Chapitre XI
◦ Oh ma tête ! Dit-elle en passant sa main sur son front. Castle ?! Déclara-t-elle en tentant de ne pas laisser ses yeux vagabonder sur ce corps pratiquement nu qui s'offrait à elle. Mais qu'est que vous faites là ?!
◦ Euh… Mon loft, ma chambre et mon lit donc… Siffla-t-il en mettant son oreiller sur son entrejambe, rougissant comme un ado.
Beckett ne savait plus quoi penser. Elle savait qu'elle devrait lutter contre elle-même si elle acceptait de passer la nuit chez Castle. Et de toute évidence, le vin n'avait pas arrangé les choses. Mais, au fond, regrettait-elle vraiment cette soirée ? Elle avait pu gouté avidement à ses lèvres, à la force de son torse et à la douceur de ses doigts…
Jamais encore un baiser ne l'avait autant chamboulée. Si celui sous couverture avait été époustouflant, celui-là était inqualifiable. Son souvenir était impérissable ! Et sans s'en rendre compte, elle passa sa main sur sa clavicule marquée.
Heureusement Castle avait agi en parfait gentleman. Comme toujours il avait été prévenant, attentionné et sage. Etait-ce vraiment ce qu'elle voulait ? Ne préférerait-elle pas qu'il la bouscule ? Agissait-il comme ça avec toutes celles qui passaient dans son lit ?
L'écrivain regardait tantôt le coussin posait sur ses cuisses tantôt sa muse assise au bord de son lit. Castle se sentait gêné de ne pas pouvoir se contrôler. Mais dès qu'il laissait ses yeux errer sur son corps, il devait résister à ses pulsions. C'était déjà dur au poste lorsqu'elle était habillée, alors dans son lit, à moitié nue, après une nuit à se câliner… Il restait un homme après tout…
La chaleur de leur étreinte de la veille ne l'avait pas quitté. Kate ne pouvait pas feindre l'amour qu'il y avait ressenti, car oui, leurs baisers transpiraient l'amour !
Dans cette chambre de Manhattan, le temps semblait s'être arrêté. Pourquoi étaient-ils autant gênés ? Après tout, ce qu'ils s'apprêtaient à faire était légal. Assis au bord du lit, ils se regardaient comme deux adolescents qui ne savent pas vraiment comment s'y prendre.
Dans un synchronisme parfait, l'azur rencontra l'émeraude pour quelques secondes, une minute à peine. Mais Kate rompit le contact pour écarter le drap qui l'enveloppait afin de voir ce qui restait de ses vêtements, et fut quelque peu rassurée en constatant qu'elle portait toujours son dessous. Mais elle lâcha le drap et palpa sa poitrine.
◦ Mon soutien-gorge ?!
◦ Euh… Sur le plan travail, je dirais… Vous l'avez perdu dans la bataille…
◦ Pardon ?!
◦ Vous n'avez aucun souvenir d'hier soir ou quoi ?!
◦ Si, bien sur que si ! Oh mon Dieu, j'ai beaucoup trop bu !
◦ Vous pensez ? Demanda-t-il en levant un sourcil provocateur. Vous m'avez littéralement sauté dessus !
◦ Oh ! Comme si ça vous avez déplu ?
◦ Pas le moins du monde ! On reprend où on s'est arrêtés ?
◦ …
◦ Oui ? Non ? Peut-être ? Dommage, on se serait bien amusés ! Déclara-t-il rêveur en repensant à sa démarche féline après cette phrase lors de leur première enquête.
◦ Vous n'avez pas idée ! Castle pour hier soir… Je suis désolée… Le vin m'a fait agir de façon…irrationnelle…
Et voilà ! Elle fuyait… Mais hier soir, c'était bien elle. Plus ouverte et plus avenante, sans cette retenue qui lui servait de remparts.
◦ Disons que j'ai pu goûter à un petit aperçu de ce à quoi Josh faisait référence Lundi matin en salle d'interrogatoire… Réplica-t-il en la détaillant du regard.
◦ Euh… Je peux emprunter votre salle de bain ? Demanda-t-elle en prenant la direction de la pièce attenante pour cacher ses joues qui s'empourpraient.
◦ Besoin d'aide pour vous frotter le dos ? Murmura-t-il.
