Chapitre 10 : Don't let me in your tower, show me your magic power.
Je fus réveillée par quelqu'un qui me secouait les épaules et en ouvrant les yeux, je vis qu'il s'agissait de Rumplstiltskin.
- Debout bon sang ! S'énerva-t-il.
Je poussai un cri de surprise et me redressai en position assise, cherchant Naïla du regard qui n'était pas là. Aussitôt un sentiment de panique s'éveilla en moi et je me levais, faisant fit du fait que j'étais en chemise de nuit.
- Où est-ce qu'elle est ? M'écriai-je.
- Partie s'habiller et tu vas faire de même. Henry est mort.
Mon cœur cessa de battre pendant quelques instants, le temps que j'assimile la nouvelle et en comprenne toutes les conséquences. Le petit garçon qui m'avait aidé n'était plus de ce monde et il ne reviendrait pas. Aussitôt, la douleur prit place dans mon esprit et mon cœur se contracta fortement.
- Il… est…
- J'aurais dû te préciser. Il a mangé la pomme empoisonnée donc à vrai dire, il est plongé dans un sommeil profond que seul un baiser d'amour véritable pourra libérer.
J'ouvris la bouche puis la refermais, suffoquée. L'inquiétude et la colère surgirent et effacèrent la peine. Je dus me faire violence pour ne pas lui hurler dessus et je partis d'un pas rageur chercher mes vêtements. Je m'habillai en vitesse et je partis en courant vers le salon où m'attendait Naïla. Rumple nous rejoignit quelques instants plus tard et nous regarda avec un léger sourire que j'eus envie de gommer de son visage.
- Arrête ça ! La situation est loin d'être drôle. Sifflai-je.
- La situation indique que nous allons bientôt assister à la fin de la malédiction.
- Et pour ça tu te fiches qu'un enfant meure ? Interrogea mon amie, glaciale.
Il leva les yeux au ciel.
- Il n'est pas mort, il est dans un sommeil profond, mais rien ne vous empêche d'aller le voir à l'hôpital.
Je poussai une petite exclamation rageuse et partis dans l'entrée pour prendre les clés de la voiture. Je comptais bien aller voir Henry au plus vite et essayer de voir s'il y avait un moyen de l'aider d'une quelconque façon. Il était hors de question que je reste là à attendre qu'il meure réellement ou qu'il reste endormi pour toujours. Naïla me suivait visiblement aussi déterminée que je l'étais. Et Rumplestiltskin, comme toujours, semblait se ficher totalement de ce qu'il se passait du moment que ça ne contrariait pas ses plans ce qui acheva de me mettre hors de moi.
J'ouvris la porte et courus vers la voiture que j'ouvris brutalement pour me mettre derrière le volant. Le temps que l'homme mit pour s'asseoir à l'arrière sembla durer une éternité et si j'avais pu je lui aurais cramé son pantalon histoire de le motiver à avancer plus vite. Cependant je ne savais pas le faire et la partie raisonnable de mon cerveau m'indiquait que c'était une très mauvaise idée d'essayer. Une fois qu'il fut installé je démarrais en trombe pour le conduire à sa boutique. Je me garais devant dans un dérapage contrôlé et l'homme était blanc comme un linge. Visiblement, il n'était pas habitué à la vitesse mais si Henry était à l'hôpital, sa mère Emma devait surement y être ce qui signifiait qu'il n'y avait pas de shérif en ville donc je pouvais prendre la vitesse que je voulais, d'autant plus qu'il ne s'agissait pas de ma voiture donc je me moquais de me faire pendre du moment que je pouvais arriver à temps pour voir le petit garçon et aider.
- Faites attention à ce que vous faites, seul un baiser d'amour véritable pourra le ramener et ce n'est absolument pas le moment de tester votre magie plus qu'incontrôlable. Fit-il avant de claquer la porte derrière lui.
