Pfiou, je suis désolée, j'avais dit que je publierais dans la semaine, finalement, je n'ai pas eu le temps. Bref, voici enfin votre chapitre 10 ! J'espère qu'il vous plaira ^^ Bonne lecture.
CH10 Lorsque tout s'effondre…
Rose.
Oui, tout semblait rose autour d'elle. Etait-ce dû à la soirée de la veille ? Magnifique et inoubliable promenade en dragon avec Charlie Weasley, qui avait fait naître chez elle un magnifique sentiment : l'espoir. Ou était-ce simplement dû à la tornade blonde et rose qui s'était jetée sur elle lorsqu'elle avait commencé à raconter sa soirée ? Miranda avait effectivement poussé un cri et s'était précipitée vers Briséis pour la serrer dans ses bras à la simple évocation du mot « baiser »…
Certainement un peu des deux.
Briséis s'était levée de bonne heure, le cœur léger et la poitrine gonflée par un sentiment encore nouveau pour elle. Elle se sentait comme sur un nuage, un sentiment de plénitude la remplissant à chaque inspiration. Un sourire insolent semblait ne pas vouloir la quitter et la plus petite chose dont elle était témoin se transformait en un véritable miracle de la nature.
Elle avait pris son petit déjeuner et tout préparé pour son père avant de transplaner jusqu'au ministère de la magie. Elle avait décidé de suivre le conseil de Charlie et d'aller parler à Attila Torney dès la première heure en ce vendredi 29 octobre 2017. C'est donc confiante qu'elle s'était rendue jusqu'au bureau du fonctionnaire. L'amour donne des ailes, tout le monde sait ça.
Après avoir convaincu une secrétaire assez mal aimable, elle avait pu avoir une entrevue avec Torney. Entrevue qui s'était passée sans encombre, le futur ambassadeur ayant accepté sans difficulté de repousser son départ pour permettre à la jeune femme d'apprécier les débuts d'une exposition qu'elle s'était donnée du mal à mettre sur pieds.
La bonne humeur de Briséis avait ainsi encore augmentée, si cela était possible. C'était donc toute joyeuse qu'elle était allée dans son bureau, pour classer quelques papiers et rattraper le travail qu'elle avait mis de côté pour se consacrer à l'organisation de l'exposition. Les scènes de la soirée de la veille lui revenant sans arrêt en tête, la jeune sorcière n'avait pas pu s'empêcher d'envoyer un petit mémo à Miranda pour lui demander de passer la voir. Elle avait besoin de le dire, elle avait besoin d'exploser, et Miranda était pour le moment la seule personne à qui elle pouvait en parler. Un petit sourire aux lèvres, elle avait gratter le papier de sa plume et l'avait ensorcelé pour le faire voler jusqu'à son amie.
A peine quelques secondes plus tard, Miranda, habillée d'une robe rose foncé et ses cheveux retenus dans une tresse serrée, était entrée dans le bureau, un peu essoufflée. Elle avait effectivement couru après avoir reçu ce mémo plus qu'intrigant. La trentenaire avait ensuite refermé la porte avec précipitation quand Briséis avait annoncé qu'elle voulait parler de Charlie. C'est toute excitée que la sorcière en rose l'écouta, et la nouvelle que Briséis lui annonça fit l'effet d'une bombe. En effet, la jeune recrue du ministère n'avait pas pu se contenir et avait lâché cette simple phrase : « Nous avons échangé un baiser ! » Cette simple phrase avait déclenché une hystérie compréhensible chez Miranda Lancedelot, et c'est sans réfléchir que la sorcière hurla à faire frémir un zombie et qu'elle se précipita dans les bras de sa protégée.
Briséis, qui d'habitude était gênée par l'attitude exagérée de Miranda, était aux anges et savoura cette étreinte avec délice. Les yeux embués de larmes, Miranda s'éloigna et observa Briséis avec l'air d'une mère qui voit le destin de sa fille s'accomplir. La jeune sorcière quant à elle arborait un magnifique sourire et ne put retenir un petit rire tendre en voyant l'expression de Miranda. Cette dernière se saisit des mains de sa jeune amie et s'assit sur le bureau, écrasant une pile de dossier par la même occasion.
