Auteur : Madhatter Sekiryou ou Bel Uriel Disraeli.
Disclaimer : Les personnages suivant ne sont pas à moi !
Personnage : Ronronoa Zoro
Résumé : Le passé de tous les membres de l'équipage des Mugiwara est connut. Mais il demeure des zones d'ombre. Et si Zoro avait lui aussi des démons intérieurs à affronter ?
Titre : Voleur d'âme.
Partie I : L'errance du Prince Noir.
Chapitre X : Les tourments de l'équipage.
Cela ne faisait que soixante-douze heures que le monde était tombé sur la tête. Trois jours que le son de clochette avait retentit et que ces femmes étaient apparu à bord. Aux dernières nouvelles, elles avaient pris tous leurs repas dans la calle. Nami avait été formelle, et Luffy n'avait pas pu la faire céder. L'ennemi ne pouvait se tenir qu'en deux lieux :
Soit en fond de cale, soit au fond de l'océan !
C'était l'heure du déjeuner, Sanji était perdu, mais surtout énervé. La navigatrice était plus irascible que jamais. Et insultait dès que le cuisinier apparaissait dans son champ visuel. Et là, l'ex-fiancé du marimo ne semblait même pas avoir conscience de son existence.
Luffy passait son temps à se disputer avec Nami, exigeant encore et encore que les femmes se joignent à eux.
Chopper marmonnait de colère dans son coin, s'en voulant d'avoir laissé le bretteur se faire blesser dans l'infirmerie.
Robin harcelait de question la plus âgée des deux au point d'en devenir désobligeante.
Brook se cachait dans un tonneau, Franky et Ussop semblaient se liguer tous les deux dans un concours de celui qui sortira le plus d'ânerie à la minute. Et aussi surprenant que cela puisse sembler, Franky se défendait plutôt bien.
Pour Sanji il n'y avait qu'un seul fautif à cet état catastrophique. Et c'était la faute de cette imbécile à tête de gazon. Ce connard avait du sang démoniaque dans les veines, et bien évidemment il n'en avait jamais rien dit à personne ! Ni du fait qu'il était pourchassé par deux entités ! Le blond ne savait pas si on n'allait pas lui donner l'ordre d'abandonner ses « déesses démoniaque » en pleine mer.
Déesses pour lesquelles il se sentait en faute et fébrile. Devait-il outre passé la décision de la navigatrice ? C'était tout de même révoltant de garder enfermer ces splendide créatures. Elles n'avaient pas leur place dans cette pièce confiné… Et Sanji c'était surpris à ne pas pouvoir fermer l'œil la veille.
Connard de bretteur soit disant alité ! Et puis, histoire de bien le contrarié, cet imbécile avait décoloré littéralement ! Sanji avait dû le voir pour le croire, même lorsque Nami furieuse était venu engueuler Luffy, le tenant responsable de l'état du bretteur.
Cette femme lui avait fait quelque chose, et le Second de l'équipage était devenu brun… Brun ! Cet abruti était devenu brun ! Comme Luffy ! Tu parles d'une attaque. On allait pas garder enfermé ces deux femmes parce qu'elle avait transformé la couleur de cheveux de cet idiot ! Sanji se sentait stupidement agacé et surprit.
Ce n'était pas « normal » de voir le bretteur dans cet état. Mais il avait l'impression que depuis qu'il prenait la peine de l'observer, que tout ce qu'il relevait du bretteur n'avait jamais rien de normal. Si seulement cet imbécile pouvait leur épargner tout ce remue-ménage inutile !
Pour couronner le tout, Zoro ne sortait plus de son trou. Et lui devait prendre la peine de monter le repas du bretteur à l'infirmerie.
Il venait de poser le plat sur la table, lorsque le bretteur se redressa comme un ressort, fidèle à lui-même. Zoro se replia dans ses draps, se voutant un peu en s'asseyant et jeta un regard vide et hanté dans la direction du cuisinier.
Sanji tenta de réprimer la colère qui l'envahissait. Il lui jouait quoi au juste là ? Depuis quand Zoro était-il devenu aussi fragile ? Aussi... Faible et vide ? Foutaise.