◦ Castle ! Cria-t-elle plus pour la forme que pour le fond.
◦ Oups… désolé, déclara-t-il alors que son sourire trahissait ses pensées.
◦ Vraiment ?
◦ Euh… Non…
Beckett se glissa sous l'eau chaude, les mains posées sur le carrelage froid de la douche à l'italienne. Finalement, elle attrapa la bouteille de gel douche et en déposa une noix dans la pomme de sa main. Plus la mousse se rependait sur son corps, plus l'odeur de Rick envahissait la pièce pour son plus grand plaisir. Elle se rinça et coupa l'eau mais quand elle voulut attraper une serviette, elle eut un léger moment de solitude.
Avançant difficilement à l'aide du tapis pour ne pas transformer la salle de bain en pataugeoire, elle s'approcha de la porte.
◦ Castle ?
◦ …
◦ Castle ?!
◦ Vous avez un problème ? S'enquit l'écrivain en entrant dans sa chambre.
◦ Euh… Eh bien…
◦ Ah oui ! Vous avez un problème ! Rit-il en imaginant le reste de son corps totalement dévêtu et humide derrière la porte.
◦ Arrêtez de rire ! Ca vous ennuierez de m'apporter une serviette avant que j'attrape la mort ?!
◦ Voilà ! Au fait, j'ai retrouvé votre soutien-gorge.
◦ Super ! S'exclama-t-elle en lui tendant sa main.
◦ J'avais bien raison, il vous attend dans la cuisine ! Déclara-t-il avec un sourire mutin.
◦ Arrrrh ! Râla la jeune femme en claquant la porte.
Elle s'habilla en vitesse et fila au 12th. Elle ne voulait pas qu'ils arrivent ensemble au poste et puis, elle devait encore passer chez elle pour se changer.
Au 12th, un peu plus tard.
Assise à son bureau, un stylo entre les mains, Kate essayait d'oublier les images du corps de Castle contre le sien. Elle pouvait encore sentir son souffle chaud dans son cou ou la douceur de sa main caressant sa fesse. Comment évincer de votre esprit une sensation que vous voudriez ressentir à nouveau et que l'objet de votre désir vous suit toute la journée ?
Castle n'était toujours pas arrivé et ce n'était pas plus mal. Comment arriverait-elle à le regarder sans rougir ? Qui plus est, il allait surement se venter d'avoir réussi à la mettre dans son lit… Trop heureux d'avoir pu caresser cette pauvre fille, froide et sans cœur, trop obnubilée par la mort de sa mère pour vivre sa vie…
Mais l'absence de Rick rimait avec l'absence de café, alors elle se dirigea vers la salle de pause. Elle lutta avec cet appareil qu'elle n'arriverait, sans doute, jamais à dompter. De la vapeur s'échappa de la machine à café accompagnée par un bruit sinistre.
◦ Arrrrh ! Je vais la démonter pièce par pièce !
Fulminante, elle lança sa tasse dans l'évier. Lorsque cette dernière atterrit, elle se brisa en milles morceaux.
◦ Lieutenant ! Rentrez chez vous ! Revenez à 14h, si vous êtes calmée sinon ce n'est pas la peine ! S'exclama Gates dans l'encadrement de la porte.
En cette fin de matinée là, la morgue était d'un calme religieux. Assise à son bureau, Lanie s'étira sur sa chaise et elle ferma le rapport devant elle. La semaine était difficile pour tout le monde, elle y comprit. Kate était sa meilleure amie et elle ne trouvait aucun indice sur les victimes. Elle se sentait impuissante, inutile et incapable de faire ce pour quoi elle était payée. Elle souffla et décida de retourner examiner les corps.
◦ Kate ? Mais qu'est ce que tu fais dans le noir sur une table d'autopsie ? Cria-t-elle alors que son cœur tentait de retrouver un rythme normal.
◦ Oh… désolée… Je ne voulais pas te faire peur… J'avais besoin de parler mais tu étais occupée alors je me suis allongée là…
◦ Et ça fait longtemps ?
◦ Euh… Suffisamment pour te dire que ce n'est pas très confortable…
◦ A ton avis, pourquoi j'ai un canapé dans mon bureau ?
La métisse s'approcha, tira un tabouret et s'assit en face de son amie. Kate balançait frénétiquement ses pieds dans le vide sans les quitter des yeux.
