Holà.
Je suis vraiment, mais alors vraiment désolée pour cet énorme retard. J'avais dit que j'essayais de publier toutes les semaines mais force est de constater que je n'arrive pas à tenir mes promesses...
J'ai eu du taff comme c'est pas possible d'en avoir. Et pour couronner le tout, je n'avais que très peu mon ordi, donc impossible pour moi d'écrire quand je le voulais puisqu'il disparaissait sans même que j'en donne mon consentement.
J'espère ne pas avoir perdu toutes mes lectrices, parce que même si c'est vrai que j'ai tardé, je n'ai pas chômé non plus. Je tenais à vous faire un bon gros chapitre sa maman, (ce que j'ai fais puisqu'il est à ce jour le plus gros chapitre de STS, regroupant une vingtaine de pages Word et un peu moins de 9k de mots). J'espère qu'il vous ravira malgré le peu d'infos qu'on a dedans.
Une histoire ça se construit pas à pas, et c'est vrai qu'on avance un peu lentement ici mais je ne veux pas brusquer les choses comme j'ai pu le faire au début.
Ah ! Je voulais absolument remercier la gentille revieweuse Howdy Aamy qui prend le temps de me dire ce qui va et ne va pas dans chacun de mes chapitres : merci cocotte ! C'est grâce à elle que je vais peut-être mettre en place un jour où j'aurais le temps (peut-être ça arrivera hein) un OS qui racontera ce qu'il s'est passé durant le mois de cohabitation entre Eren et Levi (histoire que vous compreniez un peu mieux leur relation, comment leurs sentiments ont évolués, etc, etc...).
D'ailleurs je suis entrain de modifier le chapitre 4 (je n'en était pas satisfaite) pour qu'il soit beaucoup plus agréable mais aussi d'autres (comme le 6). Je devrais régler cette affaire dans la semaine (puisque je suis enfin en vacances), donc si vous êtes curieuses, n'hésitez pas à jeter un coup d'oeil :)
Promis j'en dis pas plus et je vous laisse à ce chapitre : bonne lecture !
Hanji tenait fermement le poignet de Levi, suivie de près par Erwin. Le caporal ne cachait pas son agacement et demandait sans répit où pouvaient-ils l'emmener. Il savait pertinemment qu'il était inutile de s'opposer à ces deux excités alors il se laissait trainer.
Après cinq minutes de marche, ils se retrouvèrent devant un parc. La douce clarté de fin de journée avait fait fuir les enfants, et ne restait dans cet endroit que quelques couples qui venaient se prélasser main dans la main. Cette soudaine vision irrita Levi qui réclama le droit de savoir ce qu'il foutait là, encore une fois. Il se dégagea de la prise de son amie, qui était étrangement calme depuis leur sortie du bâtiment. Et quand Hanji se taisait, en général, cela ne présageait rien de bon…
- « Vous êtes chiants à la fin ! C'est quoi ce bordel ?
- Ah non hein, tu ne commences pas ! brailla Hanji, les bras croisés. Tu nous fatigues tous avec ton caractère insupportable. Tu vas me faire le plaisir de me raconter pourquoi est-ce que tu as beuglé sur Mike comme s'il avait fait la pire des conneries et pourquoi est-ce que tu nous caches tes états d'âmes ! Et si tu ne te décides pas à le faire dans les trente secondes qui suivent, je te harcèle jusqu'à ce que tu craches le morceau et fais de ta vie un enfer.
- Comme si t'étais capable d'avoir la moindre emprise sur moi, se moqua Levi d'un ton détaché en levant les yeux au ciel. »
Il savait évidemment que ce qu'il avançait était faux. Hanji pouvait être une véritable sociopathe (si elle n'en était pas déjà une…) quand elle le voulait. Levi espérait juste que son ton indifférent touche Hanji de manière à ce qu'elle le laisse tranquille. Cette dernière se rapprocha du principal concerné, sans prendre en compte l'espace vital que l'aura de Levi semblait protéger plus que quoique ce soit, elle menaça d'un sourire glaçant :
- « Et Dieu seul sait, que quand j'entreprends de faire quelque chose, je m'assure de le mener à bien. »
Levi se rappela comme il avait dû en baver pour éviter les incessantes sessions d'interrogatoires lorsqu'il lui cachait des choses. Et que finalement, cette binoclarde était toujours parvenue à avoir le dernier mot en lui tirant les vers du nez. Il se ravisa et soupira :
- « Mike était juste au mauvais endroit au mauvais moment. C'est lui qui a trinqué comme ça aurait pût être vous si vous aviez été dans les parages.
- Et quelle était la raison de ce sermon à son égard ? demanda Erwin, un peu en retrait depuis lors. »
Levi avala sa salive. Il n'avait pas envie de parler d'Eren. Il ne voulait pas y penser. Il se contenta d'un hochement de tête lorsqu'Hanji l'interrogea silencieusement du regard. Elle savait. Et il savait qu'elle savait. Pourquoi perdre son temps en palabres (et accessoirement perdre un peu de sa dignité) en prononçant le nom de celui qui dirigeait actuellement son état ?
Et franchement, qui l'aurait cru ? Levi s'était damné à garder les pleins pouvoirs sur sa façon de penser et voilà qu'en si peu de temps et une dispute, il ne pouvait plus diriger le tout correctement.
« Putain de gamin »
Sans en demander plus, car elle savait qu'au fond, son ami ne lui raconterait pas tout sur l'instant, elle intima d'un geste de la main, à Levi et Erwin de s'asseoir sur un banc avoisinant. D'ailleurs maintenant qu'on regardait, il n'y avait plus une seule personne dans le parc, si ce n'est une tribu d'oiseaux qui picoraient les restes d'un goûter laissé là par un bambin. Elle s'étira levant ses bras vers le ciel et souffla :
- « Franchement t'es vraiment pas facile à vivre Levi, tu sais ?
- Je n'ai pas signé pour l'être. Tant que je me sens bien comme ça, je me branle allégrement du reste. Le jour où je réagirai différemment suite aux demandes de quelqu'un, giflez-moi. »
Hanji sorti un petit calepin de la poche de son large manteau et nota quelque chose. Levi fronça les sourcils.
- « Qu'est-ce qui te prends ?
- Je prends note de ce que tu viens de dire. Comme ça je te le mettrais sous le nez le jour où ça arrivera et que je devrai te foutre la baffe la plus méritée de toute ta vie.
- Tch. C'était une façon de parler. Toujours à tout prendre au pied de la lettre… souffla t'il en roulant des yeux.
- Donc, quel a été l'élément déclencheur votre dispute ? Car j'imagine qu'il y a eut joute verbale avec le petit Eren, quoi d'autre aurait pu te mettre dans un état pareil ? »
« Toujours d'une logique insoupçonnée » ragea Levi. Il se mura quelques instants dans un silence significatif et finit par avouer :
- « Ce petit con tenait absolument à jouer les catins en se trémoussant à une de ces fêtes d'ados débiles. Ça me paraît normal d'avoir voulu l'empêcher d'y aller, non ? »
Erwin échangea un regard complice avec la scientifique et ils éclatèrent de rire à la même seconde. Levi, prit de court par le trop plein de joie qui circulait aux alentours grogna comme pour attirer leur attention sur le fait que ce n'était vraiment pas le moment de s'esclaffer.
- « Pète un coup Levi, t'es aussi tendu qu'un string ! fit Hanji en essuyant une petite larme, signe évident de son hilarité précédente.
- Jolie comparaison, t'as déjà fait plus fin comme humour.
