CHAPITRE 11 : PLUS TÔT QUE PRÉVU.
Dans sa tente, Heba se détendait dans l'eau chaude de sa petite baignoire de fortune, elle réfléchissait à ce qui lui était arrivé plus tôt dans la journée. Son amie l'oie était au bord de la baignoire, partageant l'eau avec la princesse pour également se donner un brin de toilette. Heba sortit de la baignoire et s'enveloppa d'une grande et fine serviette. Plongée dans ses pensées, elle s'assoit sur son lit de camp sans dire un mot. Au bout de quelques instants, elle brisa le silence.
« Pourquoi, a-t-il voulu m'envoyer à une mort quasiment certaine ?
- Parce que c'est ton ennemi, c'est un détail à ne pas oublier.
- Il me déteste donc à ce point ?
- Je n'en sais rien. Toi, tu ne l'aimerais pas par hasard ?
- Ça, c'est bien une idée tordue à toi. Non, en fait, je pense qu'il a peur de moi.
- Oh certainement.
- Tu vois, moi, je ne le crains pas du tout.
- Ah oui ?
- Oui. Je n'attends qu'une chose. De pouvoir lui planté mon épée en plein cœur.
- Et bien, dans ce cas, il faut battre le fer pendant qu'il est encore chaud.
- Tu as raison. Le duel ne doit plus être retardé. »
Comme à son habitude, le Général Aknadin, entra dans la tente de la princesse sans cérémonie. Il ne prêta aucune attention à la tenue légère de la princesse. Celle-ci ne manqua pas par contre de lui jeter un regard noir.
« Que voulez-vous ?!
- Nous avons reçu un nouveau message du Roi Atem. Il s'agit d'une autre invitation, qui à mon sens mériterait encore une fois un ferme refus. »
Alors que l'aube, s'était tous juste levé près du château du Roi Salomon, un homme galopait à toute allure, il avait un message d'une très grande importance pour son souverain. Lorsqu'il a atteint la salle du trône, il s'écroula sur le sol mort de fatigue. Le Roi ainsi que ses petites-filles se précipitèrent vers le messager, craignant qu'il ne leur apporte de mauvaises nouvelles. Ce dernier demanda à boire de l'eau, se sentant complètement déshydrater. Une fois que l'une des gouvernantes, lui apporta un pichet d'eau et que l'homme se soit désaltéré, le Roi Salomon se plaça devant lui et lui agrippa les épaules.
« Parle ! Dis-moi ce qui se passe ! Le Comte de Thèbes, est-il… Est-il… Mort ?
- Non, il est en vie. Le Comte a survécu au Léviathan, d'ailleurs, il y a eu un tremblement de terre, la crypte est maintenant fermé à jamais.
- Par tous les dieux merci ! Donc, autrement dit, le duel entre le Comte et le Roi Atem, sera pour aujourd'hui.
- Euh… Non, vous vous trompez votre majesté.
- Je me trompe ?
- Je suis venu vous prévenir que sa majesté le Roi Atem, a défié le Comte de Thèbes dans une épreuve de natation.
- Quoi une épreuve de… Bon, bon, ne paniquons pas. J'imagine qu'il a refusé.
- Non, vous vous trompez Sir, il a accepté.
- Alors je me trompe.
- Mais Grand-père, il faut l'arrêter ! Si elle enlève…
- Chut doucement Isis !
- Mais s'il enlève ses vêtements, on va finir par découvrir la vérité.
- Oh non ! Vite il faut aller l'en empêcher !
- Non, vous vous trompez, c'est inutile Sir.
- Décidément, ça fait trois fois que je me trompe.
- J'ai dû galoper sans relâche toute la nuit, et j'complètement crevé mon cheval. Tout cela pour vous dire que le temps que vous arriviez, l'épreuve sera déjà terminé.
