Voilà un nouveau chapitre !
J'espère qu'il vous plaira tout autant que les précédents !
Bonne lecture à tous et merci infiniment pour vos reviews 3 !
Chapitre 11: Nouvelles règles
Nos pas résonnent sur les dalles glacées du hall du Ministère. Essoufflés, nous nous sommes arrêtés, et tout le monde nous fixe avec un air outré. Ce n'est pas avec mon père que j'aurais pu me permettre ça. Ah, Granger, Granger, Granger ! Tu ne crois quand même pas que j'ai fait ça pour te protéger tout de même ? Oh que non, Granger, la seule et unique raison qui m'a poussé à agir de la sorte est qu'à présent, tu as une dette envers moi… Je ne connais pas encore sa nature, mais ça ne va pas tarder, crois moi ! Qu'est-ce que tu racontes ? Pourquoi es-tu toujours obligé de te cacher derrière des prétextes incohérents ? Ne peux-tu donc pas avouer que tu apprécies quelque peu Granger ? Merlin, je me mets à délirer. ça doit être la douleur lancinante qui parcourt mon poing depuis que j'ai frappé Krum qui me tourne la tête. Oui, ça doit être cela, il n'y a pas d'autre explication ! Moi, apprécier une Sang-de-Bourbe ?! Ce serait faire honte à mes racines, à ma famille entière !
Ma famille… Qui est-ce donc ? Ma mère qui n'a jamais su défendre son fils contre la stupidité de son mari, qui jamais, au grand jamais, n'a su me donner l'affection d'une véritable mère ? Non pas que j'en ai eu besoin, non, mais cela aurait peut-être changé ma vie. Je ne serais peut-être pas là, aujourd'hui à marcher dans les couloirs du Ministère en compagnie de mon ennemie de toujours. Serait-ce mon père, alors ? Certainement pas. S'il y a bien une personne responsable de cette inexorable déchéance, c'est bien cet être méprisable qu'est mon père ! Aurait-il accepté, lui, de se marier avec une horrible morue ? Jamais. Alors pourquoi l'impose-t-il à son fils ? Ce n'est pas non plus la sœur de ma chère mère qui aurait pu changer quelque chose dans ma misérable vie. Une femme complètement cinglée, rien que d'entendre son rire me faisait froid dans le dos. Mais elle appartient au passé maintenant, depuis que la mère de la belette lui a lancé le coup fatal…
N'ai-je donc point de famille ?! Ai-je réellement passé mon enfance à leurs côtés ? Je croirais jurer que non, et pourtant… Qu'est donc ce grand vide qui m'oppresse aujourd'hui ? Je n'ai pas eu de famille. Je n'ai pas eu d'amis. Ai-je vécu? Peut-être dans un subconscient maintenu par mon imbécile de père, et protégé par mon idiote de mère. Tout n'est que suppositions, j'aimerais tant effacer cette vie qui ne m'appartient pas ! Merlin, pardonnez mes actes inconsidérés ! Que suis-je donc en train de faire ? Pourquoi sens-je une goutte glisser lentement le long de mon visage ? Suis-je donc à ce point stupide pour me laisser aller à quelque mélancolie ? Pleurer est pour les faibles, les lâches, les Sang-de-Bourbe et autres espèces inférieures ! Je ne suis pourtant point faible, point lâche, et j'appartiens à l'une des races les plus importantes de la société magique. Je ne peux me permettre d'adopter cette attitude, de surcroît en public. Qu'est-ce que je dis ? Pourquoi est-ce que je me cache derrière ces mots déguisés ?! Qu'est-ce que j'en ai à faire de tout ça ? Je ne suis plus cette personne là, je n'appartiens plus à cette race stupide qu'étaient mes ancêtres !
- Tu pleures, Malefoy ?! s'exclame Granger.
- Non, je transpire, ça ne se voit pas ?! raillé-je.
Vexée, elle ne répond pas, et nous franchissons la porte du Ministère pour débouler dans une rue bondée. Nous marchons à pas lents, elle, me jetant des regards frénétiques à la dérobée. Gênée, elle se décide tout de même à prendre la parole:
- Je… Nous allons transplaner… Accroche-toi à moi.