- Je suis une source intarissable sur ce sujet, se vanta t'elle en s'époussetant faussement l'épaule. Quant à ta soudaine possessivité, je peux comprendre que tu sois jaloux, mais : bordel Levi, ce gosse ne t'appartient pas ! La base d'un couple c'est la confiance, et puis tu auras beau te ronger les sangs, ce gosse fera toujours comme il l'entendra, je me trompe ?
- On a bien pu le voir la dernière fois, releva Erwin toujours souriant après leur fou-rire. Je pense que malgré tout, tu ne l'empêcheras pas de faire ce qu'il veut.
- Et puis vous êtes ensembles depuis quoi ? Quelques jours ? Une semaine tout au plus ? Ne prends pas pour acquis ce petit ! Il est aussi volatile qu'une feuille et tu viens de souffler un grand coup sur le tas avec cette querelle. Je sais que tu n'as pas l'habitude d'être celui qui attends patiemment le retour de sa dulcinée, mais il va falloir t'asseoir sur ton orgueil si tu veux que votre histoire marche.
- Vous en parlez comme si j'étais impliqué foncièrement dans cette histoire, mon attitude n'est que le fruit de notre discussion, ce n'est pas comme si j'en avais véritablement quelque chose à foutre » mentit Levi, avec un ton assez convaincant pour faire croire à quiconque l'aurait entendu qu'il n'en avait cure. « Au moins Lisa savait être bonne et conne, ça posait moins de problèmes et c'était mieux au pieux. »
Un petit silence s'installa. Outrée, Hanji murmura :
- « Ouah… tu fais vraiment bien l'enfoiré. On a l'impression que tu y crois quand tu le dis.
- C'est sa carapace, faut juste savoir gratter la couche en trop pour découvrir le vrai Levi, ajouta Erwin.
- Vous n'êtes pas croyables… souffla-t-il en se palpant les ailes du nez.
- Au fond c'est un sensible notre petit lutin ! claironna la seule femme présente en lui ébouriffant avec vivacité le cuir chevelu. »
Il asséna un double coup sur les crânes qui lui était mis à disposition et récolta des petits gémissements de douleurs suite à cela. Fier d'avoir mis fin à cette discussion qui trainait en longueur et qui le mettait dans une position très inconfortable, Levi se leva et fit fi de ses amis qui chuchotait dans son dos en le suivant :
- « Comment est-ce qu'un si petit homme peut-il avoir une force aussi grande ? disait Hanji.
- C'est paradoxal mais proportionnel : il rattrape ses centimètres perdus dans la puissance des coups qu'il porte…
- En tout cas je ne voudrais pas être sa coéquipière d'entrainement : déjà que j'en chie un max avec Moblit et ses feintes…
- La dernière fois qu'il s'est vraiment battu en entrainement remonte à plusieurs années en arrière, quand il acceptait encore vouloir s'exercer avec des gens malgré son niveau supérieur tu te souviens ? Il avait envoyé Erd dans le coltard après une droite et un coup de pied retourné.
- Oh oui, je m'en rappelle… Petra était hypnotisée par ses mouvements, je n'ai jamais vu une personne reluquer autant…
- Vous avez fini, oui ? interrompit Levi qui les attendait au coin du parc accoudé à la petite barrière en fer qui délimitait la route du petit endroit de repos. »
Ils se hâtèrent de le rattraper. Il soupira en sortant son paquet de cigarettes… qu'Hanji intercepta sur le champ le brandissant aussi haut que possible afin qu'il ne puisse plus les attraper :
- « Tu vas me faire le plaisir d'arrêter ces merdes. »
Levi grogna et finit par souffler :
- « J'imagine que vous n'allez pas me foutre la paix et que je ne peux pas retourner chez moi sans vous avoir dans les pattes ?
- Bah, à vrai dire, tant que je n'aurais pas les réponses que j'exige, en tant que la meilleure amie que je suis, je te suivrai où que tu iras. Alors si tu veux…
- Ok, j'ai compris, vous n'avez qu'à me tenir compagnie à l'appart, de toute façon Eren ne rentre pas ce soir, donc… »
La simple évocation de l'absence de son subordonné eut le don de faire naître à nouveau cette haine et ce profond dégoût de soi-même en Levi. Il esquissa une moue de lassitude et Hanji se positionna derrière lui en lui attrapant les épaules :
- « Fais pas cette tête, on va arranger la situation. »
Armin n'avait pas fait les choses à moitié. Chaque parcelle de son grand jardin était décorée et donnait un air festif à l'endroit. Les guirlandes de papier crépon tanguaient doucement sous le vent estival et une odeur de petits fours attira l'attention d'Eren. À côté d'un large terrain d'herbe (très probablement la piste de danse de fortune) qu'une grande lampe dont la couleur changeait toutes les secondes dans un effet stroboscopique éclairait, était dressé une large table garnis de mets et vins appropriés à la circonstance. Armin déposait des gobelets blancs sur le rebord du buffet quand les pas de ses amis attirèrent son attention :
- « Ah ! Vous voilà ! Vous… » il fronça les sourcils : « Vous êtes venus ensembles ?...
- Il m'a suivi, fit Jean, apparemment excédé par l'attitude d'Eren depuis les quelques dernières minutes.
- Je l'ai croisé dans le métro, rectifia ce dernier, et cet imbécile a trouvé bon de prendre le même chemin que celui que je voulais emprunter.
- Donc vous avez fait connaissance ? »
Un silence laissa planer le doute dans l'esprit d'Armin, il finit par s'exclamer :
- « Et vous ne vous êtes toujours pas entretués ? Ouah… je dois dire que je suis sacrément impressionné.
- Ouais bah ne crie pas victoire trop vite parce que c'est pas dit que je pourrais le supporter toute la soirée, dit franchement son meilleur ami en lui bisant les deux joues.
- Comme si t'étais capable de te battre contre moi, ricana t'il en tendant le sac à Armin.
- Ahem, Jean… ». Il s'interrompit puis secoua vivement la tête mouvant ainsi ses petites mèches blondes « Non, rien.
- Quoi ? claqua t'il, agacé.
- Non, non : vraiment. Ce n'est pas si important que ça, oublie donc. Rejoignez-moi dans la cuisine pour finir d'apporter la nourriture. »
Une certaine sérénité prit place, mais ce n'était que le calme avant la tempête puisqu'Eren déclara tout simplement :
- « Puisqu'Armin ne porte pas ses attributs je vais te le dire moi. Ce qu'il tentait de te faire comprendre c'est que tu ne ferais pas le poids face à moi. Et par là, il entend que tu te ferais tellement rétamer que même ta propre mère ne reconnaitrait pas ta gueule. »
Jean écarquilla les yeux et se moqua :
- « Ah, me fais pas rire…
- Reste dans le déni mon petit poulain, c'est souvent plus agréable que d'entendre la vérité. »
Suite à ses paroles, Eren trottina vers Armin qui était déjà bien loin. Futé qu'il était, il avait senti la connerie venir dès lors qu'il eut prononcé ces quelques mots. Ce n'était pas du tout le style du blondinet de ne pas réfléchir à ses paroles, il s'était senti en sécurité, et avait débité ce qu'il pensait sur le moment. Sûrement l'impulsivité d'Eren qui déteignait un peu trop sur lui. Jean, furieux déboula dans la cuisine et hurla :
- « Non mais Armin, ce n'est pas ce que tu pensais ?! Rassure-moi, tu… »
Le regard de celui-ci en disant long. Ses petits doigts se crispaient sur l'emballage du paquet de chips, produisant un bruit désagréable. Alors qu'un ange passait, et qu'il prenait tout son temps, des pas se firent entendre. Jean fut soulagé de la venue soudaine de ce camarade de promo et demanda en lui tapant l'épaule :
- « Ah ! Connie : dis-leur toi, à ces abrutis que je foutrais, sans problème, une raclée à Eren si j'en avais l'occasion ! »
Le principal concerné s'arrêta de respirer et ses grands yeux s'arrondirent. Il s'écria :
- « Tu es Eren ?! »
Le rasé accourra vers lui et palpa ses joues rebondies. Le geste particulier fit froncer des sourcils l'adolescent qui réclamait l'aide de son meilleur ami d'un regard. Ce dernier ne fut que plus amusé de la scène burlesque qui prenait place sous son toit tandis que Jean piquait une crise monumentale. Il poussa un râle de mécontentement avant de s'éloigner de la cuisine, jaloux de toute cette attention portée à l'égard d'Eren.
