TABLEAU RÉCAPITULATIF DISPONIBLE SUR MON PROFIL


Chapitre 3

PART 4

Mercredi 8 MAI 2002

-8H00 -

Kingsley et Hyde venaient d'arriver au Ministère. Ils pensaient devoir patienter quelques temps dans l'antichambre du Bureau du Ministre quand ils trouvèrent l'homme debout dans l'embrasure de la porte. Il trépignait d'impatience, tournant en tous sens, l'air nerveux et le visage pâle. Tiberius Ogden était un ancien membre du Magenmagot de 64 ans au physique tout ce qu'il y avait de plus banal. Ses cheveux commençaient à blanchir, et il se laissait pousser la barbe pour avoir une allure de sage « dumbledorien ». Il était très difficile de reprendre les rênes d'un Etat après une guerre, et Tiberius faisait tout pour en être digne. Il voulait avoir l'image d'un grand homme comme l'était Albus Dumbledore, son modèle. Les quelques centimètres de barbe lui avait déjà permis de gagner 10% dans les sondages.

A ce moment précis, il n'arrivait pas à rester calme et immobile. Il tapait du pied, avançant jusqu'à l'entrée de son boudoir, puis faisant demi-tour vers son cabinet. Quelques minutes de plus, et il serait lui-même allé chercher les deux Directeurs de Département par la peau des fesses. Quand il les vit enfin arriver, il pointa un doigt colérique vers son office et retourna se poster face à la fenêtre derrière son bureau. Elle donnait sur une vue magique changeant à volonté. En l'occurrence, il s'agissait d'une tempête en montagne : le Ministre était de mauvaise humeur. Kingsley et Hyde s'avancèrent doucement, sentant instinctivement qu'ils allaient en prendre pour leur grade. Shacklebolt respira longuement, et Funestar se mordait l'intérieur des joues. Ils étaient prêts pour le raz-de-marée.

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Les Oubliators étaient avec Blaise. Le prélèvement de ses souvenirs prendrait un certain temps, surtout dans l'état de trouble où était le jeune homme. Aux dernières nouvelles, la médicomage Hermione Weasley lui avait fourni une belle dose de potion calmante et avait ordonné qu'il soit toujours sous surveillance pour qu'il ne soit pas un danger pour lui-même… En clair, elle craignait un suicide. Mais quand Ulrich l'avait vu, Blaise était plus proche de la catatonie.

Ulrich Vaisey apporta les résultats des empreintes sur le poignard et des analyses sur la baguette. Tout accusait Blaise. C'en était déprimant. Les empreintes digitales sur l'arme comportaient à la fois celles de Blaise et celles inconnues du tueur. Ne restait plus que la mémoire dans la pensine, en espérant que cela donne quelque chose.

Ulrich avait mal à la tête. Et dire qu'il allait devoir travailler avec Potter ! Il se souvenait de l'échange de regards qu'il avait eu avec Astoria : elle n'avait vraiment pas l'air contente… « Saint Potter »… Ils étaient plusieurs anciens Serpentards à détester ce type de toutes les fibres de leur être. Il était en partie responsable de la mauvaise réputation de leur maison : il n'avait jamais rien fait pour les aider, agissant comme s'ils étaient tous des Mangemorts en devenir. Sa haine envers Draco y avait grandement participée. Et maintenant, cela semblait avoir changé ? Comme c'était pratique ! Draco était une victime, donc à présent il l'aimait bien ? Alors quoi ? Il faudrait qu'ils se fassent tous poignarder pour éveiller un semblant de sympathie ?

Le jeune homme fulminait, bien qu'il n'ait pas encore eu un seul contact avec son ennemi. Les autres petits Gryffondors n'étaient pas mieux que Potter. Kenneth, Damian, Helen, Ron et Ginny étaient tous les cinq d'anciens membres de la maison rouge et or. Forcément, ils avaient toujours eu un avantage certain. Les verts et argents devaient se battre dix fois plus pour avoir un travail. Astoria et lui avaient étudié sans relâche, avaient obtenu les meilleures notes. Et pourtant, ils devaient encore se surpasser pour monter en grade, alors que des petits nouveaux étaient promus sans rien avoir fait de particulier pour le mériter. Ils n'avaient jamais fait aucune remarque, mais Funestar était venu les voir pour leur confirmer leurs soupçons : les Serpentards étaient mal vus en cette période, et les hauts gradés risquaient de le taxer de favoritisme s'il leur donnait de l'avancement à la place d'autres. Pour qu'il puisse être libre de les élever au rang supérieur, il devait avoir des preuves en béton pour démontrer leur mérite. Seul Herulf Poliakoff avait eu un traitement de faveur car louangé par de grands chercheurs de son pays, alors que Durmstrang n'était pas non plus très bien vu. Le directeur faisait le même discours à tous les « serpents » qui entraient dans son service. Après tout, Funestar était lui-même un ancien Serpentard.

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Astoria Greengrass avait toujours pensé que son physique de mannequin lui ouvrirait toutes les portes. Elle était grande, presque maigre, une poitrine généreuse magiquement entretenue, de petite fesses bien rondes et fermes, de longues jambes galbées, des ongles toujours parfaitement manucurés, une peau bronzée parfaite… Un très beau visage ovale agrémenté de lèvres pulpeuses rougies de gloss, de yeux saphir cernés de longs cils noirs, un petit nez droit, et un grain de beauté exquisément placé près de ses lèvres. Elle aimait jouer avec sa longue et épaisse chevelure brune bouclée pour faire tourner toutes les têtes. Être lesbienne n'était pas écrit sur son front, cela la faisait bien rire.

Cependant, elle n'aurait jamais cru s'attirer l'amitié d'un membre de la police scientifique pour son épouvantable caractère. Ils s'étaient tout de suite entendus sur leur hargne envers le monde entier. Ils aimaient discuter autour d'un verre pour cracher sur leurs collègues, leurs supérieurs, leurs ex, les passants… Il était son premier ami moldu, et le seul. De toute façon, elle n'avait pas beaucoup d'amis, même chez les sorciers. Alors quand elle vint le voir sur son lieu de travail, ils allèrent immédiatement prendre une pause café-clope.

- « Alors t'es obligée de bosser pour cette enflure ? ricana David Guerin, le scientifique après qu'elle lui ait vaguement raconté son dernier travail.

- Ouais, comme si ça lui suffisait pas de m'avoir pourri ma scolarité, grogna Astoria.

- T'étais à quelle école, déjà ?

- En Ecosse, tu connais pas. Heureusement qu'Ulrich est là. On se soutient depuis l'Université, c'est pas facile tous les jours. Je me demande comment ça va se passer. Je te jure que si Potter me fait une remarque, je le descends.

- Je n'en doute pas, rit franchement David qui aurait donné cher pour être là quand cela arriverait. Et ce meurtre ? Ca se passe bien ?

- Ils piétinent. Mais je dois avouer que c'est plutôt compliqué… D'ailleurs, c'est pour ça que je suis venue : on a besoin de tes détecteurs de micros et caméras. Tu peux me passer ça ?

- Vous en avez pas dans votre unité ? s'étonna-t-il, incrédule. C'est la base, pourtant. Je veux bien te dépanner mais ça va faire pas mal de paperasses et il me faut l'autorisation de mes chefs. Il t'en faut combien ?

- Vu la superficie à scanner, réfléchit Astoria, pensive. Je dirais au moins dix.

- T'es sérieuse ?! Dix ? s'exclama Guerin en recrachant son café.

- Plus si possible. C'est un manoir, je te rappelle.

- Elle est où ta scène de crime ? Un propriétaire de manoir assassiné chez lui, ça a plutôt tendance à faire la une des journaux, particulièrement dans les environs de Londres. Pourtant j'en ai jamais entendu parler.

- Ils étouffent l'affaire, qu'est-ce que tu crois ? s'amusa-t-elle. C'est un homme important, on a tout fait pour qu'il n'y ait aucune fuite.

- Mais alors tu n'aurais même pas du me parler de tout ça, douta David qui n'arrivait pas à comprendre.

- Je ne t'ai donné aucun nom, ni précisé où cela se passe, la technique du tueur, ou quoi que ce soit d'autre. Je ne t'ai même pas dit pourquoi j'ai besoin de tes engins.

- Petite sournoise, sourit le jeune homme. Mais je vais avoir du mal à convaincre mon boss pour le prêt. Surtout pour une telle quantité.

- Tu connais un certain… Valentyne ?

- Le petit protégé des grandes instances ? Personne ne comprend pourquoi il est autant privilégié : il n'a rien d'exceptionnel, il est moyen dans son travail, et n'a aucun appui familial, que ce soit politique, financier ou dans la police. Le plus grand mystère de notre profession. Qu'est-ce que tu lui veux ?

- Que tu lui donnes tous les papiers à signer. Il est en contact avec mes chefs, ils s'occuperont de tout. Le problème est qu'il nous faut tout ça pour hier. Donc on devrait s'en charger tout de suite. »

David arrêta la main qui portait le gobelet à ses lèvres. Elle était sérieuse ? Son sourire enjôleur et son regard perçant lui confirmèrent que oui. Il était en train de se passer un événement incroyable et inexplicable, mais il n'arrivait pas à saisir de quoi il était question. Et une petite voix lui chuchota qu'il était bien loin d'en estimer la véritable ampleur.

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- 8H10 -

Hyde et Kingsley avaient résumé l'affaire à Tiberius Ogden pendant que celui-ci faisait les cent pas devant sa fenêtre et son décor tempétueux. Il était assez intimidant de se retrouver devant le plus grand homme politique de leur communauté dont la colère se reflétait en arrière plan. C'était un théâtre qui pouvait faire hésiter les plus intrépides. Même Funestar l'effronté n'était pas tranquille. Ils avaient un peu trop conscience de pouvoir être renvoyés sans préavis d'un claquement de doigts.

