Chapitre 11
Fantômes du passé III
Les jambes fourmillantes d'émotions, Sasuké observait la scène qui se déroulait sous ses yeux d'enfant.
« Nous avons la chance d'être venus au monde dans le clan Uchiwa. Nous devons être fiers de ce que nous sommes et tout faire pour être dignes de mériter ce nom. »
L'enfant, ému, se remémora intérieurement les éloges que lui répétait sans cesse son frère aîné sur leur famille, alors pourquoi un si soudain changement semblait s'être opéré en lui ? Sasuké ne comprenait pas ce qui était en train d'arriver à Itachi.
Le symbole des Uchiwa, trônant fièrement au mur de la maison de famille du capitaine de police voyait son bois de cèdre fendu en deux sous la violence de l'impact du Kunaï du jeune Ambu.
Un Itachi haletant faisait face à un homme d'une stature imposante, son père.
Le silence régnait en maître, seule la respiration du jeune homme allait et venait de façon inquiétante.
Le capitaine fit signe à ses hommes de se retirer et de le laisser seul régler ce « problème », ce qu'ils firent, un peu hésitant.
« Maintenant que nous sommes seuls, tu vas me demander pardon. »
La voix du paternel se fît alors dure et froide.
« Tu dois recevoir ta punition Itachi, tu as été trop loin cette fois ci. »
La large silhouette s'avança vers son fils, menaçante. Mais alors qu'il arrivait à sa portée, il s'aperçut avec stupeur qu'Itachi n'était plus là.
« Qu… »
La lame glaciale d'un katana vint alors se figer sur sa gorge avec douceur et force à la fois.
« Alors ? »
La voix du jeune Ambu était douce et presque rassurante en dépit de ses intentions.
« Quelle effet cela fait d'être de l'autre côté de la lame ? Hein ? Père… Et si c'était à ton tour d'être puni pour abus d'autorité sur ta propre chair et ton propre sang ? Hein ? Père… »
Le souffle d'Itachi souffla sur la nuque du capitaine de police, ses yeux se figèrent sur celle-ci et un léger sourire apparu sur ses commissures tandis que le sabre traçait sur sa gorge un filet de sang presque noir.
Les deux hommes restèrent ainsi quelques minutes, chacun méditant sur sa propre situation, quand soudain, surgissant de nulle part, Sasuké en larmes se jeta entre le menaçant et le menacé avec le désespoir que lui accordait l'innocence de son âge.
Les mains jointes et les yeux transformés en rivières salées l'enfant supplia que les hostilités prennent fins.
Itachi ferma alors les yeux et sortit de sa transe meurtrière, avec grand mal il retira la lame de la gorge de son père. Il fut terrorisé à l'idée que Sasuké l'ai vu dans cet état, son cœur cognait sur ses côtes et ses yeux s'embuèrent.
« Que va penser mon frère de moi à présent ? Lui aussi va me montrer du doigt ! » Pensa t'il, et sans tenir compte de ceux qui l'entouraient il saisit son visage entre ses mains crispées dans un élan de détresse incroyable.
Le sabre tomba lourdement sur le plancher luisant et Sasuké, qui passa des larmes à la colère, bouscula de toutes ses forces son frère aîné, qui lui, déséquilibré, chuta et se rattrapa genoux au sol.
« Pourquoi t'as fait ça Itachi ?! Pourquoi ? Pourquoi ? Tu veux tuer notre père ? Pourquoi t'as fait ça alors qu'il nous protège sans arrêt !! »
Les mots enfantins débitèrent à toute allure de la bouche de Sasuké et plus déçu qu'en colère il se remit à pleurer à genoux devant Itachi, qui lui, accusa les mots avec une apparente insensibilité, mais à l'intérieur, il avait mal, mal de s'avouer qu'à son tour, Sasuké s'était laissé charmer par leur père.
L'ignorance de l'enfant l'agaça.
« Il nous protège ? La bonne blague ! » Se dit' il à lui-même.
C'est alors qu'il tourna son visage vers celui de Sasuké et lui lança un regard furibond, son regard noir devint rouge sang et ce que vit une fraction de seconde le jeune enfant, le laissa bouche-bée, une pupille jamais encore vue auparavant dansa sur l'iris pourprée de son frère aîné. Une pupille qui semblait provenir d'un autre monde, plus haut et plus puissant que celui dans lequel vivaient tous les Uchiwa depuis des siècles maintenant.
Sasuké fût terrorisé de ce qu'il découvrit et profondément malheureux que son frère ai changé à ce point vis-à-vis de lui.
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Depuis qu'Itachi avait faillit attenter à la vie de son père, le jeune Ambu ne rentrait quasiment plus à son domicile, essayant tant bien que mal d'éviter tous contacts avec sa famille.
Il avait été trop loin, il le savait, mais il fallait bien qu'un jour les choses soient mises au clair entre son père et lui, cependant, il avait perdu le control de lui-même, et en cela, Itachi se sentait perdant face au capitaine de police.
Tandis qu'il semblait hanter les rues de Konoha comme un spectre, Itachi senti qu'on l'observait.
Il se retourna.
