Disclaimer: cette fanfiction est inspirée de l'oeuvre gigantissime de J.K. Rowling qui en détient tous les droits. je ne touche aucun subside en écrivant cette histoire.
Remerciements: à tous ceux qui pensent devoir être remerciés et même à ceux qui ne le pensent pas.
Chapitre XI : Escapade à Godric's Hollow
La première semaine de septembre s'écoulait bien trop lentement au goût de Harry. Les cours de Lupin se faisaient plus espacés, tout comme ceux de McGonagall ou Slughorn. Pour occuper leur temps libre, Harry et Ron ressassaient les préparatifs de leur voyage pour Godric's Hollow. Le matériel de camping était arrivé le mardi soir, en toute discrétion comme le jeune Potter l'avait recommandé sur son bon de commande. Ron, lui, grappillait des provisions petit à petit dans le garde-manger pour que Mrs Weasley ne s'en aperçoive pas. Sur ce point, Hermione était en désaccord avec les deux jeunes gens.
- Il faut qu'un adulte au moins sache où nous allons. Si nous avions des problèmes, nous pourrions avoir besoin d'aide.
- Tu sais très bien ce qui se passera si je le dis à quelqu'un de l'Ordre, Hermione, lui répondit sèchement Harry. Soit ils voudront nous accompagner, et bonjour la discrétion, avec la taille de leur escorte habituelle ; soit ils voudront nous en empêcher purement et simplement.
- Mais Harry, comment ferons-nous en cas d'attaque ? demanda Hermione, un peu vexée par la répartie cinglante de son ami.
- Lupin nous a appris à lancer le signal de l'Ordre en dernier recours. Mais nous devons garder le secret sur ce que nous allons chercher à Godric's Hollow. Je ne peux me permettre de laisser quelqu'un d'autre entrer dans la confidence tant que ce pouvoir n'est pas entre nos mains. Il y a trop de fuites possibles.
- Lesquelles ? s'enquit Hermione.
- D'abord, il y a Mondingus qui a bien du mal à tenir sa langue quand il a une bouteille de Whisky Pur Feu devant lui, intervint Ron. Ensuite, il y a les possibilités d'aveux sous la torture des Mangemorts, si l'un des membres de l'Ordre était pris.
Hermione dut se résigner devant la pertinence des arguments de ses deux amis, même si son entêtement légendaire la poussa à remettre le sujet sur le tapis plusieurs fois dans la semaine.
Ginny participait assez peu à ces débats : elle se sentait plus morose à chaque fois qu'elle se rendait au Ministère. Elle ne retrouvait le sourire qu'au creux des bras de Harry qui l'attendait toujours devant la cheminée. Aller en cours était bien moins réjouissant sans Harry auprès d'elle. Bien sûr, ils n'avaient jamais partagé les mêmes salles de cours à Poudlard, mais au moins là-bas, elle le savait à proximité immédiate et pouvait le voir aux intercours.
Chaque soir, elle leur faisait part des réflexions de ses camarades et des quelques informations parcellaires qu'elle pouvait recueillir au Ministère. Les fidèles de l'A.D. s'entraînaient d'arrache-pied chez eux. Ernie McMillan, après avoir demandé l'aval de Harry et de ses deux lieutenants avait même mis sur pied des groupes de travail qui se retrouvaient chez l'un ou l'autre des septième année. La défense s'organisait et les témoignages de confiance raffermissaient Harry dans ses convictions : il était temps de partir à la chasse aux Horcruxes. En même temps, il sentait la pression de tous ses camarades sur ses épaules. Non pas qu'ils se reposassent sur lui, mais il portait tous leurs espoirs, il en était conscient.
Le vendredi soir arriva enfin. La mine du jeune Potter s'était assombrie tout au long de la journée, alors que le visage de Ginny affichait une excitation grandissante. Malgré tous les arguments qu'il avait pu servir à Hermione, il se sentait un peu coupable envers les Weasley qui l'accueillaient sous leur toit. Il complotait chez eux et allait exposer leurs deux plus jeunes enfants au danger. Ce sentiment ne le quittait plus, mais il savait qu'il ne parviendrait jamais à écarter ni Ron, ni Ginny de son sillage. Encore moins Hermione d'ailleurs, malgré ses réserves.