Je lui lançai un regard noir, agacée qu'il me prenne pour une imbécile et je redémarrai pour foncer vers le grand bâtiment où se trouvait Henry. Naïla sortit première et je lui emboitais le pas, me dépêchant de pénétrer dans le hall d'entrée. Visiblement, l'hôpital était assez agité car personne ne remarqua notre entrée. J'allais me présenter à l'accueil mais mon amie me désigna un couloir et m'entraina à sa suite, marchant du plus vite que nous le permettais nos jambes jusqu'à ce que l'on débouche sur une grande salle avec plusieurs lits, séparés de nous par une vitre. Je me concentrai sur les personnes qui étaient présentes et je vis Emma, qui tenait le livre d'Henry. Celui-ci était allongé sur un matelas, livide. Mon cœur se serra à cette vision et je me mordis la lèvre inférieure. J'espérais que la fin de la malédiction pourrait le sauver contrairement à ce que semblait penser Rumple. J'étais redevable à ce petit garçon d'avoir réussi me comprendre alors que je n'étais qu'un animal et plus que cela, je l'appréciai comme un ami. Je ne voulais pas le voir mourir.
Emma se retourna vers nous, ses yeux bleus remplis de larmes et la détresse que je voyais dans son regard me submergea. La main de Naïla se glissa dans la mienne en guise de soutien et la femme nous rejoignis et passa à côté de nous en nous adressant un bref hochement de tête. J'entrai dans la pièce, mon amie sur mes talons et je m'approchai du lit avec précautions. J'observais Henry avec attention. Il avait l'air si paisible qu'il était difficile de penser qu'il était plongé dans un sommeil magique et qu'il pourrait ne jamais se réveiller.
- Ne t'inquiète pas Lil', je suis sûre qu'il va s'en sortir. Murmura-t-elle.
J'hochai la tête et passai une main dans les cheveux de l'enfant pour les remettre en place. La porte s'ouvrit derrière moi et je sursautais, me reculant du même coup. C'était Regina qui visiblement semblait tellement paniquée qu'elle nota à peine ma présence. Je décidais de quitter la pièce et je fis un discret signe de tête à Naïla afin qu'elle fasse de même. Elle me fit un léger sourire et obtempéra. Nous nous retrouvâmes donc de l'autre côté de la vitre et partîmes dans le couloir attenant. Je ne pouvais m'empêcher d'être inquiète pour le garçon et cette angoisse m'enserrait le cœur avec une force insoupçonnée. Je ne savais pas quoi faire pour l'aider et cette impuissance m'agaçait énormément. Je ne savais pas utiliser mes pouvoirs, Rumple n'avait pas les siens et je n'avais que sa parole que tout s'arrangerait avec la fin de la malédiction. Bizarrement j'avais énormément de mal à le croire que tout se déroulerait comme il l'avait prévu mais pour le moment je ne pouvais pas agir.
Je commençai à faire les cent pas pendant que Naïla m'observait avec attention, semblant un peu perdue. A vrai dire, elle devait être plongée dans ses pensées. Elle finit par soupirer et me regarda avec attention.
- Je pense que sur ce coup-ci et pour le moment surtout, il va falloir qu'on fasse confiance à Rumple. Fit-elle avec un air désolé.
Elle avait parfaitement raison et je savais qu'en restant là je n'étais utile en rien mais je ne savais pas quoi faire. Je n'avais aucune idée de comment aider ou de ce que je devais faire. J'étais perdue. J'aurais tant voulu aider le petit mais si j'essayais soit je n'arriverais pas à utiliser ma magie, soit elle pourrait le blesser car je n'avais aucun contrôle sur elle.
La main de mon amie se glissa à nouveau dans la mienne et elle m'adressa un léger sourire rassurant puis m'entraina dans les couloirs de l'hôpital. Nous croisâmes plusieurs infirmières mais j'étais tellement perdue dans mes pensées que je ne remarquais pas réellement leur présence. Je réfléchissais toujours à un moyen de sortir Henry de là jusqu'à ce que Naïla me force soudainement à me stopper en plein milieu d'une pièce où d'un côté à moitié caché par un mur, je pouvais distinguer la salle d'attente, et de l'autre des ascenseurs ainsi qu'une porte qui nous indiquait qu'il était interdit de la franchir.
- Lilwen. Tu connais mieux Storybrooke que moi non ?
Je penchai la tête de côté, en voyant pas du tout où elle voulait en venir mais je finis tout de même par lui faire signe que oui.
- Et la prison, où est-elle ?
Je fronçai les sourcils ne comprenant pas le but de la conversation mais je réfléchis tout de même à la question. Il n'y avait pas de prison à Storybrooke, la seule qui existait était celle dans le commissariat.
