« Quand une femme accorde un rendez-vous, elle ne sait jamais

si elle consentira ou si elle ne consentira pas. C'est même pour le

savoir qu'elle donne le rendez-vous. »

- Tristan Bernard


«Dimanche 29 Septembre– 7h30»

Ce dimanche-là, Drago se réveilla de bonne heure. Il ne savait pas trop pourquoi, mais il ne pouvait plus rester dans son lit. Alors il en sortit et prit sa douche. Lorsqu'il fut préparé, il descendit les escaliers et atterrit dans le salon. Ce fut avec surprise qu'il découvrit une silhouette devant l'âtre de la cheminée qui était restée allumée toute la nuit.

Avec curiosité, il s'approcha de cette silhouette féminine, ne pouvant déterminer s'il s'agissait de Ginny ou de Hermione -Pansy étant profondément endormie et ronflant légèrement dans sa chambre à l'étage. Lorsqu'il fut assez près, sa surprise fut encore plus grande. C'était Hermione. Mais celle-ci n'était vraiment pas dans son état normal. Elle dormait, mais avait le visage torturé. Et pourtant, il avait toujours remarqué que lorsque quelqu'un dormait, son visage était comme celui d'un enfant, comme apaisé de toute douleur, innocent. Mais ce n'était vraiment pas le cas pour la gryffondor. Son visage était en sueur, quelques mèches collaient à son front humide. Ses sourcils étaient froncés et ses yeux s'agitaient sous ses paupières. Enfin, sa bouche s'agitait comme murmurant des suppliques. Hermione paraissait vouloir fuir quelque chose, et c'est à cet instant qu'il vit les larmes rouler sur ses joues roses.

Ce fut comme un électrochoc. Il avait déjà vu ce visage, dans ses cauchemars parfois lorsqu'il en faisait. Ses yeux descendirent directement sur le bras de la gryffondor qui était dévoilé par les manches courtes de son pyjama. Il vit la cicatrice de Bellatrix. On aurait dit qu'elle était plus rouge que jamais. Drago s'éloigna le plus possible d'Hermione, ne pouvant faire face une minute de plus à la jeune fille.

Il sortit de la salle claquant sans le vouloir le tableau et faisant réveiller Hermione en sursaut.

La gryffondor se redressa donc, inspira de l'air d'un seul coup et éclata en sanglots. Elle posa ses coudes sur ses genoux et plongea le visage entre ses mains. C'était la première fois que les cauchemars se faisaient si impressionnant. Elle était terrifiée, mais tenta tant bien que mal de se reprendre.

Sans qu'elle ne s'y attende, le tableau s'ouvrit à la volée et Drago apparut à travers l'entrée de la pièce. Il regarda Hermione qui avait elle aussi relevé la tête pour l'observer. Le serpentard semblait pétrifié, ouvrit la bouche pour dire quelque chose et referma directement le tableau.

Cette intervention incongrue sortit Hermione de sa torpeur et elle se leva, une boule à l'estomac, les larmes continuant de dévaler sur son visage. Elle ne savait plus vraiment si elle avait la tête ou non pour un rendez-vous. Allait-elle avoir la patience de se préparer après une journée qui avait si mal commencée ? Allait-elle avoir le cœur à rechercher une tenue, une coiffure ? Dans son état, elle ne connaissait même plus l'heure de sa rencontre.

La rouge-et-or alla dans la salle de bain et passa de l'eau sur son visage pour sécher les larmes qui s'étaient atténuées. Les yeux rouges et le cœur gros, elle disparut dans l'eau du bain qu'elle avait préparée. Hermione essaya de faire le vide dans sa tête et ainsi éloigner les images de son cauchemar. Lorsqu'elle eut fini de se baigner, elle sortit de l'eau et s'entoura d'un peignoir avant d'aller dans sa chambre. La brune regarda sur sa commode le petit carnet où elle marquait les choses qu'elle ne devait pas oublier.

Son écriture fine et élégante lui indiquait : «Rendez-vous d'Anthony Goldstein à 13h00, ce dimanche.»

Elle soupira et regarda l'horloge de sa chambre. À peine huit heures et demi.

