Chapitre onzième : Le vol de l'émeraude et de l'acier
Harry était venu s'excuser le lendemain de l'incident à la salle commune. Azèle les avait accepté non sans un pincement au cœur. Elle leur mentait éhontément et pour sa couverture avait même fait culpabiliser la personne qui comptait le plus pour elle : Harry. Mais son rapprochement avec Malefoy devait rester secret. Surtout après cette après-midi à Pré-au-Lard. Ils étaient désormais complices de meurtres. Putain, dans quelle merde s'était-elle foutue surtout avec un Malefoy ? Elle perdait totalement la raison depuis cet été. Jamais elle n'aurait fait ça quelques mois plus tôt. Mais là elle l'avait laissé enlevé la trace. Avant, elle aurait prévenu ses amis et ensembles, ils auraient cherché une solution. Pas une seule seconde, elle n'avait pensé recourir à leur aide. Elle avait passé le reste de la semaine à redouter la venue du ministère mais le samedi, sa panique redoubla. Et s'il venait la chercher en dehors des enceintes du château, une fois dans le train ? La ministère savait pertinemment que Dumbledore refuserait son arrestation. Mais que pouvait-il pour elle en dehors de l'enceinte de l'école ? Elle ne montra rien de sa crispation à ses amis lorsqu'ils rentrèrent dans le train mais elle était sur le qui-vive.
Elle s'était entraînée la veille à un sort d'invisibilité qu'elle avait inventé quelques mois plus tôt. Il marchait de mieux en mieux. Hier, elle avait disparu durant plus de dix minutes. Et dix minutes étaient largement suffisants pour fuir en dehors du train. Elle briserait une vitre et ferait venir par le sort d'attraction un balai pour s'envoler au loin.
L'ambiance dans le train était bien différente de celle de la rentrée. Les élèves étaient impatients de rentrer chez eux et de fêter Noël. Ron était le premier à être de bonne humeur, décrivant que ce Noël serait inoubliable, que tous ses frères sauf Percy seraient présents et que même Fleur Delacour serait là. Son père avait promit qu'ils pourraient se servir de la voiture volante à condition de rester au-dessus de la maison. Il vantait sans cesse les différents mets que sa mère allait cuisiner pour l'événement.
- C'est tellement dommage que tu ne viennes pas Azèle, lui dit-il.
- Désolée Ron. J'ai besoin de renouer avec mes origines en ce moment. C'est compliqué à expliquer, mais ce n'est pas une très bonne période pour moi. Tout remonte à la surface.
Elle ne mentait qu'à moitié. Elle avait effectivement un grand besoin de renouer avec ses origines. Elle avait de plus en plus besoin de savoir d'où elle venait, et cette fièvre de savoir avait été déclenché par la proposition, ô combien dangereuse, mais alléchante de Draughar Malefoy. Inconsciemment, ce besoin se tramait en elle, c'était sûrement pour cette raison qu'elle était rentrée en France pendant l'été et qu'elle était venue rendre visite aux sœurs de l'orphelinat. Elle n'avait pas eu une enfance horrible. Les sœurs étaient des personnes clémentes dans l'ensemble, qui ne les battaient pas, mais elle avait grandi en se sentant abandonnée et surtout anormale et aucun autre gamin ne pouvait se targuer de ça. Ses dons avaient été présent dès l'âge de bébé si elle interprétait correctement les incidents énoncés dans son dossier. « Le bébé a disparu subitement et fut retrouvé à deux kilomètres de là dans une laverie automatique ». Elle avait transplané, et personne ne voulait la garder. Puis grandissant, elle faisait des choses par la pensée qui était tout à fait normale et simple à faire pour elle mais les autres enfants ne pouvaient juste pas concevoir que c'était possible. Comme faire apparaître son nounours dans ses bras quand elle en ressentait le besoin. Un jour à 4 ans elle l'avait fait devant une autre orpheline de 7 ans et cette dernière s'était mise à crier, effrayée.
