ses côtés, dans les bons et les bons moments. Elle avait l'aidé et l'avait protégé : en tant que vaisseau qui veillait que son propriétaire, mais aussi en tant d'être vivant qui savait écouter et soutenir un être cher. Le Docteur reconnaissait que le Tardis avait toujours été de bons conseils lorsqu'il lui demander son avis à propos d'importantes décisions.

Du côté du politicien gallifréen, celui-ci suivit une moitié de la conversation entre le docteur et sa machine à voyager dans le Temps et l'Espace. Il ne pouvait pas en effet comprendre ce que disait le Tardis. Pressentant que seule la conscience du vaisseau pouvait réussir à faire changer d'avis son propriétaire, le fonctionnaire se tint en retrait et observa la conversation. Sa patience fut mise à l'épreuve puisque l'échange s'éternisa dans une succession d'arguments de la part du Docteur et de la conscience du Tardis. Finalement, c'est le vaisseau qui convainquit son propriétaire, celui-ci n'ayant plus eu de raisons à lui rétorquer. Quelque peu frustré que son vaisseau le connaissance trop bien au point de réussir à lui faire changer d'avis, le Docteur espéra qu'il n'allait pas regretter cette décision. Il oublia ses derniers tracas lorsqu'il se rendit compte de la présence du politicien.

Le Docteur : Vous êtes toujours ici ?

Le Conseiller : En effet, à attendre la fin de votre conservation. Et comme je vous sens assez acariâtre, j'en déduis que votre Tardis a eu gain de cause.

Le Docteur : Ne croyez pas pour autant que j'accepte toujours aussi bien la situation. Si je poursuis ce concours, c'est en grande partie parce que je sais que les connaissances que je peux apporter aux candidats peuvent leur être bénéfiques.

Le Conseiller : Tant que vous ne franchissez pas certaines limites, je vous rappelle... C'est pour cela qu'il est préférable que vous nous présentiez chaque future épreuve au préalable...

Le Docteur (s'emportant quelque peu) : Vous m'avez accordé la libre organisation des épreuves ! Si vous m'obligez à obtenir votre autorisation pour les épreuves à venir, le Haut Conseil se défait des conditions que j'avais imposées.

Le Conseiller : Au nom du gouvernement gallifréen, je ne vous donne pas le choix. Nous n'avons pas envie qu'un seigneur du temps vienne vous demander une nouvelle fois des comptes. C'est ce qui s'est passé aujourd'hui : un des candidats a contacté un de ses proches qui n'a pas hésité à nous réclamer des explications.

Le Docteur : Eh bien voilà un candidat dont je vais me séparer. C'est bien pour ce genre de personne que j'ai souhaité créer l'épreuve d'aujourd'hui.

Le Conseiller : Ne vous égarez pas Docteur. Ai-je votre accord ? Vous avez l'obligation de vous expliquer en amont le contenu de chacune des prochaines épreuves.

Le Docteur (résigné, lâcha un soupir) : Vous avez ma parole, bien que cela ne me réjouisse pas.

Le Conseiller : Croyez-moi, le Haut Conseil aurait préféré ne pas prendre cette mesure.

Le fonctionnaire gallifréen prit congé du Docteur et partit du Tardis. Le légendaire seigneur du temps se retrouva donc seul dans son cabinet privé.

Le Docteur : Je vous jure, qu'est-ce qu'il ne faut pas promettre pour se débarrasser de quelqu'un obstiné...

Le Tardis : Docteur, je sais votre aversion pour certains haut placés du gouvernement des seigneurs du temps... Mais après avoir donné votre accord, cela ne va-t-il pas être difficile d'élaborer les futures épreuves ?

Le Docteur : Ne t'en fais, j'en fais mon affaire. Et... Sexy ?

Le Tardis : Oui Docteur ?

Le Docteur : Merci.

Le Tardis : Toujours là pour vous et cela ne changera jamais.

Le Docteur (une esquisse de sourire aux lèvres) : Et je ne t'en remercierai jamais assez. (changeant de sujet) Bien, je crois qu'il ne me reste plus qu'à retourner à mes délibérations.

Deux heures s'écoulèrent encore avant que le Docteur ne convoque les trente concurrents toujours en lice. Suite aux derniers événements, tous les candidats se rendirent dans la salle de contrôle avec l'ensemble de leurs affaires. Décidé à ne pas laisser plus longtemps dans le flou ses invités quant à l'avenir, le Docteur annonça aux candidats qu'après un long débat, il avait finalement changer d'avis. Bien qu'un peu déçus d'avoir parqueter leurs affaires pour rien, la plupart des candidats accueillirent cette nouvelle avec joie. Bonheur quelque peu atténué lorsque le Docteur leur révéla que la moitié d'entre eux ne poursuivait pas le concours. Seuls quinze seigneurs du temps allaient avoir la chance de continuer cette aventure unique.

Le Docteur : Bien, je vais appeler les numéros des candidats qui restent dans le concours. Les autres, vous serez priés de quitter le Tardis.

Le légendaire seigneur du temps lista les quinze concurrents, mais la suite ne se passa pas comme il l'avait imaginée. Certains candidats éliminés s'offusquèrent des décisions prisent par le Docteur. Un seigneur du temps était particulièrement indigné, ne comprenant pas la raison de son élimination.

Le seigneur du temps : Pourriez-vous m'expliquer pourquoi je suis évincé de la compétition ? J'étais l'un des meilleurs lors de l'épreuve d'aujourd'hui. J'ai été l'un des derniers candidats à être attrapé par vos anges pleureurs.

