Bonjour, bonjour,
Avec du retard dû à une relecture tardive qui m'a pris du temps, voici finalement le chapitre 11 de cette fiction. Merci pour vos ajouts et vos commentaires qui sont motivants.
Concernant mes prochaines publications :
- Et si tout avait été différent : Deux chapitres arriveront prochainement (relecture en cours) = Et si Natasha avait sombré dans la violence après l'attaque de Wanda Part 2 et Et si Loki avait réellement tenu parole.
- Le cul de l'Amérique : court OS humoristique (en cours de fin d'écriture)
- Haute sécurité : Chapitre 5 (Relecture en cours)
Sur ce, je vous laisse avec le chapitre et vous souhaite une bonne lecture,
En contact radio depuis plus de vingt minutes, l'agent Barton vérifiait une dernière fois les ordres de missions avec ce que Natalia supposait être Coulson. Laissée seule, elle en profitait pour admirer le ciel étoilé qui s'offrait à elle.
Étrangement, la vue la calmait. Elle aurait été bête de ne pas en profiter.
Au bout d'un certain temps, elle jeta un coup d'œil rapide à la petite horloge murale qui se trouvait accrochée sur sa gauche. Environ huit heures de vol s'étaient écoulées depuis leur départ de la base du Shield. A son grand étonnement, le temps était passé relativement vite. Converser avec Clint avait été intéressant et il semblait plutôt intelligent.
Si elle devait lui trouver un défaut, elle dirait qu'il n'était juste pas assez visionnaire et que sous sa confiance exaspérante se cachait quelqu'un d'hésitant et peu sûr de lui. Mais elle devait reconnaitre qu'il était amusant. Et apparemment doté de loyauté. C'en était presque perturbant. Natalia n'avait jamais accordé sa confiance à personne. Trop de risques. Trop de déceptions. Trop d'engagements. A l'inverse, lui semblait avoir donné la sienne à Coulson et au directeur Fury. C'était son choix et peut-être qu'un jour elle réussirait à le comprendre. Pour le moment, ce n'était pas le cas.
Durant ces huit heures, les deux nouveaux partenaires avaient longuement discuté d'un moyen efficace pour arrêter Jinbroshky. Pourtant, malgré plusieurs esquisses de plan, ils n'avaient toujours pas réussi à se mettre d'accord sur la marche à suivre une fois arrivée à Budapest. La force de l'habitude d'agir en solitaire.
Alors, certes, Barton était censé commander. Et Natalia était censée écouter. Simplement, en tant qu'appât, la rousse trouvait qu'elle avait son mot à dire sur la meilleure façon de trahir et de traquer un ancien camarade russe. Et l'archer était de son avis. Mais ce n'était pas pour autant qu'il avait accepté ses propositions.
Leur principal souci reposait sur les méthodes utilisées. Et sur leur entêtement respectif.
Natalia souhaitait attaquer Jinbroshky sur son terrain avant de se faire surprendre. Clint souhaitait l'exécuter rapidement en totale discrétion.
Leurs conversations avaient été houleuses. Terriblement houleuses. Et au final aucun parti n'avait remporté la manche. Leur plan de leur arrivée à Budapest n'était donc pas encore défini.
Ne pouvant toujours pas bouger et commença à s'ennuyer, Natalia essaya d'écouter ce que disait Clint. Il parlait néanmoins trop bas pour qu'elle puisse entendre la moindre parole. C'est donc tout naturellement qu'après ces dernières semaines mouvementées, la sérénité bienvenue du silence berça la jeune femme et qu'elle s'accorda finalement une minute pour fermer les yeux.
Le sommeil l'enveloppa immédiatement. Puis, après plusieurs secondes, son corps s'affaissa lui donnant la désagréable impression de tomber dans un trou noir. L'air lui manqua subitement. Le sentiment vertigineux de la chute la terrifia et elle reprit brutalement conscience, les yeux grands ouverts pour se retrouver dans une attitude qui lui semblait beaucoup trop familière.
« L'échec n'est pas permis, » assura la voix de Madame B alors que Natalia fixait le mur droit devant elle « L'échec signifie la mort. Vous devez l'enregistrer pour pouvoir vous surpasser. »
Habillée en tenue de sport, l'espionne russe l'écoutait attentivement. Ce discours était sensiblement le même qu'à l'époque où elle n'était encore qu'une enfant. Seule l'intensité des remises à l'ordre avait changé.