Avec toute la grâce des gGryffondor, elle s'affala sur son lit et regarda le plafond pendant quelques minutes, pesant le pour et le contre de ce rendez-vous. Elle décida qu'elle ne pouvait lui poser un lapin. Alors Hermione regarda sur la même commode que tout à l'heure le set de maquillage de Ginny. La rousse ne s'en servait pas outre mesure, préférant de loin son visage au naturel mais il lui arrivait de vouloir ajouter un petit quelque chose à son regard ou à ses lèvres. Hermione savait que son amie ne lui tiendrait pas rigueur de cet emprunt.

Alors, elle essaya tant bien que mal de mettre un trait noir régulier au-dessus de ses yeux, puis passa un coup de mascara sur ses longs cils. Hermione regarda les rouges à lèvres de Ginny : elle en possédait trois. Un rouge profond, un rose et un brun. La Gryffondor choisit ce dernier.

Elle sentait qu'elle avait besoin de simplicité, mais savait que ce maquillage changeait déjà son apparence. En bien, elle l'espérait.

Plus Hermione se préparait pour ce rendez-vous et mieux elle se sentait. Ce petit stess faisait étrangement envoler tous ces mauvais souvenirs du matin. Alors qu'à l'habitude, prendre son temps pour rechercher des habits l'embêtait plus qu'autre chose, à cet instant elle était de plus en plus excitée à l'idée d'être belle pour Anthony.

Elle chercha avec entrain une belle robe. Elle n'en avait que deux et se posa longtemps la question de savoir laquelle elle devrait mettre. Après avoir invoqué le hasard et ne pas avoir pris compte du résultat une demi-douzaine de fois, elle décida de lancer sa baguette et prendre la robe sur laquelle celle-ci tomberait.

La baguette avait choisi une robe pourpre arrivant à mi-cuisse. Parfaite pour l'occasion et la météo. C'est pour cela sans doute qu'elle retourna dans son armoire pour prendre un short en jean et un débardeur blanc. Après tout, si Anthony la trouvait belle dans le plus simple short-débardeur, il la trouverait resplendissante dans une belle robe pourpre.

Hermione enfila ses habits et se posta devant le miroir pour s'occuper de ses cheveux. Un problème à eux seuls. Elle prit un peigne et les brossa, augmentant ainsi leur volume sans vraiment le vouloir. La brune regarda son reflet et s'interrogea. Garder ses cheveux ainsi libre ? Cela lui donnait surtout une tête du réveil. Un chignon ? Joli mais strict pour l'occasion. Une queue haute ? Parfait. Elle prit un élastique et par une gymnastique que seules les filles aux cheveux épais et indisciplinés connaissaient, elle attacha sa tignasse en prenant bien soin de laisser deux mèches encadrer son visage.

Pour ce qui était des bijoux, elle savait exactement quoi mettre : le collier en forme d'aigle battant des ailes, clin d'œil à la maison du garçon, et deux perles aux oreilles.

En se regardant une dernière fois dans le miroir, Hermione eut un rire moqueur.

« – Non mais regardez-moi, murmura-t-elle pour elle-même. Un rendez-vous pour me changer les idées, hein, qui ne m'engage à rien. Mais oui, bien sûr, Hermione. Tu te serais faite si belle si tu ne voulais absolument rien ?»

Sur ces mots, elle leva les yeux au ciel et enfila des chaussons. La brune sortit de sa chambre, un livre à la main et descendit au salon. Elle s'installa là même où elle se trouvait le matin. Une autre forme d'angoisse s'était emparée d'elle : leur rencontre se déroulerait-elle bien ? Elle avait peur de faire des faux pas.

A force de réfléchir, elle ne put même pas dépasser une phrase dans son livre. Hermione le déposa donc violemment sur une des deux tables et fit les cent pas dans le salon en s'imaginant encore et encore les scénarios possibles. Étrangement, les plus plaisants pour elle étaient ceux qui se terminaient par un baiser.