- Dans le bureau du shérif mais sinon je pense qu'ils sont envoyés à Boston.
- Et Lilwen, c'est bien Regina qui a créé la ville n'est-ce pas ?
- Euh oui mais je ne comprends p…
- Donc, dans la mesure où on imagine que notre « chère » amie garde Belle en réserve pour faire ployer Rumple au moment venu, elle ne l'aurait pas envoyé hors de la ville sachant qu'il arrive malheur à tous ceux qui la quittent et qui sont sous l'emprise de la malédiction. Sinon elle perdait son atout. Donc elle n'est ni en prison, ni dans le caveau de Regina et elle n'est pas assez stupide pour la garder chez elle. Me coupa-t-elle semblant plongée dans une intense réflexion.
Je devais avouer que pour le moment elle avait raison et que j'avais été stupide de ne pas penser à tout ça avant.
- Et est-ce qu'il y a un quelconque asile ici ?
Je la regardais intensément et j'eus un sourire.
- Tu penses qu'elle est ici n'est-ce pas ? Interrogeai-je.
Ses lèvres s'étirèrent et elle hocha la tête.
- Quel meilleur endroit qu'un hôpital pour cacher des gens ? Après tout, le prince charmant était resté vingt-huit ans ici dans le coma sans que personne ne se soucie de lui avant l'arrivée d'Emma.
Je ne pus m'empêcher de noter qu'Henry avait visiblement bien instruit mon amie sur ce qui se passait avant la malédiction. J'allais ajouter quelque chose quand un homme apparut au détour du couloir, vêtu d'une blouse blanche. Je tirais instinctivement mon amie dans un recoin hors de sa vue mais où nous pourrions tout de même l'observer. Je vis alors une cicatrice qui faisait tout le tour de son cou, comme si on lui avait coupé la tête et qu'on la lui avait recollée. C'était assez étrange mais pourtant, ça ne m'effrayait pas le moins du monde. Je détaillais son visage et remarquai son air torturé et inquiet, ses yeux bleus et ses cheveux bruns courts mais tout de même en bataille.
Il s'approcha de la porte avec un sens interdit et tapota un code et l'accès se libéra. Il jeta de brefs regards à droite et à gauche et entra. La porte allait se refermer mais Naïla s'élança en même temps que moi et nous parvînmes à l'intercepter avant qu'elle ne claque. Nous nous faufilâmes dans un couloir sombre et mal éclairé qui n'était pas des plus longs car à quelques mètres, des marches s'enfonçaient dans les profondeurs. Je ne pus m'empêcher de frissonner quand la porte se referma dans un bruit sinistre derrière nous. Il faisait plutôt froid ici et des conversations indistinctes me parvenaient de l'étage inférieur.
J'entamais la descente de la façon la plus silencieuse possible mais quand nous arrivâmes devant un petit bureau, l'infirmière était inconsciente, du café renversé à côté d'elle. Qui que soit l'homme, il était certain qu'il l'avait drogué, il ne restait donc plus qu'à le retrouver.
Nous nous guidâmes au son de ses pas, le suivant quelques mètres derrière jusqu'à ce qu'il s'arrête enfin. Nous nous cachâmes au détour d'un couloir et remarquâmes un homme aux longs cheveux noirs et sals qui passait le balai, semblant se moquer éperdument de l'inconnu qui était en train d'ouvrir la porte d'une des cellules.
- Viens avec moi. Ordonna-t-il au « prisonnier ».
- Qui êtes-vous ? Pourquoi faites-vous cela ? Demanda une voix féminine avec incrédulité et soulagement.
Visiblement il s'agissait d'une prisonnière. J'échangeai un rapide regard avec Naïla et nous nous avançâmes un peu plus, toujours silencieuses.
- Mon nom est Jefferson.
- Le chapelier fou. Soufflai-je dans un murmure.
Mon amie hocha la tête et continua de se concentrer sur les paroles.
- Tu dois faire une chose pour moi. Tu vas aller chercher un homme. Monsieur Gold. Et tu vas lui dire que c'est Régina qui t'as enfermé ici, c'est très important. Lui te protégera.