« Oui Madame, » s'entendit-elle affirmer d'une voix dénouée de toute émotion.
Debout, les deux mains posées à plat sur un bureau en bois, elle n'eut pas besoin d'attendre un avertissement que les premiers coups de cannes s'abattirent rapidement et méthodiquement sur son dos. Elle ne bougea cependant pas. Son cerveau avait été entrainé pour gérer ce type de sanction. Madame B connaissait son boulot. Elle connaissait également les failles du corps humain, lui infligeant ainsi un maximum de douleur à chaque coup donné.
Elle en avait, autrefois, fait les frais. Et ce, plusieurs fois.
Malgré son dos en feu, son visage ne transmettait aucun sentiment de gêne ou de possible douleur. Son corps restait obstinément immobile, ne cherchant même plus à s'y soustraire. Elle y était beaucoup trop habituée. Se forcer à encaisser les chocs était devenu une seconde nature et une compétence qu'elle supportait avec une facilité déconcertante.
L'école l'avait bien formé. Sûrement trop bien. Réussir était son devoir. Et une fois encore, Madame B était là pour le lui rappeler.
Au bout de ce qui lui sembla une éternité, les coups cessèrent enfin et elle maintint sa position, attendant l'ordre orale de pouvoir se redresser. Son mental était décidément parfaitement conditionné.
« Rejoignez Edward, » l'autorisa finalement la vieille femme en allant ranger la canne. « Vous avez une mission. Il faut vous préparer. »
Une autre chute brutale. De nouveau l'air lui manqua. Et une douleur sourde dans sa tête s'installa, signe que son cerveau était en surcharge. Des gémissements et des cris résonnèrent de façon stridente et elle ouvrit les yeux pour constater que le décor avait changé.
Les murs froids et l'odeur impersonnelle d'une salle de réveil la firent frissonner. Peu rassurée, elle s'autorisa tout de même à cligner des paupières plusieurs fois afin de s'habituer à la légère pénombre de la pièce. Seul l'éclat de demi-lune apportait un peu de luminosité à travers une vitre pas plus grande que le diamètre d'un ballon de foot.
Le corps lourd et mal assuré, elle tenta de se redresser sur ses avant-bras avant de le regretter. Un gémissant sourd s'échappa alors de ses lèvres tandis qu'elle se rallongeait entièrement, les deux mains plaquées sur son ventre.
Sous ses doigts, elle sentit la présence inquiétante d'un bandage rugueux l'enveloppant.
Et elle se rappela de tout… La table en métal, les liens la retenant, l'odeur aseptisée, le froid, l'inconfort, l'homme portant son masque chirurgical… Tour ce qui se passait actuellement dans la pièce d'à côté pour une autre de ses camarades.
Elle haleta. La réalité la frappant atrocement.
La cérémonie finale tant attendue par ses instructeurs avait finalement eu lieu. Et sans étonnement, cela avait été rude. Extrêmement rude. Aussi bien physiquement que moralement.
Le médecin en charge de cette cérémonie n'avait utilisé aucun anesthésiant. La tradition apparemment qu'il lui avait dit. Cela n'était au final même pas étonnant. Natalia ne s'était d'ailleurs jamais faite d'illusion là-dessus. Néanmoins, comme un bon soldat, elle s'y était pliée. Se maitrisant et restant aussi immobile qu'impassible durant la douleur vive qui l'avait rendu stérile.
Les murs de la pièce bougèrent. Sa vue se brouilla. Et elle tomba de nouveau dans le vide. Cependant, une eau glaciale absorba sa chute. Automatiquement, elle battit des pieds et des bras pour nager, essayant désespérément de regagner la surface. Malheureusement, elle échoua et son corps replongea dans un tourbillon infernal.
« Encore une fois, » exigea la voix dure de son instructeur.
En sueur et épuisée, la rousse regarda le parcours devant elle avec détermination. Elle expira, tentant vainement de reprendre sa respiration. Etre la plus performante possible était un choix. Un bon espion était celui capable de se contrôler. D'exploiter ses capacités au maximum. Tuer malgré les embûches devait être sa seule priorité.
Elle s'élança à la mise en route du chronomètre.
