Akaashi posa sa tête sur le bastingage. Il releva la tête et fixa ses mains, elles étaient rouges du travail fourni précédemment. Tendou l'avait appelé après la pause du midi pour lui demander de l'aide. Le noiraud avait accepté devant la mine affolée du plus âgé et l'avait suivi. Si au début, recoudre la voile en sa compagnie s'était révélé drôle, la fin se montrait moins joyeuse. Les voiles étaient rugueuses et l'immense aiguille l'avait piqué à maintes reprises, offrant à ses doigts une couleur inquiétante. Il s'étira alors faisant craquer son dos. Etre assis pendant des heures, penché sur de la couture lui avait aussi laissé des courbatures sur l'ensemble du corps. Le noiraud se jura de ne plus jamais se moquer de sa sœur quand elle disait être fatiguée après avoir cousu une chemise pour lui.
Il souffla et pensa à elle. Est-ce que Sarukui avait bien été récupérer l'argent ? Et s'étaient-ils enfin mariés ? La vieille famille de l'époux avait-elle acceptée ? Il espéra que sa petite sœur adorée avait trouvé le bonheur, qu'elle était heureuse aujourd'hui. Le noiraud se questionnait certaines nuits s'il n'avait pas fait une erreur en la laissant, si elle n'avait pas eu le sentiment d'être abandonnée. Akaashi fixa l'océan et se perdit dans ses pensées. Reverrait-il la terre ? L'eau l'entourait depuis maintenant quatre semaines. Il fronça les sourcils. Un mois et il n'avait même pas remarqué à quel point le temps s'était écoulé rapidement. Sûrement car il ne s'ennuyait jamais, on lui donnait toujours quelque chose à faire, jamais le temps de se tourner les pouces. De plus, durant son temps libre, il n'était jamais seul ou si cela arrivait à de rares occasions, il se perdait lui-même a admiré la beauté de l'océan. L'océan, être sur les flots pour une si longue traversée, il ne l'aurait jamais cru. Si de nombreux petits garçons rêvaient d'aventures en mer, de pirates, de coffres aux trésors ou encore de belles sirènes, Akaashi n'en avait jamais rêvé. Il avait toujours rêvé d'une petite maison, sa petite maison. Là où il se sentirait comme chez lui, là où il serait en sécurité, protégé de tout, là où il sera aimé. Les yeux dans le vague, il se retourna et laissa son regard se baladait sur le pont du Storm. Il vit Tendou et Terushima devant le grand mât qui parlaient ensemble en tenant entre leurs mains la voile recousue par ses soins. Plus loin se tenait Hanamaki et Matsukawa qui observaient la partie de dé qui se déroulait sur le pont. Yamamoto, Tanaka, Sugawara, Daichi, Lev et Yaku se disputaient dans ce jeu, chacun pariant son verre de rhum du soir. Des rires et des exclamations s'élevaient de cette petite troupe. Akaashi détourna le regard de cette scène joyeuse et laissa son regard se balader vers la poupe. Là-bas étaient assis Ushijima et Daishou qui discutait tranquillement, à première vue, la conversation semblait plutôt être menée par le second alors que le premier semblait perdu dans ses pensées. Akaashi laissa son regard dériver à l'opposé, vers la barre. Derrière cette dernière se tenait Bokuto et à ses côtés se tenaient Kuroo et Aone. Le second tenait entre ses mains une carte où le commandant jetait régulièrement un coup d'œil.
Akaashi détourna à nouveau le regard et remarqua Oikawa qui sortait du pont inférieur. Le noiraud lui fit alors signe de la main et le châtain se pressa de le rejoindre en le voyant. Le médecin lui adressa un immense sourire mais Akaashi décela dans ses yeux une étincelle vicieuse. Le noiraud déglutina quand il fit son immense sourire se tordre en une expression moqueuse. Oikawa se plaça alors à côté du noiraud et lui demanda d'une voix mielleuse.
