Résumé : Une froide nuit d'hiver, de la solitude… et une surprise.

Note de l'auteur : Aaaah je suis contente que le thème 10 vous ai plu, merci aux quelques personnes qui ont fait l'effort de me faire un petit retour, ça me touche beaucoup ! =) Merci aussi à tous les lecteurs de l'ombre qui s'abonnent. J'espère que vous trouverez le courage de laisser un petit mot aussi. Je mords pas, promis ! En attendant, je vous laisse avec le thème 11, tout aussi chargé en fluff que son prédécesseur :D Bonne lecture !

RAR : Au passage, un grand merci à Laure-Anne. Je te réponds ici vu que tu m'as laissé un mot en guest ; ta review m'a fait très plaisir. Mais je t'en prie tutoie-moi, en réalité... tu es plus âgée que moi. xD En tout cas, c'est un vrai plaisir de savoir que mes thèmes sont appréciés, j'espère qu'ils continueront à te plaire et à te distraire entre deux tournées de soin ! Merci beaucoup d'avoir pris le temps de me laisser un mot, ça me touche beaucoup.


11 – Câlins

Paris était magnifique sous la neige.
La ville lumière, comme on l'appelait, ne gagnait un véritable titre de beauté qu'au moment où les flocons blancs daignaient tomber sur elle, la recouvrant d'un immense manteau de silence immaculé. Lorsque ce moment arrivait, alors, elle s'illuminait totalement, chacune de ses petites lueurs se reflétant dans le blanc de cette couverture de glace, offrant mille éclats de cristal le long des routes, des chemins, des trottoirs, des pavés.
C'était une vision irréelle, rendue encore plus superbe par le silence qui régnait en haut de la tour Eiffel.

Chat se sentait seul.
Assis sur le bord de la terrasse, au sommet de la tour, il observait le monde qu'il protégeait évoluer sans lui.
Ils étaient le 31 décembre au soir. Dans quelques heures à peine, toute la ville passerait, en fêtant, riant et s'embrassant, dans la nouvelle année.

Et lui, il serait seul.
Son père était parti le matin même avec Nathalie pour fêter la nouvelle année à Milan, au milieu des mondanités. Il y resterait les trois premiers jours de l'année. Il avait abandonné son fils derrière lui sans même un regard, lui assurant qu'il n'avait pas à s'inquiéter, que le cuisinier et son garde du corps répondraient au moindre de ses besoins.
Mais son besoin d'amour, d'attention - qui y répondrait ?

Probablement personne.
Il n'avait personne - et il devrait s'y faire.
Alors, le soir venu, il avait remercié le cuisinier de lui avoir préparé deux ou trois repas d'avance comme il le lui avait demandé, et l'avait enjoint à partir retrouver sa famille. Il avait suggéré au gorille de faire de même - si seulement ce dernier avait une famille, cela dit. L'homme n'avait pas répondu, juste hoché la tête, et était resté assis dans le fauteuil du salon. Adrien avait alors simplement expliqué qu'il allait se coucher, et qu'il ne souhaitait pas être dérangé. Un autre hochement de tête lui avait répondu.
Quelques minutes après qu'il se fut enfermé dans sa chambre, Chat Noir était ressorti par la fenêtre.

Puisqu'il était seul... Aucune raison pour qu'il ne reste enfermé dans cette prison dorée. Il s'était élancé sur les toits, zigzaguant pour éviter les trop grosses couches de neige, sautant d'immeuble en immeuble, jusqu'à atteindre la Dame de Fer, qui perçait le ciel nocturne hivernal de son immense silhouette.
Il ne lui avait fallu que quelques minutes pour réussir à grimper tout en haut, pour enfin s'asseoir au bord du vide, jaugeant du regard le gouffre de sa solitude. Depuis, il n'avait pas bougé. Et il n'avait aucune raison de bouger, il n'y avait personne...

« Chat ? »

... pour le déranger ?
Un sursaut à moitié ravalé, le héros de Paris tourna lentement la tête.
Derrière lui se tenait une silhouette bien connue, mains sur les hanches et tête penchée, son regard partagé entre l'inquiétude et la tendresse. Il haussa un sourcil, se retournant tout à fait.

« Que fais-tu là, Princesse ?
- J'ai presque envie de te retourner la question, Chat Noir. Mais je m'en doute un peu, à vrai dire.
- Ah bon ? »

Il ne cacha pas sa surprise. Avec un soupir, Marinette hocha la tête, avant de s'avancer pour venir s'asseoir juste à côté de lui, ses jambes pendant dans le vide près des siennes. Avoir sa princesse si près du bord n'était pas pour le rassurer – après tout, en tant qu'Adrien, il savait à quel point elle pouvait être maladroite – mais elle ne semblait pas dérangée plus que ça par le vide. Il se contenta de se reposer sur ses réflexes hors du commun, si jamais il avait besoin de la rattraper pour une quelconque raison.
S'appuyant un peu contre lui, les yeux posés sur la ville, elle reprit la parole :