- Mange... Sinon, je te ligote et je te jette par dessus-bord. Siffla le blond.
Chopper se racla la gorge pour attirer son attention.
- Je te remercie Sanji, je m'occupe du reste.
Le blond continua de fusiller le bretteur et ne répondit pas en quittant l'infirmerie.
Procédure de rejet.
Zoro sentait le froid habité le moindre de ses membres, il ferma de nouveau les yeux en essayant d'oublier. C'était comme s'il avait de nouveau perdu quelque chose de primordial, d'important et de nécessaire. Chopper soupira doucement. Celia lui avait brièvement exposé les symptômes dont souffraient le bretteur. Rien de mortel physiquement...
Zoro faisait son deuil. C'était comme s'il venait de renoncer à une part de lui-même. Il n'y avait pas vraiment de choc, juste... Une sorte de veuvage. Zoro était jeune, il s'en remettrait, le lien avait été coupé entre eux, et il avait toujours été très fort. Cependant cela faisait deux jours que le bretteur restait prostré sans rien dire, avalant difficilement une gorgée d'eau.
Il fallait qu'il s'alimente pourtant ! Le médecin observa le plateau inadéquat, la colère lui brûla le sang. Il n'allait pas laisser passer cet affront ! Chopper poussa la porte et pris sur lui. Le médecin s'arrêta juste quelques minutes, avant de toquer, tenant le plat qu'il venait de servir au bretteur. Sanji leva un sourcil surpris en le voyant.
- Sanji... Lança le renne en grinçant des dents.
Le blond le dévisagea avec étonnement.
- Je sais que tu n'aimes que les femmes et que tu tolères tout juste la présence des hommes. Mais tu pourrais tout de même avoir un peu plus de considération pour Zoro ! C'est un moment très dur pour lui, il n'a pas besoin que ses nakamas lui tournent le dos, ou lui fasse du mal ! Poursuivit Chopper sur un ton qui devenait de plus en plus vindicatif et sec.
- J'ai rien fait ! S'insurgea le cuisinier.
Ce dernier se sentit immédiatement énervé, pourquoi Chopper venait piquer une crise de nerf sur lui ?
- Il a mal ! Stupide humain sans cervelle ! Alors essai de réfléchir avec autre chose que la testostérone qui te remplit la tête ! C'est quoi ce repas ?! Sanji ! Je ne pensais pas que tu puisses être aussi odieux et détestable avec un autre homme simplement parce qu'une belle femme tente de l'épouser lui plutôt que toi ! Lâcha le médecin avec déception et colère.
La cigarette qu'il venait d'allumer tomba net.
- Hey... Je... Balbutia le blond maladroitement.
- Alors qu'est-ce que c'est que ça ?! Jura Chopper en posant l'assiette sur la table.
Le rouge monta brutalement au visage du cuisinier.
- C'est la part de marimo, je vais pas jouer les...
- ZORO ! Est malade ! Souffrant ! Tu crois que je le garde à l'infirmerie pour quelle raison ?! Coupa Chopper avec force.
- Je... J'en sais rien, je... Balbutia le blond, véritablement impressionné et honteux.
Le renne inspira et le fusilla du regard.
- Très bien, alors j'informe le monomaniaque stupidement agressif que tu es, que moi je ne tolère pas ce type de comportement envers mes patients ! Fais lui quelque chose qu'un malade peut avaler ! Si cela est hors de tes compétences, je me mettrais moi-même aux fourneaux ! J'ai été clair ! Aboya presque le médecin.
C'était bien la première fois qu'il l'entendait lui parler ainsi.
La pâleur quitta les joues du blond, pour être remplacé par le rouge de la fureur.
- Je rêve ou tu es en train de dire que je suis incapable de faire un repas pour un malade ?! Siffla Sanji entre ses dents.
Le médecin poussa l'assiette sur la table, Chopper releva le coin de son chapeau.
- Je suis en train de dire que tu as servi n'importe quoi à Zoro !
Ce n'était pas tous les jours que le médecin tenait tête à un autre membre de l'équipage ! Sanji attrapa le renne par son col et le souleva jusqu'à son visage.
