Demenciae : Merci, je suis content de voir que la fic te plaît toujours autant. ;)

Voldemort xxx : Bienvenue parmi mes lecteurs alors. Lol Tes compliments me touchent vraiment et j'espère que la suite te plaira autant que le début. Ayant pris un sujet à la base assez utilisé, je ne m'attendais pas forcément à un très bon accueil mais je suis content si certains l'apprécient tout de même.

Bachelor49 : Tout n'est pas encore fait concernant Remus mais oui, y a bon espoir. ;) Le prochain est ci-dessous. :p

Firerblade : Bonne question, mais je ne sais pas encore jusqu'à quel point il va devenir sombre. Pour Corvinus, oui j'ai repris le nom d'Underworld, je le trouvais approprié. ;)

Grispoils : J'ai préféré montrer une Ginny compréhensive. Après tout, elle s'est pas plainte qu'il ait tue le basilique et le fantôme de Jedusor. :p

Shanessia : Je te remercie pour tes reviews, je vais essayer de répondre au fur et à mesure. Tout d'abord, Sirius est le parrain à la fois de William et d'Harry. Pour les frères ennemis, ça reste à voir mais tu comprendras vite que leurs personnalités sont très différentes. En ce qui concerne la réaction de James, je l'explique dans le début du chapitre qui suit. ;) Pour l'escalator, ce serait peut-etre un peu plus approprié mais ce ne sont pas vraiment les marches qui bougent, c'est l'intégralité de l'escalier donc je sais pas… lol Pour Severus, tu as déjà dû remarquer qu'il avait plutôt un bon rôle dans ma fic, je me suis toujours dit que c'était un perso qui pourrait faire de grandes choses. ;) Pour Remus, c'est un peu la même chose, il a un bon potentiel et dans des circonstances différentes, je me dis qu'il aurait pu faire une bonne figure paternelle pour Harry. La suite ci-dessous.

Hedwige31 : Merci pour l'appréciation. ;) Pour le suivant, à toi de me le dire. :D

Tylia-sama : En effet, l'association de Severus et d'Harry est une véritable bombe à retardement mais comme tu t'en doutes peut-être, j'attends le moment adéquat pour la faire exploser à son potentiel maximum de déflagration. mdr

Titmo : lol et oui, ça avance à bon train pour ces deux-là. Je suis persuadé que le dénouement de ce point précis devrait te ravir. ;)

Gulian : Content que tu n'aies pas été déçu. ;) Pour Harry, je dirais que tu n'as pas tort mais c'est aussi une étape non négligeable de son plan. Lol Pour la fille de ses rêves, tu as de la chance, elle va apparaître dans ce chapitre. ;)

TitePlume : Je te suis très reconnaissant de ton com. C'est vrai que c'est un sujet qui a été utilisé un bon nombre de fois et j'étais un peu réticent à l'utiliser au début. Mais à force de lire ce genre de fics, et parfois des débuts vite abandonnés, j'ai eu ma propre idée de scénario qui s'est mise à germer. Donc je me suis dit, pourquoi en pas tenter le coup. ;) Pour les fautes d'ortho, je m'en excuse, je pense rarement à me relire. Lol

Di castillo de mortes : Merci à toi, la suite ci-dessous.

Nefertari Vivi : lol je sais pas si on peut parler de miracles mais disons que dans un sens, il va bouleverser une partie du monde sorcier à long terme. ;)

Caane : Merci pour tes coms, je vois que la fic t'a vraiment plu. ;) Pour le mystère d'Harry, je dirais que tu chauffes mais je ne donnerais pas d'indices supplémentaires, ce serait gâcher la surprise. ;) En ce qui concerne le « politiquement correct », je ne suis pas sûr que tu en trouves beaucoup dans ma fic. Lol Le sort de Pettigrow peut étonner, voire choquer mais je voulais pour ce Harry un caractère bien particulier, bien dur que celui de l'original. Pour la manière dont il a maquillé le meurtre… je trouvais ça approprié. :p En tout cas, tes compliments me touchent beaucoup, j'espère que la suite te plaira tout autant. ;)

liz54210 : Merci. ;)

Rebvanessa : Merci. Je suis désolé mais je ne peux rien promettre. La fic a pris une certaine direction mais la fin n'est pas écrite. Lol D'autant plus que je te rappelle qu'ils ont 13ans, donc les couples pour la vie, c'est pas tout à fait le bon âge… :p Le rôle actuel de Ginny, c'est en effet de comprendre Harry et l'univers dans lequel il évolue. On la verra plus souvent avec le temps mais pas dans ce chapitre ci malheureusement. ;) Pour des fics à te conseiller, j'en ai lu quelques unes en anglais où ils sont ensemble mais en français, je ne me rappelle pas. J'essaierai d'en retrouver à l'occasion.


Désolé, j'ai mis assez longtemps à écrire ce chapitre mais j'essayais de le paufiner au mieux. Il est plutôt riche en révélations mais peut-être aussi en nouvelles questions. J'espère que vous l'apprécierez tout autant que les autres, le prochain devrait venir assez vite.

Enjoy it ! ;)


Chapitre 10 : Machination

L'Histoire est une conspiration permanente contre la vérité.

Joseph de Maistre


L'air était plutôt frais en cette matinée de septembre. Le ciel encore sombre laissait entrevoir à l'horizon une lueur pourpre mais l'adolescent n'y prêta guère d'attention tant il était perdu dans ses pensées. En effet, il était en train de gravir d'un pas lent et régulier l'escalier de la Tour Ouest, le regard perdu dans le vague.

Plus exactement, il repensait aux événements de la veille, et n'en revenait toujours pas de la tournure qu'ils avaient prise, à tel point que cela paraissait presque trop beau pour être vrai. Non seulement il avait convenablement préparé ses potions mais il avait surtout obtenu l'assistance du professeur Rogue pour la conception d'un remède à la lycanthropie. Mieux encore, le directeur des Serpentard s'était montré étonnement ravi par la perspective de leur partenariat concernant l'élaboration de cette potion, et le Serdaigle avait à présent la certitude que non seulement le maître des potions le respectait, mais qu'il éprouvait également une grande sympathie à son égard.

Bien sûr, le jeune Potter savait que le professeur l'appréciait, puisque ce dernier avait pris sa défense aux côtés de Remus face à son père… mais le fait qu'il manifeste son estime devant lui était peut-être la prochaine étape de l'amitié naissante entre le professeur et son « plus brillant élève ».

