Helloooo mes lecteurs bien aimés! Aujourd'hui je voulais vous remercier, non seulement pour vos reviews comme d'habitude, mais surtout parce que vous êtes des lecteurs au top! J'adore ce site et l'ambiance qui y règne : je prends plaisir à écrire, à partager mes écrits avec vous et à savoir que vous prenez plaisir à les lire.
Je voulais aussi remercier Charlotte, ma relectrice en chef. Bon je lui ai déjà dit personnellement, mais vu comme je la maltraite un peu dans ma fic, une annonce publique (hihihi pardon. XD) de ma reconnaissance envers elle ne peut être qu'agréable. Merci pour ton amitié, merci de supporter mes bêtises et mes doutes d'écrivain, merci d'être là pour tout et rien en fait. Merci de me faire rire avec tes commentaires à chaque relecture de chapitre. Grâce à toi, je passe un excellent moment à l'étape "correction" aussi.
La pomme : maintenant tu as un vrai compte ! Donc c'est la dernière fois que je t'écris en début de chapitre. Tu auras donc bientôt un mail t'avertissant de ce nouveau chapitre hihihi Merci de me suivre, je suis contente que mon histoire te plaise autant ! Tu veux secouer Malefoy ? C'est marrant, moi c'est plutôt Hermione qui m'agace ahahah J'adore mon Drago. *.*
Devine qui c'est : "..." ou la review la plus courte de l'histoire des reviews. Tu me fais bien payer ta frustration de fin de chapitre 10! Mert'! XD Du coup, vu mon chapitre 11, tu vas me faire un méga pavé de joie? (a)
Chaaa : oh mais quelle surprise, c'est ma Charlotte ! :D Du coup, tu auras deux messages rien que pour toi dans ce chapitre. (a) Si ça c'est pas du privilège! Je suis heureuse que tu prennes autant de plaisir à avoir l'exclusivité de la première lecture, et à commenter à chaud, parce que moi j'aime tes commentaires à chaud! Tu me fais mourir de rire, et quand j'écris, je me délecte d'avance de tes réactions ahahah Merci encore. Sans toi, je n'en serai pas là, en train de publier ce onzième chapitre. Je te dois une partie du rêve que je suis en train de réaliser. Et il ne serait sans doute pas aussi beau sans notre coopération!
Trêve de mièvrerie, je vous laisse avec nos amoureux, et la réponse à la question que vous attendez tous : couple ou pas couple? :D
Chapitre 11 : mon prénom, c'est Drago…
Malefoy ne manifesta aucune réaction verbale. Son visage n'était pas plus expressif. Pendant ce temps-là, le cœur d'Hermione battait à la chamade.
- C'est vraiment ce que tu veux ? lui demanda-t-il au bout d'un long silence.
- Oui…, lui confirma-t-elle avec une boule au ventre.
- À quoi est-ce que tu t'attends ? continua-t-il.
Hermione resta silencieuse quelques instants. Elle ne comprenait pas où il venait en venir. Est-ce qu'il était en train de lui signifier qu'elle était ridicule d'espérer une réponse positive ? Il n'avait pas l'air contrarié, mais il n'était pas très avenant non plus.
Il n'avait pas envie, ça devait être ça… Elle avait tout gâché entre eux, c'était sûr… L'angoisse s'insinua en elle. Elle n'était plus certaine d'avoir envie d'entendre sa réponse.
- Comment ça ? l'implora-t-elle d'une petite voix.
- Pourquoi tu veux ça ? Qu'est-ce que ça va changer ? insista-t-il.
Hermione prit sa question comme s'il lui avait donné un coup de poing dans l'estomac. Cette fois, elle se leva d'un bond. Elle en avait les larmes aux yeux. Elle voulait quitter cette pièce. Elle n'aurait jamais dû lui demander ça. Ça allait tout changer entre eux…
- Rien Malefoy, laisse tomber…, dit-elle, la voix à la limite de se briser.
Elle avait la gorge nouée. Et elle était persuadée que ça s'entendait, que sa voix chevrotait à chacun de ses mots. Malefoy ne voulait pas d'elle. Oh Merlin, elle allait pleurer… Il fallait qu'elle sorte d'ici au plus vite maintenant.
Malefoy la retint par le coude alors qu'elle s'apprêtait à fuir hors de la chambre.
- Non. Je veux juste m'assurer que l'on est sur la même longueur d'onde, clarifia-t-il.
Un mince espoir naquit dans le chef d'Hermione, faisant gonfler son cœur.
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ? souffla-t-elle.
- Tu veux qu'on ait un statut de couple. C'est que ça doit signifier quelque chose pour toi. Qu'est-ce que tu t'attends à avoir de plus si c'est officiel ?
Hermione fut prise au dépourvu. Encore des questions et toujours pas réponse à la sienne… Et elle n'avait pas songé à tout ça. Elle avait juste ce besoin que Malefoy soit uniquement à elle…
- Je…je ne sais pas, concéda-t-elle.
- Tu sais que ça ne changera rien dans mon attitude envers toi ? Je ne viendrai pas te prendre dans les bras en public. Je ne te tiendrai pas la main. Je ne te trouverai pas des petits noms ridicules et dégoulinants de mièvrerie. Je ne te répéterai pas à longueur de temps ce que je pourrais éventuellement ressentir, ni des stupidités telles que « tu es la femme de ma vie », la prévint-il.
Hermione resta sous le choc. Elle n'avait pas pensé une seule seconde à tout ça. Mais elle ne pouvait pas s'empêcher de relever l'emploi du temps : il parlait au futur et non au conditionnel…et si… ?
- Je sais… Ce n'était pas à ça que je pensais, assura-t-elle.
- À quoi alors ?
Hermione ne répondit pas. Elle ne se sentait pas très à l'aise face à l'attitude catégorique de Malefoy. Elle craignait sa réaction. Et s'il la trouvait trop dépendante, trop attachée à lui ? Et s'il se plaisait juste bien dans la situation actuelle, et qu'il voulait rester un électron libre ?
- Hermione, à quoi est-ce que tu pensais ? insista-t-il.
- Juste que je n'ai pas envie de te partager avec d'autres filles… Juste ça, avoua-t-elle finalement.
Voilà c'était dit… Elle ne savait pas si Malefoy était du genre à être exclusif, mais elle ne pourrait de toute façon pas supporter de le savoir volage, à passer d'une sorcière à l'autre, puis à revenir vers elle… C'était tout simplement inconcevable.
Cette fois, Malefoy sourit.
- Donc…si je comprends bien, tu ne t'attends pas à ce que je me transforme en parfait chevalier servant ? Tu me veux juste pour toi toute seule ? reformula-t-il, en prenant plaisir à souligner les derniers mots.
