Il faisait bon ce matin là. Je sentais vaguement l'odeur d'hrbe et du feu qui avait brulé toute la nuit. Je sentais Susy dans mes bras respirer lentement et profondément. Je sentais aussi un coussin sous ma tête. Cela me laissa alors quelques seconde d'illusion durant lesquelles je me disais que j'étais rentré, que tout était rentré en ordre, et que probablement j'avais oublié de fermer la fenêtre ce matin. Cependant, quelque chose clocha quand une Susy me demanda simplement :

- Az… Changé de… Parfum…?

Ou alors ma susy était assez malade pour avoir une voix grave, ou alors… Ce n'était pas Susy. Et visiblement, alors que j'ouvrais les yeux, et je vis une tignasse blanche ébouriffée. Et alors que j'étais en train de me demander comment j'allais le relâcher sans le réveiller, il s'en chargea a ma place. IL se tourna face a moi, l'air tout a fait suspicieux et réveillé, avant de me repousser durement et lui aussi. ON se retrouva chacun d'un coté de la caverne a se regarder stupéfait. Aussi peu réveillé l'un que l'autre, mais aussi mal a l'aise que l'autre. D'ailleurs sans que je ne contrôle le phénomène toutes mes créations redevinrent de la poussière de craie, que ce soit la couverture, le feu ou même les outils de cuisine. Mon emprise relachée.

Après quelques seconde il secoua la tête, passa une main dans ses cheveux, et bailla longuement. Moi de mon coté je me redressais et récupérais ma ceinture que je remis prestement, avant de me rhabiller, en rentrant ma chemise dans mon pantalon tranquillement, puis je remis ma cravatte. On se sentait mal tout les deux c'était a peu prêt sur, cependant mon compagnon me demanda, comme pour changer de sujet bien que nous n'ayions rien dis encore ce matin :

- Pourquoi, la cravate ?

- Parce que ca fais une arme de défense et de strangulation.

- … Mouais.

IL était un Basilik, je pouvais comprendre que ma petite cravate ne lui faisait pas peur, mais c'était tout ce que j'avais moi, quoi que j'aurai pu me balader un couteau, mais cela m'aurait pris de l'énergie, et je sentais qu'avec lui je n'avais plus besoin de ca. En tout cas une fois rhabillé, je me regardais mon compagnon d'infortune qui était en train de remettre ses pompes. Il s'occupa ensuite d'essayer de mettre de l'ordre dans ses cheveux, ce fut peine perdue, même quand je lui tendit le petit peigne que j'avais toujours dans le revers de ma veste. Il le refusa prestement, et relâcha les cheveux qu'il plaquais : ils se redressèrent comme sous l'effet du gel, et je compris que seule l'eau parviendrait a discipliner tout ceci.

Une fois la routine du matin observée, on sortit de la caverne, et avant de descendre au niveau de la pleine, il prit quelques seconde pour regarder autour de nous. Ce que je fis, malheureusement a part repérer le village duquel je me suis échappé grâce au panache de fumée, et donc la direction que nous ne devions PAS emprunter, mon observation ne servit pas a grand-chose. Si bien que je me mis a marcher tranquillement, et que mon jeune ami me rattrapa rapidement. Nous entreprîmes donc de descendre la montagne, puis une fois revenu au niveau de la mer, on… Se dirigea au hasard, n'ayant aucune idée d'où aller. En tout cas Ikk ne semblait pas du tout incommodé par la lumière, malgré ses yeux clairs.

- Ca va taper, après. Ca ira sans eau ?

- Je pense. Sinon je m'en dessinerai.

- Je pense que tu ne devrais pas "gaspiller" ta magie. On pourrait en avoir besoin plus tard.

- Ton conseil a été entendu.

Il s'apprêta a répondre, quand il s'immobilisa. Je vis alors sa langue sortir a plusieurs reprise. Il sentait l'air, et malheureusement c'était un talent que je n'avais pas. Odorat, vue et ouïe humaine. J'étais complètement dépendant de ses sens a lui. Après quelques seconde, il releva le nez, et sentit dans une autre direction. Cependant il grogna, et je ne tardais pas a comprendre : le parfum dont il avait parlé au réveil devait troubler ses sens. Ouais bas désolé, j'avais pas prévu il y a deux matins d eme faire embarquer dans une aventure dans un autre monde. Mais je pris le parti de m'écarter un peu plus loin pour ne pas l'enfumer malgré moi.

Une fois que je me pensais assez loin, je m'arrêtais, juste a temps pour sentir le sol se dérober sous mes pieds. Un piège a tigre. Génial. Et l'autre qui n'avait probablement rien vu ou entendu, vu qu'il ne se précipita pas a ma rescousse… Je regardais rapidement : la grille piège était trop lourde pour que je puisse la manœuvrer tout seul, et vu la brindille qu'il était, je n'avais pas a compter sur lui. Je m'assis donc et j'attendis : je savais qu'il n'allait pas me laisser là, mais qu'il allait au moins se foutre de moi avant de m'aider a sortir de là. Cependant, alors que j'étais assis sur le sol, je ne tarde pas a le voir s'envoler très haut dans le ciel, tout droit. Et, là, je paniquais : il allait quand même pas me laisser dans ce piège grostesque quand même…

Il redisparu, redescendit je présume, et le silence revint. Je soupirais, et je commençais a regarder sur le sol s'il n'y avait pas un endroit ou je pouvais dessiner, car la terre des mur n'était pas idéale pour la craie, quand j'entendis le piège craquer légèrement. En me tournant je ne tardais pas a voir le jeune serpent. Soulagé je lui fit un sourire, et il s'approcha de moi, avant de dire :

- J'ai vu une ville assez loin là bas. Je pense que ce serait pas trop mal qu'on s'y dirige.