Poursuivant son ascension, ses pensées se mirent à dériver vers Ginny. Même s'il n'avait pas osé se l'avouer, il avait été anxieux de la réaction de la jeune Weasley vis-à-vis de… sa vengeance à l'égard du mangemort. Après tout, ce n'était pas tous les jours qu'un adolescent de treize ans accomplissait le boulot d'un Auror, même pour des intérêts personnels. D'un autre côté, il avait laissé sa chance au rat et ce dernier avait sciemment creusé sa propre tombe en l'attaquant…

Arrivant finalement en haut de l'escalier, le Serdaigle s'arrêta un instant pour reprendre son souffle, ainsi que pour observer le lever du Soleil. Il s'agissait d'un des deux seuls moments de la journée où l'astre solaire colorait le ciel d'une teinte rougeoyante, donnant l'impression que sa seule présence suffisait à l'enflammer.

Un mince sourire fleurit sur les lèvres de l'adolescent avant qu'il ne secoue la tête avec lassitude. Il était conscient que ce genre de pensées était absolument futile, mais ce n'était pas tant pour le spectacle en lui-même que pour l'association qu'Harry faisait inconsciemment en le regardant. Ce ciel lui rappelait la teinte carmin de l'escalier de pierre où il avait pu revoir Kathelyn quelques jours auparavant… et à chaque fois, ses pensées s'égaraient dans sa direction, faisant ressurgir avec force chacune des sensations qu'il avait éprouvées lors de leur courte entrevue…

S'efforçant de faire le vide dans son esprit, il pénétra finalement dans la Volière. Il s'agissait d'une pièce circulaire dont les murs de pierre semblaient plus vieux que ceux du reste du château. En raison d'une absence totale de carreaux, elle devait être fréquemment parcourue par des courants d'air qui auraient glacé Harry jusqu'aux os si ce dernier n'avait pas eu la présence d'esprit de mettre une cape par-dessus son uniforme d'élève.

Il remarqua également que l'endroit aurait aisément pu être qualifié d'insalubre, en raison de la quantité impressionnante de fientes de hiboux et de squelettes de petits animaux qui recouvraient le sol de paille. Le jeune Potter avait entendu dire que le nettoyage de la volière était une punition que Rusard assignait souvent aux élèves qui avaient le malheur de l'avoir comme surveillant pendant leurs retenues. Et il était inutile de préciser l'énormité de la tâche à accomplir si elle devait être faite sans l'usage de la magie…

D'un simple geste de sa baguette, le Serdaigle fit disparaître tous les déchets qui encombraient le sol, et il ne subsista plus que la paille, lavée de toute souillure. Levant finalement la tête, il aperçut que la volière comportait plus d'une centaine de hiboux et de chouettes, dont certains l'observaient avec un regard étrange, presque… curieux.

C'est alors qu'une chouette au plumage d'une blancheur immaculée s'envola de son perchoir, le regardant de ses grands yeux d'ambre. Harry tendit son bras pour qu'elle puisse s'y poser, avant de caresser doucement sa tête, un sourire attendri flottant sur ses lèvres. Puis il sortit une enveloppe bleu nuit de la poche intérieure de sa cape, la tendant à la chouette.

- Tu sais déjà à qui elle est destinée, n'est-ce pas ? L'interrogea-t-il d'une voix douce.

Hedwige se contenta de lui donner des petits coups de bec affectueux avant de répondre positivement par un petit cri. Attrapant la lettre, elle s'envola simplement et se mit en route vers le Sud, où se trouvait sa destination. Il la regarda s'éloigner à travers l'une des grandes fenêtres, jusqu'à ce qu'elle finisse par ne plus être qu'un point à l'horizon.

Se détournant des hiboux qui l'observaient toujours avec un air inquisiteur, il faillit percuter une fille lorsque celle-ci entra dans la pièce, l'air visiblement perdue dans ses pensées. Se dégageant rapidement de son chemin par réflexe, la jeune fille releva la tête, ses yeux noisette rencontrant l'espace d'un instant le regard émeraude du jeune Potter.

- Oh, excuse-moi Harry. Je ne regardais pas où j'allais. D'habitude, personne ne va à la volière aussi tôt dans la matinée, je ne pensais pas rencontrer quelqu'un.

- Il n'y a pas de mal, Cho. Je n'ai pas vraiment l'habitude de venir ici à cette heure-ci.

En effet, l'adolescent avait plutôt l'habitude de venir à la volière plus d'une heure avant le lever du soleil, ou bien peu avant son coucher, précisément dans le but d'éviter de croiser d'autres personnes.

L'élève qui se trouvait devant lui était une condisciple de Serdaigle, bien que d'un an son aînée. Attrapeuse de réserve depuis l'année précédente, la jeune Chang avait fait ses preuves en milieu d'année lors d'un match opposant les bleu et bronze aux Serpentard, durant lequel l'attrapeur en titre, un élève de septième année dont Harry avait oublié le nom, avait été gravement malade et incapable de jouer.

Harry devait reconnaître que Cho était une des rares élèves de Serdaigle à avoir un réel talent pour le Quiddich, en plus de son intelligence. Sa beauté quelque peu exotique n'était pas non plus négligeable mais la fille aux longs cheveux noirs ne suscitait pas de réelle attirance chez le jeune Potter. Dans son esprit se trouvait gravée l'image d'une adolescente aux cheveux blonds pour laquelle il aurait probablement été capable de remuer ciel et terre.

N'ayant rien d'autre à lui dire, Harry la contourna pour sortir de la pièce et avait déjà descendu une marche lorsqu'il entendit un cri derrière lui.

- Harry ! Attends !

L'adolescent s'arrêta net. Des milliers de scénarios s'enchaînèrent dans son esprit. Etait-elle une mangemort sous polynectar ? Ou bien avait-elle surpris quelque chose qu'elle n'aurait pas dû voir ? Après tout, Harry Potter avait été quasiment une ombre pendant trois jours. Serait-il possible que quelqu'un d'autre que Ginny l'ait remarqué ?

Se retournant lentement vers la jeune Chang, Harry lui fit face de profil, cachant ainsi sa main gauche qui enserrait sa baguette avec force, tout en la gardant dissimulée dans sa poche. Son visage vide de toute émotion, le jeune Potter se contenta de l'interroger d'une voix neutre.

- Qu'y a-t-il ?

- En fait… j'ai parlé avec Terry, hier et… il m'a dit qu'il t'avait vu voler sur ton balai et que tu étais très doué… donc je voudrais savoir si tu serais intéressé pour participer aux sélections ce soir…

Cho ne comprenait pas pourquoi elle avait autant de mal à s'exprimer. Elle était pourtant du genre sociable et n'avait en général aucun mal à parler avec les autres, même avec les étrangers. Pourtant, quelque chose dans le regard émeraude du troisième année la troublait. Elle ne savait pas quoi exactement mais elle avait du mal à détacher son regard du sien…

Harry eut peine à cacher sa surprise. Il s'attendait à quelque chose de beaucoup plus important que du Quidditch. Peut-être que l'infiltration de Queudver l'avait rendu paranoïaque ? Il avait encore plus de mal à dormir depuis la mort du mangemort… ou plutôt, depuis qu'il avait fait un cauchemar impliquant Jedusor, dans lequel celui-ci le voyait quasiment comme son successeur…

La simple vision de ce que le miroir lui avait montré dans son rêve suffisait à lui donner envie de vomir. Malheureusement, il ne pouvait pas s'arrêter là et oublier… il avait un devoir à accomplir, quel qu'en soit le prix.

