Coucou tout le monde ! Encore désolée pour mon retard... J'espère que ce petit chapitre vous plaira, malgré l'absence de révélation ou autre retournement de situation. Bonne lecture !

RàR :

PiwiiJuly : Hihi, contente que ce chapitre t'ait fait rire ! Un Rose/Jedusor ?... peut-être pas amené comme on le souhaiterait... et qui risque de partir en sucette, mais après tout, soyons fous ! (bon, en fait, je sais très bien comment ça se termine, hein ! Mais j'essaie de compatir avec mes lecteurs xD) Mais sinon, tu as raison, les fils Potter n'ont pas forcément une jugeotte très développée. Ça viendra avec les aventures, faut bien qu'ils se forgent le caractère, non ? ;) Merci beaucoup pour ta review !

Cmoa : Tu as parfaitement résumé l'état d'esprit de toute la troupe lorsqu'ils sortent du Ministère ;) Merci pour ta review !

...~oOo~...

Le lendemain, au petit-déjeuner, il n'était pas difficile de deviner le principal sujet de conversation qui agitait la Grande Salle. Si la nouvelle de la double-attaque de la veille n'avait pas fait l'objet d'une annonce officielle, il semblait en revanche que les Gryffondor s'étaient fait un devoir de mettre toute l'école au courant et désormais, le nom des victimes résonnaient à chacune des tables.

Rose fut plutôt surprise et même choquée de constater que malgré les discours alarmistes que la plupart tenait, une quantité non négligeable de visages – près de la moitié, en fait – exprimaient une excitation presque malsaine en lieu et place de la peur que toute personne normalement constituée aurait dû éprouver en sachant qu'un monstre sanguinaire était en liberté dans l'école. L'explication de cet étrange phénomène lui vint de la bouche de Thomas Prince, assis deux places plus loin, qui s'adressait à Abraxas Malefoy :

- Ces idiots ont enfin compris que seuls les Sang-de-Bourbe étaient les victimes potentielles, dit-il sans se soucier de baisser la voix.

- Pourtant, c'est écrit dans l'Histoire de Poudlard, s'étonna Malefoy Super-Sénior. Ils n'avaient qu'à la lire pour savoir que l'Héritier ne s'attaquerait jamais aux Sang-Purs.

- Nous, nous en avons la certitude, répliqua Thomas Prince. Mais mets-toi à leur place – même si ça te répugne : au début, aux yeux de tous, l'Héritier n'était qu'une légende, et il était tentant de croire que le message sur le mur était le fait d'un petit plaisantin sans rapport avec les attaques – auquel cas, tout le monde aurait été menacé. L'attaque de la Geignarde et des deux Gryffondor ont montré à toute l'école qu'il n'en est rien et que les Sang-Purs peuvent dormir sur leurs deux oreilles – tant qu'ils ne trahissent pas leur sang, cela va sans dire. Les Sang-Purs de Gryffondor n'oseront jamais l'avouer à cause de leur prétendu grand amour des moldus, mais ils sont ravis de se savoir à présent en sécurité, et ce grâce à leur famille.

- Je vois ce que tu veux dire, dit simplement Abraxas Malefoy.

Etait-ce un effet de son imagination ou bien Rose percevait-elle une lueur d'admiration sous la bêtise qui teintait les yeux du père du futur mangemort ? Elle imagina Thomas Prince portant des lentilles de contact rouges.

… pas mal du tout. Pour la forme – et aussi pour chasser la vision d'horreur qu'elle venait de fabriquer, elle lui ajouta ensuite une veste en peau de dragon cloutée, des dents de veracrasse en guise de boucles d'oreilles et pour finir, lui teignit les cheveux en vert. C'était un style, après tout.

Tout de suite, ses corn flakes lui parurent beaucoup moins appétissants.

Rose sortit son emploi du temps et le cala contre son bol, puisqu'elle avait de toute façon l'estomac trop noué pour absorber davantage de nourriture. Une nouvelle journée sans baguette s'annonçait, et elle commençait à en avoir sérieusement ras-le-choixpeau.

- Rose, as-tu déjà eu cours de métamorphoses ? demanda James en la toisant par-dessus le pichet de jus de citrouille.

- Pas encore, répondit-elle brièvement. Mais ça ne saurait tarder, j'ai deux heures avec lui, là-maintenant-tout-de-suite. J'ai hâte, d'ailleurs…

Pourquoi James se mordait-il les lèvres, tout à coup ? Métamorphoses, ça avait toujours été une matière sans histoire, et que ce fût Dumbledore qui l'enseignât ne pouvait rien gâcher.