- Écoute moi bien stupide boule de poil sur patte doté de la parole ! Je suis le seul et l'unique cuisinier sur ce navire ! J'ai servi à cette tête de poulpe sa part habituelle ! Tu ne m'as jamais informé que ce pauvre con était souffrant à ce point ! Je t'interdis de remettre en cause mes capacités, sinon je risque de te les prouver en te servant au dîner au reste de l'équipage avec un accompagnement au quatre légumes ! Il lâcha le renne, la colère le rendait aveugle.
- COMMENT OSES-TU CRITIQUER CE QUE JE FAIS ! T'ES MÊME PAS FICHU DE FAIRE UNE BROCHETTE DE FRUIT ! Hurla le blond.
Il reçut un violent coup de sabot dans son genou, ce qui le fit crier de douleur en s'effondrant.
- Espèce... de... Stupide... Imbécile... Idiot... Cuisinier à deux berrys ! Renifla Chopper en serrant les bords de son chapeau.
- T'es... T'es qu'un sale méchant !... Méchant... Les sanglots étouffaient la moitié de tout ce que disait Chopper.
- Sans cœur ! … Zoro... Zoro est le seul vrai gentil... JE SUIS PAS UNE BOULE DE POIL DOTE DE LA PAROLE ! Hurla-t-il avant de sortir sans fermer la porte.
Le renne entra directement dans les jambes de la rousse, et retomba par terre. Il se leva, la contourna et partit en larmes.
L'équipage arrivait tout juste pour se mettre à table, et avait pu entendre l'altercation.
- Espèce de saloperie de renne... Marmonna Sanji en se massant le genou, tout en se levant. Il allait boiter pour des semaines ! Il se dirigea vers la porte. Le reste de l'équipage le dévisagea longuement.
- Comment t'as pu dire une chose pareille à Chopper ! Sanji ! L'exclamation choqua les Mugiwaras. Luffy pinçait les lèvres et le fusillait.
Pour que leur capitaine intervienne aussi vertement c'était que la situation était bien plus grave que tout ce qu'il pouvait imaginer.
- Espèce de stupide cuisinier ! On mange pas un nakama ! C'est cruel ! Chopper c'est pas de la viande ! C'est notre médecin ! Et mon meilleur ami ! Y'en a marre ! Vous êtes tous trop nul ! On est tous vivant, mais vous passer votre temps à dire des choses qui font mal à tout le monde ! T'es comme Nami ! Toi aussi tu vas me dire que je suis un pauvre imbécile trop con pour réaliser mes rêves ?! S'énerva brutalement Luffy.
Le rouge orna les joues de la navigatrice.
- Luffy...
- QUOI ? Tu vas me jeter par dessus-bord ?! Cria Luffy visiblement à bout, coupant la rousse.
- Je me suis déjà excusé, tu sais je...
- Je quoi ?! C'est ce que tu penses, non ?! Et maintenant Sanji veut cuisiner Chopper ! S'époumona leur capitaine.
Un silence de plomb tomba.
- Chopper à raison... Le seul vrai gentil c'est Zoro. Lui... Il m'aurait jamais dit un truc pareil. Lâcha le brun en baissant la tête, tirant sur le coin de sa chemise rouge.
Il se détourna et bouscula Ussop sur son passage.
Nami se passa une main sur le visage, soupirant lourdement.
- Dites moi que Luffy ne vient pas de sauter un repas... Marmonna-t-elle en serrant les dents.
Ussop se retint bien de lui demander à quelle occasion elle avait pu lui dire une chose pareille.
- Ca dépend... Tu veux que je te mente ? Siffla le tireur d'élite en la regardant de biais.
Elle allait lui rétorquer quelque chose de bien sentit, lorsque son attention fut attiré par l'ombre qui passa sur le sol. Nami leva la tête et fixa le nuage noir qui s'étendait sur le bateau.
- TOUS A VOS POSTES ! UNE TEMPETE ! Hurla-t-elle en se ruant sur le pont, suivis de près des autres.
...
Ils étaient trempés, l'ambiance n'avait jamais été aussi sombre et lourde sur le navire. Robin referma la porte derrière elle.