Je franchis la porte et me retrouvais dans la cellule, le dénommé Jefferson dos à moi et Belle, juste en face. J'observais son visage fin, ses douces lèvres roses et ses yeux bleus pleins de gentillesse. Même avec cet aspect négligé qu'elle avait dû à l'enfermement, la jeune femme dégageait un charme incroyable de par son innocence. Je ne pouvais nier que j'étais stupéfaite par son apparence et son regard fini par croiser le mien. Le chapelier se retourna d'un coup prêt à se battre contre nous mais je levais les mains en guise de paix, comme Naïla venait de le faire.
- On ne va pas te dénoncer, on est là pour Belle. On sait où est Gold, on peut la conduire à lui.
Il nous regarda suspicieusement.
- Qui me dit que je peux vous faire confiance ?
- Tu ne peux pas. Mais sans nous, vu que tu n'as pas l'air disposé à l'accompagner, elle n'est pas prête de le retrouver avant la tombée de la nuit. Intervint Naïla avec un calme étonnant.
Le regard de l'homme s'attarda sur elle puis se posa sur moi et il m'étudia des pieds à la tête.
- Tu es celle qui a tenu tête à Regina à la fête des lumières et qui accompagnait Gold, n'est-ce pas ?
- Effectivement, heureuse de te savoir aussi perspicace. Ironisai-je.
Il sembla peser le pour et le contre puis regarda Belle. Il finit par soupirer.
- Suis-les, tu peux leur faire confiance.
- A la bonne heure ! On y va princesse ? Emis-je, moqueuse.
La jeune femme me regarda avec surprise puis hocha la tête, semblant intimidée. Je poussais un profond soupir et repartais de là où j'étais venue, la jeune femme sur les talons et ma meilleure amie à mes côtés. Etrangement, j'avais la sensation que la cohabitation avec Belle n'allait pas me plaire. Enfin, si cohabitation il y avait car je n'étais pas sûr que l'homme accepte de nous garder avec lui si la jeune femme retournait dans sa vie. Et allait-il continuer à nous enseigner la magie avec elle dans les parages ? Je ne savais vraiment pas. D'autant plus que si la malédiction se brisait, il recouvrirait ses pouvoirs ce qui changerait nettement la donne. Je ne pourrais peut-être plus autant le défier et lui prouver que je pouvais lui tenir tête sans en payer le prix.
Je ne m'étais pas vraiment rendue compte que nous étions arrivées au rez-de-chaussée et de l'agitation qui régnait dans l'hôpital car désormais j'avais peur. Peur que Rumple n'ait plus besoin de moi et me rejette ce que je ne voulais absolument pas, parce que bien que je me disputais très souvent avec lui, je l'admirais énormément et je l'appréciais. Il était l'une des rares personnes à ne pas me repousser parce que j'avais des pouvoirs et à m'avoir sauvée je ne pouvais pas me résoudre à le quitter ou à ce qu'il me force à partir. Naïla m'ouvrit la portière côté passager alors que Belle s'installait à l'arrière, toujours l'air aussi gênée. Mon amie se mit au volant et démarra à une allure relativement calme.
- Euh… Comment vous vous appelez ? Demanda notre « invitée ».
- Moi c'est Naïla et mon amie s'appelle Lilwen.
- Qui est monsieur Gold ? Je ne le connais pas.
Je retins un léger soupir exaspéré et lui lançai un regard dans le rétroviseur.
- En gros, c'est le propriétaire de la ville, un avocat et un commerçant. Un accro au travail en somme. Répondis-je.
Elle hocha la tête puis nous adressa un sourire plein de candeur.
- Merci de m'avoir sortie de là.
- Mais de rien, aider les damoiselles en détresse est notre passion. Sourit la conductrice avec un amusement non feint.
J'aperçu le magasin de Gold et Naïla s'y gara en douceur. Je sortis non sans claquer brutalement la porte, toujours énervée, ce qui fit sursauter Belle qui me suivit néanmoins, observant le bâtiment avec curiosité. Je marchais à grandes enjambées pour entrer dans la boutique mais il n'y avait personne. Ou peut-être que si.
- Lilwen, je t'avais dit que j'allais réu…
Rumple venait d'apparaitre, sortant de son atelier pour pénétrer dans la pièce qui lui servait de boutique. Son regard se posa sur Belle et il ne finit par sa phrase, les yeux écarquillés de stupeur alors que plusieurs émotions se lisaient dans son regard. L'incrédulité, la tristesse et la joie. Quant à elle, elle semblait hésiter.