De son côté, Tiberius fulminait. Cette histoire était un cauchemar. A six mois des élections. Ce n'était pas tant l'identité des victimes, dont finalement il se fichait, que la technique employée malgré la force déployée. Si les sorciers d'Angleterre avaient vent de l'affaire, ils étaient tous morts professionnellement. C'était une catastrophe. Shacklebolt avait beau lui dire qu'il ne pensait pas le meurtrier conscient des conséquences politiques, le mal était fait. Le Ministre savait devoir passer un grand nombre d'appels. Principalement pour museler la presse et ne filtrer que les informations non préjudiciables. Déjà que les tueurs en série sévissant pendant des mois sans qu'on ne puisse les arrêter étaient un énorme problème pour l'image des autorités auprès du peuple, mais il ne s'agissait pas que de cela ici…

- « Nous devons à tous prix sauver les apparences, gronda Ogden sans s'arrêter de marcher. Il faut donner aux journalistes de quoi les repaitre pour les bâillonner… Et qu'ils se tiennent tranquilles quelques temps. Une bonne nouvelle, de préférence.

- Notre nouvelle organisation pour améliorer nos capacités au maximum pourrait être un bon exutoire, proposa Hyde.

- Ce n'est pas suffisant ! s'emporta le Ministre, les cheveux se dressant sur son crâne dégarni. Il faut un suspect à enfermer. Il faut que les sorciers se sentent en sécurité. Ce Blaise Zabini me semble parfait pour cela.

- Vous voulez inculper Blaise ?! s'écria Kingsley, indigné. Mais enfin il est évident que ce garçon s'est fait manipuler par le vrai meurtrier pour tuer sa propre mère ! C'est une victime ! Il est déjà suffisamment traumatisé, pas besoin d'en rajouter !

- Il a assassiné sa mère ! contra impitoyablement Tiberius. Il est coupable ! Mettez-le en cellule immédiatement et informez la presse. Que votre chargé de communication fasse une conférence : si l'un de vous deux ou moi-même parlons officiellement aux journalistes, cela donnerait trop d'importance à l'affaire. Les électeurs ne doivent pas paniquer, alors faisons en sorte de minimiser au maximum la portée des événements. Je vais prévenir quelques vieilles connaissances. Il est temps que certains d'entre eux me rendent le service qu'ils me doivent. »

Hyde et Kingsley se regardèrent. Ils ne pouvaient pas se soustraire à un ordre si direct, même si aucun des deux n'aimait cela. Le Ministre les congédia après avoir donné son feu vert pour leur nouvelle organisation, non sans avoir glissé le sous-entendu subtil d'une menace de renvoi immédiat si la situation dégénérait…

Les deux directeurs s'inclinèrent et sortirent… Kingsley avait envie de vomir. Même Hyde, connu pour son cœur de pierre, se mordait les lèvres de frustration. Ils allaient devoir arrêter un orphelin dépressif au bord de la folie… Ce n'était pas là la justice pour laquelle ils se battaient.

- « On peut au moins faire ça en douceur, proposa Hyde, mal à l'aise. Si nous l'installions dans une cellule aménagée ? Et demandions l'assistance d'un psychomage à ses côtés ?

- Il faudrait aussi prévenir ses amis avant que les journaux ne le fassent, grimaça Kingsley, le cœur au bord des lèvres. Si l'un d'entre eux pouvait rester avec lui, ce serait bien… Nous n'allons pas nous faire des amis.

- Ce n'est pas notre but, rétorqua Funestar, reprenant un peu d'assurance. Et puis au vue de la situation, il est possible que les amis de Draco et Blaise soient également en danger… Les amener au Ministère ou à l'hôpital nous aiderait à les protéger plus efficacement. De plus, Ogden ne nous a pas précisé comment nous devrions nous occuper de ce garçon : alors faisons-le bien. Ne le traitons pas comme un suspect, mais comme une victime à protéger.

- Il ne doit pas se sentir comme un coupable, approuva Shacklebolt qui se sentait un peu mieux. Je vais m'occuper de ça, et transmettre les ordres au chargé de communication pour sa conférence de presse. Charge-toi des amis à prévenir. En tant qu'ancien Serpentard, tu es le mieux placé pour cela. »

Hyde hocha la tête. Il était d'accord, même si sa tâche était la plus difficile : ils allaient lui cracher au visage.

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Gabriel Stebbins venait de faire la connaissance du très agréable Sergent William Williamson… C'était un quinquagénaire imbu de sa personne, grincheux et très peu disposé à travailler sur l'enquête. Il paraitrait que ses années de bons et loyaux services avaient largement démontré ses compétences bien au-dessus de ses misérables fonctions, et qu'il n'avait plus rien à prouver. En deux minutes, Gabriel avait compris que Williamson était jaloux. Il voulait la place de Shacklebolt et remâchait sa rage de ne pas avoir été choisi. Que de belles heures de travail en perspective.

Stebbins regarda les agents qui commençaient à sortir les énormes grimoires poussiéreux des étagères, déjà épuisés par le labeur colossal qui les attendait. Le sergent attendait assis, grommelant des insanités sur Kingsley qui n'avait aucune considération envers ses qualifications. Le Langue-de-Plomb était blasé. Il savait qu'il allait devoir faire tout le boulot tout seul, et Williamson lui mettrait des baguettes dans les roues.

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Jena Faucett n'eut pas le temps de retourner sur les lieux du crime avant que Roger Davies la rejoigne et lui dise qu'ils devaient rester ici à attendre leur directeur. Ils étaient soulagés d'être assignés au Département des Mystères et ne pas être mis en groupe avec des Aurors. Ils avaient eu beaucoup de chance. Roger, cependant, avait moins de préjugés sur eux. Il aimait bien Ron : ils avaient vécu un moment assez intense dans l'ambulance, cela resserrait forcément les liens.

Ils eurent la surprise de voir arriver Hermione Weasley, une besace à l'épaule et le visage souriant. Elle leur expliqua qu'ils allaient étudier les héritages génétiques et ses propres recherches dans ce domaine. Elle avait pris tous ses documents, miniaturisés dans son sac. Hermione était aux anges : les arbres généalogiques des dons magiques dans les familles sorcières étaient des informations confidentielles qu'elle n'avait jamais eu l'autorisation de consulter. Cette affaire était une bénédiction pour elle. Elle comptait bien noter toutes les données dont elle aurait besoin. Mieux encore : elle allait découvrir tous les héritages magiques génétiques possibles dans toutes les familles sorcières depuis près de six cent ans ! Peut-être se trouverait-elle un ancêtre et découvrirait quel don pourrait se révéler à sa descendance ? Elle était sûre de dénicher quelque chose sur la famille Potter aussi. Il était connu que les Sangs-Purs avaient douze fois plus de chances d'hériter une faculté sorcière. Chacun d'entre eux possédait plusieurs gènes dormant qui pouvaient se réveiller toutes les dix générations ou plus. Parfois, deux ou trois gènes pouvaient se révéler en même temps sans que personne ne comprenne pourquoi. Ses recherches allaient s'accélérer brusquement grâce à cela.

Elle trottina devant les deux Langues-de-Plomb jusqu'aux archives. Elle n'avait pas le droit de toucher aux autres documents sous peine d'enfermement à Azkaban, mais ce n'était pas grave, elle se retiendrait. Dans l'immense salle aux dimensions de cathédrale, une foule de Langues-de-Plomb était déjà au travail. Ils étaient chargés de relire et mettre à jour le moindre parchemin de leur Département, de noter tous les sorts et inventions pour les lister, et d'apprendre par cœur toutes les données pour pouvoir reconnaître instantanément les éléments pertinents et les mentionner aux Aurors et directeurs. Hermione chercha dans les rayons l'allée réservée à la généalogie. Quand elle la trouva, elle ne savait pas par où commencer. Jena et Roger sortirent magiquement une étagère après l'autre, réduisant les grimoires pour en transporter le plus possible dans une salle d'étude. Mais la médicomage s'était arrêtée, la bouche entrouverte de surprise : plusieurs étagères portaient le même intitulé. « Famille Black ». Aucune autre famille ne recensait autant d'informations. Ni ne remontait aussi loin dans le temps. Et juste à côté, d'une quantité moindre mais tout de même très importante : « Famille Malfoy ».

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- 8H20 -

Harry et Kenneth n'arrivaient pas à le croire… Blaise allait être accusé, non seulement du meurtre de sa mère, mais également de ceux de Lucius, Narcissa, l'agression de Draco et l'infraction au Manoir Malfoy. Ordre du Ministre. Kingsley les empêcha de protester d'un geste, le regard résolu. Plus doucement, le directeur ajouta qu'il ferait en sorte que le jeune noir soit bien traité. Au Ministère, il serait protégé, en sécurité, et dans une cellule avec tout le confort possible. Mais cela ne rassura pas les deux inspecteurs pour autant. Tout cela pour l'image de Ministère. C'était écœurant.

Kingsley leur tapota l'épaule, l'air désolé, et partit chercher Blaise pour l'amener dans son nouveau « refuge »… Une fois là-bas, il demanderait aux personnes sur place d'arranger une cellule, voir de l'agrandir, pour le fils Zabini. Un peu plus loin, Orla et Ginny avaient tout entendu. Après un regard de leurs supérieurs, elles allèrent chercher le reste des deux équipes pour faire le point.