Le premier obstacle était une simple formalité. Elle sauta par-dessus le petit muret avant de continuer sa course dans un rythme soutenu et effréné. Escaladant désormais une pente à l'aide d'une corde en nylon, ses pieds glissèrent soudainement. Elle grogna. Les trombes d'eau qui s'abattaient sur elle depuis deux heures ne l'aidaient décidément pas à donner le meilleur d'elle-même. Les dents serrées elle contracta les muscles de ses bras et se hissa. Elle atteint le haut plus vite qu'elle ne l'aurait pensé avant de sauter d'environ trois mètres de haut dans le sable en contrebas. La réception lui coupa la respiration alors qu'elle amortissait le choc d'une roulade maitrisée. Elle se releva aussitôt dans la foulée avant d'être violemment arrêtée par un coup féroce…
Des mains fermes plaquèrent violemment son dos contre un dossier. Elle sentit son corps se débattre. S'entendit hurler. Puis tout devint noir et elle se retrouva projetée dans un nouveau lieu qu'elle aurait vraiment préféré ne plus revoir.
Assise et attachée sur une chaise avec un casque sur la tête, la jeune femme attendait calmement le moment tant redouté. Extérieurement elle était posée et concentrée. N'exprimant aucune agitation face aux personnes la préparant pour un nouveau reconditionnement. Intérieurement, c'était tout autre chose…
Intérieurement, elle les priait de ne pas lui imposer une nouvelle séance.
Puis, quelqu'un arriva. Des mots furent prononcés. Des ordres exigés. Et son corps se figea.
Elle ne comprit bientôt plus les paroles soufflées et sa vision commença à se troubler. Son esprit était progressivement en train de lui échapper et elle détestait ce sentiment. Essayer de le combattre était inutile. Elle le savait mieux que quiconque. Elle avait déjà essayé.
De loin, elle crut apercevoir Madame B se diriger vers elle mais rien n'était sûr… jusqu'à ce qu'elle entende le son rauque de sa voix.
« Faites qu'elle ne se souvienne de rien, » ordonna-t-elle à l'homme chargé de la programmation alors qu'elle la fixait d'un sourire satisfait.
Elle vit vaguement ce dernier acquiescer et sa directrice tourner les talons, avant qu'un bruit assourdissant n'envahisse l'intérieur de son cerveau. Instinctivement, elle rejeta sa tête en arrière, combattant difficilement la douleur insupportable que la salle rouge lui imposait volontairement.
Pour avoir déjà été reprogrammée, elle savait que le plus dur restait à venir.
Gardant les yeux ouverts, elle regarda de façon anxieuse les doigts du soldat finir de tout calibrer avant que son index ne se dirige vers l'interrupteur qui la ferait flancher. Sans hésitation et après un dernier coup d'œil sur la jeune femme, il l'actionna.
« Natalia ! » Hurla une voix grave à ses oreilles.
La respiration saccadée, l'espionne russe se réveilla les yeux mouillés et aveugles, sous les secousses insistantes d'un homme. Ses mains puissantes lui enserraient douloureusement les épaules et par réflexe, elle tenta de s'y extraire. Sans qu'elle ne s'y attende, une gifle s'abattit sur sa joue droite.
Elle gronda. Et inspira rudement. Elle devait se contrôler.
« Natalia, » retentit de nouveau la voix grave alors qu'une nouvelle gifle enflammait désormais sa joue gauche.
Elle lutta contre la colère qui montait en elle tandis que sa vision revenait peu à peu et qu'une douleur vive s'installait dans tout son crâne.
« Natalia, ça va ? »
Le visage de l'agent Barton agenouillé devant elle et l'observant avec une certaine retenue terrifiée fut la première chose qu'elle remarqua. De par ses traits tirés, il semblait soulagé de la voir revenir à elle.
« Tu es avec moi ? » Passa-t-il une petite lampe torche devant ses pupilles, sans même prendre le temps de la prévenir.
Encore confuse, elle gémit et ferma les yeux dans une grimace en secouant lentement la tête de gauche à droite. Pour le coup, elle bénit le fait d'être attachée afin de ne pas le plaquer au sol pour ce geste douloureux.
« Que s'est-il passé ? » Marmonna-t-elle, la bouche étrangement pâteuse.
