Bonjour
Voici le chapitre 11 et comme à chaque fois, merci à Elyrine pour sa correction rapide.
Merci à vous mes formidables lecteurs et lectrices pour votre fidélité et vos messages.
Bonne lecture et à lundi
Sydney8201
Musique du chapitre :
Famous last world de My Chemical Romance
Chapitre 11 : Menaces
« La menace est souvent plus redoutable que l'action »
Robert Choquette
Dean n'était pas préparé à sauver la vie de Castiel et à en payer ensuite les conséquences. Quand il avait remonté le couloir après avoir quitté le bureau d'Henriksen, il avait encore la tête aux informations qu'il avait partagées avec lui et aux avancées qu'elles représentaient pour sa mission. Il était préoccupé par la situation avec Raphael et par ce qui allait bientôt se passer avec Castiel. Il avait reculé l'échéance autant que possible parce qu'il avait besoin de rester crédible et parce qu'il ne se sentait pas prêt. Mais ce soir était le grand soir. Il ne pouvait pas faire attendre Castiel plus longtemps sous peine de le voir se lasser et passer à quelqu'un d'autre. Il avait besoin de garder l'attention de sa cible sur lui pour obtenir plus d'informations. Et pour cela, il allait devoir coucher avec lui. Il était stressé et terrifié à l'idée que quelque chose se passe mal. Il redoutait le comportement de Castiel. Il avait peur qu'il se montre violent avec lui et que l'acte soit douloureux. Il allait devoir serrer les dents et faire mine d'aimer ce qu'il lui faisait. Il espérait être un suffisamment bon acteur pour le convaincre.
Quand il entendit les premiers bruits, il n'y prêta pas attention. Il était déjà en train de planifier sa journée pour trouver le temps de se préparer. Il n'avait aucun lubrifiant et allait devoir se contenter de salive. Ce n'était pas l'idéal mais cela allait devoir suffire. C'était toujours mieux que rien.
Il tourna à l'angle du couloir et fut surpris de voir Castiel, le visage collé au mur et deux hommes prêts à le tuer. Il ne réfléchit pas avant d'agir. Il devait faire quelque chose. Il était formé pour intervenir dans ce genre de situations. C'était son devoir en tant qu'agent du FBI. Et Castiel était nécessaire au succès de sa mission. Il devait le sauver.
Il intervint donc sans prendre le temps de réfléchir à un plan. Il s'interposa, menaça Azazel puis dut se battre physiquement contre ce dernier pour l'empêcher de les tuer Castiel et lui. Quand il eut pris le dessus sur Azazel, il se laissa distraire par Castiel pendant quelques secondes. C'était contre tout ce qu'il avait appris jusque-là. C'était imprudent et stupide. Dean avait pourtant toujours été le meilleur de sa promotion. Il était intelligent et habile. Il était malin. Mais il avait commis l'erreur de regarder Castiel et d'oublier l'espace d'une seconde la menace qu'Azazel continuait de représenter.
Il réagit heureusement à temps pour éviter d'être blessé. Mais pas suffisamment rapidement pour éviter de tuer Azazel.
Ôter une vie était quelque chose qu'il avait déjà fait une fois. Il avait eu besoin de quelques jours pour l'accepter la première fois. Même s'il avait agi en état de légitime défense, il n'était pas forcément à l'aise à l'idée de tuer un homme. Et c'était pareil avec Azazel. Il savait qu'il n'avait pas eu le choix. Mais il n'était pas devenu agent du FBI pour tuer des gens. Il l'était devenu pour sauver des vies. La culpabilité qu'il ressentit aussitôt ne le surprit pas. Castiel, quant à lui, ne semblait pas gêné. Bien au contraire. Il paraissait fier de Dean. Fier de ce qu'il avait fait. Excité également, sans doute. Dean ne comprenait pas comment on pouvait réagir avec autant d'indifférence face à la mort d'un être humain.
Les gardes l'emmenèrent à l'isolement sans ménagement et Dean écouta Castiel le rassurer. Lui dire qu'il serait là pour lui et qu'il ferait en sorte qu'il revienne auprès de lui le plus rapidement possible. Dean n'y prêta pas vraiment attention. Il se sentait trop mal.
Il estimait que quelques jours loin de Castiel, loin du peu de privilèges dont il bénéficiait le reste du temps et loin des conséquences de ses actes était un juste châtiment. Il payait pour ce qu'il avait fait. Il l'acceptait.
Bien sûr, il n'avait pas imaginé qu'être en isolement signifiait qu'il soit plongé dans le noir toute la journée sans distraction et sans rien pour occuper son esprit. Il n'avait pas imaginé que la cellule pouvait être dépourvu de tout confort.
Les premières heures, il s'assit dans un coin de la minuscule pièce et tenta de compter les secondes pour conserver une notion du temps qui passait. Il finit par abandonner après avoir dû repartir à zéro plusieurs fois. Il remonta ses genoux contre son torse, les encercla de ses bras et repensa à ce qui était arrivé. Il analysa ses erreurs et se maudit de ne pas avoir pu faire mieux.
Il n'avait aucune idée du temps qu'il allait passer dans cette cellule. Il ne savait pas ce qui se passait à l'extérieur. Il doutait que quelqu'un vienne le tenir informé de l'avancée de l'enquête. Il allait devoir attendre. Il n'avait jamais aimé se retrouver ainsi confiné entre quatre murs sans possibilité de sortir ou de voir les contours de la pièce où il se trouvait. Il avait la sensation que l'obscurité l'écrasait et qu'il avait du mal à respirer.
