Note de l'auteur : Merci.

CHAPITRE 11 : Severus donne un 'peut-être' à Hermione

« Severus, restons ici, ensemble, toujours, d'accord ? » me demande Hermione, perchée sur sa branche.

« Non, gamine » je dis, à regret. « On ne peut pas. »

« Et pourquoi pas ? » demande t-elle, butée.

« Il est inutile de fuir, tu sais, tôt ou tard, le monde réel nous rattrapera. » je murmure.

« Je sais. C'est juste que j'aimerais rester là, tu sais, avec toi… Le vrai toi.»

Moi aussi j'aimerais rester avec elle, et cela me terrifie.

« Ton alter ego manque légèrement de répondant, tu sais. » continue t-elle, sur un ton joyeux. « Et il n'a qu'une seule expression à son répertoire. »

« Vraiment ? » dis-je en haussant un sourcil, avec un petit sourire.

« Oui c'est celle là ! C'est exactement celle-là » dit-elle, en riant.

Je n'ai jamais eu autant envie de la serrer dans mes bras qu'en cet instant.

Mais je me retiens. Car si je l'enlace, après, il faut que je la relâche.

Et ça, je n'en ai pas du tout envie.

Je murmure : « Prête à rentrer, gamine ? »

« Non pas tout à fait » dit-elle, avant de passer ses bras autour de moi et de se blottir contre mon torse.

« Est-ce que je peux revenir ici, demain ? » demande-t-elle, toujours blottie contre moi.

« Si tu veux. » dis-je, indifférent. Alors que mon cœur bat trop fort contre ma poitrine.

« Merci » murmure-t-elle, soulagée.

A ces mots, mes bras, sans mon consentement, se referment sur elle pour répondre à son étreinte.

Maudits bras !

SSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS

« Tu sais que je suis trop vieux pour toi, n'est-ce pas ? » Je lui demande, le lendemain.

Autant aborder les sujets qui fâchent dès le début, histoire de couper court à cette mascarade.

« Bonjour à toi aussi, Severus » dit Hermione, avec un grand sourire.

« N'élude pas la question. » dis-je, agacé.

« Je n'élude pas la question. C'est juste que, tu sais, c'est poli, quand on voit quelqu'un, avant de l'agresser verbalement, de lui dire bonjour. »

« Bonjour. » je dis, complètement réticent.

« Mais c'est qu'on dirait presque que tu le penses. » dit-elle en riant.

« Tu sais que je suis trop vieux pour toi, n'est-ce pas ? » je continue, imperturbable.

Hermione lève les yeux au ciel.

« Vraiment ? Quel âge tu peux bien avoir, 50 ? »

« J'AI 36 ANS, A PEINE !! » je m'exclame, complètement vexé.

« Bon alors tu vois, que tu n'es pas si vieux que ça. » dit-elle, hilare.

Mais c'est qu'elle est rusée en plus.

« Je ne suis pas vieux dans l'absolu mais par rapport à toi. » dis-je, légèrement agacé de m'être fait avoir.

« Oui mais quand… » commence t-elle.

« Mais quand tu auras 110 ans, j'en aurais 90 et ça ne fera plus une aussi grande différence et bla bla bla. C'est ce que se dise les imbéciles pour se rassurer mais c'est parfaitement ridicule, la différence sera toujours conséquente, quel que soit l'âge que nous aurons, nous serons toujours en décalage, aussi bien mentalement que physiquement. » dis-je, pour lui couper le sifflet.

« Ce n'est pas du tout ce que j'allais dire, vieux pépé. » dit-elle en souriant.

« Vraiment !? Et qu'est-ce que … Attends… Comment est-ce que tu viens de m'appeler ?? »

« Quoi, tu n'aimes pas ? » demande-t-elle, innocente.

« Un peu de respect, petite fille. »

Hermione soupire.

« Ce que je voulais dire, avant que tu m'interrompes de façon aussi malpolie, c'est que, l'année prochaine, quand j'aurais 18 ans, je serais majeure dans le monde moldu ainsi que dans le monde sorcier et donc, aux yeux de la loi, capable de prendre mes propres décisions. Et si j'ai envie d'avoir une relation avec un homme de 20 ans mon aîné, plutôt qu'avec un gamin immature, je ne vois pas qui pourrait m'en empêcher, ni avoir quelque chose à y redire. »

Ah.

« Tu as conscience, bien sûr, que je mourrais bien avant toi ? » je demande, à bout de nerf.