- Cook-san... Auriez-vous l'amabilité de nous faire un chocolat chaud, pour tout le reste de l'équipage et moi-même.
Tient ! L'archéologue pointait le bout de son nez ! Sanji s'exécuta. Il posa le plateau et la carafe sur la table, lorsque des mains apparurent dans la pièce. Poussant chacun à prendre place.
Deux minutes plus tard, la porte s'ouvrait, et le renne trébuchait dans la salle à manger. Une main l'attrapa par le col, et l'installa sur une chaise.
- C'est le meilleur moyen de se réunir, et de se recueillir. Nous avons passé une difficile épreuve. Lança Robin en président la table.
Un reniflement de dédain monta de Nami, elle allait parler lorsqu'une main apparut sur la table et lui tendit son verre. Qu'arrivait-il à Robin ?
- Je suis maintenant capable de vous expliquer tout ce qu'il vient de se passer. Rajouta la brune en prenant place.
Elle serra son verre entre ses mains, puis s'assura que tous les regards étaient posés sur elle.
- Il m'a fallu un certain temps, mais maintenant j'en ai la certitude. Ce qui m'a mis la puce à l'oreille a été la réaction de notre chère navigatrice. Le sang démoniaque des voleurs d'âme est très puissant. Il y a en effet eut de multiple guerre entre les hommes et les Voleurs d'âme... Il semblerait que ces derniers influence le caractère belliqueux des hommes. Bretteur-san... Avait sans doute une raison certaine de vous demander de les « jeter » par dessus bord. Depuis leur arrivée, le nombre de dispute entre nous on augmenter de façon phénoménal. Nami-san est particulièrement sensible à ce dernier, ce qui explique son comportement à l'égard de Zoro-kun. Mais depuis qu'elles ont embarqué, nous sommes tous de plus en plus irritable, confus et malheureux. Expliqua d'un ton calme et professoral l'archéologue.
- Tu veux dire, que ses femmes nous poussent à nous faire du mal ? Demanda incrédule Ussop.
Elle secoua la tête de façon négative.
- Je dirais plutôt qu'elles suscitent et excitent la convoitise, la haine, la jalousie, et bon nombre d'autres sentiments humains. Brook a parfaitement compris cette réalité, n'avez-vous pas remarqué qu'il n'est pas sorti de son tonneau depuis qu'elles sont à bord.
A ces mots, le tonneau s'agita un peu, il poussa le couvercle et sortie la tête. Ses orbites vides se posèrent sur ses nakamas.
- Et les hommes perdront toute considération, ils se moqueront de marcher à leurs pertes. Pour serrer entre leurs mains les bas de princesses démoniaque, ils mettront à feux et à sangs leurs propres familles. Cita le squelette en claquant des dents.
- Nami-san avait parfaitement raison sur sa première impression. Ses femmes... Sont « démoniaques ». Conclut Robin en buvant doucement.
Le silence accueillit un instant cette révélation.
- Mais Zoro n'a jamais eu cet effet-là sur nous... Fit remarquer Ussop.
- C'est parce que Zoro ne laisse pas s'exprimer son sang. Elle poussa la porte derrière elle. La femme se tint le dos très droit.
Celia fixa longuement chacun, l'archéologue lui avait demandé de se joindre à eux
- Puis-je ? Je serais à même de vous répondre, puisque vous venez de mettre le doigt sur une vérité primordiale.
Robin acquiesça, un siège fut poussé dans sa direction et elle ne s'offusqua pas lorsqu'ils s'écartèrent un peu. Elle savourait son triomphe, le plaisir d'avoir éclaircit ce mystère lui gonflait la poitrine. Cela n'avait pas été aisé, elle avait dû observer, écouter et déceler les nuances du timbre hautain.
Un sourire étrangement félin passa sur les traits de Célia.
- Nous ne sommes nullement malveillante, à vrai dire... Mais les sentiments que nous éveillons par notre présence consument ceux qui ne sont pas assez fort pour lutter contre eux. Zoro... N'aurait pas dû pouvoir se lier à qui que ce soit, c'est l'une des raisons pour laquelle nous l'avons tant cherché... Je suppose qu'il a fait son choix, celui de ne se lier à personne. Ce qui explique pourquoi il est inoffensif.