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Funestar était retourné en catastrophe chez les Zabini pour rejoindre les Aurors. Il avait reçu un papier par hibou qui l'avait affolé, alors qu'il avait été sur le point de transplaner chez des amis de Draco et Blaise. Damian Jennings lui avait écrit un message pour l'avertir de ce qu'il n'avait pas eu le temps de lui parler, à propos du témoignage de Blaise après l'agression de Draco. Et cela l'avait paniqué.

Il chercha du regard le jeune garçon blond au milieu des agents qui pullulaient encore sur les lieux. Le corps de Dahlia avait été déplacé à la morgue pour l'autopsie du médicomage légiste. Les rares analystes encore sur place notaient les dernières données avant de rejoindre leurs collègues aux archives ou au Manoir Malfoy. Il croisa Kingsley qui amenait Blaise Zabini, effondré, au Ministère. Le directeur du Bureau des Aurors le regarda avec étonnement, mais ne posa aucune question. Hyde eut le temps de voir Kenneth Towler et Orla Quirke transplaner et accéléra le pas pour arriver avant le départ du blond.

- « Jennings ! appela-t-il, presque courant. Attendez !

- Monsieur Funestar ? s'étonna celui-ci, tout aussi intrigué que ses confrères à ses côtés. Que se passe-t-il ?

- J'ai reçu votre message. Vous êtes sûr que c'est bien ce que Blaise a entendu ? Vous lui avez fait répéter ? Cela s'est-il confirmé dans ses souvenirs ?

- C'est moi qui suis chargée de vérifier la pensine, intervint Helen. Je n'en ai pas encore eu le temps. Quel est le problème ?

- [é]-[ku]-[aé]-[tan]…[a]-[ia]… « Ne Curae Temporaria », grimaça Hyde. « Empêcher les soins » et « temporaire » en latin. Si c'est bien ce qu'a entendu Zabini, c'est de la très puissante magie noire. Digne de Voldemort. Il s'en est fallu de peu qu'il entre dans les « Impardonnables ». Il se dissout automatiquement après l'effet obtenu. Celui-ci est déterminé par le jeteur de sort au moment où il le lance : il lui suffit d'y penser très fortement et précisément. Cela est très souvent la mort, et la victime peut souffrir pendant des jours sans que personne ne puisse rien faire. C'est extrêmement cruel. Ce maléfice était le pire cauchemar des guérisseurs de l'époque, et il n'existe aucun contre-sort.

- De quelle époque parle-t-on exactement ? demanda Harry en s'approchant.

- Milieu de la Renaissance, vers le début du XVIème siècle. C'est un alchimiste élève de Nostradamus qui l'a inventé juste avant sa mort. C'est d'ailleurs la seule chose qu'il a fait de sa vie, et nous nous en serions bien passés. D'après les archives historiques, il y a eu une véritable épidémie de meurtres sadiques commis avec ce sortilège dans les années 1849, à Londres. Les moldus ont parlé du choléra parce qu'il y avait effectivement quelques cas de cette maladie, mais la grande majorité était une vendetta sorcières entre trois grandes familles qui a mal tournée. Depuis, ce maléfice est entré dans la liste des interdits condamnables par la perpétuité ou la peine de mort, échappant de peu à la liste des « Impardonnables ». Il a été rayé du catalogue des sorts existants et tous les grimoires dont il était fait mention ont été rappelés pour suppression. En plus d'un siècle et demi, il est devenu presque impossible de retrouver cette formule. Nous en avons juste une copie dans nos locaux, dans le coffre protégé où se trouvent tous les enchantements classés « Danger de haut niveau ». C'est pour cette raison que je n'y avais pas tout de suite pensé : personne n'a ouvert ce coffre depuis plus de vingt ans ! La magie qui le protège en prend note, et je le vérifie tous les jours. Cela fait partie de mes obligations.

- Vous avez dit « presque », retint Harry. Cela signifie qu'il est tout de même possible d'en retrouver une trace.

- Bien sûr, on ne peut pas éliminer de la surface de la terre la mention d'un sortilège qui a été écrit sur de nombreux parchemins vendus, prêtés ou donnés. Beaucoup de sorciers ont pu le noter et le conserver avec leurs biens personnels, reçus ensuite en héritage, vendus ou donnés… Il est impossible de le savoir, même en s'échinant à supprimer toutes ces mentions pendant 151 ans. Tout ce que cela démontre, c'est que le meurtrier recherche activement tous les sortilèges dangereux, secrets et protégés… Et il faut absolument comprendre comment il fait. »

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- 8H30 -

Il était 8H35, encore un peu tôt pour enquêter dans le village moldu. Kenneth préférait ne pas se faire connaître comme représentant de l'ordre au début, ils aviseraient suivant la situation. Des agents Aurors étaient venus l'avant-veille pour confirmer l'alibi de Draco au moment du meurtre de Lucius, mais les moldus n'avaient pas vu Towler. Il était en civil, en compagnie d'Orla Quirke, attendant l'ouverture du cabinet du psychiatre pour prendre rendez-vous le plus tôt possible. Il était prévu que Kenneth se fasse passer pour le grand frère d'Orla qui venait demander conseils à un psychiatre pour ses études. Elle connaissait le profil de Draco et comptait bien lui poser des questions correspondant exactement à celui-ci. Avec un peu de manipulation, elle pourrait lui faire parler « d'un cas » similaire à ces critères. Ils savaient que sans cela, le secret professionnel empêcherait l'homme de parler de Draco… Le code de déontologie médicale. Ils ne savaient pas trop comment les enquêteurs moldus faisaient pour passer outre. Les médicomages, eux, se devaient de plier devant un ordre du Magenmagot uniquement.

Ils patientaient à la terrasse d'un café, leur manteau sur le dos. Il faisait encore frais les matins de Mai. Ils ne discutaient pas et regardaient partout autour d'eux, à la recherche d'un visage qu'ils avaient vu sur les photographies. Les analystes allaient leur envoyer un hibou pour leur fournir un double des clichés sur lesquels il y avait un moldu. Ils espéraient surtout croiser le jeune garçon qui avait embrassé Draco. Ils ne savaient rien de lui : ni son nom, ni son métier, et encore moins son adresse, juste son visage. Et Blaise n'avait plus été capable d'aligner un mot. Selon Orla, il fallait attendre qu'il se remette un peu. Peut-être dans quelques heures, peut-être ce soir, peut-être le lendemain… Cependant, à cette heure-ci, il n'y avait pas grand monde dans les rues : seulement quelques joggeurs et des gens se rendant au travail. Et ils ne voyaient rien de notable.

- « J'ai pensé à prendre un portable moldu, un jour, dit tout à coup Orla en observant un collégien parler en souriant, son appareil collé à l'oreille. Mais je ne connais personne qui en ait un, donc il ne me serait pas d'une grande utilité.

- Moi j'en ai un, répondit Towler. Je ne m'en sers pas souvent puisqu'effectivement, il n'y a pas beaucoup de sorciers qui en possèdent. Je ne l'utilise que pour quelques amis moldus quand on veut aller boire un verre.

- Vous avez des amis moldus ? C'est rare.

- J'habite dans un quartier moldu, sourit Kenneth. Et je n'aime pas trop me promener chez les sorciers… Il y a trop de tensions, trop de mauvais souvenirs.

- La guerre… comprit Orla en hochant la tête. Vous vous sentez plus libre d'être qui vous êtes chez les moldus, sans toute la pression après les troubles et les traumatismes. Sans devoir prouver encore et toujours que vous n'adhérez pas aux idéaux Mangemorts, vous justifier si vous avez le malheur de parler magie noire, pureté du sang, ou même des moldus… Correspondre aux critères « biens pensants » pour ne pas avoir à argumenter pendant des heures, même si votre idée est tout à fait honorable. La peur de la langue qui fourche, termina-t-elle en souriant de son jeu de mot : après tout, Harry Potter lui-même était un Fourchelangue, et pourtant ce langage était maudit de tous.

- Vous avez l'air de parler en connaissance de cause.

- C'est tous les jours comme ça à l'école… soupira l'étudiante. Tellement prévisible. J'ai décidé de tous les envoyer balader, et je prends un malin plaisir à les « troller » en clamant ne pas aimer les moldus. Ca les choque tous, alors qu'avant cela n'aurait posé aucun problème. Cette hypocrisie m'énerve. Tout ça pour se faire bien voir et rentrer dans les critères de respectabilité. C'est n'importe quoi.

- « Troller » ? s'étonna l'inspecteur qui ne connaissait pas ce verbe.

- Un terme qu'utilisent certains moldus sur internet pour parler de quelqu'un qui dit n'importe quoi juste pour le plaisir de provoquer. C'est assez énervant, mais j'adore ça. Vous avez un bar moldu à me conseiller ? Je n'ai jamais osé m'y rendre…

- C'est un peu dangereux pour les jeunes filles seules, on ne sait jamais sur qui on peut tomber. Trouve plutôt des amis qui t'accompagneront. »

Orla bouda mais ne répondit pas. Elle n'osait pas dire qu'elle avait peu d'amis, et pas du genre à sortir dans des bars. Towler sortit son téléphone portable et le regarda pensivement…

- « Ces appareils sont tellement utiles, marmonna-t-il. C'est bien plus rapide que les hiboux, et plus pratique que les cheminettes, même portables. Il me semble avoir vu une boutique d'électronique, pas loin, continua-t-il plus fort en souriant. Si nous allions y faire un tour ? Après tout, le cabinet n'ouvre que dans un quart d'heure. »

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Hyde Funestar se trouvait devant une immense bâtisse dans le Hampshire, au beau milieu du parc national New Forest. Là vivait un couple de jeunes mariés très proche des Malfoy et Zabini : les Nott. Il ne les avait jamais rencontré auparavant, mais avait beaucoup entendu parler d'eux. Surtout après la guerre.