Le Docteur : L'ordre dans laquelle vous vous êtes faits piégés m'importe peu. Pour vous juger, je me suis principalement basé sur vos actions tout au long de l'épreuve.

Le seigneur du temps : J'ai réussi à m'échapper plusieurs fois des anges pleureurs...

Le Docteur : Non, il y a une nuance. Vous êtes parvenus à vous échapper parce que d'autres candidats étaient là pour vous aider, et souvent à leur dépends. Et c'est là votre plus grande erreur car je ne suis pas ce genre de personne : je ne laisse jamais quelqu'un derrière moi, même dans une situation de danger.

Le seigneur du temps irrité resta un instant interdit devant les révélations du Docteur, ne s'étant pas attendu à ce que celui-ci lui renvoie ouvertement ses défauts. Quant au légendaire gallifréen, il fit en sorte de calmer la colère qui montait en lui. Il avait toujours été habitué à avoir des compagnons à fort caractère (10), mais jamais n'avait imaginé que des candidats viendraient remettre en question leur éviction du concours. Bien décidé à ne pas s'emporter tout en mettant fin à ce désaccord, le Docteur comprit qu'il était temps de donner une leçon de vie au seigneur du temps qui lui faisait face.

Le Docteur : Comment pouvons-nous reconnaître un véritable ange pleureur d'une statue de pierre ?

Le seigneur du temps (quelque peu désorienté) : Quoi ?!

Le Docteur : Je vous pose cette question, et vous devriez savoir y répondre. (s'adressant alors à l'ensemble des concurrents) Hier, je vous ait donné un guide de survie pour voyageur spatio-temporel, afin que chacun puisse se documenter en vue de l'épreuve d'aujourd'hui (11). (se retournant vers le seigneur du temps mécontent) Si vous avez lu ce guide, alors vous ne devriez connaître la réponse. (après quelques instants) Ne vous évertuez pas à me mentir, cela est l'une de mes spécialités. De plus que je peux très bien savoir si vous avez réellement lu ce livre...

Énigmatique, le Docteur ne dit rien de plus mais frappa deux fois dans ses mains. Quelques secondes plus tard, la salle de contrôle était plongée dans la pénombre. La surprise passée, les candidats se rendirent compte qu'une partie d'entre eux avaient le visage et les mains phosphorescents.

Le Docteur : Ce que vous voyez, ce sont des spores qui étaient cachés dans le livre. Ceux qui l'ont lu les ont donc libérés et en sont recouverts. Je vous laisse donc déduire pour ceux qui n'ont aucune trace phosphorescente sur eux...

Le Docteur frappa une nouvelle fois dans ces mains et la lumière fut de retour. Il affichait un air triomphant tandis que le candidat face à lui était blafard. Celui-ci venait d'être pris à son propre piège.

Le seigneur du temps (coincé mais essayant de se justifier) : Vous ne nous avez jamais fait savoir qu'il fallait lire ce guide...

Le Docteur : En tant que voyageur spatio-temporel, vous devez être curieux de tous. Je ne dois pas vous obliger à quoi que ce soit. Vous devez prendre vos propres initiatives et ne pas attendre la moindre de mes recommandations. Vous n'êtes pas des soldats ! Je déteste ceux-ci, à moins qu'il n'ait mérité mon respect. (12)

L'ensemble des concurrents se rendirent alors compte qu'ils avaient pris le concours à la légère. On ne devenait pas facilement le compagnon du Docteur : il faut entrer dans son estime et partager certaines valeurs telles que l'altruisme ou l'ouverture d'esprit. Certains s'apercevaient de leur erreurs mais il était souvent trop tard : ils étaient déjà écartés de la compétition. Les adieux entre tous les candidats se firent rapidement puisque les éliminés avaient déjà leurs affaires. Après leur départ, le Docteur garda quelques minutes les concurrents restants avec lui.

Le Docteur : Bien, vous voici les quinze derniers candidats : numéros trois, six, treize, dix-sept, vingt-et-un, vingt-cinq, trente-trois, trente-sept, quarante, quarante-six, quarante-neuf, cinquante-quatre, cinquante-sept, soixante-deux et soixante-huit. Je tenais à vous poser la questions suite à ce qui s'est passé aujourd'hui : est-ce que quelqu'un souhaite abandonner de son plein gré le concours ?


(1) cf. Chapitre 10

(2) cf. Chapitre 9

(3) Je sous-entends ici l'implication du peuple gallifréen dans la Guerre du Temps

(4) cf. Les Anges prennent Manhattan

(5) cf. Le Jour du Docteur

(6) cf. Dalek, A la croisée des chemins, L'Armée des ombres/ Adieu Rose, L'expérience finale/ DGM : Dalek Génétiquement Modifié, La Terre volée/ La fin du Voyage, La Victoire des Daleks...

(7) Je pense ici par exemple à la téléportation d'urgence de personne qui se trouvent dans une pièce du Tardis qui va être dématérialisée et qui sont transportés dans la salle de contrôle principale du vaisseau. (cf. L'âme du Tardis)

(8) Je fais ici référence à la période entre le départ de Amy et Rory et l'arrivée de Clara, le Docteur était en quelque sorte dépressif à ce moment-là.

(9) cf. L'âme du Tardis

(10) Dans la nouvelle série, toutes les compagnes du Docteur savent tenir tête au Docteur.

(11) cf. Chapitre 9

(12) Je rends ici hommage au personnage de Danny Pink qui a réussi à rentrer dans l'estime du Docteur en se sacrifiait au nom de l'humanité.


Ce sera tout pour aujourd'hui, j'espère que cela vous a plu. Je vous reviens le moins prochain avec la suite pleine de révélations et de confessions.