Lorsque Connie termina son inspection, il attrapa sa main droite et la secoua vivement, toujours cette lueur impressionnée dans ses pupilles :
- « Putain mec, c'est un honneur de te rencontrer ! Si tu savais comme on a entendu parler de toi ! Je suis Connie, on n'a pas eu trop le temps de te voir pendant la visite des locaux, ni de trop savoir pourquoi t'as échappé à ces années de malheur avec Keith mais je te rassure, t'as rien raté ! T'as même échappé au pire ! »
Le jeune diplômé s'extasiait de tous les faits et gestes de son interlocuteur. Il suivait le moindre de ses mouvements de ses iris claires, et semblait attendre une réponse de sa part :
- « Et bah, écoute Connie, ravi de te connaître ! On ne m'a pas vraiment parlé de toi, mais du peu que j'ai entendu, tu veux t'enrôler pour être membre de l'Escadron c'est ça ?
- Exactement ! Je suis plus motivé que jamais, rien ne m'arrêtera maintenant que j'ai eu mon certificat.
- T'as l'air d'être motivé en tout cas, et si en plus le discours d'Erwin ne t'a pas fait fuir, tu seras probablement le bienvenu parmi nous. »
Les yeux de Connie transpiraient la considération. Il était accroché aux paroles d'Eren. C'était un peu comme son modèle : il avait le même âge que lui et avait déjà intégré les rangs qu'il souhaitait rejoindre le plus tôt possible à la rentrée. Il voulait qu'il lui dise tout ce qu'il savait sur le Bataillon Ailé, les moindres recoins du bâtiment.
Eren observait son semblable s'agiter. Il tournait dans la petite pièce qui sentait bon les madeleines et la pizza, (qu'Armin était entrain de faire réchauffer) excité comme une puce. Eren, qui d'habitude se serait prit au jeu en racontant de long en large la vie de l'Escadron, restait muet comme une carpe et ne divulguait que de maigres informations, comme s'il souhaitait au fond, couper court à cette conversation.
- « Et la cantine, elle est bien ? continuait Connie.
- Oui, ça peut aller.
- Oh c'est Sasha qui va être contente ! C'est une vraie morfale, elle me fait un peu peur parfois… Tu sais, elle ne tarit pas d'éloges sur toi non plus. Elle ne faisait que me narguer en me disant qu'elle te connaisait alors que moi non. Tu l'as vu la dernière fois ? Dès que la tante de Sasha, Hanji je crois, a…
- Oui, j'étais là, coupa t'il, d'un ton sec. »
Connie s'arrêta alors de raconter ses inepties et questions (qui, même si elles pouvaient paraître pertinentes, était un tantinet envahissantes), stoppant son discours net. Il comprit qu'il devenait un peu intrusif et s'éloigna rejoindre Jean dans le jardin. Armin n'en revenait pas. Il déposa ce qu'il tenait dans les mains alors qu'Eren garnissait les toasts de tapenade :
- « Mais qu'est-ce qui te prends ?
- Moi ? s'offusqua t'il. Rien ! Il ne faisait que parler, il fallait bien qu'il se détende un peu !
- Je ne te reconnais pas, fronça Armin, dégoûté. Connie est quelqu'un d'adorable, il est passionné et très pressé d'intégrer les rangs à tes côtés depuis le temps que Mikasa et moi parlons de toi. Tout ce qu'il voulait était engager la conversation. Depuis que tu es arrivé tu te comportes comme un abruti. Je veux bien croire que Jean ait pu t'agacer sur le chemin mais tu agis vraiment d'une manière qui n'est pas la tienne. Eren qu'est-ce qui ne va pas ?
- Mais rien je te dis ! » vociféra-t-il profondément énervé. Il envoya ses points en l'air d'un geste vif et craqua complétement : « Ce petit mec est juste hyper intrusif, vous êtes tous tellement intrusifs à vous immiscer dans la vie des gens, c'est insupportable ! »
Armin se recula. Comme si les paroles qu'il venait de prononcer lui avait tout expliqué.
- « Je suis désolé… je suis sûr que ça va s'arranger.
- De quoi est-ce que tu parles ? fit Eren, relevant le nez pour se donner davantage de prestance.
- Bah, ça me paraît évident… il n'y a qu'une seule personne capable de te faire changer aussi radicalement de conduite. Tu as besoin d'en parler ?
- Fous-moi la paix Armin, siffla t'il, déjà entrain de s'éloigner de la cuisine, un petit plateau sur les bras.
- Eren. »
Il lui attrapa la manche, faisant vaciller les petites tartines qui tenaient en équilibre les unes sur les autres dans une jolie pyramide, et le força à le regarder dans les yeux.
- « J'ai toujours été là pour toi. Que ce soit quand nous étions enfants ou maintenant. Je sais que tu es malheureux, mais ce n'est pas une raison pour être aussi glacial envers moi.
- Arrête de vouloir jouer le meilleur ami parfait Armin, dit sèchement Eren. On ne se connaît pratiquement pas. Tu auras beau faire mine de, tu sais pertinemment que ce n'est pas le cas. »
Comme s'il se brûlait en le retenant, le blond relâcha son emprise et se rompit le contact, laissant à Eren le choix de fuir la conversation ou d'affronter ses vieux démons. Le regard de l'adolescent faiblit sous l'aura noircit du second. Il bafouilla la voix pleine de ressentiments :
- « La colère te fait dire des choses terribles. Je… je vais rejoindre Connie et Jean. Je te laisse réfléchir, viens me voir quand tu seras calmé. »
Sur ces mots, il repoussa Eren de la main pour le laisser passer et accourra vers l'extérieur. La poitrine de l'esseulé s'affaissa dans un soupir. Il était absolument conscient d'agir comme le plus parfait des connards, mais ça lui empêchait de fondre en larmes. Ces larmes qu'il retenait tant bien que mal depuis cette conversation. Son palpitant pulsait de plus en plus, son sang faisant des tours rapides, il eut la tête qui tourna. Il s'imaginait à quel point Levi devait se ficher de comment il allait, de comment il devait l'avoir déjà oublié.
Il se mordit le poing de rage tout en avançant vers la porte de derrière, coïncidant avec le jardin.
Levi était vraiment un baratineur. Toutes ces jolies phrases, la première nuit, il les avait récitées. Les mots étaient trop bien choisis pour qu'ils ne soient spontanés. Levi l'avait embobiné. Son regard. Ses petites manies. Tout était méticuleusement préparé pour qu'il l'attire.
Eren n'arrivait pas à penser objectivement. Toutes les choses qu'il avait pu faire avant s'était écrasées pour ne laisser place à la vision d'horreur de cette nuit. De cette femme, encore en sueur après l'acte, s'enroulant dans ses draps. Du regard de Levi, paniqué alors qu'il découvrait qu'il avait comprit la supercherie. Et de son soulagement excessif lorsqu'Eren avait décidé de le lui pardonner, trop aveuglé par le soit disant amour qu'il lui portait. Il en avait fait des caisses pour qu'il lui tombe dans les bras, il savait qu'Eren était naïf et qu'il se jetterait de son propre chef dans la gueule du loup.