Théodore Nott junior avait eu beaucoup de mal à faire oublier qu'il était le fils d'un Mangemort, particulièrement quand il avait le même nom que son père. C'était pour cette raison qu'il avait pris des cours par correspondance en changeant son nom pour celui de Théophile Nolan. Cette école à domicile n'avait pas été très regardante… Malheureusement, il n'avait pas de papiers officiels pour justifier son identité au moment où il chercha un emploi de comptable sorcier. Et inutile de préciser que le Ministère ne voulait même pas en entendre parler. Il réussit difficilement à s'installer à son compte, travaillant depuis chez lui pour des boutiques sans importance, ne demandant qu'une très faible rémunération afin que ces petites entreprises l'engagent. Cependant, tous ces patrons ne voulaient jamais le voir mettre un pied dans leurs magasins, de peur qu'il fasse fuir la clientèle. Cela lui importait peu. Il était le seul Serpentard lié très étroitement aux Mangemorts, qui avait réussi à trouver un travail. En cela, c'était un exploit incroyable qui avait été rapporté à tous les étages du Ministère. Hyde s'était senti gonfler de fierté pour sa maison vert et argent. Mais Théo avait aussi eu de la chance : s'il avait porté la Marque des Ténèbres, aucun effort aussi draconien soit-il n'aurait pu lui permettre cette petite victoire.

Le directeur sonna et se prépara mentalement à annoncer la mauvaise nouvelle. La porte s'ouvrit sur Madame Nott, anciennement Pansy Parkinson. Leurs deux héritages, après l'indemnisation des préjudices physiques et moraux de la guerre, avait permis qu'ils conservent cette demeure familiale. Cependant, Théodore étant le seul à toucher un salaire, ils vivaient chichement. Pansy, qui avant ne se montrait que dans les derniers vêtements à la mode, portait une simple robe crème à la coupe banale et datant sans doute de plusieurs années déjà. Ses cheveux étaient relevés en un petit chignon, son visage à peine maquillé, et elle ne portait aucun bijou.

- « Bonjour, Madame Nott, salua Hyde. Navré de vous déranger si tôt dans la journée, je suis Hyde Funestar, le directeur du Département des Mystères.

- Le directeur ?! s'exclama Pansy, les yeux grands ouverts d'étonnement à l'annonce du statut du vieil homme. Mais qu'est-ce que… ? Pourquoi… ? Mais entrez, je vous en prie.

- Cela aurait été avec grand plaisir, mais malheureusement je suis pressé. Votre mari est-il là ?

- Euh, oui… Il dort encore, mais je peux aller le réveiller. Que se passe-t-il ?

- Avez-vous eu des nouvelles de vos amis Draco Malfoy et Blaise Zabini ?

- Samedi dernier, oui… hésita Pansy, de plus en plus intriguée. Nous nous sommes tous retrouvés au Manoir Malfoy, comme toutes les semaines. Pourquoi ?

- Nous avons étouffé une affaire que nous ne pourrons plus taire très longtemps… annonça posément Funestar, prenant le temps de tout résumer petit à petit. Lucius Malfoy, Narcissa Malfoy et Dahlia Zabini ont été assassiné à leur domicile, annonça le directeur, choquant la jeune femme qui pâlit et chancela, les mains sur la bouche. Draco Malfoy a également été agressé et se trouve à l'hôpital, dans le coma. Nous avons été dans l'obligation d'inculper Blaise Zabini bien que nous le pensons innocent, il est dans une cellule au Ministère. L'avantage est que nous pouvons ainsi les protéger plus efficacement, puisqu'ils sont vraisemblablement en danger. Et nous pensons que vous et votre mari risquez de l'être également… »

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Helen Harris avait reçu une mission prioritaire de Funestar, avant de s'occuper de la pensine et des détecteurs de caméras moldues qui n'étaient d'ailleurs pas encore arrivés. Cela l'avait étonnée, puisqu'il avait l'air pressé de connaître les souvenirs exacts de Blaise, avant qu'il ne lui explique la teneur de cette charge. Elle venait de transplaner dans un hangar à poubelles d'une résidence moldue en banlieue londonienne. Ils s'agissaient d'immeubles étudiants, non loin de la gare Kensal Green.

Millicent Bulstrode avait réussi à obtenir des papiers moldus grâce à son émancipation pendant la guerre, la désolidarisant de ses parents Mangemorts avant que ceux-ci perdent durant la Bataille de Poudlard. Cela ne lui avait pourtant pas attiré la sympathie de la communauté sorcière et l'avait au contraire dégoûté de leurs mentalités. Comme Astoria ou Ulrich, elle aurait pu entreprendre des études supérieures sorcières, même si pour cela elle aurait du se battre dix fois plus que les autres. Mais Millicent avait choisi le monde plus calme des moldus, se rendant compte plus tard qu'il n'était pas non plus aussi paisible et idyllique qu'elle le pensait. Malgré tout, elle poursuivait son école de gestion et commerce. Elle allait passer en troisième année si elle réussissait ses examens, le mois prochain.

L'Auror vérifia les coordonnées sur son parchemin, cherchant le bâtiment F. Elle sonna à l'interphone au numéro 18, intriguée par ce système électronique qu'elle utilisait pour la première fois. Helen avait du chercher dix minutes pour comprendre qu'il fallait appuyer sur le bouton 18.

- « Oui ? fit une voix tendue de fort mauvaise humeur.

- Auror Helen Harris. Je suis venue vous chercher pour vous emmener auprès de vos amis. Blaise Zabini est en prison, et Draco Malfoy à l'hôpital. Et nous avons de sérieuses craintes pour votre sécurité. »

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- 8H40 -

Herulf Poliakoff était très énervé. Non seulement toute cette affaire ne l'intéressait pas le moins du monde, mais en plus il venait d'apprendre que Funestar avait disposé de lui comme on prête un jouet. Il enrageait. Il n'avait pas atteint le plus haut grade de Maître-en-Plomb, juste en dessous de celui de directeur et même indépendant dans la hiérarchie, pour qu'on puisse s'amuser avec lui comme on déplace un pion sur un échiquier.

Il devait rejoindre Shacklebolt à Saint-Mangouste pour des études sur le sang sorcier. Les médicomages ne pouvaient-ils pas tout simplement le renseigner ? Pourquoi avait-il besoin de lui ? Alors il était là, à attendre que le directeur du département ennemi daigne bien se montrer. C'était insupportable ! Il était 8H42. Devant la vitrine de la fausse boutique moldue « Purge & Pionce Ltd. », il fumait cigarette sur cigarette, ses lunettes de soleil masquant son regard noir et rougi par sa gueule de bois. On ne lui avait même pas permis d'aller se laver avant de venir. Il puait l'alcool et le sexe, il détestait ça.

Quelques minutes et neuf cigarettes plus tard, Kingsley arriva. Il lança un regard dégouté sur le jeune homme qui avait envie de lui déchiqueter le visage, et lui ordonna de le suivre. Herulf inspira fortement et bruyamment, les narines dilatées par la colère. Il jeta son mégot violemment, manquant de brûler un moldu qui passait par là et protesta. La tête basse, Poliakoff suivit le directeur dans Saint-Mangouste à travers les couloirs. Il le regardait par-dessus ses lunettes de soleil, les mâchoires serrées, rêvant d'une occasion pour lui arracher le cœur.

Shacklebolt ne demanda pas une seule fois son chemin, marchant résolument vers une destination qu'il n'avait pas pris la peine d'annoncer. Il ne regarda pas si le Langue-de-Plomb le suivait. Il prit l'ascenseur et retint la porte pour attendre Herulf. Ils ne prononcèrent pas un mot, mais le directeur sentait l'alcool et la sueur de son compagnon embaumer l'espace réduit. Hyde lui avait dit qu'il était le meilleur dans son domaine, mais Kingsley se demanda si son style de vie ne portait pas préjudices à son possible talent… En tout cas, il n'aimait pas ça. Il espérait qu'au moins, Herulf avait dessaoulé…

Quatrième étage. Les portes s'ouvrirent sur un couloir blanc et des guérisseurs en robe immaculée qui marchaient tranquillement. Ils avancèrent un long moment jusqu'à atteindre une épaisse double porte, et se postèrent devant une large fenêtre juste à côté. Dans la chambre aseptisée, Draco reposait sur un lit, un respirateur magique sur le visage et une perfusion de sang neutre dans le bras. Une brume magique indiquait ses divers signes vitaux assez faibles. Herulf se demandait ce qu'ils faisaient là.

- « Les pertes de sang sorcier sont les plus gros problèmes des médicomages, dit tout à coup Kingsley en fixant le jeune homme dans le coma. Les dégâts magiques sont toujours importants, et les conséquences sur les sens peuvent rapidement être irréversibles. C'est l'une des raisons pour lesquelles les sorciers vouent presque un culte sur le sang. Et les Sangs-Purs sont toujours plus fragilisés, puisque la magie dans leurs veines ne connait pas d'autre transporteur que le sang spécial du sorcier. Pas une goutte de sang moldu. Le choc de la rencontre avec le sang neutre, sans aucune magie, peut causer un traumatisme sévère. Avec le temps, cette difficulté a instauré une peur des sorciers envers les moldus, les faisant paniquer si leurs sangs entraient en contact. Et au fil des siècles, tout ceci est devenu ce que nous savons aujourd'hui : la valorisation du Sang-Pur au mépris des autres, considérant que celui-ci est empreint d'une plus grande magie, celle originelle. Ils ne prennent pas en compte l'évolution de notre espèce, et que le Sang-Mêlé s'est adapté pour faire aussi bien voyager la magie que le Sang-Pur… et même améliore les chances d'une transfusion de sang neutre sans choc magique.

