Merci, merci merci pour vos commentaires, d'être tjs là pour continuer à lire ma fanfiction.

Ce chapitre est un peu particulier, il se ne passe pas grand-chose, mais va révéler bcp de chose.

J'aime les commentaires constructifs et qui permette d'avancer alors n'hésiter pas à critiquer et donner votre avis

Son orgasme la secouait encore quand elle entendit des voix dans le parking: Derrière elle, elle sentit House se raidir.
Lui aussi avait entendu. Elle se redressa à la hâte et remit en place ses vêtement tout comme House.

Pour être franche, elle ne savait que penser. Il y avait tant de griefs entre eux. Les seuls moments où ils communiquaient, c'était lorsqu'ils faisaient l'amour.
Elle se demandait encore, comment elle avait pu passer de la position d'affirmer qu'elle ne le laisserait pas l'embrasser une fois de plus, à celle d'accepter de faite l'amour dans des lieux incongrus.

En deux jours, ils étaient passés d'une froide indifférence à une franche hostilité, puis avaient fait l'amour sous le coup de la colère et de la peur et dans un parking par-dessus le marché!

Lissant sa robe, elle se retourna
-House, je ...
-Chut, ordonna-t-il en sortant de la voiture.

On servait le dessert lorsque Cuddy et House arrivèrent dans la salle de réception du plazza.
-Que t'est-il arrivé? S'enquit le collègue de Cuddy, tandis qu'ils prenaient place à sa table. J'ai cru que tu ne viendrais plus.
-Rien de grave, murmura t'elle, tout en saluant de la tête plusieurs de ses confrères. Un petit contretemps.
-Tu as raté l'intervention du Pr Wey. Passionnant, comme d'habitude. Vraiment, Lisa, depuis quelques jours, je ne te reconnais plus. J'ai essayé de t'appeler chez toi toute la soirée hier. Tu ne réponds plus au téléphone?
-Je t'expliquerai plus tard, répondit-elle évasive. Si tu veux me joindre en ce moment, le plus simple est que tu appelles sur mon portable. Je pense être au bureau lundi, si tu veux, on pourra parler un peu.
-Comment ça tu penses? Qu'est-ce que tu me caches? Ça a quelque chose à voir avec lui? Demanda t-il à voix basse, en désignant House d'un mouvement de tête, en face d'eux.

Cuddy hésita une seconde. Depuis quelques temps, il avait le don de l'irriter. Elle avait pourtant été claire avec lui. Pas question de mélanger travail et vie privée. Du moins elle n'en avait plus l'intention. Elle l'appréciait, mais leur relation pour elle s'arrêtait là. Cependant, il ne paraissait pas vraiment s'accommoder de cette distance.
Elle se mordit la lèvre. Peut-être n'aurait-elle pas dû accepter de le voir en dehors du boulot. Elle avait recherché dans cette relation, la complicité qu'il l'avait liée à Wilson. Car ce dernier avait pris ses distances au départ de House.

Cuddy se serait bien passé de ce genre de scène. D'autant qu'elle n'avait aucune envie que House se fasse des idées. Gênée, elle tourna les yeux vers lui. Son visage était parfaitement impassible, il paraissait absorbé par les mots de l'oratrice.

Pourquoi n'avait-il pas voulu discuter dans la voiture?
Pourtant, il faudra bien en parler, il ne pouvait pas lui faire l'amour avec une telle rage, une telle passion et la laisser comme ça sans réponse.

Elle était prête à parier qu'il avait tout entendu de leur échange. Et elle le sentait, son ex n'avait aucune estime pour son collègue. Au point de le soupçonner d'être celui qui la traquait. Intuition ou simple jalousie?

Elle avala sa salive, essayant de se concentrer sur le discours, qui rappelait les avancées en matière du deuil périnatale.

Elle tourna les yeux vers House. Il échangeait quelques mots avec Lydia Caleb. En plus d'être une pédopsychiatre réputée, la jeune femme passait également pour une séductrice invétérée. Il était évident que House avait éveillé sa curiosité. Il faut dire qu'en smoking, cheveux en bataille, barbe de trois jours et la profondeur de son regard bleu, son ex avait un charme fou. Rarement il quittait son look baroudeur, jeans usé, t-shirt et blouson de cuir.

Un tonnerre d'applaudissements la tira de ses pensées. Elle se tourna vers le podium, surprise de n'avoir pas entendu un traître mot de l'allocution du maire.

- A présent, annonça ce dernier, je vais avoir l'honneur de remettre le prix spécial accordé chaque année à une personnalité qui s'est illustrée dans le combat pour la défense des familles en souffrances lors d'un deuil. Je dois dire que cette année, je suis particulièrement touché de la mission qui m'est confiée. C'est en effet une femme exceptionnelle que nous récompensons. Elle accompagne des hommes et des femmes en souffrances, mais elle est également la fondatrice du centre d'accueil. Mesdames et messieurs, je suis heureux et fier de décerner ce prix à madame Lisa Cuddy !

