Conflit

La gifle avait fusé, cuisante. Le numéro 9 en resta bras ballants de stupéfaction. Mei, furieuse, s'éloigna. Elle revint bientôt à grands pas, pointant sur l'attaquant un doigt accusateur.

-C'est vrai. C'est vrai, j'ai mis de l'huile sur le feu quand ça allait mal entre lui et toi, jusqu'à ce qu'il quitte l'équipe. Je voulais son poste et il était une proie facile. Néanmoins, qui a trahi sa confiance ? Qui a fragilisé cette amitié prétendument si chère à ton cœur ? Nul autre que toi, mon brave D'Jok. Tu savais qu'il m'aimait et, malgré ça, tout en cherchant à me conquérir, tu l'encourageais dans ses tentatives foireuses avec moi.

Une seconde gifle partit, tout aussi puissante que la précédente, si ce n'était plus. La brune haussa le ton.

-C'est vrai ! C'est vrai, j'ai préparé ma fuite chez les Shadows, je me suis réfugiée derrière Sinedd et j'ai lâchement plaqué les Snow Kids ! Mais la faute à qui ?! Tu me traitais comme si je ne valais pas plus qu'un chien ! Micro-Ice lui-même craignait d'avoir à te parler ! Tu étais devenu impossible à vivre, ne jurant que par tes performances et ta popularité ! Crois-tu que ton départ pour Team Paradisia était plus honorable ?! Vaste farce ! Alors ne me reproche pas de l'avoir blessé ; tu ne l'as pas plus épargné que moi !

Excédée, elle poursuivit ;

-Monsieur se pensait plus fort, plus intelligent, plus mature que tout le monde ! Mais monsieur ne se rendait pas compte qu'il se comportait comme une petite diva de bas étage infichue d'admettre ses torts et se défoulant injustement sur les autres ! Comme un connard, soyons francs ! Tu veux que je m'abaisse à ton niveau ?! Parfait ! Faisons ça ! Tu es un excellent joueur, toutefois, tu es un capitaine abominable ! La séduction n'a pas de secret pour toi, mais tu ne vaux pas un clou en tant que compagnon ! Pire que tout ; tu n'es même pas en mesure d'être un ami correct ! Et tu sais quoi ?…

Un gloussement lugubre échappa à la défenseur.

-Ton « meilleur ami » n'est plus là pour recoller les morceaux des pots que tu casses comme si c'était une passion. Tu es seul. Tu vas enfin pouvoir réaliser le soutien qu'il t'apportait. Bonne chance, D'Jok. Réellement. J'ignore comment tu vas faire sans lui. Sans cette ombre dévouée que tu croyais si orgueilleusement acquise.