Azèle avait comprit alors que ce genre de choses ne se faisaient pas. Pas en public du moins. De plus, les sœurs la croyaient possédée par le démon, c'était même inscrit dans le dossier. Tout le monde la regardait étrangement, lui faisant comprendre chaque jour qu'elle était différente, qu'elle avait une tare. C'est ainsi qu'elle avait grandi.
Toujours seule, si seule, la lionne dans le désert aride mourrait
Harry lui prit la main en guise de réconfort. Elle la serra très fort et culpabilisa un peu plus de lui mentir comme elle le faisait. Lorsque le train arriva, ses amis la serrèrent fort dans ses bras.
- Tu es sûre de ne pas avoir le temps de venir faire un coucou à mes parents ? demanda Ron.
- Non mon train pour l'aéroport est dans 8 minutes. Embrasse-les pour moi.
Hermione et Ron s'éloignèrent pour laisser un peu d'intimité à Harry et Azèle. Harry lui reprit la main et posa son autre main sur sa joue.
- Je suis là pour toi si tu as besoin, tu sais.
- Oui je sais, chuchota-t-elle, le cœur pincé.
Il s'approcha alors d'elle et l'embrassa. Pas le genre de baiser chaste qu'ils s'étaient échangés jusqu'à maintenant. Mais un baiser langoureux, passionné. Azèle rendit la passion que mettait Harry dans le baiser, s'agrippant à lui, le serrant fort dans ses bras, comme pour faire se faire pardonner. «Pardon de te trahir» disait-elle à travers cette étreinte. Ils se séparèrent et Azèle prit le chemin opposé. Mais dans le tunnel qui menait aux différents quais elle ne s'arrêta pas au quai supposé la mener au train direction l'aéroport. Elle alla jusqu'au bout, rabattit la capuche de son long manteau noir, et se dirigea au parking des taxis. Elle vit Draughar, la capuche également rabattue de son sweat shirt gris. Il ouvrit la porte du taxi et l'invita à s'y loger. Il la regarda intensément lorsqu'elle passa devant lui.
- C'est bien, bonne idée le sort de rétrécissement pour ta valise, lui dit-il.
- Tu as fait de même.
- Oui, tes amis ne t'ont pas trop questionné ?
- Non, je leur ai dit que pour l'avion c'était mieux de voyager léger pour éviter les frais.
Il hocha la tête et elle s'engouffra dans le taxi. Il l'imita.
- Au British Library, commanda-t-il au taxi.
Azèle lui lança un regard interrogateur et en guise de réponse il contracta sa mâchoire.
Lorsqu'ils arrivèrent, il était 17h et la bibliothèque fermait.
- Nous allons attendre 18h et rentrer dedans, décréta Draughar en face de l'imposant bâtiment en briques rouges.
Il commençait à neiger.
- Pourquoi et comment ? demanda Azèle tout en regardant les grilles du bâtiment se fermer.
Draughar la regarda en biais et sourit.
- J'aime ton pragmatisme Azèle. Un des livres que tu dois consulter est dans la partie magique de la bibliothèque. Au vue des documents précieux et dangereux qu'elles renferment, cette bibliothèque est hautement surveillée par les ministères des différents pays de l'Europe. On ne peut donc pas y transplaner, on va faire autrement.
Il ouvrit la main et regarda les flocons fondre dans sa paume.
- Je ne savais pas qu'il y avait une partie magique.
- Normale, c'est un secret garder jalousement par l'aristocratie magique. Viens, on va au café d'en face. Je t'expliquerai comment on va s'y prendre.
Au café, Draughar commanda un Iced-Tea et Azèle un chocolat chaud. La jeune femme était étonnée, il semblait très bien savoir ce qu'était cette boisson moldue.
- Alors comment va-t-on faire ? L'interrogea-t-elle.
Il se leva alors et vint s'asseoir sur sa banquette. Elle dut se plaquer à la vitre pour lui laisser de la place. La banquette était petite, faite que pour une personne. Elle se retrouva coller à lui.
- Ne sois pas si nerveuse Azèle, je vais t'exposer mon plan pas t'embrasser.
Il regarda alors ses lèvres.