Il se concentra donc sur chaque inspiration pour ne pas risquer de faire une crise d'angoisse. Il se remémora les mots de réconfort de Castiel. Il n'aurait pas dû se raccrocher à lui mais il n'avait pas la force de chercher autre chose.
Par moment, il avait la sensation d'entendre des voix dans le couloir et d'apercevoir un visage dans l'obscurité. Celui d'Azazel à chaque fois. Il n'était plus sûr s'il dormait ou non. Il n'avait aucune idée du temps qui s'était écoulé.
C'était une torture et Dean se promit d'en référer à Henriksen lors de sa prochaine visite. Personne ne méritait à un tel traitement. C'était archaïque et cruel. Cela allait à l'encontre de la loi. Il allait faire changer les choses. Il avait besoin de se trouver un objectif pour ne pas perdre totalement l'esprit.
Il dut dormir par moment mais il n'aurait pas pu le jurer. Le temps semblait s'être suspendu et il ne savait plus s'il était là depuis deux heures ou deux jours. Ses yeux s'étaient un peu habitués à l'obscurité mais il ne voyait tout de même pas grand-chose. Il n'y avait rien de remarquable dans la cellule. Juste quatre murs, un WC et un vieux matelas jeté au sol. C'était petit et humide. La cellule sentait le renfermé et la transpiration. Dean doutait de pouvoir rester ici encore longtemps. Il avait besoin de sortir et de voir le soleil. Besoin de bouger et de parler à quelqu'un.
Il se raccrocha aux images de son frère pour garder un semblant de contrôle sur ses émotions. Il se remémora les meilleurs moments de leur enfance. Il pensa à son père qui était incroyablement courageux. A Bobby qu'il aimait comme un second père. Il pensa à Jess, magnifique et forte. Puis il pensa à Benny et Jo. A Ellen. A ses collègues. A son travail. Quand il fut à court de choses à se remémorer, il s'autorisa à penser à Castiel.
Il lui avait sauvé la vie et s'il regrettait d'avoir tué Azazel, il savait qu'il avait probablement marqué des points auprès de Castiel. Il était évident qu'il avait sensation en intervenant de la sorte. Il devait se raccrocher aux points positifs pour ne pas uniquement pensé à la culpabilité qui le rongeait. Une culpabilité qu'il porterait avec lui toute sa vie probablement.
Il était évident que Castiel n'avait pas ce problème. Il ne semblait pas perturbé par le fait qu'un homme était mort devant ses yeux. Il semblait même y avoir pris beaucoup de plaisir. Dean savait que quelque chose clochait chez lui mais il commençait à se demander si ce n'était pas plus profond que ce qu'on lui avait dit. On lui avait décrit Castiel comme un homme violent et sans aucune morale ou conscience. Mais Dean se demandait à présent s'il n'y avait pas d'explication médicale à ce qu'il était devenu. Castiel était peut-être un psychopathe. Incapable de ressentir les émotions normales que tout un chacun ressentait. Cela expliquerait qu'il soit capable de tuer des gens sans se sentir coupable. Il allait devoir soumettre l'idée à Benny en sortant d'ici. Cette hypothèse changeait considérablement els choses. Castiel restait un homme dangereux mais il existait peut-être une issue médicale pour lui.
Dean finit par se lever quand ses jambes commencèrent à devenir douloureuses. Il fit quelques pas jusqu'à toucher le mur de l'autre côté de sa minuscule cellule. Il suivit le mur du doigt jusqu'à la porte puis continua à tourner pour faire fonctionner ses muscles. Il finit par s'arrêter quand il se lassa de marcher et s'assit sur le matelas près du WC. Il s'allongea ensuite, les mains sous sa tête pour faire office d'oreiller et les yeux fixés sur le plafond même s'il ne pouvait pas réellement le voir.
Il aurait aimé pouvoir s'endormir et ne plus avoir à penser à quoi que ce soit. Il n'était toutefois pas réellement fatigué. Il pourrait peut-être faire quelques pompes pour tenter d'épuiser ses muscles et se fatiguer suffisamment. Mais il n'avait plus vraiment envie de bouger. Il resta donc allongé et tendit l'oreille en quête d'un son quelconque.
On finirait bien par venir lui apporter quelque chose à manger. Cela lu permettrait de demander l'heure qu'il était et de reprendre ensuite son compte des secondes afin d'avoir une idée du temps qui s'écoulait. Il avait juste à patienter encore un peu.
Il n'aurait pas su dire combien de temps s'écoula avant qu'un bruit ne lui vienne du couloir, lui indiquant que quelqu'un approchait. Il se rassit aussitôt et s'installa en tailleur. Il entendit le bruit d'une serrure qu'on ouvrait puis la porte de sa cellule s'ouvrit enfin. Il dut fermer les yeux quand la lumière du couloir lui brûla les rétines. Il le regretta aussitôt quand la porte se referma et qu'il fu à nouveau plongé dans le noir.
- J'ai presque de la peine pour toi tu sais, lança la personne qui était entrée.
