Voici donc un nouveau chapitre de cette fic merci pour vos reviews ça nous encourage à poursuivre donc n'hésitez pas ! Par contre chaque chapitre a été coupé en deux car on nous à reproché la longueur et que ça décourageait certain(es) donc voila on exauce, désolées pour celles qui prèfères plus longs, on peut pas satisfaire tout le monde

Chapitre 10 :

4 Jours 20 heures et 50 secondes avant retour vers le futur.

Lentement, elle inséra sa clé dans la serrure et déverrouilla la porte du loft, veillant à faire le moins de bruit possible. La veille, elle avait prévenu son père qu'elle rentrerait tard, prétextant une soirée entre filles avec ses amies qu'elle ne voyait plus autant qu'avant. Ça n'avait pas été un mensonge à proprement parlé, puisqu'elle les avait effectivement rejointes en début de soirée, mais elles s'étaient rapidement séparées, et elle avait passé le reste de la nuit à la bibliothèque. Tout ça parce qu'elle ne voulait pas se retrouver dans la même pièce que le lieutenant Beckett. Pas avant d'avoir réfléchi à ce que Joan lui avait appris. Elle avait encore du mal à réaliser que ce garçon venu d'un autre temps soit son frère, et encore plus que sa mère soit cette femme qui pour le moment faisait tant souffrir son père. Mais elle savait que Joan ne mentait pas, et cela l'obligeait à revoir sa position. Elle adorait Kate, elle était assez mature pour le reconnaître, mais elle lui en voulait tellement d'agir ainsi.

D'autant qu'elle ne comprenait pas un tel comportement alors qu'il était évident qu'elle aimait aussi son père. Les piques qu'elle lui avait lancées ne l'aurait pas autant atteinte si cela n'avait pas été le cas. Alors elle s'était isolée, fuyant les lieux du crime afin de ne pas se laisser à nouveau envahir par sa frustration et sa rancœur. D'autant qu'en agissant comme elle le faisait, son père et Joan souffraient également. Le calme de la bibliothèque lui avait permis de faire le point, et elle en était arrivée à la conclusion que Joan avait raison. Elles devaient discuter, et la jeune fille avait conscience que c'était à elle de provoquer la confrontation. Non pas que le lieutenant Beckett était du genre à fuir, mais après la façon dont elle s'était conduite, elle devait s'imaginer qu'elle ne voulait rien avoir à faire avec elle. C'est donc résolument qu'elle avait quitté son refuge pour rejoindre le loft, ne prenant conscience de l'heure tardive qu'une fois dans la rue faiblement éclairée par les réverbères.

Peu rassurée d'être dehors à une heure pareille, elle s'était empressée de monter dans un taxi qui la conduisit rapidement chez elle. Dans le hall de l'immeuble, le gardien l'avait saluée, quelque peu surpris de la voir rentrer à une heure pareille, mais se dispensant de tout commentaire. Dans l'ascenseur, elle avait senti une boule se former dans son estomac, et ses mains s'étaient mises à trembler. Cette réaction épidermique était d'autant plus ridicule qu'elle avait conscience que tout le monde devait déjà être au lit. Mais l'idée de la discussion animée qui se profilait l'angoissait terriblement. Parce qu'elle avait pris conscience que rien n'obligeait le lieutenant Beckett à l'écouter et à lui pardonner ses agissements. Que ferait-elle si après qu'elles se soient expliquées, la jeune femme refusait ses excuses ? Que se passerait-il si elle l'avait définitivement perdue ? Elle réalisait qu'elle avait eu un comportement d'enfant gâtée et que même si sa colère était justifiée, ses actes eux ne l'avaient pas été.