Sortant de ses pensées, il focalisa à nouveau son attention sur Cho.

- Et bien… à vrai dire, je ne m'y connais pas trop en Quidditch, c'est plutôt un centre d'intérêt que partagent mon père et mon frère…

- C'est pas grave, on t'apprendra ! Allez, s'il te plaît, Harry… Deux de nos joueurs ont quitté l'école en fin d'année et d'après ce que j'ai pu voir, il n'y a pas beaucoup de gens doués sur un balai dans notre maison…

Elle avait un petit air larmoyant qui aurait pu faire fondre le cœur de n'importe quel garçon, fusse-t-il de glace… malheureusement pour elle, celui du jeune Potter avait dépassé depuis longtemps le zéro absolu et ce ne serait certainement pas de cette manière qu'elle le ferait plier.

D'un autre côté, cela pourrait paraître suspicieux qu'il ne veuille pas tenter les sélections alors que quelqu'un l'avait vu manier un balai plutôt bien… et la dernière chose dont Harry avait besoin ces temps-ci, c'était d'attention supplémentaire. Tout bien considéré, il tenterait peut-être sa chance… ou plutôt sa malchance, car il n'avait aucune intention de faire partie de l'équipe de sa maison.

Pendant sa petite enfance, son père n'avait jamais le temps de lui apprendre à voler sur un balai, alors qu'il passait des après-midi entières à voler avec Will. C'était finalement Remus qui lui avait appris, et Harry se souvenait clairement de son expression choquée lorsque le garçon lui avait révélé que son père ne l'avait jamais fait monter sur un balai.

Bien sûr, le lycanthrope n'avait pas le talent d'un excellent joueur de Quidditch, comme c'était le cas de James Potter mais il volait plutôt bien quand même. C'était avec une infinie patience que Lupin lui avait appris comment fonctionnait un balai et l'avait fait d'abord monter sur le sien pour lui faire expérimenter la sensation du vol. Harry avait immédiatement adoré ça et le lendemain même, le petit garçon était monté sur son propre balai, étroitement surveillé par son oncle bien sûr.

Remus… il n'arrivait pas à songer à lui comme autre chose que le seul parent qu'il ait jamais connu. Certains le détestaient pour sa nature de loup-garou, d'autres l'ignoraient tout simplement parce qu'il était discret et modeste, c'est-à-dire tout le contraire de Sirius et James. Malgré cela, Lunard ne disait jamais du mal des autres. Non, c'était probablement la personne la plus compréhensive qu'il ait jamais rencontré… et si Harry avait pris beaucoup de ses traits de caractère, le pardon n'en avait malheureusement jamais fait partie.

Retournant à la réalité, le jeune Potter se contenta de lever les épaules avant de poser une dernière fois son regard sur Chang.

- Je veux bien essayer mais je ne te garantie rien.

- Merci, Harry ! J'ai hâte de te voir participer aux essais ! Ils sont à 18h ! Ne sois pas en retard !

Le jeune Potter esquissa un léger sourire avant de se détourner d'elle, descendant les marches de l'escalier de pierre avec un air rêveur sur le visage. Il se surprit de penser à ce qui se passerait s'il était sélectionné dans l'équipe de Serdaigle. En admettant qu'il y mettre du sien, il y avait des chances qu'il rivalise avec son frère en position d'attrapeur, voire même qu'il lui soit supérieur… mais ce qui l'intéresserait le plus, ce serait de contempler l'expression sur le visage de James s'il voyait son fils adoré perdre face à celui qui n'avait jamais eu ni son attention, ni ses conseils…

Un sourire ironique flotta pendant quelques instants sur les lèvres de l'adolescent à cette perspective des plus réjouissantes, avant qu'il ne finisse par chasser cette idée. Aussi tentant soit le scénario d'une confrontation avec Will devant leur père, Harry savait pertinemment qu'il ne pouvait pas se le permettre… pas alors qu'il entrait dans une phase critique du plan. Il resterait dans l'ombre une fois encore, et tout serait bien dans le meilleur des mondes.


Hermione Jean Granger était une jeune sorcière particulièrement intelligente mais ce fait avéré n'était un secret pour personne dans l'enceinte de l'établissement. Ce que les gens ne savaient pas, c'était que la jeune Griffondor avait une tendance naturelle à vouloir tout savoir. En général, ce n'était pas un défaut mais lorsque cela s'appliquait à la vie privée de certaines personnes, n'importe qui aurait vu qu'elle enfreignait les limites.

Pourtant, c'était de cette manière que la jeune Granger avait toujours procédé. De la même manière qu'elle avait appris les aspects majeurs de la vie de William Potter dans de nombreux livres avant de faire sa connaissance, elle s'était également assurée d'en savoir le plus possible sur ses amis et autres camarades de classe.

C'est ainsi et seulement ainsi qu'elle était parvenue à distinguer les trois camps qui existaient réellement à Poudlard. D'abord les Griffondor et les Serpentard, opposés dans une guerre sans merci depuis plusieurs décennies et un camp neutre, où se trouvaient les Serdaigle et les Poufsouffle. Bien sûr, certains individus dérogeaient à l'ordre établi mais pour la grande majorité, c'était comme ça.

Cette histoire de camp expliquait l'animosité entre Will et Drago Malefoy par exemple, puisque le père de l'un était un Auror célèbre et celui de l'autre un ex-mangemort acquitté grâce à sa fortune et ses relations. On pouvait également souligner le statut de Survivant de Will, qui supplantait la renommée de Malefoy avec son statut de sang-pur.

Il y a encore quelques jours, cette façon de voir les choses aurait suffit à la troisième année. Malheureusement, une nouvelle inconnue venait d'entrer dans l'équation, et elle provenait d'un individu auquel Hermione n'aurait même jamais songé si elle ne l'avait pas vu de ses propres yeux.

Harry. Harry Potter. Il était le frère de William, son « faux-jumeau » même s'ils se ressemblaient tant qu'on aurait pu être en droit d'en douter. Contrairement à son frère, et à la tradition familiale des Potter, il avait été réparti à Serdaigle plutôt qu'à Griffondor. Jusque là, il n'y avait rien de mystérieux là-dedans…

D'ailleurs, Will parlait rarement de lui. De son point de vue, son frère n'était qu'un rat de bibliothèque qui voulait avoir de meilleures notes pour se prouver qu'il était meilleur que lui et lui voler sa gloire. Cet état d'esprit avait surpris l'adolescente sur le moment mais puisqu'il s'agissait d'un de ses premiers amis, elle n'avait pas osé mettre sa parole en tout. Après tout, c'était sa famille.