À présent, il avait un sourire jusqu'aux oreilles, visiblement pas peu fier de cette déduction. Quant à elle, Hermione rougit.
- Oui, c'est ça…, admit-elle.
- En définitive, je ne suis pas si insupportable que ça alors, soutint-il, tout sourire.
Hermione leva les yeux au ciel. Il ne perdait jamais une occasion de se mettre en avant celui-là ! Quel orgueilleux !
- Tu es insupportable, Malefoy, lui répondit-elle insistant sur le verbe.
Ce dernier ricana.
- Mais ? présuma-t-il.
- Mais…mais…oh et puis tu m'emmerdes aussi ! Est-ce que tu veux, oui ou non ? s'exaspéra Hermione.
La situation faisait beaucoup rire le blond. Mais Hermione était tendue, il jouait littéralement avec ses pieds.
- Est-ce que je veux quoi ? s'amusa-t-il.
Il se fichait d'elle, par la barbe de Merlin…
- Être mon petit ami ! s'écria-t-elle, légèrement sous tension.
Malefoy partit dans un fou rire.
- J'adore quand tu t'énerves, Hermione. Ou plutôt, j'adore être la source de ton énervement, la taquina-t-il.
- Tu m'agaces, affirma Hermione.
- Je vois bien.
- Raaaah !
Il se rapprocha d'elle, posant sa main sur la mâchoire de la jeune femme. Puis il plongea son regard azur dans le sien. Oh Merlin, Merlin, Merlin…
Elle ne pouvait pas rester énervée quand il agissait de cette façon.
Il posa ses lèvres sur les siennes, avec une délicatesse exquise. Et doucement, il entreprit de créer un passage, liant finalement leurs langues. Le cœur d'Hermione paraissait vouloir sortir de sa cage thoracique, tant il cognait fort.
Lorsque Malefoy recula, Hermione ne put se retenir de lui sauter au cou. Elle accrocha sa main à l'arrière de la tête du blond, collant à nouveau leurs lèvres les unes contre les autres. Elle pouvait sentir le sourire de Malefoy, qui s'amusait à retirer ses lèvres puis lui déposer à nouveau des petits baisers sur les lèvres, encore et encore. Chaque fois qu'elles se touchaient, Hermione avait l'impression que son cœur s'arrêtait de battre.
Après un temps qui parut de toute façon trop court à Hermione, Malefoy mit un terme à son jeu.
- Regarde quel effet j'ai sur toi, se moqua-t-il gentiment. Tu ne sais plus t'arrêter de m'embrasser.
- Mmmh, exprima-t-elle.
- C'est d'accord, annonça-t-il.
Hermione fronça les sourcils.
- De quoi tu parles ?
- Pour qu'on soit officiellement ensemble, explicita-t-il.
Hermione n'en crut pas ses oreilles.
- Vraiment ? s'étonna-t-elle.
- Vraiment, confirma-t-il.
- Tu ne demandes rien en compensation ? s'étonna-t-elle.
Malefoy ricana.
- Tu commences à trop bien me connaître, déclara-t-il.
- Alors ? Qu'est-ce que tu veux ? le pressa-t-elle.
Le sorcier haussa les épaules.
- Oh ! Je pourrais te demander des faveurs sexuelles…, s'amusa-t-il.
Hermione vira une nouvelle fois au rouge Boutefeu chinois, tandis que Malefoy affichait un air malicieux.
Malefoy l'attrapa par la taille, la rapprochant de lui. Hermione cessa de respira pendant quelques secondes.
- …mais je vais plutôt attendre que tu en aies vraiment envie, compléta-t-il.
Hermione fondit littéralement. Elle ne s'était pas attendue à quelque chose d'aussi adorable de la part de Malefoy.
- Ce qui ne saurait pas tarder. Regarde-moi, je suis irrésistible, se pavana-t-il.
Hermione leva encore une fois les yeux au ciel. Il était incroyable… Bien sûr qu'il n'allait pas terminer sur une touche mignonne. C'était Malefoy.
- Tu es incorrigible, le réprimanda-t-elle.
Il lui offrit un grand sourire, fier comme un paon.
- Tu ne peux pas nier que ça te plaît, argua-t-il.
- Oh tais-toi…, se plaignit-elle.
- Être ma petite amie ne te donne pas le privilège de me donner des ordres, la prévint-il en se donnant un air sérieux.
Le terme employé fit l'effet d'une décharge électrique dans l'organisme d'Hermione. C'était tellement agréable…
- Du coup, tu vas devoir payer pour ton impertinence, lui révéla-t-il.
Tout à coup, sans qu'elle eût la possibilité de prévoir les événements, ses pieds quittèrent le sol. Malefoy l'avait soulevée et l'avait lâchement fait basculer par-dessus son épaule.
- Malefoy, lâche-moi ! lui ordonna-t-elle.
Elle aurait dû présager qu'il se réagirait d'une manière similaire à la dernière fois.
- Je m'appelle Drago, je te signale.
- Je m'en fiche, lâche-moi ! continua-t-elle de crier.
- Tant pis pour toi, si n'es pas prête à revenir sur la Terre ferme. Moi j'ai tout mon temps.
Il attendit, imperturbable malgré les gigotements et les protestations d'Hermione, qui tentait vainement de se défaire de son emprise. Et c'était avec lui qu'elle voulait une histoire !
Mais quand la potion est tirée, il faut la boire…
ODODODOD
Hermione n'avait pu reposer les pieds au sol qu'une fois qu'elle eût consenti à l'appeler « Drago, mon maître le plus irrésistible et le plus désirable ». Il avait dû la tenir pendant près de trente minutes avant qu'elle n'y consente, désespérée de voir qu'il ne faiblissait pas. Elle devait reconnaître qu'il avait de la force.
Mais pour l'heure, elle faisait encore la moue. Plus par fierté que par réelle contrariété. C'était humiliant de devoir se rabaisser à ce point !
- Pourquoi tu fais cette tête Hermione ? lui demanda Charlotte, alors qu'ils arrivaient pour le repas du soir.
Hermione ne répondit pas, s'asseyant en silence, les bras croisés devant elle.
- Elle râle parce que je suis un impitoyable Serpentard ! se marra Malefoy.
Charlotte passa de l'un à l'autre, tâchant d'évaluer la situation.
- Qu'est-ce que tu as fait ? demanda Charlotte à l'adresse de Malefoy.
Malefoy rit, avant d'en rajouter pour embêter davantage Hermione.
- Vas-y Hermione, dis à Charlotte ce que je t'ai fait dire.
- Jamais de la vie ! ronchonna cette dernière.
Cela fit évidemment beaucoup rire Malefoy.
- Est-ce que l'un de vous va m'expliquer ce qu'il s'est passé cette après-midi ?