Déglutissant avec difficulté, elle referma la porte derrière elle, et sourit en découvrant son père profondément endormi sur le sofa, un léger sourire sur les lèvres. Instinctivement, ses yeux se posèrent sur la porte de la chambre, et avant d'en prendre conscience, elle fit quelques pas dans cette direction. Mais elle s'immobilisa soudain, sachant qu'elle ne pouvait pas aller réveiller le lieutenant Beckett au beau milieu de la nuit simplement parce qu'elle avait besoin de lui parler. D'autant que la jeune détective dormait armée si elle en croyait les menaces qu'elle ne cessait d'adresser à son père, et elle n'avait définitivement pas envie de se retrouver avec le canon froid de son glock coller sur le front. Faisant demi-tour, Alexis s'empressa de regagner sa chambre mais alors qu'elle passait devant la chambre de Joan, elle fut surprise d'en voir la porte entrouverte. La nuit dernière, l'adolescent s'était barricadé dans sa chambre, et elle trouvait étrange qu'il n'ait pas renouvelé le processus cette nuit.

Inquiète qu'il lui soit arrivé quelque chose, elle poussa doucement le battant afin de faire le moins de bruit possible, et se figea devant le spectacle qui s'offrait à elle. Incrédule, ses yeux se posèrent tour à tour sur les draps roulés en boule au pied du lit, sur le gant abandonné à même la moquette près d'un T-Shirt froissé, sur les médicaments et le verre d'eau posés sur la table de nuit, et enfin sur les occupants du lit. La respiration de Joan était quelque peu hachée, et il frissonnait légèrement, signe qu'il avait de la fièvre. Mais ce qui la surprenait le plus, c'était la présence du lieutenant Beckett. Celle-ci dormait paisiblement près de Joan, un bras sous l'oreiller et le second près de la tête de l'adolescent dont le visage était tourné vers elle. Comme si elle était consciente d'être observée, elle s'agita et s'écarta de Joan qui à son tour remua, se rapprochant d'elle en ronchonnant. Et sous les yeux écarquillés d'Alexis, la main de la jeune femme avança vers Joan et se mit à lui caresser les cheveux.

Pensant que Joan avait dû la réveillée, Alexis s'apprêta à justifier sa présence dans la pièce, mais force fut de constater que la policière dormait toujours. Elle avait agi instinctivement, et en souriant Alexis songea que c'était probablement ce que l'on appelait l'instinct maternel. Attendrie par la scène, elle ne résista pas à l'envie de prendre une photo de ce moment touchant. Elle immortalisa l'instant au moment où Joan soupira de contentement et s'approcha un peu plus de sa mère, comme attiré par un aimant, venant niché sa tête dans le cou de Kate qui l'enlaça machinalement. La scène aurait pu porter à confusion, mais une telle tendresse, une telle complicité se dégageait de ces deux-là que le lien qui les unissait ne faisait aucun doute. Une mère et son enfant tendrement enlacés dans les bras de l'autre, l'amour entre une mère et son fils. De peur de troubler leur sommeil, elle quitta la chambre, prenant soin de fermer la porte derrière elle, sans faire aucun bruit.

Nul doute que le lieutenant Beckett préfèrerait que ce « moment de faiblesse » ne soit pas connu des autres membres de sa famille, son père en particulier. Mais après avoir été le témoin involontaire de cet instant privilégié, Alexis était plus que jamais déterminée à mettre les choses à plat avec le lieutenant Beckett et à retrouver cette relation privilégiée qui s'était tissée entre elles au fil du temps et qui lui manquait si cruellement. Et l'espace de quelques secondes, elle envia son frère qui profitait de la tendresse de la jeune femme, même s'il n'en était pas réellement conscient. Elle n'avait pas vraiment eu droit à la tendresse d'une mère, du moins une qui la veille lorsqu'elle était malade, une qui l'accueil dans son lit lorsqu'elle faisait des cauchemars, non, elle n'avait pas eu cela mais son père avait fait office de mère même si cela n'était pas pareil mais au final pour Joan, c'était fantastique que même à son âge sa mère veille sur lui quoi qu'elle en dise.