- Refusé de se lier ? Reprit Chopper en la dévisageant.
Robin acquiesça vivement.
- Les Voleur d'âme lient leurs âmes entre elles, ils ne peuvent vivre l'un sans l'autre.
Tss ! Comme si elle comprenait quelque chose, cette gamine était bien prétentieuse. Pour Célia, aucun d'entre eux ne pouvait comprendre la réalité de ce fait.
- Il a fermé son cœur et son âme... Il a une maîtrise stupéfiante de son aura, à moins qu'il ne l'ignore. Je n'en suis pas sûr, mais cela garantit votre sécurité.
Vue comment l'équipage s'écharpait, elle se sentait perplexe qu'ils continuent de voyager ensemble depuis aussi longtemps.
- Qu'est-ce qui arrive lorsqu'il accepte de se lier, je veux dire ils sont collés l'un à l'autre ? Lança Franky curieux.
Célia secoua la tête, écarquillant les yeux. Sombre idiot ! Se lier ?
- Zoro ne remplit pas les conditions requises pour se lier. Vous devez comprendre qu'il ne peut pas faire ce choix. Le sang humain... Ce n'est pas pour rien que notre longévité est si importante. Les voleurs d'âmes... Elle sembla balbutier, puis baissa les yeux.
Hérésie, stupidité, calomnie ! La nervosité et l'aversion était en train de subjuguer la femme. Cela ne donnait jamais rien de bon ! Leur sang ne devait jamais se diluer avec un autre… Xéana en avait payé le prix. Et Zoro était né.
Zoro et son équipage.
- Il vous aime assez pour vous protéger de lui. C'est suffisant. Trancha-t-elle en levant de nouveau le regard.
- Est-ce que... Est-ce que ça à un rapport avec la fille aux cheveux bleu ? Demanda d'une petite voix Luffy.
Depuis le début, le capitaine restait silencieux, il avait à peine attraper son verre de chocolat.
Elle le dévisagea.
- J'ai peur de ne pas comprendre... Lâcha Célia d'un ton vide.
- Il a fait une promesse, c'était avant de me rencontrer. Informa Luffy.
- Oh... Pour une raison qu'elle ne comprit pas elle se redressa.
Célia se figea.
- Et ?
Luffy baissa la tête dans son verre, le ramenant enfin vers lui.
- Comment à finit cette jeune fille avec laquelle il avait fait une promesse ? Insista-t-elle.
Une promesse ? Il avait donné sa parole à un sang impur ?
- Kuina est morte. Il claqua la porte derrière lui. Zoro fronça les sourcils, s'appuya contre la porte.
Le bretteur avait vue apparaître les bras, qui c'était saisit de Choppe et qui l'avait emmené. Le renne était en train de pleurer dans son giron. Il aurait dû se douter que quelque chose clochait. La fille aux cheveux bleus… Alors Luffy avait fini par faire le lien. Tss… Il ne pensait pas que lui parler de cette fille qui ressemblait à son ami d'enfance, pouvait mettre le brun sur la piste de quelque chose le concernant.
- Je peux savoir ce que tu as dit à Chopper pour le mettre dans cet état, stupide love-cook ?! Cracha le bretteur en croisant les bras.
S'il était furieux, cela ne se voyait pas. Ses cheveux avaient retrouvé à moitié leur couleur naturelle. Mais son teint restait bien trop pâle. Le médecin sauta sur ses pattes et le rejoignit, il passa aussitôt les pattes autour de la jambe gauche du bretteur.
Le reste de l'équipage fut abasourdi, le renne renifla en levant la tête. Zoro fit une chose qu'aucun d'eux n'avait jamais vue ! Il souleva Chopper et le posa sur son avant-bras, le renne passa les pattes à son cou puis chouina lamentablement.
Zoro vacilla sur la gauche comme s'il n'avait pas d'équilibre, il inspira et fit un pas. Il joignit la place du médecin et s'affala.
- Depuis quand vous faites des réunions d'équipage sans moi... Marmonna Zoro en écartant un peu la tête. Lançant un regard à l'archéologue.
Il finit par enlever le chapeau sur la tête de Chopper et le posa sur la table.
