Bonjour tout le monde !
Je sais que vous ne l'attendiez plus mais voilà le dernier chapitre de Quand je me suis réveillé ce matin-là. Il est court mais il est comme je l'aime. Je n'ai pas l'intention d'aller plus loin, non parce que je n'ai plus d'inspiration mais parce que cette fanfiction devait finir comme ça. J'ai écrit ce chapitre il y a très longtemps et ne l'ai absolument pas changé.
Les personnages ne m'appartiennent pas.
Bonne lecture à tous !
Chapitre XI
J'ai mis du temps avant de me décider. Trois jours. Trois jours ce n'est peut-être rien dans une vie, mais dans la sienne... C'est l'Éternité. Dumbledore venait tous les jours pour me rapporter son état qu'il voyait empirer. Avec le mien. Mon sentiment de culpabilité m'envahissait de plus en plus et une seule personne pouvait y remédier. Vivre avec ne m'aurait pas dérangé. Il m'aurait rongé certes, mais il m'aurait aussi permis de me rappeler que j'ai accéléré la mort de l'homme qui comptait plus que n'importe qui d'autre pour moi.
Malgré ma volonté de me souvenir, je suis devant la porte d'une chambre d'hôpital, marquée au nom d'Harry Potter, parce que mon envie de le voir a été plus forte que mon envie de rester coupable. J'effleure doucement le bois de la porte et la poignée sans oser la tourner. Est-il endormi ou réveillé ? Va-t-il se réveiller ou rester dans son sommeil ? Un sourire, des larmes ou des regards noirs ? De l'ignorance ? De la haine ? Du dégout ? De l'amour ? Un rictus se dessine sur mes lèvres. Je n'espère rien de lui. Il espérait quelque chose de moi, quelque chose que je n'étais pas prêt à lui donner jusqu'à maintenant et je le lui ai refusé. Mais c'est trop tard. Presque.
J'inspire profondément et enclenche la poignée de la porte. Je crois que mon cœur n'a jamais battu aussi vite. J'ai l'impression qu'il peut me lâcher à chaque seconde. Je me rends compte que j'ai fermé les yeux et baissé la tête que lorsque je me redresse et croise son regard. Et quel regard ! Il est illisible tellement tout se confond. Je ne suis même pas sûr qu'il sache lui-même ce qu'il ressent. Mon cœur se sert et je n'ose pas approcher. En ai-je seulement le droit ? Moi qui l'aie trahi.
- Je ne pensais pas que je vous reverrais, Professeur Snape.
Mon corps décide seul. Je me sens avancer, comme si ce n'était pas moi qui dirige mes pieds.
- Vous n'étiez pas obligé de venir, vous savez ? Et vous n'êtes pas obligé de rester.
A présent je suis devant son lit. J'écoute vaguement ses paroles assassines. Je résiste à la tentation de passer mes doigts dans ses cheveux, de glisser dans son cou et de le serrer contre moi, le plus près possible de mon cœur.
- Je suis sûr que c'est Albus qui vous a dit de venir. Ça vous arrive de ne pas lui obéir de temps en temps ? Ne faites pas semblant de vous intéresser à ce qui se passe dans cette chambre. J'ai bien compris ce que vous vouliez me dire. J'ai fait une connerie en vous disant ce que je pense mais bientôt tout sera fini. Vous serez défait de ma présence. Tout sera très bientôt fi-
La fin de sa phrase se meurt sur moi. Son visage plaqué contre mon torse, j'essaie de le fondre en moi. Pour que tout ne soit pas finit. Peut-être suis-je en train de lui briser quelques os mais j'en fiche. Il est là, malade mais vivant et, pour l'instant, c'est tout ce qui compte. Mes doigts s'agrippent à ses cheveux et à la blouse de l'hôpital et s'il ne l'avait pas, mes ongles s'enfonceraient surement dans sa peau.
A cet instant précis, je ne pourrais pas le lâcher même si on m'en avait donné l'ordre et je ne le veux pas non plus. Je ne veux pas le lâcher ni maintenant ni plus tard. Je le sens trembler contre moi et je ne peux m'empêcher d'attendre sa réaction. L'espace d'une seconde, je suis persuadé qu'il va me rendre mon étreinte. Avant qu'il ne se mette à me frapper autant que ses faibles forces lui permettent. Il est secoué de sanglots et il continue de me battre. Il ne me fait pas mal. Comment le pourrait-il ? Mais son désespoir m'inflige plus de blessures que ses coups. Il me taillade le cœur un peu plus à chaque pleurs et je l'encourage à se libérer.