- Ecoute, j'aime autant te prévenir… Richerson est quelqu'un d'un peu… spécial, et tu risques de ne pas trop… disons, l'apprécier.

Pardon, Richer-quoi ?

- Je croyais que c'était Dumbledore ?

- Tu n'as pas lu ton emploi du temps ? s'étonna James. Tu as Richerson, comme moi. Apparemment, depuis deux ans déjà, Dumbledore délègue une partie de ses classes il semble qu'il soit obligé de passer beaucoup plus de temps au Ministère, à cause de Grindelwald, entre autres. Je reconnais que mes explications sont floues, mais j'ai eu du mal à obtenir les détails sans engendrer de soupçon…

- Dumbledore ferait de la politique ? s'étonna Rose.

- J'imagine que ça lui passera… en tout cas, il a reçu – ou recevra, je n'en sais rien – plusieurs propositions pour devenir ministre. Et puis, il est président du Magenmagot, non ?

- Il a refusé toutes ces propositions, répliqua Rose. Et le Magenmagot est avant tout une institution judiciaire…

Elle resta un instant songeuse. Dumbledore était pour elle une légende, mais elle s'apercevait qu'elle ne connaissait pas grand-chose à son sujet… il avait ainsi eu un rôle en politique, mais lequel ? Pour Rose, les politiciens étaient pour la grande majorité des hypocrites…

- Tu parlais des cours de Richerson ? reprit-elle après quelques secondes.

- Euh… écoute, tu verras bien…

James eut un petit sourire d'excuse.

- Ah bah super ! C'est clair, net et précis. Je t'en prie, développe ta pensée ?

Elle le vit se tortiller nerveusement sur sa chaise et sa perplexité monta encore d'un cran.

- Pas très facile… enfin, fais-toi discrète et ça devrait aller. Ah, autre chose, efforce-toi de faire comme si d'habitude tu n'étais pas première de la classe. Pour une fois, tu devrais tenter de goûter les doux délices du rang des cancres…

- C'est ça. Et l'hippogriffe il met la carte de Dumbledore dans le paquet de chocogrenouilles.

Rose plongea férocement sa cuillère dans son bol de céréales, oubliant son précédent écoeurement. Elle ne savait pas trop pourquoi, mais ce souci supplémentaire, qui somme toute n'était pas grand-chose, la mettait particulièrement sur les nerfs.

Ce matin du 18 novembre 1943, une petite cuillère rendit l'âme, après trois cent ans de bons et loyaux service dans la Grande Salle de Poudlard.

...~oOo~...

Rose prit son courage à deux mains.

- Excuse-moi, demanda-t-elle à une Gryffondor de sixième année, asiatique, dont elle n'avait pas réussi à retenir le nom.

C'était d'ailleurs dommage, car cette fille était probablement celle qui lui avait offert le regard le moins inamical parmi tous les Gryffondor de sixième année agglutinés devant la salle de métamorphoses. La grande majorité d'entre eux paraissait du reste parfaitement détendue seule Rose appréhendait le cours qui allait suivre, le pire étant qu'elle ne savait absolument pas pourquoi. Ou l'art de passer pour une idiote, et par la faute de son cher cousin. Elle en était réduite à tenter maladroitement de s'informer auprès de ses condisciples, et seule la peur de s'adresser sans le savoir à l'Héritier lui donnait la force d'affronter les mines dégoûtées/furieuses que lui présentaient les Gryffondor lorsqu'elle tentait de les aborder.

- Oui ? répondit froidement l'intéressée en la toisant, les lèvres pincées et l'air méfiant.

Non mais vraiment, elle n'allait pas la manger tout de même ! Certes, officiellement, elle était à Serpentard, et donc elle n'était pas censée adresser la parole à une Gryffondor sauf pour lui faire des reproches ou des remarques piquantes, mais zut, quoi ! rester civilisé, ça ne fait de mal à personne…

- Euh… est-ce que tu pourrais me parler du professeur Richerson ? balbutia Rose, un peu gênée par cette entrée en matière un tantinet malhabile.

- Qu'est-ce que tu veux savoir ? répliqua la Gryffondor d'un ton acerbe.

Si ça se trouvait, James s'était monumentalement fichue d'elle et Richerson était en réalité une véritable crème avec ses élèves… auquel cas, Rose était vraiment en train de passer pour la dernière des idiotes. Ou une parano. Bah, vu son prétendu passé de pauvre-victime-de-l'horrible-mage-noir-Grindy, elle avait peut-être une chance d'obtenir tout de même un peu de crédit auprès de son interlocutrice…

- Euh… mon frère m'a dit qu'il avait des méthodes d'enseignement… spéciales, finit-elle par lâcher, jugeant qu'il valait mieux jouer franc jeu.