Lorsque Kate était entrée dans leur vie, et qu'elle en était peu à peu devenu un des piliers, elle avait découvert ce que cela faisait d'avoir quelqu'un en dehors de son père pour s'inquiéter pour elle. Bien sûr, il y avait sa mère. Une mère pour qui sa carrière était plus importante que sa propre fille et qui composait à coup de journée shopping. Puis il y avait eu Gina, mais elle aussi ne savait pas vraiment quoi faire d'elle, et n'avait cherché à se rapprocher de l'enfant qu'elle avait été uniquement pour plaire à son père. Mais Kate n'était pas comme ça. En fait, son père n'était pas au courant de ces moments qu'elles avaient passés ensemble, apprenant à se connaître, et au cours desquels Alexis s'était confiée et avait trouvé une oreille attentive pour recueillir ses problèmes d'adolescentes. Oui, Kate était devenue la référence féminine de sa vie, et elle ne voulait pas que cela change. Kate n'était pas sa mère, mais c'était mieux comme ça. Elle était son amie, et elle voulait qu'elle le redevienne, elle voulait à nouveau pouvoir discuter à cœur ouvert avec elle.

Kate n'avait pas su gérer sa relation avec son père, mais ce n'était pas une raison pour s'éloigner d'elle. Elle avait été stupide de prendre parti, d'autant qu'elle savait que son père ne lui aurait pas reproché son affection pour sa partenaire. Au contraire. Kate était la seule femme qu'il n'ait jamais laissée faire partie de sa vie, et rien que ce point aurait dû lui ouvrir les yeux. Alors c'était à elle de réparer leur relation, de faire le premier pas vers la voie de la guérison. Ce ne serait pas facile, mais elle le ferait, autant pour elle que pour Kate. Elles en avaient toutes deux besoin. En soupirant, elle gagna enfin sa chambre et c'est le cœur empli d'espoir qu'elle s'endormit, priant pour que la journée de demain chasse définitivement les nuages qui obscurcissaient depuis bien trop longtemps le ciel de sa paisible existence. C'est sur cette pensée pleine d'espoir qu'elle laissa le sommeil l'entraîner dans une inconscience bienheureuse.

Ce fut donc dans un calme absolu et serein que le soleil pénétra subrepticement dans ce loft new-yorkais. Ses pâles rayons s'étendaient paresseusement sur le sol, comme s'il hésitait à déranger les occupants des lieux. Une valse ensoleillée débuta alors, et après quelques tourbillons, une chaude caresse réveilla doucement Kate qui s'étira dans son lit avant de sursauter en sentant une présence à ses côtés. Fronçant les sourcils, elle tourna la tête pour découvrir Joan, une expression enfantine sur le visage, et un soupir de soulagement lui échappa. L'espace d'un instant, elle avait cru qu'elle avait passé la nuit avec Castle et qu'elle n'en avait gardé aucun souvenir. S'asseyant prudemment afin de ne pas réveiller l'adolescent, elle se passa une main sur le visage avant de repousser ses cheveux en arrière et l'étudia attentivement. Ses joues avaient repris des couleurs, et sa fièvre semblait avoir disparue pendant la nuit.

Rassurée, elle quitta le lit, peu désireuse de devoir expliquer la raison de sa présence ici. Mais avant de sortir de la chambre, elle fit disparaître toutes traces de son passage. Elle n'avait pas honte de ce qu'elle avait fait, mais elle n'avait aucune envie d'essuyer les blagues douteuses de son partenaire. Elle ne savait que trop bien où cela les mènerait. Il la taquinerait, la poussant à bout, elle s'énerverait, et cela se terminerait par une dispute. Et elle ne voulait pas de ça. Elle en avait assez de voir sa vie tourner en rond sans jamais mener nulle part. Il était temps de mettre un terme à cette danse répétitive et lassante et d'en commencer une nouvelle au tempo plus emporté et fun. Et quel meilleur partenaire pour cela que son exaspérant écrivain ? En souriant, elle rejoignit le salon et se figea une nouvelle fois devant le spectacle envoûtant que lui offrait l'homme qui avait su apprivoiser son cœur avec la dextérité d'un dompteur.

Il connaissait ses peurs les plus profondes, ses blessures les plus secrètes, cette part d'ombre qu'elle ne dévoilait jamais, mais aussi sa part de vulnérabilité, et malgré cela il restait à ses côtés. Il était le partenaire qui lui manquait, celui qui avait rendu son équilibre à son existence, et elle commençait tout doucement à l'accepter. Elle se savait dépendante de lui, de cette relation spéciale et unique qui s'était tissée entre eux, et elle avait horreur de ça, et pourtant elle adorait ça. Parce qu'elle savait qu'avec Castle, ce n'était pas que du vent, qu'il ne lui promettait pas de répondre présent chaque fois qu'elle aurait besoin de lui dans le seul but de la mettre dans son lit. Elle était assez lucide pour savoir que si ça n'avait été que ça, il aurait tiré sa révérence depuis longtemps. Non, il attendait bien plus de leur relation, et cela la rendait heureuse, parce qu'elle éprouvait pour lui des sentiments si profonds qu'ils la terrifiaient, mais en même temps la rendait plus forte.