- Oh non… Heba, pourquoi as-tu accepté cette folie ? »
De retour au campement, Heba se préparait, pour son épreuve. Elle était en train de couvrir le haut de son corps d'une large bande de tissus. Attachant l'une des extrémités du linge au pilier principal de la tente, la princesse s'enroula dans le tissu jusqu'à qu'il n'y en ait plus assez pour continuer.
« Tu sais que pour nager, il faut se déshabiller. Et si tu te déshabilles…
- Et bien, je leur dirais que j'ai été blessé par le Léviathan quand j'étais dans la grotte ; et que c'est la raison pour laquelle je porte un bandage.
- C'est un sacré bandage. On dirait une jeune momie. Pourquoi crois-tu qu'il ait choisi une telle épreuve ? Atem, doute de ton sexe depuis le début, c'est pourquoi il veut que tu ôtes tes vêtements. Tout le monde va rire de toi, cela ne t'a pas effleuré l'esprit ?
- Si bien sûr. Mais cela aurait été pire si j'avais refusé.
- Dans ce cas, tu comptes faire quoi ?
- Et bien, j'avais dans l'idée, que tu pourrais te servir d'un de tes tours de magie.
- Ma magie, ne vaut que pour moi, elle n'a hélas aucun effet sur les autres. Je suis navré Heba.
- Dans ce cas, je n'ai pas la moindre chance.
- On ne sait jamais, tu sais.
- Mais quand le Roi Atem, verra que je suis une femme, il refusera catégoriquement le duel.
- Certainement.
- Et la guerre reprendra comme avant.
- En effet.
- Sauf si je…
- Si quoi ? »
Heba ne répondit pas, elle mit sa blouse et noua son gilet à lacet avant de sortir de sa tente. Elle parcourra le campement en silence en observant chacun des soldats présents. Elle passa près de deux d'entre eux qui partageaient un verre de vin.
« Je suis à la recherche du meilleur cavalier. Savez-vous où je peux le trouver ?
- Il est devant vous. »
Heba fit signe au soldat de la suivre, lui faisant comprendre qu'elle souhaitait lui parler seul.
« Dis-moi. Qu'est-ce que tu apprécies ?
- Le vin monsieur, je l'affectionne particulièrement pour atténuer ma soif.
- D'accord, alors écoutes, si tu exécutes bien mes ordres, je pourrais t'offrir tout le vin pouvant sortir des vignes du château. Tu vois la bannière là-bas ? Lorsque son ombre aura atteint le niveau de cette pierre, tu devras au plus vite monter à cheval et galoper jusqu'à la rivière. Tu me retrouveras là-bas. Je serai sur le point d'affronter le Roi Atem dans une épreuve de nage.
- Bien. Et que dois-je faire une fois arrivé à la rivière ?
- Tu prendras ton air le plus désespéré, il faudra que tu montres à quel point, tu es anéanti, brisé de douleur.
- D'accord…
- Tu devras m'annoncer que notre bon Roi est mourant, et que je dois absolument retourner au château immédiatement. Est-ce suffisamment clair pour toi ?
- Oui parfaitement.
- Tu vas devoir me jurer, que rien ne pourra t'arrêter et que tu ne commettras pas la moindre erreur.
- Quand il y a de bonnes barriques de vin à la clé, je me trompe rarement. Rien ne m'arrêtera Monsieur le Comte. Je le jure.
- Je préférerais plutôt que tu me jures qu'en cas d'échec, tu ne toucheras plus à une goutte de vin pour le reste de tes jours.
- Vous avez ma parole. »
Satisfaite, de l'élaboration de son plan, Heba retourna dans sa tente pour finir de se préparer, elle devait partir pour la rivière dans peu de temps. Elle savait ce qu'elle devait faire pour retarder le moment où elle devrait rentrer dans l'eau, le temps que son « messager » ne coupe court à la rencontre.
Au bord de la rivière, le peuple d'Atem acclamait l'arrivée de leur Roi. Tous étaient confiants des capacités sportives de leur souverain et étaient certains qu'il battrait son adversaire à plat de couture. Atem se ravissait de voir son peuple en joie.