« Manipulateur »
Le malheureux s'adossa à la souche d'un arbre.
Son cœur se ralentit soudain. Il ne fallait pas se mettre dans des états pareils pour des choses aussi futiles. Jean lui rirait sûrement au nez s'il le voyait dans cet état et il était hors de question que cette soirée tourne au mélodrame avant même qu'elle n'ait commencé. Le soleil n'était pas couché qu'il se lamentait déjà.
Décidé, il se releva le poing encore endolori tant il avait mordu dedans avec vigueur. On pouvait presque voir les cellules sanguines affluer à certains endroits, encore marqués par ses crocs. Il rejeta une mèche en arrière afin de mieux voir le paysage qui s'étendait à perte de vue. Le grand astre déclinait, rayonnant une dernière fois pour la journée sur le lac foncé perdu entre les brins de blés. Les eaux troubles accueillaient en leur sein de petites rainettes qui croassaient joliment. Eren plissa les yeux et cru voir une voiture s'arrêter non loin de la demeure. C'était impossible que ça ne soit pas un nouvel invité.
Prit d'une certaine curiosité, Eren lâcha le bout d'herbe, qu'il triturait depuis cinq bonne minutes et qui avait déteint sur le bout de ses doigts et l'intérieur de ses ongles, et alla jeter un coup d'œil pour voir qui pouvait bien arriver. Une silhouette saluait le conducteur qui l'avait amenée et s'approcha. Petit à petit, les yeux plissés, il s'avança pour se présenter. La chevelure jais coupée au carré se réfracta jusqu'au tréfonds de sa rétine et il ne fallut pas plus d'une demie seconde pour qu'Eren comprenne de qui il pouvait bien s'agir.
- « Mikasa ! »
Le sang de la principale concernée ne fit qu'un tour avant qu'elle ne découvre d'où la voix provenait. Elle se précipita dans ses bras en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, le projetant encore une fois à terre. Eren étouffa un gémissement.
- « Doucement…
- Je suis heureuse de te voir ! »
Elle parlait comme un enfant retrouvant son père parti à la guerre ils s'étaient très peu séparés mais pourtant, Eren admit que la brunette lui avait également manqué. Il lui frotta vigoureusement le crâne (comme il savait qu'elle détestait ça) et déclara :
- « Moi aussi. »
Ils se relevèrent doucement, Mikasa capta qu'elle l'avait une fois de plus, écrasée de tout son poids. Il fallait vraiment qu'elle maitrise ses entrées en matière, il y avait plus calme comme façon de faire. Mais ça ne serait pas vraiment Mikasa si elle ne manifestait pas sa joie à chaque fois qu'elle le voyait. Elle l'enlaça de toute la force qui lui restait après cette longue journée (ce qui restait toujours plus que ce qu'Eren n'aurait en étant en pleine forme) et poussa un soupir d'apaisement.
Lorsqu'ils se séparèrent, Eren posa ses prunelles sur les clavicules apparentes de Mikasa. Manifestement, elle avait eu le temps de se changer puisqu'au lieu du grossier uniforme elle portait une jolie robe blanche voilée et drapée flattant avec délicatesse ses fines courbes. Ses épaules étaient à nues, et la brune ne semblait pas avoir l'habitude. Elle avait troqué son éternelle écharpe carmine contre un petit collier en argent. Ou peut-être avait-il toujours été là mais l'étoffe le recouvrait ? Il déclara cependant en pointant le bijou du doigt :
- « C'est joli. »
Elle rougit comme jamais auparavant. Sa peau, d'habitude nacré, avait viré au coquelicot en si peu de temps qu'Eren s'inquiéta. Alors qu'il allait rétorquer quelque chose, il discerna le petit triangle tatoué dans cette chair exposée. Il fronça les sourcils, se rendant compte qu'ils n'avaient pas eu le temps de parler de cette dispute. Ils avaient fait fi de cette conversation pourtant cruciale, entretenue il y a une semaine. Entre temps, Mikasa était parti en mission, et ils avaient un peu oublié. La jeune fille lui répondit, coupant court au fil de ses pensées :
- « Oh, ça… c'est un cadeau de Jean. Je devrais le mettre aux ordures maintenant que…
- C'est cette tronche de cheval qui te l'a offert ? s'effara Eren.
- O… oui. »
Elle le cacha du plat de sa main, gênée d'avoir eu à avouer cela. Eren fronça les sourcils :
- « Est-ce que vous êtes ensembles … ?
- Quoi ?! hurla-t-elle. Non ! Ça ne va pas ou quoi ?
- Ouf, tant mieux ! J'ai cru que j'avais fait une gaffe. »
Un silence s'installa. D'abord doux et calme. Puis de plus en plus pesant au fur et à mesure que le temps s'égrainait à vrai dire. Eren scrutait ses pieds comme le plus beau des spectacles, trop soucieux de devoir aborder le sujet de leur différend précédent et trop peureux pour s'enfuir (de toute manière, personne ne l'attendait de l'autre côté du jardin). S'ils agissaient comme si de rien n'était, c'est qu'ils avaient enterré la hache de guerre, non ?
Mikasa retira la main qu'elle avait porté à son cou et comprit pourquoi Eren avait tiqué sur ce détail si incongru. Lui qui ne remarquait jamais rien. Elle se maudit pour avoir oublié son écharpe chez elle. Finalement, la plus courageuse des deux prit le problème à la racine et décida de dire franchement, non sans se racler la gorge d'anticipation :
- « Ahem… Eren. À propos de… »
Elle reprit contenance et le fixa de ses yeux perçants, l'intimant de vraiment la regarder :
- « Tu sais, je suis dé...
- Tu n'as pas à l'être, coupa-t-il en lui posant une main sur l'épaule. Vraiment. Toute cette histoire, c'est du grand n'importe quoi, on n'y comprend rien.
- Oui, mais j'aurais tellement pu tout te dire avec plus de tact.
- C'est bon Mikasa… On dit qu'on n'en parle plus ?
- J'ai vraiment merdé sur ce coup là…
- Ça tu peux le dire, plaisanta Eren en lui assénant une tape dans le dos, signe de pardon mutuel. »
Ils pouffèrent de concert en s'avançant vers les autres, contournant de ce fait la maisonnette. Eren, qui avait enroulé son bras autour de celui de Mikasa, la relâcha brusquement, et drapé dans sa fierté, n'accorda même pas un regard à Armin qui cherchait à comprendre l'entêtement de son ami. Pourquoi était-il aussi obstiné ? C'était invraisemblable. Il n'était pas devenu ami (que dis-je, meilleur ami) avec une personne pareille. Il ne le reconnaissait vraiment pas, comme s'il c'était un autre individu, un inconnu. Si Armin n'avait pas été Armin, il lui aurait probablement demandé de dégager de sa maison et d'aller ronchonner ailleurs. Mais le blondinet s'inquiétait réellement pour son acolyte. Son désintéressement lui lacérait la poitrine, il se refusait de laisser une telle situation empirer.
Et tandis que Mikasa s'approchait de lui pour l'embrasser, un large sourire lui fendant le visage, il lui chuchota à l'oreille :
- « Tu as parlé avec Eren ? »
Surprise par la tension dans sa voix, elle le rassura :
- « Oui, nous nous sommes réconciliés.
- Il se comporte de manière bizarre.
- Pourquoi dis-tu cela ? questionna-t-elle, une moue déconcertée sur la face.
- Tu ne trouves pas qu'il agit différemment ?... Je veux dire, regarde-le. Il ne va pas vers les autres, et lorsqu'ils viennent à lui, il les repousse. »
Comme pour illustrer ses dires, il montra de la main un Connie suppliant qui zieutait en coin son modèle et un Eren, les bras croisés qui faisait mine de ne rien voir.