- Je suis au courant, grogna Herulf. Et le petit Malfoy est un Sang tout ce qu'il y a de plus Pur. Sa réaction magique va être extrême… Il y a de fortes probabilités qu'il ne puisse plus jamais utiliser sa magie et souffre de graves effets secondaires. C'est une réaction typique de ce choc entre deux sangs à ce point différents : le peu de magie qui reste dans le corps ne supporte pas cette nouvelle hémoglobine et ne s'y accroche pas. Elle fait un rejet qui empêche tout usage sorcier, la magie recule et tente de survivre avec le peu de sang sorcier qui lui reste. Encore plus s'il est pur. C'est de l'auto-préservation. Le problème étant que justement, comme la magie se protège et ne navigue plus convenablement dans tous les vaisseaux, le corps tente de s'adapter à cette nouvelle condition. Et alors le nouveau sang que créé le sorcier n'est plus le même. La magie n'accepte pas cette nouveauté et finit par disparaître petit à petit. Et le sorcier devient Cracmol. En ce moment, les médicomages cherchent surtout un moyen pour rééduquer la magie pour qu'elle puisse accepter le nouveau sang créé par le sorcier. Ils ont essayé avec le sang neutre et cela a été une catastrophe : les quelques sorciers qui ont accepté d'être cobayes en sont morts. Par contre, pour l'hémoglobine produite après une importante perte sanguine, il y a eu quelques résultats prometteurs.

- Vraiment ? s'étonna Kingsley. Il y a donc une chance pour que Draco Malfoy retrouve l'usage de sa magie ?

- C'est toujours expérimental et n'a jamais été appliqué sur un Sang-Pur, rappela Poliakoff en grimaçant. Ces gens n'aiment pas jouer avec leur pureté… Si Malfoy junior se réveille à temps pour donner son consentement sur la rééducation magique, il sera le tout premier cobaye Sang-Pur… Sur les Sangs-Mêlés, les chances de réussite sont de 1 sur 20. Et encore, les sorciers qui ont pu récupérer leur magie ne l'ont recouverte qu'à 50% maximum. Sans compter qu'ils auront tous un handicap à vie. Cela peut être une baisse ou une perte. Vue, ouïe, odorat, goût, équilibre, sensation, ou même le sentiment de peur. Sans parler d'un possible changement de caractère important ou d'un trouble psychique sévère… Certains sur les milliers dans le monde qui ont participé à ces recherches, ont pu retrouver tous leurs sens comme avant. Mais c'est de l'ordre de 1 sur 1.000 environ. Et ceux-là n'ont regagné que 1% ou 2% de leur magie : soit rien du tout. Ils peuvent à peine jeter un Lumos faiblard, digne d'une veilleuse pour gamins à la lumière défaillante. Et encore, les cobayes sont des sorciers ayant perdu au moins 20% ou 30% de sang, très rares sont ceux qui se sont vidés de la moitié de leur masse sanguine, comme Draco. Ceux-là n'ont rien retrouvé du tout. Malgré tout, les chercheurs ont pu adapter la rééducation. Il y a peut-être une chance. Mais je ne compterais pas trop là-dessus. Le petit est mal barré.

- Hyde avait raison, sourit Kingsley, rassuré. Vous avez l'air de bien connaître ce domaine. Votre spécialité est la magie noire, si je ne m'abuse ?

- Ouais, soupira Herulf. Et la magie rouge : celle du sang. Les deux sont très souvent liées. Mais elle ne m'intéresse qu'en application avec la magie noire. Alors je ne vois pas pourquoi Funestar m'a envoyé ici.

- Moi je vois très bien. »

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Harry, Ginny et Damian étaient au New Scotland Yard. Potter voulait enquêter sur les sans-abris moldus assassinés mais devait attendre Astoria qui était affectée avec lui. Weasley et Jennings étaient simplement venus pour que Leigh Valentyne leur explique les procédures pour obtenir les coordonnées de quelqu'un à une banque, avec simplement une carte de crédit. Et naturellement, qu'il fasse les démarches pour eux.

Les échanges sorciers-moldus étaient un vrai problème pour les affaires. Ils n'avaient pas du tout les mêmes lois judiciaires pour mener les enquêtes, pareil pour les jugements. Du coup, leur système juridique ne pouvait pas leur fournir les documents nécessaires pour obtenir des renseignements côté moldu, et rien n'avait été fait pour arranger cet état. C'était Shacklebolt qui les avait directement envoyés au poste de police, expliquant qu'il ne pouvait rien faire pour eux. Dans le cas d'un problème et au vue de la situation, il pourrait demander au Ministre de la Magie d'aller voir le Premier Ministre moldu pour faciliter le processus. Mais cela ne devait être qu'un dernier recours.

Valentyne arriva à 8H45, pressé et un énorme gobelet de « Starbucks » à la main. Il sursauta violemment et renversa son café sur son beau costume froissé quand il les vit assis dans les fauteuils de l'entrée, l'attendant patiemment. Leigh s'était figé, de grands yeux écarquillés faisant sourirent les trois sorciers. Le commissaire se reprit et avança vers eux la tête haute pour retrouver un semblant de dignité.

- « Qu'est-ce que vous foutez là ? s'énerva-t-il en chuchotant. D'habitude vous venez une fois tous les trois mois. Et encore, en période de grosses affluences ! Personne ne vous connait ici, on va me poser des tas de questions embarrassantes ! Ca a déjà commencé hier !

- Calmez-vous, je suis venu pour vous aider, tenta Harry en levant les mains en signe de paix. Et mes collègues ont juste besoin d'un renseignement. Pouvons-nous aller dans votre bureau ?

- Je suis déjà très en retard ! J'ai énormément de boulot ! Ca ne peut pas attendre ?

- Je crains que non. Mais je vous promets que vous ne le regretterez pas. »

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Ronald alla rejoindre Ulrich au Manoir Malfoy. Il mettait un point final à son compte-rendu. Il avait l'air épuisé. Il avait recherché les empreintes digitales sur toutes les photographies de la chambre avec d'autres collègues : seul le suspect les avait touchées. Les fameuses empreintes inconnues retrouvées à la fois sur la première arme du crime, le message sanglant pour le meurtre de Narcissa, le poignard qui avait tué Dahlia, et la première photographie de Draco trouvée par Kenneth dans le dressing. Cela avait été un travail laborieux, mais comme ils avaient été plus d'une dizaine sur le coup, cela avait été plutôt rapide. Heureusement, car Ron venait le réquisitionner pour une autre mission.

- « Vaisey ? l'appela le roux. T'es disponible ? Les directeurs nous ont mis ensemble pour un boulot.

- Génial, grommela le brun, tout à coup très sombre. Où est Astoria ?

- Avec Harry au poste de police moldu pour enquêter sur les sans-abris égorgés.

- Elle doit jubiler, ironisa Vaisey, tout de suite plus heureux de savoir qu'il avait eu de la chance comparé à sa camarade. Je dois encore terminer un rapport sur le message au mur.

- Quelqu'un ne peut pas le faire à ta place ? s'impatienta le roux. On doit avoir fini pour midi, ensuite on se retrouve tous au Bureau pour parler de l'affaire et mettre à plat ce que nous avons découvert.

- Si tôt ? s'étonna le Langue-de-Plomb. On doit faire quoi ?

- Je suis passé au Ministère et on a enfin reçu la carte de mon frère, expliqua Ron en sortant un grand parchemin plié. Les vols express par hibou depuis la Roumanie sont plus longs que ce que je pensais.

- Les demandes urgentes judiciaires ne passent plus en priorité ? Je croyais que le Ministère pouvait faire venir des documents par faucon pèlerin en cas d'impératif. Normalement ça ne prend qu'une demi-journée depuis l'Europe de l'Est.

- Quand on a fait la demande, l'affaire n'avait pas encore pris une telle ampleur. Le Ministre ne s'était pas impliqué en personne. Et les faucons pèlerins ne peuvent être envoyés que par ordre gouvernemental émanant des hautes sphères. Mais bon, on a enfin la carte et nous devons l'étudier. Peut-être qu'on y découvrira quelque chose en se rendant sur tous les lieux stratégiques mentionnés ?

- Donc, on doit se mettre dans la peau d'un voyeur obnubilé par les Malfoy ? soupira Ulrich qui se voyait mal jouer ce rôle.

- Plutôt un fanatique délirant obsédé par Draco Malfoy…

- Tu te rends compte que tu parles de ton frère ? s'étonna Vaisey qui ne s'était pas attendu à des mots si durs.

- Oui, trancha Ron, le regard sévère. Et je compte bien le traîner moi-même en justice pour harcèlement dès son retour en Angleterre. »

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- 8H50 -

Astoria aurait voulu rester avec David, mais le devoir les appelait tous les deux. Ils avaient déjà pris pas mal de temps pour discuter. Après avoir rempli tous les papiers, elle lui avait demandé de prendre directement contact avec Valentyne… et elle venait de recevoir un parchemin par hibou de Funestar qui lui ordonnait d'aller rejoindre Potter à New Scotland Yard, justement pour voir le commissaire Leigh Valentyne. Cela lui épargnait un envoi par hibou à ses supérieurs pour les prévenir de la procédure administrative. Elle parlerait directement au policier pour qu'il signe sans poser de questions.