Cette ambivalence des sentiments la perturbait un peu, mais elle en avait assez de lutter contre l'évidence. Et alors qu'elle l'observait, souriant de le voir si détendu, la même expression enfantine que Joan sur le visage, elle sut que son combat arrivait à son terme. Avec un sourire, ragaillardie par cette pensée, elle gagna la cuisine. En chantonnant doucement, ce qui la fit rire, se moquant d'elle-même, elle s'attela à la préparation du petit-déjeuner. Bien vite, une délicieuse odeur de bacon, d'œufs brouillés et de café envahit le loft, réveillant ses habitants plus efficacement que les rayons du soleil. En entendant des pas au-dessus de sa tête, elle cessa instantanément de chanter, reprenant une apparence un peu plus sérieuse.

« Vous chantez comme un rossignole lieutenant, vous devriez le faire plus souvent ! » entendit-elle alors la voix de baryton de son écrivain retentir quelque part sur sa gauche.

« La ferme Castle ! » le salua-t-elle, mécontente d'avoir été prise sur le fait.

« Bonjour à vous aussi rayon de soleil ! » la taquina-t-il en se levant.

Du coin de l'œil, elle l'observa s'étirer, tous ses muscles roulant sous sa peau ferme et bronzée. Fascinée, elle se passa une langue gourmande sur les lèvres, sentant un appétit vorace s'emparer d'elle qui n'avait rien à voir avec les aliments qu'elle préparait.

« Arrêtez de baver sur mon corps d'apollon Kate, ça devient gênant » s'exclama-t-il gaiement en venant s'asseoir sur un tabouret.

« Je vous en prie Castle, vous êtes loin d'avoir un corps de dieu grec » se moqua-t-elle en roulant des yeux.

« Peut-être bien, mais mon corps vous fait envie lieutenant » insista-t-il en la défiant du regard, posant sa tête dans ses mains, un sourire coquin sur les lèvres.

« Vous avez raison Castle, je meurs d'envie de vous sauter dessus pour ravager votre corps ! » le provoqua-t-elle en se penchant vers lui jusqu'à ce que leurs nez se frôlent.

« Vraiment ? » déglutit-il difficilement en plongeant son regard dans celui hypnotisant de sa partenaire.

« Non ! » le remit-elle à sa place avant de s'éloigner.

De peur qu'il ne voit dans son regard qu'elle venait de proférer un beau mensonge, elle se détourna et machinalement tourna le bouton du gaz tout en réfléchissant à ce qui venait de se passer. Encore une fois elle venait de laisser passer une occasion en or de faire avancer les choses. Mais prise dans leur petite joute si bien rodée, elle n'avait pas résisté au plaisir de le renvoyer dans ses cordes. C'était stupide alors qu'elle avait décidé d'avancer, mais c'était plus fort qu'elle. Elle allait vraiment devoir se surveiller, parce qu'à ce rythme-là, ils en seraient encore à se tourner autour comme deux indécis. Un marmonnement la ramena sur terre, et elle approcha l'allumette du feu, oubliant qu'elle avait trop tardée. Et la sentence fut sans appel, dans une petite explosion, le gaz libéré s'embrasa et une immense flamme s'éleva, obligeant Kate à faire un bond prodigieux pour éviter les feux de l'Enfer qui venait soudainement d'investir la cuisine.

« Dites donc lieutenant, ce n'est pas parce que votre précédent appartement est parti en flammes qu'il faut faire brûler celui des autres ! » entendit-elle Castle remarquer tout près de son oreille avec un mélange de taquinerie et d'inquiétude.