« Alors, dis-moi tout, comment ça s'est passé avec le Capitaine ? »
Akaashi le fixa en haussant des sourcils. Il l'avait senti venir avec ses questions.
« Tu es décidément la personne la plus curieuse que je connaisse. »
Oikawa, son sourire toujours encore plaqué aux lèvres, répliqua.
« Ne change pas de sujet ! Raconte ! »
« Il ne s'est rien passé. » Déclara le plus froidement possible le noiraud.
Oikawa se mit alors à fixer avec insistance Akaashi puis il fit la moue en croisant les bras sur son torse. Le noiraud haussa un sourcil devant le comportement enfantin du châtain.
« Je peux savoir quelle mouche t'a piqué pour que tu boudes ? »
Oikawa tourna la tête et grogna comme un enfant auquel on refuse un bonbon.
« Tu mens, je le sais. »
Akaashi le fixa avec étonnement puis soupira lourdement.
« Okk, je l'ai rejoint, on a mangé ensemble et on a discuté. »
Le châtain se retourna immédiatement vers Akaashi et sourit jusqu'aux oreilles.
« Vous avez discuté de quoi ? » Questionna-t-il avidement.
« On a discuté de banalités, de la vie à bord, de comment il est devenu commandant de ce navire. »
« C'est nul. » Soupira Oikawa. « Aucune anecdote bien croustillante échangée ? Et vous vous êtes rapprochés ? »
Akaashi fixa le médecin en cachant du mieux qu'il pouvait sa surprise. Comment faisait-il pour toujours poser la question piège, appuyer pile là où il fallait ! Il se résigna à cracher sous le regard insistant du châtain.
« On s'est un peu rapprochés. » Marmonna-t-il.
« Et vous avez fait quoi ? » Insista Oikawa.
« Bah, rien. »
« Si si, vous avez fait quoi ? »
Un petit silence s'installa jusqu'à que le noiraud bégaye en rougissant jusqu'aux racines.
« On s'est… Embrassés. »
Le visage d'Oikawa s'éclaira à l'entente de cette nouvelle et il se mit à sautiller sur place. Le noiraud posa rapidement ses mains sur les épaules du châtain pour le stopper. Les joues en feu, il essaya de calmer son ami qui semblait très enthousiaste, un peu trop à son goût.
« Pourquoi t'es si content ? » S'exclama le noiraud.
« Mais c'est trop bien ! »
« Non, c'est pas trop bien ! C'est un homme ! »
« Et alors ? » Demanda Oikawa en haussant un sourcil. « Tu as le droit d'aimer qui tu veux. »
« Oui ! Non ! C'est… contre nature ! »
Oikawa le fixa dans le blanc des yeux et finit par éclater de rire sous les yeux écarquillés du noiraud. Il attendit alors jusqu'à que le médecin se soit calmé pour l'interroger du regard. Celui-ci finit par s'expliquer en voyant le noiraud s'énerver doucement.
« C'est drôle, tu penses comme moi. Ou plutôt, tu penses comme je pensais avant de rencontrer mon tuteur à Londres. J'étais arrivé avec la tête remplit des codes que nous dicte la société. Mais vois-tu, la société est très religieuse. Cependant, dans les textes, il n'est jamais dit une quelconque interdiction sur un amour entre deux personnes du même sexe s'il est et reste platonique. La religion condamne seulement la sodomie. »
Le noiraud fronça les sourcils.
« Non. Ce n'est pas normal ! »
« Ce n'est pas normal aux yeux de notre société, c'est tout. Regarde les Romains, eux, ils ne s'embêtaient pas avec le sexe de leur partenaire. »
Akaashi fixa le médecin pendant de long instant avant de demander.
« C'est quoi la sodomie ? Tu as dit à la fin de ton histoire. »
Oikawa rougit alors jusqu'à la pointe des oreilles et bégayait.
« C'est comment dire ? Tu sais quoi, le Capitaine te l'expliquera mieux. » Finit-il par dire en ricanant.