Elle transplana dans une ruelle non loin de Victoria Street, et pressa le pas vers le bâtiment du Metropolitan Police Service. Elle savait qu'elle devrait travailler avec Potter et sa clique, mais elle n'avait pas été préparée à devoir être en binôme avec lui ! L'horreur ! Elle était curieuse de savoir comment Ulrich supportait leur nouvelle affiliation, et avec qui il allait être. Greengrass demanda à voir Leigh Valentyne à l'accueil et se vit refusée : il était occupé… Astoria sortit son plus beau sourire hypocrite et dégaina son faux badge de commissionnaire fourni par Funestar dans la lettre. Elle ne pensait pas devoir l'utiliser si tôt, à peine une ou deux minutes après son obtention. La réceptionniste décrocha immédiatement son combiné pour contacter Valentyne. La Langue-de-Plomb lui dit de préciser qu'elle était avec l'inspecteur Harry Potter. Il n'en fallut pas plus pour qu'on lui indique le bureau. Quand elle passa le cordon de sécurité, les commérages commençaient.

Ginny, Damian et Leigh étaient en pleine discussion pour savoir comment ils pourraient obtenir les coordonnées de John Smith auprès de HSBC. Valentyne était halluciné : c'était une banque internationale de très grande importance, les juges étaient toujours très frileux quand ils devaient livrer des mandats sur les personnes riches, même si cela ne concernait qu'un de leurs clients lambda. Une histoire de protection de l'anonymat et de sécurité des données, le directeur de la banque n'allait pas du tout aimer ça. Et il était ami avec le chef de la police… Il fallait une très bonne justification. Et comment pourrait-il en donner à un juge alors qu'il devait taire l'existence de la magie ? De toute façon, même s'il avait le droit de parler des sorciers, les juges l'enverraient directement dans un hôpital psychiatrique… Astoria arriva juste au moment où le téléphone du commissaire sonna.

- « Un prêt de dix détecteurs de mouchard à une division inconnue ?! hurla Leigh dans le combiné pendant que Harry expliquait à Astoria ce qu'ils venaient faire chez les moldus. Vous vous foutez de moi ?!

- Ah ! intervint la Langue-de-Plomb. Je crois que c'est moi, ça. C'est pour notre affaire, nous avons besoin de ces appareils.

- Comment ?! s'emporta le moldu en masquant le micro du téléphone contre lui, les yeux révulsés de colère. C'est quoi encore cette histoire ?! Vous voulez ma mort ? Comment je vais justifier un truc pareil, sans parler de tout le reste ?!

- Je crois qu'on peut faire appelle au Ministre de la Magie ? proposa Harry en voyant le commissaire non loin de la crise d'hystérie. J'ai cru comprendre qu'il prenait très au sérieux cette affaire et ferait tout ce qui est en son pouvoir pour nous aider. Si vous recevez un ordre direct du Premier Ministre, je pense que vous n'aurez pas à vous expliquer ? Vous pourrez prétendre ne rien savoir, cela sera logique : les politiques n'aiment pas partager leurs secrets, c'est connu.

- Vous avez le pouvoir de faire intervenir les politiques à votre guise ? n'arrivait pas à croire Valentyne, de plus en plus choqué. De quoi est-on en train de parler au juste ? A quel point votre enquête est-elle importante ?

- Nous parlons de Sécurité Nationale et d'un possible coup d'Etat terroriste, sourit Harry comme s'il parlait d'une nouvelle recette de gâteau. Enfin, pour moi il s'agit surtout de popularité et des élections… »

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Quand Pansy avait réussi à se remettre du discours du directeur Funestar, elle était entrée dans une colère noire. L'information que Blaise était inculpé à tort avait fait son chemin jusqu'à son cerveau. Comment osait-il faire une chose pareille et le lui dire avec un tel aplomb ?! Elle lui avait claqué la porte au nez, incapable de trouver les mots pour lui crier dessus. Elle ne se soucia pas un instant qu'il puisse l'attendre dehors pour les conduire auprès de leurs amis. En ce qui la concernait, il pouvait bien repartir d'où il venait : en enfer !

Elle grimpa les marches trois par trois, des larmes coulant sur ses joues. Les parents de Draco et Blaise étaient morts… Draco était dans le coma… Blaise était enfermé… Son cœur tambourinait, elle n'arrivait pas à gérer toutes ces données en même temps. Ils avaient eu l'air d'aller bien à peine quelques jours auparavant ! Pourquoi n'avaient-ils pas été prévenus plus tôt ?! Qu'est-ce que c'était que cette histoire ?! La panique la faisait pleurer, elle avait l'impression d'être en plein cauchemar.

Elle ouvrit la porte de la chambre à la volée et se jeta sur le lit. Theo sursauta violemment, les yeux encore brumeux de sommeil et n'ayant pas encore connecté son esprit pour comprendre de quoi il s'agissait. Lorsqu'il arriva à pendre conscience de ce qu'il se passait autour de lui, sa femme l'enlaçait, secouée de sanglots.

- « Chérie ? hésita le jeune brun, clignant des yeux pour y chasser les dernières traces de somnolence. Qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi tu pleures ? »

Pansy n'arrivait pas à parler clairement. Tout ce qu'il entendit étaient les mots « mort », « hôpital » et « Ministère », associés aux noms de Draco et Blaise. Theo comprit seulement que c'était grave. Il ferma les yeux pour rassembler son courage et s'extirper du lit. La seule pensée qu'il arriva à avoir, c'est qu'il devait être présentable au cas où, avant d'avoir le fin mot de l'histoire. De toute façon, il savait Pansy incapable de lui expliquer quoi que ce soit avant un bon moment. Il repoussa donc doucement sa femme et s'habilla à la va-vite. Pansy s'était levée et s'agitait en tous sens, toujours dans l'incapacité de prononcer des phrases intelligibles. Elle souffla pour calmer ses nerfs, secouant ses mains comme si cela pouvait l'aider. Theo la prit par la main une fois habillé, et la guida vers le rez-de-chaussée pour lui donner un verre d'eau. Elle devait apaiser ses sanglots. Il eut la surprise de voir un vieil homme attendant dans le vestibule.

Hyde avait pris la liberté d'entrer, sans oser aller plus loin que le paillasson intérieur. Il salua le jeune homme, s'attirant l'attention de sa femme qui pressa le pas pour aller dans la cuisine et être hors de vue du directeur. Theo s'était arrêté, ne sachant plus quoi penser. C'est alors que Funestar lui réexpliqua ce qu'il avait déjà dit à Pansy… et Theo comprit.

Il mit bien moins de temps à réagir. Sa rage était plus froide et dangereuse que celle de Pansy. Il montra les dents et ordonna sèchement à l'homme d'attendre à l'extérieur. Il devait aller calmer sa femme avant qu'ils n'aillent voir Draco.

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Millicent avait passé une nuit blanche à réviser, et avait à peine fini de se préparer pour aller en cours quand elle avait répondu à l'interphone. Elle se demandait ce qu'était cette vaste blague. Comme de toute façon elle devait sortir, elle prit tranquillement son sac d'étude, termina sa énième tasse de café, et descendit lentement les escaliers en baillant. Elle ne quitta pas la femme du regard quand elle s'approcha de la porte vitrée de l'entrée de l'immeuble et l'ouvrit.

- « Je suis pressée, grommela-t-elle à la dénommée Helen Harris sans s'arrêter de marcher. Je n'ai pas le temps pour vos idioties.

- Mademoiselle Bulstrode ? s'étonna Helen en la suivant. Je ne plaisante pas, c'est grave. Draco Malfoy est à Saint-Mangouste, dans le coma. Il a perdu une grande quantité de sang et risque d'en souffrir. Et Blaise Zabini est enfermé au Ministère à tort : il a besoin de ses amis !

- Est-ce que c'est une manœuvre grotesque des Aurors pour m'amener au Ministère ? De quoi je suis soupçonnée au juste ?

- Mais… n'arrivait pas à comprendre Harris. Vous n'êtes soupçonnée de rien.

- Alors laissez-moi tranquille.

- Vous êtes en danger !

- Foutaises. »

Helen s'énerva. C'était illégal, mais elle ne savait pas comment faire autrement. Alors elle agrippa la jeune femme et transplana à l'aire de transplanage de Saint-Mangouste sans lui demander la permission. Selon la loi sorcière, cela pouvait s'apparenter à un kidnapping, mais l'Auror n'en avait cure. Alors que Millicent tempêtait, criait, les yeux révulsés de colère, Helen la tira de force à l'intérieur, faisant se tourner tous les regards vers eux. Personne n'osa cependant les arrêter : Harris portait l'uniforme des Aurors.

La brune avait une poigne puissante et était bien plus forte que Millicent, même si celle-ci faisait presque le double de son poids. La blonde comptait bien porter plainte auprès des tribunaux sorciers. Cependant, elle ne se trouvait pas dans les locaux du Ministère comme elle l'avait initialement pensé, et cela l'intrigua. Saint-Mangouste était un lieu de silence, réservé au calme pour le soin et le respect des malades. Elle décida donc de se calmer, et rejeta brusquement la main de Helen qui la tirait.

- « Je vous préviens que si j'arrive en retard en cours, je vous le ferais payer très cher ! grogna-t-elle. Maintenant que c'est clair, je vous suis. Ca a intérêt à être grave. »

L'Auror hocha la tête, rassurée d'être enfin obéit. Elle avait toujours détesté ceux qui résistaient aux représentants de l'ordre : c'était stupide et contre-productif. Mais elle s'empêcha de rétorquer quoi que ce soit et avança dans les couloirs.