- Comme si tu pouvais me rendre nerveuse, dit-elle sur un ton de défi, mais en réalité elle l'était, trouvant cela étrange qu'il regarde ses lèvres. Alors ? J'attends, ordonna-t-elle de son ton impérieux.
Draughar sourit à nouveau, visiblement amusé.
- Attendons que l'on soit servi. Je n'ai pas envie que la serveuse entende mon plan.
Azèle souffla d'impatience et sortit sa gomme de sa poche et commença à la triturer.
- Ca se soigne les névroses tu sais ? la questionna faussement Draughar.
- C'est toi qui me dit ça ? La blague ! Je n'ai jamais rencontré un gars aussi empreint de contradiction. Si un psy disait que tu étais schizophrène avec de multiples personnalités ça ne m'étonnerait pas.
Il se mit à rire, à gorge déployé. Azèle resta interdite. C'était la première qu'elle le voyait rire et elle trouvait cela abracadabrant. Elle attendit mal à l'aise qu'il se calme. Par chance, la serveuse vint les servir. Il se calma et se mit à boire d'un traite sa boisson. Puis il se pencha vers elle, son visage était trop près du sien à son goût se dit-elle, mais c'était la rançon du secret, bien que l'endroit était vide.
- La dernière fois j'ai réussi à entrer en me faisant passer pour mon frère. J'ai lissé mes cheveux et les ai décoloré. Comme je t'ai dit, les partisans de Voldemort sont partout. Et l'un des gardiens étaient l'un d'eux. Ce con n'y a vu que du feu. Mais le lendemain, il s'est rendu compte que c'était pas Drago mais moi. Il s'est fait viré, sûrement buté par l'autre tête de serpent et la sécurité s'est largement accrue. L'un de mes informateurs m'a expliqué quels étaient les nouveaux systèmes de sécurité mais vue la source, je pense que c'est incomplet. Je ne me risquerais pas à rentrer là-dedans selon ses dires. C'est un coup à se faire baiser et se faire emprisonner. Cette bibliothèque est l'un des endroits les plus sous la coupe de Voldemort.
Il appuyait son doigt sur la table comme pour mieux appuyer ses dires. Azèle l'écoutait avec attention. La proximité physique ne la gênait plus du tout, trop absorbée par ses dires.
- Alors toi et moi on va faire ce qu'on fait de meilleur pour rentrer dans ce bordel et en sortir libres et vivants.
- La magie, répondit-elle calmement en confiance.
Les lèvres de Draughar s'ouvrirent dans un large sourire.
- Soit on détruit la protection du lieu. C'est une sacré protection, je ne suis pas sûre qu'on puisse le faire pour tout te dire sauf si on y passe toute la nuit mais je n'y tiens pas.
- Pourquoi pas si c'est safe ?
- Parce si on détruit la protection, ils vont savoir qu'il y a un intrus, directement. Donc on pourra rentrer mais on devra y rester genre cinq minutes. Tu auras juste le temps de scanner avec la magie le livre. Tu sais faire ça ?
- Oui.
- Le contraire m'aurait étonné. Bref, ils vont nous tomber dessus.
- Oui et si on passe trop de temps à détruire la protection, il y a un risque qu'il se rende compte que quelqu'un attaque le système.
- Tout juste. De toute manière, une fois dedans un système de protection différent existe. De ce fait, soit on recommence au risque de se faire tomber, ce qui risque forcément d'arriver, soit on fait autrement.
- Soit ?
- On va affoler le système. On va attaquer de toute part la protection. Tout le dôme, tous les murs, toutes les portes. Je veux que chaque brique se sentent attaquée. Là on défonce une porte et sa protection. Les mecs ne sauront pas où donner de la tête. Une fois dedans on refait le même bordel pour le deuxième système de protection. De ce fait, ils ne sauront pas où on est exactement, vue que pour eux, tout sera attaqué. Pareil, on aura quelques minutes pour scanner le bouquin, on va pas prendre le risque de les laisser nous trouver.
- Pourquoi ne pas le voler ? Lui demanda-t-elle, les traits perplexes se lisant sur son visage.
