Bonjour tout le monde! Comme d'hab, je commence par remercier les reviewers (environ 7% des lecteurs...) Vous êtes loins d'être majoritaires ^_^, mais c'est grâce à vous que cette histoire avance. Je l'avoue, je n'aurais pas le courage de continuer si vous n'étiez pas là pour me mettre la pression et me donner envie d'écrire... Je vous embrasse!

CHAPITRE ONZE

Il était en retard. Il le savait, et pourtant, il était incapable d'avancer plus vite.

Ses jambes refusaient de lui obéir.

Le public l'attendait impatiemment. De là où il se trouvait, il pouvait entendre la grande église bruire de murmures de plus en plus sonores...

Enfin, il sortit de la sacristie, essoufflé, son violon à la main, et contourna péniblement l'orchestre. Tous en place, les musiciens le dévisageaient avec des moues railleuses. Pourquoi ricanaient-ils ainsi?

Il s'approcha du chef. Dumbledore le considérait sans aménité. Soudain, Harry s'aperçut que dans sa hâte, il avait stupidement oublié de mettre sa tenue de concert. Il n'était vêtu, en tout et pour tout, que d'une vieille chemise trop courte, déchirée, qui lui arrivait à mi-cuisse... Il ne pouvait rester là, sous le regard goguenard ou choqué de centaines de personnes venues spécialement l'écouter!

Pourtant, il ne bougeait pas. Quelque chose, quelqu'un le retenait, lui interdisant de fuir...

La panique se saisit de lui. Au fait, que devait-il jouer, ce soir? Le programme...? Il ne s'en souvenait plus. Il avait beau se concentrer, rien ne lui venait à l'esprit. Ses yeux tombèrent sur le visage déçu de Severus, assis dans le public, au premier rang... Son coeur se serra... Pour une fois que l'homme venait assister à un de ses concerts... Qu'allait-il penser de lui?

L'orchestre s'accordait, mais cela ne dura qu'un instant. Harry, dans sa tenue ridicule et indécente, ne savait toujours pas ce qu'il allait jouer la seconde suivante.

Dumbledore leva sa baguette...

Pris de terreur, Harry sentit l'air lui manquer. Il avait l'horrible impression d'étouffer... Il chercha désespérément à reprendre son souffle. Le visage de Severus s'éloignait inexorablement. Mobilisant ses dernières forces, Harry tenta de crier...

Attendez! Ne partez pas! C'est un malentendu! Je vous promets que je ferai mieux la prochaine fois...!

Mais déjà, Rogue n'était plus là, et la sensation d'étouffement s'accentuait.

Harry se réveilla, en nage. La sensation persistait... Il ne pouvait tout simplement plus respirer...

Subitement, il comprit. Quelqu'un était en train de lui appliquer quelque chose de lourd et mou sur le visage. Son oreiller sans doute, car il ne le sentait plus sous sa tête...

Affolé, il tenta de se débattre, mais ses bras comme ses jambes étaient immobilisés. Il suffoquait. Sa tête allait exploser. Il était sur le point de perdre connaissance. C'était trop bête...

Enfin, ses poumons se débloquèrent. On venait de lui retirer l'oreiller de la figure.

Sa gorge émit un son guttural qui fut aussitôt arrêté par une main rude venue s'appliquer sur sa bouche.

La lueur vacillante d'une lanterne éclairait faiblement la chambre. Quelqu'un était penché au dessus de lui, mais Harry ne distinguait pas ses traits dans la demie obscurité. Son agresseur le força à desserrer les dents et enfonça brutalement dans sa bouche un morceau de tissu roulé en boule, en guise de bâillon.

Ses poignets et ses chevilles étaient déjà fermement ligotés.

-Parfait... comme ça, tu ne seras plus tenté de hurler, Potty chéri.

Harry frémit. Il l'aurait reconnu entre mille, ce timbre grossier qu'il détestait de toute son âme.

Mulciber.

Un autre homme s'activait dans la pièce. Abandonnant sa victime sur le lit, le peintre rejoignit son complice.

Harry ne comprenait pas. Comment se faisait-il qu'il ne les eût pas entendus entrer dans sa chambre? Il devait vraiment dormir profondément, absorbé tout entier par son cauchemar...

De sa place, il les suivit des yeux.

Ayant ouvert l'armoire, ils sortirent des vêtements qu'ils fourrèrent dans un sac de toile. L'un d'eux se dirigea vers le bureau. Le tiroir dans lequel Harry rangeait son courrier était fermé à clef. L'homme s'acharna dessus quelques instants, jurant et pestant à voix basse.

Renonçant à fracasser le meuble, il hésita, puis balaya la pièce du regard. Ses yeux se posèrent sur la malle du garçon. Sans hésiter, il se dirigea vers elle, s'agenouilla, souleva le couvercle et se mit à fouiller à la hâte. Un instant plus tard, il revenait vers le bureau, et ouvrait le tiroir sans difficulté. A cette vue, le garçon se maudit d'avoir rangé la clef dans un lieu aussi prévisible.

S'étant emparés du paquet de lettres, les deux hommes remirent rapidement la chambre en ordre. Puis Mulciber revint près du lit et se pencha.

-Tu viens dans mes bras, mon lapin?, susurra-t-il en saisissant Harry à bras-le-corps. Ne t'avise pas de gesticuler, ou je t'assomme. Compris?

Avec son baillon, le garçon était dans l'incapacité de répondre. L'homme le souleva tel qu'il était, vêtu de sa seule chemise de nuit, et le jeta sur son épaule. L'autre malfrat remit vaguement draps et couvertures en place, avant d'aller ouvrir la porte de la chambre et de sortir dans le couloir, portant dans son dos le sac volumineux.

Mulciber le suivit, chargé de son encombrant fardeau humain.

Bien réveillé à présent, Harry essayait de comprendre. Le peintre et son complice étaient-ils en train d'exécuter les ordres de lord Voldemort? Ou travaillaient-ils pour leur propre compte? Mais quel intérêt auraient-ils pu trouver à venir l'enlever?