Dean sentit tous ses muscles se tendre en reconnaissant la voix de Raphael. Comment pouvait-il être là ? Un garde l'avait forcément laissé entrer. Il n'en revenait pas du nombre qui étaient corrompus. C'était quelque chose qu'il allait également devoir signaler à Benny et Henriksen. Il fallait faire quelque chose pour que tout ceci cesse au plus vite.
- Je n'ai jamais été enfermé ici mais j'ai entendu dire que c'était fortement désagréable. Je peux le comprendre quand je te vois ainsi plongé dans le noir depuis des heures sans rien pour t'occuper l'esprit.
Dean n'avait aucune idée de ce que Raphael faisait ici mais il était convaincu que ce n'était pas uniquement pour le plaindre et compatir à ses souffrances. Il n'était pas là non plus sur les ordres de Castiel. Il lui aurait envoyé Gabriel mais certainement pas Raphael.
- Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-il finalement.
Il entendit Raphael approcher et il réalisa alors qu'il était vulnérable, ainsi assis quand son ennemi se tenait debout. Il ne pouvait pas le voir et il ne pourrait pas se défendre si toutefois il tentait quelque chose. Il se remit donc debout en s'aidant du mur et recula jusqu'à avoir le dos contre le mur. Il prit ensuite une grande inspiration avant d'expirer lentement par le nez. C'était le meilleur moyen de réguler le rythme des battements de son cœur et de garder un semblant de contrôle sur sa panique grandissante.
- Je suis venu te voir pour te parler Dean.
- J'apprécie que tu sois venu me tenir compagnie mais je n'ai pas vraiment envie de parler avec toi. Je préfère encore rester seul. Mais merci quand même.
- Je ne suis pas dupe Dean. Je sais que ton sens de l'humour est un mécanisme de défense. Tu t'en sers pour cacher le fait que tu es terrifié à cet instant précis. Et si tu as raison d'avoir peur de moi, je ne suis pas ici pour te tuer. Pas aujourd'hui.
Dean détestait le fait que Raphael soit visiblement capable de lire aussi clairement en lui. Il semblait le connaître alors qu'ils ne s'étaient jamais réellement parlé. Il avait la sensation parfois que Raphael pouvait lire dans ses pensées.
- Castiel te tuera si tu me touches, rappela-t-il.
Il détestait avoir à se cacher derrière Castiel mais il savait que c'était la seule menace qui avait une chance de fonctionner sur Raphael. Il n'avait pas peur de lui. Il ne le voyait pas comme une menace. Mais Castiel restait son supérieur et il avait clairement peur de lui.
- Castiel ne me tuera pas s'il ne sait pas que c'est moi, souffla-t-il.
Il était plus proche que Dean ne l'avait cru et il regretta de s'être ainsi plaqué contre le mur. Le WC était à sa droite et l'autre mur à sa gauche. Il était pris au piège. Il choisit toutefois de ne pas bouger. Il ne pouvait pas voir où il mettait les pieds et en tentant de fuir, il finira probablement par tomber la tête la première par terre. Ce qui ne l'aiderait pas.
- Il le saura … il n'est pas bête tu sais.
- Je le connais suffisamment pour savoir comment lui faire croire ce que je veux Dean. Et il a suffisamment d'ennemis ici-bas pour que la culpabilité de l'un d'entre eux soit crédible. Ne me sous-estime pas. Je suis parfaitement capable de maquiller mes actions.
Dean n'en doutait pas une seconde. Raphael était un meurtrier. C'était su de tout le monde mais personne n'était capable de trouver la moindre preuve. Parce qu'il savait parfaitement couvrir ses traces. Il était doué.
- Tu voulais me parler ? Je suis tout ouïe, lança Dean pour encourager Raphael à passer aux choses sérieuses.
Plus vite il lui dirait ce qu'il était venu lui dire et plus vite il quitterait sa cellule. Dean préférait encore être seul qu'avec lui. Il le terrifiait plus que Castiel.
- Tu sais Dean … tu m'intrigues. Il y a quelque chose chez toi qui ne colle pas avec l'histoire que tu as servie à Castiel et Gabriel. Je suis convaincu que tu nous caches quelque chose. Je ne sais pas encore quoi mais je sais que je finirais par trouver.
- Je ne cache rien. Tu délires, protesta Dean aussitôt.
Il avait confiance en ce qu'Ash avait mis en place pour assurer sa couverture mais il était également sûr que Raphael disposait de ressources insoupçonnées pour creuser sur son passé et son identité. Il n'était pas totalement sûr qu'il ne finirait pas par trouver quelque chose. Il risquait alors de le mettre en danger. Et de retourner Castiel contre lui. Ce qui lui couterait probablement la vie.
- Orphelin à quatre ans … famille d'accueil abusive … émancipation … ce sont des choses que je peux croire. Mais c'est ce qui suit qui me laisse dubitatif. La drogue … la prostitution … le braquage … tu ne ressembles pas à quelqu'un qui a vécu tout ça. Tu n'en as pas l'attitude.
- Ah oui ? Parce que tu sais à quoi ressemble un homme qui a vécu ce que j'ai vécu ?
Dean sentit le souffle de Raphael sur son visage. Il ne l'avait pas entendu approcher. Il n'entendait pas grand-chose à part les battements de son cœur dans ses tempes et sa gorge. Il se sentait pris au piège. Il se sentait en danger et il ne voyait aucune issue.