◦ Honey, dis moi ce qui te tracasses ?
◦ Hier soir, j'ai suivi ton conseil et j'ai demandé à Castle de me prêter son canapé…
◦ Et alors ? Demanda la légiste à la recherche de détails.
◦ J'ai commencé par lui demander si on pouvait passer la nuit ensemble…
◦ Tu vois, t'es irrécupérable !
◦ Mais je me suis reprise, on est rentré au loft. Il a merveilleusement bien cuisiné, on a bu du vin, un bordeaux exceptionnel. Martha et Alexis ont été adorables, la soirée était fabuleuse…
◦ Alors c'est quoi le problème ? Demanda la légiste complétement perdue.
◦ Eh bien… J'ai dormi dans les bras de Castle… Après qu'on se soit embrassés… et peut-être un petit peu tripotés aussi… Avoua-t-elle la tête baissée.
◦ Ah ! Ce n'est que ça ! Et t'as aimé ? Rajouta Lanie avec un grand sourire.
◦ Lanie ! Il avait sa main sur ma fesse et je lui caressais le torse ce matin !
◦ Ah oui… Vu comment tes yeux en pétillent encore t'as dû sacrément apprécier !
◦ Arrête un peu ! Il ne s'est rien passé cette nuit, on a juste dormi… Mais qu'est ce qui m'a prise de me laisser aller comme ça ?
◦ Je dirais plutôt que tu as enfin laissé parler ton cœur ! Vous en avez discuté tout les deux ?
◦ Oui…
◦ Pourquoi tu tires cette tête ?
◦ Parce que j'ai préféré fuir ! Je me suis servie du vin comme d'un alibi pour justifier mon comportement.
◦ Et…?
◦ Il a répondu qu'il avait eu un léger aperçu de ce à quoi Josh faisait référence pendant son interrogatoire…
◦ Ce type est génial ! Tu lui as dis que ce n'était qu'un très léger aperçu ? Répondit la légiste en rigolant.
◦ Lanie !
◦ Oh arrêtes un peu ! Tu le repousses une fois de plus, soit dit en passant, et lui ne perd pas espoir. Tu as la preuve que tu cherchais, il tient à toi et tu tiens à lui ! Tu ne peux plus nier, ma belle !
Après un petit déjeuner et une douche, Castle arriva au poste. Il ne n'attendrait pas la fin de l'enquête, il allait lui dire ce matin qu'il n'en pouvait plus de faire semblant. Alors, il allait suivre le conseil non sollicité de sa mère et lui avouer à quel point il l'aime avant que la fatalité du monde ne les sépare.
◦ Javier, est-ce que tu as vu Beckett ? Demanda-t-il en sortant de l'ascenseur.
◦ Gates l'a renvoyée chez elle après qu'elle est explosée sa tasse à café dans l'évier. La nuit a dû être difficile, elle est vraiment remontée !
◦ Oh…
◦ Pourquoi ? Y a un problème ?
◦ Non, non, merci Bro.
Etait-elle en colère à cause de la nuit qu'ils venaient de passer ? Pourtant, elle ne lui avait pas donné cette impression en quittant son appartement. Sur le trottoir en pleine réflexion, il héla un taxi.
Face à la porte vitrée de l'immeuble de la jeune femme, il hésita un court instant.
◦ Est-ce vraiment le bon moment ? Y a-t-il un bon moment pour avouer à une femme qu'on est fou d'elle ?
Il devait lui dire que les préliminaires de la veille ne l'avaient pas laissé de marbre.
Immobile devant sa porte, il n'osait frapper. Lui, ce séducteur hors pair n'était plus sûr de ses gestes. Il était tremblant à l'idée qu'elle puisse ne pas l'aimer. Finalement, il tapa trois coups et attendit.
◦ Castle ?
◦ …
◦ Est-ce que ça va ? Demanda-t-elle, soucieuse, devant son mutisme.
◦ Beckett… J'ignore si c'est le bon moment pour ça…
◦ Euh… Castle ça va ?