Akaashi le scruta d'un regard interrogateur mais finit par détourner son attention de cette réponse. Un sourire calculateur se dessina alors sur ses lèvres.
« Et toi alors ? Avec ton général de l'armée ? Ça avance ? »
« Bien sûr ! » Répondit le châtain avec un air supérieur. « Moi, je ne fais pas le timide ! »
Le noiraud soupira d'exaspération devant le comportement enfantin de son vis-à-vis.
« Et vous avez fait quoi ? Vous vous êtes embrassés ? »
Ce fut alors au tour du châtain de rougir jusqu'aux racines.
« Voyons Keiji-chan ! Ce genre de choses ne se posent pas si directement ! »
Akaashi écarquilla les yeux en entendant la réplique du médecin.
« Tu te moques de moi ! Tu as fait la même chose avec le même manque flagrant de délicatesse ! »
Oikawa se tut alors et les deux hommes se fixèrent silencieusement.
« Tu as raison ! » Déclara le châtain comme s'il venait d'apprendre quelque chose d'évident.
« Tu te moques de moi ? » S'exclama Akaashi.
« Bien sûr. » Ricana Oikawa avec un sourire goguenard.
Le noiraud soupira d'exaspération devant le rire moqueur de son ami.
« Tu m'énerves. » Déclara-t-il en détournant les yeux du médecin qui continuait à rire. « Tiens, quand on parle du loup. » Dit-il en faisant un signe de tête au médecin.
Ce dernier tourna la tête et remarqua Iwaizumi qui se dirigeait vers Bokuto derrière la barre. Le général commença alors une discussion avec le commandant et les deux hommes échangèrent pendant quelques minutes. Le commandant faisait de grands gestes et semblait indiquer l'emplacement de quelque chose sur le navire. Iwaizumi finit par se détourner en remerciant le commandant. Il redescendit pour se planter devant le mât et ramasser une corde. Il se releva et son regard se posa sur Akaashi et Oikawa. Akaashi vit sur les lèvres du général se dessiner un petit sourire. Il ne lui était sûrement destiné et jeta un coup d'œil à son voisin. Voisin avec des joues où étaient apparues de jolies petites rougeurs. Akaashi ne put retenir un sourire moqueur et se promit de tirer les vers du nez de son ami exactement comme celui-ci avait fait avec lui. Le général finit par se détourner et descendre les escaliers pour disparaitre dans les entrailles du navire.
Akaashi se retourna vers le médecin où un sourire rêveur flottait encore sur ses lèvres.
« Il n'y a rien, hein ? » Questionna le noiraud avec un air supérieur.
Cela sembla tirer Oikawa de ses pensées car ce dernier sursauta. Le noiraud reposa à nouveau sa question et observa en ricanant le châtain bafouiller en rougissant.
« Laisse tomber, c'est écrit sur ton visage ! » Déclara-t-il en posant un doigt sur les joues brûlantes de son interlocuteur.
Oikawa soupira bruyamment en se dégageant du toucher du noiraud. Oikawa ouvrit alors la bouche pour râler.
« AHHH ! »
Un cri retentit sur le navire.
L'ensemble de l'équipage se tut suite au cri et tous les regards se dirigèrent vers les escaliers menant au pont situé sous leurs pieds. Des bruits de courses se firent entendre et quelques instants plus tard, Nishinoya débarqua suivit d'Asahi sur les talons qui était d'une pâleur affolante. Nishinoya balaya du regard le pont et dès qu'il aperçut Oikawa, il se dirigea rapidement vers lui.
« Accident de cuisine ! » Déclara-t-il avec une immense sourire et lui tendit sa main gauche. La paume de sa main était traversée par une immense coupure dont le sang coulait et continuait sa route le long du bras du cuisinier.
« Wah ! Vite ! Suis-moi ! » S'exclama Oikawa en agitant les bras. Les deux cuisiniers s'élancèrent à la poursuite du médecin qui les emmenait à l'infirmerie.