- Excuses-toi, connard imbuvable ! Grinça Zoro en tournant Chopper dans la direction de Sanji.
- Il a critiqué ma cuisine! Siffla le blond en inspirant et en fusillant le tableau qui se dressait
devant lui.
Zoro frappa la table du poing.
- On s'en fout de ta cuisine de merde ! Rugit Zoro en devenant brutalement très rouge. Chopper ne mérite pas que tu lui gueule dessus ! C'est le seul ici qui est incapable de critiquer quelqu'un ! Grinça-t-il.
La voix du bretteur résonnait dans la pièce, et chacun lançait un regard au blond.
- J'suis certain que con comme t'es, t'as même pas écouté ce qu'il disait ! Maintenant excuses-toi !
Une aura sombre montait des épaules du bretteur qui continuait de fusiller le blond. Ce dernier sentit une tension particulière lui peser sur l'estomac. Il la connaissait très bien... La première fois qu'il avait tenté de passer un baume sur le dos du bretteur dans la salle d'eau.
Ou encore lorsqu'il c'était assis à côté de lui un peu trop brusquement. C'était insoutenable.
Puis l'aura disparu quasi instantanément, Zoro secoua la tête.
- Il a raison ! Excuses-toi Sanji ! C'est un ordre de ton capitaine ! Rajouta Luffy en le fusillant.
Le blond sentit quelque chose l'étouffer. Sa bouche s'ouvrit et resta un instant vide de tout son. Lui ?! S'excuser ! Et puis quoi d'autre ?! Ce... Il cligna des paupières et referma la bouche. Chopper gardait la tête baissé.
- Cook-san... Lança d'une voix très douce et lente Robin.
Il la dévisagea.
- Cela ferait grandement plaisir à chacune d'entre nous, Nami et moi, si tu m'étais une bonne fois pour toute fin à ce moment éprouvant. Chopper est peiné... Un mot tendre d'un gentleman ne devrait pas être éprouvant pour le Don Juan que tu es.
Sanji déglutit.
- Hey bien si. Cracha-t-il en fronçant les sourcils et en fusillant la table.
- Je n'ai absolument pas l'intention de m'excuser de m'être fait traiter d'imbécile incompétent. Siffla-t-il.
Une main attrapa son col, il manqua s'étouffer et se retrouva le nez coller au visage du bretteur qui le fusillait. Ca faisait mal ! Mais pourquoi il le tenait comme ça ?! Merde ! Sanji attrapa la main, et tenta de reculer. Le cuisinier se sentait déstabiliser, il avait l'habitude d'exprimer sa rancune envers le bretteur. Mais voir que Chopper avait pris le parti de l'autre l'avait plus que tout vexé et blessé !
C'était stupide ! S'il pouvait, il briserait les jambes de Zoro.
- Ca va, ça va ! Je m'excuse connard à tête de salade ! Lâches-moi ! Tu sais bien que j'ai jamais eu l'intention de cuisiner qui que ce soit ! C'est juste que j'arrive pas à croire qu'il m'ait crier d'ssus pour un impotent de ton espèce ! Putain ! Merde ! Le monde tourne à l'envers à cause de toi ! Siffla-t-il en s'étouffant.
Il se dégagea en reculant et manqua tomber par terre.
- C'est vrai quoi ! Jura Sanji ! Chopper m'a traité de sans cœur parce que j'en ai rien à fiche que tu gamberge comme un concombre en bocal ! Ma patience à des limites ! Moi ! Sans cœur ! Avec tout ce que je fais tous les jours ! S'indigna le blond en devenant pivoine et agité sous le regard médusé du reste de l'équipage.
Nami se leva brutalement.
- Alors, si j'ai bien compris. Cette chose exaspère et révèle nos pires côté... Donc Sanji souffre d'un manque de reconnaissance pour tout ce qu'il fait. Fit avec incrédulité la rousse.
Zoro renifla.
- J'ai toujours su que tu ne faisais jamais rien sans rien.
Le cuisinier fut désarçonné lorsque le petit renne se dégagea de son appui et sauta par terre. Il se dirigea vers lui et s'arrêta sous son nez. Chopper leva la tête, et il se sentit vraiment stupide. Le petit nez bleu du renne remua en reniflant vaguement.