- Je sais à quoi ressemble un homme qui a traversé l'enfer Dean … parce que j'en suis revenu moi-même et je sais les séquelles que cela laisse derrière. Tu n'en as aucune.
- Peut être que je suis juste plus fort que ce que tu penses … plus fort que toi. Peut-être que j'ai appris à vivre avec ces cicatrices pour faire en sorte qu'elles ne se voient pas.
- Ou peut être que tu mens depuis le début … peut être que tu es ici dans un but précis.
Dean aurait probablement dû répondre quelque chose immédiatement mais il était à court d'idées. La proximité de Raphael l'empêchait de réfléchir. Il devait paraître plus suspect encore en restant silencieux.
- Bien sûr, je n'ai aucune preuve pour le moment et je ne sais pas vraiment ce que tu cherches à obtenir. Mais je sais que je finirais par trouver. Et je pourrais alors prouver à Castiel qu'il a eu tort de te faire confiance. Tu sais ce qu'il fera quand il comprendra ?
Dean le savait, oui. Castiel le lui avait dit lui-même quelques jours plus tôt. Il le tuerait après l'avoir fait souffrir pendant des heures. Il refusa toutefois de répondre à la question de Raphael. Il préférait encore rester silencieux qui lui faire ce plaisir.
- Tu ne vas pas te défendre ? Tu ne vas pas chercher à me convaincre que je me trompe ?
- A quoi est-ce que cela servirait ? De toute façon, tu refuserais de me croire.
- Sans doute oui mais j'espérais te voir essayer.
Raphael espérait surtout le prendre en défaut en l'interrogeant de la sorte. Il espérait que Dean finisse par dire quelque chose qui ne collait pas avec son histoire. Et le jeune agent refusait de rentrer dans son jeu. Il était encore suffisamment lucide pour savoir qu'il n'en tirerait rien de bon. Il devait rester calme et aussi silencieux que possible. Pour ne pas prendre de risque.
- Tu sais … je peux comprendre que Castiel se soit laissé berner … tu es une créature fascinante. Tu es le genre d'homme pour lequel on est prêt à oublier toute prudence.
- Je rêve ou tu es en train de flirter avec moi ?
- Oh non Dean … je n'ai pas envie de toi. Du moins pas comme ça.
Dean pouvait déceler le mensonge dans ce que Raphael venait de dire. Il pouvait sentir son excitation et son désir. Il avait du mal à comprendre ce qu'il pouvait avoir pour intéresser ainsi la moitié des détenus de la prison. Il avait la sensation d'être un morceau de viande fraîche jeter au milieu d'un troupeau de lions affamés. Tous semblaient vouloir le posséder. C'était différent à l'extérieur. Il se savait séduisant mais il ne faisait pas tourner toutes les têtes. Il devait parfois se battre même pour attirer l'attention des hommes qu'il voulait ramener chez lui. Ici, il était la proie de tous les prédateurs et il n'était pas sûr de savoir ce qui les attirait autant. Peut être pouvait il sentir quelque chose chez lui qui leur plaisait. Il aurait bien aimé savoir quoi.
- Peut-être que je me laisserais tenter quand j'aurais prouvé à Castiel que tu es là pour nous détruire. Je dois reconnaître que ton corps est plaisant et je suis sûr que je pourrais y trouver du plaisir. Mais ce n'est pas ce que j'ai en tête pour le moment.
Dean déglutit avec peine alors que Raphael approchait son visage de son cou. Il inhala profondément comme pour inspirer son parfum avant de reculer finalement pour remettre un peu de distance entre eux. Dean ne bougea pas, surpris par son comportement.
- Tu n'as pas encore couché avec lui n'est-ce-pas ? demanda-t-il alors.
- Tu crois vraiment que je vais répondre à cette question ? Ça ne te regarde pas. Si tu veux des détails, tu n'as qu'à les demander à ton patron !
- Castiel n'est pas mon patron. C'est mon associé. Et je n'ai pas besoin de le lui demander, j'ai ma réponse.
Dean se demandait comment il pouvait en être aussi sûr. Il doutait que cela se lise sur son visage.
- Peut être que tu te trompes, murmura-t-il alors sans trop savoir pourquoi.
Cette conversation n'avait aucun intérêt et Dean ne savait pas ce qui le poussait à y participer. Raphael avait fait passer son message et il aurait dû le laisser partir maintenant. Il n'avait aucune raison de continuer à lui parler. C'était toutefois plus fort que lui.
- Non, j'en suis sûr. Si tu avais couché avec lui, il aurait probablement déjà perdu son intérêt pour toi.
- Je croyais que j'étais une créature fascinante, répliqua Dean.
- Tu l'es … mais pas suffisamment pour que Castiel continue à s'intéresser à toi quand il aura obtenu ce qu'il attend. Tu croyais vraiment qu'il allait te garder une fois qu'il t'aura utilisé ? Tu n'es pas si naïf que ça quand même …
Dean avait effectivement peur que Castiel finisse par se lasser une fois qu'il aurait couché avec lui. Il n'avait aucune certitude quant à ce qui se passerait ensuite. Il ne pouvait qu'espérer que l'intérêt de sa cible ne disparaîtrait pas dès le lendemain. Entendre Raphael le lui affirmer ne faisait que renforcer ses doutes.