- Tu ne veux pas savoir, lui certifia Malefoy.
Assurément, il avait dit ça uniquement dans le but de faire réagir Hermione. Et il y arrivait très bien.
- T'es chiant, Malefoy ! s'exclama Hermione.
- Est-ce que tu regretterais déjà ta demande ? continua Malefoy.
Par Merlin, pourquoi elle était tombée amoureuse de lui ? Il était irrémédiablement insupportable ! Mais il avait ce côté ensorcelant, avec ce sourire en coin qui la faisait craquer à tous les coups… Raaaah !
- Non…, avoua-t-elle à demi-mot.
- C'est bien ce qu'il me semblait, dit-il en affichant un air satisfait.
Laissant un peu Hermione tranquille, il se servit un peu de salade et de la viande, et commença à manger en silence.
- Hum ! Je ne comprends toujours rien, se manifesta Charlotte après que quelques minutes se soient écoulées sans que personne ne reprenne la parole.
Hermione se dérida quelque peu, laissant enfin ses bras se desserrer. Elle jeta un coup d'œil à Malefoy, qui mâchait tranquillement sa côte de bœuf. Puis elle clarifia enfin la situation pour Charlotte.
- Malefoy et moi sommes officiellement ensemble, maintenant, lâcha-t-elle.
La joie de Charlotte fut sans équivoque.
- Eh ben, c'était pas trop tôt ! Je me demandais si à cette allure-là vous ne cherchiez pas le veaudelune en plein jour, commenta-t-elle.
- Nia, nia, nia, rouspéta Hermione, qui se décida enfin à se servir.
Mais comme Hermione et Malefoy ne pouvaient évidemment pas vivre leur relation sans que quelqu'un ne vienne s'en mêler… Laura Smith fit sa grande entrée.
- Qu'est-ce que j'entends Drago ? Tu te ranges avec une sang-de-bourbe ? lança une voix acide. Ton père sera ravi de l'apprendre, à mon avis.
Hermione se figea. Le sang de Malefoy ne fit apparemment qu'un tour, puisqu'il se leva d'un bond vers Laura, qui se tenait fièrement à quelques pas de lui.
- Répète ce que tu as dit ! lui ordonna-t-il.
Il semblait à Hermione qu'elle ne l'avait jamais entendu s'exprimer avec autant de froideur.
- Oh tu as très bien entendu ce que j'ai dit, affirma-t-elle
- Tu n'oserais pas, la défia-t-il.
- C'est ce qu'on verra, paria Laura avant de tourner les talons.
Malefoy avait l'air horrifié. Quoiqu'Hermione n'était pas tellement sûre de cela. Il donnait l'impression qu'il allait frapper quelqu'un. Il se rassit, l'air beaucoup moins serein que quelques instants auparavant.
- Malefoy ? s'inquiéta Hermione.
Mille Gorgones…pourvu qu'il ne réagisse pas comme la dernière fois…
- Laisse-moi deux minutes, lui réclama-t-il.
Hermione n'insista pas. Elle était déjà soulagée qu'il lui réponde.
Tandis qu'elle continuait à manger en silence, elle échangea un regard avec Charlotte. Elle aussi se demandait comment Malefoy allait se comporter cette fois.
En fin de compte, c'est Malefoy qui brisa le silence.
- Cet incident n'a jamais eu lieu. On est d'accord ? décréta-t-il.
Hermione leva la tête dans sa direction. Il avait l'air à cran, mais il se maîtrisait. Elle haussa les épaules.
- Comme tu veux. Tant qu'on est d'accord sur le fait qu'il faut en parler si ça affecte notre relation…, lui rappela Hermione.
- Oui, oui, se défila Malefoy.
Hermione n'était pas totalement rassurée. Mais au moins, il y avait de l'amélioration : il n'était pas parti sur le coup de la colère, il avait suffisamment contrôlé son impulsion pour mettre fin à toute discussion potentielle. C'était mieux, c'était mieux…
ODODODOD
Malefoy avait été d'humeur maussade toute la journée du samedi. Hermione s'en était bien rendu compte, alors qu'il l'avait rejointe à la salle d'étude.
Il travaillait à côté d'elle, pendant qu'elle révisait certaines notions du cours d'Introduction à la neurophysiologie avec Charlotte. Leur professeur avait proposé de leur faire passer un examen blanc durant la semaine qui arrivait, pour leur permettre d'assimiler la première partie du cours. Il leur avait assuré que c'était une base essentielle pour la suite de leur formation, et qu'ils avaient tout à y gagner en la maîtrisant dès à présent. Hermione était impatiente de se confronter à une première évaluation écrite de la faculté, et elle avait hâte de pouvoir poser toutes ses questions au dit professeur une fois qu'elle lui aurait remis sa copie.
Concernant Malefoy et son attitude, Hermione avait décidé de ne faire aucune remarque. Il restait avec elle et elle considérait que ce n'était pas si mal compte tenu de ses capacités de disparition exceptionnelle.
- O.K., décida Charlotte après avoir passé trois heures sur ses notes. Je pense que je vais m'arrêter pour aujourd'hui. Je vais essayer de joindre Andy.
Andy, c'était le petit ami de Charlotte, resté en Belgique pour faire ses études. Elles n'en parlaient pas très souvent, mais Hermione savait qu'ils se parlaient tous les jours, à l'aide d'un Brasiator portable (1). Jusqu'à ce qu'elle ne rencontre Charlotte, Hermione n'en avait que vaguement entendu parler ; en réalité, il s'agissait d'une version mobile de la communication par feu de cheminée.
- Ça marche. À plus tard, lui lança Hermione.
Charlotte les salua tous les deux – sans que Malefoy montre un quelconque signe de sa présence -, avant de quitter la salle.
- Mmmh…Malefoy ? l'interpella Hermione.
Le sorcier mit deux secondes de trop avant de comprendre qu'elle s'adressait à lui. Sans émettre de son, il considéra Hermione, disposé à écouter ce qu'elle avait à dire.
- Tu veux qu'on monte pour continuer à travailler ? lui proposa-t-elle.
Malefoy ne lui répondit pas verbalement, mais la vitesse à laquelle il referma son livre de botanique était suffisamment explicite pour qu'Hermione range à son tour ses affaires.
Muets comme des rémoras, ils montèrent le palier qui les séparait de la chambre de Malefoy. Une fois dans la chambre, Malefoy s'allongea sur son lit, repliant son bras sur son visage. Il paraissait épuisé.
- Tu vas bien ? s'inquiéta Hermione.
Elle le vit hocher lentement la tête, avant de se déplacer vers le mur et de lui ouvrir le bras – l'autre étant toujours sur son visage - pour lui signifier de venir le rejoindre.