Lorsque minuit sonna, tous les habitants étaient couchés. Tous sauf quatre ombres qui se glissèrent dans la chambre des jumeaux. Harry et Ron portaient deux sacs sans fond contenant le matériel de camping et la cape d'invisibilité de Harry. Ginny transportait des potions de sa composition qui devaient leur servir en cas de blessure. Quant à Hermione, elle s'était bien gardée de dévoiler le contenu de son bagage. Harry jaugea une dernière fois la détermination de ses amis en plongeant son regard dans les yeux de chacun d'eux. Ils étaient plus décidés que jamais.
Il prit la main de Ginny pour le transplanage d'escorte, tandis que Ron et Hermione commençaient à se concentrer sur leur destination. L'instant d'après, trois « crac » simultanés retentirent et la chambre de Fred et George se retrouva vidée de ses occupants.
Harry ressentit l'impression désormais familière du transplanage. Comprimé dans un tube imaginaire, il luttait pour ne pas lâcher la main de sa petite amie. Quelques secondes plus tard, il atterrissait dans une rue sombre, à peine éclairée par un vieux réverbère à la l'ampoule mourante. La présence à ses côtés de ses amis le rassura.
- Et maintenant, par où on va ? demanda Ron.
- Regarde devant toi, répondit Hermione avec une pointe de tristesse et d'angoisse dans la voix.
Ron et Ginny tournèrent leur regard vers le terrain de l'autre côté de la rue. Harry, lui, le fixait depuis un moment déjà. Au-delà de la chaussée délabrée, un portillon de bois, à la peinture blanche écaillée, pendait à un gond rouillé. La vieille clôture avait perdu de sa fraîcheur et plusieurs planches manquaient. Harry s'avança lentement et entra dans le jardin. Le portillon grinça lugubrement trahissant l'état de la dernière demeure des Potter.
Au milieu de ce qui avait dû être une pelouse, aujourd'hui envahie d'herbes folles et de ronces, gisaient les ruines d'une maison de pierre. Quelques pans de murs s'obstinaient à tenir debout, peut-être pour montrer leur courage lorsque le nouveau propriétaire viendrait sur les lieux du sinistre. La porte d'entrée faisait partie de ces survivants. Harry l'ouvrit doucement. A chaque pas, il inspirait profondément, comme pour recueillir des fragments de ce passé qui lui échappait. Un sentiment de familiarité se diffusait dans tout son être. Il avait vécu ici, il le savait. Il touchait les murs, les fragments de meubles, les vieux livres délavés par la pluie qui restaient coincés sous la pierre ou les poutres. Il sentait ses doigts picoter. Chacun de ces objets insuffla son souvenir et Harry se mit à avoir des visions de ses derniers jours à Godric's Hollow. Il voyait sa mère le berçant à travers les pièces du rez-de-chaussée, son père jouant avec lui, le chatouillant devant la cheminée ronflant d'un grand feu magique. Il sentait aussi l'angoisse de ses parents.
Il toucha une pierre qui portait un impact de sortilège et en instant il vit Voldemort entrer dans la maison. Son capuchon rabattu sur le visage, il pointait sa baguette magique contre James Potter qui couvrait la retraite de Lily avec Harry dans ses bras. Il entendait les derniers mots de James :
- Emmène Harry, je vais le retenir ! criait-il.
Il grinça des dents de rage et d'impuissance lorsqu'il vit jaillir l'éclair vert de l'Avada. La pierre lui montra Voldemort montant les marches et tout s'éteignit. Sous le regard de ses amis Harry se lança fébrilement à la recherche d'un autre objet, d'un autre fragment qui lui livrerait la vision de sa première confrontation avec Voldemort. Il fouillait désespérément les décombres, se blessant les mains sur les morceaux de verre, se râpant les doigts contre les pierres, s'enfonçant des échardes au contact des éclats de bois… Il ne trouvait rien, aucune de ces ruines ne voulait lui livrer ce souvenir dont il avait besoin pour la suite. Il tomba sur ses genoux, la poitrine oppressée, bouleversé, empli d'une immense frustration.