Elle ne s'arrêta que là où s'étaient postés Kingsley et Herulf un peu plus tôt, et scruta le visage de l'étudiante. La réaction ne se fit pas attendre : Millicent lâcha son sac et ses livres qui s'écrasèrent bruyamment sur le sol. Elle avait le souffle coupé, haletant, et chancela. Un guérisseur qui passait par là aida Helen à retenir la jeune blonde pour ne pas qu'elle s'effondre. Ils la guidèrent vers une chaise non loin. L'Auror se demanda si elle n'aurait pas du prendre le temps de la convaincre avant de lui causer ce choc un peu trop violent… La vision de Draco, extrêmement pâle, sous respirateur et perfusion, avait peut-être été trop brusque…

Elle n'eut pas l'occasion de se fustiger plus longtemps qu'elle entendit des personnes courir dans leur direction. Theo et Pansy Nott s'étaient précipités jusqu'à la chambre de Draco sans réaliser que Millicent était également là, cachée par l'Auror et le médicomage. Pansy sanglotait et Theo jurait. Pas trace de Funestar : il devait être reparti juste après les avoir déposés à l'accueil de Saint-Mangouste. Helen comprit que c'était à elle que revenait le sale boulot d'expliquer les détails aux trois anciens Serpentards… Funestar, ce fumier ! Elle n'était pas prête à regarder dans la pensine.

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Funestar était retourné au Département des Mystères pour examiner la « Magie Inconnue ». Ce terme était devenu le nom usuel de cet enchantement empêchant toute détection de signature magique résiduelle ou même l'identification d'une magie bel et bien présente qu'ils ne parvenaient même pas à déceler… Ce pseudonyme était parfait, car il mentionnait clairement le fait qu'elle rendait « inconnu » le sort utilisé, son existence ou même le lanceur. Hyde avait envie de l'appeler « L'Ignōtus ».

Il alla d'abord voir si Jena et Roger avançaient bien avec la femme Weasley sur les recherches d'héritage magique. Ils allaient en avoir pour un bon moment. Il croisa un grand nombre de ses Langues-de-Plomb, les bras chargés de documents de toutes sortes. Leur mission à eux était bien plus drastique et ne manquerait pas de durer plusieurs jours. Cela le faisait sourire. Après ça, son Département aurait une organisation exemplaire et irréprochable. Il devrait ordonner à chaque nouvel arrivant de lire absolument toutes leurs archives, même si cela leur prendrait des années : de cette façon, ils auraient toutes les informations possibles pour leurs recherches et cela les aiderait grandement. Il était persuadé que quelques données avaient été oubliées dans le temps et reposaient depuis bien trop longtemps sous des couches de poussières, alors qu'elles auraient pu être utilisées pour découvrir des mystères jamais soupçonnés. Lui-même devrait se repencher sur toute cette paperasse quand il aurait un peu plus de temps. Il était sûr que le tueur avait appris d'une façon ou d'une autre quelques-uns de ces secrets perdus, et dont le directeur ignorait l'existence parce qu'il n'avait pas assez fouiné. Et cela était inadmissible. Hyde avait le devoir de tout savoir sur son Département. Et il n'avait que trop conscience que ce n'était pas le cas.

Funestar demanda où s'étaient posés Faucett, Davies et Weasley, et pressa le pas vers la salle indiquée. Les trois jeunes gens étaient en grande discussion quand il entra. Hermione avait l'air dans tous ses états, les deux autres tentaient de la raisonner.

- « Je vous dis que cela explique tout ! s'emporta-t-elle. Ca montre même que c'est encore plus grave ! Ce peut être une piste !

- Nous n'avons aucune preuve, rétorqua Roger. Et aucun moyen de le vérifier. Vous ne croyez pas qu'on s'en serait rendu compte depuis un bon moment si cela avait vraiment été le cas ? Ce n'est pas un don bénin.

- Que se passe-t-il ? s'inquiéta le directeur en s'approchant. Vous parlez de quoi ?

- Madame Weasley a voulu que nous étudiions en priorité la généalogie des Black et Malfoy malgré nos protestations, soupira Jena. Notre but est de trouver un possible héritage génétique en rapport avec la magie inconnue, pas d'examiner les gènes de Draco Malfoy. Mais nous avons cédé et pris les Black. Elle épluche les données des Malfoy.

- Et après avoir consulté la liste des dons recensés dans le premier grimoire, j'ai trouvé une malédiction génétique très grave, se justifia Hermione en insistant bien sur les derniers mots. Je suis sûre qu'elle s'est réveillée chez Draco, mais faiblement.

- De quoi s'agit-il, s'intéressa Hyde en s'approchant de la médicomage.

- C'est un charme similaire à celui des Vélanes, issu d'une créature magique disparue à ce jour. Encore maintenant, nous n'avons aucune idée de quel être il s'agit. Il ne reste que quelques légendes les mentionnant sans pouvoir les définir clairement : cela pourrait être des sirènes, des vélanes, des succubes ou incubes, des fées, ou que sais-je encore. Il y a des tas de créatures usant de séduction pour arriver à leurs fins. Cependant, de récentes recherches sur les êtres mythiques ont démontré qu'il existait une autre espèce disparue depuis des siècles. Ils l'ont appelé « Angelus ».

« La grande particularité de cette créature, et qu'on ne retrouve nulle part ailleurs, est la non-intention d'attirance. Elle séduit sans le vouloir, sans utiliser un quelconque pouvoir, et peut inspirer un amour extrême comme une haine féroce. Elle exacerbe les sentiments à son égard, quels qu'ils soient, et empêche toute ignorance et indifférence. Cela cause de très nombreux problèmes : le harcèlement, la violence, l'agression, le meurtre, etc. Cela peut prendre des proportions incroyables sans aucune raison. Au contraire, ces créatures sont très souvent pures et innocentes dans les légendes, d'où le nom « Angelus ». N'est-ce pas précisément ce qui est en train de se passer ?

- Pas exactement, non, contra Funestar, peu convaincu. Vous oubliez la théorie de l'étudiante engagée comme psychomage, la petite Quirke. Le tueur serait un « justicier » cherchant à punir les anciens Mangemorts et ceux qui leur étaient affiliés. Draco Malfoy est peut-être le centre, mais Harry Potter est également concerné, de même que tous ceux qu'il juge comme étant de la « vermine à éliminer ». Sans compter que le fils Malfoy est loin d'être innocent.

- Vous l'avez dit vous-même : Draco est le centre, insista Hermione. Et Harry est amoureux de lui, il ne faut pas être devin pour s'en rendre compte. Enfin, seulement les proches, certes, mais tout de même : les récents événements l'ont prouvé, c'était visible par toutes les personnes présentes. C'est vrai qu'il y a cet aspect « justicier », et aussi « terminer le travail de Harry » en tant que « sauveur ». Mais pour Draco ? Cette obsession envers lui est extrême ! De plus, il y a trois concernés : Harry, le tueur et Charlie. Ca ne fait pas un peu beaucoup de personnes très attirées par lui ? Surtout que deux d'entre elles en ont enfreint la loi. Quand est la dernière fois que vous avez entendu parler d'un cas comme celui-ci ?

- Il y aurait donc un gène d'« Angelus » dans la lignée Malfoy ? demanda Hyde, comprenant les arguments de la jeune femme.

- Un ancêtre lointain, oui. En 1895 environ : Lust Malfoy. Elle est morte à 20 ans, violée et assassinée. Il semblerait que la durée de vie des personnes atteintes de cette malédiction n'est pas bien longue. Il y a peu d'aïeuls ayant eu cet héritage, cela a l'air rare. Grâce à un sort, j'ai pu les chercher rapidement : je n'en ai compté que douze en tout, sur les six siècles recensés. Quelques uns semblent correspondre parfaitement, comme Gladiolus Malfoy en 1742 qui s'est rendu compte de son maléfice génétique très tard, car il était peu prononcé. Il avait 32 ans. Cela doit être le cas pour Draco, puisqu'en général les effets de cet héritage sont assez violents. Nous nous en serions aperçus bien plus tôt sinon.

- Y a-t-il un moyen de vérifier cette hypothèse ? soupira Roger en voyant son supérieur réfléchir sérieusement à cette possibilité.

- Il faudrait que je fasse des tests sanguins et des recherches ADN, grimaça Hermione. Nous avons adapté la technique moldue pour ces examens, mais cela peut prendre beaucoup de temps : même les moldus ne peuvent repérer instantanément un gène dans les molécules humaines avec leurs outils. Nous n'avons pas encore créé le sortilège qui nous faciliterait la tâche… Sans parler que nous ne savons même pas quoi chercher : pour trouver un gène, il faudrait déjà savoir à quoi il ressemble… Mais qui ne tente rien n'a rien. Je vais retourner à Saint-Mangouste pour commencer. Je reviendrais dès que j'aurais lancé le processus d'analyses. »


Réponses aux reviews anonymes

« Oups »: juste… juste… Je me dois de le dire. Juste quelques mots… : T'AS TOUT COMPRIS ! Le côté justicier est le point central du caractère et des motivations du tueur, mais sa propre justice à lui : il se proclame juge, jury et bourreau à la fois = DANGER ! La réunification des pouvoirs n'a jamais été une très bonne chose… Et oui, cela pourrait expliquer ses actions dignes de Voldemort lui-même. CEPENDANT, ce n'est pas une explication suffisante. Ce ne sera pas à l'ordre du jour avant un bon moment, mais je penserais très fort à toi quand j'écrirais ce passage-là. En tout cas, c'est une très bonne hypothèse que le tueur se sente dépossédé de son rôle de héro. Neville… Why not ?! ca me plait ^^

Merci de me soutenir pour mon petit « coup de gueule » un peu improvisé (je l'avoue) à travers Orla. Je suis d'accord pour le yaoi qui peut être horrifiant, et pour certaines fics… Mais ce que je trouve surtout le plus dangereux, c'est les comportements des personnages qui parfois sont insistants, harcelants, violents… mais sournoisement. Sans que ce soit très clair ou décrit comme mauvais. Parfois, juste un petit détail ou un comportement qui se fait au fur et à mesure, sans qu'on s'en rende compte, peut passer crème ! Ca me fait vraiment peur ! Et depuis le film « 50 nuances de Grey », j'ai l'impression que ça s'est aggravé… Ce n'est peut-être qu'une impression. Je n'ai pas lu les livres, mais il y a des trucs dans le film qui m'ont hérissé le poil, et ce n'était pas du tout le jeu de rôle ou le bdsm en eux-mêmes… Mais bon, je ne voulais pas non plus « accuser », mais plutôt insister pour que les gens fassent attention. Une petite participation à cette vaste tentative qu'est de « réveiller » les gens aux dangers des préjugés et des idées fixes. A mon petit niveau… ^^' En tout cas, c'est exactement le débat que je voulais souligner.