Les lèvres de la Gryffondor s'étirèrent en un sourire moqueur.

- Et il ne t'a pas donné de détails ? Quelle famille unie et soudée ! Bon, je vais t'expliquer en gros le principe. Au fond de la salle, il y a un tableau lumineux où chaque élève possède une grille de vingt cases numérotées de une à vingt. Toute bonne réponse, tout exercice convenablement effectué conduit Richerson à cocher une case en partant de la première. Tout échec, mais aussi tout comportement nuisant au bon déroulement du cours te vaudra une case rayée, en partant de la vingtième. Au bout d'un moment, cases cochées et cases rayées se rejoignent, et cela te fait une note.

- Jusque là, ça va. A part le fait qu'il s'agisse d'un contrôle continu, je ne vois pas trop où est le problème…

Le sourire de la Gryffondor s'étira encore davantage jusqu'à lui donner une expression presque sadique. Mais ? Qu'est-ce qui lui prenait ?

- Attends, tu vas comprendre, poursuivit-elle. Afin que tout le monde ait le même nombre de notes, dès qu'un élève a fini sa grille, Richerson raye toutes les cases vides restantes de tout le monde. En clair, un élève peu réactif et qui ne lève jamais le doigt…

… pourquoi Rose se sentait-elle particulièrement visée, tout à coup ? Crétin de Dippet, avec ses directives à la noix ! Bon, d'accord, c'était pour sauver le monde, mais elle allait se retrouver avec tout plein de sales notes, si elle avait bien saisi l'idée générale…

- … même si il a un comportement irréprochable et ne se trompe jamais aura une très mauvaise note, puisqu'il n'aura que peu de cases cochées.

- Je vois. Dis, il doit y avoir une sacrée compétition, alors ?

La Gryffondor se contenta de laisser échapper un rire mesquin.

- Plus que tu ne le crois. Mais comme c'est Jedusor qui rafle tous les points en répondant plus vite que tout le monde, Dippet a fini par prendre l'habitude de voir de très mauvaises appréciations en métamorphoses sur le contrôle continu, d'autant plus que Richerson a un barème très sévère, et qu'il suffit d'avoir moins de la moyenne pour récolter un D, voire un T pour les moins chanceux. Mais on se rattrape aux examens de fin d'année, et tout le monde passe. Non, le véritable problème n'est pas là…

Quoi, que pouvait-il y avoir de pire que des notes basées sur une compétition entre élèves ? Une telle méthode était tout simplement anti-pédagogique !

- A la fin de chaque cours, chaque case rayée équivaut à une minute à rester dans la salle de classe après la sonnerie…

Ça, c'était la définition même de la séquestration, non ?

- … sous la forme d'un animal dont le choix dépend de Richerson et du boulot qu'il nous demande, acheva la Gryffondor.

Attendez une minute. Sous la forme d'un animal ? Genre ver de terre ou bien léopard des neiges ? Parce que ça changeait pas mal de choses, ça. Notamment dans le cas où un Scorpius Malefoy marcherait à proximité sans trop faire attention où il met le pied.

- Généralement, il s'agit de nettoyer la classe, donc c'est souvent raton laveur qui tombe – magique, cela va de soi (1).

Rose respira un peu plus librement.

- Il est plutôt marrant, ce prof, commenta-t-elle, rassurée que Richerson ne soit pas un adepte fervent des châtiments corporels, comme l'avait d'abord craint.

Elle ne parvenait plus à se rappeler si le doloris, l'imperium et l'avada étaient déjà, en 1943, considérés comme des Impardonnables, ou s'il avait fallu attendre la montée en puissance de Lord Voldemort pour que la loi tombe.

Mais la Gryffondor reprit son air froid.

- Passe un quart d'heure sous la forme d'un niffleur pour retrouver les éclats de pierre de lune qui n'ont pas été correctement dissous dans un chaudron de Philtre de Croissance accélérée, tu me diras ce que tu en penses. Même lorsque tu reprends forme humaine, l'odeur du sang de dragon continue de te coller à la peau et ça te file des plaques rouges partout, sans compter tes cheveux qui prennent facilement un mètre dans la semaine qui suit…

Ah, effectivement, vu comme ça, c'était tout de suite moins marrant.

- Et encore, ce n'est pas le pire. J'en connais qui ont dû se farcir les œufs de Doxys qui remplissaient l'armoire sous la forme de botrucs. Bonjour l'indigestion ensuite.