- Je m'excuse Chopper... J'aime pas qu'on critique ma cuisine, et...
- Je ne voulais pas critiquer ta cuisine... D'ailleurs, je n'ai jamais dit que ce n'était pas bon... Sanji. Ce plat ne pouvait pas convenir à un malade. C'est tout. Fit sur un petit ton tremblant le médecin.
- J'ai cru... Balbutia le blond.
- Connard imbu de ta personne ! Siffla Zoro en le coupant. Excuses-toi.
- J'me suis déjà excuser face d'algue pas fraiche ! Cingla le cuisinier.
- Nan, là tu fais juste chier ! Excuses-toi convenablement. Répéta d'un ton catégorique et surprenant Zoro.
Sanji baissa de nouveau la tête vers Chopper.
- Je... Le mot ne voulut pas sortir.
Puis il referma la bouche.
- Ah ! Ouais ! Lança-t-il en se tournant brutalement.
Tout à coup cela lui revint en mémoire. Il alla directement vers le frigo et ouvrit la porte, farfouillant un instant il en ressortit une immense coupole.
- Chopper ! Lança-t-il en allant vers la table.
Ils écarquillèrent les yeux de surprise. Le renne s'avança à sa suite, un peu perplexe. Ses yeux brillèrent soudainement.
- Installes-toi ! J'avais fait ça en pensant à toi.
Sanji servit directement chaque membre de l'équipage, puis il s'arrêta sur le médecin.
- Ca fait deux semaines que tu voulais donc finalement, j'me suis dit qu'une salade de fruit exotique ce serait une bonne idée. J'ai fait des brochettes, avec de la glace aux fruits de la passion. Il m'a fallu des heures pour finaliser le sorbet. Indiqua le blond, perdu dans les détails de sa préparation.
Chopper ouvrit la bouche de surprise.
- C'est vrai ?! C'est pour moi ? Je... En mon honneur... Tu... Le médecin n'en croyait pas ses yeux !
Sanji acquiesça.
- Ne me traite plus jamais de sans cœur pour ce connard ! Il pointa du doigt Zoro.
- T'es content j'espère ?! Et puis je m'excuse de t'avoir traité de boule de poile doté de parole, on en parle plus. D'accord ?! Reprit le blond d'un ton conciliant qu'il réservait généralement aux femmes de l'équipage.
- Tu as fait ce sorbet à la main ?! S'étonna Ussop.
- Sanji-kun fait un tas de truc pour tout le monde ! C'est vraiment une Suuuuuper surprise ! Lança Franky.
Robin soupira de soulagement.
- Et ben, tu vois quand tu veux tête de citron. Ajouta d'un ton sombre Zoro.
- Tu savais que Sanji avait fait quelque chose pour s'excuser ?! S'enquit surprit Ussop.
- Toute le monde le sait ! Lâcha Luffy en attrapant une belle brochette de fruit.
Leur capitaine retrouva pour le coup sa bonne humeur, et son sourire habituel. C'était comme si l'atmosphère pesante venait de s'alléger. Célia dévisagea chacun d'entre eux, puis son attention revint vers le bretteur. Celui-ci était bien plus fort qu'elle ne le supposait. Il avait repoussé la confusion et les tensions de chacun.
- Il est un peu comme Nami... Rajouta-t-il en se remplissant la bouche.
La rousse le dévisagea.
- Luffy ! Siffla la navigatrice.
- Quoi ? J'ai dit à personne que tu... Il se reçut un couvert dans le visage.
- La ferme !
Celia eut un petit sourire de surprise.
- Tu as une magnifique famille Zoro. Elle le salua d'un mouvement de la tête, mais constata que le regard du bretteur demeurait vide.
Celui-ci se leva. Alors il avait mis sous sa protection chacun d'entre eux, puisqu'elle ne ressentait plus leurs désarrois et leurs souffrances.
- Où tu-vas tête de cactus brûlé ?! Lança Sanji en l'interpellant.
- Loin de ta cuisine infecte ! Rétorqua le bretteur en grinçant des dents.
