Chapitre 11.

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* DaPlok *

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Ton pion en train de gesticuler sur une case indiquant que c'est à ton tour de jouer, tu viens lancer les dés sous la surveillance étroite d'un Snape qui, bien que silencieux, te semble crier son espérance d'être désigné avec toi. Une fois ta corneille avancée selon ton résultat, l'apparition ressurgit pour annoncer sa nouvelle énigme.

— « Par une phrase de l'innocent déchiré le voile de l'illusion devra être. »

Son doigt se pointe d'abord sur Harry et ensuite, sur le maître des potions que tu entends discrètement soupirer de soulagement alors que leurs pions rejoignent le tien.

— On est parti ! t'exclames-tu juste avant que la pièce ne se change en une réserve de livre. Et hop, arrivés !

— Miss, serait-il trop vous demander d'au moins faire semblant de ne pas vous amuser ?

— C'est un jeu, monsieur : un jeu. Et les jeux sont faits pour s'amuser !

— Dites… vous interrompt Harry. Va falloir trouver une phrase spécifique parmi tous ces bouquins, c'est ça ?

— Quelle perspicacité ! J'en suis toute retournée, ironises-tu dans un regard insolent en te ventilant précieusement le visage avec la main.

— Bon, il faut trouver une phrase qui énoncerait une vérité et serait prononcée par un innocent, déclare calmement le professeur des potions. QU'EST-CE QUE VOUS ATTENDEZ POUR VOUS Y METTRE ?! explose-t-il tout à coup devant votre manque de réaction.

Effrayés par ce déferlement soudain de colère, le Gryffondor et toi attrapez le premier ouvrage qui vous tombe sous la main et vous jetez dans sa lecture sitôt après l'avoir ouvert à une page au hasard. Même à trois, tu te dis que tous les consulter vous prendra au mieux deux semaines et au pire un mois.

— Et dire que j'en ai déjà assez… te lamentes-tu à haute voix.

Assise par terre, tu coules un regard en biais vers Snape, debout un peu plus loin. Tenant son livre d'une main, il le parcourt des yeux, un coude en appui contre le rebord d'une plaque d'étagère et la tempe appuyée contre son poing fermé. De ton point de vue en contre-plongée, il te parait plus imposant qu'à l'accoutumée. A cette constatation, une décharge de désir te vrille les sens et t'arrache un couinement. A l'oreille de n'importe qui d'autre, il n'aurait rien de particulier mais pas à la sienne. Levant brusquement le nez à la manière d'un chien d'arrêt, il t'adresse un haussement de sourcil tout aussi distinctif.

— Non, non, non, non, non… tente-t-il en vain de vous dissuader d'approcher, toi et ta mine de prédatrice se délectant par avance de son plaisir alors qu'une goutte de sueur perle déjà sur son front. Pas avec Potter à côté…

— C'est au contraire tout l'intérêt de la chose, susurres-tu en le plaquant si brutalement dos à l'étagère qu'il en fait tomber son livre. Ça ne t'excite pas, l'idée de baiser quasiment sous le nez d'un Potter ? l'interroges-tu en lui mordillant les lèvres par intermittence sans accorder d'attention à ses protestations peu convaincantes.

Pour le faire céder, confiante, tu lui expliques par le menu comment Harry te courtise quand il n'est pas là, tous ces regards libidineux qu'il te lance, tous ces glissements de doigts sur ta peau, à la faveur de faux prétextes comme la volonté de connaître l'heure. Au fur et à mesure qu'autour de lui, tu tisses ta toile de mensonges avec la technicité d'une araignée, le souffle du maître des potions s'accélère. Jusqu'à ce qu'il n'inverse brusquement les rôles et que ta colonne vertébrale vienne sympathiser de force avec l'étagère qui, une seconde auparavant, se liait encore d'amitié avec la sienne.

— Ce qui m'exciterait, ma petite ophidienne, ce serait de te faireavaler ma couleuvre avec lui à côté, chuchote-t-il sur ce ton autoritaire qui te fait lui obéir quoiqu'il demande.

— Autre chose avec ça ? lui demandes-tu, l'air d'une serveuse de café vissé au visage.

Rapprochant sa bouche de ton oreille, il t'y formule suavement la suite de sa commande.

— Je lui lancerai un oubliettes après, te précise-t-il avant d'échapper un soupir au contact d'une tes mains sur son entrejambe.

Après être sagement remontés à hauteur de son cou pour l'effleurer, tes doigts se font audacieux et redescendent le long de son torse en même temps que tu te baisses. Ils atteignent sa ceinture alors que tes genoux entrent en contact avec le sol. Tu défais sa boucle en te passant la langue sur les lèvres avec dans les yeux une envie qui semble se répercuter dans les siens, suspendus dans la même attente que le reste de son corps.

— Vous avancez, tous les deux ? vous lance la voix d'Harry.

— Ça se précise, Potter… Ça se précise… répond Snape pour vous deux, puisque ta bouche est à cet instant occupée à humecter de ta salive son membre en semi-érection, que tu viens tout juste de libérer. N'est-ce pas, Miss ?

La perche ainsi tendue, au propre comme au figuré, tu souris autour de son pénis dont tu t'écartes d'à peine un centimètre pour qu'il puisse sentir ton souffle sur son gland quand tu te mettras à parler. Mais avant de prendre la parole, tu passes en mode Actor Studio.

— Professeur… ne me forcez pas à faire ça… sanglotes-tu à la fois assez doucement pour être crédible et assez fort pour que le Gryffondor t'entende.