Elle ne se fit pas prier. Elle déposa son sac sur le bureau du blond – qu'elle pouvait maintenant s'autoriser à penser comme son petit ami ! -, et alla se blottir contre lui. Il referma son bras autour d'elle.
Ils restèrent ainsi, sans prononcer un seul mot. La tête posée sur son torse, Hermione se sentait bien. Ils n'avaient pas besoin de discuter ; elle pourrait aisément s'éterniser dans cette position sans ressentir de lassitude.
ODODODOD
Hermione se réveilla quelques heures plus tard – le soleil s'était déjà couché -, un bras endolori par sa position. Elle se contorsionna pour libérer son bras de son appui.
- Hé, tu t'es réveillée, entendit-elle Malefoy.
Elle leva la tête vers lui, recevant un baiser sur le front. Elle ferma les yeux. C'était à la fois inattendu et agréable.
- Il est quelle heure ? chuchota-t-elle d'une voix endormie.
Elle sentit Malefoy remuer sous elle.
- Vingt-deux heures, lui dit-il après avoir regardé sur sa montre de sorcier.
- On n'a pas mangé, remarqua-t-elle.
- Tu as faim ?
Instinctivement, elle porta la main à son ventre.
- Non ça va… Je n'ai surtout pas spécialement envie de bouger, admit-elle.
Elle sentit Malefoy se recoucher, calant sa tête contre la sienne.
- Ne bouge pas alors, concéda-t-il.
Hermione acquiesça, avant de replonger dans les bras de Morphée en moins de temps qu'il en fallut pour le penser.
ODODODOD
Lorsqu'Hermione se réveilla quelques heures plus tard, il faisait toujours sombre dans la pièce. Elle était également toujours allongée contre Malefoy, qui dégageait son habituelle odeur de pomme. Elle inspira une grande bouffée, ce qui la fit d'emblée soupirer d'aise.
- Visiblement, je suis confortable, se marra Malefoy, dont le rire résonna dans son thorax, sur lequel Hermione avait posé sa main durant son sommeil.
Hermione sursauta. Elle pensait qu'il était assoupi.
- Tu ne dors pas ? lui demanda-t-elle.
- Tu sais bien que je suis insomniaque, lui rappela-t-il.
Hermione se souvenait, évidemment. Bien que lui paraissant relativement lointain à présent, le souvenir de la nuit où elle avait accepté de l'aider à travailler ses cours restait gravé en elle.
- Je n'ai plus sommeil, déclara-t-elle.
- Qu'est-ce que tu veux faire alors ?
Hermione ne répondit pas tout de suite. Elle réfléchissait.
- Parle-moi de toi, lui réclama-t-elle.
Silence, avant que le blond ne répondît.
- Tu en sais déjà suffisamment, décida-t-il.
Son ton était sans appel. Néanmoins, sa voix était douce, posée. Il paraissait calme et détendu. Hermione avait l'impression que la nuit, Malefoy était un autre homme. Elle attendait au tournant son prochain sarcasme.
- Pas tant que ça, affirma-t-elle.
- Tu sais que je veux devenir Guérisseur, que j'aime le Quidditch et que je suis un sorcier incroyablement beau et malin. Ça ne te suffit pas ?
Hermione leva les yeux au ciel, même si le blond ne pouvait pas percevoir son mouvement oculaire dans l'obscurité. Drago Malefoy dans toute sa splendeur.
- Ce n'est pas grand-chose..., persévéra-t-elle.
Soupir de la part de Malefoy.
- Qu'est-ce que tu veux savoir ? abdiqua-t-il.
Hermione lui demanda la première chose qui lui venait à l'esprit.
- Ta couleur préférée ?
- Tu la connais déjà, prétendit-il.
Hermione réfléchit, avant d'énoncer ce qui lui paraissait le plus évident.
- Le vert ?
- Oui, confirma-t-il. Et toi ?
- Le rouge, dit Hermione.
Malefoy se mit à rire doucement, provoquant une nouvelle fois des vibrations dans son thorax.
- On est tellement clichés, déplora-t-il.
Hermione rit à son tour.
- Tu as d'autres passions que le Quidditch ? enchaîna-t-elle.
- Mmmh...Je dirais que j'ai un intérêt certain pour la magie noire. Mais ça ne devrait pas vraiment t'étonner, argua-t-il.
- Non, en effet, confirma-t-elle.
Le silence meubla quelque temps l'espace autour d'eux, avant que Malefoy ne reprenne la parole.
- Mais je ne veux pas l'utiliser pour en faire le mal c'est juste que...
Il n'acheva pas sa phrase, ce qui laissa à Hermione l'occasion d'émettre une hypothèse.
- C'est parce que tu as baigné dedans et que comprendre la magie noire, c'est aussi comprendre ton histoire familiale et constituer ta propre identité…non ?
Nouveau silence.
- On peut dire ça..., reconnut-il.
Hermione ne savait s'il validait réellement sa supposition ou s'il ne voulait pas approfondir davantage le sujet. Elle n'insista pas.
Elle songea alors à sa cicatrice de la marque des Ténèbres.
- Elle te fait encore mal ? lui demanda-t-elle alors.
Comprenant instantanément de quoi elle parlait, il dégagea son bras. Dans la pénombre, ils ne pouvaient pas très bien voir la marque, mais on la devinait aisément quand on savait qu'elle était là.
- Je la sens encore, je dirais plutôt, répondit-il évasivement.
Hermione acquiesça avant de revenir sur le sujet qui avait amené sur la cicatrice de l'ancien Mangemort.
- Tu as d'autres passions ?
- J'aime bien préparer des potions et des remèdes, ça me relaxe de me concentrer sur la confection, répondit-il après quelques secondes de réflexion. Et toi, à part étudier ?
Hermione s'offusqua.
- Je ne suis pas passionnée par l'étude !
- À part les livres si tu préfères, rectifia-t-il.
Hermione réfléchit sérieusement.
- J'aime bien cuisiner quand je suis chez mes parents, révéla-t-elle.
Hermione fut surprise qu'il ne lui fasse aucune remarque dans le sens « c'est une tâche d'elfe, la cuisine ». Sa réflexion fut toute autre, orientée vers l'intérêt.
- Tu cuisines quoi ? voulut-il savoir.
- De tout. Mais j'aime bien faire les desserts. Surtout les cakes au citron. Et ceux à l'orange, expliqua-t-elle.
Elle attendit la réponse de Malefoy, qui ne se fit pas attendre très longtemps.
- Ça a l'air bon, admit-il.
Hermione sourit.
- Je t'en ferai un jour si tu veux, lui proposa-t-elle.
- D'accord, accepta-t-il.
Le silence envahit à nouveau l'espace, avant qu'Hermione ne le brise.
- J'aime bien voyager aussi, se livra-t-elle.
- Tu as visité quels pays ? l'interrogea-t-il.