« Rassure-toi, j'ai tout prévu. Quand tu mourras, je trouverais aussitôt quelqu'un d'autre pour te remplacer. Mais cette fois, je m'assurerais qu'il est beaucoup plus jeune que moi, pour équilibrer. » dit-elle, imperturbable.

Mais qu'elle est agaçante, 'délicieusement' agaçante, mais agaçante tout de même !

« Je vois… Et bien sûr cela ne te dérangeras pas qu'on me prenne pour ton père les trois quarts du temps. » je réattaque.

« Les gens sont stupides, ce n'est pas nouveau. Mais je ne m'en fais pas trop pour ça, le premier imbécile qui te prendra pour mon père, vu ton doux caractère, sera sans doute le dernier. » dit-elle affectueusement.

Elle n'a pas tort, la maudite…

« Hermione, tu ne penses pas que ce serait plus simple pour toi d'être avec quelqu'un de ton âge. » je demande, à court d'arguments.

« Severus, je n'ai pas envie d'être avec quelqu'un d'autre. J'ai envie d'être avec TOI. Peu-importe que tu aies 20, 30 ou 50 ans. Ca ne change absolument rien pour moi. Est-ce que tu peux comprendre ça ? »

Non… C'est parfaitement inconcevable.

« Cette image, apparemment idéale, que tu as de moi, tu sais bien qu'elle est fausse, non ? » je demande, légèrement désespéré.

« Ce que je pense de toi c'est que tu ne t'es jamais vraiment senti à ta place nulle part. Qu'en cherchant à te faire accepter et reconnaître, tu as commis de graves erreurs. Je pense que tu les regrettes amèrement et que tu étais prêt à tout pour te racheter. Je pense que tu l'as fait depuis longtemps mais qu'on continue à te demander toujours plus, certainement trop, en retour. Et je pense que, maintenant, tu mérites qu'on te laisse un peu en paix et que quelqu'un reconnaisse ta valeur et t'aime pour ce que tu es. »

« Et ce quelqu'un, c'est toi ? » je demande, brisé.

« Si tu me laisses. »

« Je ne sais pas si je peux… » je murmure.

« Je ne demande pas de réponse immédiate. Mais je suis têtue, tu sais, je n'abandonnerais pas si facilement… Maintenant, est-ce qu'on peut aller voir ton arbre ? » dit-elle, avec un petit sourire.

« Oui, gamine » dis-je en lui prenant la main.

SSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS

« Peut-être que j'ai trouvé un sort, pour t'aider. Je ne suis pas encore sûre. Enfin, je pense que ça pourrait marcher. »

Je ne l'ai jamais vu aussi hésitante.

« Tu m'as l'air bien sûre de toi » dis-je, complètement ironique.

Elle soupire

« C'est un rituel faisant appel aux élémentaires, autrement dit, les gardiens correspondants aux quatre éléments : feu, eau, air, terre. »

« Je sais ce que c'est qu'un élémentaire, Hermione. » dis-je, agacé.

« Oui… Euh... Il faut que je les appelle un par un et que je leur demande de m'aider. »

« Mais ? » je demande, car il y a toujours un 'mais'.

« Mais, pour m'aider, il faut qu'ils soient convaincus. »

« Convaincus de quoi ? » je demande, avec réticence.

« De notre amour. » dit-elle doucement.

« Je vois… » je murmure.

« Dis-moi, quand tu sera prêt à essayer, d'accord ? » murmure-t-elle.

Je hoche la tête.

SSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS

« A demain, Severus. »

« Hermione ? »

« Oui » dit-elle en me regardant dans les yeux.

Avant de changer d'avis, je me penche vers elle et l'embrasse furtivement sur la bouche.

« Est-ce que c'est un 'oui' ? » demande-t-elle, stupéfaite.

« C'est un 'peut-être'. » je dis, avec un petit sourire.

« Non, Severus, ça, ce n'était même pas un 'peut' » dit-elle en mettant ses bras autour de mon cou.

Me voilà capturé et attiré vers elle pour un baiser chaste mais d'une douceur exquise. Et, Merlin, elle ne semble pas vouloir me libérer, au contraire, sa bouche se fait maintenant plus insistante contre la mienne. Et je sens bientôt sa langue se frayer un chemin à travers mes lèvres. Quand nos langues se trouvent et s'entremêlent, et je ne peux m'empêcher de laisser échapper un gémissement ravi.

Pitoyable.

Je ne reprends mes esprits que bien plus tard.

Beaucoup trop tard.

Et la repousse gentiment en lui murmurant à l'oreille : « ça, gamine, ce n'était pas un 'peut-être'. C'était un 'sûrement' »