Pourtant, lors des cours communs entre Griffondor et Serdaigle les deux années précédentes, Harry ne s'était jamais montré particulièrement enclin à étaler son savoir, ou en tout cas pas de la même manière qu'Hermione. Le Serdaigle était intelligent, très intelligent même et d'après ce qu'elle savait, il était le meilleur élève de son année dans sa maison, et à peine en dessous du niveau de la jeune Granger.

Contrairement à elle qui utilisait chaque occasion possible de répondre aux questions des professeurs, le jeune Potter participait modérément, mais en répondant toujours juste. Il était d'ailleurs réputé comme l'un des seuls élèves non Serpentard que tolérait le professeur Rogue. Voilà le premier détail qui aurait dû attirer l'attention de la rouge et or, car d'après William, toute personne liée de près ou de loin à James Potter s'exposait à la haine du maître des potions…

Mais ce n'était pas le plus intriguant. Non, le plus intriguant, c'était qu'il ait été capable de réduire un épouvantard en poussière, chose qu'elle n'aurait jamais cru possible, et qu'aucun des livres qu'elle avait lu à ce sujet ne laissait sous-entendre comme étant faisable.

Plus encore que l'acte en lui-même, c'était la cause de cette intervention qui était intéressante. Bien qu'elle n'ait pas tout vu, Hermione savait que le Serdaigle s'était précipité pour protéger Ginny. Ginny Weasley, la petite sœur de Ron et la dernière victime des agissements de l'Héritier de Serpentard… ainsi que la seule personne à part Will à avoir visité la Chambre des Secrets.

Une telle démonstration de pouvoir, une amitié naissante entre le Serdaigle et la jeune Weasley, et surtout les lectures très avancées d'Harry… il y avait anguille sous roche, tous les sens d'Hermione le lui hurlaient comme une alarme. Voilà pourquoi elle s'était rendue à l'endroit qu'elle considérait comme un sanctuaire, comme le lieu qui détenait toutes les réponses à ses questions.

La bibliothèque.

Cependant, la Griffondor n'était pas venue consulter un ouvrage de la bibliothèque. Non, elle désirait consulter autre chose, une autre source d'information, plus précise et plus utile dans le cas présent…

- Bonjour Mrs Pince. Déclara poliment la jeune Granger.

- Oh, bonjour miss Granger. Comment allez-vous aujourd'hui ?

La bibliothécaire était d'un naturel plutôt strict et autoritaire, ne perdant jamais une occasion de sermonner les élèves qui osaient abîmer ses précieux livres ou oubliaient de les rendre à temps. Il y avait toutefois des exceptions à cette règle, et c'était le cas d'Hermione, connue par la vieille femme pour son respect et son adoration des livres.

- Excusez-moi, je voudrais consulter la liste des livres empruntés si ça ne vous dérange pas.

- Oh, bien sûr que non. Mais peut-être puis-je vous aider ? Cherchez-vous un livre en particulier ?

- En fait, c'est pour mon ami William, William Potter. Il avait emprunté un livre il y a longtemps pour un devoir en métamorphose… qu'il a rendu bien sûr, mais dont il a oublié le titre. Or, nous avons un nouvel essai qui concerne le même type de transformations et il m'a demandé si je pouvais aller consulter la liste de ses emprunts pour le retrouver…

- William Potter ! Oui, il n'est pas très concerné par l'état de ses livres celui-là… tout le contraire de son frère, un très bon élève, très soigneux et très consciencieux…

Hermione ne put s'empêcher d'hausser un sourcil alors que sa curiosité était piquée par la dernière réplique de Mme Pince. Apparemment, tout le monde n'avait pas ignoré le Serdaigle pendant ces deux premières années finalement, mais il était étrange de constater que la bibliothécaire éprouvait une telle estime pour un élève aussi méconnu.

- Il vient souvent ici ? Demanda Hermione d'un ton qui se voulait désintéressé.

- Oh oui ! Il ne lit pas toujours les livres ici mais il en a emprunté un certain nombre… c'est un élève sérieux, très sérieux… mais gentil aussi. Je n'ai pas le souvenir qu'un élève m'ait offert un livre, avant lui.

Hermione tombait des nues. Harry Potter avait offert un livre à madame Pince ?! Elle ne comprenait vraiment pas l'intérêt d'une telle démarche, et ça ne cadrait pas avec la personnalité égocentrique et renfermée que lui avait décrite Will. Cela ne concordait pas non plus avec l'attitude distante et presque hostile qu'il avait montrée vis-à-vis de la Griffondor lorsqu'elle était venue lui parler.

- Vraiment ? Et… il y avait une raison ? Je veux dire… en avait-il abîmé un autres et il voulait se racheter ? L'interrogea l'élève d'une voix mal assurée.

La femme âgée au visage parcheminé lui adressa un regard perçant, comme pour déterminer ses intentions… avant de finalement mettre la question de la jeune fille sur le compte de sa curiosité naturelle. C'est alors qu'un sourire triste apparût sur les lèvres de la femme aux joues creuses et au nez busqué tandis qu'elle prenait la parole une nouvelle fois.

- Pendant tout ce temps passé à la bibliothèque, il était toujours seul. Bien sûr, c'est le cas de nombreux élèves, qui viennent trouver un peu de paix et de solitude ici mais… il n'y avait jamais personne pour l'accompagner ici, ni pour venir le chercher et ça n'a jamais semblé le déranger. Parfois même, il passait des journées entières assis à une table, à parcourir de nombreux ouvrages…

Elle fit une courte pause, s'éclaircissant légèrement la voix avant de continuer, comme si quelque chose lui avait obstrué la gorge.

- Il restait ici même pendant les vacances scolaires et je reconnais que ça m'a étonné. Il lui est même arrivé de m'aider à ranger des livres lorsque je me retrouvais en train de crouler sous le poids des centaines d'ouvrages rendus par les élèves juste avant les vacances de Noël. C'est un garçon charmant, d'une politesse exquise et surtout… doté d'un cœur d'or. Même s'il le cache particulièrement bien.

La bibliothécaire laissa échapper un petit rire, alors qu'Hermione était de plus en plus interloquée par la description que lui faisait Mme Pince. Cette dernière ne tarda pas à reprendre la parole, son sourire se faisant un peu plus joyeux tout en faisant ressortir quelques rides aux coins de sa bouche.

- Je lui ai confié une fois que mon fils était un passionné de lecture lui aussi et… qu'il avait pour habitude de m'offrir un roman moldu chaque année à l'époque de Noël. Je raffole des romans moldus ! Ils ont tellement d'imagination !

- Et… que lui est-il arrivé ? Demanda la Griffondor qui pressentait que la réponse serait douloureuse.

Un frisson parcourut la vieille femme alors que ses yeux s'emplissaient de tristesse.