- Le livre lui-même est posé sur un système. Si tu le soulèves, il disparaît.
Azèle s'enfonça sur la banquette et regarda son bout de gomme rouge, elle réfléchissait intensément.
- Tu avais pas scanné le livre la première fois ?
- Si, mais après étude, j'ai détruit le scan. Question de sécurité. Je n'avais pas envie qu'on me tombe dessus et qu'on me dise que j'étais entré en effraction dans la bibliothèque. C'était une preuve trop lourde. Une bonne façon de se faire arrêter par le ministère. De toute manière, quand je ne suis pas dans l'école, je suis en fuite. Je ne suis pas trouvable.
Il s'enfonça à son tour dans la banquette et croisa ses bras derrière sa tête tout en regardant Azèle observer son bout de gomme. Au bout d'un moment, elle se tourna vers lui, un petit sourire aux lèvres.
- Toi et moi on va distorsionner le temps.
- C'est bien, tu ne doutes de rien, se moqua-t-il doucement.
- Comme toi avec la volonté d'aller au Néant.
Il sourit à nouveau, agréablement surpris.
- Je t'écoute.
- Tu te sens capable d'essayer d'arrêter le temps quelques secondes ?
Son sourire s'agrandit à nouveau.
- Je peux essayer du moins.
- A nous deux, on va l'arrêter ce putain de temps et on aura le temps de scanner et de se barrer de cet endroit sans se faire courser. On va gagner du temps. On arrête le temps et on rentre dans cet immeuble. Tu sais exactement où se trouve le livre ? le questionna-t-elle.
- Oui. Ça ne sera pas de refus du temps en plus.
- Alors, c'est décidé on affole le système.
Le temps était venu de lancer l'attaque. Ils étaient dans une ruelle près de la bibliothèque.
- C'est parti, chuchota Draughar.
Ils se regardèrent quelques instants, elle sourit légèrement. « Elle aime ça l'action et le risque » se dit Draughar. De toute manière, elle l'avait largement prouvée au cours des années précédentes, notamment dans le département des mystères. Il hocha de la tête pour lui signifier qu'il était prêt.
- On donne tout.
- Tout, confirma Azèle.
Puis elle hocha également la tête. Il se retournèrent vers le bâtiment et tendirent leurs baguettes vers le bâtiment.
- Un, deux et trois !
D'une seule voix, ils chuchotèrent « Stupefix Sparget». Une boule se forma en face de chacun des deux sorciers. Une boule argentée qui s'agrandissait au fil des secondes. Plus ils mettaient de puissance dans le sort, plus la boule augmentait en volume. Au bout de quelques secondes, chacune des sphères produisait de l'électricité, et une minutes plus tard des éclairs jaillissaient. Ils se regardèrent et d'un hochement de tête décidèrent de lancer le sort sur l'établissement. Ils claquèrent tous deux des mains et les sphères se dispersèrent en million de gouttelettes qui s'écrasèrent en même temps sur le bâtiment. Une alarme sonna aussitôt. Azèle commença à créer une deuxième boule, tandis que Draughar ouvrait avec fracas la porte d'un sort. Il commença sans perdre de temps à créer sa propre sphère. Mais ils entendirent des cris de gardien pas loin d'eux. Ils se regardèrent. Ils n'avaient plus le temps pour la distorsion du temps. La sphère d'Azèle était de taille convenable et elle claqua des mains. Les gouttelettes alarmèrent alors tout le système interne de la bibliothèque. Draughar fit disparaître sa sphère d'un habile mouvement de main. Ils pénétrèrent en courant dans l'enceinte du bâtiment, le jeune homme prenant les devants, connaissant les lieux. Azèle le suivait. L'alarme était fracassante. La jeune femme regarda derrière elle pour vérifier qu'ils n'étaient pas suivis quand elle se cogna à Draughar qui s'était arrêté. Ils étaient dans une des multiples entrées de la grande salle. Elle vit qu'il y avait un gardien à son centre qui éclairait les lieux de sa baguette magique.