- Oh Dean … j'ai vraiment de la peine pour toi. Tu es tellement naïf … tellement stupide que ça en est presque risible. Je vais prendre tellement de plaisir à le voir te jeter quand il aura enfin assouvi sa curiosité. Je serais là quand les autres mettront enfin la main sur toi. Je ferai en sorte que personne ne les interrompe. Et je prendrai un plaisir immense à les voir te violer et te battre à tour de rôle.
Dean savait que c'était une possibilité. Pas qu'il finisse violer et battu. Si Castiel ne le voulait plus, il demanderait à sortir aussitôt. Mais le fait qu'il se désintéresse de lui après était plausible. Et Raphael le savait parfaitement. Après tout, il connaissait Castiel mieux que lui. Il savait comment il fonctionnait. Il l'avait déjà vu faire avec d'autres probablement.
- Peut-être même qu'il organisera une sorte d'enchère dont tu seras le lot principal … il te donnera au plus offrant et tu ne pourras pas l'en empêcher. Tu n'auras aucun recours contre lui … sauf à dévoiler qui tu es vraiment … et alors, il te tuera.
- Moi c'est pour toi que j'ai de la peine tu sais. Parce que tu seras terriblement déçu quand tu comprendras que tu te trompes sur toute la ligne. Tu n'auras alors plus aucun espoir de prendre sa place. On sait tous les deux parfaitement que c''est exactement ce que tu cherches. On sait que c'est ce dont tu rêves … ça ou de prendre ma place dans le lit de Castiel. Je ne suis pas totalement sûr.
Il avait tort de provoquer Raphael. Il avait suffisamment d'expérience pour savoir que cela ne pouvait pas bien se finir pour lui. Surtout quand il était enfermé et sans aucune issue. Surtout quand il était aussi vulnérable. Mais il en avait assez d'écouter Raphael le menacer sans réagir. Il en avait assez de se laisser faire.
- Tu veux me faire sortir de mes gonds Dean ? Tu cherches à me pousser à te faire du mal pour que Castiel s'en prenne ensuite à moi ? Tu crois que je ne lis pas clair dans ton jeu ? Je te l'ai déjà dit … tu aurais tort de me sous-estimer.
- Je connais les hommes comme toi Raphael. Je sais comment tu fonctionnes et je sais à quoi m'attendre de ta part. Crois-moi … tu ne me fais pas peur.
- Les hommes comme moi ? Je peux savoir ce que tu entends par là ?
Dean s'écarta du mur pour toiser Raphael. Il était plus grand que lui. Plus musclé et sans doute plus puissant. Bien sûr, il savait que son adversaire était parfaitement capable de se battre et peut être même d prendre le dessus sur lui. Mais il était tout de même prêt à tenter sa chance si c'était nécessaire. Il ne resterait pas à attendre bêtement. Il ne serait pas une victime de plus.
- La plupart de mes clients étaient comme toi … et ils parlent, tu sais … quand ils ont pris leur pied et qu'ils sont avec quelqu'un qui ne parlera pas … qui ne peut pas aller raconter ce qu'il entend sans s'incriminer lui-même … leur langue se délie forcément. Et ce dont ils parlent généralement … ce qu'ils confient alors est la même chose que ce que tu penses et ressens. C'est pour ça que je n'ai pas peur de toi. Je te l'ai dit … je te connais.
- Tu penses que je suis comme tous les minables qui payaient pour coucher avec toi ?
- Tu es exactement comme eux.
Raphael ne semblait pas réellement vexé par ce qu'il entendait. Il paraissait curieux de voir en quoi Dean pouvait le trouver similaire à ces hommes. Le jeune homme savait toutefois qu'il avait vu juste et qu'il avait mis le doigt sur un point sensible. Il se souvenait de ce que Castiel avait dit après leur dispute. Raphael était jaloux de sa position. Jaloux de n'être qu'un employé quand Castiel gravissait les échelons à une vitesse record. Et c'était sans nul doute ce que le motivait à faire chuter Castiel d'une manière ou d'une autre. C'était la jalousie qui l'animait. Certainement pas une quelconque loyauté envers ses employeurs comme il voulait le faire croire.
- Tu es un sous-fifre. Tu es un employé. Tu n'es rien de plus qu'un homme qu'on envoie fait le sale boulot parce qu'on sait que c'est la seule dont il est capable. Et parce qu'on considère que s'il vient à se faire prendre, ce ne serait pas une grande perte. Tu es interchangeable.
Raphael ne dit rien et Dean saisit alors cette chance d'enfoncer le clou en poursuivant son explication.
- Tous ces hommes … tous se sentaient inférieurs. Ils avaient besoin de payer quelqu'un pour coucher avec eux et se soumettre à leurs ordres parce qu'ils sont soumis à d'autres le reste du temps. Cela leur donnait la sensation d'exister et d'être enfin le supérieur de quelqu'un. Tu te fiches de ce que je peux cacher. Tu te fiches que je puisse être là pour vous faire tomber tous. Ce que tu veux … ce que tu désires par-dessus tout, c'est de prouver que Castiel s'est trompé. Tu veux prendre sa place. Tu veux changer de statut.
- C'est une jolie histoire Dean et si elle peut t'aider à avoir un peu moins peur, je te conseille de te continuer à t'y raccrocher autant que possible. Mais tu te trompes. Tu n'as pas idée de ce dont je suis capable pour protéger mes patrons.