- Je suis si heureuse pour toi, si heureuse ma chérie ! Tu vois, je le savais, je le savais qu'il n'était pas insensible à ton charme et qu'il n'avait besoin que d'un petit coup de pouce. Je savais que tu ne devais pas baisser les bras ! Alors, raconte moi un peu plus, je veux des détails ! Comment ça s'est passé ?
- Eh bien… commença Briséis en rougissant et en baissant un peu les yeux. Tu sais que les dragons doivent sortir, pour pouvoir faire de l'exercice et ne pas devenir totalement fous à cause de l'enfermement ?
- Oui oui, bien sûr !
- Eh bien, hier soir, il m'a proposé de monter un dragon avec lui, pour faire une balade.
- Ca c'est original dis moi ! Lança la sorcière rose en écarquillant les yeux. Ca aurait pu être dangereux… Dit-elle, sévère. Mais tellement romantique !
Briséis roula des yeux. Miranda était si… Guimauve. Réprimant un rire, elle enchaîna.
- Déjà, avant qu'il ne me propose cette promenade, le climat était… Je ne saurais comment le décrire, mais j'ai senti une connexion entre nous. Il m'a annoncé la bonne nouvelle concernant la possibilité de repousser le départ de Torney au bureau des gobelins, et… Je ne sais pas… Il me regardait d'une façon si… Tendre. J'en étais gênée.
Briséis s'arrêta, et sembla hésiter. Elle ne savait pas si elle devait lui parler de leur conversation concernant sa mère et le frère de Charlie, tous deux morts à la guerre… Jugeant qu'il s'agissait de sujets plus privés, elle s'abstint et continua.
- Enfin bref, j'étais fascinée par le Suédois à museau court et il m'a d'un coup proposé de monter le dragon, avec lui.
Elle s'arrêta et soupira en fermant les yeux, se laissant envahir par une vague de bien-être en se remémorant les événements de la veille.
- Mais allez Briséis ! Raconte ! S'impatienta Miranda.
- Miranda… C'était… Magique ! Grimper sur le dos d'une bête aussi puissante… Je sentais sa respiration, je sentais le moindre mouvement de ses muscles… Puis Charlie est monté derrière moi et lorsqu'il ordonna au dragon de s'envoler, il s'est attrapé à ma taille. J'ai cru que mon cœur allait exploser, dit-elle les yeux scintillants et les joues légèrement rosées. Il m'a ensuite confié les rênes et s'est agrippé davantage à moi. Je pouvais sentir sa force, ses mains sur mon ventre et son torse contre mon dos… Oh Miranda, si tu savais…
- Oh chouchou ! Et ensuite ?
Miranda était toute excitée et secoua plusieurs fois les mains de son amie qu'elle tenait avec fermeté. Briséis semblait revivre chaque instant et chaque sensation de la soirée.
- Le vol était magique. Cette puissance que je sentais en dessous de moi n'avait aucune répercussion sur la sensation extraordinaire que j'avais de planer. Pourtant, j'aurais cru que les mouvements des ailes provoqueraient des petites secousses. Mais pas du tout. Et quelle vue ! J'ai vu tout Londres de nuit, en tout petit, illuminée. J'avais l'impression d'être libre, en suspension et le vent s'engouffrant dans mes cheveux. Simplement merveilleux.
- Oui oui, pas que je ne m'intéresse pas aux dragons mais moi je veux tout savoir sur le baiser ! Dépêche-toi !
- Patience Miranda, il faut que je te mette dans l'état d'esprit du moment pour que tu comprennes, ria la jeune sorcière. Je m'extasiais sans cesse, ce qui faisait rire Charlie. Bref, au bout d'à peu près une demi-heure, on est redescendu vers le manoir. Le Suédois est rentré gentiment dans sa cage – ce dragon m'aime beaucoup tu sais, c'est étonnant – puis on a retiré le sort de désillusion, la potion donnée au dragon a cessé de faire effet… Tous les dragonniers étaient rentrés et s'apprêtaient à partir à l'hôtel. Seul Bob devait rester, il était de garde. Mais bref, je suis retournée dans la tente pour me changer et…
- Te changer ? L'interrompit Miranda.