- Il est mort, il y a près de seize ans… une attaque de mangemorts sur le Chemin de Traverse. Il était simplement parti travailler à la gazette comme tous les jours et… ils l'ont tué.

Les yeux de la bibliothèque étaient devenus humides mais elle n'avait pas bougé, comme si elle avait déjà trop pleuré à ce sujet. Son visage retrouva un peu de couleur quand elle continua.

- Quand j'ai raconté ça à Mr Potter, il n'a pas réagi sur le moment, même si je pouvais lire la tristesse dans ses yeux… je pensais d'ailleurs qu'il n'avait pas fait attention plus que ça à ce que je disais, et puis à Noël, j'ai reçu ceci…

Et elle sortit d'un des tiroirs un petit livre de poche, assez volumineux toutefois, avec un nom écrit dans une langue qu'elle reconnaissait comme étant du français : Le Comte de Monte-Cristo.

- C'est un roman classique, d'un auteur français. Je ne le connaissais pas et je dois dire que je l'ai trouvé très intéressant… Plus tard, je lui ai demandé pourquoi il m'avait offert ce roman en particulier et… sa réponse a été des plus surprenantes.

- Qu'a-t-il dit ? S'empressa de l'interroger Hermione, peinant à cacher son avidité alors qu'elle semblait être pendue au moindre mot que prononçait Mme Pince.

- Il m'a dit que de tous les livres qu'il avait parcourus, celui-ci avait été l'un des premiers et qu'il garderait toujours une place particulière dans son cœur…

Le regard de l'adolescente s'attarda un moment sur la couverture. Elle représentait une île sombre avec ce qui ressemblait à un petit château ou une forteresse, donnant sur des récifs où se fracassaient des vagues d'un noir d'encre. La silhouette d'un homme était dessinée en arrière plan, un homme au visage dur et aux yeux étrangement mélancoliques…

L'adolescente passa l'heure suivante à éplucher la liste des ouvrages empruntés par Harry durant les deux dernières années. Elle ne trouva rien de bien intéressant, il s'agissait pour la plupart de livres souvent empruntés et plutôt usuels pour des élèves curieux de l'histoire du monde magique… si ce n'est peut-être un recueil de lois assez ancien, relatif aux vieilles traditions des familles de sang-pur et à leurs applications légales à notre époque.

Malgré cela, lorsqu'Hermione quitta la bibliothèque pour se rendre à son prochain cours, elle ne put s'empêcher de repenser à ce que venait de lui apprendre Mme Pince et… peut-être était-ce un tour de son imagination mais l'espace d'un instant, le visage d'Harry se superposa à celui du personnage dessiné sur la couverture du libre, arborant lui aussi un visage fermé mais un regard triste…

- J'aimerais bien savoir que tu es réellement, Harry Potter…


Hedwige était une chouette non seulement rapide mais également très intelligente. Peut-être était-ce parce qu'elle avait grandi dans le monde magique qu'elle était capable de comprendre le langage humain, et même d'appréhender les émotions humaines rien qu'à leurs mimiques, leurs sourires et parfois leurs actions. Harry, auquel elle pensait affectueusement comme étant son humain, était devenu un véritable expert dans l'art de dissimuler ses émotions à ses congénères. Cependant, il se montrait toujours honnête lorsqu'il s'adressait à elle, et souvent ses regards étaient beaucoup plus expressifs que tous les mots qu'il aurait pu prononcer.

Etant partie en début de matinée, ce fut presque à l'heure du déjeuner qu'elle arriva à Londres. La capitale britannique étant plutôt étendue, la chouette ne s'attarda pas sur le centre, et se dirigea vers la périphérie. Sa destination n'étant pas non plus le chemin de traverse, elle s'enfonça rapidement dans la banlieue londonienne moldue, à la recherche du bâtiment où elle se rendait près d'une fois par semaine.

Elle l'aperçut finalement, enchevêtré entre un commissariat de police et un parc pour enfants. Hedwige longea les murs d'un blanc autrefois immaculé, et qui étaient maintenant d'une couleur grisâtre. Un symbole avec une croix rouge ornait l'entrée, mentionnant ainsi qu'il s'agissait de ce que les moldus appelaient un hôpital.

Cherchant sa destination dans la longue succession de vitres qui longeaient la façade ouest, la chouette s'arrêta net en entendant un nom qui lui était familier.

-… et le petit Harry alors ? Ça fait bien deux ou trois semaines qu'on ne l'a pas vu, non ?

Se posant sur le bord de la fenêtre entrouverte, l'oiseau de nuit posa ses yeux d'ambre sur l'humaine qui venait de parler. Il s'agissait d'une jeune femme rousse d'environ vingt ou vingt-cinq ans, possédant une mâchoire plutôt carrée, et étant vêtue de vêtements blancs.

- C'est vrai qu'il vient au moins une fois par semaine durant l'été mais je crois qu'il a repris les cours il y a une semaine ou deux. Il m'avait dit une fois qu'il étudiait dans une sorte de collège privé, en internat. Il ne peut pas souvent en sortir pendant la période scolaire mais je suis sûre qu'il fait son possible…

Celle qui venait de prendre la parole était vêtue comme la première mais paraissait un peu plus jeune avec son visage rond et ses pommettes saillantes, qui lui donnaient un air gentil lorsqu'elle souriait. Ses cheveux bruns lui arrivaient à peu près jusqu'aux épaules et ses yeux noisette avaient une lueur rieuse qui laissait entrevoir une nature joviale.

- Ah, j'avais oublié ça en effet. Mais dis-moi, tu penses qu'il va continuer à venir la voir encore longtemps ? Je veux dire, soyons un peu réalistes Emily, ça fait quoi… six ou sept ans qu'il lui rend visite ? En plus, je suis à peu près certaine qu'ils n'ont aucun lien de parenté… Déclara la rousse.

- Léa ! Ce n'est pas à nous de juger s'il a le droit de la voir ou non ! Dois-je te rappeler que c'est le seul visiteur qu'elle a eu depuis son admission ici ?! As-tu oublié toutes ces journées qu'il a passées ici juste pour la distraire un peu ?!! Répliqua la brune avec fougue.

L'air renfrogné disparut alors du visage de la dénommée Léa, cédant ainsi la place à un sourire malicieux. Emily comprit presque instantanément qu'elle avait été menée en bateau pour arriver à ce sujet précis.

- Non, je n'ai pas oublié. C'est d'ailleurs d'autant plus admirable quand on sait qu'ils ne sont pas de la même famille… mais dis-moi Emily, tu ne te serais pas un peu trop attachée à ce garçon ? On a l'impression que tu te mets en colère à chaque fois qu'on mentionne son nom de travers…

- Mais non ! Enfin que vas-tu chercher ?! En plus, il n'a que treize ans ! Rétorqua Emily, dont les joues s'étaient un peu empourprées.