Après avoir fait un tour dans le château pour vider son esprit de la vision du matin, Drago s'était convaincu de retourner dans la salle des préfets pour rejoindre Blaise et Pansy -en espérant profondément qu'ils s'étaient réveillés. Arrivé devant le tableau, il prononça le mot de passe et entra dans la pièce. Il y vit Hermione marcher en rond dans le salon.

«– Tu stresses Granger ?»

Lui-même fut surpris d'avoir parlé si facilement après ce qui s'était passé le matin même. Il ne savait pas vraiment pourquoi il avait fait demi-tour lorsqu'il était sorti. Il s'était attendu à quoi ? A avoir le courage de veiller sur elle et de prononcer des mots doux pour calmer son sommeil ? Jamais. Pour revenir à la scène qui vient de se dérouler : Drago voyait qu'Hermione semblait s'être remise de son mauvais sommeil. Et ne s'attendant pas à avoir une réponse à sa question moqueuse, il s'engagea dans la pièce vers le dortoir sans même la regarder plus longtemps. C'était sans compter Hermione qui angoissait de plus en plus à propos de son rendez-vous.

«– Ca se voit tant que ça ?! dit-elle affolée. Interloqué, Drago se retourna vers la lionne et leva un sourcil.
– Désolé de le dire, mais oui, finit-il par dire, amusé de la voir dans cet état.
– Ne te moque pas Malefoy ! cria-t-elle en croisant ses bras sous sa poitrine.
– Loin de moi cette idée, il ricana et, se surprenant encore une fois, au lieu de continuer son chemin vers le dortoir, il tira une chaise de la table et s'assit.
– Mais oui je te crois ... Hermione recommença alors sa marche dans la salle
– D'où tu sors toute cette agitation ? questionna Drago curieux et profitant surtout qu'elle n'ait pas la tête à se disputer avec lui.
– J'ai un rendez-vous !»

Drago regarda Hermione choqué et se rappela soudainement de la discussion que celle-ci avait eu avec le Serdaigle, mais cela remontait à longtemps maintenant. Il pensait qu'elle avait juste répondu à la négative au garçon, mais apparemment, il s'était trompé. À mieux la regarder, il remarqua qu'elle avait un petit je-ne-sais-quoi qui faisait la différence avec son apparence habituelle. Peut-être était-ce ce rouge à lèvres qui lui séyait si bien au teint. Se rendant compte qu'il avait le regard fixé sur ses lèvres, il toussa pour reprendre contenance.

Le Serpentard détourna donc du regard pour observer la porte d'entrée. Il n'avait jamais pris conscience de ce qu'il se passait dans la tête des filles lorsqu'il leur donnait un rendez-vous. Puis il en vint à se demander pourquoi il n'avait jamais eu autant d'appréhension à un rendez-vous ? Était-ce parce que ceux-ci ne signifiaient rien pour lui sentimentalement parlant ? Alors cela voudrait peut-être dire qu'Hermione succombait déjà au charme du Serdaigle. Non, impossible, pas si vite ? Drago ne la voyait pas être du style cœur d'artichaut. Il se risqua à poser les yeux sur la silhouette de la Gryffondor. Il soupira discrètement : il ne l'avait jamais vu hors de son uniforme. Peut-être était-ce cela qui faisait qu'il la trouvait belle.

Il leva les yeux au ciel et se racla encore une fois la gorge.

«8h39»

« – Granger ?
– Mh ? marmonna-t-elle sans se retourner
– Assieds-toi !
– Mais je ne peux pas ! Hermione se retourna les bras écartés, comme si ce geste allait mieux faire comprendre son incapacité à rester immobile.
– Mais si tu le peux !
– Bon voilà, que veux-tu ? dit-elle en s'affalant sur le pouf en cuir le plus proche et en étalant son corps sur la table basse.
– Pourquoi tu stresses comme ça ?
– Tu es sourd ou bien juste long à la détente ? elle leva les yeux au ciel.

– Je veux dire que moi, lorsque j'attends pour un rendez-vous, et bien je suis pas si pitoyable, Hermione qui avait d'autres soucis passa au-dessus de cette remarque.