- « C'est vrai que même quand nous étions mômes, il avait le don d'être le centre de l'attention auprès des petits comme des grands et il s'y accommodait plutôt bien, spécula-t-elle, comprenant petit à petit où il voulait en venir.
- Et puis regarde ! Depuis quand est-ce qu'Eren est aussi gentil avec toi ? Il a toujours repoussé tes tentatives de rapprochement et là il accepte sans peine de te prendre bras dessus bras dessous. Tout ça pour faire bisquer Jean ! »
Mikasa s'étrangla avec sa salive, plaçant d'un geste prévenant comme pour vérifier s'il fonctionnait toujours après cette révélation, sa main sur son cœur.
- « Tu crois qu'il serait capable de faire une chose pareille ?...
- Très franchement, je ne l'aurais jamais imaginé, mais il semblerait que ça serait le cas.
- Tu sais pourquoi il est ainsi ? »
Armin allait rétorquer mais ses mots restèrent dans sa gorge. Evidemment qu'il savait. Mais Mikasa entretenait vraiment une relation étrange avec Eren. On ne savait pas totalement si elle lui était reconnaissante d'avoir changé sa vie lorsque, plus jeune, il l'avait accepté comme amie alors qu'elle était seule, sans abri dans la rue, après le brutal assassinat de ses deux parents ou si elle été juste tombée amoureuse de cet enfant trop particulier.
Il n'avait ressenti aucun dégoût vis-à-vis d'elle. Toujours stoïque, alors qu'il lui avait tendu la main pour l'aider à se relever à l'époque. Eren lui avait apporté le secours nécessaire. Elle avait fini par être recueillie par la sœur de sa défunte mère, qui vivait dans les landes escarpées d'Ektyos. Il jouait avec elle, sans ressentir la moindre terreur. Il l'avait acceptée toute entière, sans jamais mentionner le piteux état dans lequel il l'avait trouvé cette nuit. Pleine de sang, frigorifiée par ce liquide rougeâtre qui lui collait à la peau, ses vêtements avec les cheveux recouvert d'une substance jaunâtre qui s'apparentait à de l'alcool que l'on avait dû renverser sur elle.
Armin et lui l'avaient aimé. Comme une amie. Comme une sœur. Jamais d'autres personnes n'avaient eu vent de cette histoire seul Eren avait été réel témoin de cette atrocité (puisqu'ils avaient seulement rapporté les faits à leur ami). Enfin, avec ses souvenirs défaillants : ce n'était pas dit que ce passage avait sombré dans les limbes de sa mémoire.
Armin soupira. Que devait-il faire ? Révéler à Mikasa l'existence de la relation d'Eren et le caporal Ackerman, ou la laisser baigner dans sa douce ignorance de peur de la blesser définitivement ? S'il choisissait la seconde option et qu'elle se révélait vraiment amoureuse d'Eren comme il pensait que c'était le cas, leur trio allait sérieusement prendre du plomb dans l'aile…
Que faire ?
Que faire…
Fort heureusement pour lui, Armin entendit le ronronnement d'une moto suivit de celui d'une voiture et reconnu les véhicules de ses convives et amis. De l'auto sortirent une cargaison d'invités, comprenant notamment Marco, Reiner, Bertolt, Annie et Christa (qui visiblement se sentait de trop et n'était pas moins heureuse que l'autre blonde de sortir de la berline), et la moto qui se gara dans le coin du large jardin. Armin reconnut Ymir qui retirait son casque et alla l'accueillir comme il se devait :
- « Salut Ymir.
- Mmh, répondit-elle encore attelée à déplier la béquille de sa moto.
- Je pensais que tu ne pouvais pas venir, c'est cool que tu sois là.
- Je ne suis pas venue pour te faire plaisir, je bouffe, je vérifie que Christa ne fait pas trop de conneries et j'me tire. Comme si j'avais que ça à faire de mon premier jour de liberté.
- Le contraire m'aurait étonné… Y a un souci avec Christa ? »
Elle se retourna vivement :
- « Comment ça ?
- D'habitude c'est toi qui l'amène partout où l'on va…
- C'est pas tes affaires, fit-elle, méchante. »
Elle calla son casque entre son bras et sa hanche et déambula à travers les invités qui se faisaient de plus en plus nombreux.
La fête commençait doucement. Le soleil n'était même plus visible à l'horizon mais le ciel était encore clair, teinté de cette jolie couleur rosée qu'ont les soirs d'été. Un léger brouhaha prenait place alors que Bertolt lança la playlist qu'il avait préparé pour l'occasion sur la stéréo. Tous les convives s'activaient autour d'Eren qui souriait faiblement à chacune de leurs exclamations pour éviter d'être trop rabat-joie. Seuls Ymir, Connie et Jean restaient en retrait (Armin étant partit recevoir Sasha qui venait d'arriver).
- « Regardez-les. On dirait qu'ils découvrent un putain d'Alien, souffla Jean.
- Je ne comprends l'engouement autour de cet abruti, même pas capable de récurer une table comme il se doit… pesta Ymir.
- Je ne suis pas de votre avis, ça fait longtemps qu'on en entend parler de ce type : c'est normal qu'on soit curieux. Que ce soit par Mikasa, Armin ou Sasha, que par les rumeurs lancées, Eren est une figure de l'Escadron maintenant… je ne comprends pas pourquoi il était comme ça avec moi, fit Connie, dépité.
- Peut-être parce que t'es trop con ! »
Sasha qui était juste derrière lui envoya une claque dans la tête et éclata de rire lorsqu'elle vit la moue déconfite de l'adolescent. Elle se moqua franchement de lui :
- « Haaaan, bouhouhou ! Je suis Connie, et Eren ne m'aimeuh paaaaas ! le refit-elle, mimant de fausses larmes en se frottant les yeux.
- Arrête ! s'exclama-t-il. J'ai même pas dit ça ! »
Il commença à lui courir après, tapant le sprint de sa vie pour éviter qu'elle ne continue de déblatérer des choses qui étaient plus vraies qu'il n'osait réellement se l'avouer. Elle continuait de l'imiter :
- « Je suis trop malheureuuuux ! Pourquoi personne ne m'ai… »
Elle fut plaquée au sol façon rugbyman par ce dernier qui lui écrasa la paume sur sa bouche :
- « Tais-toi donc tu veux ? Tu dis vraiment des… Ahhhh ! Sasha, t'es dégueulasse ! »
La maligne en avait profité pour lécher la main de son assaillant afin de lui faire lâcher prise. Il s'essuya la paume dans l'herbe et toujours en la maintenant de manière à ce qu'elle ne bouge pas, il s'écria :
- « Pourquoi t'es toujours aussi bizarre !? »
En guise de réponse elle se contenta de se débattre. Ymir finit par céder et poussa Connie du pied pour laisser le fauve s'échapper. De toute manière, il n'allait pas rester ainsi toute la soirée. L'excentrique s'épousseta et enlaça Connie en signe d'excuse. Ils s'entendaient vraiment bien. Une vieille amitié qui durait depuis toujours, du peu qu'ils se souvenaient, ils n'avaient jamais été séparés. Leurs mères étant meilleures amies également, ils se contentaient de faire perdurer la tradition.
Après cette accolade, Jean continuait de fulminer contre Eren, comme quoi ce n'était qu'un petit con et tous les noms d'oiseaux qui allaient avec. Sasha s'étira :
- « Eren est déjà arrivé ?