« Regardez mes amis, voyez comme notre peuple se réjouit à l'idée de la paix. Je pense que toutes les guerres devraient se résoudre ainsi, par des défis pacifiques. Roi contre Roi.
- Petite question Atem. Que vas-tu faire s'il s'avère que le Comte est une femme ?
- Quelle question Mahad je l'épouserai.
- Et si c'est bien un homme ?
- Dans ce cas, nous nous battrons, dans un duel à mort sans armure ni bouclier. Et je le tuerai, je tuerais cet homme. Et moi ensuite. »
Mahad et Seto se regardèrent avec surprise et effroi après la déclaration du Roi.
« Atem, crois-tu vraiment, qu'un suicide soit la solution à ton dilemme ?
- Tu sais Seto, je n'aurais plus aucun goût à la vie, si je n'ai plus cet amour. »
Sur l'autre côté de la rive, le Comte de Thèbes accompagné du Général, s'approchait du bord de l'eau à cheval.
« Je vous salue Majesté.
- Je vous salue également, et vous remercie d'avoir accepté cette rencontre Comte.
- Tout le plaisir est pour moi. Et d'ailleurs, je n'avais aucune raison de refuser.
- Bien. Mon ami Mahad sera mon second.
- Le Général Aknadin sera donc le mien.
- Parfait. Voyez ces bannières, elle nous indique la mi-longueur du parcours. Si la distance, vous semble trop grande, nous pouvons la réduire.
- Si elle l'est pour vous, j'y consens. Pour ma part, je n'y vois aucun inconvénient.
- Bien, c'est parfait. Il ne nous reste plus qu'une seule formalité alors. Nous dévêtir. »
Heba, descendit de son cheval le confia à Odion. Elle se dirigea vers le bord de l'eau et se mit à genoux en reliant ses mains. Atem, qui venait de retirer sa cape, fut surpris du comportement de son adversaire.
« Alors Comte, qu'attendez-vous ?
- D'où je viens, avant tout évènement important, nous prions d'abord les dieux. »
Elle devait à tout prix gagner du temps, son complice ne tarderait plus à arriver. Si tout se passait comme prévu, elle n'aurait même pas à enlever le moindre vêtement.
Au Campement, le messager en question, se délectait d'une savoureuse gourde remplie de vin. Appréciant la douce ivresse que sa boisson favorite lui procurait. Il jeta un œil à la bannière du Comte et se rendit compte que l'ombre avait largement atteint le niveau de la pierre. Il se releva attrapa son épée et se dirigea vers son cheval. Il fut interpellé par un vieil homme qui s'approchait de lui munit d'une jarre et d'un calice.
« Monsieur, je sens que vous êtes connaisseur. J'ai là avec moi un fabuleux nectar qui me vient d'Orient, et je serai enchanté de le faire goûter à un amateur de votre trempe. Il a du corps et beaucoup de bouquet. »
Le vieil homme versait le sublime nectar rouge dans le calice, notre soldat le regarda avec envie, mais il avait fait une promesse au Comte. Il n'avait pas le droit de céder à cette gourmandise.
« Je n'en doute pas monsieur que votre vin soit succulent, mais je me vois obliger de refuser.
- C'est maintenant ou jamais.
- L'honneur de mon Roi, passe avant mon amour pour le vin monsieur.
- Vous ne savez pas ce que vous perdez mon brave.
- Peut-être une autre fois monsieur. »
Le soldat salua le vieux sommelier et partit au galop en direction de la rivière.
Justement, à la rivière, Atem avait déjà ôté son haut, alors que notre Comte était toujours agenouillé au bord de l'eau priant que son complice arrive vite.
« Pendant encore combien de temps, cette prière va-t-elle durer ?
- Les dieux n'apprécient guère les prières hâtives, mais n'ayez crainte, j'ai bientôt terminé.