Sanji écarquilla les yeux.
- J'vais le tuer. Il s'arrêta dans son geste.
Celia venait de se lever.
- Je constate que je ne suis pas d'une grande utilité. Y-a-t-il quelque chose que je puisse faire pour me faire pardonner notre présence ? S'enquit-elle d'un ton narquois.
- Crève ! Lança Nami sans réfléchir.
La femme éclata de rire.
- Bretteur-san ne nous fera jamais du mal. Vous pouvez donc repartir en paix, nulle besoin de nous éprouver. Zoro nous a choisis, il est le seul juge. Informa Robin d'un ton froid.
Celia inclina la tête, signe qu'elle comprenait. Finalement, cette gamine n'était pas aussi stupide qu'elle l'avait cru. Elle aimait la façon dont la brune lui avait répondu.
- Sa nature ne nous pose aucun problème, c'est notre nakama, nous veillerons sur lui, comme lui veille sur nous. Rajouta l'archéologue.
Celia inclina de nouveau la tête.
- Et que ferez-vous le jour où il se liera ? Que feras-tu le jour où ton âme n'acceptera plus de boire à la coupe de la solitude ? Lança la femme vers le bretteur et le reste de l'équipage.
Zoro vacilla. Célia était arrogance, gorgée de confiance. Il ne resterait pas éternellement seul ! Un tic agita les lèvres comme dans un rictus sadique. Que fera donc ce marmot lorsque ses flammes engloutiront cette belle famille qu'il protégeait ?!
- Ce jour n'est pas prêt d'arriver ! Maintenant fichez le camp ! Repartez d'où vous venez ! Répondit la rousse avec une hargne difficile à dissimuler.
- Nous serons encore là pour lui. Affirma Robin.
Le sourire de la femme disparut pour laisser un masque de neutralité. Tss… Il ne restera personne, et Célia le savait. Zoro était-il en train de réfléchir à cette possibilité ?
- Ne commet pas l'erreur de ta mère, Zoro.
Elle passa devant lui. Xéana était son amie, Célia avait passé les trois premières années de son apprentissage en binôme avec elle.
- Aucune de ses femmes n'est digne de toi.
Un reniflement monta du bretteur, ce qui fit s'arrêter Celia.
- Il y a des années que j'ai déjà perdue celle qui m'était destiné. Mon cœur n'est plus à offrir. Vous êtes aveugle et sourd à tout ce qui n'est pas votre sang, Nia et toi.
Elle perdit sa froideur. Pour la première fois l'émotion perça vraiment sur son visage. La souffrance et la stupeur l'étranglèrent.
- Tu as déjà été lié ?! Cette jeune fille, n'est ce pas ?! Cette...
Il avait osé ! Kami-sama ! Il avait bu jusqu'à la lie la vie de celle qu'il voulait !
- Zoro… Sa voix était brisée.
Quelle tragédie.
- Vous arrivez des années trop tard... Et j'ai appris seul de mes erreurs. Souffla-t-il en passant la porte.
…
And that's all ?
Voilà donc un nouveau chapitre. Notre équipage passe des heures sombres, et notre bretteur est encore loin de la lumière. J'espère ne pas avoir été trop brouillon. Il est donc temps pour notre équipage de reprendre sa route et de laisser derrière lui ce morceau de la vie de Zoro.
Chapitre :
« - Tu as toujours été incapable de dire adieu. Trancha-t-il.
Elle devint pivoine.
- J'aimerais que tu sois le parrain de mes filles. Alors tu as intérêt à accomplir tout ce que tu veux et revenir au village vivant !
- Fiches le camp Nia. Grogna-t-il.
Un rictus passa sur le visage de la jeune fille.
- Et j'aurais plein d'enfant ! Même des garçons ! Et je ferais une bonne mère ! Un bon chef ! Une bonne femme !
Zoro devint pivoine. Elle éclata de rire.
- Avoue le... Ca t'énerve !
- Pas le moins du monde ! La réplique aurait pu faire mouche, s'il n'avait pas élevé la voix comme elle.
- Tu ne sais pas ce que tu rate ! Tant pis pour toi ! Cingla-t-elle.
- Va crever ! »