◦ Depuis quatre ans, je me lève chaque matin en espérant un sourire ou un regard… Même noir, peu m'importe au fond… Je veux juste pouvoir me perdre dans tes yeux… Si je ferme les miens, je peux encore sentir la douceur de tes lèvres sur les miennes… J'ai adoré ton souffle court dans mon cou… J'ai adoré sentir tes doigts caresser mon torse ce matin… J'ai adoré passer la nuit dans tes bras… Kate… Je t'aime… Je t'aime pour ce que tu es, une femme forte et indépendante qui n'a certainement pas besoin d'un homme pour diriger sa vie. Mais aussi pour ce que je suis quand nous sommes ensemble… Tu fais de moi un homme meilleur, l'homme que je rêvais d'être finalement, mais je n'avais pas encore trouvé la femme pour qui je voulais être différent ! Je n'ai pas toujours su trouver les mots… Mais… Kate… Je t'aime…
Pour simple réponse, il retrouva la douceur des lèvres de Beckett. Elle s'était approchée et l'embrassait délicatement. La jeune femme trouvait les mots trop faibles après une telle déclaration. Elle laissa les incertitudes et les doutes derrière elle. Pour une fois, elle décida d'écouter son cœur.
Castle, d'abord surpris, prit finalement part à cet échange et la saisit par les hanches. De toute évidence, elle ne regrettait pas la soirée de la veille ! La jeune femme passa ses mains sous le pull de son amant et les laissa vagabonder sur sa peau. L'écrivain engagea la même torture en glissant ses doigts sous sa chemise.
Lorsqu'il atteint le doux tissu satiné de ses dessous, la réponse de Kate ne se fit pas attendre.
◦ Hum… Castle…
Le baiser était urgent et passionné. Des gémissements de plaisirs remplissaient la pièce. Alors que Beckett se mouvait contre le bassin de son amant, ce dernier échangea leurs places et la plaqua contre sa porte. Il embrassa chaque parcelle de son cou dénudé, puis défit deux boutons et continua de la torturer. Il sourit sur sa peau en retrouvant la marque qu'il lui avait infligée quelques heures auparavant. A chaque nouvel assaut de la bouche de l'écrivain sur son corps, elle frémissait. Elle resserrait sa prise sur ses épaules tout maintenant le contact entre sa féminité et le ronflement naissant dans le jeans du romancier.
Dans cet appartement newyorkais, ils laissaient s'échapper les quatre années de frustration qu'ils venaient de s'infliger mutuellement.
Kate posa une main sur le torse de Castle, et lui intima de reculer. Elle se défit doucement de son étreinte. Elle mourait d'envie de le laisser continuer. Il l'avait à peine touchée et pourtant, elle était déjà toute chose. Mais elle devait retourner au poste pour continuer cette enquête avant de se laisser aller à des galipettes.
◦ Rick…
◦ Hum…
◦ Pas… maintenant… Dit-elle haletante alors que les lèvres de Castle se faisaient audacieuses.
◦ Pourquoi ? Demanda-t-il surpris en relevant la tête.
◦ Parce que je dois retourner au poste dans une heure et que si on s'engage sur cette voie là, je ne serais jamais à l'heure.
◦ Oh… Hum… Grogna-t-il comme un enfant à qui l'on vient de retirer son jouet favori.
◦ Ce n'est que partie remise…
◦ J'espère bien Miss Beckett !
◦ Tu n'auras pas changé d'avis d'ici ce soir ?
◦ Kate, ça fait quatre ans que je n'ai pas changé d'avis. Alors, je crois que ce n'est pas cinq heures de plus qui vont y changer quelque chose !
◦ Parfait alors… Déclara-t-elle en lui piquant un baiser. J'en reviens pas de pouvoir faire ça !
◦ Si tu savais le nombre de fois que j'ai lutté pour ne pas le faire ! Je nous prépare un truc à manger et on retourne au poste ensuite ?
◦ Pourquoi pas…
Après avoir rangé la cuisine, échangé quelques baisers et des caresses, ils quittèrent l'appartement de la jeune femme.
Dans l'ascenseur qui les amenait à la criminelle, Beckett était blottie dans les bras de son écrivain et à chaque étage, elle s'en extirpait à contre cœur. Avant qu'ils n'arrivent au 4ème, elle s'écarta et le mit en garde.
◦ On est au boulot, et même si j'adore sentir ta main sur ma fesse, tu gardes tes mains dans TES poches et on reprend le vouvoiement.
◦ Evidemment ! Donc je suppose que je ne peux pas VOUS embrasser langoureusement.