- On doit passer dans la salle, dit Draughar à son oreille pour se faire entendre. Toi tu le stupefix moi j'ouvre le passage. A 3, 1, 2 et 3.
- Stupefix, cria Azèle.
Le sort frappa en pleine tête l'homme qui tomba dans les pommes instantanément. Draughar lança un sort à une porte à leur gauche qui éclata en morceau. Ils coururent et s'engouffrèrent dans le trou béant créé par le blond. Ils étaient dans un long couloir étroit.
Quand Draughar tourna subitement à droite et éclata à nouveau une porte. Ils se retrouvèrent dans un énorme escalier en colimaçon.
- On descend, cria le blond.
Ils descendirent aussi vite qu'ils le pouvaient, quand un sort faillit les frapper. Azèle se retourna et vit plusieurs gardiens à leur trousse. Ils continuèrent de descendre tout en lançant de multiples sorts. L'escalier se terminaient enfin mais d'autres gardiens les attendaient et parmi eux des gens cagoulés : des mangemorts.
L'acier et l'émeraude piégé
Draughar lança un impressionnant sort de feu, créant un mur de flammes tout autour d'eux. Il lançait à travers le mur des sorts de stupefixion. Azèle ne réfléchit pas et tenta le sort de distorsion. En fait, il n'y avait aucuns sorts existants pour créer une fixation du temps. Elle décida de laisser libre court à sa plus dangereuse magie, la magie qu'elle refusait de laisser s'immiscer dans ses veines en tant normal. Elle ferma les yeux, croisa les bras sur sa poitrine, ses mains posées sur ses épaules, les yeux fermés.
Draughar se s'aperçut de ce qu'il se produisait que lorsqu'il vit des milliers de filaments virevolter autour de lui et être aspirés par Azèle, semblant disparaître dans son corps. D'un coup de baguette il accentua le mur de feu et créa à la va vite un champs de protection autour d'eux. Il se positionna derrière elle et croisa ses bras sur les propres bras croisés de la jeune femme. Il sentit la magie d'Azèle le brûler, mais elle ne le repoussait pas. Alors il ferma les yeux et se laissa également aller à sa propre magie. Les filaments se firent de plus en plus nombreux et accélèrent leurs courses.
L'absorption de la magie, puissante, implacable, la plier à leur volonté
Les corps des deux sorciers absorbaient toute cette énergie. Quand tout d'un coup tout se figea. Ils ouvrirent les yeux en même temps et constatèrent que plus rien ne bougeait autour d'eux. Les flammes ne dansaient plus, les corps derrière étaient étrangement fixes. Ils se détachèrent l'un de l'autre. Azèle créa une ouverture dans les flammes mais ses mouvements étaient lents. Toute la magie qu'elle accumulait en elle, toute cette énergie, rendait ses mouvements lourds.
- Par là, dit Draughar en montrant la porte dans laquelle était logé un garde, la bouche grande ouverte, un sort rouge sortant de sa baguette.
Sa voix était lointaine, comme s'ils étaient enfermés dans deux bulles distinctes. Azèle saisit qu'ils n'étaient pas dans la même dimension que dans celle dans laquelle ils évoluaient au quotidien. Aussi vite que leurs mouvements le permettaient, ils rejoignirent la porte, contournèrent du mieux qu'ils purent le gardien et s'engouffrèrent dans une pièce immense. Draughar fonça vers une porte à l'autre bout et l'éclata comme toutes les autres. Ils étaient désormais dans une petite salle recouverte de velours bleus nuits. Les étagères étaient également recouvertes de ce même velours et de multiples livres y étaient posés. Au centre des étagères, trônaient de multiples guéridons noirs et sur chacun d'eux un livre.
Draughar se dirigea vers l'un des guéridons et regarda Azèle, la priant du regard de scanner le livre. Elle dirigea sa baguette vers le livre et prononça «Antigrafo». Alors un hologramme du livre apparut à ses côtés. Le scan commençait. Ils en avaient pour deux ou trois minutes. Ils ne savaient pas si la distorsion du temps durerait aussi longtemps.
