Note : Coucou à tous (et à toutes !). Comme d'habitude un gros bisous aux revieweurs : brigitte26, Rosaliepanda, toundra95, Paprika Star, LuluHawaiiMalefoy ! Un énorme merci à ma bêta Black-Strange-Stars !
Je pense que vous aviez remarqué que jusque là j'avais un rythme de publication plutôt régulier et rapide... Malheureusement je ne sais pas si cela va pouvoir continuer à être le cas. Je m'explique : j'adore écrire mes fics, vraiment, mais pour des raisons personnelles ma vie va être un peu chaotique pendant quelques mois (pour de bonnes raisons, je vous rassure tout de suite !) donc je ne sais pas si je serais toujours aussi régulière. Voilà, sachez cependant que j'ai déjà un plan pour cette histoire, que je la finirai quoiqu'il arrive.
Chapitre 11 : Remords et réconfort
"Drago, tu m'écoutes ? s'enquiert une voix féminine.
Une main parfaitement manucurée passe devant mon visage. Sortant de ma torpeur, je redirige mon attention sur Tonks, plantée devant moi, une cigarette à la main.
- Désolé, j'étais ailleurs, j'admets en me grattant l'arrière de la tête.
- Quelque chose te tracasse ? insiste-t-elle, fronçant les sourcils. Je ne t'ai jamais vu agir de cette manière…
- Non, non, tout va bien, ne t'inquiète pas…
Je tente un faible sourire pour la rassurer, mais cela ne semble avoir aucun effet.
- Depuis la fête de l'autre soir, tu as l'air ailleurs, pointe-t-elle, ignorant ma dernière remarque. Je dirais même déprimé.
Je lâche un reniflement méprisant.
- Moi ? Déprimé ? Tu rêves ! je proteste en croisant les bras.
Elle commence à taper du pieds par terre avec ses doc Martens, l'air peu convaincu.
- Je te jure Tonks, tout va bien… Tu n'as pas à t'inquiéter pour quoi que ce soit, j'ajoute en posant ma main sur son épaule.
- C'est à cause de Dean, c'est ça ? insiste-t-elle. (Je fronce les sourcils pour simuler l'incompréhension.) J'ai bien remarqué que vous ne vous parliez plus depuis quelques jours… Vous vous êtes disputés ?
Je hausse les épaules avant de répondre :
- Tout va bien entre Dean et moi. Il s'est… Il s'est juste disputé avec sa copine l'autre jour. Alors il est un peu grognon en ce moment…
À peine cette phrase terminée, je réalise que je viens de mentir effrontément sans même y réfléchir. C'est devenu une seconde nature chez moi... Je ne me rends même plus compte que je passe mon temps à mentir.
Je m'étais pourtant promis d'arrêter. Ce sont mes mensonges qui m'ont conduit à la situation actuelle… Qui m'ont conduit à me retrouver seul à nouveau. Qui m'ont conduit à perdre la seule personne avec qui tout aurait pu être possible.
Après ma rupture avec Potter, j'ai commencé par me lamenter sur mon sort, en me disant que tout cela n'était pas de ma faute, que je n'étais qu'une victime. Après tout, c'était Cormac, pas moi, qui avait mis ma boîte dans cette situation. Je n'avais fait que réparer ses erreurs… J'ai voulu rejeter la faute sur lui, ou sur Dean, ou sur tous ceux qui se sont mis en travers de notre route, comme Padma ou Hermione.
Pourtant, j'ai fini par réaliser que Potter avait raison.
En y réfléchissant bien, j'étais le seul véritable responsable. J'aurais pu faire autrement mais j'ai délibérément choisi de lui mentir.
Et il n'est pas le premier. J'ai passé mon temps à mentir à ceux qui m'étaient chers, pour finalement les perdre… J'ai menti à mes parents en leur faisant croire que j'étais une personne que je n'étais pas, tout ça pour les décevoir au bout du compte. J'ai menti à Astoria en lui faisant croire que ce que je désirais le plus au monde était de fonder une famille avec elle. J'ai menti à nombre de mes amants. J'ai menti à Padma en lui disant qu'il n'y avait rien entre Terry et moi.
Et finalement, je suis parvenu à perdre Potter de la même façon.
Alors, je me suis promis de faire des efforts, d'arrêter de mentir. D'arrêter de toujours manipuler les autres. Mais vous savez ce qu'on dit : le naturel revient toujours au galop. Et me voilà déjà en train de mentir à Tonks, une de mes amies les plus proches.
- Pourtant, s'étonne Tonks, rebondissant sur ma dernière déclaration, quand j'ai demandé à Dean pourquoi il n'allait pas bien, il m'a juré que ça n'avait rien à voir avec Tracey.
