Je sais, ça fait le 4eme chapitre que j'envoie ^^.

Ce chapitre n'y était pas dans ma première version. Au plaisir de lire vos commentaires ;)


Les vacances d'Albert étaient à son terme. Il fallait bien que ce jour arrive. De plus, il savait pertinemment qu'Archibald n'avait pas l'étoffe du Grand Oncle William. Il avait reçu de nombreux courriers de sa part, exprimant son désarroi face à tant de choses à gérer. Albert avait été éduqué dans l'unique but de devenir le chef suprême de la famille André. Il avait l'habitude des affaires difficiles qui nécessitaient du temps et de l'argent. Pour Archibald, c'était nouveau, c'était dur et trop intense.

« -Monsieur, lorsque nous arriverons, vous devriez dîner avec votre tante, annonça Georges alors qu'il était conduit jusqu'à Lakewood.

Après avoir remercié chaleureusement Norton du séjour, Albert, Candy et Georges avaient pris le train en direction de Chicago pour ensuite se diriger vers Lakewood. Candy appréhendait son retour. Elle avait écrit rapidement une lettre à Mlle Pony et Annie pour leur annoncer qu'elle allait revenir dans son pays. Mais elle savait qu'elle allait d'abord affronter les regards des membres de la famille André. Même si Albert lui avait assuré qu'auprès de lui, elle ne craignait rien, elle était certain que son retour allait causer pas mal de débats.

« -Suis-je obligé ? Marmonna Albert.

Candy sourit devinant qu'il n'était pas du tout d'accord avec le programme.

« -Oui, monsieur. A partir du moment où vous foulez les pieds de la demeure familiale, vous devriez respecter l'étiquette. Votre tante reste votre tante, la sœur de votre père, même si je sais que vous auriez préféré passer du temps avec Mlle Candy. »

A ces mots, Georges ne saurait dire lequel des deux avait rougi le premier mais il s'en amusait clairement. La complicité de ces deux jeunes qu'il respectait lui fit chaud au cœur. La petite Candy, entêtée et agitée, avait laissé à une belle jeune fille mature et réfléchie ; et Albert, le garçon qui ne voulait pas devenir chef de famille, était devenu responsable, digne et sage. Georges avait pu voir grandir ces deux enfants, il avait l'impression d'avoir été à la première loge de cette magnifique rencontre entre Albert, son maître et Candy, cette enfant qui avait réussi à toucher son cœur.

Albert toussa nerveusement.

« -Je…ne veux juste pas laisser Candy toute seule, se justifia-t-il.

-Je pense plutôt que vous avez peur de tante Elroy, pouffa Candy.

-Ce n'est pas vrai ! Se défendit-il aussi rouge qu'une pivoine.

-je vous taquine Albert ! »


William détestait ça. Il ne supportait pas ces règles de bienséance, bien qu'il les connaisse par cœur. Il soupira. Georges l'avait installé à la grande table dans l'immense salle à manger qui pouvait accueillir un peu plus que 50 personnes.

Il avait dû abandonner Candy pour la soirée. Mais elle l'avait rassuré et lui avait dit qu'elle était tellement fatiguée qu'elle se coucherait tôt. Il lui avait donné la chambre qu'elle avait occupée autrefois et grâce à Georges, Dorothée son ancienne femme de chambre, pouvait apporter de la compagnie à Candy. Ceci avait rendu la jeune infirmière très heureuse de revoir son amie d'enfance.

« -Monsieur William, fit Georges en une révérence, madame Elroy. »

Après l'avoir annoncé, la grande dame de la haute société entra dans la pièce.

Elle n'a pas changé, soupira intérieurement Albert, hautaine, froide et sans aucune émotion sur son visage.

Heureusement qu'il n'avait à se lever pour la saluer. Tante Elroy s'approcha alors de lui et l'embrassa sur le front, règle obligatoire pour celle qui était désormais le deuxième membre le plus important de la famille.