- Bah oui ! Oh, je ne t'ai pas dit, mais j'ai dû me changer, je ne pouvais pas monter un dragon dans ma magnifique robe, Charlie a insisté pour que j'enfile une combinaison en peau de dragon.
- Ah oui, forcément. Tu devais être belle tiens, ne put s'empêcher de se moquer la trentenaire.
- Effectivement, sourit Briséis. Mais peu importe ! Une fois changée, je m'apprêtais à rentrer chez moi. Charlie m'a accompagnée jusqu'à l'aire de transplanage…
Elle se tut et baissa les yeux en souriant.
- Allez Briséis !
- Sur le trajet, on parlait de ma nouvelle expérience. J'étais toute excitée, j'étais encore euphorique, ça a été une expérience tellement fabuleuse, je crois que j'avais du mal à me contrôler.
- Normal, et ?
- Et une fois arrivée à l'aire de transplanage, on s'est dit au revoir et là, il s'est passé quelque chose. Nous nous sommes regardés, moi complètement euphorique et lui ravie de voir que j'étais si contente. Et encore une fois, il y a eu cette connexion. Et puis je ne sais pas trop comment ni pourquoi, d'un coup, il s'est penché et il m'a embrassée. Pendant quelques secondes, le monde, le temps, tout s'est arrêté autour de moi. Je ne sentais plus rien, plus aucune partie de mon corps, je crois que mon cœur s'est totalement arrêté… La seule chose certaine en ce monde était ses lèvres délicatement posées sur les miennes et sa main qui était venu caresser ma joue. Puis il m'a regardé à nouveau, et il a transplané, sans rien dire.
Miranda avait les yeux écarquillés et la bouche ouverte. Il lui fallut quelques secondes pour recouvrer ses esprits.
- Waw ! Il a transplané sans rien dire ? Demanda t-elle, le ton légèrement interloqué.
- Oui. Pourquoi ? s'inquiéta brusquement la jeune employée.
- Eh bien, je suppose que c'est dû à la personnalité de ce bon Charlie… Mais disparaître sans rien dire… En général, ce n'est pas bon signe… Mais comme je le dis, Charlie est un être un peu à part, s'empressa t-elle de rajouter, voyant le regard de Briséis teinté d'une soudaine tristesse.
Elle était si heureuse, et en un battement de cil, le doute s'était emparé d'elle. Elle n'avait pas réfléchi à ça, elle s'était simplement concentrée sur le baiser et le merveilleux sentiment que cela avait provoqué chez elle.
- Ma chérie, ne t'inquiète pas ! Oh, tu aurais dû te taire Miranda, tu parles beaucoup trop… murmura t-elle entre ses dents.
- Non non, c'est vrai, je n'ai pas du tout pensé à ça… Qu'est-ce qu'il va se passer maintenant ? demanda t-elle désespérée à Miranda.
- Je… Ne sais pas chérie… répondit-elle désemparée. Juste attendre de voir comment il va se comporter avec toi. Ca se trouve, il n'y a rien de mal, il lui fallait peut être réfléchir, peut-être que tu ne dois pas t'inquiéter…
Briséis retira lentement ses mains encore emprisonnées dans celles de Miranda et les passa dans ses longs cheveux détachés.
- Oui, cet après-midi, quand j'irai sur le domaine, il faudra que je voie comment il réagit…
Il était sept heures du matin et tous les habitants du Terrier étaient encore endormis. Tous ? Non. Charlie Weasley était assis dans la cuisine devant une tasse d'un café bien noir, le regard perdu dans le vague. Ses doigts tournant et retournant sans arrêt sa baguette comme un bâton de majorette trahissaient son inquiétude. Il n'avait quasiment pas dormi, en témoignaient les valises qui avaient élu domicile sous ses yeux. Hier, il avait fait une bêtise. Une bêtise qu'il ne savait pas comment réparer. Hier, il avait soudain pris conscience de quelque chose… Quelque chose qui l'effrayait et quelque chose qu'il aurait préféré laisser dans un coin de son esprit. Seulement, cette chose était bien trop extraordinaire, envahissante et effrayante pour faire comme si elle n'existait pas. Sa vie bien tranquille s'était effondrée en une fraction de seconde.