Avaient-ils l'intention de réclamer une rançon? Mais à qui? A sa famille? Harry savait que l'oncle Vernon ne débourserait pas un penny en échange de sa délivrance...

De quelle manière ces hommes s'étaient-ils introduits dans l'école? Comment avaient-ils su où il logeait?

Le garçon s'en voulait terriblement. Malgré le danger, il s'était comporté avec négligence, ne fermant pas à clef la porte de sa chambre, la nuit... Jamais l'idée que quelqu'un pût s'en prendre à lui dans l'enceinte de Poudlard ne lui avait effleuré l'esprit.

Ceci dit, une porte fermée à clef n'eût certainement pas suffi à décourager les deux malfrats... Ils devaient être versés dans l'art du cambriolage et de l'effraction à main armée... Mais en laissant ouvert, Harry leur avait singulièrement facilité la tâche et permis de gagner du temps...

Tandis qu'ils longeaient le couloir, Harry espéra de tout son coeur que quelqu'un les avait entendus. Mais les deux brigands agissaient avec discrétion et à présent, ils se déplaçaient silencieusement. Toute l'école semblait profondément endormie...

Ils approchaient de la sortie. Désespéré, le garçon tenta de mugir aussi bruyamment que le lui permettait son baillon. Le bruit fut dérisoire, mais en représaille, Mulciber lui broya le mollet entre ses mains puissantes, et ce qui aurait dû réveiller l'école se transforma en un pitoyable hoquet de douleur.

Déjà, le complice ouvrait la porte et descendait les trois marches. Mulciber lui emboîta le pas, refermant à clef derrière lui.

Stupéfait, Harry se demanda où il s'était procuré cette clef. Visiblement, l'enlèvement avait été soigneusement organisé. Et la consigne générale était d'effacer les traces.

Ils se trouvaient maintenant Burtonstreet.

La colère du garçon fit place à une angoisse incontrôlable. Ces hommes venaient de l'arracher à Poudlard, ce lieu qu'il aimait, où il se sentait épanoui et heureux. Dans quelques heures, il aurait dû recevoir une nouvelle visite de Severus, visite à laquelle il n'avait cessé de penser toute la journée... Mais à présent, tout était fini. Peut-être ne reverrait-il jamais l'école de Dumbledore, ni l'homme qu'il aimait.

Le garçon eut à peine le temps de sentir le froid de la nuit sur sa peau. Ils ne firent que quelques pas dans la rue. Un instant plus tard, le musicien était jeté sans ménagement sur la banquette d'une voiture. Le véhicule s'ébranla presque aussitôt.

Seul Mulciber était monté avec Harry à l'intérieur. L'autre homme, installé à la place du cocher, menait les chevaux.

-Alors, mon petit Potty, railla le peintre quand la voiture fut lancée. Heureux de me retrouver?

Couché sur le côté, Harry ne réagit pas. Il s'attendait au pire de la part de cet homme. Déjà, le goût du baillon dans sa bouche l'écoeurait, lui donnant envie de vomir. Le contact de la main du peintre sur son épaule provoqua un spasme qui le plia en deux.

-Allons, allons... Détends toi..., dit l'homme d'un ton narquois. Je vérifie simplement que tu es en bon état. Le Lord ne serait pas content que je lui ramène un garçon en mauvaise forme, n'est-ce pas?

Se levant entre deux secousses de la voiture, l'homme vint s'asseoir sur la banquette où gisait Harry, et se mit cette fois à le palper, commençant par l'épaule, et descendant le long de ses côtes. Harry grogna et se raidit.

-Simplement vérifier... Bon, tu n'as rien de cassé, semblerait-il..., ironisa le peintre en poursuivant sa progression. Et ici? Tout est en état de marche?

Riant doucement, il tâtait à présent la hanche du garçon. Furieux, Harry se contorsionna en rugissant de plus belle. L'homme le lâcha en riant.

-Tu joues les vierges effarouchées, mais tu ne perds rien pour attendre... Le Lord compte bien rattraper le temps perdu, et il m'a promis que j'aurais ma part, cette fois. D'ailleurs, tu aimes ça, n'est-ce pas?

La voiture roulait toujours, brinquebalante, imperturbable. Ah, si seulement une patrouille de police ou une quelconque bande de voleurs pouvaient avoir la bonne idée de les intercepter!, songeait Harry avec désespoir.

Malheureusement, la ville entière semblait déserte, plongée dans la léthargie.

-Tu verras..., continuait Mulciber dans le noir. Nous avons du pain sur la planche, toi et moi. J'ai plusieurs projets de tableau, et tu poseras pour moi, que ça te plaise ou non.

Harry frissonna. Poser pour Mulciber? Plutôt mourir tout de suite.

-Tu ne t'y attendais pas, hein? Tu as cru bon de faire ton malin et de cracher à la figure du Lord. Depuis le temps que tu le connais, tu aurais dû te douter qu'il n'allait pas te laisser l'humilier sans réagir. Tu donnais des concerts, tu te faisais applaudir, pendant que lui, il t'attendait en vain. Tu te croyais à l'abri, dans ton école, ha ha ha....! Maintenant, tu vas payer. Je te préviens tout de suite qu'il est furieux contre toi. A ta place, je n'en mènerais pas large. Tu sais ce qu'il va te faire? Tiens, regarde... Je vais te donner un avant-goût.

L'homme le renversa brusquement sur le dos et s'allongea sur lui, l'écrasant de son corps. La douleur arracha au garçon un cri étouffé. Ses mains, liées derrière lui, étaient broyées par son poids doublé de celui du peintre.

Indifférent aux souffrances de l'adolescent, l'homme se mit à remuer le bassin, se frottant contre lui avec des râles de plaisir. Hors de lui, Harry se contorsionnait, tentant vainement de reprendre sa position sur le côté, et de lui faire ainsi lâcher prise. Par chance, ce fut le moment que choisit la voiture pour stopper net dans un violent soubresaut. Mulciber fut projeté au bas de la banquette.

Il jura abominablement, tout en se relevant avec difficulté. Harry savourait sa petite victoire, bien dérisoire, il en était conscient.