— Fermez-là ! Comme vous venez de le dire, je suis votre professeur alors obéissez-moi ! grogne-t-il, les deux mains en appui contre l'étagère et la tête baissée entre ses bras pour te fixer de son regard pressant tandis que tu reprends où tu t'es arrêtée.

— Qu'est-ce qu'il se passe ? vous interroge le brun auquel vous ne répondez pas.

— N'y va pas aussi fort… ou je ne vais pas tenir… encore longtemps avant de venir…

— Arrête de te sous-estimer comme ça… lâches-tu entre deux va-et-vient énergiques.

— Femme, je te dis de te calmer tout de suite ou bien je vais verser dans l'éjaculation précoce ! te lance-t-il d'une traite, cependant plus énervé contre lui que contre toi.

— Et tu ne voudrais pas que Potter manque ça, avoue-le… répliques-tu en obtenant un sourire entendu pour réponse. Oh… monsieur Snape… s'il vous plaît, non… je ne veux pas continuer de faire ça… t'exclames-tu de ta voix la plus suppliante.

Ensuite et en bonne élève disciplinée, tu cales à nouveau docilement tes activités buccales sur le rythme que te dictent ses mouvements de bassin.

— Qu'est-ce que vous foutez à la fin ? s'agace Harry en se rapprochant d'où vous êtes.

— On n'en est pas encore là… souffle le maître des potions, haletant sous tes attentions.

— Potter… aide-moi… l'implores-tu exagérément. Je t'en prie…

Quand il surgit enfin devant vous, tu es à genoux entre les jambes de Snape avec son sexe, vibrant de retenue à l'approche de sa jouissance, enfoncé dans la bouche. Alors que tu tournes tes yeux larmoyants vers le Gryffondor ulcéré, tu devines que l'homme au bout de ta friandise se met également à le regarder. Puis, ce que tu interprètes comme une fulgurante bouffée de fierté virile lui fait bomber le torse quand vos regards se retrouvent. C'est sur cette vision que tu lui portes le coup de langue achevant de tourner cette vanne branlante qui le conduit à se déverser en toi dans un râle satisfait.

— Voyez, Potter, maintenant qu'elle m'a goûté, n'espérez plus pouvoir un jour la rassasier, siffle le professeur de potions, se rhabillant tandis que tu te relèves en frôlant intentionnellement son corps du tien. Alors rendez-vous service : ne perdez plus votre temps à la draguer, vous vous ridiculiseriez.

— Quoi ? Mais… je ne l'ai jamais dragué ! se défend vivement Harry, perçant ainsi à jour le petit stratagème arrangé par tes soins un peu plus tôt.

Lorsqu'il reporte son attention sur toi, tu découvres chez Snape un regard que tu ne lui connaissais pas. Comme tu es saisie par le doute, ton sang-froid se met à décliner. Pour finir par disparaître quand sa main s'abat sur ta gorge, autour de laquelle se crispent ses doigts tremblants d'énervement. A partir de là, tu te retrouves en situation d'avoir bientôt le souffle définitivement coupé. Avant de le perdre d'une toute autre façon, la bouche du maître de potions s'écrasant en effet violemment sur la tienne.

— Ce que je peux aimer ta fourberie, lâche-t-il contre tes lèvres.

— Tu me rassures. Parce qu'à un moment, j'ai vraiment eu peur que ça ne te plaise pas, avoues-tu dans un sourire franc.

— Bien sûr que si. Et en plus de ça, l'énigme est résolue…

Face à cette scène, le Gryffondor se lance dans un concours de grimaces dont il est l'unique quoique très investi participant.

— Ah voilà ! Tu vois, c'est à ça que ça doit ressembler, un pitiponk correctement frit ! Merci, Potter ! J'ai essayé par tous les moyens de l'expliquer à cette femme pendant la préparation de notre dernière potion mais pas moyen de le lui faire comprendre !

— N'importe quoi, Severus… Il a clairement la tête d'une mandragore ébouillantée !

Oubliettes ! vous exclamez-vous d'une même voix en le désignant de votre baguette.

L'instant suivant marque votre retour dans la salle sur demande.

— Que… on n'a pas trouvé la réponse à l'énigme pourtant ? s'interroge Harry, dubitatif.

— Bien sûr que si, pauvre binoclard frontalement éclairé ! répliques-tu en t'amusant de cette insulte improvisée et chaleureusement approuvée par un Drago hilare.

— C'est même vous qui l'avez résolue, rajoute Snape. Vous ne vous en souvenez pas ? Parce qu'en plus d'être un incapable chronique, vous n'avez pas de mémoire ? Y a-t-il seulement quelque chose de fonctionnel chez vous, Potter ?

— Vous êtes dur là… interviens-tu, le stupéfixant sur place avec ces seuls mots.

— Il n'y a que pour vous que je suis dur… te choque-t-il en retour avant de noyer le sens réel de sa phrase dans une autre. Je veux bien sur dire : puisque vous êtes la seule à me faire cette remarque…

— Et moi, ce que je voulais dire avant que vous m'interrompiez, c'était que tout le monde, et encore moins Potter, ne peut pas être aussi fonctionnel que vous…

— Tu en sais quelque chose… te chuchote Drago alors que, venue te placer de profil à côté de lui, tu croises les mains sur son épaule sous le regard agacé d'Hermione.

— Je ne vois pas que toi tu parles, mon cappillocanarié chéri… Eh, nouveau pion !

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Lance les dés.

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