◦ Castle !
◦ Kate, je plaisante ! Je vais me conduire normalement. J'attendrais ce soir, mais est ce que toi tu sauras attendre ? Demanda-t-il avec un sourire à faire fondre.
Ding…
Lorsque les portes s'ouvrirent, elle remit son masque de flic et ne laissa plus rien transparaître. Elle se dirigea vers la salle de repos pour se faire un café, alors que l'écrivain s'arrêta au niveau des deux lieutenants.
Devant la machine qui l'avait excédée quelques heures auparavant, Kate ne lâchait pas son homme des yeux. Il semblait en pleine négociation avec l'irlandais et le latino. Esposito martelait de son index la poitrine de Castle sous les rires de Ryan.
◦ Wahou ! On se croirait dans une cour de récré quand l'intello se fait racketter sa dissertation à rendre pour le lendemain…
◦ Sauf que je n'étais l'intello à l'époque mais celui qui draguait les filles, Beckett ! Déclara l'écrivain avec un sourire charmeur.
◦ Et moi celle qui leurs cassait les deux jambes quand ils s'approchaient trop près ! Claqua-t-elle avec un petit sourire vainqueur aux lèvres.
◦ Mmhh… Suffit juste de trouver la bonne distance alors… Rétorqua-t-il alors que Ryan et Esposito tentaient étouffer leurs rires.
Elle roula des yeux et s'assit sur le bord de son bureau face au Murder Board. Un stylo entre les mains, Kate se remémorait chaque détail de cette enquête. Cet homme était obnubilé par elle, consciencieux, méthodique et confiant.
Les paroles de Castle lui revinrent alors en mémoire « comment peut-il en savoir autant sur vous ? Cet homme vous suit forcément depuis de nombreuses années déjà ». Mais, la question qui la tracassait depuis quelques minutes était toute autre. Comment savait-il où trouver ses victimes ? Il devait connaître leurs adresses puisqu'elles avaient toutes été retrouvées dans leurs salons respectifs. Les meurtres n'avaient absolument rien d'innovant, tout était précautionneusement réfléchi. La précision dans l'entaille, la lettre, l'uniforme de postier…
◦ Ryan ! La boutique vendait plusieurs types de costumes ?
◦ Euh… Oui, je crois qu'il y avait de tout. Pourquoi ?
◦ Parce qu'on est fin Février…
◦ … Que la semaine prochaine, c'est Mardi Gras ! Termina l'écrivain.
◦ Et que font les newyorkais mais surtout les universitaires pour Mardi Gras ?
◦ Ils se glissent dans la peau d'un personnage qu'ils ne seront jamais. Et comme un étudiant vit avec son portable…
◦ … Si l'on regarde les réseaux sociaux, peut-être que notre homme…
◦ … Est sorti de la boutique en même temps que des étudiants !
◦ Ryan voit avec Tory ce que tu peux trouver là-dessus.
Les deux lieutenants n'avaient pas pu en placer une, tellement la connexion entre Beckett et Castle était évidente. L'irlandais et le latino s'éloignèrent, l'écrivain en profita pour s'approcher de Kate. Il la frôla, et fut ravi de la voir frémir.
◦ Et tu t'étais déguisée en quoi ?
◦ Pardon ?!
◦ Pour savoir que les universitaires se costument à Mardi Gras, il faut l'avoir vécu au moins une fois. Alors ?
◦ En zombie.
◦ Toi ?! En zombie ?! Sérieusement ?!
◦ Non ! Rit-elle face à la mine de l'écrivain. J'étais en toge romaine… Totalement nue dessous…
◦ … Et… tu l'as encore ?
◦ Peut-être…
Elle se retenait pour éviter de l'embrasser tant sa bouche entrouverte était un appel à la luxure. Depuis hier soir, elle vivait un rêve éveillé. Elle avait, plus ou moins, ouvert son cœur à celui qu'elle aimait et ce matin avait été tellement agréable qu'elle n'osait plus imaginer un réveil sans ses bras.
Dring…
◦ Beckett
◦ Kate ? C'est Lanie.
◦ Oui, t'as trouvé de nouvelles infos sur le corps de Veronica Harris ?
◦ …
◦ Lanie ?