« La ferme Castle, et si vous voulez tout savoir, je faisais une petite expérimentation » grogna-t-elle, soulagée de ne pas avoir été touchée par la flamme.

« Oh vraiment ? » s'amusa-t-il sans tenir compte du regard noir qu'elle dardait sur lui.

« Absolument. Je voulais savoir combien de temps il me faudrait pour immoler un certain écrivain par le feu » expliqua-t-elle avec une froide assurance.

Déglutissant difficilement, Castle jugea plus prudent de ne plus rien répliquer, de peur qu'elle ne mette cette nouvelle menace à exécution. Kate de son côté afficha son plus beau sourire sadique en avisant la mine défaite de son partenaire. C'était si facile de lui faire perdre toute sa superbe que c'était un petit jeu dont elle ne se lasserait jamais. Castle surprit son sourire et se détendit légèrement, conscient qu'une fois encore il était tombé tête la première dans son piège, et il secoua la tête alors qu'elle arborait cette expression qu'il connaissait bien. Celle qui signifiait « alors qui rigole à présent ? », le tout agrémenté d'un sourcil arqué de façon impertinente. Il adorait lorsqu'elle était comme ça, insouciante et provocante, même s'il préférait lorsqu'il n'était pas le dindon de la farce. Enfin que ne supporterait-il pas pour la voir aussi détendue et souriante qu'en cet instant ?

« Hilarant lieutenant vraiment. Vous auriez dû devenir comique plutôt que flic, vous auriez fait un tabac ! » Marmonna-t-il en arborant une mine faussement outrée.

« Vous n'y pensez pas Castle ! Si je n'étais pas flic, nos chemins ne se seraient jamais croisés ! » Rétorqua-t-elle avec un sourire tendrement mutin avant de retourner à ses fourneaux.

« Quand je vous dit que c'est le Destin qui nous a réuni ! » s'enthousiasma Castle en la couvant d'un tendre regard.

« Le Destin, la chance, appelez ça comme vous voulez Castle » lui sourit-elle en remplissant l'assiette qu'il avait devant lui au moment où des pas se faisaient entendre dans l'escalier.

« Ça va papa ? » s'enquit Alexis en venant embrasser son père qui semblait figer sur place, une expression de joyeuse incrédulité plaquée sur le visage.

« Hum ? » marmonna-t-il en posant un regard absent sur sa fille avant de se reprendre en entendant le rire étouffé de Kate « Je vais bien Pumpkin et toi ? Tu as passé une bonne soirée avec tes amies ? » Voulut-il savoir en rendant enfin son étreinte à la jeune fille.

« C'était agréable de les revoir, mais je me rends compte que nous n'avons plus les même attentes. Elles ne pensent qu'à faire la fête ! » Soupira Alexis en une grimace éloquente.

« Je reconnais bien là ma petite fille ! » sourit Castle avant d'ajouter « Mais tu devrais faire comme elle et t'amuser aussi, profites-en tant que tu es jeune ! »

« Laissez la tranquille Castle, et puis si elle fait comme vous, elle continueras à faire la fête dans vingt ans ! » se moqua Kate en lançant un regard moqueur à son partenaire.

« Vous êtes jalouse parce que je sais m'amuser moi, pas comme certaines personnes de ma connaissance » répliqua-t-il en prenant un petit air supérieur qui donna envie à Kate de lui tordre le cou mais en même temps de l'embrasser.

« Vous n'avez aucune idée d'à quel point je sais m'amuser Castle ! » rétorqua-t-elle en se mordillant sensuellement la lèvre.

« Mais je ne demande qu'à voir lieutenant ! » assura-t-il en plantant son regard dans le sien.

Alors qu'une discussion silencieuse s'engageait entre eux, Alexis avait assisté à l'échange en silence, et elle sourit en voyant le lieutenant Beckett répondre aux avances de son père. Evidemment, ils se parlaient par l'intermédiaire de sous-entendus, mais il était évident qu'ils flirtaient. Et pour une fois, la jeune flic ne s'était pas dérobée. Déjà lorsqu'elle était descendue, elle avait eu l'impression d'interrompre quelque chose, mais finalement sa présence ne les perturbait pas plus que ça. Mais s'ils continuaient comme ça, ils allaient finir par se sauter dessus au milieu de la cuisine, et ce serait embarrassant pour tout le monde, elle la première.