Elle avait visiblement besoin d'un verre d'eau. Mais elle n'en demanderait pas. Sa vessie était déjà suffisamment sur le point d'exploser pour qu'elle ne la tourmente encore plus.
Le regard soucieux, le jeune agent éteignit sa lampe et la rangea dans sa poche. Il la détailla ensuite avec incompréhension. Il semblait presque aussi secoué qu'elle ne l'était.
« J'espérais justement que tu pourrais me l'expliquer, » dit-il d'une voix blanche.
Elle renifla.
La tête posée contre le dossier du fauteuil, elle ferma de nouveau les yeux. Les différents flash-back lui revinrent alors en mémoire et elle maudit silencieusement.
C'était bien sa vaine. Certaines choses ne méritaient vraisemblablement aucune explication.
« Ce serait difficilement explicable, » murmura-t-elle platement.
Peu surpris par sa réponse, Barton ne répondit pas tout de suite. Il attendit qu'elle reprenne suffisamment ses esprits pour se relever.
« Tu te sens comment ? » Finit-il par lui demander une fois que sa respiration se fit moins sifflante.
Bonne question.
Elle analysa rapidement son corps.
Excepté les aiguilles qui lui transperçaient l'intérieur du crâne, rien n'était trop douloureux. Du moins, rien qu'elle ne pouvait pas gérer. Juste une profonde fatigue l'habitait.
« Vidée, » décida-t-elle de répondre franchement.
Il croisa les bras sur son torse, ne la lâchant pas du regard. Les lèvres pincées de compréhension et de bienveillance.
Cela la secoua. Jamais quelqu'un ne l'avait regardé ainsi. Avec ce même regard soucieux.
« Vu comment tu t'es débattue, ce n'est pas étonnant, » confessa-t-il doucement. « J'ai eu un mal fou à te faire revenir avec moi. »
Elle jura intérieurement. Ce n'était pas étonnant. Il ne lui apprenait rien.
« Comment vous avez réussi ? » Articula-t-elle, curieuse de connaître sa réponse.
D'un signe de tête, il lui désigna le gobelet reposant sur le sol un peu plus loin.
« Je t'ai jeté six verres d'eau glacée avant de te secouer violemment. »
Il ne semblait même pas désolé. Juste rassuré d'avoir enfin une discussion verbale avec elle.
Elle baissa le regard. Maintenant qu'il le disait, elle ressentait en effet la sensation désagréable du froid recouvrant ses vêtements et lui collant à la peau. Elle comprenait mieux cette impression de se noyer qui l'avait saisi lors de son dernier flash-back.
« Aux grands maux les grands moyens, » bredouilla-t-elle.
Il opina.
Il avait surtout été désemparé quand il s'était retourné pour la voir se débattre férocement contre les liens, les yeux pourtant obstinément fermés. Coulson n'avait d'ailleurs pas dû apprécier de s'être fait raccrocher au nez en plein débriefing. Il s'occuperait de ce détail plus tard.
« Tu as eu de la chance, un peu plus et tu allais te briser les poignets, » lui indiqua-t-il ainsi le degré de violence qui l'avait habité.
Elle haussa les épaules d'indifférence.
« C'aurait peut-être été un bon moyen de me réveiller, » exposa-t-elle, les yeux vides.
Et encore, elle n'était même pas certaine que cela aurait fonctionné.
Le front de l'archer se durcit.
« Ce n'est pas drôle, » commenta-t-il rudement.
Il avait vraiment eu peur. Même attachée, il avait cru qu'elle allait tout briser. De par son métier, il avait déjà assisté à des crises de panique ou de stress post-traumatique. Mais jamais rien de ce genre.
Cependant, la jeune femme se renfrogna sur son siège. Comme insensible à ce qu'elle venait de vivre.
« Ce n'était pas fait pour l'être, » lui signala-t-elle, le ton légèrement froid. « Si ça avait été le seul moyen de me ramener, il n'aurait pas fallu hésiter. »
Ne bougeant pas de sa place, il secoua vivement la tête d'horreur à cette simple pensée. Elle était décidément terrifiante. Brisée mais terrifiante tout de même.
« Ne compte pas sur moi pour ça, » l'avertit-il glacialement. « Ce genre de cauchemars t'arrive souvent ? »
La jeune femme réprima un léger ricanement à cette question. Si seulement ça n'avait été que des histoires inventées par son subconscient, cela l'aurait bien arrangé.