– Et bien pour tout te dire, j'ai peur, imagine que tout se passe mal, que je bafouille, que je ne puisse pas parler, qu'il ne me trouve pas à son go...
– Et alors ? S'il ne te trouve pas à son goût ce n'est pas ton problème, non ?
– Hein ?
– Je ne pense pas que c'est toi qui lui aies demandé en premier un rendez-vous ?
– Effectivement non ...
– Donc voilà, calme toi, s'il veut te voir c'est qu'il y a des chances qu'il t'apprécie, aussi incongru que cela puisse paraître, Hermione lui lança un regard torve, mais avant qu'elle n'ait pu lui répondre, il enchaîna par une autre question, à quelle heure est ton rendez-vous ?
– A treize heures, dit-elle avec dédain.

– Si tu passes cinq heures de temps à stresser, tu seras épuisée et toute transpirante tu vas le dégoûter, donc mieux vaut ne rien faire, non ?»

La brune le regarda, choquée et la bouche grande ouverte, le visage exprimant bien malgré elle une nouvelle angoisse.

«– Tu es doué pour rassurer toi hein ! lâcha-t-elle en relâchant la tête en arrière. Drago ne put s'empêcher de regarder le cou laiteux de la jeune femme d'un air appréciateur avant de se reprendre.
– Je n'avais pas besoin que tu me le dises pour le savoir.
– Bon tu as raison, je devrais me calmer.
– Voilà.»

Hermione inspira profondément puis il y eut un blanc qu'elle combla rapidement.

«– PUTAIN ! cria-t-elle en se relevant, manquant de s'étaler par terre en se prenant les pieds dans le pouf qu'elle venait de faire tomber.
– Quoi encore ? n'ayant même pas amorcé un geste pour la sauver : il ne s'était contenté que de relever la tête.
– Tu te rends compte ?! On ne se gueule pas dessus. C'est diiiingue !
– Ca y est... Elle devient folle.
– Mais on est pas amis, pourquoi t'es là ? Je vais rejoindre Ginny.
– Quelle conne ...»

Alors qu'elle se trouvait près de la porte, elle se retourna et dit :

«– J'ai entendu ! et elle sortit.»

Drago était resté assis à la table et avait les yeux dans le vide. Toutes les filles étaient-elles ainsi avant de sortir avec un garçon ? Non, pas toutes, Pansy en était la preuve. En parlant de Pansy, il avait très envie de faire un tour près du Lac avec elle, ils riraient et blagueraient sur ces affreux couples qui puent le romantisme. Ce qu'il aimait avec Pansy était la simplicité qu'elle avait avec lui et Blaise. Avec eux, elle ne s'embêtait pas à se maquiller, se coiffer ou bien s'habiller. Non. Elle ne faisait tout cela qu'avec les autres, pas avec eux, et ils se sentaient spéciaux pour ça. Cela voulait-il dire qu'il aimait les filles qui n'avait pas peur d'être au naturel ?

Et bien, c'était plus compliqué. L'idée qu'une personne se donne autant de mal pour lui plaire était séduisante. Il aimait à penser qu'une fille passe des minutes devant son miroir à se faire belle dans le seul but d'être séduisante pour lui. Ses pensées s'égarèrent à un tel point qu'à un moment, il se demanda s'il aurait été satisfait du résultat si Hermione s'était ainsi préparée pour lui. -oui.-
Une petite moue dégoûtée se dessina sur son visage même si une lueur mystérieuse persistait dans son regard. Il chassa bien vite cette réponse dérangeante de son esprit, se leva et partit chercher le livre qu'elle avait laissé sur la table. Un livre de cours, cela ne l'étonna pas. Il s'assit sur le fauteuil et commença à feuilleter le bouquin d'un niveau deux fois supérieur à celui d'un septième année normal. Cette lecture l'aiderait à attendre que ses deux amis se réveillent.

«11h45»

Drago s'était finalement endormis, la lecture étant trop ennuyeuse et trop supérieure à ce qu'il connaissait. Il se réveilla de lui-même, sentant son ventre crier famine. En papillonnant des yeux, il vit deux silhouettes assises en face de lui, ce qui avait eu pour conséquence de le faire sursauter. Il se reprit bien vite en reconnaissant ses deux amis. Il toussa pour reprendre contenance et se redressa dans une posture plus élégante.