- Harry, qu'est-ce qui se passe ? Qu'essaies-tu de faire ? Le jeune homme reconnut la voix inquiète et chargée de tendresse de Ginny. Elle lui enserrait les épaules avec douceur.
- Je les ai vus s'occuper de moi, m'aimer pendant ces derniers jours avant Halloween. J'ai vu aussi la peur dans leurs yeux, souffla-t-il, la gorge tellement serrée qu'il se demandait comment il pouvait encore parler. Et je l'ai vu tuer mon père, termina-t-il difficilement.
- Tu as des souvenirs de cette époque ? demanda Ron, visiblement surpris.
- Ce sont les ruines qui m'ont montré tout ça. Elles ont réveillé de vieux souvenirs en moi et m'ont montré les leurs, répondit Harry.
- C'est une demeure magique, elle est vivante ou du moins elle l'a été, supposa Hermione.
- Tu as vu tout ce qui s'est passé ? demanda Ginny avec hésitation.
- Non, pas tout. Seuls certains objets ont des souvenirs, expliqua-t-il en se relevant.
- Mais oui, s'exclama Hermione. Seules les choses touchées par les personnes présentes dans les souvenirs peuvent les restituer. Il faut que nous retrouvions des morceaux de meubles ou des outils utilisés par les parents de Harry.
Faisant confiance aux connaissances de leur amie, ils se mirent tous à fouiller dans les décombres. A chaque fois qu'ils mettaient la main sur un morceau de bois ou de porcelaine, ils allaient confier leur trouvaille à Harry. Durant une demi-heure, le Survivant secoua négativement la tête à chaque essai, de plus en plus persuadé que leurs recherches étaient vaines.
Finalement, ce fut lui qui tomba sur ce qui ce révéla être un fragment de son berceau. Soudain, Voldemort fut face à lui. Harry sentait les bras de Lily autour de son corps, comme un rempart d'amour et de tendresse. Il entendait les supplications de sa mère :
- Non, pas Harry, pas lui. Prenez-moi, mais épargnez-le !
- Ecarte-toi, idiote! répondit la voix glacée du mage noir.
Par-dessus l'épaule de Lily, Harry pouvait voir la baguette de Voldemort pointée sur son visage. D'un geste, le sorcier écartait la femme de son enfant et lançait le sortilège de mort. Et juste au moment où l'éclair vert mortel allait toucher Harry, sa mère mourante, allongée sur le dos, lança une incantation dans un dernier souffle.. Harry put sentir l'espace d'un instant le choc des deux magies : l'ancienne et la noire. Dans la main de Voldemort, il distingua un objet, un long bâton… une canne peut-être. Le souvenir devenait flou, il s'évanouissait sous la douleur de sa cicatrice qui se formait sur son front. Le bébé qu'il avait été perdait conscience et avec elle le souvenir des événements. Il n'entendait plus que le silence de sa mère, les craquements sinistres de la maison qui s'effondrait, et le long hurlement de Voldemort qui perdait ses pouvoirs.
Ron, Hermione et Ginny, impuissants, entouraient Harry. Les yeux révulsés, le jeune homme hurlait sa douleur : celle de sa cicatrice, celle d'avoir perdu ses parents. Ses plaintes avaient quelque chose d'infantile. Soudain, il se tut et s'évanouit. Des larmes coulaient lentement sur son visage, traçant des sillons dans la poussière déposée par les ruines sur ses joues. Ils attendirent que sa respiration se fasse moins saccadée pour tenter de le ramener à eux. Ginny le tenait toujours embrassé contre elle. Ron et Hermione saisirent ses mains qui avaient le froid de la mort. Au bout d'un moment qui leur parut une éternité, Harry reprit conscience. Il tremblait de partout.