Car il savait que son répit serait de courte durée.

La portière s'ouvrit à la volée, et le froid s'engouffra dans la voiture. Ils étaient parvenus à destination.

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Quand Tom entendit la voiture arriver, il se précipita dans le hall. Les hommes avaient été rapides. Devait-il y voir un signe favorable?

Un instant plus tard, Jack entrait, portant Harry sur l'épaule. Ritchie le suivait, chargé d'un sac de belle taille.

-Tout s'est bien passé, lança le peintre, le souffle court. Où est-ce que je vous le mets, mylord?

-Descends le tout de suite au sous-sol, ordonna Tom. Je m'occuperai de lui plus tard.

Pourtant, il mourait d'envie de s'approcher immédiatement du garçon. Le voir ainsi, dans cette tenue qui le faisait paraître si jeune, ligoté, le corps plié en deux et les cheveux dans la figure, avait déjà réveillé son désir. Mais il se contint. Chaque chose en son temps.

Jack disparut avec le prisonnier dans les escaliers qui conduisaient aux sous-sols.

-Suis-moi, Ritchie!

Le Lord conduisit son nouvel homme de main dans le petit salon. Ritchie remplaçait maintenant avantageusement ce traître de Carrow. Avant de l'engager, Tom s'était beaucoup renseigné sur lui, puis, sans rien lui dire, l'avait soumis à plusieurs tests. L'homme s'en était sorti brillamment. Il était dur, fruste, efficace, discret. Sans scrupule. Fidèle. Et muet comme une tombe. Tout ce qui convenait au Lord.

L'homme déposa le gros sac sur le tapis, et se redressa, attendant les nouvelles instructions.

-Jack a dit que tout s'était bien passé. C'est aussi ton avis?

-Oui, maître..., grommela Ritchie. La chambre n'était même pas verrouillée.

-Parfait, ricana Tom. Personne ne vous a vus?

-Personne.

-Vous avez tout remis en place, de manière qu'on puisse croire à un départ volontaire de Potter?

L'homme approuva de la tête.

-Bien. Je te félicite. Tu sais qu'il te reste une dernière tâche à accomplir. Tout à l'heure, Diggory va recevoir un message à son école l'invitant à venir immédiatement me retrouver ici, dans la plus grande discrétion. Dès qu'il sera arrivé, je le mènerai dans cette pièce. Toi, tu te tiendras caché derrière cette armoire, et tu entreras en action. Je compte sur toi pour faire un travail rapide et propre.

-A vos ordres, maître.

-Nous nous débarrasserons aussitôt du corps. Il faudra le tranporter en voiture chez Mike, tu connais l'endroit. Tu iras avec Ben.

-Pas de problème.

L'homme ne semblait pas particulièrement impressionné par sa mission.

-Maintenant, va te reposer, reprit Tom. Je te ferai chercher à l'heure dite.

L'homme s'inclina brièvement, puis s'éclipsa.

Le Lord se laissa tomber dans un fauteuil. Il était cinq heures du matin, et il commençait à ressentir les effets de la fatigue.

La veille au soir, il avait couché avec l'esclave pour passer ses nerfs. Au comble du bonheur, le moricaud s'était surpassé, cherchant par tous les moyens à le contenter. Malgré cela, trop énervé, Tom n'avait pas réussi à trouver le calme. A une heure, il s'était levé, incapable de rester allongé plus longtemps. A présent, il commençait à le regretter. Il aurait encore besoin d'une bonne dose d'énergie pour affronter Harry.

Le garçon allait certainement lui opposer une résistance farouche. Mais cette fois, Tom ne comptait pas user de douceur pour l'amadouer. Il s'en tiendrait à la méthode forte. Il fallait à tout prix casser la volonté du garçon. Briser sa fierté, une bonne fois pour toutes. Lui faire perdre cette maudite confiance en lui.

Après cela, il redeviendrait malléable, et Tom pourrait à nouveau étendre sur lui son influence.

Depuis son fauteuil, il tira le sac vers lui, le souleva et le posa sur ses genoux. Il l'ouvrit, et laissa échapper une petite exclamation satisfaite. Toutes les lettres étaient là, sur le dessus, rangées dans leurs enveloppes. Il s'en saisit, puis fit tomber le sac à ses pieds. Choisissant une enveloppe au hasard, il en sortit la lettre, les mains légèrement tremblantes, et la déplia.

"Mon cher Harry,

depuis notre dernière rencontre, les choses ont bien avancé. J'ai lancé les démarches dont je vous ai parlé, en écrivant à mon évêque, celui dont je dépends hiérarchiquement. Il sera surpris et choqué, je ne me fais pas d'illusion à ce sujet. Mais ma décision est prise, et je me sens incroyablement léger et libre. Une nouvelle vie va pouvoir commencer...

Avez-vous poursuivi l'écriture de la sonate, depuis lundi? Je compte bien venir constater les progrès de votre troisième mouvement en passant vous voir, dans deux jours. Saurez-vous me surprendre et m'émouvoir, une fois de plus? Ma confiance en votre talent est telle que je n'ai aucun doute à ce sujet.

Dans votre dernier courrier, vous laissiez entendre que vous aviez aussi du "talent" dans un domaine tout autre que celui de la musique. Là encore, je suis résolument confiant dans vos capacités... et affreusement impatient de vous voir exercer vos dons. Je compte bien à cette occasion vous faire profiter des miens, qui, hélas, n'égalent certainement pas les vôtres.

Bien à vous

SR"

Tom grimaça. L'allusion sexuelle était si évidente que c'en était indécent. Comment un homme d'église osait-il s'exprimer d'une manière aussi obscène?

Il replia rageusement la lettre et la glissait dans son enveloppe quand Jack apparut à son tour dans le petit salon, l'air content de lui. Fortement contrarié par ce qu'il venait de lire, Tom l'invita à s'asseoir d'un geste brusque.

-Qu'est-ce qui ne va pas, mylord?, questionna le peintre, étonné de voir l'aristocrate afficher une mine renfrognée. N'êtes vous pas satisfait de notre travail?

