Bonjour! Merci beaucoup pour vos reviews, les follows, les favs, tout ça tout ça! Je reviens avec un petit quelque chose de triste, que j'avais envie d'écrire (en réalité la première partie date du 20 janvier dernier!) je poste donc l'Accident, qui sera suivit dans quelques heures, de "Amnésie" (Woohoo un spoiler!)

J'espère sincèrement que cela vous plaira!

ENJOY!


Des crissements de pneus. Un bruit sourd. Le fracas d'un corps percutant le bitume. Un cœur s'arrêtant de battre quelques secondes. Le silence émanant du drame. Le son si reconnaissable des pas hésitants se déplaçant rapidement. Un corps. Son corps, gisant au sol, le sang se répandant sur la route. Une voix au loin appelle une ambulance. Que doit-il faire? Le bouger? Non, certainement pas. Lui parler? Il n'est même pas conscient. Les mains tremblent, la respiration se fait courte et faible. Les mots ne viennent pas. Le choc est trop grand. Ils ne faisaient que traverser la rue. Le chauffeur bien qu'un peu sonner, ne se rend pas compte de la gravité de son acte. Il avait accéléré afin de ne pas être en retard pour aller chercher sa fille à l'école. Il allait être en retard, indéniablement. Il pouvait à peine tenir debout.

Le corps ne montrait pas de signe apparent de quelconque fracture. Seulement cette tête, laissant s'échapper un torrent de sang, s'écoulant encore et toujours plus loin. Ces huit minutes étaient longues, tellement longues. Pourquoi l'ambulance n'arrivait-elle pas? Pourquoi ne savait-il pas faire ce qu'il fallait? Il l'aurait su lui! Les gens s'attroupaient autour de l'accident, brandissant leurs téléphones, murmurant le nom des deux amis, ne se souciant que de l'état du miraculé.

Les sirènes de l'ambulance se faisaient entendre au bout de la rue. Il n'y avait plus une minute à perdre. Ils sortirent le brancard, prenant maintes et maintes précautions. La pression venait de monter d'un cran. Le transport, les premiers constats possibles, alerter les urgences d'un cas extrêmement, une âme déchirée, tiraillée par la culpabilité, puisque ça aurait du être lui. L'ambulance filait à toute allure dans les rues de Londres, puis atteint enfin sa destination. Il ne le revit plus, pendant de longues heures, sans nouvelle.

La salle d'attente était bondée de personnes souffrant de minces égratignures. Rien de bien sensationnel. Un vrai supplice que d'entendre leurs misérables maux. La nuit tombait sur la Capitale Britannique, le soleil disparaissant, faisant place à la lune dans son dernier quartier. Une lune si étincelante qu'on en oubliait les étoiles. Une petite lueur rouge dans la noirceur de la nuit, autrement dit: une cigarette rougeoyante. Il avait tout essayé à la cafétéria: café, bonbons, chewing-gum mais rien ne valait une cigarette.

Le temps lui paraissait long, pourtant cela ne faisait que deux heures qu'il était là, il en avait assez d'attendre et de ne pas avoir de nouvelles, une véritable torture pour son esprit si vif. Une fois la clope éteinte, il fallait qu'il ait des réponses. C'était sans compter sur l'ignoble secrétaire lui faisant face, mais elle obtempéra en voyant son désarrois. Le verdict tombe. Une commotion, et les jambes fracturées en diverse endroits. Le coma. La morphine. Il allait bientôt pouvoir le voir. En avait-il réellement envie? En aurait-il le courage? Pourrait-il seulement le regarder?

Le blanc. La lumière. La longueur des couloirs. Le sol si impeccable. Un hôpital. Une chambre. Un bip strident. L'estomac qui se noue. L'adrénaline qui fuse vers les jambes. Les pas toujours plus rapides. Le soulagement. L'effroi. La découverte du teint blafard. La réalisation que la respiration ne se fait plus que par un machine. Une panne de courant, les générateurs qui ne prennent pas le relais, et tout est fini.

Une chaise pour s'effondrer. L'accoudoir comme remplacement d'une épaule. Le regard fixe sur la cage thoracique qui s'élève. Le bip encore et toujours, rythmé. Certes lent, mais rythmé. L'agitation dans la chambre voisine, le décret du médecin. La pensée qu'il puisse l'avoir perdu il y a quelques minutes. Le temps semblait ralentir. Soudain, parmi les afflues de la pression ruisselant sur la terre blanche, le noir vint s'installer. La nuit tomba, mais le volcan resta en ébullition. Les souvenirs envahirent ces étendues de glace, réchauffant son centre. Tout n'était pas fini, il resterait bon nombre de choses à vivre. Une rencontre. Un tir. Un moment d'émerveillement. L'amitié. L'acceptation. L'ombre. L'amour.

Pendant des années il s'était refusé d'éprouver un quelconque sentiment à l'égard d'un autre être humain, pour se préserver, pour se protéger. Aujourd'hui, une fois de plus, il avait trouvé quelqu'un pour le protéger. Il l'avait également protéger, d'une manière peu compréhensible aux yeux de certains, mais de la plus belle des manières, en donnant sa vie. Une fois ceci compris, les sentiments qu'avaient les deux hommes étaient inévitables.

Les nerfs craquèrent. Son corps le trahit. Après tant de temps passé à se cacher, il était seul dans cette chambre d'hôpital, il n'avait plus à le faire. Des petits tremblements. Des sursauts. Des larmes. Une voix provenant du lointain. Une voix reconnaissable parmi toutes. Sa voix. Dans les méandres de son Palais Mental, il cherchait cette voix familière. Ouvrant chaque porte, empruntant chaque couloir. Elle devait bien venir de quelque part. Il allait y arriver, il le devait. Il remonta ces escaliers. Se rendant dans la première pièce. Il était là. Souriant. Vêtu d'une chemise à carreaux bleues marine, et d'un gilet bordeaux.

«Sherlock, tout va bien?

- Oh John... Tout va bien à présent.»