Retrouvailles
Le petit groupe se leva. Hinata les imita, un peu difficilement, et voulut avancer mais elle se sentit partir en arrière. Elle cracha un peu de sang. Une dernière pensée effleura son esprit avant qu'elle ne tombe dans l'inconscient : trop de chakra. Elle avait utilisé une quantité immense de chakra, ce dont elle n'avait pas l'habitude – même si elle s'entraînait énormément – et ce que ses récentes blessures ne lui permettaient pas. Neji la rattrapa au dernier moment. Il la déposa délicatement au sol et posa la tête de sa cousine contre son torse, comme elle l'avait fait pour lui auparavant.
« Oh non ! », s'écria Sakura. « C'est la maladie dont elle nous a parlé. Hinata, tu ne vas pas mourir maintenant ? Il ne faut pas ! »
Neji prit peur. Il serra le corps d'Hinata un peu plus fort.
Naruto s'agenouilla à côté du corps d'Hinata et lui prit la main. Sa blessure le faisait souffrir mais la force de Kyûbi l'avait déjà amoindrie.
« Non, Hinata, s'il te plaît. C'est de ma faute », se blâma-t-il. « Je n'aurais pas du t'encourager à combattre contre ton cousin. Et toi », dit-il à l'intention de Neji, « pourquoi l'as-tu touchée si fort ? »
Naruto criait. Il pleurait. Neji était troublé. Il ne savait plus pourquoi. Tous les autres regardaient la scène avec émotion, chacun l'exprimant à sa manière. Personne ne voulait qu'Hinata les quitte. Mais Naruto ne devait pas s'acharner sur Neji non plus. Sakura s'avança et posa sa main sur l'épaule de son coéquipier.
« Naruto, … », commença-t-elle.
Mais elle n'eut pas le temps de prononcer des mots de réconfort pour Naruto ni de lui demander de se calmer. Neji venait de trouver sa réponse. C'est à ce moment qu'Hinata reprit conscience et ouvrit doucement les yeux. Mais seul Shikamaru le vit. Neji s'écria en serrant sa cousine contre lui et en laissant pour la première fois depuis longtemps paraître ses sentiments.
« Parce que je la détestais ! Je ne voulais plus la croiser. Je ne voulais plus voir son air peiné et timide à chaque fois qu'elle me rencontrait quelque part parce qu'il me démontrait à quel point j'étais détestable de haïr quelqu'un d'aussi gentil et innocent de mes malheurs. Quand je la voyais, je la détestais parce qu'elle faisait partie de la branche principale de la famille et, en même temps, je l'adorais parce qu'elle était ma cousine, si fragile et sincère. Si je l'avais tuée à ce moment-là, j'aurais pu continuer à la haïr, elle et toute la famille principale, en toute honnêteté avec moi-même. Mais maintenant, si elle meurt, c'est moi que je détesterai ».
Neji avait les larmes aux yeux. Qui aurait cru qu'un jour, il montrerait ses larmes pour sa cousine ?
Shikamaru soupira. Il s'était tenu à l'écart de toute cette effervescence, les mains dans les poches.
« Pff, c'est vraiment chiant d'être entouré d'une bande d'idiots comme vous. Hinata ne va pas mourir. Elle est déjà revenue à elle depuis un moment et vous ne vous en êtes même pas rendu compte. Tout ça, c'était un coup de bluffe inventé pour Orochimaru. Je n'imaginais vraiment pas que vous y aviez cru. Pff, c'est vraiment lourd ».
L'assistance resta figée sur place. Ne sachant que dire. Le plus décontenancé était Neji. Il venait de déballer tout ce qu'il pensait, tout ce qui le faisait tant souffrir depuis des années, devant tout le monde et, pire, Hinata avait tout entendu. Il voulait s'enfuir. Lui qui n'avait jamais craint un seul combat, il voulait fuir pour ne plus jamais réapparaître. Il n'oserait plus jamais regarder sa cousine dans les yeux. Hinata le sentit tressaillir et prêt à se détacher d'elle. Elle ne souhaitait absolument pas perdre son cousin, pas maintenant qu'ils venaient de se trouver. Il était hors de question qu'elle le laisse s'échapper. Alors, elle posa sa main sur un des deux bras qui l'enlaçaient et serra ce bras de ses toutes dernières forces. Elle prononça un merci que Neji fut seul a entendre et, cette fois, s'endormit, exténuée qu'elle était. Et Neji n'abandonna pas cette main qui s'accrochait à lui avec tant de sincérité.