« -Bonsoir ma Tante, je suis heureux de vous revoir. »

« -Moi de même, William. Dit-elle en s'asseyant à sa place, à la droite de son neveu, j'ai entendu dire que tu as passé des vacances à Atlanta.

-Oui ma tante. »

La dîner n'allait pas être gai ce soir, pensa-t-il. Il savait pertinemment qu'elle était déjà au courant du retour de Candy dans la demeure.

« -En tout cas, tu as l'air beaucoup plus en forme qu'avant…continua-t-elle impassible.

-Oui, cela m'a fait du bien. »

Il faillit ajouter grâce à Candy mais se retint.

« -Je suis rassurée. Fit Elroy.

Tandis que les plats défilaient, ils continuèrent la conversation tout en restant séparé d'un fossé qu'Albert avait levé depuis qu'il connaissait sa tante. Il refusait de lui parler de lui-même, ni bien même de la vie qu'il a pu mener avant.

« -Les Legrands ont réussi à trouver une grosse fortune, ils deviendront dans quelques temps, l'une des familles les plus prospères des Etats-Unis, même si la nôtre est loin devant la leur, l'informa sa tante.

-Oui, je sais, j'ai lu le rapport de Monsieur Legrand, qui m'avait annoncé n'avoir jamais autant gagné en si peu de temps.

-William, si je parle d'eux, c'est pour évidemment parler d'Eliza Legrand. Elle est en âge de se marier et toi aussi, de plus…

-Nous en avons déjà parlé ma tante, coupa sèchement Albert qui commençait à trouver ça ridicule, je refuse de me marier.

-Ton père s'était marié alors qu'il n'avait pas 20 ans ! Tu dois poursuivre sa lignée, c'est ton devoir en tant que chef de la famille !

-Et en tant que chef de la famille, je vous interdis de m'imposer un mariage aussi stupide, surtout avec une Legrand ! »

Albert avait les nerfs à vif. Il n'avait jamais été autant remonté contre sa tante.

« -C'est pour ton bien !

-Assez ! S'exclama-t-il en tapant sur la table, cessez immédiatement si vous ne voulez pas que je vous chasse de ma demeure !

-Comment oserais-tu ! Se stupéfia-Elroy, je suis sa tante ! Serait-ce cette satané Candy qui t'est enlevé tout respect que tu dois envers moi ? Moi qui t'es chéri comme mon propre enfant à la mort de ton père !

-Candy n'a rien avoir avec ça ! S'offusqua le Grand André, de plus, vous n'avez jamais porté considération, vous m'avez abandonné à moi-même à la mort de mon père et de ma sœur, vous m'avez laissé pourrir dans la solitude la plus totale, uniquement parce que je vous faisais honte quand je n'étais qu'un gamin qui voulait s'amuser avec des animaux !

-L'image des Andrés ne devait pas être terni par un comportement puérile, et ne parle pas sur ce ton, William !

-Ne m'appelez pas William, je m'appelle Albert ! William, c'est le nom de mon père ! »

Les deux membres de la famille avaient si bien crié, que les domestiques étaient derrière la porte afin d'intervenir dans le cas où ça dégénérait comme la dernière dispute qui avait eu lieu entre Albert et Elroy.

« -Comment oses-tu bafouer le nom que t'as donné tes parents ! S'exclama Elroy stupéfaite, comment peux-tu être aussi ingrat envers notre famille ! »

Pendant qu'elle disait cela, Albert ressentit un malaise. Un vertige le prit et une douleur semblait déchirer sa tête. Il avait du mal à respirer. Il haletait et tremblait.

« -Tu es le Grand Oncle William, tu es à la tête de la famille, tu ne peux pas continuer constamment à fuir tes responsabilités, William ! Cette fille que tu as adoptée n'est que pure caprice infantile et irréfléchie qui t'as manipulé par je ne sais quel moyen ! Cette fille, c'est….William ? »

Son neveu affichait une mine inquiétante. Il ne l'écoutait plus. Il porta ses mains à sa tête, hurlant de douleurs.