- Euh… Quelqu'un m'a dit de vous dire que c'est Regina qui m'avait enfermée. Emit-elle, peu assurée.
Il combla la distance qui les séparait et sa main vint se poser sur l'épaule de la jeune femme avec une douceur insoupçonnée.
- Tu… Tu es bien réelle ! S'écria-t-il avec surprise.
- Elle a aussi dit que vous me protégeriez.
Il hocha la tête alors que des larmes se mettaient à couler sur ses joues et il l'enlaça avec force. Je serrais les poings, agacée par son attitude. J'aurais dû trouver ça mignon, génial, mais pourtant, je n'aimais pas la voir dans ses bras. Je n'aimais pas le voir se montrer si sensible avec elle alors qu'elle avait disparu durant des années. Je savais que c'était de mauvaise foi car elle avait été prisonnière mais ça n'enlevait rien au fait que je sentais une pointe de jalousie me titiller à cette vision. Naïla posa une main apaisante sur mon épaule et me fit un petit sourire discret.
Rumple finit par se reculer.
- Ecoute Belle, il faut que j'aille faire quelque chose, tu vas venir avec moi.
- Lilwen et Naïla viennent aussi ? Demanda-t-elle avec un léger sourire dans notre direction que j'aurais voulu lui gommer du visage.
Il nous regarda comme s'il se rendait enfin compte de notre présence puis secoua négativement la tête.
- Non. Elles vont rentrer à la maison.
Je lui lançai un regard noir qu'il soutint sans broncher et fit demi-tour dans un geste rageur, furieuse qu'il me traite ainsi. Je m'élançai dans la rue, marchant du plus vite que je le pouvais, mon amie toujours à ma suite.
- Lilwen, tu ne serais pas un peu jalouse par pur hasard ? S'enquit-elle.
Je me stoppais si brutalement qu'elle faillit me rentrer dedans et la regardais avec colère.
- Bien sûr que non ! C'est juste son air de sainte ni touche qui m'exaspère.
Elle haussa un sourcil moqueur signe qu'elle ne me croyait pas du tout et je poussai un grognement agacé pour ensuite reprendre ma marche.
- Tu crois vraiment que je vais gober ça ? Je sais très bien que tu es plus qu'attirée par Gold, et je le sais surement mieux que toi-même.
Ses paroles me firent me concentrer directement sur ce que je ressentais pour l'homme car effectivement, il était assez étrange que je réagisse ainsi. Mais je ne pouvais pas l'aimer, il était dangereux. Bon d'accord il m'avait aidé, mais il n'avait aucun respect pour moi alors je ne voyais franchement pas pourquoi j'en serais amoureuse. Enfin, si on oubliait le fait que j'adorais ses yeux, sa voix et son parfum. Que je savais qu'il n'était pas totalement méchant et qu'une part de lumière se cachait en lui, qu'il était comme moi et qu'il m'avait sauvé. Oui ça faisait beaucoup de chose que j'appréciai chez lui mais ça ne voulait pas forcément dire que je l'aimais.
- Lil', je ne suis pas idiote. Tu le regardes tout le temps quand il est là, tu te vexe quand il te taquine un peu trop, et malgré le fait qu'il ne s'agisse pas d'un enfant de cœur, au contraire, tu continues à rester avec lui et à vouloir l'aider. Tu penses vraiment que c'est une attitude normale pour quelqu'un sensée être indifférent à ses charmes ?
Je poussai un profond soupir et lui lançai un regard désolé, enfin arrivée devant la maison de Rumple. Je m'empressai d'en ouvrir la porte pour aller me réfugier sur le canapé avec lassitude. Naïla s'assit à côté de moi et me prit la main avec un sourire réconfortant comme celui d'une sœur. Mon cœur sembla se réchauffer et je répondis à son sourire avec douceur. Elle passe une main dans mes cheveux et plongea son regard d'émeraude dans le mien.
- Peu importe ce qui arrive Lil', tu ne dois pas refouler tes sentiments car c'est ce qui fait ce que nous sommes. Et n'aie pas peur, tu es loin d'être inutile et rien qu'aujourd'hui, tu viens de payer la dette qui te liait à lui.