« Ca sent drôlement bon, qu'est-ce qu'on mange ? » s'exclama-t-elle donc pour attirer l'attention des deux adultes sur elle.

Au son de sa voix, Kate détourna vivement le regard, et pour cacher sa gêne, s'empressa de reporter son attention sur ses poêles. Castle quant à lui leva les yeux au ciel en maudissant le sort qui s'acharnait contre lui. Il adorait sa mère et sa fille, mais par moment elles avaient vraiment le chic pour se manifester au plus mauvais moment.

« Kate a préparé des œufs brouillés et du bacon » répondit-il à sa fille avec un petit sourire crispé.

« C'est maman qui a préparé le petit déjeuner ? » s'enthousiasma Joan en venant les rejoindre.

« Oui, et si c'est aussi bon que ça en a l'air, on va se régaler » approuva Alexis qui accueillit avec un grand sourire l'assiette que Kate venait de déposer devant elle.

En riant, Joan embrassa tour à tour son père et sa sœur, puis faisant le tour du comptoir, vint serrer Kate dans ses bras. D'abord surprise, Elle hésita quelques instants, puis lui retourna son étreinte dans un mouvement maladroit qui tira un sourire attendri à son partenaire qui observait l'échange avec attention.

« Bonjour maman » sourit Joan en lui déposant un baiser sur la joue avant de venir s'asseoir près d'Alexis.

« Euh… bonjour… » Souffla-t-elle en roulant des yeux, renonçant à lui rappeler qu'il ne devait pas l'appeler maman, avant de s'enquérir « tu as faim ? »

« Pas vraiment. Je vais me contenter d'un café » déclara l'adolescent en tendant la main vers la cafetière.

« Sûrement pas jeune homme. Tu as été malade toute la nuit, tu as besoin de prendre des forces » rétorqua-t-elle en lui servant d'autorité une assiette bien garnie.

« Mais je n'ai pas faim ! » protesta Joan en lançant un regard implorant à son père.

« Désolé fils, mais il faut savoir choisir ses batailles, et celle-ci est perdue d'avance ! » déclara l'écrivain en attrapant sa fourchette sous le regard implacable de sa partenaire.

« Mangez tous les deux ! » les rappela-t-elle à l'ordre en croissant les bras, se campant fermement sur ses pieds, une louche à la main.

« Oui m'dame » répondirent-ils en cœur avant de vider leurs assiettes.

Satisfaite, Kate se servit à son tour et vint s'installer près de son partenaire qui ne pouvait s'empêcher de lui adresser de petits sourires narquois et triomphants.

« La ferme Castle ! » maugréa-t-elle en dissimulant son propre sourire derrière le rideau de ses cheveux.

Le reste du petit-déjeuner se passa dans un silence paisible, et lorsque les assiettes furent vides, Kate se leva pour débarrasser, mais Castle posa une main sur son bras, la stoppant dans son élan.

« Laissez, je m'en charge. Allez prendre votre douche, si vous voulez » déclara-t-il en lui retirant son assiette des mains.

« Merci Castle » lui sourit-elle, consciente qu'en cet instant ils avaient tout de la famille modèle.

« Je vous y accompagnerais bien, mais je tiens à la vie alors je vais me contenter de faire marcher mon imagination » souffla-t-il en se penchant pour lui murmurer cette provocation à l'oreille.

« Dommage Rick, je n'aurais pas été contre un peu de compagnie » répliqua-t-elle dans un murmure en laissant ses lèvres caresser le lobe de son oreille.

« Gosh… » Lâcha Rick en l'observant avec de grands yeux écarquillés.

Que venait-elle de sous-entendre à l'instant ? Qu'elle ne serait pas contre une douche crapuleuse avec lui ? La fièvre de Joan avait dû le contaminer et à présent il avait des hallucinations auditives. Dans tous les cas, le regard mutin et la démarche féline de sa partenaire alors qu'elle se dirigeait vers sa chambre, faisait monter sa température et la fièvre qui s'emparait du corps de l'écrivain n'avait rien à voir avec un quelconque virus.