Cuddy se leva, saluant l'assemblée d'un léger mouvement de tête, alors qu'éclataient les applaudissements qui l'accompagnèrent jusqu'à l'estrade, tandis qu'une nuée de photographes immortalisaient l'événement.
House ne la quittait pas des yeux. La surprise qu'il avait d'abord éprouvée avait laissé place à l'admiration. Et même une certaine fierté. Il comprenait à présent pourquoi elle tenait tant à participer à ce dîner. Elle savait qu'elle y recevrait un prix mais s'était bien gardée de l'en prévenir. Par pudeur, vraisemblablement. Quoi qu'il en soit, il était heureux d'être là. Heureux de participer à sa joie. Tout simplement.

Debout devant le micro, dans sa robe noire qui épousait élégamment ses courbes, elle donnait l'image d'une femme sensuelle, chaleureuse, à la distinction naturelle.
Personne n'aurait pu supposer qu'ils avaient fait l'amour quelques minutes plus tôt. Dire que moins de deux heures plus tôt, elle s'était retrouvée face à un cinglé!

Mais ce prix était particulier pour leur deux. Cuddy et lui avaient perdu un enfant. Ce manque-là, cette souffrance l'avait sans doute rendue sensible à celle des autres. Non seulement elle avait appris à comprendre la douleur, mais elle avait résolu d'y remédier. Bref, elle avait une vraie générosité, un altruisme sans concession... Alors que lui n'avait pas su passer au delà de sa propre douleur, n'avait pas réussi à la soutenir, à échanger avec elle...Il était resté seul avec cette perte…

Il regarda Cuddy, qui de sa voix sensuelle qui l'enchantait dessinait les grandes lignes des actions à venir du centre d'accueil dont elle
avait la charge. L'audience l'écoutait hypnotisée.

-La plupart des femmes qui ont enfanté connaissent les ravissements liés aux premiers instants d'une grossesse. Mystère, douceur, rêves secrets, espoir encensés autour de cette petite vie qui nidifie tout au fond de leur être.
Pour elles l'enfant existe dès qu'il est conçu. L'enfant, minuscule embryon, a commencé d'exister. Il occupe déjà une place infinie dans leur vie. C'est dire l'importance, la magie liée à la conception et à la gestation pour beaucoup de femmes.
Il n'empêche que, dans les hôpitaux, les cliniques et les services de l'état civil, un enfant mort dans les six premiers mois de la grossesse n'a aucune existence légale. Ni tombe sur laquelle se recueillir, ni nom rappelant qu'il a existé, du moins pour sa famille" les corps sont traités collectivement avec les déchets anatomiques des hôpitaux, par incinération ou enfouissement dans les fosses collectives" Ce grand vide dans lequel s'inscrivent les quelques mois de la vie de l'enfant- même s'il s'agit d'une vie intra-utérine les rêves et les projections des parents, leur attachements au petit disparu représentent une souffrance qui est rarement nommée, et qu'il conviendrait de reconnaître et de respecter. Comment faire le deuil de ce qui a existé dans l'imaginaire avec tant d'amour et d'espérance déjà, et qui n'existera jamais dans une réalité devenue si douloureuse?
Qu'est-ce qui empêche notre société - particulièrement barbare dans bien de domaines encore- de donner une identité en même temps qu'un modeste coin de terre à ce petit être trop tôt disparu?
Des progrès, certains ont été réalisés pour les enfants mort après le sixième mois de gestation. Ils peuvent être déclarés à l'état civil " nés sans vie" et prennent ainsi leur place au sein de la famille. Même s'ils sont morts, ils ont existé et le travail de deuil est plus ainsi à faire. Certains services, aujourd'hui insistent pour que les mères voient leur enfant. Si ces dernières refusent des photos sont prises qui pourront leur être montrées si elles le désirent un jour...
Ces pratiques peuvent paraître morbides à qui n'a pas vécu de tels drames. Elles sont nécessaires, garantes du passage de la vie- dans le ventre de la mère où l'enfant a bougé- à la mort, garantes aussi d'un travail de deuil qui pourra s'accomplir plus facilement.
Tant de questions où se mêlent culpabilités, angoisse et souffrance affolent les mères qui ont perdu l'enfant qu'elles portaient. Il convient de les aider, de leur offrir ce temps indispensable pour surmonter le traumatisme de la perte. il est si difficile de se séparer définitivement d'un être qui à existé en nous, sans exister en dehors de nous. A quel moment intervient la déchirure et comment peut-elle se vivre en dehors de la réalité de l'autre, parce qu'il n'est pas même né, en même temps que dans cette réalité connue de la mère seule, intime, secrète, de ce petit qu'elle a porté?

Je suis ici ce soir pour ça. Parler en leurs noms pour donner à ces petits être une légitimité...

Cuddy, en descendant de l'estrade, ne put s'empêcher de seller son regard à celui de House.

PS : Je me suis inspirée d'un ouvrage sur le deuil pour faire ce texte