L'heure du combat a sonné. Roy parviendra-t-il à empêcher son rêve de se réaliser ?

Voici le dernier chapitre, et quand à savoir si je fais une suite, je n'en sais fichtre rien. Merci à tous ceux et celles qui ont suivit, et bonne lecture ^^


Meredith Brook se figea face à la réponse du général. Roy avait le visage froid, dénué de toute la courtoisie dont il avait pu faire preuve jusqu'ici. La femme déglutit. Il lui fallait pourtant avoir ce général dans son camp … elle décida de continuer son numéro, comptant sur son pouvoir pour parvenir à ses fins.

« Allons, ne veux-tu donc pas demeurer à mes côtés pour le restant de tes jours ? » reprit-elle avec un sourire.

« Plutôt mourir. La comédie a assez duré Meredith. Je n'ai jamais eu l'intention d'être des vôtres. Je sais tout de toi. De tes petites activités malsaines. » répliqua Mustang.

Elle perdit de son assurance, et le fixa avec une certaine crainte. Il savait … mais comment ?

« Et que crois-tu donc savoir au juste ? » demanda-t-elle en abandonnant l'amabilité.

« Je sais que tu es à la tête d'un royaume du crime. Tu as commencé par te trouver un mari plein aux as, envoûté par ton pouvoir et dont tu t'es débarrassée ensuite. Partant de là, tu as commencé à magouiller un peu partout. Au début il ne s'agissait que de simples petites fraudes, puis quand tu as compris que tu pouvais obtenir bien davantage tu as commencé à soumettre des voyous. » expliqua le général.

« Qui a bien pu te raconter des sornettes pareilles ? » siffla Meredith.

« Tu sais quelle est la première chose que j'ai ressenti en arrivant ici ? De la peur. Venant des soi-disant membres de ta communauté. Tes esclaves devrais-je dire. Vois-tu je suis capable de ressentir les émotions des autres. Et ils m'ont tous plus ou moins demandé de l'aide. Je trouvais bizarre que tu m'abordes comme tu l'as fais, en sachant que j'avais un don. Tu me proposais un endroit où je serais compris et accepté, en réalité tu ne voulais qu'un trophée de plus. Le clou du spectacle comme on dit. Mais je ne t'ai pas cru une seconde. Je savais dès le départ la raison de ton approche. »

Cette sensation qu'il avait eue le premier soir, était en réalité la marque du pouvoir de Meredith, qu'elle lui avait laissé pour qu'il aie envie de la revoir. Une marque que Roy avait aussi repéré chez la voleuse télékinésique et son frère. Deux pions qu'il avait mis hors course. Brook aurait fait d'une pierre deux coups en imprégnant Mustang : elle se vengeait de cette perte en plus d'acquérir un homme haut placé.

« Si j'ai ensuite accepté de venir, ce n'était pas parce que tu me l'avais « suggéré ». Mais bien par curiosité. J'ai ensuite hypnotisé chaque membre pour en apprendre plus. Chacun d'eux est en fait à la tête d'un réseau quelconque, pour ton compte. Ils sont tes yeux et tes oreilles, leur pouvoir de permettant de tout contrôler de main ferme. Hélas aucun d'eux n'était consentant. Andy par exemple, a été kidnappé. Tu les maintiens sous contrôle grâce à ton pouvoir. » poursuivit le général.

« Comment as-tu résisté à mon pouvoir ? » demanda Meredith, à présent en colère.

« En prenant des précautions. J'ai blindé mon esprit, et me suis servi de ma technique pour amoindrir le tiens. En t'hypnotisant grâce à ma voix, tu donnais moins de puissance à ton psychisme. »

Roy avait demandé à Dave Sullivan de lui poser des verrous mentaux, et le général avait également dressé des barrières pour que jamais Brook n'aille trop loin dans son subconscient. En attendant, cette dernière était furieuse. Encore une scène familière. L'affrontement pur et simple ne devrait donc pas tarder. Du reste, le brun reçut une première attaque psychique, qu'il bloqua avec peine. Brook était puissante. Mustang avait de l'expérience dans le combat mental, aussi lui renvoya-t-il une décharge qui la fit vaciller.