Il était amoureux. Oui, amoureux, maintenant, il l'avait compris et accepté. Accepté à contre cœur, mais accepté quand même, il avait bien fallu qu'il se rende à l'évidence. On n'a pas une irrésistible envie de prendre dans ses bras et d'embrasser tendrement sa nièce sur les lèvres. On ne tremble pas au simple contact avec sa main, ou une quelconque partie de son corps. On ne s'inquiète pas du fait de savoir si elle aussi nous aime comme on l'aime et on ne frémit pas à l'idée qu'elle puisse nous rejeter ou nous critiquer. Or il ressentait tout ceci pour cette jeune sorcière, si délicate, et en même temps si déterminée.
Là était une grande partie du problème : elle était jeune. Beaucoup trop jeune. Non seulement il avait attendu 45 ans pour tomber amoureux, se croyant à l'abri de ce genre de complication, mais en plus, lorsqu'il était tombé amoureux, il n'avait pas pu faire les choses simplement. Elle avait une vingtaine d'années de moins que lui, elle était ambitieuse, elle venait d'entrer au ministère et avait bien l'intention d'y gravir les échelons… Lui… Lui n'était qu'un vieux dragonnier épris de liberté, ne supportant pas d'être loin de sa calme Roumanie… Que pouvait-il lui offrir sinon une vie ennuyeuse loin de Londres, de sa famille et de ses amis ? Il avait finit par se rendre compte que cette ravissante personne n'était pas indifférente, mais à quel point, et pour combien de temps ? Les jeunes gens sont si changeants… Qu'est-ce qu'il allait faire à présent ? Et le problème était qu'il avait cédé à une pulsion irrésistible et l'avait embrassée… Grave erreur qu'il ne pourrait pas effacer. Dès qu'il avait lâcher les lèvres douces de la jeune sorcière, il s'était rendu compte de sa bêtise et avait choisi la fuite, ne sachant que faire. Seulement, même après une nuit à réfléchir, il ne savait toujours pas quoi faire. Et qu'allait-il se passer lorsqu'il la reverrait… ?
Un claquement de porte le ramena dans la cuisine du Terrier et il vit bientôt apparaître sa mère, en robe de chambre et les cheveux en bataille. Molly Weasley avait pris un coup de vieux, mais n'avait pas perdu cette jovialité et cette force de caractère qui transparaissait dans le moindre de ses mouvements et qui lui était propre. Quelques mèches de cheveux blancs s'étaient installées dans sa tignasse rousse et quelques rides avaient creusées son visage resté rond. C'était avec une joie non dissimulée qu'elle avait accueilli son fils chez elle. En effet, depuis quelques années, le Terrier était plutôt vide, les enfants étant à présent adultes et mariés. Oh, les réunions de famille ne manquaient pas et les petits-enfants aimaient passer du temps chez leurs grands-parents, mais la période où la maison était un chao et tremblait des cris, des explosions des inventions des jumeaux, et des rires était terminée. Même si cela avait amené un calme appréciable dans leur vie, les parents Weasley ne pouvaient s'empêcher d'être nostalgiques.
- Charlie ? Déjà debout ? Tu as pris ton petit déjeuner ? demanda t-elle visiblement déçue de n'avoir pas eu la chance de lui préparer un bon petit-déjeuner.
- Bonjour 'man. Oui, j'ai eu du mal à dormir, et de toute façon, je dois aller m'occuper des dragons.
- Du mal à dormir ? C'est à cause de la goule ? Roh, il va falloir que je fasse quelque chose alors, parce que…
- Non non 'man, ne t'inquiète pas, ce n'est pas la goule.
- Qu'est-ce qu'il se passe alors ? Des soucis sur l'exposition ? Et arrête de jouer avec ta baguette ! Je vais quand même te faire des pancakes, il faut que tu manges !
Charlie se figea et fixa sa baguette. Emettant un petit rire, il la rangea dans l'intérieur de sa veste. Il regarda sa mère s'affairer à la cuisine et cela lui rappela ses jeunes années. C'était bon de se retrouver ici, ça l'apaisait.