◦ Kate, il y a une quatrième victime…
◦ …
◦ Une maison pavillonnaire à la sortie de New York. Je t'envois l'adresse par message mais tu ferais mieux t'asseoir Honey…
Assis sur sa chaise, elle attendait la vibration de son portable qui annoncerait l'arrivée du message de Lanie. Elle avait une boule dans l'estomac et lorsque le message arriva des larmes vinrent s'échouer la barrière de ses yeux. Une larme solitaire franchit la limite et ruissela sur sa joue.
Les gars regardèrent Castle, et Esposito lui fit signe de s'approcher en lui murmurant :
◦ Si quelqu'un peut la réconforter, c'est bien toi, Bro…
Mais l'écrivain se sentait désemparé. En quatre ans de partenariat, il ne l'avait jamais vue aussi effondrée. Il aurait voulu la prendre dans ses bras, mais ils étaient au poste et ce n'était pas convenable. Il s'accroupit devant elle et releva avec deux doigts son menton pour capter son regard.
Mais comme à son habitude Beckett ne montra rien. Lorsque leurs yeux se trouvèrent, elle remit son masque. La petite étincelle qu'il avait remarqué hier soir, mais surtout ce midi avait laissé place à un regard vide. Elle sécha ses larmes du revers de sa manche et comme si de rien n'était, elle prit son arme dans son tiroir et enfila sa veste.
◦ Kate, je ne sais pas qui c'est mais vous ne pouvez pas faire comme si cette affaire ne vous touchait pas ! S'exclama-t-il en la retenant par le bras.
◦ Je ne fais pas « comme si » Castle, je fais ce que je dois faire ! Je suis flic et c'est mon boulot d'arrêter cette ordure, mes états d'âme n'ont pas la moindre importance ! Ce qui compte c'est le résultat, et pour l'instant le score se porte à quatre morts et une empreinte partielle !
Elle rajoutait quelques briques à ce mur déjà inviolable qui la protégeait. Ce fut la goutte d'eau de trop pour Castle qui explosa.
◦ Il joue avec vous Beckett ! C'est vous qu'il vise à travers ses personnes, il ne s'en cache même pas ! Il ne faut pas avoir été à Stanford pour savoir que la dernière victime dans un futur plus ou moins proche ce sera vous, Kate ! Il connaît surement déjà votre adresse et il va finir par vous tuer !
◦ Alors quoi Castle ? Je passe toutes mes nuits au poste en attendant qu'il veuille bien nous accorder un indice ? Ou mieux, je les passe éméchée dans votre lit ?
◦ Au fond, cette affaire ressemble tellement à celle de votre mère…
◦ Je vous interdis de parler de ma mère Castle ! Le coupa-t-elle en le montrant du doigt.
◦ Parce que ça te rassure d'avoir une enquête qui te touche personnellement, une enquête qui te rappelle qui tu es vraiment !
◦ Vous pensez me connaître mais vous ne savez rien de moi ! Vous vous êtes imaginé ma vie ! En vérité, vous ignorez qui je suis vraiment !
◦ Vraiment ? On a échappé à la mort ensemble, face à un tigre ou dans un camion réfrigéré blottis l'un contre l'autre. On s'est embrassés à plusieurs reprises et tu pourras tenter d'enfouir au fond de toi-même ce que tu as ressenti à ces moments-là, mais tes yeux eux n'ont pas pu mentir. Alors ne me fais pas croire que je ne te connais pas !
◦ Je vous l'ai déjà dit il y a un an, il n'y aura jamais rien entre nous, Castle ! Alors arrêtez de prendre ma vie pour votre terrain de jeu privé et laissez moi la vivre comme je l'entends ! Sortez de ma vie Castle !
◦ Dis le moi sans trembler !
◦ Retournez à vos Hamptons, à votre première ex-femme et à vos séances de dédicaces sur des poitrines ! Moi, j'ai du boulot ! Ryan, Esposito vous attendez qu'il neige ou quoi ?!
Rhane : Effectivement quelle classe ^^
Laetitialfw : Merci beaucoup pour ton commentaire
Caskett71 : Alors Castle aurait dû morfler d'avantage ? ^^ Oui l'assassin a déjà été vu dans l'histoire...
Mariaulemen84 : La fin était méchante ? Voilà la suite
Blackwidow90legolas88 : Ravi que l'histoire te plaise, pourvu que ça dure ^^