- Où veux-tu qu'il soit, soupira Jean en pointant du nez la foule qui se formait autour de lui. Crois-moi, je préfèrerais amplement qu'il ne soit pas dans les parages. Déjà que vous me rabattez les oreilles à converser sur lui depuis tout ce mois…
- T'es déçu de ne plus être le centre de l'attention, playboy ? ricana Ymir.
- Moi je pense que c'est plutôt le fait que Mikasa ait cessé de répondre à ses taquineries depuis qu'Eren est de retour dans sa vie qui le fait fulminer… s'amusa Connie, ravie de le voir dans la panade, lui qui se moquait de lui juste avant.
- Quoi ? Moi ? Pfff… Alors, là… C'est vraiment mal me connaître ! Comme si… ouais, n'importe quoi. »
Et tandis qu'ils se moquaient gentiment de l'embarras de Jean, Sasha trottina vers l'abondance de monde, faisant valser sa queue de cheval de droite à gauche.
- « Poussez-vous d'là ! demanda-t-elle de sa voix medium, laissant trainer en longueur la dernière syllabe pour ne pas que l'interjection ait trop l'air d'un ordre. »
La petite foule s'écarta, la saluant des yeux, car la plupart la connaissait bien. Et lorsqu'Eren entrevis Sasha, il fut soulagé :
- « Ah ! Salut Sasha ! »
Il s'écarta avec difficulté de Mikasa qui se cramponnait à lui, un regard de tigresse protégeant sa progéniture, planté sur ceux qui osaient s'approcher de trop prêt d'Eren, pour biser sa partenaire de labo.
- « Dis-moi, t'as du succès !
- Ne m'en parle pas… Ils sont sympas, mais un poil envahissants. Félicitation pour l'obtention de ton diplôme !
- Oh merci, ce n'était pas vraiment une surprise que je l'obtienne, tu sais. Hanji aurait trouvé une combine pour me faire passer de toute façon.
- Ça serait bien son genre, ria Eren. »
Ça lui faisait du bien d'être avec Sasha. Avec elle, il sentait qu'il pouvait retirer ce masque qu'il tentait de faire tenir. Mais il ne lui allait pas du tout… Pourquoi s'obstiner à faire quelque chose qui le mettait aussi mal à l'aise ? Il se faisait passer pour quelqu'un qu'il n'était pas alors à quoi bon ? Ça lui faisait de la peine les petits regards que lui lançait Connie. Il avait été dur avec lui.
Mais lorsque les larmes menaçaient de rouler à nouveau sur ses joues, il se rappela pourquoi il s'entêtait à être le plus acerbe possible. C'est parce que sinon, il allait s'effondrer. Il se demanda un instant si Levi était ainsi constamment à cause d'une douleur qu'il cachait. Mais cette question fut rapidement balayée par le sentiment d'abandon qui croissait dans la poitrine d'Eren. Il avala sa salive.
- « T'as l'air anxieux. »
Eren fit volte-face.
- « Ah oui ?
- C'est juste une constatation ! Allez, viens : on va boire un petit coup. »
La soirée battait son plein. Le soleil était couché depuis quelques heures et ne restait de lumineux que les spots colorés qui avaient été scrupuleusement répartis sur l'entièreté de la piste de danse. Tout le monde s'y donnait à cœur joie (sauf Ymir qui discutait avec Reiner de leur incapacité à vouloir se mouvoir dans cet amas de gens) se trémoussant sous le rythme effréné des basses. Sans aucun doute que les animaux aux alentours (parce que le peu d'habitations aux abords témoignait de l'absence de populace et donc de tout le loisir auquel ils pouvaient s'adonner sans avoir à se soucier d'une plainte pour tapage nocturne) devaient avoir été terrifiés par ces tremblements.
La musique se propageait comme une onde, d'abord dans les airs puis dans le sol, faisant vibrer la terre. Le parfum enivrant des fêtes surplombait les danseurs.
La fougue de la jeunesse sans doute : les trois quarts d'entre eux avaient été bien peu raisonnables, et chacun avait sa façon de réagir à l'alcool.
Il y avait les neurasthéniques, comme Connie et Sasha, qui, bien loin de leur joie de vivre habituelle, s'accrochaient l'un à l'autre comme une moule son rocher, pleurant encore et encore, et répétant comme un vieux tourne-disque à quel point ils s'aimaient l'un l'autre.
Ou encore les francs, comme Annie ou Ymir, dont le caractère ratiocineur de base s'accordait à merveille avec leur état alcoolisé. Cherchant des poux (si cette expression est encore utilisable de nos jours) à tout être-humain se dressant sur leur passage, et ne se cachant pas de révéler ses quatre vérités à quiconque la lui demandait.
Pour changer, les colériques, comme Jean ou Reiner, contenaient assez mal leurs pulsions primaires vengeresses et cherchaient à détendre leurs poings sur ceux qui avaient l'air le plus enclin à le demander (en général, ils finissaient par se foutre sur la gueule entre eux) les hilares, ici, représentés par Marco et Bertolt (qui de premier abord étaient ceux qui semblaient les plus timides mais qui finissaient par se révéler bien plus ouvert que ça une fois la barrière de la sobriété franchie). Et enfin, les sobres, qui devaient gérer les écarts des saouls : toute une organisation.
En bref, le cliché de la fête étudiante prenait place sous les yeux ahuris d'Eren, qui n'avait jamais été témoin d'un rassemblement pareil. Il était un des seuls à être sobre. Il avait à peine bu, ne tenant pas à révéler le véritable état qui se cachait sous sa carapace trop grande. Armin, évidemment était pur comme un lys, vierge de toute substance aussi étrange puisse t'elle. Il tournait au jus d'orange depuis quatre heures de l'après-midi, s'octroyant un coca de temps à autre.
Sa dernière escapade en compagnie d'Eren n'avait pas été un souvenir très agréable puisque le lendemain matin, jamais un mal de crâne aussi intense n'avait sévit de toute sa vie. Il était hors de question que la moindre goutte d'alcool n'intègre son système digestif.
Eren était fatigué de danser, et il n'avait pas tellement la tête à se frotter contre des dizaines d'adolescents. Il décida donc de se poser sur le canapé du salon, où Marco et Bertolt pleuraient littéralement de rire. Il ne leur avait pas beaucoup parlé de la soirée très timides, ils se cachaient souvent derrière leurs meilleurs-amis, faisant des petits signes de tête de temps à autre lorsque l'occasion se présentait.
Il se laissa tomber sur la surface molletonnée essayant de prendre part à l'hilarité des deux. Mais il avait un peu du mal à suivre ce qu'il se passait. Ils parlaient comme deux enfants de cinq ans, incapables d'aligner trois mots sans faire une faute de français. Un spectacle amusant au départ mais qui agaça Eren plus vite qu'il ne l'aurait cru. Il se leva et tomba nez-à-nez face à Armin qui revenait avec des piles de gobelets usagés sur les bras.
- « Tu as besoin d'aide ? proposa Eren, toujours un peu froid dans sa façon de parler, mais qui manifestement cherchait à se faire pardonner.
- Si tu veux… »
Il le débarrassa des verres en trop et le suivit jusqu'à la cuisine. Un silence gênant fit écho dans la pièce. Eren grattait une tâche de son ongle et demanda :
- « Tout le monde à l'air de ne pas aller trop mal ?
- Cette fois-ci, ça va. Il n'y a que Nack que j'ai dû coucher… je crois que les autres s'amusent bien.
- Tu sais où est Christa ?
- Avec Ymir, je crois.
- Ah, d'accord. »
La discussion était plate, sans but concret mis à part celui de s'informer sur des renseignements qui n'étaient vraiment pas importants, juste pour entretenir un semblant de conversation. Pour faire comme si de rien n'était. Le cœur d'Eren se contracta. Toujours cette sensation d'être emprisonné dans son propre corps, à l'étroit dans son enveloppe de peau. Il se craqua les os de la nuque pour se détendre lorsqu'Armin posa une main prévenante dans son dos.