- Je l'ai vu ! s'écria-t-il dans une expression de triomphe mêlée d'une infinie détresse.
- Qu'est-ce que tu as vu ? Voldemort ? demanda Ron.
- Oui, je l'ai vu alors qu'il voulait écarter ma mère. J'avais déjà entendu la scène lorsque les Détraqueurs s'en prenaient à moi, mais là j'ai vu. Ce sont ses dernières paroles qui m'ont servi de rempart contre l'Avada. L'air était chargé de sa magie ancienne. Même bébé, je l'avais senti. Malgré tous ses efforts un éclair m'a frappé au front. Il était affaibli, comme freiné par la protection de ma mère. Lorsque le sortilège m'a touché, continua Harry les yeux dans le vague, j'ai senti une force m'envelopper comme elle le faisait pour me border. Une force chaude et bienfaisante. Une puissance sans commune mesure avec l'Avada Kedavra, avec le désir de mort de Jedusor.
- Dumbledore avait raison, c'est l'amour qui a vaincu Voldemort ce soir-là, lança Hermione d'une toute petite voix.
- Oui, il avait raison et pas seulement sur ce sujet… Harry s'interrompit un instant pour fixer ses compagnons.
- J'ai vu l'horcruxe de Serdaigle. Lorsqu'il a lancé l'Avada, Voldemort tenait une longue canne ouvragée. Je crois qu'il y avait des aigles en motif et le pommeau était incrusté dans une serre.
Les trois jeunes gens regardèrent Harry avec étonnement.
- Peut-être est-il encore là ? hasarda Ron.
- J'en doute sérieusement, répondit Harry. Seize ans ont passé depuis cette nuit-là. Qui sait combien de sorciers sont venus ici. Mais on peut toujours essayer.
Il leva sa baguette et formula « Accio Canne de Serdaigle ». Rien ne vint.
- Il n'y a rien ici, conclut Harry. Rien que de vieux souvenirs douloureux qui ne parlent qu'à moi. Partons.
Le jeune homme sortit des ruines de la maison d'un pas décidé. Ses amis le suivirent sans rien dire pour le laisser seul avec ses pensées. Harry n'avait plus conscience de marcher. Il avançait sans s'en rendre compte vers la vieille église de Godric's Hollow.
La silhouette sombre du clocher avait quelque chose d'inquiétant, avec ses corbeaux qui tournoyaient semblables à des oiseaux de mauvais augure. Ron réprima un frisson à la vue de ces lugubres volatiles et serra la main d'Hermione dans la sienne. Lorsque Harry poussa la grille du vieux cimetière qui longeait l'église, Ginny vint se coller à lui. Elle sentait encore le froid de la mort sur sa main, un froid démenti par une flamme rageuse au fond des yeux du garçon qu'elle aimait.
D'un pas déterminé, il parcourut les alignements de pierres tombales pour s'arrêter brusquement devant l'une d'elles. Deux noms gravés en lettres d'or dans le marbre blanc y figuraient :
James Potter
7 mai 1959 – 31 octobre 1981
Lily Potter, née Evans
9 septembre 1959 – 31 octobre 1981
Harry gardait les yeux fixés sur les noms de ses parents, droit comme un « i ». Il laissa une larme couler, en se jurant que c'était la dernière que Voldemort tirerait de lui. A ses côtés, ses amis se recueillirent en silence.
Au bout de quelques minutes, Harry s'éloigna, seul, errant lentement parmi les morts. Son regard s'arrêta sur la sépulture de Bowman Wright. Au-dessus du nom trônait un Vif d'Or. Il se rappela alors que cet homme était l'inventeur de la petite balle dorée qu'il poursuivait lors des matches de Quidditch et qu'il avait vécu à Godric's Hollow. Y avait-il un lien de parenté entre eux ? Harry balaya cette question. Ce n'était pas le moment pour de telles interrogations. Il reporta son regard sur la tombe et aperçut une serrure en bas de la pierre tombale, une serrure de la même taille que sa clef d'argent… Se pouvait-il que… La lettre parlait de cette tombe, il s'en souvenait maintenant,
A cet instant, une voix froide et familière s'éleva au-dessus des tombes :
- Bonsoir Potter ! J'avais bien raison de dire au Maître que vous ne pourriez vous empêcher de rendre un dernier hommage à vos pitoyables parents avant de partir à sa recherche.