La rousse le remarqua car elle laissa échapper un petit rire, avant de porter un gobelet de café chaud à ses lèvres. Elle reprit ensuite la parole, un sourire amusé toujours plaqué sur son visage.

- Tu vois, exactement ce que je disais. Explique-moi un peu ce qu'il a de si spécial, ce garçon…

- Je sais pas… c'est juste qu'il ne se comporte pas vraiment comme un ado de son âge… et ses yeux, est-ce que tu les as déjà regardé ? Ils ont l'air si sombres, si mélancoliques…

- Oh ! Tu en pinces pour les garçons mystérieux alors !

- Mais non ! Seulement… j'ai eu un petit ami une fois, qui avait des yeux comme les siens… Il avait grandi dans un orphelinat et avait dû mûrir très tôt et… il était marqué, tu comprends ?

- Je vois… donc tu te dis que le petit Harry est peut-être maltraité par ses parents ?

- Je n'en ai aucune idée, ce ne sont que des suppositions mais… je me dis que c'est une possibilité. Après tout, quel genre de parents envoient encore leurs enfants étudier en internat à cet âge ! En plus, il met toujours des vêtements qui cachent ses bras et ses jambes complètement, même en plein été, c'est un peu suspect, tu ne crois pas ?

- C'est vrai que vu sous cet angle, c'est plutôt louche… tu veux que je me renseigne auprès des services sociaux ?

La brune resta songeuse pendant un instant, avant de finalement secouer la tête.

- J'ai déjà essayé mais je n'ai pas trouvé son nom dans leurs registres, ni même dans celui des hôpitaux de Londres. Il doit habiter dans une autre ville.

- Comme tu veux, mais cette histoire m'intrigue quand même. Il faudra lui poser quelques questions lors de sa prochaine visite…

Hedwige se décida finalement à quitter son perchoir, sentant que les deux femmes ne diraient rien d'autre d'intéressant. Volant quelques fenêtres plus loin, elle trouva finalement celle qui l'intéressait, et une des seules à être ouvertes d'ailleurs.

La chouette se posa sur la corniche avant de poser un regard sur la chambre. Celle-ci n'était pas spécialement grande mais elle était suffisamment spacieuse pour abriter une armoire, une commode et un petit bureau en plus du lit, sans compter les quelques étagères installées au fil des ans qui servaient de bibliothèque.

Les murs normalement blancs avaient été repeints trois ans plus tôt dans des tons bleu ciel qui plaisaient à l'adolescente, et sans le moindre frais pour l'hôpital puisque c'était son jeune maître qui s'en était occupé.

Les yeux d'ambre de la chouette se fixèrent enfin sur l'unique occupante de la pièce, qui était dans son lit, en position assise, en train de lire un roman qui semblait beaucoup l'intéresser. Hedwige savait ce dont il s'agissait, puisqu'elle l'avait elle-même apporté à l'adolescente un peu plus d'une semaine plus tôt.

L'adolescente avait de longs cheveux blonds aux reflets dorés et un visage au teint diaphane qui avait quelque chose de doux et de noble. Quand ses yeux bleus, étonnement clairs, se plongèrent dans ceux de la chouette, ils exprimaient de la gentillesse, de la compassion et quelque chose qui s'apparentait à de la douceur. Plusieurs fils reliaient les machines se trouvant de part et d'autre du lit et ses bras, l'une des machines en question produisant des « bips » lents et réguliers.

- Bonjour Hedwige. Que m'apportes-tu aujourd'hui ? Demanda l'adolescente d'une voix apaisante.

La chouette poussa un petit cri et s'envola vers le lit, se posant sur la petite table de chevet. L'adolescente prit l'enveloppe que lui tendait Hedwige et l'ouvrit délicatement, avant de lire la lettre qu'elle contenait. Le sourire qui éclairait son visage à l'arrivée de la chouette ne cessa de s'élargir durant sa lecture.

- Je te remercie de me l'avoir apportée. Peux-tu attendre un petit moment, le temps que je lui écrive ma réponse ?

La chouette se contenta d'acquiescer de la tête et en profita pour porter son regard sur les autres éléments de la pièce. S'envolant jusqu'à la commode, elle aperçut un bloc-notes, dont la première page indiquait les mentions suivantes :

Patiente : Kathelyn Andersen

Age : 13 ans

Situation familiale : Célibataire, parents décédés

Maladie : Inconnue, probablement maladie orpheline, requiert soins constants

Visiteur(s) : Harry Potter


Quelques minutes plus tard, la chouette s'envola à nouveau, une enveloppe pourpre entre ses serres, laissant la jeune fille seule dans la chambre sombre. Cette dernière souriait toujours avant qu'elle ne passe la main sur le bracelet argenté qu'elle portait au poignet. Un rayon de lumière en jaillit, laissant apparaître l'image d'une femme aux longs cheveux blonds.

- Bonjour Kathelyn.

- Bonjour, Dame Brunehilde. Comment allez-vous aujourd'hui ?

La femme esquissa un sourire amusé avant de secouer la tête d'un air faussement courroucé.

- Tu n'as pas besoin d'être aussi formelle avec moi, Kathelyn, je te l'ai répété de nombreuses fois déjà.

- Je te prie de m'excuser, c'est seulement… que j'ai du mal à tutoyer les gens que je ne côtoie pas souvent, et le seul que je voie souvent, c'est…

- Harry Potter. Qui aurait cru que l'enfant béni d'Örlog deviendrait si cher à ton cœur ?

Le regard de Kathelyn se fit instantanément plus froid alors que ses prunelles azurées ne quittaient pas les yeux bleus de son interlocutrice. Une certaine tension s'installa entre les deux femmes avant que l'adolescente ne reprenne la parole.

- Pour reprendre une formule qui t'est chère, « tout n'est que fatalité ». Je sais très bien que tu es en majeure partie responsable de la manière dont les événements se sont passés donc il est inutile de te dissimuler derrière le « hasard ».

En entendant ces mots, Brunehilde ne put s'empêcher de ressentir à la fois un élan de fierté mais aussi un sentiment de peine. Il était essentiel qu'elle soit forte, suffisamment forte pour comprendre ce qui devait être fait, et surtout pourquoi il était essentiel que les choses soient faites de cette façon.

- En effet, il n'y a pas de hasard dans ce monde.

Un nouveau silence s'installa entre elles, un peu plus confortable cette fois. Ce fut cependant au tour de la Brunehilde de le briser, reprenant ce ton neutre et calme qui la caractérisaient.

- Harry a éliminé le premier indésirable, le rat.

- Je sais. Il me l'a dit dans la lettre que j'ai reçue il y a quelques minutes.

- Je vois… il a vraiment une grande confiance en toi. Ce n'est pas inattendu et cela pourrait même se révéler particulièrement avantageux. Toutefois…

- Ne parle pas d'Harry comme d'un de tes pions !