Draughar se posta à la porte au cas où le sort s'arrêterait de fonctionner. Azèle lançait des coups d'œil anxieux entre l'hologramme et la porte. Elle commençait à paniquer, toute la magie qu'ils contenaient pour créer ce champs de distorsion était de plus en plus difficile à tenir.
- Draughar viens !
Il obéit. Quand il fut à côté d'elle, elle lui prit le bras.
- Concentrons nous, la magie nous échappe !
Ils fermèrent les yeux et essayèrent de contenir la magie un peu plus longtemps. Azèle, sa baguette toujours diriger vers le livre qui était en train de se faire pirater. Mais ce fut trop, la magie s'échappa tout d'un coup. Toutes les étincelles s'évadèrent d'eux, leurs mouvements redevinrent fluides et faciles, tous les sons n'étaient plus étouffés. Le scan par chance fut finit au même moment. Ils se regardèrent anxieux.
- On fonce dans le tas, on fait des dégâts. Mets ta capuche, ordonna Draughar avec l'énergie du désespoir.
Ils avaient pour eux l'effet de surprise. Le cercle de feu de Draughar continuait à s'enflammer malgré l'ouverture faite plus tôt par Azèle. Certains croyaient qu'ils étaient encore à l'intérieur du cercle. Alors ce fut par derrière que les deux jeunes sorciers lancèrent leur attaque.
- Expelliarmus,crièrent-ils en même temps.
De nombreuses baguettes tombèrent au sol. Mais ils ne voyaient pas tout. Il y avait le mur de flammes et des sorciers près de l'escalier étaient invisibles à leurs yeux.
- Stupefix, crièrent-ils.
Les quatre gardiens qui protégeait la porte furent assommés. Azèle d'un coup de baguette changea le mur de flammes en un énorme serpent qui attaqua les gardiens poster devant et dans l'escalier. Beaucoup reculèrent de frayeur ou sautèrent, d'autres étaient blessés. Draughar profita de cette cohue pour en stupéfixier un maximum. Ils coururent vers l'escalier à présent vide, évitant les multiples attaques des gardiens encore en pleine capacité de leur moyen. Par chance, ils n'étaient que deux à pouvoir encore les attaquer. Ils montèrent quatre à quatre les escaliers tout en lançant des sorts derrière eux pour neutraliser les derniers survivants.
Arrivés en haut, ils furent soulagés de constater que le couloir était désert. Ils coururent de plus belle et arrivèrent rapidement dans la grande salle. Sauf que cinq mangemorts les attendaient. Azèle tendit sa baguette au dessus de sa tête et plaqua sa main devant elle et cria «IMPERUM». Alors les mangemorts cessèrent de bouger, hagards et perdus.
- Vous empêcherez quiconque de sortir de cette bibliothèque hormis nous deux. On peut y aller, dit-elle à l'adresse de Draughar.
Il coururent jusqu'à la porte d'entrée. Une fois dehors, Draughar attrapa le bras de la Gryffondor et transplana.
Ils étaient en face d'un hôtel à deux étoiles. Azèle regarda autour d'elle au cas où. Elle ne posa aucune question et se contenta de suivre le blond. Il rentra dans l'hôtel et demanda une chambre aux lits jumeaux. Il sortit de son jean un portefeuille et paya en liquide le réceptionniste. Il prit les clefs et elle le suivit dans la chambre au premier étage. La chambre semblait confortable. Les lits séparés par une table de nuit semblaient moelleux et subitement la jeune femme se sentit totalement épuisée.
Elle posa son petit sac en bandoulière sur le lit de droite et l'ouvrit. Elle enfonça son bras dedans et en sortit un tee-shirt blanc tout simple et un pantalon de pyjama classique de couleur gris. Elle élut domicile dans la salle de bain et se doucha sans commune mesure.
Lorsqu'elle rentra dans la chambre, elle vit Draughar torse nu, allongé sur son lit, les bras croisés sous sa tête. Il ne rompit pas le silence et rentra à son tour dans la salle de bain. Elle le stoppa avant qu'il y entre définitivement.