Severus Rogue se tenait derrière lui. Il le sentait, il avait reconnu son ton méprisant. Harry se retourna. A côté de l'ancien Maître des Potions se trouvait Queudver et autour d'eux, arrivaient Ron, Hermione et Ginny baguette à la main.
- Vous êtes venu vous faire tuer avec Pettigrow ? demanda Harry en y mettant toute la haine dont il était capable.
- Je n'ai aucunement l'intention de mourir, Potter, répondit Rogue. Sortez votre baguette si vous en avez le courage, mais vous ne parviendrez pas à me tuer, ni vous, ni vos amis. Vous n'en avez pas le pouvoir. La sainte et juste colère n'est pas assez puissante pour lancer un impardonnable.
Ces derniers mots firent écho dans les souvenirs de Harry. Bellatrix Lestrange avait tenu les mêmes propos lorsqu'il lui avait lancé un Doloris, plus d'un an auparavant au Ministère. Mais peu lui importait la justice en ce moment précis. Il voulait leur faire payer à tous deux : la mort de ses parents, celle de Sirius, celle de Dumbledore, toute sa vie gâchée par Voldemort. Il sortit sa baguette.
- Gryffondor jusqu'au bout, n'est-ce pas Potter ? Mais j'ai toujours une longueur d'avance sur vous. Je sais ce que vous avez en tête.
Mais Severus Rogue n'avait pas terminé sa phrase que sa baguette volait dans les airs pour atterrir sur une tombe distante de plusieurs dizaines de mètres. Harry s'avançait sur Rogue la baguette pointée sur lui. Queudver était plaqué contre le dos du traître à Poudlard, ne sachant sur qui, de Ron, de Ginny ou d'Hermione, braquer sa baguette.
- Auriez-vous repris les cours d'occlumancie, Potter ? Je vois que vous avez fait des progrès en la matière, railla Rogue avant de disparaître dans un tourbillon de sa cape et réapparaître là où sa baguette avait atterri.
Un Expelliarmus jaillit de la bouche des trois amis de Harry et Queudver qui s'était décidé pour Hermione, fut projeté contre un mausolée. Il retomba assommé, sa main d'argent fichée dans la pierre du monument funèbre. Aussitôt, Ron, Hermione et Ginny se retournèrent contre Rogue.
- Laissez-le moi ! rugit Harry en barrant le chemin à ses compagnons.
- Vous n'espérez tout de même pas un duel à la loyale, Potter ? J'obéis à un maître qui ne me pardonnerait jamais de lui avoir enlevé le plaisir de vous tuer.
- Mais ça, c'est uniquement votre problème, Professeur ! ironisa Harry. Sa colère était telle, sa haine si brûlante que des étincelles jaillirent de sa baguette.
- Contrôlez-vous Potter, là est tout votre problème. Vous n'avez jamais su maîtriser vos émotions. Vous portez votre cœur en bandoulière, vous êtes faible et pathétique ! dit froidement Rogue, insensible aux yeux verts flamboyants de Harry.
D'un geste de la main, le Mangemort balaya un Stupéfix informulé, avant de riposter par un Doloris que Harry esquiva en transplanant derrière son adversaire. Bientôt, le cimetière devint la scène d'un véritable ballet entre les deux duellistes. Les Sectumsempra croisaient les Impedimenta et les sortilèges du Saucisson, sans pouvoir départager les deux adversaires qui faisaient preuve d'un sens inné de l'esquive.