Je pousse un profond soupir avant de répondre :
- C'est vrai… Il n'y a rien avec Tracey. Écoute, je ne peux pas te dire ce qu'il s'est passé avec Dean, je ne pense pas qu'il voudrait que je le répète.
Jeudi matin, après cette horrible soirée, j'ai trouvé Dean totalement mortifié. Il s'est précipité pour me demander ce qu'il s'était passé entre Potter et moi. Il voulait savoir si Potter allait réviser son rapport fiscal à cause ce qu'il avait entendu. Je n'ai pu m'empêcher d'être désagréable avec Dean. Je lui ai reproché de ne pas savoir se contrôler quand il avait trop bu.
Depuis, il me fuit comme la peste. Je suppose qu'il faudra que j'aille m'excuser quand je me serais un peu calmé.
Certes, c'est lui qui a tout révélé sans le vouloir à Potter, mais c'est moi qui ait menti. Il ne faut pas que je rejette la faute sur Dean. Pour l'instant, je lui en veux encore mais je refuse de gâcher notre amitié pour ça. J'ai déjà tout gâché avec Potter, autant ne pas perdre en plus un ami.
Comprenant qu'il y a un malaise, Tonks n'insiste pas. Je remarque cependant une pointe d'inquiétude dans ses yeux alors qu'elle tapote sa cigarette contre le cendrier avec ses doigts vernis de noir.
Je suis installé dans la salle de repos, en train de boire un café, lorsque Dean s'approche de moi, l'air hésitant. Il vient s'installer sur le siège en face, attrapant au passage une tasse de café sans pour autant la remplir.
"Tu crois que je devrais leur dire ? lâche-t-il, soudainement, après quelques secondes de flottement.
Nous nous sommes à peine parlés depuis l'incident de l'autre jour. Je perçois dans son ton une hésitation, comme s'il avait peur que je l'envoie sur les roses.
- Dire quoi et à qui ? je réplique en soufflant sur ma tasse de café brûlant.
- Aux autres. Pour ma gaffe… Je suis sûr qu'on va recevoir un courrier de l'administration fiscale d'un jour à l'autre… soupire-t-il, l'air profondément désolé.
Sa question me prend un peu de court. Je dois avouer que je n'y ai pas vraiment réfléchi. Potter a occupé toutes mes pensées ces derniers jours. J'en avais presque oublié la menace qui pèse sur Nimbus. Potter peut très bien demander de rouvrir une enquête à notre sujet et soulever le point des chambres du Ritz. La boîte risquerait, en plus de devoir payer l'amende amplement méritée depuis le départ, de se récolter une sanction pour obstruction à la justice. Je n'ose même pas imaginer l'état des nerfs de Zach si cela devait arriver.
Je ne sais pas du tout ce que Potter compte faire. D'un côté, ce n'est pas son genre de vouloir se venger, ce n'est pas quelqu'un de rancunier.
En même temps, il s'agit de son travail. C'est son devoir de sanctionner ceux qui tentent de contourner la loi. Une réouverture de l'enquête n'est donc pas à exclure.
Je pousse un soupir. Il n'y a pas si longtemps, j'aurais conseillé à Dean sans aucune hésitation de ne rien dire. Mais au point où j'en suis, ce serait encourager un mensonge par omission… Et je me suis promis de ne plus mentir.
- Tu devrais le dire Dean… Ne serait-ce que pour soulager ta conscience, je lâche. Je parie que tu ne penses qu'à ça depuis trois jours.
Dean hoche faiblement la tête.
- Je n'arrive plus à dormir. Je… Je me suis même disputé avec Tracey tellement j'étais mal, avoue-t-il finalement avec un petit rire nerveux.
Puis il relève la tête, avec cette fois-ci un air résolu.
- Tu as raison. Je vais leur dire. Ils méritent la vérité.
Tout comme Potter la méritait, me fait une petite voix malicieuse. Mais contrairement à Dean, tu n'as pas eu le courage de lui dire avant qu'il ne soit trop tard…
Harry
J'ai passé la dernière semaine à éviter mes amis, refusant toutes leurs invitations à boire un verre ou à passer chez eux. Évidemment, j'aurais dû m'y attendre, il n'y a pas meilleure façon pour voir Hermione Granger débarquer chez soi un samedi matin, morte d'inquiétude.
"Harry, tu ne réponds même plus au téléphone, lâche-t-elle lorsque j'ouvre la porte.
Elle pourrait paraître impressionnante, avec ses poings sur les hanches et ses yeux qui lancent des éclairs, si elle ne portait pas un de ces ridicules pulls que tricote la mère de Ron.
- Tu vois qu'il est vivant… grommelle Ron, visiblement mécontent d'avoir dû se lever aussi tôt un samedi.
Il lâche ensuite un soupir.