Il se calme peu à peu et son corps se détend brusquement. Un instant je suis paniqué qu'il soit mort dans mes bras mais je l'entends respirer doucement. Je caresse doucement ses cheveux et son dos, j'embrasse le haut de son crâne, je nous berce lentement... Tout pour me rassurer, pour me dire qu'il est là, contre moi. Aujourd'hui je suis égoïste et je m'en contre fous.
Je ne sais combien de temps nous restons ainsi mais ce temps compté m'est infiniment précieux.
- Je ne veux pas mourir, Severus... Je ne veux pas... Je ne veux pas... Et partir loin de toi... Je ne le supporte pas...
- Harry...
Que puis-je répondre à ça ? Rien. Il n'y a rien à dire. Parce que ce sont ces derniers jours, ces dernières heures. Et que je ne veux pas qu'il meure non plus. Quand on était encore quelques mois auparavant, c'était une idée abstraite et je m'y étais fait. Je le savais mais maintenant, si proche de la fin, je ne peux plus m'y résoudre. Je ne peux rien y faire mais ce n'est pas pour autant que je l'accepte. Et il faut que je lui dise. Ce sera peut-être plus dur pour lui mais je dois lui dire. Que je l'aime et que je ne veux pas qu'il parte.
Je m'installe sur le lit et le met en travers de mes jambes. Je calle sa tête dans mon cou et pose mes lèvres près de son oreille. Je dois le faire. Je dois le faire mais c'est si dur.
- Harry...
Un petit murmure et il se remet à trembler. N'aie pas peur... Je ne te quitterais plus.
- Je t'aime.
Après mes mots, il vécut encore un mois. Je pense qu'ils lui donnèrent une raison de se battre et de rester un peu plus longtemps. Je ne quittai quasiment jamais Sainte-Mangouste. Les tempêtes de magie se faisaient de plus en plus fréquentes à mesure que son corps se battait pour rester en vie. Nous crûmes même que son état s'améliorait parce que ces fois-ci, ses pertes de contrôle ne l'affaiblissaient pas. Il était fatigué mais il gagnait quelques couleurs et un peu d'appêtit.
Nous nous étions donc décidés pour une petite promenade dans les jardins intérieurs de Sainte Mangouste quand il me dit être fatigué. Nous nous assîmes, lui dans mes bras. Il ne se lâssait pas de me dire qu'il m'aimait et je lui répondais quelques fois lorsqu'il s'assoupissait. Du moins le croyais-je jusqu'à ce que je voulu le réveiller.
Je restai ainsi un long moment, assis sur un banc, Harry dans mes bras. Le reste m'apparait encore flou et je me souviens que Dumbledore apparut mais c'est tout.
Bien évidemment, nous étions à Sainte-Mangouste, un hôpital plein d'infirmières et de Médicomages relayant plus vite les informations que les fantômes de Poudlard. Bientôt la nouvelle que Harry Potter était mort avait circulé et dépassé les frontières de l'hôpital. Le jour de l'enterrement, des milliers de sorciers étaient devant les grilles de Poudlard, attendant en vain qu'elles ne s'ouvrent pour les laisser passer.
Autour de sa tombe, les amis proches se serraient les uns contre les autres alors que je m'étais agenouillé près de sa tête et que ma main caressait doucement sa joue pâle et glacée. Une fois que tout le monde se fut éloigné, je restai quelques instants seul avec lui, lui répétant combien je l'avais aimé et l'aimerais sans doute toujours, qu'il devait m'attendre parce que je m'efforcerais de vivre le mieux que je pouvais pour nous deux. Puis je posai un dernier baiser sur ses lèvres et m'en retournai dans mes cachots, m'enfermai quelques temps pour avoir le courage de faire face de nouveau au reste du monde et aux nouveaux élèves qui allaient bientôt intégrés Poudlard.
Cela avait été plus difficile que je ne l'avais prévu. Après tout, je n'avais jamais autant aimé, et perdre Harry m'avait laissé faible et sans volonté plus que jamais auparavant. D'ailleurs, tout est encore difficile mais je me bats et supporte les regards de compassion qui s'attardent encore sur moi, bien des années après. Oui, plus de vingt ans encore après sa mort, son absence se voit toujours sur mon visage et dans mon comportement. Je ne pense pas en guérir. Et malgré ma promesse de vivre pour deux, je sais que, bientôt, on me laissera le choix entre me transformer en fantôme ou continuer pour le retrouver. Je ne sais pas si je l'ai mérité mais tout devient plus pénible à supporter.
Quand je me réveille ce matin-là et que je me regarde dans le miroir au-dessus de mon lavabo, je me dis que, oui définitivement, Severus Snape, cruel et tyrannique est mort depuis bien longtemps.