- « Eren… »
Les lèvres du dénommé se mirent à trembler. Il ne voulait pas craquer. Il ne voulait pas embêter Armin avec ses histoires. Il ne voulait pas…
Sans prévenir, de lourdes larmes glissèrent sur ses joues et Eren fondit en sanglots dans les bras frêles de son meilleur ami. La porte de la cuisine était fermée, ne restait qu'eux. Personne aux alentours. Il ne retenait même plus les plaintes qui lui échappaient et se donnait à cœur joie sur l'épaule offerte du blondinet. Ce dernier ne savait pas quoi dire d'autre que répéter le prénom de l'autre encore et encore, comme une petite berceuse. Au fur et à mesure que ses pleurs s'estompaient, il chuchotait, allant jusqu'à murmurer des petites phrases de réconfort, comme un secret entre eux.
C'est les yeux embués et plus bleus que jamais, qu'Eren releva la tête en larmoyant :
- « Pourquoi est-ce que je l'aime aussi fort, Armin ? »
Il ne savait définitivement pas quoi lui répondre… Comment s'y prendre pour parler d'un sujet qu'il maitrisait si peu ? Il sentait qu'il avait besoin de vider son sac et lui laissa le temps de déclarer tout ce qu'il avait à dire avant de ne lui répliquer quelque chose.
- « J'ai beau ne penser qu'à lui, me délecter de chaque petite chose le concernant : je ne peux pas m'empêcher de revoir le visage de cette femme dans son lit. Je n'arrive pas à croire qu'il puisse retourner mes sentiments, j'ai peur d'être utilisé. Il sait que je suis faible sur le plan émotionnel et je suis certain qu'il en joue…
- La femme dont tu me parles, c'est celle qu'il avait embrassé l'autre soir ? »
Incapable de répliquer quoique ce soit, il se contenta d'hausser faiblement la tête avant de l'enfouir à nouveau dans le cou de son ami. La scène était vraiment attendrissante : un grand mec avoisinant les un mètre soixante-dix, se réfugiant dans l'étreinte d'un gringalet d'une tête de moins que l'autre. Armin caressait diligemment les cheveux chocolats de son ami.
- « Je ne connais pas bien ce type, je ne pourrais pas avoir d'avis objectif sur lui. Et je voudrais pouvoir te guider mais tout ce que je peux t'offrir, c'est ma sincère compréhension. Ça va aller pour vous Eren, tu réussiras à ignorer cette boule de rancœur que tu as envers cette femme. De toute façon, ce n'est pas avec elle que tu es en couple, je me trompe ?
- Le truc, c'est que c'est contre Levi que je suis en colère, et que, malgré la semaine passée à ses côtés, je n'arrive pas à passer outre. À chaque fois qu'on rentre à l'appartement et qu'on passe devant la porte de sa voisine, j'ai l'impression qu'il l'observe. Je ne veux pas qu'il m'utilise comme il a fait avec elle, tu comprends ? »
Ils se laissèrent glisser contre le lave-vaisselle qui tournait à plein régime. Le léger vrombissement de l'appareil était comme le plus doux des massages pour le dos d'Eren, endolori par la peine de porter un tel poids sur les épaules.
- « Tu crois qu'il t'utilise ?
- C'est mon impression en tout cas.
- Est-ce qu'il a honte de t'avoir à ses côtés ?
- Je ne crois pas… nous avions décidé d'un commun accord de garder notre relation secrète des membres de l'Escadron pour éviter que la sexualité du caporal et moi-même ne fasse polémique auprès des recrues, mais la discrétion des collègues de Levi n'a pas aidé. »
Eren balança sa tête en arrière laissant apparaître dans son cou, une tâche violette : signe d'appartenance de celui qui la portait à son créateur. C'était tout récent car encore rougeâtre, et Armin ne put s'empêcher de sourire :
- « En tout cas, de ce que je peux voir, il tient à toi plus qu'à un vulgaire coup d'un soir. »
L'adolescent plaqua sa main à l'endroit même où le suçon trônait. Tout gêné, il tenta de cacher la marque brune avant qu'Armin ne décale sa main.
- « Eren, tu ne peux pas nier le fait que Levi ne te voit pas comme cette femme ?
- Bien sûr que non ! C'est ça qui est le plus douloureux… Je sais que je suis différent des autres filles avec qui il a pu coucher. Si j'étais comme elles, il m'aurait déjà sauté et serait passé à autre chose.
- Jolie façon de dire les choses, se moqua Armin.
- Tu vois où je veux en venir. » rétorqua Eren, un sourire amusé relevant les commissures de ses lèvres encore mouillées par le passage précédent des larmes sur celles-ci. « Est-ce que tu crois que je devrais en parler avec Mikasa ? »
Armin l'aida à se relever, trop ravi d'avoir enfin mis le doigt sur le nœud du problème et de le voir enfin se délier peu à peu. Et alors qu'il allait lui répondre, leurs regards se posèrent un instant par delà la fenêtre.
De l'autre côté de la vitre, Mikasa sermonnait Jean sur la quantité d'alcool qu'il avait ingurgité. Ils se firent discrets et écoutèrent la dispute en laissant trainer une oreille :
- « Tu as beaucoup trop bu Jean, tu empestes.
- C'est à cause de l'autre abruti qu'on ne traine plus ensemble ?
- Non, je n'ai jamais trainé avec toi. Je supportais ton harcèlement, c'est tout.
- Tu me mens… Regarde, tu portes même le collier que je t'ai offert pour ton anniversaire l'an dernier ! »
Un silence témoigna de la gêne qu'elle éprouvait suite à cette constatation.
- « J'aime quelqu'un d'autre Jean, fous-moi la paix ! Adresse-moi la parole quand tu seras sobre !
- C'est qui ? questionna-t-il amer.
- Ça ne te regarde pas.
- J'ai le droit de savoir non ?
- En quoi est-ce que je te donnerais cet honneur ? demanda-t-elle, drapée dans sa fierté.
- Bah… je t'aime. Ce n'est pas suffisant ?
- Tu ne sais vraiment plus ce que tu dis. Va donc te reposer avant que je ne t'y force. »
Cela sonnait plus comme une menace qu'un conseil. Eren et Armin était sous le vasistas, partagés entre la peur de se faire surprendre par un intrus qui pouvait entrer à tout moment dans la cuisine ou encore pire, par Mikasa et l'excitation d'en savoir plus sur le devenir de conversation.
- « Combien de fois faudra-t-il que je te répète que je t'aime Mikasa ? Cent fois ? Un million de fois ?
- Arrête de dire n'importe quoi Jean, va donc voir ailleurs si j'y suis. À ce propos, est-ce que tu sais où sont Armin et Eren ? »
Les dénommés enfoncèrent leur tête dans leurs épaules, comme si ça allait les sauver d'une quelconque œillade dans la cuisine de la part de Mikasa.
- « Qu'est-ce que tu peux lui trouver à ce taré ? Qu'est-ce qu'il a de plus que moi ?
- Tu me fatigues, je m'en vais.
- Non ! Reviens ! supplia-t-il. »
Eren n'osait même pas bouger d'un pouce. Il ne revenait pas de ce qu'il venait d'entendre. Est-ce que Mikasa l'aimait vraiment finalement ? Armin lui tapota le bras :
- « Je te l'avais dit. Tu as toujours été plus qu'un simple ami pour elle.
- Ce n'était peut-être pas de moi qu'elle parlait ? tenta-t-il de se convaincre.