-Bien sûr que si, Jack. Là n'est pas la question. Je viens de découvrir quelque chose qui ne me ravit pas, et c'est bien peu dire...

-De quoi s'agit-il?

-D'une lettre de cet hypocrite de pasteur, adressée à Harry.

-Eh bien?

-Lis!

Tom tendit l'enveloppe au peintre qui, perplexe, s'en empara et l'ouvrit. Il en sortit la lettre qu'il lut rapidement, avant de lever vers Tom un regard narquois.

-Ah ben ça, pour une surprise!, ricana-t-il en rendant la lettre à Tom... Il se réjouit de coucher avec Potter? Cet homme cache bien son jeu, sous ses allures ascétiques! Quel faux-jeton!

-Je ne te le fais pas dire!

-De quelle démarche parle-t-il, au juste, au début de sa lettre?

-Je n'en ai aucune idée. Peut-être un changement d'affectation? Mais peu importe, ce n'est pas cela qui me préoccupe. Le plus choquant dans cette histoire, c'est que Harry se soit vanté de ses performances sexuelles dans une lettre adressée à cet homme. Je ne l'aurais jamais cru capable d'une chose pareille, et cela semble prouver à quel point leur relation est avancée... le fourbe! Le sale petit impertinent...! Il réserve à l'autre ce qu'il ne m'a jamais donné, à moi!

-Je vous avais prévenu, que le gamin se moquait de vous! C'est tout ce que vous avez gagné à le traiter avec bonté.

Le Lord se leva et fit nerveusement quelques pas dans la pièce.

-Tu avais raison, dit-il entre ses dents. Je vais lui faire regretter son insolence, je t'assure qu'il n'oubliera plus jamais à qui il a à faire.

-Vous aviez juré de la même manière d'être sans pitié avec lui, quand il s'était échappé de Manderley, vous vous en souvenez? Vous étiez outré par son ingratitude à votre égard. Cela ne vous a pas empêché d'oublier toutes vos résolutions au moment de le corriger, et du coup, il sest empressé de vous humilier à nouveau.

-C'est vrai. J'ai été faible et stupide, et voici le résultat. Mais cette fois, je ne fléchirai pas, je te le promets. Tu l'as enfermé en bas?

-Oui, mylord. Il vous attend dans sa chambre. Je l'ai laissé comme il était, ligoté et baillonné. Sa position ne doit pas être très confortable, mais il n'a que ce qu'il mérite, n'est-ce pas? Vous verrez vous même si vous jugez bon de le libérer de ses liens.

-J'y vais de ce pas, dit le Lord d'un ton pressé, en se dirigeant vers la sortie. Tu peux aller dormir, Jack. Merci pour tout!

-A votre service, mylord. Mais juste un mot encore, avant que vous partiez vous... divertir. Que comptez vous faire de ce pasteur? Ne faut-il pas s'occuper rapidement de son cas?

Tom s'était arrêté, écoutant le peintre. Il fronça les sourcils.

-Je ne pense pas le supprimer tout de suite..., dit-il lentement. Il pourra encore nous être utile. Et je prépare pour lui une petite vengeance à ma façon qui va joliment le briser, crois moi...

Sur ces mots, le Lord sortit de la pièce.

o0o0o0o0o0o

Ses partitions sous le bras, Severus resta un moment au pied de l'escalier de la tribune, hésitant. Il était seul, les souffleurs n'arriveraient pas avant une bonne heure, s'ils arrivaient.

Il avait quitté le presbytère dès son petit déjeuner avalé. La vue de ses collègues lui était devenue insupportable. Depuis l'altercation de l'autre jour, ils le traitaient avec un surcroît de méfiance et de dédain.

Severus n'avait pas encore parlé à Fudge de sa décision de quitter l'Eglise. Il attendait pour cela d'avoir reçu une réponse de son ami l'évêque Gilbert King, à qui il avait demandé conseil, sans mentionner, bien sûr, ce qui motivait son choix...

Renonçant à grimper tout de suite sur la tribune, il s'assit sur une chaise, dans un coin sombre de la grande église. Il avait besoin de réfléchir sur sa situation... et peut-être, aussi, de se confier à Celui dont il sentait la présence silencieuse dans l'ombre, près de lui.

Ne s'était-il pas trop précipité, en écrivant dès maintenant à l'évêque? Etait-il certain de ses choix? Son attirance (devait-il appeler cela "amour"?) pour Harry valait-elle qu'il change ainsi de vie, sacrifiant sa condition d'ecclésiastique, confortable et sécurisante?

C'était une folie, il en était conscient. Le garçon n'avait pas l'âge de se lancer dans une relation durable, et avec un homme de vingt ans son aîné moins que quiconque. Son attachement durerait quelques semaines, quelques mois tout au plus. Ensuite, il rencontrerait une personne qui lui serait mieux assortie et abandonnerait Severus...

Perspective cruelle... Mais réaliste. Et il n'y aurait pas lieu d'en vouloir au jeune homme.

Alors, à quoi bon quitter l'Eglise pour quelques jours de plaisir et de félicité...?

Severus se ressaisit. Ces quelques jours justifiaient qu'il prît cette décision. Il ne pouvait renoncer à Harry. Et ce simple constat entraînait avec lui la nécessité de revenir à la vie civile.

Car la promesse de bonheur était trop belle, trop tentante pour qu'il la rejetât.

Dans quelques heures, il irait lui rendre visite à son école. A cette pensée, son rythme cardiaque accéléra brusquement.

Pourtant, il n'avait pas eu de confirmation de la part de Harry. Le jeune Tony était revenu les mains vides de sa mission quotidienne, quelques minutes auparavant. Il avait raconté à Severus, qui l'attendait à l'endroit habituel, dans un recoin derrière l'église, que le musicien n'était pas dans sa chambre au moment où il lui avait apporté son courrier. Le gosse avait attendu quelques minutes, en vain. Craignant de se faire remarquer, il avait finalement glissé la lettre du révérend sous la porte, puis avait filé sans demander son reste.