« Tu crois que ton art minable fait le poids face au mien ? » siffla la brune.

« Et comment. »

La bataille se poursuivit. Les coups étaient invisibles mais bien réels et palpables. Chacun dressait des protections pour parer. Ce qui entraîna des ricochets qui s'écrasèrent contre le mobilier. Celui-ci tressautait chaque fois qu'une attaque l'atteignait. Quelques bibelots tombèrent. La puissance des coups augmenta.

« Raaah c'est pas évident du tout. Je dois reconnaître qu'elle se débrouille. Combien de fois a-t-elle infligé des tortures mentales à ses sujets ? » pensa Roy en érigeant un nouveau bouclier mental.

L'offensive de Brook dévia et fit exploser un vase derrière Mustang. Meredith infligea trois coups portés avec une force croissante. Roy recula et plia sous ces assauts. Il décida alors de répliquer par ce qu'il considérait comme sa fusion la plus intense : le ressenti de la guerre d'Ishbal. Il rassembla ces souvenirs de douleurs, ces réminiscences de désespoir, de terreur qu'ils vienne du soldat ou de la victime aux yeux rouges. Il remercia mentalement Scar de lui avoir fourni une arme pareille. Lorsque la coupe fut pleine, Roy lâcha son attaque. Meredith eut l'air de s'être pris un coup de massue. Il la voyait chanceler en arrière, comme sous l'effet d'un vent trop fort. Visiblement, Brook n'avait jamais connu pareil déferlement.

Elle tenta bien de s'en protéger, seulement elle avait beaucoup de mal à lutter contre un tel déchaînement de sentiments négatifs. Mustang pour sa part, s'apprêtait à mettre fin au combat en détruisant son pouvoir.

« Tu as l'intention de me tuer Roy ? Devant les yeux de ta subordonnée ? » questionna Brook.

« Quoi ? »

Roy suivit le regard de son ennemie. Stupéfait, il découvrit Riza sur le seuil. Mais que faisait-elle là ?


« Désolée général, je n'ai pas pu ... » commença la blonde.

Mais ses mains avaient déjà saisi son arme, et elle se retrouva avec le canon sous le menton. En un éclair, Roy vit ce qui allait se passer. Le coup partirait et la tuerait. Sa prédiction se réaliserait, il la perdrait à tout jamais. Et ça, il s'y refusait de toutes ses forces. La réaction fut instinctive. Usant de télékinésie, Roy écarta l'arme de la tête de Riza. Il la fit même lâcher, et la poussa hors de la pièce. La porte se referma.

« Quoi ? Mais comment ? » fit Brook stupéfaite.

« TOI ! » s'écria Roy fou de rage.

Il l'envoya bouler contre le mur du fonds, puis telle une simple balle l'écrasa contre les murs du côté puis le plafonds et enfin le sol.

« Je vais t'apprendre à toucher à ma précieuse subordonnée ! Espèce de garce ! » s'exclama Mustang.

Tendant les mains, il lui fit subir des décharges nerveuses qui arrachèrent des cris à Meredith. La soulevant mentalement, Roy la plaqua contre un mur et étouffa ses cris.

De l'autre côté, Hawkeye s'était redressée pour découvrir porte close. Elle chercha son arme qu'elle ramassa, puis s'élança. La porte était fermée. Riza fit sauter la serrure et poussa. Peine perdue. Roy avait déployé toute sa puissance, bloquant toutes les ouvertures. Hawkeye écouta. Rien. Il n'y avait que le silence.

« Général Mustang ! » appela-t-elle en frappant le bois.