Je la regardais en haussant un sourcil surpris.
- Pardon ?
- Il t'a sauvé la vie, tu as sauvé celle de Belle. Vous êtes quittes non ?
- Je n'y serais pas parvenue sans toi, alors tu as aussi payé ta dette.
Un sourire s'afficha sur mes lèvres et je me relevai pour être en position assise. Elle me fit un clin d'œil et se releva pour m'étudier de haut en bas. Elle avait un sourire amusé.
- Le moyen pour que Rumple t'aime, c'est d'être toi-même tout en prouvant que tu es meilleure que Belle.
Je la regardai sans comprendre, haussant un sourcil pour le lui signifier et elle soupira. Elle secoua la tête et mis ses poings sur ses hanches.
- Ah blondie, il va falloir vraiment remédier à tes techniques de dragues ça m'a l'air médiocre tout ça !
Elle remit en place des lunettes imaginaires et pencha la tête de côté avec un air on ne peut plus sévère pendant que je me demandais vaguement pourquoi « blondie » avant de me rappeler que justement, j'étais blonde, voire blanche.
- Alors, tu vois, si tu te fais passer pour une fille super débile en mode drague outrancière, déjà, je pense qu'il va te repousser car ça n'a pas l'air d'être son genre et en plus de cela, il ne tomberait pas amoureux de toi mais de l'image que tu renvoies. Alors sois toi-même il t'apprécie déjà un minimum comme ça. Ensuite, on ne connait pas encore Belle mais je suis sure qu'il y a des points où tu pourras te montrer meilleure qu'elle. Pour ce qui est de la tenue, vue ta garde-robe, je suis sûre que tu peux te mettre en valeur sans mes conseils, n'oublie pas une touche de maquillage quotidienne sauf en cas d'attaque ou d'entrainement imminent.
En même temps, je m'imaginais mal me mettre à me maquiller du genre « attend mec, je me met du mascara et ensuite tu peux continuer d'essayer de me tuer ». Naïla devait avoir une image à peu près similaire car elle pouffa discrètement. Nous cessâmes brusquement de rire quand la pièce s'assombrit progressivement.
Nous nous tournâmes vers la fenêtre et mon cœur manqua à battement. Un épais brouillard violet rampait vers nous, couvrant progressivement les bâtiments. Et d'ailleurs, cette manifestation n'avait rien de rassurant, c'était même plutôt angoissant. Je ne savais absolument pas de quoi il s'agissait mais c'était dangereux. Il toucha bientôt la maison et des sortes de tentacules rampèrent sur les parois du mur puis continuèrent leur progression. C'était effrayant. Je me reculais un peu et puis je compris. Je le sentais dans l'air. Il y avait un changement, comme si les particules gagnaient quelque chose.
- La magie. Elle est là.
C'était assez étrange de dire ça quand on savait que je pouvais en faire déjà avant ce qui me confortait dans l'idée que je ne faisais pas partie du monde de Rumple, sinon je n'aurais jamais pu utiliser mes pouvoirs. En tout cas, désormais, Gold avait ses pouvoirs et s'il continuait de nous entrainer alors j'étais sûre de progresser nettement plus vite désormais à mon plus grand bonheur.
Je restais plusieurs minutes à parler de ce que le retour de la magie dans la ville impliquait quand la porte s'ouvrit.
- Je ne vois vraiment pas pourquoi tu as besoin de la magie ! S'écria Belle en entrant.
- Comme je te l'ai dit, la magie est le pouvoir.
Je roulais des yeux, déjà exaspérée par la jeune femme.
- Tu sais très bien ce que la magie a fait de toi Rumple. Elle vient toujours avec un prix, c'est toi qui me l'a appris.
Je regardais Naïla qui n'avait pas l'air plus enjoué que moi à l'idée de voir le couple qui pénétra dans la pièce.
- Tu as un problème avec la magie ? M'enquis-je. Parce que ça ne va pas être super pour toi de vivre au milieu de sorciers dans ce cas.
- Vous pouvez aussi faire de la magie ? Interrogea-t-elle.
- Effectivement. Sourit Naïla.
- Faire de la magie est un bien grand mot, il faudrait déjà que vous sachiez la contrôler. Fit remarquer Gold.
Je plongeai mon regard dans celui si brillant de l'homme et adoptais une posture de défi.