Huhuhu, désolée mais mon « idée simple » ne sera pas révélée aussi facilement. Par contre, je peux te dire que Blaise n'est pas coupable ^^. Je ne vais pas te laisser aller sur cette fausse piste.

A TRES BIENTOT INSPECTEUR OUPS ! J'espère que ce chapitre t'a plu, et que je lirais très prochainement tes nouvelles idées et hypothèses ! ^^

« Guest » : Haha ! C'est vrai que le tueur aime bien profiter des endormis en ce moment ^^. Disons qu'il sait saisir une occasion quand elle se présente, même s'il les choisit. Le sort de l'Impérium n'agissait pas sur Harry parce qu'il a une volonté rare et à toutes épreuves. C'est très très rare ! (petit Potter, si fort si brave si inhumain ^^)

C'est un bon rapprochement, le cours avec Maugrey (Croupton sous polynectar) pour savoir qui aurait pu voir que Blaise ne pouvait pas résister. Mais chaque présent pouvait répéter à qui voulait l'entendre ceux qui avaient le mieux résisté. Donc, il y avait un moyen de savoir qui pouvait y résister et qui ne le pouvait pas, même si le tueur n'était pas là. Malgré tout, les Mangemorts ne se posaient pas trop de questions pour savoir si leurs victimes allaient résister ou non. Si Blaise avait pu y échapper, je pense que le tueur aurait improvisé.

Je ne crois pas que les personnes soumises à l'Imperium oublient ce qu'il s'est passé après le sortilège. Il faut rajouter un Oubliviate pour cela. Et cela aurait été encore plus cruel pour Blaise s'il se souvenait d'avoir effectivement tué sa mère. Le tueur était masqué, donc il risquait pas d'être identifié. Je pense que Blaise a réellement reçu un choc émotionnel qui lui a fait oublier ce drame, son cerveau n'arrivait pas à le supporter. C'est plus fréquent qu'on le pense : une amie a fait une simple chute de cheval, et elle l'a complètement oubliée ! Alors tuer sa propre mère…

La blessure n'est pas identique à celle des deux autres meurtres. ) Lucius et Narcissa ont eu la carotide tranchée, c'est une artère principale qui est assez profondément dans le cou. Or, dahlia a simplement eu une plaie devant la trachée. Par conséquent, elle a mis plus de temps à mourir, se vidant plus lentement de son sang. Ginny a dit à un moment : « il n'y a pas eu de projections ». Et les projections quand on se tranche la gorge ne sont possible que si on atteint une artère (la carotide). Je le ferais dire plus précisément au médicomage légiste plus tard )

Tu ne crois pas qu'il ait utilisé l'Imperium sur Narcissa ? Pourquoi ? Ma foi, ce serait l'explication la plus logique pour qu'elle l'ait suivi tranquillement dans la salle de bal et n'ait opposé aucune résistance.

Héhéhé, j'avoue m'être surtout inspirée des Slender Men dans Doctor Who. Tu sais ? Ces monstres qu'on oublie dès qu'on ne les regarde plus. Sauf que là, on arrive carrément pas à voir la personne. C'est vrai que c'est similaire au repousse moldus. Le Repousse-Auror, haha ! Mais alors ça ne repousserait QUE les Aurors ? Pas très pratique tout ça. )

Dahlia a effectivement eu plusieurs maris (7 je crois, mais je n'en suis pas sûre…). En général, elle est plutôt comparée à une veuve noire (sans mauvais jeu de mot pourri), ou une mante religieuse.

Tes théories sont très intéressantes et me pousse à chercher plus loin que je ne le pensais de prime abord. Je ne dirais naturellement rien, mais je te promets que je vais réfléchir à tout ça plus sérieusement. Cependant, je tiens tout de même à signaler qu'on n'a pas besoin d'avoir le même âge que quelqu'un (ou d'être de la même génération) pour l'admirer (Harry admirait bien Dumbledore, non ?).

Tu as raison d'espérer que le tueur fasse une erreur. Il a peut-être déjà commencé, qui sait ? ET OUI ! Ce n'est que le début ! ^^

A TRES BIENTOT INSPECTEUR GUEST ! J'espère que ce chapitre t'a plu, et que tu as d'autres très intéressantes propositions à me faire ^^ !

« Rose-Eliade »: Héhéhé, merci ^^ Ca fait toujours plaisir de savoir qu'un lecteur apprécie toujours autant son histoire ! Et ce depuis un bon moment déjà ^^ Mais c'est bien la même Rose-Eliade du début ? Puisque là, tu es en reviews anonyme :S En tout cas, j'espère que ce chapitre-là te plait ! A BIENTOT INSPECTEUR ROSE !


NOTE DE L'AUTEUR

Et voilà un nouveau chapitre ! Une petite mise en place des équipes et deux trois découvertes mineures. Intervention de Pansy, Theo et Millicent. Et bien sûr, l'enfermement de Blaise… Vous n'avez pas encore vu l'ombre d'un journaliste ? Vous inquiétez pas : ils arrivent au prochain chapitre. Parler de tout est un peu long à mettre en place… D'autant plus que je ne veux pas me concentrer uniquement sur les réponses et résolutions de l'enquête, mais aussi aux personnages, les liens entre eux qui existent déjà ou se nouent… Les caractères, les pensées, les idées… etc.

Du coup, il n'y a pas grand-chose à analyser. La liste des personnages s'agrandit, et au prochain chapitre, il y en aura d'autres. Ca y est, tout le monde commence à intervenir. Les personnages de Rowling vont arriver petit à petit. Le petit copain moldu de Draco fera son arrivée au prochain chapitre, de même que John Smith. ET OUI ! Le fameux John Smith va montrer le bout de son nez ^^ Ou du moins, on aura son identité.

Je ne suis pas sûre de faire intervenir absolument tous les personnages, mais au moins une bonne quantité d'entre eux, c'est sûr. J'espère que ça vous éclairera sur les suspects, que vous changiez d'avis ou qu'au contraire, cela vous conforte dans votre théorie !

La mise en page à légèrement changée, car cat240 m'a fait comprendre que je n'ai pas été assez claire sur le temps qui passe. Il/elle a raison ! Mes heures étaient trop rarement données, et il me fallait être bien plus précise que ça. MERCI DE ME L'AVOIR SIGNALE ! ^^ Après tout, le temps ne s'écoule pas toujours à la même vitesse suivant les chapitres. Ca peut prêter à pas mal de confusions :S

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Je me dois tout de même de tous vous REMERCIER CHALEUREUSEMENT ! Pour votre participation ! Sans vous, cette histoire n'aurait pas été la même, il y a des tas d'événements que j'ai fait intervenir ou non suivant vos réactions. Ou même des idées que je vous ai prises, telles qu'elles ou inspirées ! C'est une histoire interactive vraiment stimulante et excitante ! J'ai été rassurée par vos mots encourageants, même quand j'ai pensé en dire trop ou pas assez, ou quand j'ai pensé mes mots déplacés…

ALORS A VOUS TOUS : MERCI !

Vous êtes tous en or massif ! Merci pour chacun de vos mots ! Et je jure solennellement de tout faire pour ne pas vous décevoir ! Même si je suis un peu lente à faire venir l'action, même si je suis de plus en plus lente à écrire… MERCI MERCI MERCI MERCI !

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NOUVELLE LIGNE AU TABLEAU RECAPITULATIF ! = en l'occurrence, il s'agit de l'agression de Draco, des photos dans la chambre au Manoir Malfoy, et du meurtre de Narcissa ! Donc, plein plein plein de choses ! J'aurais dû l'ajouter au précédent chapitre, mais je ne l'avais pas encore bien mis à jour. Par conséquent, il ne tiens pas compte de ce chapitre-ci.

ATTENTION ! Ce peut être du spoil pour ceux qui n'ont pas lu tous les chapitres publiés ! Si vous êtes ici, et qu'il y a d'autres chapitres publiés après, n'allez pas voir le tableau avant d'être arrivé à la fin de ce qui est lisible ! Car j'ajoute petit à petit au fur et à mesure de là où j'en suis. Ce tableau n'a que le but, seul et unique, de rendre digeste cette enquête sans avoir à relire tous les chapitres depuis le début pour se rafraichir la mémoire.

Il comprend : le jour, l'heure, l'identité de la victime, le type de meurtre ou autre événement, les faits, les analyses des enquêteurs, leurs questionnements que cela soulève, les prévisions de ce qu'ils vont faire, et le profilage du meurtrier à ce moment-là.

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A bientôt mes bits chéris !

Fantômes ou manifestants !

Sortez-moi tout le jus de votre cerveau en ébullition, mes très chers inspecteurs !

XXX

Capitaine Ashu

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