- Où sommes-nous ?
Il baissa le regard pour la regarder dans les yeux. Avec son petit pyjama et lui grand avec sa musculature, elle se sentait toute petite.
- Aussi loin que je peux nous transplaner, tout au nord de l'Angleterre.
Elle le vit contracter sa mâchoire, la regarder étrangement. Elle le laissa passer. Elle se mit dans ses draps et s'endormit aussitôt.
Azèle fut la première à se réveiller. Aucun des deux n'avait pensé à fermer les rideaux et un rayon de Soleil avait gêné la jeune femme dans son sommeil sans rêves. Elle regarda l'heure sur le radio-réveil posé sur la table de chevet qui séparait les lits jumeaux. 8h du matin.
Draughar dormait, toujours aussi torse nu que la veille. Ses draps étaient dans un piteux, il semblait s'être débattu. Il se mit à gémir et à gigoter. nerveusement, frappant même le mur. Azèle se défit de ses propres draps et alla à son chevet afin de le réveiller. Elle s'agenouilla à côté de son lit.
- Draughar ? Draughar ? l'appela-t-elle lentement.
Mais il continua à se débattre. Elle posa sa main sur son bras. Il était musclé. Elle remua légèrement son bras tout en continuant de l'appeler, augmentant le ton de sa voix. Il attrapa son bras et renversa la jeune femme sur son lit menaçant, le front en sueur.
- Tu cauchemardais, décréta la jeune femme, le regard colère mais d'une voix maîtrisée.
Il tenait toujours son bras étroitement. Elle était couchée sur ses jambes, lui sur son séant la regardant hébété. Il la lâcha lorsqu'il se rendit compte qu'elle n'était pas une menace.
La perdition du rêve
- Désolé, c'était ce...
Il se frotta nerveusement le visage comme pour mieux se réveiller d'un pénible songe et passa une main dans ses cheveux, décollant ainsi quelques mèches blondes en sueur de son front. Azèle s'assit sur le bord du lit et regarda silencieusement Malefoy, l'air impassible.
- Tu vas me réconforter comme un enfant, Keller ? lança-t-il acerbe, sa main logée dans ses cheveux.
Il se leva en la bousculant violemment et alla s'enfermer dans la salle de bain.
- On dégage dans une demi-heure, cria-t-il derrière la porte.
«Connard» jura la jeune femme dans son coin.
- Ou va-t-on maintenant ?
Il lui lança un regard mauvais. Il était fatigué de ses questions, bien qu'elles soient légitimes. D'ailleurs, il était fatigué tout court, ce qui le rendait hargneux et sans patience aucune. Cela faisait un moment qu'il n'avait pas passé si mauvaise nuit. Il ne s'était pas drogué la veille, afin que Keller ne s'aperçoive de rien. C'était son vice, pas besoin que la Terre entière le sache, déjà que cette fille savait trop de choses de lui. Ça ne lui plaisait guère.
- Chez moi.
- Chez toi ?
- Oui.
- J'imagine que tu ne parles pas du manoir Malefoy ?
- Non, grinça-t-il entre ses dents.
- Pas d'accord.
Il leva un sourcil.
- J'ai la dalle, on va d'abord aller manger, ailleurs que dans cette ville si tu veux. Mais on va manger.
- Ca mange un truc aussi menu que toi ? lui demanda-t-il en la jaugeant de haut en bas.
- Je suis pas si maigre que ça, lâcha-t-elle comme une banalité.
- Tu fais chier.
Il lui prit le bras et transplana dans une petite ruelle. Personne ne les avais vu. Ils petit déjeunèrent dans un petit café dans une ville à plus de 100 km de l'hôtel. Draughar ne mangea pas et Keller mangea pour deux Ils transplanèrent de nouveau dans le couloir souterrain de la gare dans laquelle il avait tué un mangemort quelques mois plus tôt, avant de partir pour la gare de King's Cross. Sans jeter un regard à Keller, il avança d'un pas rapide, la forçant à suivre son rythme. Il retrouva sa campagne londonienne non sans une certaine joie qui le soulageait tout d'un coup de cette nuit atroce où les rêves avaient refait surface de façon violentes et inattendues. D'ordinaire, les rêves revenaient à petit pas et s'empiraient au fur et à mesure. Mais là, il n'avait fait qu'un rêve à Poudlard, un tout petit rêve qui ne laissait rien présager. Mais là, il croyait que jamais il ne pourrait sortir de cet enfer.
