11.

Draco trouva son manoir plus grand et plus vide que jamais. Il n'aimait pas cette demeure qui était devenue les derniers temps le QG de Voldemort, il en gardait des souvenirs de frayeur et d'angoisse. Il revoyait la peur de ses parents prêts à tout pour le protéger, il avait eu l'impression que cette période était sans fin.

Il se rappela aussi de ce jour où on lui avait demandé d'identifier Harry et ses amis et qu'il avait été tenaillé entre la supplique muette de son père de faire une action marquante pour retrouver la grâce du Lord Noir et la peur de condamner son ex-rival à une mort affreuse. Non, il n'aimait pas beaucoup ce Manoir.

Pourtant Harry était venu l'illuminer de sa présence et de son sourire, offrant son amitié et les promesses d'un amour fragile mais possible alors que son amie Hermione avait été torturé dans ce lieu. Alors, Draco comprit qu'Harry avait du prendre sur lui ce jour là et il se dit qu'il ne pouvait pas en rester là.

Il tambourina plusieurs jours durant au Square Grimmaurd pour se rendre à l'évidence que le Survivant avait clairement quitté ce lieu alors, bravant son appréhension, il se décida à sonner à la porte de Ron Weasley et Hermione Granger. Il se composa un visage impassible pour combattre son envie inextricable d'être ailleurs.

- Malfoy ? S'étrangla Ron en ouvrant la porte.

Le blond se passa nerveusement la main dans ses cheveux.

- Je… euh… cherchais Harry, bafouilla-t-il dans une diction peu digne d'un Malfoy.

Alors que Ron sembla s'étouffer encore plus en entendant l'ancien Serpentard appeler son meilleur ami par son prénom, Hermione se faufila dehors avec un vague « je m'en occupe Ronald », elle attrapa Draco par le bras et l'entraîna plus loin.

- Mais qu'est-ce que tu fais ici ? demanda-t-elle d'un air embarrassé.

- Écoute Granger, ce n'était peut-être pas une bonne idée…

- Qu'est-ce que tu veux à Harry ? insista-t-elle inquisitrice.

Il hésita, pas très à l'aise mais il lui semblait que le comportement d'Hermione indiquait qu'Harry et elle avait parlé de lui parce qu'après tout, elle était plus ennuyée que surprise.

- Savoir s'il va bien, murmura-t-il avec très peu d'assurance.

- Je ne devrais pas te répondre, mais…

Elle s'arrêta un instant et le regarda droit dans les yeux comme si elle essayait de sonder le fond de son cœur, elle soupira et lui glissa un papier dans la main.

- J'espère que je ne fais pas une bêtise ! Si tu lui fais quoique ce soit, je te transformerai personnellement en Malagrif tacheté, Draco Malfoy et prends ça pour une promesse !

Et puis, semblant déjà regretter son geste, elle le laissa là, complètement interdit pour aller expliquer à Ron le pourquoi de la présence du Serpentard devant chez eux. Revenu de sa surprise, Draco déplia le papier qui portait encore les traces de serres d'un hibou.

Hermione,

Ginny est partie et Ron va me maudire. Tout est un peu confus pour moi. Je pars chez Hagrid me changer les esprits. N'en parle à personne et surtout pas à Lui.

Je t'adore,

Harry.

La première réaction de Draco fut de mettre le papier en boule et de l'envoyer furieusement valser dans le caniveau le plus proche dans un accès de colère « surtout pas à Lui », que croyait Potter ? Que lui, un héritier Malfoy allait s'abaisser à demander après lui et lui courir après ? Bon… A la réflexion, c'est exactement ce qu'il faisait mais ce n'était pas sensé être si évident…

Puis il repensa aux paroles de Blaise. Au diable son orgueil, après tout, Zabini avait raison, lorsqu'il voulait quelque chose, il l'obtenait ! Et à bien y songer, Potter s'était débarrassé de la belette, en soi, c'était plutôt une bonne nouvelle.

A suivre