- Je pense aussi. Mais a quelle distance ?

- Loin. Si on pouvait avoir des chevaux ca serait le must.

- Chevaux.

Je le fixais l'air blasé. Il savait très bien pourquoi j'étais réticent a cette idée. Il ne tarda pas a me prendre dans ses bras, et avant que je ne comprenne, on était sortit du trou, et il m'avait relaché. Il m'avait simplement câliner pour me faire sortir de là, j'avais bien compris que les contact c'était pas trop son truc. Je regardais donc autour de nous : il nous fallait des chevaux. Et les seuls chevaux que j'avais vu c'était ceux du campement duquel je m'étais échappé et ou je refusais sérieusement d'y retourner.

- Tant pis. On va marcher. On est pas presser.

Il ne sembla pas content, mais il fourra ses mains dans ses poches et prit la direction. Je savais que plus tard j'allais devoir lui rendre la manœuvre, mais au moins il n'avait pas posé de question. Je crois qu'il n'en avait pas besoin. Donc on se mit a marcher tranquillement, dans le silence.

Cette plaine s'étendait a perte de vue, et maintenant que le soleil cognait, je ne demandais finalement qu'a arriver. Surtout que mes chaussures de ville n'étaient pas du tout faites pour marcher dans ces conditions, et elle m'entravaient plus que je ne le voulais. Et Ikk qui marchait obstinament devant moi, c'é"tait presque insultant. Je savais qu'il était un Basilik, que le soleil ne lui faisait que du bien et tout… Mais je le trouvais un peu cruel dans ces conditions, de ne pas penser a son compagnon. Puis, alors que j'avais cette pensée, je m'arrêtais, surpris : il avait pensé a moi : il m'avait prévenu, c'était moi qui n'avait rien fait en me pensant plus fort que rien. Pfeu, pour le coup je m'en voulais maintenant.

Tout en marchant un peu plus vite pour rattraper le gamin qui m'avait mis par terre sans un mot, je me rendis compte que la savane devenait progressivement plus verte : nous quittions la zone vraiment chaude pour arriver dans une foret, ou disons une zone plus clémente, car pour le moment je ne voyais pas d'arbre.

Un pas de plus et je sentais un caillou dans ma chaussure. A cet instant je détestais profondément ces chaussures et je me jurais que je ne les remettrais plus une fois revenu a Furiosa.

- Une seconde, j'ai un caillou dans les chaussures

- Ah c'est tellement chiant, en plus !

Il se tourna vers moi et attendit tranquillement. Je retirais donc ma chaussure, chaussais le caillou en question. Cependant alors que j'avais encore mes deux mains sur ma chaussure, et mon pied en l'air, un tir frappa le sol a coté d'Ikk, et il sursauta. Il se mit alors a courir sans même m'attendre, et je remis maladroitement ma pompe avant de me mettre a courir dans sa direction a mon tour, alors que les coups de feu recommencaient a pleuvoir autour de nous. Alors qu'il continuait de courir, je ne tardais pas a voir ses ailes apparaitres, et je savais déjà ce qu'il allait faire. Il allait me laisser me dermerder avec Kraven. Génial.

Il s'envola donc rapidement pour se cacher dans les nuages, et moi je me retrouvais a continuer a courir comme un fou. Dans un premier temps les coups de feu le suivirent, et je compris alors que Kraven était là pour lui. Mais auprès quelques seconde, les coups de feu recommencèrent a me pleuvoir dessus, et sans que je ne parvienne a savoir d'où ils venaient. Et ce ne fut que lorsque je vis la crosse de l'arme m'arriver dans la gueule, que je réalisais qu'ils me tirait dessus de devant moi. Etourdis, je retombais en arrière, et l'homme me rattrapa par le col m'empêchant de tomber en arrière.

- Si j'arrive pas a attraper l'oiseau moi-même, peu être qu'il viendra te chercher toi.

L'homme avait tout le type d'un chasseur : des cheveux brun qui lui arrivaient jusqu'aux épaule, un chapeau sur la tête pour se protéger du soleil, des vêtement de cuir, des bottes hautes, et un holster duquel il tira un petit colt, sur la cuisse. Après quelques seconde, il me plaqua a sa poitrine, et posa le canon de l'arme sur ma tempe. Je fermais les yeux. J'avais connu ca, ce n'était pas différent de Nixion. A la différence prêt que lui n'allait, après, pas me bidouiller les mains. J'expirais, puis après quelques secondes, je ne tardais pas a revoir Ikk descendre rapidement, face a nous. La prise du chasseur se raffermie, et il plaqua plus violemment l'arme sur ma tempe :

- Rend toi l'oiseau, ou c'est ton copain que je vais empaillé a ta place.