Mais Roy n'entendait plus rien. Entièrement focalisé sur celle qui avait voulu tuer Riza, il s'appliquait à endommager son système nerveux. Déjà ses yeux avaient pris le dessin de son cercle. Brook ouvrait la bouche, ayant l'air de chercher son souffle. Elle brûlait de l'intérieur. Sa vue était brouillée, tout ce qu'elle ressentait était une affreuse chaleur et l'impression que son cerveau fondait.

« Général ouvrez ! » demanda Hawkeye.

« Je vais faire en sorte que plus jamais tu ne puisses nuire à qui que ce soit. Je réduirais ton esprit à néant, je détruirais ton pouvoir. Et pendant que j'y suis, je vais te clouer sur un fauteuil roulant. Tu ne sera plus qu'un légume. » lança un Roy haineux à Brook.

Il referma les mains levées vers son ennemie, scellant ainsi son destin. Les dommages occasionnés par les pouvoirs du général seraient irréversibles. Meredith serait paralysée et privée de volonté. Avec un dernier cri de rage, le brun la balança sur le lit. Il relâcha sa télékinésie, ouvrant par la même la porte à Riza qui entra pistolet au poing. Elle découvrit Brook inconsciente sur son lit, et son supérieur écumant de rage.

« Général ? »

Roy tourna la tête vers elle. Puis pris d'une impulsion il la serra contre lui.

« Ça va, ce n'est pas arrivé. » souffla-t-il.

« Je vous pardon ? » fit Riza, estomaquée et gênée par cette proximité.

Roy s'écarta.

« Riza, si je vous ai demandé de ne pas venir c'est parce que j'ai rêvé de ce qui vient de se passer. Sauf que le coup de feu partait. » révéla Roy.

C'était donc ça. Ce cauchemar au QG, qui l'avait réveillé en criant son prénom et en lui tirant des larmes. Il l'avait vue mourir et avait voulu l'empêcher.

« Mais pourtant vous êtes venue. » reprit-il.

« Oui. Je n'ai pas pu résister, c'était comme si une force avait pris le contrôle de mon corps. » fit Riza.

Roy comprit aussitôt. Brook. Elle avait laissé un ordre dans l'esprit de Riza. Il tourna un regard meurtrier vers la femme. La chambre fut prise de tremblements. L'armoire, la commode, les bibelots au sol. Le lit fut également secoué, tel un mini-séisme. Hawkeye comprit que son supérieur en était responsable. Si ça continuait il allait tout casser. D'ailleurs, Meredith se retrouva projetée hors de son lit, et maintenue en l'air telle une poupée de chiffon.


« Je devrais la tuer … oser vous utiliser de la sorte ! » reprit Roy, un bras en l'air.

Il avait le visage déformé par la haine. En deux enjambées Riza fut près de lui.

« Général, arrêtez ça immédiatement. Vous allez trop loin et vous déviez de votre chemin. Si vous la tuez on risque de découvrir votre secret. Et elle vous aura bien eu. » dit-elle.

Ses paroles eurent l'air d'avoir un écho chez son supérieur. Il serra les mâchoires, inspira puis la laissa purement et simplement tomber sur le sol. Roy ferma brièvement les yeux avec un soupir. Il comprenait plus que jamais que Dave Sullivan aie voulu garder un œil sur lui. Quand on voyait ce que cette femme avait fait …

« Partons. Je ne veux plus jamais entendre parler ni voir cette vermine. »

Il sortit de la chambre d'un pas martial, suivi par une Riza soulagée d'avoir pu l'arrêter à temps. En bas au salon, ses plus proches coéquipiers attendaient avec les membres de la communauté de Brook. Ces derniers parurent soulagés de le revoir. Il avait certainement triomphé de Meredith.

« Que fait-on d'eux général ? » demanda Havoc.

« Rien. Ils ne sont que des victimes de cette femme infecte. En parlant d'elle, vous la trouverez à l'étage. Je veux vous que vous l'emmeniez dans un centre psychiatrique. Elle y a désormais toute sa place. » ordonna Mustang.