La jeune femme était heureuse de constater qu'il montrait autant d'intérêt à son égard. C'était peu de choses, mais en même temps, cela signifiait beaucoup.
- Quand j'étais petite, j'allais assez souvent en France avec mes parents, parce que mes grands-parents maternels y vivaient. Mais on a arrêté quand ils sont décédés. Par la suite, on a aussi été en Écosse, en Irlande et au Pays de Galles.
Malefoy attendit deux secondes avant de continuer.
- Je n'ai jamais voyagé avec mes parents, avoua-t-il.
Hermione se sentit soudainement triste pour lui. Elle ressentait un tel plaisir à voyager, qu'elle ne pouvait pas imaginer que Malefoy ait pu en être privé jusqu'à présent.
- C'est dommage… Pourquoi ? le questionna-t-elle.
Il lui répondit aussitôt.
- Parce que mon père n'aime pas quitter son confort. Et ma mère ne conteste jamais ses décisions, lui dit-il d'une seule traite.
- Oh je vois..., fut tout ce qu'elle trouva à répondre.
Hermione ne pouvait que se désoler pour lui. Mais elle savait aussi que Malefoy n'apprécierait pas beaucoup qu'elle le fasse, comme si elle le prenait en pitié. Même si ce n'était pas le cas.
- Et si tu pouvais, tu irais où ? poursuivit-elle à la place.
Malefoy réfléchit.
- Les États-Unis ce serait bien. Ça respire la liberté. En tout cas, c'est l'impression que ça me donne, justifia-t-il.
Hermione hocha la tête, plus par automatisme, même si le sorcier pouvait sentir son mouvement puisque sa tête reposait sur son épaule.
- La traversée du Grand Canyon, ça me plairait bien, songea Hermione à haute voix, en continuité avec les propos de Malefoy.
- Ça serait pas mal, en effet, approuva-t-il.
ODODODOD
Le jour se leva progressivement, apportant de plus en plus de luminosité à la chambre. Les deux sorciers avaient discuté la nuit durant, de tout et de rien, et Hermione n'imaginait pas pouvoir mieux se sentir qu'en cet instant.
Au bout d'un moment, lorsque la luminosité fut suffisamment importante, Hermione décida de se lever. Malefoy l'observa, sans prononcer un mot.
- Je commence à avoir faim, expliqua-t-elle, juste au moment où son estomac se manifesta.
Elle rougit, alors que Malefoy n'en fut pas le moins du monde dérangé.
- Tu veux aller manger maintenant ? lui proposa-t-il.
Hermione secoua la tête.
- Il faut que je prenne une douche avant.
- Moi aussi.
Un sourire se dessina lentement sur le visage du blond. Hermione en détermina immédiatement la raison.
- N'y pense même pas ! s'exclama-t-elle.
Malefoy partit dans un fou rire.
- Tu y as pensé aussi pour me dire ça…, insinua-t-il.
Ça y était, le Malefoy nocturne avait fait place au Malefoy diurne : beaucoup moins calme et surtout beaucoup plus railleur.
- Non, dit-elle catégoriquement.
Malefoy ne se départit pas de son sourire.
- Comme tu veux. Je suppose que tu vas aussi préférer retourner dans ta chambre pour faire ta toilette ? présuma-t-il.
- Oui.
- O.K., dit-il en se levant à son tour.
Il lui ouvrit la porte.
- Après vous Madame, s'amusa-t-il.
Hermione sortit, s'arrêtant en face de lui.
- Tu es bête, tu sais ça ? lui affirma-t-elle.
Il prit un air faussement offusqué.
- Je suis d'un humour subtil que tu ne perçois pas, c'est différent, la contredit-il.
Hermione ne put retenir un sourire. Elle l'observa, réalisant à quel point elle avait passé une bonne nuit avec lui, tantôt à dormir, tantôt à discuter. Elle n'avait pas envie de se séparer de lui, ne serait-ce que le temps de prendre une douche. D'ailleurs, la chaleur de son corps lui manquait déjà.
Elle s'approcha alors de lui et se mit sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur ses lèvres, auquel il répondit instantanément.
- Hum, hum, les interrompit une voix située derrière eux.
Hermione se retourna. C'était Andrew.
- Salut Hermione, fit-il.
- Salut Andrew.
Ce dernier s'appuya sur le mur à côté de la porte de sa chambre, située en face de celle de Malefoy.
- On a passé une bonne nuit ? les charria-t-il. Vu l'arrangement de tes cheveux, Hermione, ça ne fait aucun doute.
Hermione porta la main à ses cheveux, évaluant l'ampleur des dégâts. Malefoy ricana.
- Ça, c'est habituel, Drew, rétorqua-t-il.
Hermione lui jeta un regard noir.
- Mais dis donc, tu peux bien parler toi, fit-il remarquer à Andrew avec un grand sourire moqueur.
En effet, de la chambre de son ami sortit une sorcière un peu gênée d'être aperçue, espérant probablement s'en aller discrètement. Elle ne s'éternisa pas.
- Il faut bien que je prenne ta relève maintenant que tu t'es passé le bracelet, se justifia Andrew.
Malefoy rit.
- Pour ça, il faudrait peut-être que tu partes à la recherche de sorcières que je n'ai pas déjà eues dans mon lit, tu ne crois pas ? rajouta Malefoy.
Andrew prit un air penaud.
- Malefoy ! s'exclama Hermione.
- Quoi ? lui dit Malefoy en voyant son air, visiblement très amusé par la situation.
- Je crois que je vais aller me doucher avant d'en apprendre davantage sur ta vie sexuelle, annonça-t-elle.
Puis elle ajouta, dans un esprit prévoyant :
- Plus un mot ! Je ne veux pas savoir à quoi tu penses maintenant, dit-elle en se bouchant les oreilles.
Les deux sorciers rirent en cœur, pendant qu'Hermione s'éloignait, les mains sur les oreilles.
ODODODOD
Hermione était de bonne humeur ce samedi midi, tandis qu'elle prenait son repas en compagnie de Charlotte et Malefoy, mais aussi d'Andrew, Matthew, Joshua et Edward.
- Et donc, tu as fait quoi quand le gars a débarqué ? demanda Malefoy à Edward.
- Bah je me suis barré, quelle question ! Je ne voulais pas me ramasser un Jambencoton ! s'exclama ce dernier.
La bande explosa de rire. Les amis de Malefoy étaient occupés à lui raconter ce qu'ils avaient fait la veille au soir, et apparemment, Edward s'était mis en tête de ramener dans son lit la seule fille du bar qui attendait son petit ami. Quel idiot !
Hermione se désintéressa de la conversation. C'est à ce moment-là qu'un petit hibou gris fit son entrée dans la cafétéria.