Akaashi resta planter bêtement, ne sachant pas quoi faire devant la rapide disparition de son ami. Il ne s'inquiétait pas trop pour Nishinoya. Oikawa, sous ses airs charmeurs était un très bon médecin qui soignait avec délicatesse. Akaashi balaya à nouveau d'un regard le pont et vit Tendou lui faire un signe de la main. Le noiraud se décolla alors du bastingage auquel il s'appuyait depuis maintenant dix bonnes minutes. Il s'approcha d'un air méfiant de son ainé et qui tenait toujours la voile réparée entre ses mains avec Terushima.
« Tu avais l'air de t'ennuyer ! » S'exclama joyeusement Tendou. « Viens nous aider ! »
Le noiraud soupira et Terushima retint un rire en se mordant les lèvres.
« Qu'est-ce que dois faire ? » Demanda le noiraud d'une petite voix.
Le blond posa alors une main sur le torse de Tendou et lui fit signe de se taire. Terushima se tourna vers le noiraud et le fixa droit dans les yeux.
« Réponds honnêtement. As-tu le vertige ? »
Les yeux d'Akaashi s'agrandirent devant la question évidente.
« Vous avez besoin d'un remplaçant pour monter les voiles, c'est ça ? »
Les deux hommes hochèrent la tête.
« Non, je n'ai pas peur des hauteurs. »
Des sourires se dessinèrent alors sur les visages de Tendou et de Terushima. Cependant, le blond le prit par le bras et l'entraina vers le bastingage.
« Un dernier petit test pour savoir si tu es apte à monter et accrocher les voiles. Mets-toi debout sur le bastingage, c'est un exercice que l'on fait pour l'équilibre en mer. Chaque oscillation ou mouvement du navire est multiplié sur les mâts à cause de la hauteur. Akaashi observa alors Tendou et Terushima monter et se lever sur le bastingage en bois. Akaashi les imita mais dès qu'il se redressa, le noiraud tendit sur bras pour garder son équilibre. Il releva les yeux vers ses deux compagnons qui l'observaient. Les deux se tenaient droitement sur le rebord du navire et leur corps se balançaient doucement au rythme des vagues. Ils ne semblaient pas souffrir des mêmes difficultés que rencontrait le noiraud pour rester droit avec les bras le long du corps.
« Ça va ? » Demanda Terushima.
« Si jamais tu tombes, essayes de tomber du bon côté sinon, t'es trempé dix mètres plus bas ! » Rigola Tendou.
Akaashi s'apprêta à lui répondre mais une petite vague frappa la coque du navire, créant un très léger mouvement du navire. Terushima et Tendou se balancèrent doucement en suivant le mouvement de la vague mais le noiraud commença à battre des bras. Son corps entier se déséquilibra et son bassin pencha dangereusement vers l'océan. Terushima tendit alors son bras pour tenter de rééquilibrer le noiraud mais sans succès. Akaashi se sentit attirer par la gravité vers l'océan et ses pieds quittèrent le bois du bastingage. Le noiraud ouvrit la bouche et un cri s'en échappa. Il tomba tête la première dans l'eau et l'immensité froide et dense de l'océan le recouvrit entièrement.
Akaashi ferma les yeux sous le choc. Son corps entier s'enfonça dans l'eau et une multitude de bulles courraient sur son corps. Il battit des bras et des jambes, essayant de rejoindre la surface. La panique s'insinua en quelques secondes dans ses veines. Où était la surface ? Akaashi ne savait pas nager. Il ne le savait pas et le regrettait amèrement. Il se débattit dans sa chemise et sa tête finit par remonter à l'air libre. Il inspira en paniquant le plus d'oxygène possible tout en battant des bras et des jambes pour essayer de se maintenir à la surface. L'eau salée piquait, brulait ses yeux et les vagues n'arrêtaient pas de l'embêter en se cassant sur son visage.
Une voix retentit alors à ses oreilles.