Du coup, Severus n'avait pas obtenu de réponse. En effet, depuis la discussion houleuse avec John au sujet de son courrier, Severus avait convenu avec Harry qu'il remette sa lettre à Tony, qui la rapporterait directement au pasteur. C'était plus rapide et surtout, plus discret que la poste traditionnelle.

Bien que déçu, Severus n'était pas inquiet. Sans doute le violoniste avait-il été sollicité par Dumbledore pour une répétition ou un cours matinal, cela arrivait assez fréquemment. Et de toute façon, il irait le voir ce soir, à six heures. Harry avait eu son message et l'attendrait dans sa chambre.

Depuis qu'il avait quitté le garçon, le pasteur ne cessait de revivre en pensée leur dernière rencontre. Il avait encore du mal à croire qu'il eût vraiment osé caresser fébrilement sa peau nue, les mains passées sous sa chemise, tout en baisant ses lèvres avec volupté. C'était si improbable...! Et pourtant, il n'avait pas rêvé. Comme à chaque fois qu'il évoquait ce souvenir, son corps réagit vivement, et il se sentit honteux, lui qui était tout naturellement venu s'asseoir au pied de la grande croix, au fond de l'église, comme pour y trouver la paix de l'âme et l'ouvrir à la voix du Seigneur.

Il avait beaucoup repensé aux paroles échangées avec l'adolescent. Par moments, sa conscience se rappelait péniblement à lui. N'avait-il pas cédé trop facilement aux arguments du garçon, de vingt ans plus jeune que lui? N'avait-il pas un peu trop vite rendu les armes face à son jugement moral trop simple, mais au fond, bien arrangeant? N'eût-il pas dû jouer au contraire un tout autre rôle, lui, l'adulte responsable, l'homme d'Eglise, le pasteur d'âmes... le philosophe?

Pourtant, il ne parvenait pas à se sentir coupable. Il avait vécu un tel moment de bonheur en serrant le garçon dans ses bras, il avait lu tant de reconnaissance et de désir dans ses yeux magnifiques, qu'il ne pouvait que se féliciter d'avoir franchi ce pas. Même s'il était maintenant plongé jusqu'au cou dans ce que l'Eglise appelle communément "le pêché de luxure"...

Ce soir, dans le secret de la chambre d'étudiant soigneusement fermée à clef, ils iraient plus loin, il le savait. Cette pensée l'excitait délicieusement, enflammant son bas-ventre. Peut-être finiraient-ils sur ce fameux lit dont il avait rêvé, nus, en sueur, membres entremêlés...? Harry ne se ferait certainement pas prier pour commencer à explorer en sa compagnie les chemins d'un plaisir tout neuf et plein de promesses...

Peut-être même le garçon montrerait-il volontiers à son aîné tout ce qu'il avait expérimenté avec le Lord... ?

...Halte!

Cette pensée là était nouvelle, et elle était malsaine. Comment Severus pouvait-il souhaiter que le garçon se comporte avec lui d'une manière aussi ...dévoyée? C'était presque encore un enfant. Son âme était pure, ou du moins, aurait dû l'être si le Lord ne l'avait honteusement salie. Et à présent, son ancien professeur voulait profiter de cette souillure pour son propre plaisir... N'était-ce pas là le signe de la pire des déchéances, la sienne comme celle du garçon?

Lui qui avait lutté des années durant contre ses pulsions, ne perdait-il pas la plus dure des batailles en se laissant aller à ses envies de copuler sauvagement avec Harry Potter, le fils de la douce Lily, espérant que l'adolescent saurait mettre à profit les leçons du Lord en matière de sexe?

Il soupira profondément, essayant de calmer l'appel lancinant de son désir.

Ce débat intérieur l'épuisait. Comme il eût aimé être capable de s'accepter comme il était, avec ses forces et ses faiblesses...

Oui, Harry était un pêché. Il était le pêché de Severus. Il était sa chute.

...Mais peut-être était-il aussi sa rédemption.

o0o0o0o0o0o

La petite pièce dans laquelle Mulciber avait amené Harry ressemblait plus à un cachot qu'à une chambre. Une unique lanterne éclairait parcimonieusement les murs de pierre nue. Le mobilier se réduisait à un lit de fer, une petite table et une chaise.

Le peintre avait jeté sans ménagement l'adolescent sur le lit, avant de quitter la pièce en ricanant dans sa barbe de trois jours.

Resté seul dans le silence de sa prison, Harry avait tout loisir de méditer sur son triste sort.

Le plus pénible à supporter était sans conteste le baillon qui l'étouffait et lui desséchait la bouche. Quand allait-on enfin le lui retirer?

Le garçon attendait donc avec impatience que quelqu'un vienne s'occuper de lui, mais en même temps, il redoutait d'être confonté au Lord ou à Mulciber.

Plus le temps passait, plus il sentait le découragement le gagner. Il devinait à quelle sauce il allait être mangé, et sa situation lui semblait sans issue.

Une fois de plus, il se retrouvait privé de liberté, soumis au bon vouloir de l'aristocrate et de son sinistre complice. Il était en quelque sorte ramené de force à la case départ. Depuis cette nuit de cauchemar, plusieurs mois auparavant, où le Lord était venu le délivrer de la prison de Wick, pour mieux le contraindre ensuite, le faire chanter et abuser de lui, rien n'avait évolué... Au contraire, sa situation avait même empiré. Car la colère du Lord à son égard devait être à son comble, et l'homme ne se laisserait plus attendrir.

Et dire que lui, Harry, avait cru qu'il pourrait se débarrasser du Lord en se montrant suffisamment odieux à son égard! L'homme n'avait pas renoncé, loin de là. Et la méthode de Harry se retournait contre lui.

Le garçon était perdu. Finie, sa carrière musicale. Enterrés, ses projets d'avenir. Inaccessible, le révérend qu'il aimait et avec qui il avait espéré vivre...

Qu'avait-il fait pour mériter une vie aussi misérable? Etait-ce une punition du ciel, pour avoir osé blasphémer et pousser un homme d'Eglise au pêché?