Rien, si ce n'est les habituels va et viens des habitants du village. Le restaurant où il avait déjà eu l'occasion de manger quelques Dangos au côté de Suishi exaltait une odeur suave de Sukiyaki Udon.
« Suishi… »
« Rien de tout cela ne serait arrivé si mon père avait été un peu plus humain…Pardonne moi…Suishi… »
Soudain Itachi sentit son corps se figer, tandis que les enfants criants s'adonnaient à des jeux bruyant et que les commerçant tentaient d'appâter le client tout autour de lui, il sentit une profonde terreur l'envahir, à tel point que sa tête se fît lourde et ses membres fourmillant. Une question lui vînt à l'esprit, foudroyante et brutale, elle s'imposa à son cœur :
« Qu'est ce qu'être humain ? »
Comme aucune réponse ne lui vînt à l'esprit, tout ce que vit le jeune Ambu était les poings de son père s'abattant sur sa tête, le Katana dégoutant son propre sang encore et encore…
Itachi secoua la tête pour faire fuir cette vision puis s'attela à nouveau à chercher une réponse à cette question, mais à nouveau, les seuls réponses, qui, comme des flashs se jetèrent dans ses pensées furent les longues séances de tortures corporelles et mentales que lui affligeait son père.
Terrorisé de ne pas pouvoir répondre à une question aussi banale et aussi profondément humaine Itachi se maudit lui-même.
« Pourquoi ?! Pourquoi t'es toujours dans ma tête ! Pourquoi tu m'empêches de vivre ! De vivre dans la lumière ! »
Itachi, qui sans s'en apercevoir serrait sa tête entre ses mains avait hurlait soudainement ces quelques mots, devant les yeux ébahis des passants, comme un fou.
« Je deviens fou ! Je deviens complètement fou !! »
Honteux, il disparut en courant dans les bois environnants pour cacher au monde entier ses larmes de désespoir.
Il repensa à sa mère et la voyait accuser les coups de son bourreau elle aussi, il voyait son visage se tordre de terreur sous la verge et le poing de « l'homme ». Son corps frêle de femme, sans défense, meurtri dans sa chair de mère. Il ressenti aussi la douleur de ses propres blessures, celles de son corps ô combien multiples et celles de son cœur dont la souffrance si longtemps accusée l'avait transformé en bouillie sanguine douloureuse.
Puis, le sortant de ses méditations de souffrances, il sentit une fois encore cette sensation d'être épié frapper dans sa nuque. Il se redressa et tenta bien éclaircir cette énigme, car, à présent qu'il s'était isolé dans la nature, il sentait bien que quelqu'un le suivait et espionnait ses moindres faits et gestes.
Avec la vitesse de l'éclair et défiant toutes les lois de la gravité, Itachi se retrouva à pieds joints sur une cime, puis sur une autre et encore une autre, il se dit qu'à cette vitesse, s'il ressentait encore cette présence dans son dos, s'était que ses doutes étaient bel et bien fondés et alors il pourrait localiser d'où provient cette sensation déroutante d'être observé sans permission.
Là ! Dans sa nuque, encore cette œil invisible qui le rattrapait, « il » était derrière lui, sur ses talons, Itachi dessina de ses bras et de ses jambes un magnifique et puissant cercle dans les airs pour faire volte face, puis sur place, il se rattrapa avec une étonnante facilité sur une cime et s'élança enfin, tel un félin, sur une ombre à l'apparente forme humaine, qui, surprise d'un tel réflexe chez un être aussi jeune, disparu dans les profondeurs sombres de la foret.
Itachi, fou de rage, était persuadé qu'il s'agissait là d'hommes envoyés par son père pour lui faire des comptes rendu sur ses faits et gestes.
A travers bois, les branches acérées fouettaient le visage du jeune homme, qui, lui, atteignait en vitesse des allures inhumaines.
Itachi gagnait du terrain sur ce qui était il y a environ cinq minutes son poursuivant et à sa grande surprise il s'aperçut qu'il ne s'agissait pas là d'un homme rattaché au corps de police mais à une sorte de fantôme étrange vêtu d'un long manteau noir et rouge.
Perplexe, Itachi vit l'ombre disparaitre alors dans le sol.
Un bruit étrange de clochette persista à ses tympans.
Cliiiing…
Puis le silence et la solitude naturelle de la foret.
Itachi essoufflé, scruta les alentours.
Mais rien.
Personne.
Comme si il n'y avait jamais eu de poursuite, sauf dans son imaginaire, Itachi observa que le sol n'avait subit aucun dommage à l'endroit ou cet étrange spectre avait disparu.
Exténué par tant d'émotions, il voulu rebrousser chemin, avec la ferme intention de provoquer son père dans un duel à mort afin de mettre un terme à cette vie d'esclave.
Mais quelque chose attira son attention.
Une inscription était gravée dans l'écorce d'un vieux chêne.
Itachi s'en approcha, curieux et étonné.
Mais en lisant le contenu des inscriptions, Itachi sentit son corps se glacer d'effrois.
« De grès ou de force, Itachi Uchiwa nous rejoindra. »
C'est là ce qui était marqué.