« Tu es tout seul ce soir, n'est-ce pas ?
- Que…
- Tu n'en as pas vraiment fait un secret, sourit son amie. Enfin, si. Un peu. Mais j'imagine que je suis douée pour t'écouter, en tout cas j'espère. Et… comme tu me parlais souvent de la belle vue qu'il y a depuis la tour Eiffel, j'ai supposé que tu devais te trouver là, ce soir. Alors voilà. Me voilà. »

Chat en était à deux doigts de s'étrangler.
La voilà ? C'était tout ?
Ils étaient le 31 au soir, l'année changerait dans quelques heures – peut-être même quelques minutes à peine… et elle n'avait que ça à dire ? Que ça à dire sur le fait qu'elle se trouvait à un endroit où normalement, personne ne pouvait arriver sans une bonne formation d'escalade… ou bien l'aide d'un miraculous. Que ça à dire sur le fait qu'elle, elle avait une famille qui devait l'attendre ? Que ça à dire sur le fait qu'elle…
… qu'elle se trouvait là ?
Il la fixa avec un regard où le trouble se disputait à l'incompréhension.

« Je… Je ne comprends pas, princesse.
- Quoi donc, Chat ?
- Que… Que fais-tu là ?
- Eh bien. Je te l'ai dit. Je suis venue te rejoindre. »

Il fronça les sourcils, se frotta la tête, incapable de mettre ses idées en ordre.

« C'est pas ce que je veux dire, Marinette !
- Alors que veux-tu dire, Chat Noir ? »

Le ton était léger, presque taquin.
Suffisamment pour lui donner envie de la couvrir de chatouilles, dont il avait découvert l'autre jour que c'était son pire point faible. À la place, il lâcha d'un ton exaspéré :

« Pourquoi es-tu là, avec moi ?!
- Je viens…
- Pourquoi es-tu là, alors que tu as une famille ? Pourquoi est-ce que tu n'es pas en train de fêter avec eux comme il se doit le passage à la nouvelle année ? C'est important !
- Toi aussi, tu es important. »

La voix hésitait entre le tendre et l'énervé – comme si Marinette elle-même ignorait si elle devait être en colère contre Chat, qui ne comprenait pas où elle voulait en venir, ou bien à au contraire adopter un ton doux, pour mieux le réconforter.
Il était de plus en plus perdu – aussi la laissa-t-il s'expliquer sans plus rien ajouter.

« Mes parents sont au courant. Enfin… Non, ils ne savent pas que je viens te voir toi, mais je leur ai dit qu'un de mes amis allait se retrouver tout seul pour le Nouvel An, tout comme il s'était retrouvé seul pour Noël. Ils ont accepté que plutôt de fêter ce soir, on attende le nouvel an chinois. Comme ça… ils peuvent passer du temps en amoureux. Et moi, j'ai pu venir te rejoindre. »

Elle avait débité ça presque d'une traite.
Chat, lui, ne savait plus quoi répondre.
Une main posée sur sa joue, après un long moment de silence, le fit frissonner. Un regard azuré plongea dans le vert du sien. Il déglutit.

« Mais… je…
- Tu comptes pour moi, Chat. Le Nouvel An, c'est un moment à passer en famille… ou entre amis. Avec les gens que tu aimes. Et je t'aime. Vraiment, vraiment beaucoup. Je ne supportais pas l'idée que tu sois seul. Si… Si je connaissais ton toi civil, j'aurais même pu proposer que tu viennes faire la fête avec mes parents et moi, à la maison. Mais je me suis dit… que tu préfèrerais rester discret. »

Il ne put s'empêcher de pouffer.
Elle sourit en retour.

« Ne doutes jamais de l'affection que je te porte, Chat Noir. Tu comptes énormément pour moi. Et il était hors de question que je te laisse à ta solitude. Il faut bien que je te rende un peu tout ce temps où tu viens m'enquiquiner sur mon balcon ! »

Le héros de Paris résista à l'envie de rire à sa boutade.
À la place, il se laissa aller à sourire, se faisant bientôt imiter par celle qu'il considérait être sa meilleure amie. Avec un doux soupir, il se pencha en avant, jusqu'à l'envelopper dans une étreinte à la hauteur de l'affection qu'il lui portait.
En moins d'une seconde, des bras s'enroulèrent autour de lui, venant agripper la combinaison de son dos. Il soupira, l'impression de vide dans son cœur ayant enfin disparue.

« Merci, Princesse.
- De rien, mon chaton. Je suis là pour ça. »

Chat Noir ferma les yeux et poussa un soupir, contenté.
Un flocon de neige vint se poser sur le bout de son nez.

M&CN


Vous l'aurez peut-être deviné, on retrouvera bientôt une suite de ce thème là. Dans combien de temps ? Ah... à vous deviner ! Je vous laisse avec vos réflexions, l'espoir d'une review, et le titre du prochain thème : Jouer dans la neige. A demain !