- Eren… »
Il avait employé un ton signifiant très clairement : ''tu sais toi comme moi de qui elle parlait''. Eren se prit la tête entre les mains.
- « Putain ça craint !
- Ça, tu peux le dire.
- Mais je fais comment, moi, maintenant ?
- Du calme, du calme, ne panique pas. On va trouver une solution : on en trouve toujours une. »
Il spécula pendant quelques secondes tandis qu'Eren tournait autour de l'ilot central comme un lion en cage. Armin fini par dire :
- « Je n'en voit que deux qui pourraient clairement faire avancer la situation. Soit tu te tais sur ton histoire avec Levi, mais les sentiments de Mikasa ne cesseront d'évoluer vous détruisant peu à peu tout deux puisque j'ai cru comprendre que tu ne retourneras jamais son amour.
- À Mikasa ?! Mais c'est comme ma sœur !
- On ne sait jamais, l'inceste ça existe hein… plaisanta-t-il en tentant de détendre l'atmosphère.
- Putain Armin ! C'est pas le moment de déconner ! vociféra Eren, plus stressé qu'il ne souhaitait le laisser transparaitre.
- … Soit tu lui dis la vérité, toute la vérité et elle arrête de se faire de faux espoirs et vous pouvez avancer tous les deux de votre côté. Ça sera au mauvais moment à passer mais si vous arrivez à rester amis, ça peut le faire. »
Eren sentit qu'il se retenait de dire quelque chose de crucial.
- « Mais vu comment Mikasa est têtue, elle serait bien capable de s'accrocher et de mettre tout en œuvre pour que tu l'aimes en retour. Tout du moins il serait probable qu'elle tienne le coup et garde ses sentiments en sachant pertinemment que tu ne lui retournas pas.
- Putain mais Armin, et Levi dans tout ça ? Est-ce que je dois mettre un terme à notre relation ? Et Mikasa ? Si elle m'aime comme tu dis... Qu'est-ce que je suis supposé faire ?
- Dure, dure la vie d'un beau mec, hein ? »
La voix d'Ymir sonna comme le glas dans la petite pièce. Mortifiés ils découvrirent le visage amusé de l'interlocutrice accompagné par la frimousse d'ange de Christa qui ne comprenait pas bien la situation.
Il avait beau être deux heures du matin, la soirée était loin d'être terminée.
BOUM.
Ymir et Christa ont tout entendu. Enfin, tout du moins, la dernière phrase prononcée par Eren. Là, ça commence doucement à être la merde.
J'ai rédigé ce chapitre presque d'un seul coup (sauf tout le passage au début, en POV Levi, qui attendait sagement dans mon ordi depuis une semaine), parce qu'en fait j'écris depuis six heures. Je vous avoue que je fatigues un peu !
Je suis au courant que ce chapitre peut paraitre un peu long pour ne rien dire au final. Bon, alors, pas de panique : normalement si je suis la logique de mon brouillon, il devrait y avoir pas mal de POV Levi dans le chapitre 12 (soit le prochain). Je promets rien parce que j'ai souvent des idées qui changent du tout au tout en fonction de ce que je veux faire (par exemple : il y a quelques semaines quand je me projetais dans cette partie de l'histoire, je voulais mettre Eren avec Christa, pour qu'il y ait une histoire à propos de ça... mais finalement j'ai trouvé que c'était nul et j'ai préféré introduire cette discussion avec Armin).
Bon, trêve de blabla, il est temps de savoir ce que vous avez pu penser de ce "petit" chapitre :
- le début avec Levi ?
Très franchement, je ne sais pas trop quoi penser de cette entrée en matière. Levi a beaucoup de mal à se livrer à ses amis (c'est un peu paradoxal vu comment il s'est livré à Eren le soir où il a tout largué ce qu'il avait sur le coeur, mais les circonstances toussa toussa...). Est-ce que vous aimez Hanji autant que je l'aime ? Je trouve cette femme géniale et c'est juste kiffant de me mettre un peu dans sa peau, pour ce qui concerne Erwin, je ne suis pas très fan du perso de base, je le trouve ultra coincé : ça me fait plaisir de me réconcilier un peu avec lui par le biais de cette fic).
- l'attitude d'Eren ?
Quel petit con. J'ai détesté le faire agir ainsi. Je trouve que ce n'est pas du tout un caractère qui lui va que de le faire ignorer ses sentiments. Pour moi, le véritable Eren n'hésite pas à dire ce qu'il pense, que ça soit quand quelqu'un l'emmerde que quand il apprécie quelqu'un d'autre. Et de le voir seulement faire le connard parce qu'il veut oublier qu'il est triste (je ne peux pas vraiment lui jeter la pierre : je suis la première à me comporter hyper mal avec mes amis quand je suis triste) ça m'a fait frissonner de désagrément.
- l'engouement de Connie ?
Je ne sais pas pourquoi, mais cette idée de le faire complètement fan d'Eren m'est venue d'un coup. Peut-être est-ce une connerie ? Je ne sais pas vraiment, il me fait penser au petit dans Harry Potter : Colin.
- l'arrivée de Mikasa et leur discussion ?
Je voulais enfin souligner à quel point Mikasa peut être belle et féminine quand elle s'en donne la peine. Leur réconciliation m'a mis du baume au coeur, même si d'habitude je n'apprécie guère ce perso (dans l'anime seulement, dans le manga c'est une brave dame), je me réconcilie avec mes vieux démons grâce à cette fic ;)
- la baston Sasha/Connie ?
Je me suis bien éclatée à l'écrire. Si ça peut paraitre un peu grossier, ou décousu, c'est parce que je m'imaginais vraiment la scène et que je voulais que ça soit le plus spontané possible. Je me suis inspirée de ce que j'ai pu vivre parce que je serai clairement capable de me battre comme ça avec mes cousins.
- l'explication Armin/Eren et leur réconciliation ?
J'aime sincèrement ces gosses. Ils sont adorables tous les deux. Qui mieux que l'un peut connaitre l'autre ? Malgré le fait qu'ils ont été séparé une dizaine d'années, ils restent toujours aussi proches et compréhensifs l'un pour l'autre. Je voulais qu'Eren tombe et se relève un peu grâce à Armin.
- la conversation Jean/Mikasa ?
Dieu que j'aime le perso de Jean. Il est absolument génial. Sur quoi spéculez-vous pour la suite ? Pensez-vous qu'ils vont se mettre ensembles, que Mikasa sera mise au courant pour Eren et Levi ? je serais curieuse d'avoir vos avis :)
- et l'arrivée comme un cheveu sur la soupe des deux miss dans la cuisine ?
Comment pensez-vous qu'ils vont gérer pour qu'elles ne disent rien ?
Je suis ex-té-nu-ée. Il est bientôt 4h du matin, je ne sais pas pourquoi je suis toujours debout alors qu'à 22h je baillais déjà.
J'ai aucune idée de quand est-ce que je vous reverrai (bientôt je l'espère). Même si je suis en vacances, j'ai un programme ultra chargé : entre mes devoirs et mes activités extra-scolaires, je ne suis pas en reste. Tout ça pour dire que si je disparais pendant une petite durée indéterminée, ça ne veut pas dire que j'abandonne hein. J'en ai trop chié pour arrêter là :')
Bon j'arrête de parler (décidément, ne pas être là pendant deux semaines m'aura rendu bavarde) et je vous remercie d'avoir lu !
À bientôt !
Petit update du 13/10 : je ne suis pas morte hein, j'ai eu une grosse panne d'inspi. Pour les plus courageux d'entre vous, j'ai retaper le chapitre 6 qui était bien pourri. Il devrait être mieux maintenant n'hésitez pas à checker !