- Tu es censé nous apprendre non ?
Il hocha la tête avec un léger sourire amusé.
- Comment va Henry ? Interrogea mon amie.
En effet, c'était une bonne question. Toute concentrée que je l'étais sur la présence de Belle j'avais oublié de demander des nouvelles du petit garçon.
- Oui, il est hors de danger. Belle, il y a une chambre pour toi à l'étage. Il va falloir que nous partagions cette maison tous les quatre. Ces deux jeunes filles ont besoin de moi pour s'en sortir.
- C'est dingue ce que tu prends de l'importance maintenant que ça sort de ta bouche. Se moqua Naïla.
Je me retins de rire devant l'air d'incompréhension de Belle qui semblait se retrouver devant un match de ping pong.
- Je suis important dearie mais si tu le veux, la porte est grande ouverte, ça nous fera plus de place.
Mon amie croisa les bras.
- Un peu de respect pour celles qui viennent de te réunir avec Belle.
- Ah et note aussi qu'on a toutes les deux payer nos dettes donc vu qu'on a promis de t'aider à retrouver Bae, c'est toi qui nous en devra une si on y parvient. Continuais-je avec un sourire triomphant.
Il poussa un profond soupir dépité et avança sa main vers nous. Je la lui serrais et Naïla m'imita une fois que je l'eus lâché.
- Marché conclus.
- Eum… Peut-être que vous pourriez m'expliquer parce que je me sens un peu perdue. Intervint Belle.
Nous nous tournâmes vers elle dans un même ensemble et je croisai les bras sur ma poitrine.
- Pour aller à l'essentiel, nous sommes tous les trois des sorciers, on avait une dette qu'on a payé à Rumple en te retrouvant ah et c'est toi qui fait le ménage cette semaine, il faut de l'organisation dans cette maison !
- Vois la vie du bon côté, toi, au moins, tu n'auras pas de commentaires désobligeants sur ta façon de cuisiner. Emit Naîla.
- Oui parce que nous on a le droit à « beurk, je ne mange pas ça, vous l'avez surement empoisonné », ou « un repas préparé par une blonde peroxydée ? Non mais ça va pas la tête ! Je ne veux pas perdre mon cerveau ». Il est légèrement paranoïaque et n'a pas encore compris qu'il n'avait justement pas de cerveau.
- Ou si, il en a un pour les diverses façon de réveiller les honnêtes gens à des heures impossibles ou nous enfermer chez lui. Et les entrainements sadiques c'est sa spécialité.
- La dernière fois j'ai failli me casser le nez à cause de lui !
L'homme semblait amusé et exaspéré à la fois.
- Dans la mesure où tu n'as pas su freiner le livre grâce à ta magie, je pense qu'on peut tous considérer et ce sans faire preuve de mauvaise foi que tu es simplement incapable de faire quelque chose sans te blesser. Quant à Belle, je ne doute pas de ses talents de cuisinière contrairement à toi qui passe ton temps à tenter de nouveaux mélanges farfelus.
- Au moins moi je ne risque pas de mettre le feu à la maison parce que je ne sais pas rester cinq minutes à surveiller une cuisson.
Naïla semblait prête à éclater de rire alors que Belle affichait un air amusé, comprenant pour une fois de quoi il en retournait. Quant à moi, j'étais fière d'avoir capté l'attention de l'homme et j'appréciai de pouvoir le taquiner un peu.
- J'ai des choses plus importantes à faire. Et il serait peut-être judicieux de justement se mettre à faire à manger car je pense qu'aucun de nous n'a pris de repas ce midi.
Nous nous regardâmes pour évaluer la réponse de chacun mais il s'avéra qu'il avait raison. Nous passâmes donc à table après avoir fait la cuisine puis nous parlâmes un peu de certains livres car Belle adorait lire. Le problème était qu'elle ne connaissait aucun livre de notre monde.
J'allais me coucher ce soir-là à la fois heureuse d'être encore ici mais aussi pleines de plans douteux qui pourraient me permettre de faire en sorte qu'il arrête de prêter tant d'intérêt à la jeune femme. Finalement, Naïla n'avait pas tort, j'étais belle et bien amoureuse de Rumplestiltskin et ce fait risquait de m'apporter un nombre incalculable d'ennuis.