- Ils les ont mangés ? s'écria Rose, incrédule.

Mais elle n'eut pas le loisir de se lamenter sur l'absurdité de sa condition que déjà le professeur Richerson arrivait. Rose l'avait déjà aperçu dans le château, mais sans savoir qui il était, et surtout sans se douter qu'il s'agissait d'un professeur. Il balaya le troupeau d'élèves du regard – enfin, Rose ne put que le supposer, puisqu'elle ne voyait pas ses yeux, dissimulés derrière d'épaisses lunettes à monture blanche et aux verres blancs, opaques – des lunettes magiques pour aveugle. Elle ne pouvait pas en être certaine à cause du chapeau qu'il portait – blanc, assorti à sa robe de sorcier blanche – mais elle aurait juré qu'il était chauve il était rasé de près, et elle ne parvenait pas, du coup, à estimer son âge. Dommage… elle l'aurait bien imaginé avec une longue barbe blanche, allez savoir pourquoi. Peut-être à cause de sa robe. Ça aurait fait bien. Style Saroumane. Euh… attendez, Sarouquelque chose, non, elle délirait complètement. Retour dans le monde réel, Saroumane a ouvert la porte et la quasi-totalité de tes camarades se trouve déjà dans la salle.

La Gryffondor asiatique la précéda avec un petit air supérieur qui fit regretter à Rose de ne pas avoir de baguette magique pour le lui ôter.

… au fait, comment allait-elle faire sans baguette pour échapper aux œufs de Doxys ?

Prions Merlin pour que ce soit de la théorie… songea-t-elle avec force.

- Aujourd'hui, théorie, déclara Richerson en déposant son sac – blanc – sur le bureau.

Merci Merlin !

- Mais avant, je voudrais tester votre assimilation du charme que nous avions travaillé lundi et qui était loin d'être une réussite…

Crétin de Merlin.

Richerson se leva de son bureau et alla se poster tout naturellement devant la table située la plus à gauche sur le premier rang, occupée par la Gryffondor asiatique dont le teint habituellement pâle semblait avoir perdu toute trace de pigmentation.

- Chang, à vous, dit-il.

- Accio couleuvre ! fit Chang d'une voix un peu tremblante.

En même temps, tu l'as voulu, tu t'es mise au premier rang, songea Rose.

Avec un déclic qui résonna curieusement dans la classe où chacun paraissait retenir son souffle, l'armoire près de la porte s'ouvrit, et un serpent atterrit en sifflant de colère sur la table de Chang, qui tressaillit à peine et pointa aussitôt sa baguette sur l'animal ondulant déjà vers le bord de la table, manifestement pressé de regagner son panier d'où il avait été tiré sans grande douceur.

- Marsalvare, dit Chang.

Rose reconnut une formule qui devait permettre, lorsque le sort était convenablement réalisé, de transformer les serpents inoffensifs en bouée de sauvetage – sort d'une utilité douteuse, donc. Elle se rassura en se rappelant qu'elle avait réussi ce charme à merveille quelques mois auparavant.

Mais la cible évita habilement le jet de lumière jaune canari qui fusa. Chang poussa un soupir désespéré et offrit un regard implorant à Richerson – du moins, qui se voulait implorant, mais l'effet d'ensemble donnait plutôt dans le genre pathétique.

- Nan mais c'est bon, elle va pas en faire un drame, ça arrive à tout le monde de foirer un sortilège, commenta Malefoy – qui ne s'était visiblement pas renseigné au sujet des méthodes de Richerson.

Rose hésita à le mettre au courant de ce qu'elle venait d'apprendre mais alors que Richerson prit de nouveau la parole elle estima qu'elle n'avait pas besoin de gaspiller inutilement sa salive.

- Bon, eh bien c'est loupé, commenta-t-il simplement.

Il brandit sa baguette et Rose eut un instant de panique en l'imaginant jeter un maléfice à son élève. Mais il se contenta de la pointer vers le fond de la classe. Rose se retourna et vit alors que le mur était en partie couvert d'un immense cadre lumineux, sur lesquels les noms des élèves étaient inscrits en colonne. Richerson fit un petit mouvement du poignet et une croix rouge et brillante alla se tracer en face du nom de Chang. Puis il se tourna vers le voisin de cette dernière, qui faisait à présent tourner sa baguette entre ses doigts, l'air morose. Envolé, le petit air supérieur de tout à l'heure…

Rose observa les élèves rater le charme successivement et parfois avec les effets les plus divertissants. Elle ne put qu'exploser de rire en voyant des filles de Serpentard grimper précipitamment sur leur table et pousser des cris d'horreur alors qu'une cinquantaine de couleuvres, nées d'une multiplication involontaire dont le mérite revenait entièrement à Avery, ondulaient dans tous les sens entre les sacs dans le plus grand désordre.