- Oh, mais prenez votre temps. »
En tournant la tête Heba, vit qu'Atem venait d'enlever son pantalon et ses bottes, il était désormais en sous-vêtement. Elle détourna vite la tête en fermant les yeux. C'était la première fois qu'elle voyait un homme à moitié nu. Elle ne put empêcher son corps de réagir par un léger rougissement sur ses joues, qu'elle tenta tout de suite de cacher. Voyant la réaction du Comte, Atem sourie et ne pût s'empêcher de vouloir taquiner son adversaire.
« Pourquoi détournez-vous le regard Comte ? Serait-ce le fait de voir un homme à demi-nu qui vous cause tant d'émoi ? »
Heba était partiellement de dos pour le Roi, elle fut reconnaissante qu'il ne puisse pas voir, à quel point elle faisait tout pour se ressaisir.
« Alors Comte ? »
Reprenant son sang-froid, Heba prit une grande inspiration et se retourna face à Atem.
« De l'émoi ? Non, je dirais plutôt de la surprise.
- Tiens donc. Et pourquoi ?
- Et bien disons que… Je vous imaginais plus musclé que ça.
- Ah oui ?
- Je trouve que vous êtes assez frêle. »
Ses paroles étaient loin d'être reliées à ses véritables pensées. En réalité, elle trouvait son ennemi extrêmement attrayant. Il était mince certes, mais sa musculature était incroyablement tonique. Le jeune Roi était d'une beauté stupéfiante. Heba eu du mal à contenir la sensation de chaleur qui semblait vouloir revenir sur ses joues. Heureusement qu'Atem était loin pour ne pas voir la rougeur sur son visage qu'elle tentait de dissimuler avec les longues mèches blondes qui encadraient son visage.
« Ah, bon, vous trouvez que je suis peu musclé. Et bien cela me rend impatient de voir vos muscles, Cher Comte de Thèbes. »
Cette fois, notre princesse n'avait pas le choix, elle devait commencer à enlever ses vêtements. Elle retira la ceinture qui tenait son épée, puis commença à défaire les lacets de sa veste longue.
« Auriez-vous besoin de mon aide Comte ?
- Non, c'est inutile.»
Atem, ne put que se trouver amusé lorsqu'il vit que sous la veste, le Comte était bien loin d'être dévêtu.
« Mais combien diable de couches de vêtements portez-vous ?
- Vous savez, le climat d'ici est beaucoup plus frais que de là d'où je viens. Je n'y suis guère habitué.
- J'ignorais, que vous étiez aussi délicat. Mais allez-y enlever donc le reste. »
Heba, déglutit nerveusement en commençant à retirer les lacets de sa seconde veste sous les rires du peuple. « Bon sang, que fabrique-t-il ? Il devrait déjà être là ! » Pensa la princesse.
Oui d'ailleurs, où en est notre soldat ? Et bien, il est sur le point d'arriver à la rivière, mais il fut interpellé par la voix d'une femme appelant « au secours ». Il arrêta son cheval près du cours d'eau et aperçu en effet une jeune femme dans l'eau.
« Je vous en prie mon brave, aidez-moi. Si vous refusez de m'aider, les eaux finiront par m'emporter.
- Restez où vous êtes madame, dans cinq minutes, je reviendrai et je vous tirerai de là.
- Non. Je suis une nymphe du Lac, et je sais que vous êtes venu me sauver doux chevalier, ne me faites pas languir. »
La jeune femme se leva dans l'eau, son vêtement mouillé laissait voir par transparence son corps complètement nu. Le soldat, aimait les jolies femmes autant que le bon vin. La vue de la belle poitrine magnifiquement soulignée par le linge mouillé, le fit complètement oublier sa mission pour le Comte, et descendit immédiatement de cheval en commençant à se dévêtir pour rejoindre la demoiselle en « détresse ».
Toujours sous les amusements du peuple Heba avait fini par ôter sa deuxième couche de vêtement qui couvrait le haut de son corps, ne la laissant qu'avec son gilet à lacet, sa blouse et son pantalon.
« Ça y est je suis prêt maintenant. Nous pouvons commencer.
- Mais vous êtes encore tout habiller.