Soudain, Harry surprit Severus Rogue en lançant un Multiplex informulé. Il y avait mis toutes ses forces et des dizaines de Harry peuplaient le cimetière, le regard lourd d'une colère froide, pareille à celle de Dumbledore au combat. Il se concentrait pour ne pas trahir une seule pensée pouvant indiquer sa position, insensible aux piques railleuses de Rogue. De l'autre côté, Pettigrow était revenu à lui et donnait du fil à retordre à ses amis, même sans baguette. Il lançait des sorts de magie noire avec sa main d'argent. Et Ron, Hermione et Ginny avaient de plus en plus de mal à le contenir. Un instant, Harry voulut profiter de sa diversion pour porter secours à ses compagnons. Mais la voix de Rogue le retint :
- Et voilà que vous vous cachez derrière des illusions, maintenant. Je suis déçu, Potter. Pour un Gryffondor, je pensais que vous m'affronteriez face à face. Le sort de Multiplex est digne des ruses d'un Serpentard, pas de la témérité stupide des représentants de votre Maison.
Tout en fermant son esprit, Harry préparait sa prochaine offensive. Quelques secondes plus tard, il lançait son Stupéfix et transplanait à l'opposé de sa position, mais Rogue l'y avait devancé et lui porta un maléfice à bout portant :
- Reticulum Suffox !
Le corps de Harry se retrouva pris dans un filet d'argent aux mailles fines. Lentement, le filet se resserrait sur lui pour l'étouffer, incisant sa chair de multiples et infimes coupures où perlait le sang. Harry souffrait atrocement, mais se retenait de hurler sa douleur. Rogue exultait de joie devant ce spectacle. Mais ses réjouissances furent de courte durée. Dans un immense effort de concentration, Harry libéra une partie de l'ancienne magie qui sommeillait en lui. Celle qu'il avait sentie dans les souvenirs de la maison de ses parents. Celle qui mêlait les pouvoirs de sa mère et de Voldemort. Le filet se dissolut comme sous l'effet d'un acide particulièrement corrosif.
Harry profita de la stupeur de Rogue pour lancer un Sectumsempra empreint de toute sa colère. Le traître qui n'avait rien vu venir cette fois, s'écroula sur le sol, le torse déchiré par une lame invisible. Harry contempla le corps inanimé de son ennemi, surpris de sa force et regrettant aussitôt de s'être laissé aller à la magie noire.
- Harry !
La voix de Ron le rappela auprès des siens. Queudver étranglait Ginny avec sa main d'argent. De l'autre, avec sa baguette retrouvée, il tenait en respect Ron qui soutenait Hermione, blessée. Harry s'élança à la rescousse, mais Queudver brandit la jeune Weasley comme un bouclier pour le dissuader de l'attaquer.
- J'ai ta petite amie, Potter. Ne le nie pas, Drago nous a tout dit. Tu tiens à cette petite peste ? Alors fais deux pas en arrière et baisse ta baguette. Egalité pour cette manche, Potter. Je te rends la morveuse et toi tu me laisses emmener Servilo. Et tout est bien qui finit bien.
- Ce n'est pas fini Queudver, n'oublie pas que tu me dois la vie, répliqua froidement Harry. N'oublie pas ta dette… Peter. Et ne rajoute pas aux crimes que je te ferai payer la mort de Ginny. Tu souffriras bien assez pour ta trahison. Tu devras t'acquitter un jour de tout cela. Ce soir, tu peux partir, mais n'oublie pas ta dette.
- Je n'oublie rien, Potter, dit Pettigrow en reculant lentement vers le corps de Rogue. Pauvre Servilo, toi en qui le Maître avait toute confiance, il va être bien déçu d'apprendre ton échec. Attrape, Potter !
Queudver lança Ginny qui suffoquait à Harry, avant de disparaître en transplanant. Harry contempla un instant la jeune fille pour évaluer les dégâts. Il devait se rendre à l'évidence : devant les blessures de ses amis et les siennes, il fallait se résigner à retourner auprès de l'Ordre du Phénix.
Et voilà pour cette semaine! Que les fans de Rogue se rassurent, ils reverront Servilo de temps à autre. Ce chapitre fait basculer la fic dans la chasse aux Horcruxes et ouvre la voie à notre jeune quatuor vers de nouvelles aventures. La semaine prochaine : Sur les traces de RAB.