J'obéis sans un mot, et nous nous retrouvons quelques instants plus tard devant un grand immeuble de banlieue londonienne, dont la façade d'un blanc éclatant resplendit au soleil. Une fois dans le hall d'entrée de l'immeuble, nous empruntons l'ascenseur, pour monter jusqu'au dernier étage. Granger ouvre l'unique porte du palier, et je me retrouve dans un bel appartement moderne. Ce n'est pas du luxe, ça non, mais les meubles sont arrangés de telle façon que la salle a l'air spacieuse, la clarté de la pièce me fait plisser les yeux.
- Enlève tes chaussures, Malefoy, ordonne ma nouvelle colocataire.
- Non merci, c'est très aimable à toi de te préoccuper de mon bien être, Granger, mais je suis très bien en chaussures !
- Malefoy, gronde-t-elle, c'est un ORDRE!
- Ringarde, c'est pas croyable ! marmonné-je tout en me déchaussant.
- Qu'on mette les choses au point tout de suite, ce n'est pas parce que tu as eu un pseudo élan de courage que tu dois te prendre pour le maître du monde ! Je ne te dois rien du tout, compris ? Tu es sous mon toit, et tant que tu y demeureras, tu te plieras à mes règles !
- Tu sais que tu ressembles à une harpie croisée avec McGonagall ? dis-je pensivement.
Exaspérée, elle quitte la pièce avec un cri d'indignation, et s'enferme dans une pièce adjacente. Sûrement la salle de bain… J'en profite pour observer la pièce où je suis. Je ne préfère pas me risquer à en explorer une autre, au cas où celle-ci serait réglementée par des lois encore inconnues… Je me tourne sur la gauche: une énorme bibliothèque trône contre le mur. Choqué par l'immensité de son contenu, je tourne la tête pour regarder devant moi. Une large baie vitrée donne sur une terrasse d'où l'on voit une vue magnifique surplombant Londres.
- Sans vouloir t'interrompre dans ton intense contemplation, je te signale qu'on ne va pas rester regarder l'herbe pousser tout l'après-midi !
- Surtout qu'il n'y en a pas. On sort, réponds-je.
- Non, non, non, non, non, Malefoy, ce n'est pas comme ça que ça se dit.
- Quoi ?! Il faudrait savoir ce que tu veux, Granger ! m'impatienté-je.
- Il faut simplement que tu dises: «Et si nous sortions ?». N'oublie pas que tu es sous mes ordres, Malefoy, et non l'inverse !
Granger pète un câble. Et si nous sortions… Pitoyable.
- J'ai une merveilleuse idée, sortie tout droit de mon ingénieux cerveau, ma chère amie! Et si nous sortions? m'enthousiasmé-je faussement.
- C'est mieux, mais travaille plus le «ions» du dernier mot. Et si nous sortions Il faut insister pour accentuer l'enthousiasme, répond-elle avec un sourire en coin.
- C'est mon sourire, ça, Granger ! la menacé-je.
- Non ! «Je pense que vous avez involontairement attrapé mon agréable façon de sourire, mais elle vous va à merveille!»
Et nous partons tous les deux d'un rire franc. Il n'y a pourtant rien de bien drôle, ne vous faites pas de fausses idées, mais si je ne ris pas, elle va encore m'accuser de ne pas respecter ses règles.
- Ah, Granger… commencé-je.
- Oui ?
- Qu'est-ce que tu m'agaces !
Ca me vaut une tape. Nous sortons, continuant de nous chamailler. Je sors une plaisanterie assez difficilement.
- C'était nul, comme blague, réplique-t-elle.
- Je me mettais à ton niveau intellectuel, Granger, c'est pour ça !
- Très drôle.
- Je sais, merci.
- C'était ironique.
- N'oublie pas que le cerveau faible, c'est le tien, Granger, pas le mien, répliqué-je.
- Dans ce cas, ne dis pas «merci».
- J'ai dit merci ?fais-je semblant de m'étonner.
- Misérable fouine sans cervelle.
- La ferme, Sang-de-Bourbe.
Outrée, elle se tourne vers moi, s'arrêtant dans la rue bondée de monde. Je suis allé trop loin, je crois…
- Je ne vous dérange pas, j'espère ? murmure une voix glaciale.
Cette voix, je ne la connais que trop bien. Mon sang se glace, et je me retourne lentement vers mon adversaire, prêt à dégainer ma baguette.
Voilàà ! Alors, ça vous a plu ? Quel suspense mdr !
Petite question: Selon vous, quel âge j'ai ?
Bye & à bientôt !