Non. Impossible. Si Dieu existait, Il ne pouvait se montrer aussi injuste et cruel. Certes, Harry était plongé dans les ennuis jusqu'au cou, mais Dieu n'y était pour rien.

Le seul coupable était bel et bien le Lord.

Tremblant de colère, l'adolescent mordit dans son baillon en grognant. L'aristocrate ne gagnerait pas à ce jeu là contre lui. S'il cherchait à le soumettre, il en serait pour ses frais.

Il ne devait surtout pas perdre espoir. A Poudlard, on s'apercevrait rapidement de sa disparition. Severus comprendrait aussitôt ce qui s'était passé, et il saurait le retrouver. Ni lui, ni Dumbledore ne l'abandonneraient.

Le révérend l'avait déjà sauvé une fois des griffes de Voldemort. Il commençait à avoir l'habitude... Nul doute qu'il allait finir par maudire Harry, le-garçon-qui-s'arrange-toujours-pour-se-fourrer-dans-la-mouise-et-qui-n'est-pas-fichu-de-s'en-sortir-par-ses-popres-moyens. Cependant, quelle que fût son exaspération, il ne le laisserait pas tomber, Harry en était certain.

Pourtant, si le garçon avait peur de découvrir le sort que le Lord lui réservait, il était encore bien plus terrifié à l'idée qu'il pût arriver malheur à Severus lorsqu'il viendrait le délivrer. Aussi ne savait-il plus quoi souhaiter, tiraillé entre son espoir que le pasteur se lançât à son secours, et son angoisse de le savoir en danger...

Le bruit de la porte qui s'ouvrait l'arracha à ses sombres réflexions.

Le Lord venait d'entrer. Seul.

L'homme resta un instant figé, puis avança d'un pas lent, jusqu'à se trouver debout près du lit. Il se tint ainsi quelques secondes, dominant Harry de toute sa haute taille.

Le garçon ne le regardait pas.

-J'aurais préféré te voir venir chez moi de ton plein gré, Harry, comme tu t'étais engagé à le faire, dit le Lord, glacial.

Harry l'ignora. De toute façon, le baillon l'empêchait de parler. Et il n'avait rien à dire à cet homme.

-Tu ne fais plus le fier, n'est-ce pas?, reprit l'homme à voix basse, d'un ton de défi.

Silence.

-Regarde-moi, Harry, ordonna sèchement le Lord.

Le garçon ne bougea pas, fixant toujours le sol.

-Regarde moi!, hurla l'homme, et cette fois, il se pencha et, saisissant brutalement la tête du garçon par les cheveux, il l'obligea à la tourner vers lui.

Mais Harry évitait toujours les yeux noirs qui cherchaient impérieusement les siens.

Alors, l'homme avança deux doigts et attrapa un morceau du baillon avant de le retirer d'un geste sec et le jeter par terre. Fermant sa bouche endolorie, le garçon souffla de soulagement, et réussit enfin à déglutir.

Cette fois, il leva les yeux vers l'homme penché au dessus de lui.

-Ca va mieux?, interrogea Voldemort.

Harry haussa les épaules, toujours muet.

-Tu sais pour quelle raison tu te trouves ici, enfermé dans ce cachot?

-Oui, grommela enfin le garçon. Parce que vous êtes cinglé.

-Non, Harry. Je ne suis pas "cinglé", comme tu le dis si joliment. Je suis simplement un homme qui ne dispose pas d'une réserve inépuisable de patience, et qui n'aime pas qu'on lui mente et qu'on se moque de lui.

Que répondre à cela? L'adolescent se tut, fermant les yeux d'un air excédé.

-Maintenant, tu vas enfin apprendre à me connaître, mon garçon, continua l'homme du ton d'un professeur sermonnant un élève particulièrement récalcitrant. Tu as cru que tu pourrais te dispenser de tenir tes engagements à mon égard. Eh bien, tu t'es trompé! Quand on fait une promesse à lord Voldemort, on la tient. A moins de vouloir s'exposer à quelques légers désagréments...

Tout cela était tellement prévisible! Harry soupira sans rien dire. Soudain, le Lord s'assit au bord du lit.

-J'avoue que je ne t'aurais pas pensé capable d'une telle malhonnêteté. A mes yeux, tu étais quelqu'un de droit, de franc. Et je me suis aperçu, au cours des dernières semaines, que tu n'avais pas de parole. Le succès t'est monté à la tête, te faisant oublier tout le reste. Tu m'as profondément déçu, Harry.

-Puisque je suis un bon à rien, laissez-moi tranquille, une fois pour toute..., grimaça le garçon.

-Tu mériterais en effet que je t'abandonne, en renonçant définitivement à faire de toi mon héritier. Mais ce serait abonder lâchement dans ton sens, et cautionner ton comportement. Je suis quelqu'un de coriace, et je ne baisserai pas les bras.

-Dites plutôt que vous refusez de me laisser mener ma vie librement.

-Mener ta vie librement?, répéta le Lord avec dureté, en lui attrapant l'épaule dans une poigne de fer. Est-ce que cela signifie que tu veux pouvoir coucher tranquillement avec ton cher pasteur, en me laissant tomber comme une vieille serpillère? Qui t'a sauvé de la mort, quand tu étais accusé d'un crime horrible et poursuivi par toutes les polices du royaume? Qui est venu t'arracher à la prison de Wick, en risquant sa vie et en sacrifiant celle de ses compagnons? Qui t'a promis de te léguer sa fortune?

-Je ne vous ai jamais rien demandé. Et vous savez très bien que vous en avez profité pour me faire chanter d'une manière ignoble.

La main du Lord se leva vivement et vint s'appliquer de toute sa longueur sur la joue du garçon. Ce dernier grimaça de douleur sous la violence de la gifle.

-Ton ingratitude me dégoûte, Harry, dit le Lord entre ses dents. Bien que je n'en aie aucune envie, je vais devoir me montrer inflexible avec toi, jusqu'à ce que tu entendes raison et sois prêt à t'amender.