- Désolé, les filles, désolé, disait-il en lançant des coups de baguette frénétiques pour les faire disparaître. Promis, ce n'était pas prévu…

Mulciber, quant à lui, fit enfler sa couleuvre qui, lorsqu'elle atteignit l'épaisseur d'un traversin, explosa en un feu d'artifice très impressionnant quoique de taille heureusement réduite.

Dans la classe, à ce stade, seuls Jedusor et une Gryffondor répondant au doux nom de Minerva MacGonagall avaient chacun obtenu une bouée de sauvetage, parfaitement ronde et d'une solidité visible, utilisable en haute mer, respectivement verte et rouge, histoire de montrer à quel point les résultats pouvaient être inattendus.

Malefoy, comme Chang, loupa tout simplement sa cible.

Arriva le tour de Rose.

Qui n'avait toujours pas de baguette. Et qui se doutait bien que le sens pédagogue de Richerson ne permettrait pas à ce dernier de lui pardonner ce manquement.

Sans grande conviction, elle se tourna vers Malefoy pour lui emprunter sa baguette magique. Ce dernier la lui tendit avec un grand sourire railleur.

- Eh bien, Volna, je vois que votre voyage vous a donné la délicate illusion que vous pouviez vous rendre en touriste à mes cours, commenta Richerson.

Evidemment, elle ne trouva rien à répondre, Richerson ignorant tout de son périple temporel.

Pourquoi, pourquoi dans ce cours-là précisément ?. Il lui semblait que la classe entière retenait son souffle, comme tous attendaient de pouvoir enfin évaluer la nouvelle. Evidemment, ce n'était sans doute qu'une illusion d'ex-première de classe, mais tout de même, le malaise était bien là, lui.

Au moment où Rose allait jeter – et probablement rater – le sortilège d'attraction afin de se procurer une innocente couleuvre qui ne se douterait absolument pas de ce qu'elle allait injustement subir (explosion ? implosion ? les paris étaient ouverts…), son voisin de droite lui posa une autre baguette magique sur la table. Surprise, elle se tourna vivement vers lui, et il lui désigna d'un mouvement de tête Jedusor, qui eut un hochement d'approbation, le visage comme à l'accoutumée insondable.

Ouh là, c'était du sérieux, tout à coup. Elle entrait dans la cour des grands… Adressant à Jedusor un regard par lequel elle espéra exprimer toute sa gratitude, elle s'empara de la baguette en question, et la pointa vers l'armoire, sans remarquer pas que Malefoy paraissait soudain avoir avalé un Eclair de Feu de travers.

- Accio couleuvre, dit-elle d'un ton qu'elle s'efforça de rendre ferme.

Nouveau déclic. La porte s'ouvrit avec une lenteur infinie, et la couleuvre mit une éternité à atterrir sur sa table mais au moins, elle était là, devant elle, prête à l'emploi.

- Marsalvare.

Et le miracle se produisit. La couleuvre fut agitée d'un violent spasme, et se mordit la queue en un cercle parfait, alors qu'elle était parcourue par un rayon de vive lumière. Elle épaissit, se tordit une dernière fois, fut soulevée dans les airs à une dizaine de centimètres de la table et bientôt, une bouée de sauvetage retomba.

Une bouée en plastique, gonflable.

Une bouée en plastique jaune citron, avec des étoiles de mer et des mouettes imprimées dessus.

A Poudlard, en 1943.

Rose poussa un long soupir d'exaspération.

- Touriste un jour… commenta Richerson en se retenant à grand-peine de participer à l'hilarité générale.

Elle s'en fichait, d'abord. Elle avait le point.

...~oOo~...

(1) Raton laveur magique : imaginez un gros, très très gros rat. Maintenant, ôtez-lui la queue et remplacez-là par un plumeau. Ajoutez encore à cela une salive dotée de propriétés détergentes intéressantes, et un engouement pour le travail rivalisant avec celui des elfes de maison à ce stade, seule l'odeur d'œuf de dragon pourri qu'ils dégagent en permanence devrait être en mesure de vous faire renoncer à en adopter un.

...~oOo~...

Le comportement de Jedusor est un peu choquant, quand on connaît le personnage, non ? Mais dites-vous bien que ce soudain élan de générosité n'est certainement pas motivé par un altruisme enthousiaste et sans borne...

... review ?