- Sachez que les chevaliers de ma province, apprennent à nager vêtu de leur armure. »
La déclaration du Comte, ne donna que l'occasion au peuple de rire encore plus de lui.
« Croyez-moi Comte, si vous restez dans cette tenue, vous allez couler, c'est inévitable. Je ne peux accepter d'avoir un tel avantage. Ôtez donc ces vêtements comme moi, mettez-vous à l'aise ! Vous craignez d'attraper froid ? À moins que ce ne soit pas votre pudeur, qui vous interdise de vous montrer… À demi-nu. »
En regardant le Comte défaire son gilet, Atem avait un sourire narquois collé au visage. Il mettait le Comte mal à l'aise, s'il insistait encore, il aurait enfin la réponse à ses interrogations. Cependant, il commençait à en avoir assez d'attendre. Il plongea dans l'eau, sous les applaudissements de ses sujets. En remontant à la surface, il remarqua que le Comte n'avait plus son gilet. Mais il était encore trop habillé à son goût. Il traversa la rivière pour rejoindre l'autre rive.
« Et bien Comte, qu'attendez-vous ? Venez. L'eau est très agréable.
- Pour vous peut-être.
- Enlevez-moi cette chemise. Sinon… Je pourrais être amené à penser que…
- À penser quoi ?
- Que tu fais tout pour me cacher ton corps, car tu n'es pas ce que tu prétends être. Que vous ne savez pas nager.
- Détrompez-vous, je nage très bien. »
Atem, remarqua les nombreux regards furtifs du Comte en direction de la forêt.
« Qui cherchez-vous du regard ?
- Pardon ?
- Vous semblez attendre l'arrivée de quelqu'un.
- Non. Non, je n'attends personne. »
Peu convaincu le jeune Roi, commença à sortir de l'eau et se rapprocha de son adversaire. L'eau qui ruisselait sur son corps, ne faisait qu'accentuer sa beauté. Heba dut vraiment se retenir, pour ne se focaliser que sur le visage de son ennemi. Elle avait peur qu'un nouveau rougissement ne lui échappe.
« Vous avez peur. Ça se ressent et ça se voit.
- C'est ridicule.
- J'admets que j'ai beaucoup de mal à comprendre votre réserve mon Cher Comte.
- Tout comme moi, j'ai bien du mal à comprendre la vôtre.
- Où voulez-vous en venir ?
- Et bien, à la base, j'étais venu ici pour un duel, qui étrangement, c'est transformé en une invitation à la chasse qui a bien failli me coûter la vie d'ailleurs. J'ai trouvé ça stupide. Et voilà que maintenant, vous voulez patauger dans l'eau. Vous êtes là pour amuser votre peuple, ou pour vraiment le libérer de la guerre ? À moins que ce ne soit le fait, que vous redoutiez de vous battre contre moi. »
Atem et Heba étaient face à face très proches l'un de l'autre. Chacun regardait l'autre avec détermination.
« Je commence à être fatigué d'attendre.
- Dans ce cas… Vous n'attendrez plus très longtemps ! »
Heba recula et saisit rapidement son épée pour la brandir devant son adversaire.
« En Garde !
- Sir votre épée ! »
Mahad courut vers l'eau et lança l'arme à son ami, pour qu'il puisse se défendre. Il semblerait que le duel soit arrivé plus tôt qu'Atem ne l'aurait voulu. Heba quant à elle, elle ne perdit pas une seconde et attaqua tout de suite le souverain. Elle chercha rapidement à le blesser, pour pouvoir plus facilement le désarmé. On entendait très distinctement le tintement des deux lames qui s'entrechoquaient. Plusieurs fois, le Comte de Thèbes prit son épée à deux mains pour pouvoir frapper le plus fort possible. Seulement son adversaire était rapide et habile. Atem arrivait à éviter tous les coups d'épée qu'il tentait de lui infliger.