-Vous avez envie de retourner en prison?, jeta l'adolescent d'un ton railleur.

Le Lord leva un sourcil.

-En prison? Et pourquoi y retournerais-je?

-Pour enlèvement et séquestration.

-Il n'y a ni enlèvement, ni séquestration.

-Vous plaisantez?

-Bien sûr que non.

-Dans quelques heures, tout le monde à Poudlard se sera aperçu de ma disparition, s'énerva Harry. Pensez-vous qu'ils resteront les bras croisés, à attendre patiemment mon retour?

-J'ai prévu cela, Harry. Pour calmer leurs craintes à ton sujet, tu vas immédiatement rédiger une lettre à ton directeur, lui expliquant la situation.

-Une lettre? Il va débarquer ici avec la police une heure après l'avoir reçue, votre lettre!

-Certainement pas. Car que vas-tu lui écrire? Que tu es parti de ta propre initiative, ayant décidé d'abandonner tes études. En effet, maintenant que tu es un jeune Lord fortuné, tu n'as plus besoin de faire du violon ou d'écrire de la musique pour gagner ta croûte. Aussi n'y a-t-il absolument aucune raison de s'inquiéter à ton sujet.

Harry resta un instant muet de stupeur.

-Quoi?, s'indigna-t-il enfin quand il eut pleinement mesuré les intentions du Lord. Et vous croyez sincèrement que je vais accepter d'écrire de pareils mensonges?

-Bien sûr, que tu vas les écrire! Et ce ne sont pas des mensonges.

-Et quoi d'autre? Vous pouvez toujours espérer!

Le Lord se pencha au dessus de lui.

-Veux-tu me contraindre à te menacer une fois de plus, Harry?, murmura-t-il d'une voix doucereuse. Aimerais-tu qu'il arrive un malheur à ce jeune esclave que tu as connu à Manderley, et qui m'a rejoint il y a peu?

Le garçon sentit son sang se figer.

-Co...comment?, balbutia-t-il. Neville est ici, avec vous?

-Mais oui, mon garçon, sourit le Lord, mielleux. Lui, au moins, il est reconnaissant de tout ce que j'ai fait pour lui, et il s'est montré ravi de revenir vivre à mes côtés. Mais si tu veux que je le traite bien, tu sais ce qu'il te reste à faire.

-Je refuse!, s'emporta Harry, furieux. Vous m'aviez déjà promis de ne plus toucher à lui! De toute façon, quoique je fasse, vous ne tenez aucun compte de vos engagements, j'en ai eu la preuve de nombreuses fois!

-Et toi, as-tu été fidèle à ta parole? Allons, sois honnête, Harry! ... Prenons un nouveau départ, toi et moi. Si tu acceptes ce que je te propose, je le laisserai tranquille.

-Jamais!

L'homme plissa les yeux, exaspéré.

-Veux-tu que je l'amène ici, pour te faire une petite démonstration?, siffla-t-il. Ainsi, tu verras ce qu'il risque de subir si tu t'obstines à me résister...

Le dégoût souleva le coeur du garçon.

-Vous êtes... vous êtes encore plus monstrueux que je le pensais.

-Tu es seul fautif, Harry. C'est toi qui, par ton attitude méprisante, me pousse à ces extrémités.

-Allez au diable. Je vous hais!

Le Lord se leva en soupirant.

-Tu l'auras voulu. Je vais le faire amener, afin que tu voies que je ne te mens pas.

Il se dirigea vers la porte, l'entrouvrit, et héla un valet qui se trouvait là, prêt à exécuter ses ordres. Il lui donna des instructions à voix basse. Puis il revint vers le lit où Harry se trouvait toujours allongé, ligoté.

-L'esclave ne va pas tarder, dit-il d'un ton peiné, comme si Harry était seul responsable de ce qui se préparait.

Affolé, le garçon tenta de rassembler ses esprits. Certainement, le Lord disait vrai. Neville se trouvait ici, captif... Quelle conduite suivre? Harry allait-il être contraint de céder au chantage, une fois de plus?

Mais avait-il seulement le choix?

Bras croisés, le Lord faisait les cent pas dans la pièce. Le prisonnier avait fermé les yeux, désespéré. A quoi bon lutter? Il n'y avait pas d'issue.

La porte se rouvrit, et Neville entra. Harry tourna le regard vers lui.

Le jeune métis n'avait pas changé. Il le fixait de ses grands yeux de biche, visiblement surpris de le trouver là, dans cette position.

Déjà, le Lord défaisait sa ceinture.

-A genoux! Enlève ta chemise! Lança-t-il durement au jeune esclave.

Neville tressaillit. Jetant au maître un regard douloureux, il s'exécuta cependant aussitôt. Ses yeux fuyaient maintenant le regard horrifié de Harry. Quand il fut torse nu, le Lord leva la lanière de cuir et la fit tournoyer quelques secondes dans l'air avant de la faire claquer violemment sur le dos du garçon. Celui-ci se plia en deux, réprimant un gémissement.

-Je continue?, interrogea Voldemort en dévisageant froidement Harry.

-Salaud!, réussit à articuler le garçon.

La ceinture revint s'abattre sur le dos mince de l'esclave, qui, cette fois, poussa un cri, levant vers le maître des yeux pleins de reproche.

-Arrêtez!, intervint Harry d'une voix étranglée. Laissez le! Je ferai...tout ce que vous voudrez.

-Rhabille toi et file!, jeta le Lord à Neville.

Tremblant de tous ses membres, ce dernier ramassa sa chemise et, tout en l'enfilant, fixa à nouveau Harry. Le jeune musicien crut déceler une sorte de résolution muette dans ce regard. Il n'eut pas le temps de s'interroger à ce propos. Déjà, l'esclave était parti, et le Lord, ayant replacé sa ceinture autour de sa taille, s'asseyait à nouveau au bord du lit.

-Parfait. Je suis content que tu te montres enfin raisonnable, Harry. Tu verras, si tu fais ce que je te dis, tout se passera pour le mieux.

-Vous ne pouvez pas imaginer à quel point je vous méprise, souffla l'adolescent entre ses dents.