« Ce n'était pas des cauchemars, » déclara-t-elle d'une voix neutre. « C'était des souvenirs. Plus précisément, mes souvenirs. »
Il y avait là une très grande différence mais elle n'était pas d'humeur à en dire plus. Aussi s'arrêta-t-elle de parler en tournant les yeux vers le ciel toujours noir et éclairé par le scintillement des étoiles.
« Nous arrivons bientôt ? » Tenta-t-elle plutôt de détourner le sujet de discussion.
Le jeune homme comprit son manège. Et le respecta. Mais pour le bon fonctionnement de leur épique, il devait obtenir quelques renseignements.
« Dans quinze minutes environ, » répondit-il en s'approchant pour venir se mettre à sa hauteur.
D'une main douce mais ferme, il s'empara alors de son menton, captant ainsi son regard vert luisant dans le sien.
Surprise par ce geste, Natalia n'essaya même pas d'échapper à sa main. Cela n'aurait de toute façon servi à rien. Elle se trouvait toujours liée à ce siège, sans possibilités d'en sortir.
« Je n'ai pas envie d'en parler, d'accord ? » L'informa-t-elle placidement, comprenant parfaitement ce qu'il attendait d'elle.
Il ne se fâcha pas. Il le savait pertinemment.
« Je me doute, » déclara-t-il calmement. « Mais que ce soit des cauchemars ou des souvenirs, j'aimerai une réponse franche à ma question, histoire que je sache à quoi m'attendre si cela venait à se reproduire. »
Il n'était pas prêt à risquer leurs deux vies parce qu'elle ne se trouvait subitement plus dans le monde réel. La mission allait déjà être suffisamment compliquée comme ça sans se rajouter des problèmes qu'il aurait pu éviter s'il avait eu toutes les informations en main.
« Natalia ? » Insista-t-il durement devant son silence.
Elle roula des yeux d'énervement. Bordel, elle n'aurait jamais dû tenter de se reposer. Cela lui aurait évité d'exposer ses faiblesses aussi facilement. Et surtout aussi rapidement.
« De temps en temps, » avoua-t-elle en se mordant la joue, irritée.
Même le personnel du KGB et de la salle rouge l'ignorait. C'était un secret qu'elle avait su garder. Et désormais, deux personnes l'avaient déjà vu tandis que ses souvenirs la terrorisaient. Si sa crise avec le directeur Fury avait été calme et qu'il ne s'était rendu compte de rien, celle avec Barton ne l'avait pas été. Il n'était pas fou. Encore moins dupe.
« C'est toujours aussi violent ? » Demanda-t-il.
« La plupart de mes crises le sont, » répondit-elle d'un ton qui se voulait sec pour lui montrer qu'elle ne répondait pas par guetter de cœur. « Tout dépend de mes souvenirs et de leur contenu. »
En soi, cela était logique.
Elle aurait bien ajouté que cela variait également en fonction de sa fatigue mais elle était persuadée que cela poserait problème par la suite. Il ne semblait pas rigoler avec la sécurité. Et au vu de sa réaction, il valait mieux qu'il ne connaisse pas tous ses déclencheurs.
« Et elles surviennent toujours quand tu dors ou elles peuvent arriver même quand tu es éveillée ? »
L'inquiétude dans sa voix était évidente. Tout comme la pitié qui émanait de ses yeux.
Elle siffla, souhaitant abréger ce sujet au plus vite. Elle n'était pas du tout à l'aise et tendue.
« Uniquement quand je dors, vous voilà rassuré ? » Se dégagea-t-elle vivement de son emprise pour échapper à son regard.
Il la rattrapa habilement, bien décidé à la pousser gentiment dans ses retranchements. Il pouvait laisser couler beaucoup de choses mais ils allaient passer plusieurs jours ensemble et s'il devait la calmer de nouveau, il préférait connaître son sujet.
« Une idée de comment les contourner ? »
Les pupilles de Natalia se rétrécirent. Si elle pouvait gérer ses flash-back, il était évident qu'elle ne lui aurait pas dévoilé cette part de vulnérabilité. Alors oui, elle avait évidemment déjà essayé de les empêcher d'arriver. Mais jusqu'alors rien de ce qu'elle avait tenté n'avait fonctionné.