- Si c'était vrai, tu ne prendrais pas le risque d'attendre. Tu m'aurais déjà tué.
- Est-ce que c'est une requête ? Tu as envie de mourir Dean ?
Le jeune homme secoua aussitôt la tête. Il était toutefois convaincu qu'il avait raison. Raphael ne tenterait rien contre lui. Ce n'était pas ce qu'il voulait. Ce dont il avait besoin, c'était de la preuve que Castiel s'était laissé berné. Pour pouvoir le faire tomber ensuite. Il avait déjà rencontré des hommes comme Raphael. Il les avait confrontés dans le cadre de son travail. Et ils finissaient tous par parler comme ils étaient sous pression. Leur frustration les conduisait à trahir les leurs quand il était évident qu'ils ne parviendraient pas à obtenir autre chose.
- Je n'ai pas envie de mourir. Je compte bien survivre à mon emprisonnement. Et dune certaine manière, tu as sans doute raison. J'utilise Castiel pour parvenir à mes fins. Je sais qu'il est le seul à pouvoir me protéger. Si coucher avec lui peut me garantir que je sortirais d'ici en un seul morceau et sur mes deux pieds alors je coucherais avec lui. Et Castiel le sait … il en a joué pour me convaincre. Il sait que je ne l'aime pas et que je ne l'aimerais jamais. Je me sers de lui et il se sert de moi. C'est tout.
- Sans doute que cette histoire a suffi à convaincre Castiel et Gabriel mais je suis plus intelligent qu'eux. Je sais que tu mens.
- Si tu étais plus intelligent qu'eux alors tu serais à leur place et pas à la tienne.
Raphael sourit avant d'abattre son poing contre le mur juste à la gauche du visage de Dean. Ce dernier ne put se retenir de sursauter, surpris par ce brusque accès de colère. Il reprit toutefois rapidement ses esprits et repoussa Raphael des deux mains pour le faire reculer.
- Je sais que tu ne me ferais pas de mal … sans doute parce que tu as peur de Castiel. Mais tu devrais également avoir peur de moi tu sais. Je ne suis pas aussi innocent que ce que tu sembles croire. Et je sais me battre. J'ai tué un homme je te rappelle.
- Et moi j'en ai tué des dizaines. C'est même mon métier. Tu ne me fais pas peur.
Dean aurait aimé avoir un micro pour enregistrer les aveux que Raphael venait de faire. Il doutait de pouvoir le lui faire répéter une seconde fois. Pas sans lui poser clairement la question et dévoiler alors ses intentions. Le FBI savait parfaitement le rôle que Raphael tenait au sein de l'organisation. Mas ils n'avaient jamais pu le prouver. Des aveux directs les aurait aidés. Et permis sans doute de pousser Raphael à donner des noms ensuite. Dean allait devoir suggérer tout cela à Benny.
- Tu m'as dit que tu savais ce que c'était de traverser l'enfer et d'en ressortir vivant. Tu dois donc savoir ce dont on est capable quand on est confronté à ce genre d'épreuves. Tu sais qu'on est contraint de faire des choses horribles que beaucoup considéreraient comme immorales juste pour survivre. Tu devrais donc savoir que je suis capable de tout pour m'en sortir. Je l'ai fait par le passé et je le ferais à nouveau sans hésiter. Je ne suis peut-être pas un monstre ou un meurtrier comme toi. Mais je suis un survivant. J'ai dû me battre toute ma vie … quelques mois de plus ou de moins ne changeront rien pour moi.
- Tu serais capable de me tuer Dean ?
- Si je n'ai pas le choix … si c'est te tuer ou mourir alors oui … oui sans hésiter une seule seconde.
Raphael ricana une seconde. Il n'était visiblement pas impressionné. Dean pouvait imaginer qu'il avait été déjà menacé par le passé. Et sans doute avait-il appris à cacher ce que de tels propos provoquaient chez lui.
- J'ai survécu à un homme qui me battait presque tous les jours juste pour le plaisir … j'ai survécu à la rue … à des hommes prêts à payer un adolescent pour du sexe … à un viol et à la drogue. J'ai survécu au centre de détention où j'étais une cible pour beaucoup et j'ai survécu à Azazel … franchement à côté d'eux, tu n'es pas si impressionnant que tu sembles le croire.
Raphael semblait en avoir assez entendu. Dean avait visiblement réussi à le pousser dans ses derniers retranchements. Il le saisit par le col de son tee-shirt et le plaqua violemment au mur, lui arrachant un petit cri de douleur quand son crâne heurta le ciment. Ce n'était pas suffisant pour le blesser mais assez pour lui faire comprendre que Raphael ne plaisantait pas. C'était peut-être là la solution. Le pousser jusqu'à le contraindre à commettre une erreur. Une que Castiel ne pourrait pas laisser passer. S'il obtenait que Raphael le frappe, il pourrait ensuite s'en servir contre lui.
- Ferme-la ! ordonna Raphael d'une voix froide.
- Sauf si tu m'y obliges, je n'en ai pas l'intention, répliqua Dean.
Raphael leva alors le poing dans sa direction et le jeune agent ferma instinctivement les yeux, prêt à encaisser le coup. Il espérait juste qu'il ne lui casserait rien. Il doutait que les gardes acceptent de le conduire à l'infirmerie. Ils ne prendraient pas le risque d'avouer qu'un autre détenu était entré dans sa cellule alors même qu'il était à l'isolement. Et rester plusieurs jours avec un nez fracturé n'avait sans doute rien de plaisant.