-J'imagine très bien, au contraire... Tu penses avoir toujours le beau rôle, alors que moi je suis la brute insensible, n'est-ce pas?

-Vous êtes... une infâme crapule.

Soudain, l'homme parut perdre son calme. Il se pencha et prit brusquement le visage de Harry entre ses mains, lui tordant le cou.

-Peut-être suis-je une crapule, après tout, grogna-t-il, envoyant son souffle brûlant à la figure de sa victime. Mais ce qui est sûr, c'est que je suis le maître, et que tu me dois le respect.

Une de ses mains descendit sur la gorge de Harry, l'enserrant avec tant de force que le garçon crut sa dernière heure arrivée. Le Lord allait-il l'étrangler, comme Parkinson avait tenté de le faire quelques mois plus tôt? Pris de panique, le garçon lança une ruade pour se dégager.

Ricanant devant ses pitoyables efforts, le Lord s'appuya de tout son poids sur lui pour l'immobiliser. L'étreinte de ses doigts ne diminuait pas.

-Je fais quoi, maintenant?, dit-il doucement dans l'oreille de Harry pétrifié.

-Arrêtez..., parvint à murmurer le garçon.

-Je veux t'entendre me supplier..., grogna le Lord.

-...Sssii... S'il vous plaît...

-C'est bien.

Harry sentit la poigne de l'homme se relâcher, et il se détendit légèrement. Mais le Lord en profita pour se jeter sur sa bouche entrouverte et sucer voracement ses lèvres. Surpris, le garçon n'eut pas le temps de réagir. La langue de l'homme força le passage entre ses dents, envahissante. Le souffle coupé, le garçon essayait de se débattre, mais sa position rendait inutile toute tentative de résistance, tandis que le mur, derrière lui, l'empêchait de reculer.

Très vite, il sentit une des mains de l'homme voyager le long de son corps, venant palper son entre-jambes à travers la longue chemise.

-Et ton pasteur, il te fait ça, lui aussi?, haletait l'homme entre deux coups de langue, caressant avidement l'érection naissante du garçon. Quel saint homme! Dis-moi, est-ce qu'il sait te faire jouir aussi bien que moi? A moins qu'il n'ose même pas te toucher...même s'il en brûle d'envie?

-A...Arrêtez! Je vous..., hoqueta stupidement Harry, incapable de se soustraire à cette main le malmenant sans pitié.

Sa volonté n'avait pas de prise sur son corps qui répondait trop bien aux sollicitations expertes de l'homme. Déjà, le désir lui embrasait les reins, irrépressible.

-Tu aimes ça, hein?, continuait à chuchoter le Lord. Tu ne peux pas le nier... Tu avais oublié comme c'était bon... Et cette servante, avec qui tu as couché, elle a su te contenter, elle? Ca m'étonnerait...

L'esprit du garçon chavira. Le Lord était au courant de sa liaison avec Kitty? D'où tenait-il toutes ces informations? Depuis combien de temps tissait-il sa toile autour de lui, tapi dans l'ombre, attendant le moment de le faire basculer dans son piège?

Il s'aperçut avec horreur qu'il était sur le point de jouir dans la main du Lord, cet homme qui l'avait fait espionner, puis enlever, pour mieux pouvoir le soumettre et l'humilier.

A présent, son tourmenteur avait soulevé la longue chemise de nuit. D'une main, il masturbait vigoureusement le membre dénudé de sa victime, tandis que l'autre s'était glissée entre ses fesses, impudique, et taquinait avec insistance son intimité. Poussé à bout, Harry se cambra, laissant échapper malgré lui un gémissement, mélange de plaisir et de désespoir.

Un instant plus tard, vaincu, il se répanchait en longs jets incontrôlés et libérateurs.

Etait-ce ainsi qu'on jouissait en Enfer?

Il en aurait pleuré. Il voulait mourir.

Le Lord eut un petit rire satisfait et se redressa, après s'être nonchalamment essuyé les mains sur la chemise du garçon. Ce dernier restait prostré, les yeux clos. Des larmes perlaient sous ses paupières.

-Nous n'irons pas plus loin aujourd'hui. Nous avons tout le temps, n'est-ce pas? Je vais te faire apporter des vêtements. Ensuite, toi et moi, nous écrirons ensemble deux belles lettres. La première sera pour ton directeur, l'autre pour ce cher pasteur, qu'il ne faut surtout pas inquiéter inutilement, n'est-ce pas?

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Oulà, j'ai peur de vos réactions... mais je les attends quand même avec impatience!

...Hum... Je ferai mon possible, mais je crains que le chapitre douze n'arrive avec du retard. J'ai une semaine de folie en perspective...

Sophie: Bon, je crois que ce chapitre va répondre à tes attentes (enfin, j'espère^o^)... Je n'en dis pas plus, niark...! Bisous! Lili: Merci à toi pour ce gentil petit mot! aliaxx: C'est le rapprochement Harry/Sev qui t'a comblée? Tant mieux, j'en suis ravie! A bientôt! Misu: Merci pour tes reviews sur "Passion coupable", et sur "Le pire..." également! Je suis contente que ça te plaise! Ziboux! Marie la petite: La riposte de Voldemort? Elle est au menu de ce chapitre. J'espère qu'elle sera à la hauteur de tes craintes (ou de tes attentes!!) Merci pour ton soutien! Une poterienne: Un grand merci pour cette superbe review. Tu as raison de souligner la différence qu'il y a entre les relations Harry/Sev et Harry/le Lord. Dans le premier cas, c'est Harry qui se montre le plus entreprenant et qui est demandeur. Dans le deuxième, c'est tout l'inverse. Tom va le découvrir et aura du mal à l'avaler, bien sûr, comme le montre déjà ce chapitre.-Dumbledore? C'est un de mes personnages préférés dans le canon, et je dois dire que je l'aime tout particulièrement. Je regrette qu'il n'ait pas un rôle à sa mesure dans ma fic...- Tes encouragements me vont droit au coeur, ainsi que ta fidélité! Bises!

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