Les paroles de Kathelyn, prononcées avec tant de colère et de hargne déstabilisèrent quelque peu Brunehilde. Cependant, elle n'était pas vraiment surprise par ce comportement. Après tout, Harry Potter était la seule personne à s'être intéressée à elle depuis aussi loin qu'elle s'en souvenait, et Brunehilde suspectait que les sentiments qui les reliaient allaient peut-être au-delà d'une simple amitié…

- Ne te laisse pas aveugler par tes émotions, Kathelyn. Tu connais son destin, et quel genre d'épreuves il aura à affronter. Tiens-tu vraiment à être à ses côtés le moment venu ?

La voix de la femme avait été forte, sèche mais également remplie de gravité. Malheureusement pour elle, la réponse ne se fit pas attendre et ce n'était sûrement pas celle qu'elle désirait entendre.

- Sans aucune hésitation. Tu es tellement habituée à vivre sans ressentir d'émotions que tu finis par te comporter comme si les autres n'en avaient pas non plus. Dans un sens, tu n'es pas si différente d'Albus Dumbledore…

Une flamme de haine étincela dans les yeux de Brunehilde lorsqu'elle entendit l'adolescente prononcer ce nom, et sa voix était particulièrement hargneuse lorsqu'elle lui répondit.

- Je t'interdis de me comparer à ce sorcier ! Te rends-tu seulement compte de ce que tu insinues ?! Me comparer à ce manipulateur, à cet homme qui est responsable de…

Elle ne finit pas sa phrase, sa gorge étant serrée par l'émotion. Kathelyn en profita pour reprendre la parole, alors qu'une aura bleutée se dégageait d'elle, ses yeux brillant d'une détermination nouvelle.

- Et toi, tu es responsable de l'enfance d'Harry. Aucun enfant ne devrait avoir à renoncer à ce que tu as lui as pris ! Je ne t'en ai pas gardé rancune car je sais qu'il n'aurait pas voulu l'alternative mais… pour une fois, je voudrais que tu essaies de penser avec ton cœur, plutôt qu'avec ta tête.

La femme sembla se calmer en entendant ses paroles et ses yeux se voilèrent de tristesse alors qu'elle se rappelait d'une scène du passé, ou plus précisément d'un petit garçon debout au milieu d'un cercle de lumière. Fermant un instant ses paupières, elle prit une dernière fois la parole d'une voix plus douce.

- J'espère que tu arriveras à me pardonner un jour pour ce que j'ai été obligée de faire… et si tu décides d'emprunter cette fois, sache que je te soutiendrai.

- Je t'en remercie. Au revoir.

- Au revoir… ma nièce.

Et l'écran de lumière disparût, laissant l'obscurité retomber sur la chambre de la jeune fille. Une larme s'écoula alors le long de sa joue alors qu'un seul nom réussissait à franchir ses lèvres.

- Pardonne-moi, Harry…


Ginny était assise dans les gradins du terrain de Quidditch, à l'abri de l'averse qui avait commencé quelques minutes plus tôt. Etant fan de Quidditch comme tous les Weasley, elle n'était toutefois pas venue pour assister à un match. En effet, les matchs officiels ne commenceraient pas avant près de deux mois.

Non, si elle s'était déplacée sous le véritable déluge qui s'abattait sur Poudlard en ce début de soirée, c'était à cause des sélections de l'équipe de Serdaigle, ou plus précisément à cause d'un élève qui avait décidé de participer aux essais.

Zigzaguant tranquillement dans le ciel, Harry Potter observait vaguement autour de lui pour tenter de repérer le vif d'or tout en esquivant facilement les cognards qui le prenaient pour cible de temps à autres. Le précédant candidat au poste d'attrapeur avait mis environ cinq minutes à repérer le vif d'or, et six autres avant de l'attraper. Tout ce que le jeune Potter avait à faire, c'était de dépasser ce temps et l'affaire serait jouée.

C'est alors qu'il aperçut quelque chose au loin, quelque chose qui dénotait du décor par sa blancheur. Plissant les yeux, il finit par reconnaître la silhouette d'Hedwige à l'horizon, qui volait tranquillement vers lui avec quelque chose qui ressemblait à une lettre entre ses serres.

Le jeune Potter se dirigea sereinement à sa rencontre, considérant le vif d'or comme secondaire par rapport à la lettre que devait transporter sa chouette. C'est alors qu'une chose se produisit, une chose irréelle qui le prit complètement par surprise.

L'un des cognards venait de prendre Hedwige pour cible, la heurtant violemment au niveau d'une de ses ailes. La chouette se mit à tomber, probablement incapable de se maintenir en vol plus longtemps.

Voir cet horrible spectacle eut l'effet d'une décharge électrique sur Harry, et ce dernier plongea en piqué. Il jura intérieurement d'avoir laissé sa baguette dans les vestiaires comme l'avait demandé Cho, simple précaution pour s'assurer qu'aucun joueur ne tricherait pendant les sélections.

Poussant son Comète 260 au maximum, le Serdaigle fonçait en direction du sol à une allure vertigineuse mais pas encore suffisamment vite pour rattraper Hedwige. Il se mit alors à murmurer à toute vitesse une suite de formules runiques. Un vent puissant commença à souffler derrière lui, le faisant accélérer encore un peu plus.

Il avait conscience de se rapprocher du sol à une vitesse affolante, et que s'il ne remontait pas très vite, il ne resterait bientôt plus grand-chose de lui après l'impact…

Mais Hedwige était son amie, et qu'elle ne soit pas humaine n'avait aucune importance à ses yeux. Elle était celle à qui il parlait lorsque tard le soir, il se sentait mal et avait besoin de vider son sac. A la maison, c'était elle qui lui rappelait qu'il devait se nourrir, ou bien lorsqu'il était tard et qu'il devait aller se coucher.

Depuis que Remus la lui avait offerte, Harry ne l'avait plus quittée et il n'allait certainement pas être séparé d'elle par un stupide cognard !

- DAGAZ !!! Hurla-t-il à pleins poumons tout en concentrant sa magie.

Pendant l'espace d'un très court instant, le temps se suspendit, laissant le temps à Harry d'attraper Hedwige juste avant qu'elle ne percute le sol et la ramenant contre lui. Puis le temps reprit son cours et il releva le manche de toutes ses forces, rasant le sol de suffisamment près pour sentir l'odeur de l'herbe mouillée alors que son balai la frôlait.

Puis il remonta en chandelle, lâchant échapper un soupir de soulagement. Examinant sa chouette, il remarqua qu'elle avait effectivement une aile cassée mais rien que Mme Pomfresh ne soit en mesure de réparer. Décidant qu'il avait eu suffisamment de sensations fortes pour la journée, il renonça à chercher le vif d'or et atterrit, avant de mettre avec précaution la lettre pourpre dans sa poche intérieure.