Bien qu'elle était plus petite de lui d'au moins vingt centimètres, elle maintenait la marche soutenue à ses côtés, regardant autour d'elle d'un air concentré. Elle ne parlait pas aujourd'hui et cela le soulagea également. Il n'avait aucune envie d'ouvrir la bouche, seulement se murer dans son malaise ambiant. Il s'arrêta devant le portail d'une petite maison cachée par les herbes hautes du jardin jamais tondus. Il posa sa main sur le grillage et ferma les yeux. Aucuns intrus n'étaient entrés depuis qu'il était parti. Pas même un moldu. Il leva la protection d'un geste nonchalant de la main et ouvrit le grillage. Azèle rentra ne quittant pas la maison des yeux. Elle semblait simplement attendre, le visage ne traduisant aucunes émotions. Draughar referma le portail et la protection se refit automatiquement. Il lui passa devant et claqua des doigts. Une clef apparut et il la mit dans la serrure de la porte d'entrée. Une protection violette apparut et disparut aussitôt, signe qu'elle était levée. Il rentra sans inviter Keller. Qu'elle se démerde un peu.
L'entrée de la maison était toute petite et d'un bleu sombre, muni d'un vieux porte manteau tout rouillé sur lequel quelques sweat-shirts à lui étaient posés négligemment. Il ouvrit la porte de gauche et s'engouffra dans sa chambre. Il n'avait pas fait le lit en partant, ses draps d'un bleu encore plus sombres que l'entrée étaient en bataille. Il vit Keller ouvrir la porte d'en face et rentrer dans le petit salon. Il posa sur son lit son sac et s'agenouilla au sol. D'un coup de baguette, il fit apparaître un tiroir de sous le lit qui était quelques secondes plus tôt invisibles à l'œil nu. Il mit sa baguette dans sa bouche et sortit de son jean un canif. Il s'ouvrit le doigt et étala le sang sur le tiroir. Ce dernier sembla aspirer le liquide rouge et s'ouvrit dans un petit cliquetis. De nombreux vieux livres en mauvais état apparurent à sa vue. Azèle qui était derrière lui depuis qu'il s'était coupé le doigt se baissa à ses côtés.
- Bonne lecture. Moi je vais faire un tour.
Ces derniers temps il n'arrivait pas à se concentrer sur ses potions, ses devoirs ou les sorts qu'il faudrait pour accéder au Néant. La cause en était qu'il n'avait plus assez de drogues et que les doses qu'il s'injectait en devenait ridicule, à tel point qu'il ne savait pas si son nouvel antidote fonctionnait ou pas. Elle se leva à son tour et plongea son fichu regard émeraude dans ses yeux. Il devait voir ses dealers maintenant.
- Pas avant que tu m'apprennes à transplaner.
- Ça peut attendre tu crois pas ?
- Et pas avant que tu m'expliques tout ce qu'on va faire pendant les trois semaines qui vont suivre.
Il souffla, s'impatientant gravement.
- Ça peut attendre une heure non ?
- Non, si pendant ton absence, la maison se fait attaquer j'aimerais pouvoir transplaner pour m'enfuir tranquillement.
- Tu n'as qu'à voler, comme tu l'as fait avant de buter l'autre connard.
Elle se pinça les lèvres visiblement contrariée.
- Arrête tes conneries, tu n'as qu'à me montrer une fois, m'expliquer la technique et ça ira. Je le faisais petit intuitivement mais j'ai oublié. Après casse-toi, oublie pas de ramener de la bouffe. Si tu as besoin de thunes tu le dis j'en ai.
Il souffla à nouveau et sortit de la chambre à grande enjambée.
- Viens.