- Alors Charlie, pourquoi es-tu inquiet ?
- Oh pour rien 'man, ne t'inquiète pas.
- Charlie… ?
Il eut l'impression de retomber en enfance, sa mère avait employé le ton inquisiteur qu'elle avait l'habitude d'utiliser pour tenter de lui faire avouer une bêtise. Comme quand il avait envoyé un cognard sur l'horloge lorsqu'il avait treize ou quatorze ans. Il sourit à ces souvenirs d'enfance et répondit à Molly.
- Ce n'est rien 'man, je me demande comment les dragons ont passé la nuit, c'est tout. C'est pour ça que je ne vais pas tarder à y aller.
- D'accord, mais avant, tu avales ça, c'est un ordre ! Annonça t-elle en lui mettant trois pancakes dans une assiette.
« Oui chef » pensa t-il en souriant. Il avait l'impression d'avoir remonté le temps.
- Bonjour miss Greenwood, lança une voix doucereuse derrière elle.
- Oh, bonjour monsieur Hawksley, répondit Briséis poliment, perdu dans ses pensées. Tout se passe bien ?
- Eh bien… Oui. Quelques dragons ont grogné pendant la nuit, mais monsieur Carpenter les a vite calmés, donc cette première nuit s'est plutôt bien passée.
Il lui sourit d'un air fourbe et faussement aimable.
- Et pour vous, tout se passe… comme vous voulez ?
- Je suppose que vous parlez du risque que je quitte la gestion de l'exposition ? demanda t-elle en rétrécissant ses yeux et en affichant un sourire carnassier.
- Eh bien… Monsieur Weasley a mentionné le fait qu'il avait des relations haut placées et…
- Effectivement monsieur Hawksley, tout s'est arrangé, et j'ai le plaisir de vous annoncer que je reste encore pendant un mois, en partenariat avec monsieur Alttela.
- Ah, très bien, très bien, je suis ravi pour vous miss.
« Sale menteur » pensa t-elle tandis qu'elle lui souriait.
- Merci, c'est gentil. Avez-vous vu Charlie Weasley aujourd'hui ?
- Eh bien, oui, il doit être avec les dragons. Un problème peut-être ? demanda t-il étonné plus qu'autre chose.
- Non non, je dois juste… Le voir au sujet de quelque chose… esquiva t-elle. A plus tard monsieur, passez une bonne journée !
Elle ne lui laissa même pas le loisir de répondre avec un joli mensonge, puisqu'elle était partie à toute vitesse en apercevant Charlie près de la tente des dragonniers, en pleine conversation avec Bob.
Ses battements de cœur s'accélérèrent au fur et à mesure que ses pas la rapprochaient du roux. Depuis la discussion avec Miranda, Briséis n'avait cessé de s'inquiéter et de se demander ce qui allait se passer. Lorsqu'elle arriva à la hauteur des deux dragonniers, elle ne put s'empêcher de remarquer que Charlie fuyait son regard.
- Bonjour miss Greenwood, lança joyeusement Bob. Alors, remise de votre balade en dragon ?
- Euh… Oui, c'était merveilleux, répondit-elle en lançant un regard à Charlie qui semblait absorbé dans la contemplation d'une brûlure sur sa main.
- Bonjour Briséis, finit-il par dire, souriant et plantant son regard dans celui de la jeune fille.
- Bonjour, réussit-elle à répondre timidement.
Après un instant de silence que Briséis et Charlie passèrent à se regarder, la jeune employée du ministère finit par interrompre la gêne.
- Charlie, est-ce que… Serait-il possible de te parler ?
- Euh… Non, je suis désolé, je suis très occupé là et en plus je dois régler une affaire avec Renaud de toute urgence.
Il avait prononcé ces paroles très vite, les yeux écarquillés. Briséis fut un peu choquée… En général, il n'hésitait pas à repousser ce qu'il avait à faire ou à déléguer pour pouvoir être avec elle. Mais elle chassa cette idée et pensa que l'ouverture de l'exposition approchait et qu'il avait encore plein de choses à régler avec ses dragonniers.