Le Comte retenta une nouvelle frappe, mais Atem ne s'est pas contenté de l'éviter cette fois. Il la bloqua, et repoussa le Comte pour pouvoir tenter de le frapper à son tour. Mais Atem n'était pas le seul à être rapide, Heba esquiva le coup. Pas de chance pour le Roi, son épée se coinça dans les barreaux d'un étendage de fortune laissé par les femmes de son peuple. C'est dans cette rivière qu'elles venaient nettoyer leur linge.
Heba en saisie l'opportunité et poussa l'objet de bois, provoquant ainsi le désarmement de son ennemi. Elle fonça droit sur lui et tenta de le frapper à plusieurs reprises. Bon sang, Atem était une véritable anguille, il arrivait à éviter l'épée à chaque fois. Heba commençait à en avoir assez, elle voulue viser la tête, seulement le Roi se baissa. Cela fit que l'épée de la princesse se heurta à un autre séchoir à peau de bête. D'un mouvement rapide, Atem saisit le poignet du Comte, le tira par les bras pour ensuite le jeter à l'eau. La profondeur était suffisamment importante pour ensevelir complètement le Comte.
Reprenant son souffle, Atem regardait la surface de l'eau où le Comte avait plongé.
« Vous voilà enfin dans l'eau. Et cela semble vous plaire. Alors c'était donc vrai, vous ne savez pas nager. »
À peine eut-il le temps de terminer sa phrase, que le Comte émergea subitement de l'eau, épée en main, il égratigna la poitrine d'Atem. Voyant le sang coulé de la plaie, Heba se sentit coupable.
« Oh, par les dieux, pardonnez-moi !
- Mais vous pardonnez de quoi ? Est-ce que la vue du sang vous effraie ? »
Lorsqu'Heba rencontra le regard de son ennemi, sa culpabilité s'envola et retrouva sa rage de vaincre. Elle sortit rapidement de l'eau brandissant toujours son arme vers le Roi.
« Non. Pardonnez-moi de ne pas vous avoir embroché.
- Oh, et bien dans ce cas réessayez. Vous pourriez réussir. Mais il faudrait y mettre un peu plus de conviction. »
Atem récupéra son épée, et reprit le combat. Le fer se croisa de nouveau avec ardeur. Le Comte perdit l'équilibre et se retrouva un genou à terre. Atem tenta de le frapper, mais, notre Comte réussi à bloquer la lame de son adversaire. En cherchant l'un et l'autre à repousser leur lame, ils finirent par perdre l'équilibre tous les deux, amenant le Comte à se retrouver allongé sur le Roi, les épées toujours croisées.
Les deux adversaires, se regardèrent droit dans les yeux, seule leur épée maintenait leur visage à distance l'un de l'autre.
« Eloignez-vous Comte. Avec mon sang, vous risqueriez d'être souillé »
Le Comte baissa le regard sur la blessure qu'il avait infligé au Roi, et regarda à nouveau droit dans les yeux.
« Je ne crains pas le sang de mes ennemis ! »
Atem, repoussa le Comte, et le laissa se relever. Mais c'était uniquement pour pouvoir, couper les jambes de son pantalon ; pour obliger le Comte à montrer un peu plus de son anatomie.
« Et si on enlevait ça, pour voir un peu comment vous êtes fait ? »
Heba, se sentit fébrile pour première fois depuis le début du combat, elle regarda le roi avec confusion et crainte qu'il ne découvre pas la vérité. Atem se releva, un sourire narquois aux lèvres.
« Je sais pourquoi vous tenez tant à cacher vos jambes. Elles sont si minces et elles manquent de muscles.
- Les vôtres de muscles ne vous ont pas aidés à rester debout. »
Le Comte repartit à la charge, la symphonie des épées était repartit de plus belle. Au bout de quelques croisements de lames, Atem tenta de frapper le Comte à la tête. Ce dernier se baissa, ce qui amena l'épée du roi à se coincer, dans la poutre de l'abri conçus par ses sujets. Le Comte de Thèbes leva haut son épée et frappa celle de son adversaire, la brisant en deux et faisant tombé sont ennemi au sol.