« A vos ordres. »

Havoc monta à l'étage, pour trouver Brook encore inconsciente. Il n'eut pas de mal à la prendre sur une épaule. Il redescendit pour aller l'installer à l'arrière d'une voiture. Entre-temps, Roy recevait les remerciements de ses amis d'un temps.

« Pardon d'avoir douté Roy. Mais j'avais tellement peur que Meredith ne découvre qu'on lui désobéissait. » avoua Joshua.

« Que vous faisait-elle si cela arrivait ? » interrogea le brun.

« Elle nous torturait, avec son pouvoir. Nous plongeait dans des illusions cauchemardesques, ou nous mettait le cerveau pratiquement en bouillie. Elle le faisait très souvent au début.»

Roy grinça des dents. Comment pouvait-on être néfaste à ce point ? Pendant tout le temps de son enquête, Meredith avait demandé à chacun de ses sujets d'enquêter sur Roy. De sonder ses capacités, de lui vanter le bonheur d'être ici. Emily leur ayant fait savoir que le général serait leur sauveur, ils n'avaient pas obtempéré, et avaient dissimulé la vérité. Croyant avoir dompté à jamais ses victimes, Brook ne s'était pas méfiée.

L'équipe de militaires rentra à la base. Brook fut internée au fin fonds du pays dans un centre loin de tout, sous le prétexte d'une famille ne pouvant plus s'en occuper. Son état suffit à convaincre les médecins de sa totale incapacité. Les jours qui suivirent furent éprouvants pour Mustang. Le moment était venu de démanteler l'organisation de Meredith, et cela ne pouvait se faire qu'avec de multiples précautions ainsi qu'un usage intensif de son hypnose. La présence de Brook et ses sous-fifres fut méthodiquement effacée des mémoires.

L'information sur l'existence de ces groupes fut détournée, afin de camoufler la manière dont le général avait pu remonter jusqu'à eux. Progressivement, avec la plus grande prudence chaque réseau fut mis hors d'état de nuire. Lorsque tout ceci fut terminé, Mustang retrouva Sullivan au parc, à leur place habituelle.


« Eh bien ! Quelle aventure n'est-ce pas ? » sourit le quinquagénaire.

« M'en parlez pas ! Je n'aurais jamais cru que l'hypnose me conduirait si loin. » répondit Roy désabusé.

« En tout cas, je vous avais bien dit que vous vous en sortiriez très bien tout seul. Vous êtes un brillant garçon, général. Je dois avouer que je suis plutôt content que vous ayez appris ma technique, au final. »

« Je vous remercie. » répondit doucement le brun.

« Vos collègues ne se posent pas trop de questions sur vos succès ? » interrogea Dave.

« Je tâche de faire en sorte que cela aie l'air naturel. Il a suffit de convaincre un plus haut-gradé de me confier des missions, puis de monter un solide réseau d'information. Le tout avec un sacré coup de pouce, je l'admets. Mais il n'y a strictement rien à y redire, étant donné que je prends mon temps comme cela doit logiquement être le cas. » exposa Roy.

« Héhéhé ! C'est bien ce que je disais : vous êtes très intelligent et prudent. »

Roy sourit de nouveau. Il regarda le paysage durant un instant. Que de chemin parcouru depuis qu'il avait découvert l'hypnose. Cela datait de bientôt deux ans. A ce rythme il serait généralissime dans mois d'un an.

« Bien, je suis navré Dave mais je dois retourner au QG. » annonça Mustang.

« Très bien, je vous souhaite bonne continuation. » sourit l'homme.

Ils se quittèrent sur ces bonnes paroles. En rentrant, il vit Fuery venir à lui.

« Il paraît que le lieutenant-colonel Archer est de retour ! » annonça-t-il.