« AKAASHI ! ATTRAPE LA CORDE ! »
Le noiraud tourna rapidement la tête et sa vision brouillée par ses larmes se heurta à la coque massive du Storm. Il releva les yeux et vit plusieurs ombres le fixer d'en haut. Une corde tomba alors dans son champ de vision et son bout disparu au contact avec l'océan. Akaashi battit le plus possible et attrapa péniblement la corde si salvatrice. Il s'accrocha à elle du mieux qu'il put.
« ACCROCHE-TOI ! ON TE REMONTE ! »
Akaashi s'agrippa alors du mieux qu'il put à la corde salvatrice et se laissa hisser hors de l'eau. Arrivé à la hauteur du pont, plusieurs bras l'empoignèrent et finirent de le monter sur le navire. Le noiraud se retrouva allongé sur le dos, les bras écartés et les habits collant à sa peau. Il papillonna des yeux afin de se protéger du soleil qui lui brûlait la rétine e finit par se relever. Autour de lui se tenait la majorité de l'équipage et Tendou passa son bras autour de ses épaules en s'exclamant.
« Je te déclare officiellement inapte à monter sur le mât. Si une petite vaguelette comme celle-là t'as fait tomber, tu n'as aucune chance ! »
Akaashi soupira bruyamment. La journée ne passait pas comme il l'avait espéré, il avait commencé par recoudre toute la voile pour avoir fini à l'eau et être maintenant trempé. En plus de cela, tout l'équipage se moquait bien de lui et il avait froid dans ce léger vent.
« Qu'est-ce qui se passe ? »
Tous les membres de l'équipage qui s'étaient agglutinés autour du noiraud s'écartèrent et laissèrent un passage pour Bokuto et Kuroo. Le commandant fixa alors d'un air surpris Akaashi qui tremblait comme une feuille. Le noiraud vit alors un sourire se dessiner sur les lèvres de Bokuto et celui-ci retint son rire de passer la barrière de ces dernières. Derrière lui, Kuroo le fixait d'un air moqueur et avec un sourire carnassier.
« Bah alors ? On est tombé à l'eau ? » Demanda le second.
Akaashi se pinça les lèvres en retenant une remarque acerbe. Il n'allait pas lui donner la satisfaction de répondre à sa provocation.
« Bon ! Je crois que vous avez tous quelque chose à faire, bande de fainéants ! » S'exclama Bokuto en élevant la voix pour attirer l'attention de l'équipage. Dès que l'équipage fut dispersé à travers le pont, il se tourna à nouveau vers Akaashi et lui dit. « Viens ! On va te donner d'autres vêtements. »
Akaashi le remercia des yeux et ce dernier lui adressa un immense sourire. Le noiraud emboita rapidement le pas du plus âgé et les deux hommes se dirigèrent vers le pont inférieur. Le noiraud suivit Bokuto qui l'amena ensuite à la réserve.
« Heureusement que j'ai gardé la clé sur moi. » Lui dit le commandant.
Il déverrouilla la porte et pénétra à l'intérieur du local en demandant à Akaashi de l'attendre. Quelques instants plus tard, Bokuto ressortit et tendit au noiraud une chemise et un pantalon court en toile. Ce dernier s'en empara et les secoua rapidement. Un nuage de poussière flotta alors autour des deux hommes. Ces derniers se fixèrent alors droit dans les yeux et explosèrent de rire.
« Je crois que je plutôt te passer l'une de mes chemises et un pantalon. Si tu portes ça, tu vas étouffer ! » rigola Bokuto.
Akaashi hocha de la tête en rigolant. Les deux hommes se dirigèrent alors vers la cabine du commandant. Arrivés dans sa cabine, ce dernier disparu dans la petite chambre voisine à la grande cabine. Akaashi observa à nouveau la cabine et s'émerveilla une fois encore devant la vue de l'océan qu'offrait la baie vitrée derrière la longue table. Il s'avança vers celle-ci et posa une main sur le verre, hypnotisé par l'océan mouvant devant lui. Il fut cependant tiré de ses pensées par le bruit des pas de Bokuto qui s'approchait de lui. Il sursauta légèrement en sentant le souffle brûlant de l'autre sur sa nuque. Un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale et hérissa les premiers cheveux de sa nuque. Les lèvres de Bokuto se posèrent délicatement sur la peau du noiraud. Akaashi se retint de pousser un soupir mais voulut se dégager en bégayant. Le contact des lèvres brûlantes du commandant sur sa peau gelé était électrisant.