- Regarde moi bien dans les yeux, chasseur a deux balles. Celui que tu tiens, a bien plus de valeur que moi. Tu le verrai, il est très impressionnant. Mais, tu as raison, c'est plus rigolo de s'attaquer au moins dangereux des deux. Cela fait de toi un lache, mais on s'en fiche, le lache il a un trophée.

- A quoi tu joues, l'oiseau ?

- L'oiseau il s'appelle Ikk, fiston. Et celui que tu tiens s'appelle Tristan. Donc si tu veux nous respecter en tant que proies a chasser, appelle nous par nos prénoms. Parce que tu vois a simplement nous ramener a notre conditions de simple créature vivante, tu risques juste de nous déprimer et de te foutre en l'air le plaisir de la chasse, tu comprends ?

Moi, je compris, ce qu'il faisait : il était en train debaratiner l'homme. C'était un Basilik. Je fermais alors les yeux, et j'attendis. Après encore deux ou trois diatribes de la part de Ikk, je sentit l'homme ne plus bouger du tout. Je rouvris les yeux, et je vis qu'il avait été effectivement transformer en pierre. M'echappant alors de sa prise, ce qui fut assez compliqué vu combien il avait serré son bras autour de mon cou, je ne tardais pas ensuite a lui voler son flingue, non sans lui casser un doigts.

- Tristan, est-ce que ca va ?

- Ca va. J'ai flippé, mais ca va.

- Il faut qu'on y aille, la pierre ne dure que six heures.

- Je pensais que les tiens tuaient.

- Je suis pas encore un adulte de ce point de vue la.

- … Tu dois être tout petit je suis sur.

- J'ai ce qu'il faut là ou il faut ne t'inquiète pas.

IL me fit un clin d'œil, et je restait un peu stupide : est-ce qu'il venait… De… Prouver sa virilité… Venant de rien ? J'explosais de rire, avant de me remettre a le suivre. Mon dieu je n'avais jamais réalisé être une machine de seduction vivante, au point que le jeune homme ait besoin de me rabattre le caquet en me disais, basiquement "la mienne elle est plus grosse". Je rigolais, franchement amusé, alors que nous gagnâmes le couvers des arbres. Alors que je regardais en arrière, vers là ou la statut du chasseur était, je marmonais, plus du tout amusé :

- Quelque chose me dit qu'on va revoir Kraven. Qu'il n'en a pas terminé avec nous.

- Kraven ?

- Je ne compte pas l'appeler "le chasseur". Comme tu l'as dis, ca risquerait de le déprimer.

- … Tu m'as écouté ?

- Evidemment. Surtout la partie ou tu disais que j'étais tellement génial et tout. Tu pouvais t'en empêcher hein ? T'avais pas envie d'être tout seul dans la merde, alors tu m'y as embarquer de force hein.

- … … Comme ca tu me laisseras pas ?

- Sale bête vient ici !

Je crois qu'on en avait besoin, là, de relâcher la pression. Les arbres nous offraient de l'ombre et du frais, et après ces deux jours sous le stress, relâcher la pression en se chamaillant, fut plus que bienvenu. Alors que Ikk partait en courant, je me mis a lui courir après, bien décidé a l'attraper, et lui frictionner les cheveux jusqu'à ce qu'il crie pitié. Et ensuite je m'amuserait de le voir s'emmeler dans les branches. Cependant le jeune homme était bien plus agile que moi, surtout dans mon costume rigide, et malgré mes différentes tentatives, je ne parvins pas a lui mettre la main dessus. Je finis hors d'haleine a reprendre mon souffle appuyé sur mes genoux, alors qu'il venait me caresser les cheveux :

- Dis toi qu'il y a… Un mois et demi, j'étais cloué dans une chaise.

- Oui, c'est ce que je me disais, j'ai entendu parlé de toi. Ikk Basil. Tu es bien agile pour un infirme.

- La volonté, gamin, c'est tout dans la tête. TU veux remarcher, tu remarcheras. Avec de la volonté et du temps.

- Et une image a entretenir.

- Outch. Mon cœur.

Je rigolais et me redressais tranquillement. C'est vrai qu'il était pas mal agile pour un type qui devait encore être en pleine réeduc… Une fois le calme revenu, je regardais autour de nous : avec cette folle échappée je n'avais aucune idée de la direction que nous devions prendre. Mais mon ami plumeux avait de quoi retourner rapidement notre route. Après quelques seconde, on parla en même temps :

- Pourquoi tu ne te transforme pas ?

- Ne tombe plus dans d'autre pièges.

Et lors de sa propre phrase il recula d'un pas. Et craqua une branche. Puis, alors qu'il était en train de réfléchir a me répondre un filet nous souleva de terre et nous y épingla. Et la seule chose que je parvins a trouver a dire, fut de lever les mains en disant :

- C'est pas moi, cette fois.