- Coquecigrue ! s'écria Hermione, faisant sursauter toute la tablée.
Les garçons cessèrent leur conversation pour porter leur attention sur le minuscule oiseau.
- C'est quoi cette chose ? se moqua Matthew.
- On dirait un vivet doré…mais pas doré ! prétendit Andrew.
- Alors ça, c'est malin, un vivet doré, mais pas doré ? T'en as d'autres des comme ça ? en rajouta Edward.
Hermione leva les yeux au ciel. Quelle bande de gamins ! Coquecigrue, lui, était ravi de cette agitation à son sujet, et sautillait partout sur la table. Hermione attrapa rapidement la lettre avant qu'il ne la fasse malencontreusement tomber dans le plat en sauce.
- Mais c'est à qui ce hibou ? demanda finalement Joshua.
- Weasmoche, répondit Malefoy entre ses dents.
Hermione tourna la tête vers lui, surprise. Il paraissait passablement énervé.
- Comment est-ce que tu sais ?
Il haussa les épaules, sans lui répondre. Comprenant qu'il ne lui dirait pas, elle ouvrit la lettre et la lut.
Hermione,
On sera bientôt le 1er novembre…alors bon, je n'ai pas besoin de te faire un dessin. On va passer la journée à manger et à se souvenir des bons moments passés avec les disparus. Et surtout avec Fred. Maman insiste pour que tu passes au Terrier.
On t'attendra pour onze heures. Évidemment, Harry et Ginny seront là aussi.
J'espère que tu viendras.
Ron.
En effet, Ron n'avait pas besoin de lui faire un dessin. La journée allait être triste. Ils allaient commémorer la mort de Fred, disparu un an et demi plus tôt. Ensuite, ils iraient à Poudlard, pour se recueillir sur les tombes de Dumbledore, Lupin, Tonks, Rogue, ainsi que tous ceux qui étaient tombés lors de la bataille.
Hermione ne savait pas si elle était capable de surmonter ça…
- Alors, il te dit quoi le moche ? se préoccupa Malefoy, la faisant sortir de ses pensées.
Elle ne lui répondit pas, lui tendant plutôt la lettre. Elle ne se sentait pas d'ouvrir la bouche, pour prononcer les mots qu'elle avait déjà du mal à penser. Bataille de Poudlard. Morts. Deuil. Et douleurs. Elle n'osait même pas songer à ce que George pouvait ressentir en ayant perdu son jumeau, si elle-même éprouvait encore des difficultés à accepter la réalité.
- Heu…Hermione, tu vas bien ? s'inquiéta Charlotte.
Hermione ne se sentait pas bien, c'était le moins que l'on puisse dire.
Elle leva les yeux vers son amie.
- Je… Pas trop, non, admit-elle.
Les événements ne manquèrent pas de prendre une tournure inattendue. Un deuxième hibou fit son entrée dans la cafétéria. Cette fois, il s'agissait d'un grand-duc commun. Il s'arrêta devant Malefoy, qui vira au blanc d'un seul coup. Il paraissait le connaître.
- Malefoy…ça va ? lui demanda Hermione.
Il ne répondit pas. Il ne réagit que lorsque l'oiseau lui pinça le doigt à sang, comme pour lui rappeler qu'il avait du courrier. Il prit l'enveloppe, sous la surveillance du grand-duc. Il ouvrit alors la lettre.
Au fur et à mesure de sa lecture, il sembla se décomposer davantage. Lorsqu'il replia le parchemin, son regard était perdu dans le vide.
- Hé, mec, t'es bizarre, fit remarquer Edward.
La mâchoire de Malefoy se crispa. Il ferma les yeux. Hermione pouvait sentir la tension émaner de lui.
Elle tendit la main vers lui, touchant son bras dans un geste qu'elle voulut réconfortant.
- Malefoy… ? se risqua-t-elle.
Il se leva d'un seul coup, repoussant la main d'Hermione.
- Par les boules du Vert gallois ! Mon prénom c'est Drago ! Quand est-ce que tu finiras par m'appeler par mon prénom ? s'emporta-t-il, le visage déformé par la rage.
Hermione l'observa, d'abord ahurie par tant de vulgarité et d'animosité de sa part. Puis elle se sentit brusquement mal, entre l'approche de la journée des morts et l'emportement de Malefoy. Elle était blessée par sa réaction. Elle manqua soudainement d'air.
Elle se leva à son tour, non pas pour envenimer la situation, mais pour s'isoler. Elle regarda le blond, dont les traits exprimaient toujours cette rage. Sentant les larmes couler le long de ses joues, elle lui tourna le dos, croisant le regard de Charlotte.
- Hermione…, commença cette dernière.
- J'ai besoin d'être un peu seule, lui dit-elle.
Son amie acquiesça, compréhensive. Et Hermione s'enfuit hors de la cafétéria, le visage ruisselant. Elle avait eu trop d'émotions en si peu de temps.
ODODODOD
Une heure plus tard, Hermione avait cessé de pleurer. Elle se trouvait en position fœtale dans son lit, tournée vers le mur, en silence. Elle avait juste envie de ne plus penser, de se recroqueviller sur elle-même au moins de devenir toute petite et de retourner dans le ventre de sa mère, au chaud et entourée d'amour. Mais à la place, elle se sentait désespérément seule.
Qu'est-ce qu'elle aurait donné cher en cet instant pour être au domicile de ses parents, blottie dans une couverture avec une tasse de chocolat chaud ! Loin des histoires de cœur et de ce processus de deuil qui n'en finissait pas. Et ce n'était pas tant le fait d'avoir perdu des gens aimés qui lui faisait mal. C'était de savoir qu'elle avait aussi perdu une part d'elle-même dans cette guerre…
Quelqu'un frappa à la porte de sa chambre. Bêtement, elle espéra pendant une seconde qu'il puisse s'agir de sa mère, comme si elle pouvait sentir sa détresse depuis Londres. Mais évidemment, elle savait consciemment que ça ne pouvait pas être sa mère. Elle se replia davantage sur elle-même.
Malgré son absence de réponse, elle entendit la porte s'ouvrir et se refermer.
- Hermione…
Elle reconnut immédiatement la voix de Malefoy, mais elle ne bougea pas.
Elle l'entendit soupirer.
- Écoute…Je… Je suis désolé. Mes mots ont dépassé ma pensée, lui dit-il.
Hermione ne lui répondant pas, le silence se fit dans la pièce.
- Est-ce que tu es fâchée contre moi ? lui demanda-t-il finalement, à voix basse.
Le cœur d'Hermione se serra. Le ton sur lequel il lui avait demandé ça…elle avait l'impression qu'il craignait qu'elle lui réponde par l'affirmative.