« Oui, je me suis enfin décidé à le guérir. Je pense qu'il ne va guère apprécier ma montée en grade, mais il devra faire avec. » sourit Mustang.

Du reste, ce fut le moment que choisit Archer pour passer. Il lança un regard noir au général, qui lui en retourna un ironique. Effectivement, Frank était vert. Roy prit le chemin de son bureau accompagné de son subordonné. Chemin faisant, il songea qu'il n'était plus très loin du grade de généralissime. Mais la partie la plus dure allait se jouer maintenant. Comment arriver à évincer les autres généraux ? Techniquement, seul le généralissime pouvait choisir son successeur. Le voici qui venait également en sens inverse. Bradley s'arrêta le temps de féliciter le jeune général pour ses dernières opérations. Roy reçut les compliments avec reconnaissance. Pourtant …

« Qu'est-ce que c'est que ça ? » se demanda Mustang.

Bradley passa son chemin, l'alchimiste poursuivit le sien. Roy déglutit. Qu'avait-il senti ? Qu'est-ce que c'était que ces sentiments chez le généralissime ?

« Un mélange de désespoir et de douleur. Mais pas les siens. C'était comme un tourbillon en lui. Par contre, pour lui je n'ai ressentit que de la colère. Latente, enfouie. » pensa Roy.

C'était étrange. Comment une personne ne pouvait avoir qu'une seule émotion en elle ? Et tout le reste ? Roy avait presque entendu des appels à l'aide. Heureusement que l'entrevue avait été courte. Riza vit la porte du bureau s'ouvrir, et son général passer avec un air préoccupé. Fuery qui n'avait rien remarqué retourna à sa place. Roy s'installa à son bureau. Hawkeye l'interrogea visuellement.

Roy oublia ce à quoi il pensait, pour lui rendre un regard doux qui ne manqua pas d'occasionner un changement de couleur pour la blonde.

Cependant, il fallut bien poursuivre le travail en dépit des prises récentes. Le soir venu, alors que pratiquement tout le monde était sorti de bonne heure grâce à Roy, Hawkeye approcha le général.


« Vous êtes sûr que tout va bien général ? » questionna-t-elle.

« Hm. Êtes-vous libre ce soir commandant ? » répondit Roy en reposant son stylo.

« Pardon ? » fut tout ce que Riza trouva à répondre.

« J'aimerais vous inviter à dîner. L'heure que vous voulez. » reprit le brun avec un demi-sourire.

Pendant un instant, la jeune femme resta muette. Alors que l'alchimiste l'interrogeait à nouveau, elle hocha la tête en affirmation.

« Dix-neuf heures, cela vous convient-il ? » reprit Mustang.

« Très bien. »

« Je passerais vous chercher dans ce cas. »

Riza ne put que retourner s'asseoir. Roy lui annonça cependant qu'elle pouvait partir. Chez elle, ce fut le branle-bas de combat. Hawkeye cherchait la meilleure tenue : pas trop stricte, pas trop détendue non plus, relativement habillée … rah c'était pas simple. Elle opta finalement pour des habits sobres : une jupe en velours et un chemisier en satin. Elle remonta ses cheveux en chignon, puis mit un maquillage léger. Juste à temps, on toqua à la porte.

« Bonsoir général, entrez j'arrive. » fit Riza en ouvrant.

Roy entra pendant qu'elle filait chercher son sac et une veste.

« Vous êtes ravissante. » commenta-t-il.

« Merci je vous retourne le compliment. » rosit la blonde.

Évidemment, il était toujours aussi séduisant. Roy lui tendit le bras et l'amena à sa voiture. Le général l'emmena dans un petit restaurant à l'ambiance agréable mais pas snob ce qui rassura Riza. Elle savait qu'il détestait les mondanités, cependant sa position pouvait le contraindre à fréquenter ce genre de milieu. Alors qu'ils consultaient la carte, Riza ne put résister à l'envie de le questionner sur la raison de cette invitation :

« N'auriez-vous pas quelque chose dont vous aimeriez parler général ? »

Roy leva les yeux pour la fixer un instant. Lui rappelant pendant qu'il y était, à quel point ses orbes étaient captivantes, le rendant né pour hypnotiser.