- Tu crois pouvoir me manquer de respect et ne pas le payer ensuite ? demanda Raphael.
Dean pouvait sentir son souffle sur son visage et cela lui donnait la nausée. Il rouvrit les yeux et les plongea dans ceux de son assaillant.
- Je crois surtout que tu n'as pas les couilles de mettre tes menaces à exécution. Je crois que tu es lâche et faible.
- Ah oui vraiment ?
Dean hocha la tête. Raphael abattit alors son poing sur son visage au niveau de sa tempe. Dean cria et sentit presque aussitôt le sang couler de son arcade sourcilière. C'était parfait. C'était une blessure qui serait encore visible à sa sortie de l'isolement. Castiel serait fou de rage en la voyant.
- Je ne laisserais pas quelqu'un comme toi me manquer de respect … je ne laisserais pas un minable dans ton genre me parler comme si nous étions égaux. Tu n'es rien … tu ne vaux rien.
- Et pourtant, Castiel me préfère à toi … c'est moi qui suit dans son lit et c'est ma défense qu'il prendra à chaque fois.
- Parce que tu écartes les cuisses pour lui … juste pour ça.
- Peut être que tu devrais essayer alors.
Raphael le frappa une seconde fois au niveau de la bouche. Sa lèvre s'ouvrit et du sang coula dans sa bouche. C'était douloureux mais c'était une bonne chose. Plus Raphael le frappait et plus il se condamnait à mourir dans d'atroces souffrances. Dean n'aurait pas dû s'en réjouir. Mais c'était plus fort que lui. A cet instant précis, il voulait voir Raphael mourir.
- C'est tout ce que tu as ? Franchement, je m'attendais à mieux, jeta t-il après avoir avalé le sang qui avait coulé dans sa bouche.
Raphael referma alors ses mains autour de son cou et commença à serrer. Dean ne pouvait plus respirer. Il tenta de se débattre mais ne parvint pas à se dégager. Il était peut-être allé trop loin. Raphael allait peut-être le tuer en fin de compte. Il attrapa ses avant-bras pour tenter de le faire lâcher mais il manquait de force. Son visage le faisait souffrir et ses poumons protestait contre le traitement reçu. Il risquait de perdre connaissance s'il ne faisait rien. Raphael ne semblait pas décider à le laisser. Et aucun garde ne les arrêterait. Dean était seul. Il devait tenter le tout pour le tout. Il prit appui sur le mur contre lequel il était appuyé puis balança sa jambe en avant. Il sentit son tibia heurter Raphael à l'entrejambe violemment. Ce dernier cria, visiblement surpris, et le relâcha aussitôt. Dean s'écarta alors du mur sans perdre une seconde et mit de la distance entre eux.
- Castiel va adorer apprendre ce que tu m'as fait quand je sortirai de là ! lança t-il ensuite.
Raphael était plié en deux et souffrait visiblement beaucoup. Dean savoura ce moment qui sonnait comme une victoire pour lui. Il avait réussi à faire commettre une erreur cruciale à son adversaire.
- Et quand il te tuera, je serai là pour le regarder faire … je serai la dernière personne que tu verras avant de mourir ! ajouta t-il malgré lui.
Il ne se reconnaissait pas dans ces propos. Ce n'était pas lui. Jamais il n'avait pris du plaisir à voir souffrir quelqu'un. Jamais avant il n'avait souhaité la mort de qui que ce soit. Pas même d'un criminel. Il était contre la peine de mort. Il estimait que personne n'avait le droit d'ôter une vie. Mais la rage qu'il ressentait était si forte qu'il avait envie d'oublier tous ses principes et toutes ses convictions. Ici, il était un autre Dean. Et ce nouveau Dean était capable de tout.
- Maintenant, je veux que tu sortes d'ici, exigea t-il enfin.
Raphael se redressa doucement en gardant une main plaquée contre son entrejambe.
- Tu ne lui diras rien, lança t-il.
- Oh je vais me gêner ! Je lui donnerais tous les détails. Tu es mort.
- Si tu parles … si je ferais en sorte de te détruire.
- Comment pourras tu me détruire quand tu seras mort ?
Raphael s'approcha de lui en boitant. Dean résista à l'envie de reculer.
- J'ai des amis à l'extérieur Dean. J'ai des amis qui n'attendent que mon signal pour commencer leurs recherches. Ils ne s'arrêteront pas avant d'avoir trouvé quelque chose sur toi … le nom d'un ami peut être ou ce que tu caches. Si je meurs, ils feront en sorte que toi ou tes proches le payent le prix fort.
Dean savait qu'il ne bluffait pas. Il ne disait pas ça uniquement pour s'en sortir. Il était en train de négocier avec lui. Il avait confiance en Ash et il était presque sûr que personne à l'extérieur ne pourrait percer sa couverture. Mais il existait tout de même une infime chance que quelqu'un finisse par y parvenir. S'ils trouvaient le nom de Sam, ils s'en prendraient à lui ou à un autre membre de sa famille. C'était un risque qu'il n'était pas prêt à courir.
- Si tu ne dis rien en revanche … si tu lui mens sur ce qui vient de t'arriver, je leur dirais d'abandonner. Je te laisserais tranquille.