Pendant ce temps, Sakura s'était jetée sur Shikamaru et l'avait empoigné par le col. Ino la rejoignit.
« C'est quoi cette histoire, tu ne pouvais pas le dire plus tôt !
- On s'est inquiétées pour rien !
- Ah, quelle galère ».
Le reste du groupe laissa s'échapper un soupire de soulagement. Naruto était encore sous le choc. Si sa blessure ne l'avait pas empêché de bouger, il se serait jeté dans les bras d'Hinata et l'aurait serrée jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus respirer tant il se sentait soulagé.
Gamabunta, le chef des grenouilles revint de sa poursuite. Il n'avait pas pu rattraper les fugitifs mais avait noté leur direction. De loin, il fit un signe à Naruto, celui-ci lui sourit puis Gamabunta repartit, dans un nuage de fumée, d'où il venait.
Kiba s'approcha de Neji et prit Hinata sur son dos.
« Je suis content que tu lui ais dit ça. Elle attendait ces paroles depuis très longtemps déjà. Ah, désolé, Akamaru ! Tu vas devoir marcher.
- Je ne savais pas que vous étiez si proches.
- Tu sais, pour moi, Hinata est bien plus qu'une simple coéquipière.
- Quoi, tu veux dire que… ?
- Bien sûr que non ! », s'indigna Kiba. « Elle a déjà quelqu'un dans son cœur. Je ne me permettrais pas de m'interposer. Au contraire, j'aimerais l'aider. Et puis, ne commence pas à jouer au cousin indigné et protecteur, ça ne te va pas !… Non, ce que je voulais dire c'est que pour moi elle est comme une petite sœur. C'est ma petite sœur préférée, voilà.
- Je vois. Cousin protecteur… C'est pourtant ce que je devrais être.
- Il n'est jamais trop tard.
- Mmm ».
Un silence s'installa avant que Neji reprenne la parole.
« Tu sais, j'ai compris maintenant. Quand j'ai voulu tuer Hinata au cours de l'épreuve éliminatoire, les trois professeurs des équipes de Konoha et l'examinateur se sont précipités pour m'arrêter. J'ai cru qu'ils cherchaient à protéger la branche principale des Hyûga et j'ai trouvé ça injuste. Mais en réalité, ce n'est pas la famille principale qu'ils ont protégée. C'est Hinata, simplement. Parce qu'Hinata est Hinata et qu'il n'y a aucune raison de vouloir faire du mal à quelqu'un comme elle. Il y a au contraire toutes les raisons du monde de la protéger ».
Kiba émit un petit rire et ne répondit rien. Neji s'irrita.
« Pourquoi ris-tu ? »
Kiba le regarda droit dans les yeux.
« J'ai du mal à imaginer que quelqu'un d'aussi intelligent que toi ait mis autant de temps pour comprendre quelque chose d'aussi simple. Mais maintenant que tu as cessé d'être un parfait imbécile, je comptes sur toi », dit Kiba en lui souriant franchement et en posant sa main sur son épaule.
Et Neji marqua son accord d'un franc geste de la tête.
Ils avaient improvisé un brancard pour Naruto qui, malgré l'aide du démon-renard, perdait toujours, mine de rien, une trop grande quantité de sang. La petite troupe allait se mettre en marche, doucement, au rythme des blessés. Cependant, Sakura appela Ino :
« Ino, viens m'aider. On ne peut pas laisser Gaara ici ».
Il était le seul survivant ennemi en vie qui ne se soit pas enfui. Il n'aurait de toute façon pas pu puisqu'il était plongé dans un profond sommeil. Ino aida Sakura à soulever Gaara. Toutes les deux passèrent un de ses bras par dessus leurs épaules et partirent ainsi en portant Gaara que rien ne paraissait pouvoir réveiller. Les deux jeunes kunoishis déposèrent le dormeur dans le brancard où était déjà couché Naruto.
« Tu vas devoir te pousser un peu », dit Sakura tout en installant la tête de Gaara dans une position adéquate.