- Très bien… Plus tard alors.
- Oui, bien sûr Briséis. A plus tard.
Et il s'enfuit. Oui, c'était le sentiment de Briséis. Il était parti si vite et semblait tellement gêné qu'elle sentait bien qu'il y avait strangulot sous branchiflore… Miranda avait eu raison de s'inquiéter…
Idiot.
C'était idiot et parfaitement puéril. Prendre la fuite, ce n'est pas digne d'un homme de presque 45 ans. Mais qu'est-ce qu'il lui arrivait ? Comment allait-il se sortir de cette impasse ? Ca avait été plus fort que lui. En la voyant, il n'avait eu qu'une seule et unique envie : la serrer contre lui. Or il ne fallait pas. Une telle relation allait le détruire, détruire sa vie, ce qu'il avait construit jusque là. Elle était jeune et menait une vie trop différente qui ne pourrait pas s'accorder avec la sienne. Et puis elle se lasserait de lui. Qu'allait-il devenir une fois qu'elle l'aurait laissé ?
Toute sa vie, tout ce sur quoi il avait bâti sa vie, s'effondrait. Parce que jamais rien ne serait plus comme avant. Sa vie bien réglée et sécurisée était terminée. Il n'avait jamais été amoureux. Il avait connu des femmes, il s'était amusé. Mais jamais il n'avait ressenti ce qu'il ressentait pour Briséis. Quoi qu'il se passe, sa vie ne serait plus la même. Il se voyait très bien, dans ses vieux jours, repenser à la fraîcheur de cette sorcière, et se demander comment ça aurait pu être si elle avait passé sa vie avec lui. Parce qu'il était très clair dans son esprit qu'une telle relation était vouée à l'échec. Qu'ils tentent quelque chose ou non. Trop de différences.
Charlie tournait en rond dans la tente réservée aux dragonniers. Il était paniqué. Il ne savait pas quoi faire.
Après avoir rattraper son retard au bureau des dragons, Briséis était repassée au manoir, dans l'espoir de pouvoir parler à Charlie cette fois. Elle était dans l'incertitude, ce qu'elle détestait par-dessus tout. Encore une fois, elle était passée de l'espoir au désespoir. Le matin même encore, elle voyait tout en rose et pensait qu'elle était la sorcière la plus heureuse du monde. Mais plus la journée avait passé, plus elle avait plongé la tête la première dans le doute, et ça commençait à la ronger. Il fallait qu'elle sache ce qui allait se passer maintenant.
Marchant d'un pas décidé vers la tente des dragonniers, elle fut surprise de voir Bob dirigé les opérations en ce qui concernait la nourriture des dragons. Tout le monde était là, sauf Charlie. Interpellée, la sorcière alla voir dans la tente. Personne. La tente était vide.
Ressentant une pointe d'inquiétude, Briséis s'approcha de Bob, occupé à compter les bestioles qui allaient servir de repas aux créatures ailées.
- Bob ! Excusez-moi de vous déranger, mais où est Charlie ?
- Charlie ? dit-il en se tournant vers elle, étonné qu'elle pose cette question. Mais, il a dû partir d'urgence à la réserve de Roumanie. Renaud ! Attention, une chèvre s'échappe !
Le sang de Briséis ne fit qu'un tour. Il était parti ! Sans rien lui dire. Sans même laisser un mot. Le visage pétrifié par la surprise et l'incompréhension, elle tourna les talons et se dirigea vers l'aire de transplanage. Elle ne ressentait plus rien. Tellement plus rien qu'elle ne se rendit pas compte qu'une larme coula le long de sa joue. Alors que quelque chose avait semblé se construire, tout s'effondra.
Voilà, chapitre plutôt difficile n'est-ce pas ? Ne détestez pas Charlie, il est juste effrayé. Tout s'effondre, et pour Charlie, parce que sa vie va changer, et ça lui fait peur, et pour Briséis qui a cru un instant que tout était simple, et finalement, son bonheur simple s'effondre pour elle quand elle voit la réaction de Charlie.
La suite dans deux semaines.
Merci encore pour vos reviews, vos encouragements et tout et tout ! A très bientôt !