- Harry… Pourquoi tu nous as évités ces derniers jours ? On s'est inquiétés…
Il me jette un regard blessé. Je me mords la lèvre inférieure. Je sais que je n'aurais pas dû les tenir écartés de ma vie de cette manière… Mais je n'avais pas le choix. J'étais totalement effondré après ma rupture avec Malefoy et il était hors de question que mes amis me voient dans cet état. Il aurait été impossible que je leur en explique la raison. J'ai beau en vouloir à Malefoy, je n'ai pas envie qu'Hermione aille l'émasculer en découvrant ce qu'il s'est passé.
- Je vais préparer du thé et on va discuter, déclare Hermione sur un ton autoritaire qui n'accepte aucune contestation. Allez vous installer dans le salon !
Elle accroche sa veste sur le porte-manteau et, sans attendre ma réponse, se dirige vers ma cuisine.
- Autant faire ce qu'elle dit... marmonne Ron en haussant les épaules.
Nous nous installons sur le canapé.
- Tu sais Ron… je commence, soucieux de rassurer mon ami.
- Non, attends, me coupe Ron en se levant pour aller fermer la porte du salon. Il faut que je te parle avant qu'Hermione revienne. Est-ce que… est-ce qu'il y a quelque chose qui ne va pas… Mais tu ne peux pas nous le dire ? Enfin, en tout cas, pas à Hermione ?
Pris de court, j'hésite avant de répondre :
- Q… Quoi ? De quoi tu parles ?
Ron se réinstalle sur le canapé et pose une main sur mon épaule.
- Cette histoire… Avec ce type là, Malefoy. Je sais très bien que, s'il s'était passé quelque chose, tu n'en parlerai pas à Hermione, pour ne pas la contrarier. Mais j'ai bien remarqué que ça avait l'air important pour toi. Je n'ai rien dit à Hermione, mais je pense que… Peut-être s'était-il passé des choses entre vous deux, ces derniers mois. Je me trompe ?
Je reste quelques instants silencieux, trop surpris pour répondre. Parfois j'ai tendance à oublier que Ron est mon meilleur ami et qu'il me connaît mieux que personne. Évidemment qu'il se doutait de quelque chose. Depuis le temps, il sait très bien quand j'en pince sérieusement pour un mec.
- On… on vient de rompre, je confesse. Hermione avait raison sur toute la ligne… C'est un manipulateur… Mais n'en parle pas à Hermione s'il-te-plait ! Il faut que je mette ça derrière moi et que j'aille de l'avant.
Ron esquisse un petit sourire malicieux.
- Effectivement, si on veut que Malefoy conserve son appareil génital en fonctionnement normal, mieux vaut ne rien dire à Hermione…
Je n'ai pas le temps de répondre car l'intéressée entre alors avec un plateau et trois tasses de thé fumant.
- Je vous ai préparés vos préférés, annonce t-elle sur un ton joyeux, comme si elle cherchait à nous faire oublier sa mauvaise humeur de tout à l'heure. Thé au jasmin pour Harry… Et le Earl Grey pour toi Ron… J'ai mis un sucre dedans, comme tu les aimes.
Au regard énamouré que Ron lui lance, je devine qu'elle est déjà pardonnée. Hermione part s'installer en face de nous.
- Donc Harry, comment s'est passé la fin du contrôle fiscal à Nimbus ? demande-t-elle sur le ton de la conversation.
Je déglutis douloureusement. Je sais qu'elle a amené le sujet de manière innocente, mais je ne peux m'empêcher de me sentir assailli par de mauvais souvenirs.
- Euh… Plutôt bien, je réponds. Rien de spécial à signaler. Je leur ai mis une petite amende, histoire qu'ils arrêtent avec leurs notes de frais délirantes mais à part ça…
… je suis passé à côté d'un énorme abus de bien social.
- Ah ! J'en étais sûre que les notes de frais n'étaient pas légales ! s'exclame Hermione en tapant dans ses mains. J'ai dû le dire au moins une bonne vingtaine de fois à Zacharias… Mais non, monsieur préfère céder aux moindres caprices de ses employés.
- C'est l'anarchie cette boîte, remarque Ron qui a déjà presque fini son thé. Quand je pense qu'à la Terrier Corp on doit montrer patte blanche pour tout et n'importe quoi… C'est à peine si je peux piquer des sucres à la machine à café !
- Ca doit être très dur pour toi, je réponds sarcastiquement.
Une heure plus tard, lorsque mes amis repartent, je me sens déjà un peu mieux. Pourtant, je sais que le plus dur reste encore à faire. Ma conscience professionnelle m'oblige à dénoncer l'abus de bien social que j'ai découvert. Je vais devoir expliquer la situation à mon supérieur lundi, ressasser ces souvenirs douloureux encore une fois…
J'espère qu'une fois cela fait, je pourrais mettre tout cette histoire derrière moi et oublier Drago Malefoy et Nimbus une bonne fois pour toute.