Dean prit une seconde pour réfléchir. C'était tout ce qu'il souhaitait. Il voulait que Raphael arrête de fouiller dans son passé et le laisse tranquille pour mener sa mission à bien. C'était plus important que son désir de vengeance et que la rage qu'il ressentait à cet instant précis. C'était une proposition intéressante et qui servait ses intérêts. Sauf qu'il ne pouvait pas être totalement sûr que Raphael laisserait réellement tomber.
- Comment est-ce que je peux être sûr que tu ne tenteras rien ? demanda t-il alors.
- Tu ne peux pas. Mais tu as raison … je sais ce dont Castiel est capable et je ne doute pas une seconde qu'il me tuera s'il apprend la vérité.
- Donc je me tais et tu arrêtes de me surveiller en permanence.
- Exactement. Donnant-donnant.
Dean devait saisir cette opportunité. Il pourrait toujours dire la vérité à Castiel si toutefois Raphael lui avait menti. Il avait toujours cette carte à jouer si les choses ne se passaient pas comme prévu. Il finit donc par hocher la tête.
- Je ne lui dirais rien, assura t-il.
- Et je te laisserai tranquille, répliqua Raphael.
Il s'éloigna ensuite de Dean et s'approcha de la porte. Il avait posé la main sur la poignée quand il se retourna pour regarder le jeune homme à nouveau. Ce dernier le distinguait à peine dans l'obscurité.
- Je dois reconnaître que c'est bien joué de ta part Dean. Je suis impressionné. J'ai sans doute sous-estimé ton intelligence.
- C'est une erreur que beaucoup ont fait avant toi. C'est sans doute l'inconvénient quand on a une belle gueule.
- Sans doute. Ce qui est sûr, c'est que tu as le comportement, les réflexes et l'intelligence de quelqu'un qui a été entraîné. Par qui ? Je suppose que je ne le saurais jamais.
- Tu as promis de me laisser tranquille.
- Et je le ferai. Même si le fait que tu y tiennes autant ne fait que renforcer mes soupçons … et me pousse à me demander ce que tu tiens autant à cacher.
Dean ne répondit rien, conscient que tout ce qu'il pourrait dire se retournerait ensuite contre lui. Il n'y avait pas songé avant. Mais il était évident que son insistance pour que Raphael ne fouille pas son passé prouvait qu'il avait effectivement quelque chose à cacher. Il espérait vraiment que le tueur allait tenir sa promesse maintenant.
- Ne t'en fais pas Dean. Je suis un homme de parole.
- Je ne suis pas inquiet.
- Tu es un très mauvais menteur.
- Tire-toi.
Raphael hocha alors la tête puis ouvrit la porte de la cellule et en sortit finalement. Dean resta de longues minutes sans bouger à observer la porte qui s'était refermée. Il avait mal au visage et son cœur battait trop vite dans sa poitrine. Il n'était pas sûr d'avoir réellement remporté une victoire durant ce petit affrontement. Il avait maintenant un moyen de faire chanter Raphael. Il avait également renforcé ses soupçons. Il espérait que cela ne se retournerait pas contre lui sur le long terme.
Il finit par retourner s'asseoir sur son matelas. Le sang coulait toujours de sa lèvre et de sa tempe. Il allait devoir trouver un mensonge pour Castiel. Il aurait probablement des bleus autour de cou également. Dean savait qu'il serait furieux en les voyant. Il exigera un nom. Dean n'aurait d'autre choix que de lui en donner un. Il condamnerait alors un homme à mourir. Il n'aimait pas l'idée de dénoncer quelqu'un qui n'avait rien fait. Mais refuser de parler pousserait Castiel à s'en prendre à lui. Ce n'était pas envisageable. Dean aurait aimé pouvoir demander conseil à Benny. Il doutait toutefois d'en avoir l'occasion. Castiel serait là dès sa sortie de l'isolement et il devrait parler immédiatement. Il allait devoir accepter de sacrifier quelqu'un. Rodriguez semblait la cible idéale mais rien ne garantissait à Dean qu'il n'était pas déjà mort. Il devait être crédible.
Le jeune homme ferma les yeux, épuisé. Il n'avait pas imaginé en arrivé là en entrant en prison. Il n'avait pas imaginé qu'il serait contraint de tuer quelqu'un et d'en condamner un autre. Il allait devoir vivre ensuite avec sa conscience à sa sortie. Il doutait de sortir indemne de cette mission. Il en serait forcément changé. Benny avait peut-être raison en fin de compte. Il avait eu tort de l'accepter. Il aurait dû laisser quelqu'un d'autre s'en charge à sa place. Sauf qu'il était le seul à remplir tous les critères pour la mener à bien. Il ne pouvait de toute façon pas renoncer maintenant. C'était trop tard pour revenir en arrière. Il allait devoir en accepter les conséquences et se raccrocher au fait qu'il était là pour faire quelque chose de bien. Qu'une fois sa mission remplie, ils pourraient détruire une des plus dangereuses organisations criminelles des États-Unis. C'était la seule chose qui lui restait pour ne pas sa culpabilité le détruire. Il allait devoir se concentrer sur cet objectif et ne surtout plus penser à tout le reste. Même s'il savait d'ores et déjà que ce serait incroyablement difficile.