- Tu me serrerais dans tes bras ? laissa-t-elle échapper d'une petite voix, enrouée par les larmes versées un peu plus tôt.
Aussitôt eut-elle formulé sa demande qu'il était auprès d'elle, l'enveloppant de son étreinte. Hermione pouvait sentir son souffle sur son oreille. Cela la rassura. Elle avait la sensation qu'il la tenait en un seul morceau, et qu'en la contenant de cette façon, elle ne pouvait pas se morceler en différentes parties.
- Tu n'es pas fâchée contre moi alors ? insista-t-il.
- Non…
Et elle le pensait vraiment. Elle se sentait un peu coupable à présent. Elle se disait en son for intérieur que si elle avait fait l'effort de l'appeler par son prénom, il ne se serait pas énervé contre elle.
- Moi aussi je suis désolée, lâcha-t-elle.
- Mais pourquoi donc ?
Elle pouvait percevoir l'étonnement dans la voix du blond. Elle avait voulu penser « Malefoy », mais elle devait admettre que ça devenait étrange… Il n'était plus juste Malefoy, l'ignoble Serpentard dédaigneux… il était devenu bien plus que cela ces dernières semaines. Il était devenu beaucoup plus important.
- Ça fait longtemps que j'aurais dû arrêter de t'appeler par ton nom de famille…
Malefoy…Drago ? Elle avait encore du mal. Son petit ami ? Quoi qu'il en soit, « il » marqua un arrêt, avant de lui répondre.
- C'est vrai que je ne comprends pas pourquoi tu continues à m'appeler par mon patronyme… Mais ça ne justifie pas mon comportement de tout à l'heure, s'excusa-t-il.
Hermione ouvrit la bouche d'étonnement. Elle se retourna alors, faisant face au blond. Leurs regards se croisèrent.
- Tu n'en avais pas après moi…si ? supposa-t-elle.
Elle le sentait au fond d'elle-même : il était déjà tout excusé. Elle l'excusait parce qu'il était là, auprès d'elle, et qu'il ne se comportait pas comme un gros connard.
- Non…
Il ne continua pas, mais il conserva leur contact visuel. Hermione comprit qu'il hésitait à poursuivre.
- Tu n'es pas obligé de m'expliquer, lui dit-elle.
Il soupira.
- Si, je t'ai promis de te dire quand ça affectait notre relation, lui rappela-t-il.
Hermione attendit.
Il prit une grande inspiration.
- C'est mon père qui m'a écrit, commença-t-il sous le regard attentif d'Hermione.
Hermione ne fut pas étonnée par cette information. Elle aurait dû s'en douter. Elle s'en serait probablement doutée si les événements n'avaient pas pris la tournure qu'ils avaient prise.
La mâchoire de Malefoy se crispa soudainement. Instinctivement, Hermione porta la main à son visage. Il sembla se détendre à ses caresses.
- Smith l'a bien informé. Disons qu'il n'est pas très content. Et encore, elle n'a pas donné ton nom, sinon…
Il ferma les yeux, n'achevant pas sa phrase.
- En revanche, elle lui a dit que je fréquentais quelqu'un…de ton sang, reprit-il en rouvrant les yeux. Je te passe les propos ouvertement haineux que j'ai pu lire. Du coup, quand tu m'as appelé « Malefoy », je…j'ai pété un plomb ! Dans ma tête, je me disais « mais comment est-ce qu'elle peut m'identifier à un type ouvertement enfiellé » !
- Ce n'est pas ce que je pense de toi, lui révéla-t-elle sans prendre la peine de réfléchir.
Son regard bleu parut plus perçant, avec une lueur particulière.
- Mais je t'ai blessée…, ajouta-t-il, alors que ses pupilles s'assombrissaient.
Hermione baissa les yeux.
- Un peu…, mais je n'étais pas bien à la base, avec la lettre…, admit-elle à demi-mot.
Le blond soupira.
- C'est la perspective de revoir Weasmoche qui te met dans cet état ? lui demanda-t-il, une pointe d'agacement dans la voix.
Hermione fit les yeux ronds, surprise. Il était jaloux ! Non ? Impossible !
- Quoi ? Non ! Jamais ! Tu n'y es pas du tout…, le contredit-elle.
Son visage se ferma, étant visiblement peu satisfait de sa réponse.
- Explique-moi, alors, l'enjoint-il.
Hermione souffla.
- C'est juste que…, commença-t-elle, alors que ses yeux s'embuaient de larmes. Je ne…la guerre…bref…
Malefoy…enfin Drago…leva un sourcil.
- C'était ça ton état au début de l'année ? devina-t-il.
- Sans doute…, se soustraya-t-elle à la question.
Une larme s'échappa malgré elle, glissant le long de sa joue. Le blond l'intercepta.
- J'ai peur…, lui avoua-t-elle.
Il la serra plus fort contre lui, la main posée sur son bassin.
- Tu as peur de quoi ? l'encouragea-t-il à continuer.
La vue d'Hermione se brouilla.
- De mon état quand je reviendrai…, dit-elle d'une petite voix.
- Je serai là quand tu seras de retour de la journée de commémoration, lui promit-il.
Hermione le regarda avec reconnaissance. Elle aurait bien besoin.
- Je pensais à quelque chose…, commença-t-elle.
- Oui ?
Il attendait, l'air préoccupé. Il était étrange pour Hermione de se dire qu'il pouvait la regarder de cette manière, elle, Hermione Granger. Et pourtant…
- On devrait peut-être faire quelque chose pour se changer les idées. On est tous les deux un peu sous tension… À cause de moi tu ne sors même plus avec tes amis ! s'exclama-t-elle.
- N'importe quoi… Mais tu as raison, ça nous ferait du bien de faire la fête. Tu veux que je demande aux gars ce qu'ils ont prévu pour ce soir ? lui proposa-t-il.
Elle acquiesça en guise d'approbation.
- Tu es la meilleure ! s'extasia-t-il avant de lui voler un baiser.
Hermione ne put retenir un gloussement. La réaction du blond était pour le moins inattendue. Il la surprenait de plus en plus. Et elle aimait beaucoup ces petits élans d'affection...
ODODODOD
Hermione ouvrit les yeux en maugréant. Elle avait mal à la tête. La veille, elle était sortie avec Charlotte, Malefoy et ses amis. Malefoy lui avait fait découvrir un autre de ses repères : The Metal Zone, qu'ils avaient renommée entre eux « La Zone ».
Les images lui revinrent petit à petit en mémoire. Un groupe avait donné une représentation. Malefoy avait dit que ce n'était pas un groupe très connu, mais que ça se laissait écouter. Ils étaient restés en retrait, parce qu'il n'avait pas envie qu'elle se prenne de coups dans ce qu'il avait appelé la fosse. Andrew, Joshua et Matthew y étaient allé, et l'un d'eux était revenu avec un œil au beurre noir…mais ça avait l'air de beaucoup l'amuser.