Naruto ne répondit rien. Il avait juste été surpris que quelqu'un d'autre s'installe si près de lui. Choji, Shikamaru, Ino et Sakura prirent chacun une des poignées du brancard et se mirent en route. Naruto ne savait pas quelle posture adopter. S'il avait été seul, il aurait pu rester couché bien tranquillement mais être à deux dans un brancard conçu à la va vite pour une seule personne n'était pas aisé. Il conclut donc que le plus facile était de passer ses bras autour du cou et de la tête de Gaara. La tête de celui-ci pouvait alors reposer sur le torse de Naruto et les deux pouvaient trouver une position confortable, utile surtout pour Naruto qui était tout de même sacrément bien arrangé. En prenant la tête de Gaara si près de la sienne, Naruto pouvait sentir sa respiration caresser son bras. Il put aussi l'entendre prononcer dans son sommeil, d'une voix toute petite, un mot qui lui fendit le cœur. Gaara avait murmuré Maman. A ce mot, Naruto n'avait pu s'empêcher de resserrer instinctivement son étreinte. Il ne connaissait que trop bien ce sentiment, ou plutôt cette absence.
« J'aimerais bien faire quelque chose pour lui. Ce n'est pas vraiment sa faute s'il est comme ça, pensa-t-il tout haut.
- Ne t'en fais pas, le réconforta Sakura, pour le moment, contentons-nous simplement de rentrer tous sains et saufs au village.
- Oui, tu as raison », répondit Naruto qui reprit immédiatement du poil de la bête.
Tout en disant ça, il leva son bras libre vers le ciel et serra son poing. Il était content, plus que ça même.
« Yeah !, cria-t-il tout sourire.
- Et ne force pas sur tes blessures !, le menaça Sakura en le voyant s'enflammer.
- Oups, désolé, Sakura-chan… », dit rapidement Naruto en prenant un air confis mais en n'en pensant pas moins.
Pendant le retour, Tenten s'approcha de son coéquipier et lui glissa :
« Je suis heureuse que tu te sois réconcilié avec toi-même ».
Puis elle continua sa route silencieusement et rejoint un autre groupe un peu plus loin.
Environ une heure plus tard, le groupe d'amis arriva au village. Les combats avaient cessés. Ils se présentèrent à l'entrée de l'hôpital général de Konoha pour sauver ce qui pouvait encore l'être. Leurs maîtres furent bien vite prévenus de leur retour et l'Hokage de la capture de Gaara.
Les blessures à traiter n'étaient pas trop graves dans l'ensemble. La plupart des jeunes héros n'avait qu'à se reposer et à laisser le temps soigner leurs multiples contusions, coupures, brûlures. Hinata aussi ne devrait probablement que prendre du repos mais les médecins avaient jugés qu'une nouvelle batterie de tests n'était pas inutile. Tenten, elle, devait se faire vider les poumons de toute trace de poison si elle ne voulait pas avoir de complications plus tard. L'épaule de Shino devrait être déluxée. Et Naruto, ma fois, il aurait bien besoin d'un médecin-chirurgien expérimenté… Mais qu'attendre d'autre de Naruto, après tout ? Il semblait parfois au personnel de cet hôpital que cet enfant ne vivait que pour défier leur science médicale..
Cette nuit-là, pendant que les jeunes ninjas se reposaient et guérissaient peu à peu de leurs blessures, le village de Konoha se choisissait un nouveau chef. Et ce nouveau dirigeant ne fut autre que Tsunade. Elle était la première Hokage féminine. Elle fut un peu abasourdie quand elle vit toutes les responsabilités qui lui incombaient lui tomber dessus d'un seul coup, sans prévenir. Mais elle fut aussi très flattée de recevoir ce titre. Dès le soir de sa nomination, la Hokage du recevoir dans son bureau les dirigeants des autres pays : ses alliers mais aussi ses ennemis. Il fut annoncé lors de cette réunion que la Hokage donnerait sa réponse aux actes des ninjas du village du sable demain. Ensuite, après cette annonce, elle convoqua en réunion quelques Jounins en qui elle avait entièrement confiance. Parmi eux, Kakashi, qui pour une fois, n'eut qu'une dizaine de minutes de retard. Cette réunion avait pour but de décider de l'attitude à avoir envers le village du sable. La décision fut vite trouvée. Il fallait à tout prix éviter une guerre qui les affaiblirait face à Orochimaru mais d'un autre côté, il était impossible de laisser cette trahison impunie. Ils se séparèrent donc assez rapidement et tous allèrent se coucher, sans pour autant trouver le sommeil, tous remuant mille souvenirs et mille hypothèses dans leur tête.