« Je… Commandant, ce n'est pas bi… »
Il ne finit cependant pas sa phrase. Le noiraud sentit alors le commandant mordiller sa peau et un gémissement lui échappa. Gémissement qui semblait plaire au plus âgé qui se montra de plus en plus entreprenant. Akaashi leva un bras en agrippa les cheveux du commandant qui dévorait maintenant sa gorge, alternant entre baisers papillons et petites morsures. Bokuto finit par se détacher du cou du noiraud et retourna celui, le plaqua ensuite contre le verre derrière lui. Akaashi frissonna, le contact de ses vêtements trempés avec le verre froid lui mordait le dos. Il sentit néanmoins rapidement les grandes mains chaudes du plus âgé sur lui.
L'une des mains de Bokuto s'était échouée sur la chute de ses reins et l'autre se perdait dans ses cheveux. Akaashi alors passa ses mains derrière la nuque du commandant et ce dernier l'emprisonna dans ses bras. Bokuto se pencha en avant, leurs nez se frôlèrent délicatement et il happa les lèvres du plus jeune entre les siennes. Akaashi ferma les yeux au contact de leurs lèvres et crocheta fermement la nuque du commandant. Rapidement, le baiser s'accentua, laissant derrière l'innocence des premiers échanges. Chaque fois qu'ils se séparaient, le temps de retrouver leurs souffles, ils replongeaient à nouveau l'un sur l'autre plus férocement. Akaashi ne savait plus que gémir. Son corps entier était en feu et toute pudeur l'avait abandonné. Les mains devinrent plus baladeuses et Bokuto passa sa main sous la chemise collante du noiraud au creux des reins. Akaashi se sépara des lèvres du commandant et pencha la tête en arrière, offrant ouvertement son cou à Bokuto. La main chaude de Bokuto au creux de ses reins et les morsures dans son cou firent gémir le noiraud de plus en plus fort. Bokuto se détacha alors de la peau d'Akaashi e ce dernier plongea ses yeux dans les siens. Le temps s'était arrêté pour les deux hommes, prisonniers dans leur bulle. Bokuto s'empara une fois encore des lèvres du noiraud mais le baiser fut doux, rempli de tendresse et de douceur. Le baiser prit fin et les deux jeunes hommes se fixèrent dans un calme rassurant. Un long frisson fit trembler Akaashi et il vit les yeux du plus âgé s'agrandirent avant qu'il ne s'exclame.
« Tes habits ! Tu dois être congelé ! »
Un grand sourire se dessina sur les lèvres gonflées des précédents baisers d'Akaashi. Il regarda Bokuto s'afficher à lui choisir une chemise parmi toutes celles qu'il avait apporté. Bokuto se redressa et adressa un large sourire au noiraud en lui tendant des habits.
« C'est les plus petits que j'ai, j'espère que ça ne te gêne pas ! »
« Au contraire, merci beaucoup. » Répondit Akaashi d'une voix douce.
Il s'empara des habits que lui tendait le commandant et s'approcha de lui. Il passa alors une main sur la joue du plus grand et déposa un léger baiser sur ses lèvres. Il se détourna rapidement et sur le seuil de la porte de la cabine se retourna et adressa un grand sourire au commandant. Son cœur rata un battement en voyant l'immense sourire qui était dessiné sur les lèvres de Bokuto et ferma rapidement la porte. Il se calla contre le bois quelques instants afin de retrouver un rythme cardiaque acceptable et se dirigea ensuite vers l'infirmerie.