« Je ne veux pas vous effrayer agent Barton, mais vous ne semblez pas comprendre le danger que je représente, » cingla-t-elle abruptement afin de le mettre en garde plutôt que de lui répondre.
Et par danger, elle minimisait évidemment le terme. Ce n'était pas parce qu'elle avait accepté, sous la contrainte, de traquer Jinbroshky qu'elle était prête à lui dévoiler tous ses secrets et qu'elle n'était pas capable de le tuer dès qu'une occasion se présenterait.
Un soupçon de déception s'échappa de ses iris et il la relâcha.
« Je n'essaie pas de te piéger Natalia mais juste de te comprendre, » justifia-t-il ses questions.
« Je ne vois pas de différence. Me connaître c'est parvenir à me contrôler. »
Point de vue intéressant qui en disait long sur son état d'esprit. Clint allait avoir du travail s'il voulait instaurer un sentiment de confiance.
« Je ne vois pas les choses de la même façon, » exprima-t-il. « Ton passé m'a l'air extrêmement… compliqué, » chercha-t-il ses mots afin de ne pas le brusquer. « Mais je t'assure que ce que tu as vécu ne m'intéresse pas sauf si tu souhaites le partager avec moi. En revanche, pour tout ce qui concerne notre partenariat, tu me dois des explications. »
Et il état sérieux. Il ne lui imposerait pas de se livrer si elle ne le souhaitait pas. Chacun avait le droit d'avoir ses secrets. Lui y compris.
« Vous auriez pourtant toutes les raisons du monde d'exiger de connaître mes actions passées, » lui fit amèrement remarquer l'espionne russe en prenant soin de ne pas revenir sur comment contourner ses crises.
Lui avouer qu'il n'y avait absolument aucun moyen lui aurait donné beaucoup trop de possibilité de la doubler, de la trahir ou de l'utiliser.
« Je ne compte rien exiger de toi si je ne le juge pas important, » réfuta-t-il aussitôt ses pensées. « Sauf si tu ve… »
Elle claqua durement la langue.
« Je n'ai toujours pas envie d'en parler si c'est ce que vous proposer encore une fois, » l'arrêta-t-elle sèchement, le regard brûlant d'avertissement.
Il fit une légère moue.
« Maintenant non, » reconnut-il. « Mais si jamais un jour tu as envie, sache juste que je suis là. »
Sa bienveillance irrita la jeune femme. Si seulement il la connaissait réellement, il ne la lui accorderait pas. Au contraire, il se servirait même de ce qu'il venait de découvrir pour l'enfermer à jamais. Pour l'enfermer avant qu'il ne soit trop tard...
« Il faut arrêter de vouloir être gentil, ça finira par vous attirer des problèmes, » le prévint-elle en durcissant son visage.
Le sourire qui étira les lèvres de Barton se voulut provoquant et rassurant. Il pouvait s'occuper tout seul de ses problèmes sans qu'elle n'ait besoin de lui expliquer comment les gérer. Ou visiblement comment les éviter.
Elle n'était d'ailleurs pas très bonne non plus pour les éviter au vu de tout ce qu'elle avait jusqu'alors enduré.
« La gentillesse n'a rien à voir là-dedans. Mais si je peux soulager un temps soit peu ta conscience, je le ferai volontiers, » exposa-t-il. « Le KGB t'a peut-être abandonné mais le SHIELD ne le fera pas. Je ne le ferai pas. »
Cela sonnait comme une promesse. Et un petit ricanement s'échappa des lèvres de Natalia. Il était bien naïf s'il pensait que c'était ce qui la chagrinait.
« Ça, c'est ce que vous vous persuadez et essayez de faire croire aux autres, » dévia-t-elle le regard du sien pour observer le vide. « Croyez-moi, la vérité finit toujours par éclater et en général, elle ne plait pas beaucoup. »
Des avis sur ce chapitre ? Des idées pour la suite ? Je vous écoute ;)
Bien que je la fasse tout public, cette fiction comportera des parties sombres. Notamment au niveau des flash-back de Natalia. Je ne conçois pas son passé dans le monde des Bisounours. Vous voilà prévenus.
Je vous dis, à la prochaine,
Tanutwo