Devant lui, Blaise et Pansy se retenaient de rire.

« – Alors la Belle, tu as décidé de te réveiller ? demanda Blaise d'un ton moqueur.

– Tu es bien mal placé pour parler, Blaise !
– Drago, tu m'excuseras, mais ta position était trop belle pour que je passe à côté, et tu es trop mignon lorsque tu t'endors. Donc ... »

Elle pointa un polaroid version sorcière de son doigt, Drago avait commencer à se redresser pour aller prendre la photo mouvante ainsi obtenue, mais il savait bien que Pansy avait déjà dû la faire copier d'un gemini bien formulé et qu'elle protégeait ses bébés farouchement : elle le faisait toujours. Drago se doutait bien que sa meilleure amie devait avoir un album de photos dossiers de Blaise et lui sans omettre le reste des serpentard. Assez de photos pour pouvoir tous les faire chanter.

« – Tu veux que je te montre la photo quand même ? Tu pourras constater que ton meilleur profil reste... Celui-là ! »

Pansy fourra la photo sous le nez du blond. Il rougit jusqu'à la pointe de ses cheveux blonds lorsqu'il vit la photo très gênante. Il avait la bouche ouverte d'où l'on pouvait voir une petite langue rose. Il avait une main sur le livre posé sur son torse et l'autre bras pendant, avec une grâce innée, dans le vide par-dessus l'accoudoir du fauteuil.
Blaise rit face à la réaction et tapa discrètement dans la main de Pansy.

« – Bon, si Pisces Illus avait continué son projet d'ajouter le son aux photographies, tu aurais pu entendre d'ici ton ventre crier, Drago leva les yeux au ciel aux paroles de Blaise, on a amené à manger pour éviter à Môsieur de descendre à la Grande Salle. »

En effet, lorsque Drago regarda sur la table derrière lui, il y vit trois assiettes emplit de nourriture et deux carafes : une d'eau, l'autre de jus de citrouille.

« – Je ne sais pas si je dois vous dire merci ou vous ignorer et manger à ma faim.
– Tu devrais me remercier de tout ce que je fais pour toi, Drago.
– Oui, oui, parle toujours. »

Tous trois partirent sur les chaises disposés autour de la table et ils mangèrent tout en discutant joyeusement. Le tableau s'ouvrit à grand fracas et deux personnes arrivèrent lorsque les serpentard s'attaquaient au dessert.

«12h00»

« – Ginny ! Il pleut, comment je vais faire ?
– Hermione calme toi, c'est juste de l'eau, t'as qu'à enfiler un pull et puis qui te dis qu'il pleuvra encore dans une heure ?
– Oui mais si c'est le cas ?!
– Hermione, ferme-là !
– Ok ... c'est à cet instant que les deux jeunes filles remarquèrent la présence des serpentard, et surtout leurs yeux qui les épiaient. Euh .. Bonjour et bon appétit, lâcha Hermione dont les joues rougissaient à l'idée qu'ils les avaient entendu.
– Merchi ! répondit Blaise, la bouche pleine.
– Blaise ! On ne parle pas la nourriture en bouche ! Gronda Pansy telle une mère indignée.
– Ouai ouai ... dit-il après avoir tout avalé d'une traite.»

Les filles, quant à elles, se mirent sur les poufs et commencèrent à discuter du rendez-vous qui allait se dérouler incessamment sous peu. Elles ignoraient superbement les Serpentard.

Ils avaient tous finis à une heure moins le quart et parlaient, chaque groupe à part, de tout et de rien comme les adolescents qu'ils étaient.

Cependant, Hermione se leva d'un coup, coupant cours à toutes les conversations. Elle partit en vitesse près de la fenêtre et vit avec soulagement que le ciel gris avait laissé place à un ciel bleu. Elle soupira revint près de Ginny d'un pas moins pressé. Mais son angoisse reprit le dessus lorsqu'elle prit la montre de Ginny arrachant un cri de douleur à celle-ci, elle regarda, horrifiée, l'heure affichée et ne sembla pas remarquer l'angle étrange que formait le poignet de son ami.