« Oh mais nous allons bien parler en général, rassurez-vous. » répliqua le brun.

« Oui … cependant vous m'aviez l'air préoccupé et … » reprit Riza.

« Commençons par laisser tomber les grades. Nous ne sommes pas en service. Ensuite, pourquoi ne vous aurais-je simplement pas invitée par plaisir ? » continua Roy en fermant sa carte.

« Parce que je vous connais ? »

Touché.

« Il n'empêche que vous n'avez qu'à moitié raison. »

« C'est-à-dire ? » demanda Riza perplexe.

« Que j'ai effectivement envie de discuter d'un point en particulier, mais c'est secondaire. Je vous ai réellement invitée ici par plaisir. »

Le serveur approcha, offrant à la jeune femme une distraction bienvenue. Il ne lui aurait sans doute jamais parlé de ce qui l'occupait si elle n'avait rien dit. Peut-être … devrait-elle ne penser qu'à cette soirée. Après tout, elle n'était pas sûre qu'une telle occasion se représenterait. Le serveur repartit, emportant leur commande. Hawkeye demeura dans le silence, hésitante. Il avait besoin de confier une chose sans doute importante … mais elle n'avait guère envie d'entendre parler travail.

« Que diriez-vous d'une promenade au parc après dîner ? » interrogea Roy, la tête dans une main.

« Ma foi, pourquoi pas. » répondit Riza.

Il sourit. Roy l'interrogea ensuite sur la lecture d'un roman qu'elle avait en cours. La militaire l'avait déjà apporté dans son sac par erreur. Si elle fut étonnée qu'il aie remarqué ce détail, elle lui répondit néanmoins avec plaisir. Ils parlèrent ainsi à bâtons rompus jusqu'à l'arrivée des plats, qui fut le sujet de leur conversation suivant. Hawkeye devina que le général la laissait apprécier le dîner, et elle lui en était reconnaissante. Cependant, arrivée au dessert elle l'informa qu'il pouvait dire ce qu'il avait en tête.

« Je ne veux pas vous gâcher la soirée. » fit le brun en lui resservant de l'eau.

« Mais vous avez besoin de parler. Ça ne rendra pas ce moment mauvais pour autant. » rassura Riza.

« Ça c'est à voir. J'ai croisé le généralissime cet après-midi. Il m'a félicité pour mes coups de filet. » commença Roy.

Jusque là, rien d'anormal pensa la commandante.

« J'ai ressenti de curieuses choses chez lui. Des émotions qui ne seraient pas les siennes. Il y a quelque chose de pas normal chez ce type. » confia Roy avec une mine désabusée.

Riza baissa les yeux pensive. A première vue, King Bradley paraissait ordinaire. Pourtant elle savait la sensibilité de son supérieur affûtée au-delà de la normale. Il avait certainement raison quand il disait tout ceci.

Plus tard, tous deux marchaient dans le parc bavardant à nouveau sans gêne. Enfin, Roy essayait de la faire passer au tutoiement au moins pour la soirée. Ce à quoi Riza avait du mal, et qui occasionnait quelques rires. Au final, elle passa une excellente soirée. Mustang la ramena chez elle vers onze heures et quart.

« Passe une bonne nuit Riza. » fit Roy en se penchant.

Il déposa un baiser appuyé sur le front de sa subordonnée, qui en rougit et ne put que bafouiller en réponse. Roy pouffa de rire, et la laissa se maudire puis rentrer. Une fois chez lui, il observa la lune un instant.

« J'ai l'impression qu'une nouvelle bataille se prépare. » se dit-il.

Et que son adversaire serait autrement plus coriace que Meredith Brook.