Son balai dans une main et tenant précautionneusement Hedwige dans l'autre, il s'avança vers Cho avec un regard qui se voulait désolé.

- Désolé Cho mais je n'ai pas attrapé le vif d'or et je dois aller soigner Hedwige donc je comprendrais parfaitement que vous ne me preniez pas dans l'équipe…

- Qu'est-ce que tu racontes ?! Tu es pris dans l'équipe !

Le jeune Potter leva la tête, la regardant avec des yeux grands ouverts par la surprise. Il n'avait pas attrapé le vif d'or et ne l'avait en fait même pas aperçu. Pourtant les yeux de la jeune Chang étaient remplis d'étoiles lorsque son regard croisa le sien.

- Ce que tu viens de faire était extraordinaire, Harry ! Je n'avais plus vu une feinte de Wronski aussi bien exécutée depuis l'époque où Charlie Weasley était encore élève à Poudlard ! Ce serait de la folie de ne pas te prendre dans l'équipe !

- Oh… d'accord.

- Va voir Mme Pomfresh, nous parlons plus tard des séances d'entraînement ! En tout cas, encore bravo Harry ! Te voilà attrapeur de l'équipe de Serdaigle ! Déclara Cho avec un grand sourire.

Les événements avaient pris une très mauvaise tournure et malheureusement, Harry ne voyait pas ce qu'il pouvait faire pour se sortir de ce guêpier. Il n'avait même pas réalisé qu'il effectuait une feinte de Wronski, il avait juste fait tout ce qu'il pouvait pour sauver Hedwige… mais peut-être existait-il encore un moyen d'éviter d'être sélectionné ?

- Mais Cho… est-ce que ce n'est pas toi l'attrapeuse de l'équipe ? Je veux dire… si c'est pour prendre ta place, je préfère ne pas entrer dans l'équipe…

Voilà ! C'était un prétexte suffisamment tangible pour ne pas être sélectionné ! Si la jeune Chang tenait un minimum à son poste, elle accepterait sa proposition et resterait attrapeuse.

Malheureusement, ce ne fut pas la réaction auquel il eut droit. Au contraire, sa condisciple lui adressa un regard d'abord surpris puis rempli d'émotions, notamment quelque chose qu'il identifiait à de la compassion et de la gentillesse. Ça s'annonçait comme un très mauvais signe…

- C'est adorable de ta part, Harry mais non, tu n'as pas à t'en faire pour ça. Je me suis entraînée cet été et on m'a fait remarquer que j'étais une meilleure poursuiveuse. Je serais restée au poste d'attrapeur s'il n'y en avait pas eu de meilleur mais maintenant que tu es là, tout est arrangé ! S'exclama Cho avec une expression de pure joie sur le visage.

Harry sentit son estomac se contracter alors qu'il quittait le terrain de Quidditch après avoir récupéré sa baguette, Hedwige toujours inconsciente dans ses bras. Il y avait quelque chose qui clochait dans cette sélection, c'en était presque palpable… mais il n'arrivait pas à mettre la main dessus…

- C'était une remarquable performance, Harry.

Le Serdaigle sursauta en entendant la voix survenir de derrière, avant de se rendre compte de la présence de Ginny. Lâchant un soupir tout en baissant la tête, il n'en avait pas moins une expression renfrognée.

- Je n'ai pas fait exprès. En fait, je n'ai même pas réfléchi… Hedwige était en danger et j'ai foncé tête baissée, comme un Griffondor… sans vouloir te vexer.

- Je comprends ce que tu veux dire… mais tu as quand même un sacré talent. Je pense que même Will n'aurait jamais été capable de réaliser une manœuvre pareille et pourtant, il a un Nimbus 2001.

- Il n'empêche que c'était une erreur… et me voilà maintenant en plein milieu des projecteurs, génial…

- Tu ne devrais pas être aussi défaitiste. Je suis sûr que ton père sera fier en voyant à quel point tu es doué sur un balai.

C'était exactement la phrase qu'elle n'aurait pas dû dire. D'ailleurs elle le regretta aussitôt lorsque son regard croisa celui du jeune Potter. Ses yeux verts montraient une telle flamme que sa colère en était presque palpable. Déglutissant avec difficulté, Ginny s'attendit au châtiment qui ne tarderait pas à tomber.

- La dernière chose que je voudrais, c'est que l'attention de James Potter soit fixée sur moi ! Cet espèce de gamin écervelé serait capable de s'enorgueillir un peu plus de sa progéniture comme il le fait si bien avec William ! Je préférerais cent fois mourir que d'avoir quoi que ce soit à voir à lui !!!

Le visage d'Harry était déformé par une expression de haine des plus intenses alors qu'il prononçait ces mots avec rage. Fort heureusement, ils étaient seuls sur ce petit chemin de terre qui menait vers le château, car ses mots avaient résonné avec force autour d'eux.

L'expression de Ginny était horrifiée après avoir entendu les mots du Serdaigle. Etait-il possible qu'il haïsse son père à ce point-là ? Et dire que Will ne cessait de répéter que son frère voulait attirer l'attention de ses parents, si seulement il savait à quel point il se trompait !

Ils marchèrent tous deux en silence pendant quelques instants avant que le jeune Potter ne daigne reprendre la parole, d'un ton beaucoup plus calme.

- Je sais que ça doit être dur pour toi à comprendre, Ginny mais sache qu'aussi loin que je me souvienne, James Potter n'a jamais été un père pour moi. Remus est le seul père que j'ai jamais connu et son jugement à mon égard est le seul qui compte.

- Alors… tu ne ressens vraiment que de la haine pour lui ? Il t'a blessé à ce point ?

Harry s'arrêta et prit un moment pour la regarder. La jeune Weasley remarqua que son visage était encore plus pâle que d'habitude et les cernes ressortaient sous ses yeux verts. Jamais il n'avait paru si fatigué et abattu.

- Si je devais choisir entre lui et le professeur Rogue, je choisirais le professeur Rogue. Je n'ai pas à ressentir de l'affection pour quelqu'un qui a toujours pensé avoir le Survivant pour seul fils.

Et il laissa Ginny clouée sur place suite à cette réplique des plus inattendues, se dirigeant vers l'infirmerie sans autre forme de cérémonie.


Une fois que le terrain de Quidditch se fut vidé de tous ses occupants, un elfe de maison sortit des gradins à petits pas. Il se dirigea vers la malle contenant les balles et l'ouvrit d'un claquement de doigts. Son attention se focalisa plus précisément sur l'un des cognards qui se débattait un peu plus que les autres. Lorsqu'il posa son index presque squelettique à sa surface, une rune s'illumina à la surface de la balle de fer avant de s'évaporer.

Un sourire satisfait étira les lèvres de l'elfe de maison avant qu'il ne dise dans un murmure.

- Mission accomplie, maîtresse.

Et il disparut dans un « pop » sonore.