Comme Hermione l'avait suggéré à Malefoy, ils avaient besoin de s'amuser. Elle avait donc fini par boire plus que de raison, et ne se souvenait pas de la suite de la soirée.
Elle remua, et s'aperçut qu'elle n'était pas dans sa chambre. Elle regarda autour d'elle et vit Malefoy allongé directement sur le sol. Elle constata qu'il ne portait qu'un débardeur et un caleçon. Elle découvrit avec horreur qu'elle n'était pas plus habillée que lui. Elle poussa un cri.
Malefoy se réveilla d'un seul coup, aux aguets.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? lui demanda-t-il avec inquiétude.
Paniquée, elle s'imaginait le pire scénario possible pour elle : avoir perdu sa virginité sans même s'en souvenir.
- Je ne me souviens de rien ! s'écria-t-elle, à deux pattes de Boullu de s'effondrer.
Il soupira, soulagé.
- Ne te tracasse pas, ça va te revenir assez vite, voulut-il la rassurer.
Mais cela n'eut pas l'effet escompté sur Hermione, qui le dévisagea de la tête aux pieds, avant d'en faire de même avec elle. Malefoy comprit.
- Hermione ! Respire. Il ne s'est rien passé de tel, lui assura-t-il.
- C'est promis ? lui demanda-t-elle.
- C'est promis, jura-t-il.
Néanmoins, le doute persista.
- Mais alors…, commença-t-elle.
- Tu as bien pris le chaudron hier, lui dit-il en guise d'explication.
Il fut pris d'un fou rire, se rappelant probablement de quelque chose.
- Raconte-moi ! lui ordonna-t-elle d'une voix suppliante. Je deviens folle à me demander ce qui a pu se passer.
Il s'assit au sol. Puis il se pencha pour ramasser un vêtement au sol. Elle reconnut la blouse qu'elle portait la veille.
- Je suppose que tu te sentiras plus à l'aise si tu la portes, devina-t-il.
Elle acquiesça et l'enfila.
- Merci…
Alors il commença à lui raconter la soirée. Comment elle avait enchaîné les verres. Elle avait dansé toute la nuit, et elle avait même fini par aller dans la fosse de son plein gré. Il avait dû l'en extraire avant qu'elle ne se ramasse un coup, même si, d'après lui, les sorciers présents faisaient quand même attention à elle « parce que c'était une fille ». Après, vu son état, il avait dû la ramener à la fac en la soutenant.
- Et là, tu m'as supplié pour dormir avec moi, dit-il en riant. Tu étais vraiment éméchée…
Hermione rougit. Elle était vraiment mal à l'aise avec cette idée, même s'ils avaient déjà dormi ensemble. Ce n'était jamais elle qui avait insisté.
- Et…après ?
Elle était à la fois impatiente et inquiète de connaître la suite.
- J'ai abdiqué, parce que de toute façon, c'était plus facile que de te porter jusqu'au troisième étage, expliqua-t-il.
Et puis, soudainement, Hermione eut un flash back. Elle se revit, réclamant à Malefoy de dormir avec elle, pendant qu'elle se retirait elle-même ses vêtements. Et Malefoy tenter de l'en empêcher… Oh Merlin, elle avait honte…
- Un souvenir ? comprit-il à sa mine défaite.
Se mordant la lèvre inférieure, elle acquiesça.
- Et…tu as dormi à même le sol…pourquoi ? se questionna-t-elle.
- Parce que tu n'étais pas dans ton état normal ! Je n'allais pas profiter de ton état. Je ne suis pas sûr que consciemment, tu aurais voulu dormir avec moi en tenue légère.
- Non, c'est vrai… Merci, ajouta-t-elle, malgré tout émue par son respect.
Il haussa les épaules. Puis un sourire malicieux se dessina sur son visage.
- Je pourrais quand même dire que je t'ai mise dans mon lit…deux soirs de suite ! rigola-t-il.
Hermione lui lança un regard noir, accompagné d'un lancer d'oreiller.
- Aïe ! Mais quelle violence dès le matin, commenta-t-il, hilare.
Hermione croisa les bras et le toisa.
Il se leva, et s'approcha d'elle. Elle se pencha en arrière pour l'éviter, mais elle comprit rapidement son erreur : il était à présent au-dessus d'elle. Elle pouvait sentir les effluves sucrés qu'il dégageait. Elle ferma les yeux, et se détendit légèrement.
Elle sentit le souffle de Malefoy sur son cou, alors qu'il lui déposa un baiser sous l'oreille.
- Tu sais ce qui est le mieux dans toute cette histoire ? lui chuchota-t-il.
- Non…, lui répondit-elle d'une voix à peine perceptible.
- Quand tu me suppliais, tu m'appelais par mon prénom, annonça-t-il.
(1) Je précise que ce nom bizarre sort tout droit de mon imagination de détraquée.
Aloooors ? :D Comment ils sont nos amoureux ? Je vous avoue que j'ai moi-même de plus en plus de mal à succomber au charme de Dragounet.
Ma Cha me faisait une réflexion intéressante : comment Drago occupe-t-il ses nuits d'insomnie? Qu'en pensez-vous? Vous avez 3h! Ahahah
Petit extra de ce chapitre : je suis particulièrement tombée amoureuse de ma phrase (oups, mes chevilles) où je dis "(...) elle considérait que ce n'était pas si mal compte tenu de ses capacités de disparition exceptionnelle." Je ne sais pas pourquoi cette phrase me plaît autant, mais je l'avais à peine écrite que j'avais la certitude qu'elle ne bougerait pas d'un iota, alors que je repasse toujours derrière mes phrases. Ahahah (vous n'imaginez pas combien de fois je relis mes chapitres! XD).
Petit extra n°2 : je n'avais absolument pas prévu de terminer ce chapitre de cette manière ahahah J'ai eu une intuition et je me suis laissée emporter, alors que j'avais prévu le rapport aux prénoms de manière toute autre (j'avais même écrit une scène en conséquence!). Au final, j'aime bien comme ça, et je me dis que si c'est venu naturellement en l'écrivant, c'est que c'est plus cohérent et que ça paraît plus naturel que mon idée de base. :p
Je suis gentille cette fois-ci (c'est Devine qui c'est qui sera contente), je ne mets pas de fin de chapitre hyper frustrante ! J'alterne un peu. Mais du coup, comme j'ai quand même envie d'exercer mon pouvoir d'auteure sadique, je vous annonce que le prochain chapitre sera riche en émotions ! Un indice ? Le Terrier. Comment va réagir Hermione ? Comment vont se passer ses retrouvailles avec Ron ? Rendez-vous au prochain chapitre. :D