«12h47»

«– Je vais être en retard ! s'exclama-t-elle horrifiée.
– Hermione, calme toi, tu as tout ton temps !
– T'es sûre ?
– Oui, intervint Drago qui observait toujours la scène avec ses deux amis, il te reste encore douze minutes pour sortir, marcher dans tout le château, te perdre deux fois parce que tu stresses, faire une crise et pleurer, gâcher ton maquillage, arriver au terrain à temps et voir qu'il est déjà accompagné par Megan Jones de Poufsouffle, rit Drago.»

Le visage d'Hermione se décomposa au fur et à mesure que les paroles du serpentard sortaient.

«– Bravo Malefoy ! Ginny lui lança un regard noir, tu aurais pu choisir quelqu'un d'autre que la Miss Parfaite de Poudlard. (cf. mon OS «red delicious» sur deediii-os :p)
– Ca va c'était pour rire, le blond leva les yeux au ciel, Si elle y va tout de suite, elle arrivera à temps, à son rendez-vous !
– T'as entendu Granger ? Alors cours, vole et rejoint ton prince avant que lui-même ne s'envole, dit Blaise d'un ton théâtral, en fourrant un morceau de pain qui restait sur la table dans sa bouche.»

Et c'est sur ces quelques mots que la brune sortit en trombe de la salle de préfet suivit de près par Ginny qui avait tout rangée de leur déjeuner. Les mots du blond passaient et repassaient dans la tête de la jeune fille, elle marchait, augmentant le rythme de ses pas toutes les deux minutes.

Elle arriva finalement devant le terrain avec deux minutes d'avance et, accessoirement, deux points de côté. Elle monta dans les gradins et arriva bien vite au sommet. Le vent claquait sur ses joues : un vent chaud lui rappelant que c'était une bonne idée de venir en short.

Elle attendit et au bout de deux minutes elle vit apparaître une chevelure blonde. Elle se redressa et sourit à Anthony. Il avança près d'elle et sortit une rose blanche de son dos. Il la lui donna et lui fit un bisou sur la joue. Hermione rougit instantanément et fit un sourire timide.

«– Tu es resplendissante !
– Merci !
– Alors ça va ?»

Et toute une discussion s'ensuivit. Ils parlèrent de tout, semblant tisser des liens de plus en plus fort. Tout le stresse d'Hermione s'était envolé, au moment même où il était arrivé. Elle était terriblement à l'aise avec le jeune homme, et pouvait facilement parler de tout avec lui. Il était beau et intelligent, savait garder le fil d'une conversation et semblait intéresser par tout. Hermione fut de suite émerveillée. Elle était heureuse. Lorsque les quatre coups signalant qu'il était seize heures sonnèrent, les deux élèves se levèrent.

«– J'ai passé un excellent après-midi avec toi Hermione. Au plaisir de te revoir, il lâcha un dernier baiser sur la joue de la jeune fille et s'en alla sans un autre mot.»

«16h01»

Hermione elle, se rassit lourdement, soufflant d'aise. Elle avait encore des étoiles dans les yeux et ressassait sans arrêt les images de son rendez-vous. Passant dix minutes à regarder le ciel, elle se leva finalement et descendit les marches pour rejoindre le château. Elle vit, lorsqu'elle rentra, l'équipe de serpentard se diriger vers le terrain. Le blond qui traînait à la fin du groupe la fixa longuement avec une mine qu'elle ne voulait pas déchiffrer. Elle n'en fit donc pas un cas et sautilla presque jusqu'au Hall.

Arrivée au château, elle se dirigea directement vers le septième étage à la tour de gryffondor pour tout raconter à Ginny et à Harry. Elle arriva dit le mot-de-passe et les trouva tout deux dans un des canapés bordeaux défoncés de la salle commune. Elle sauta presque sur eux et rit comme une folle. Une folle oui, mais une folle heureuse.

«16h23»


EDIT 30/12 ; Je suis passée de 2700 mots à 3900 ;)