En entendant, le cri d'Albert, Georges se précipita dans la pièce suivie des domestiques.

« -Monsieur ! Monsieur ! »

Ce dernier se sentait beaucoup trop mal pour lui répondre.

« -Appelez Mlle Candy immédiatement ! Ordonna le précepteur.

Les domestiques ne se firent pas prier et immédiatement dans les minutes qui suivirent, Candy accourait. Voyant Albert dans un état de détresse, elle donna ordre de s'écarter de lui. Georges leur demanda de quitter la pièce afin de laisser respirer monsieur William.

« -Albert ! Répondez-moi ! »

Il gémit toujours de douleurs.

« -Candy…Candy !

-Oui je suis là…Concentrez-vous sur ma voix, continua-t-elle avec une voix assurée, écoutez ma voix, ne la lâchez pas. Souvenez-vous de la nature, de nos sorties en forêt, du parc zoologique, de notre première rencontre, de notre vie commune à Chicago. Souvenez-vous de ce que nous avons vécu. Rappelez-vous de ces grandes plaines d'Afrique, de ces déserts, de ses animaux… »

Albert commençait déjà à s'apaiser, et sa douleur laissait place peu à peu à des visions flash-back, bercé par la voix de Candy.

« -Et vous vous souvenez une fois, vous m'aviez dit que rien n'est plus beau que de partager nos douleurs, nos peines, nos joies avec…

-Ceux que l'on aime, murmura-Albert.

Candy sourit, il avait l'air mieux. Mais son corps lui était si lourd, qu'il tomba de fatigue, dans les bras de son infirmière.

« -Monsieur ! S'écria-Georges.

-Ne vous inquiétez pas, la journée a été dur pour lui, il est simplement fatigué, le rassura-t-elle.

-Je vais le raccompagner à sa chambre. »

Avec l'aide des domestiques, ils portèrent le jeune Oncle dans ses appartements.

Tante Elroy qui avait assisté à la scène entière, s'en voulait intérieurement. Elle avait vu son propre neveu en détresse, et n'avait rien pu faire. C'est Candy qui avait réussi à le calmer, avec ces mots et sa voix. Comment était-ce possible ? Comment avait-elle pu apaiser William de cette manière ? Jusqu'à quel point le connaissait-elle ?

En y réfléchissant, Elroy ignorait tout de la vie qu'avait pu mener son neveu avant de se faire officiellement reconnaître. Pendant un instant, elle se sentit honteuse et misérable. C'était son neveu et elle n'avait rien pu vraiment faire pour lui. Elle, qui pensait que lui donnait de l'argent régulièrement et lui envoyait des cadeaux, allait le rendre reconnaissant. Elle se trompait. Elle connaissait mal William. Elle avait eu du mal à accepter sa passion pour les animaux et la nature.

Alors que Candy s'apprêta à entrer dans sa chambre, Elroy l'interpella.

« -Madame Elroy ? Se surprit Candy.

-J'ai quelques mots à te dire, fit la grande dame.

-Qu'avez-vous à me dire ?

-Avant toute chose, je n'accepte pas ta présence dans cette demeure…

-Ah ça je le savais bien, soupira Candy.

-Ne m'interrompez pas, petite sotte, cassa la tante, cependant… (sa voix s'adoucit) prenez soin de William. »

Et sans attendre, elle quitta une Candy abasourdie par les derniers mots d'Elroy.

« -Je vous le promets, salua-t-elle sincèrement.

Finalement, peut-être que cette grande dame au visage dure et ferme, ne pensant qu'à l'honneur de la famille, possède un cœur, pensa Candy.


J'ai toujours pensé que la tante Elroy n'était pas tout à fait méchante.