Coucou ! C'est Lily, et le chapitre 10 d'UAB ! (Déjà dix chapitres ? Comme le temps passe…). Comme promis, je le publie samedi au lieu de dimanche ^^ Même si…ahem…nous sommes presque dimanche…hé hé. Oops.
Bref, bref, ce nouveau chapitre est un peu plus long que les derniers, parce que tout de même, ils me paraîssaient un peu courts :) donc je me rattrape un peu. Il s'intitule « Un jeudi rose et bleu ». C'est un peu niais, je sais. Mais c'est ainsi. Prout.
Comme d'hab, je vous remercie pour vos reviews super encourageantes :D ! Voilà qui donne envie d'écrire !
AshButterfly : désolée de t'avoir fait attendre :P Mais ça fait partie du plaisir, non ? En tout cas, ta review m'a vraiment fait très plaisir, c'est gentil ! Avoir un retour pareil est vraiment sympa :) J'espère que la suite te plaira et ne provoquera pas trop de chagrin x)
Oliverkriss : oui…ce n'est pas très marrant entre Steve et Bucky en ce moment…et ça ne s'arrange pas tout de suite. Je n'en dis pas plus ! Wanda et Paul…tu vas voir, niark. Quant à Clint x Pietro x T'Challa…hum…
Charliestone : merci pour le chapitre :) oui, pour l'instant, le pepperony est un peu mis entre parenthèse pour développer d'autres histoires, j'en suis désolée, mais je ne les exclue pas pour autant, comme tu vas le voir :) pour ce qui est de Bucky et Steve…c'est pas la meilleure période…Et je me suis éclatée à écrire les SMS entre Clint et Pietro x) et ils n'ont pas fini de se tourner autour x) ! Quant à Wanda et Vision, bienvenue dans le chapitre 10 :P Je te souhaite une bonne lecture !
Val : oui, Pietro a été assez avisé sur ce coup-là x) pour changer. Quant à la relation entre Pietro et T'Challa…qui sait ? Pour les projets de Bucky et Sam, malheureusement, ce n'est pas pour tout de suite…Sur cette note positive, bonne lecture x) !
Voilà voilà, sur ce, je clôs les bavardages et vous souhaite une bonne lecture, en attendant vos avis avec impatience !
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« -C'est mou tout ça Pietro ! BOUGE !
-Putain Clint, on n'est pas à l'armée ! Répliqua le jeune homme, hors d'haleine, pendu à une barre de traction en plein Central Park.
-Si je t'entraîne, ce sera à ma manière, gamin, déclara froidement Clint, et elle est militaire. Je t'avais prévenu. Allez, tu me feras encore vingt pompes pour t'apprendre à discuter.
-Ce mec est taré, grommela le Sokovien en se mettant en position.
-Vingt-cinq !
-Mais…
-Trente !
-Okay okay, gémit Pietro avec une grimace.
-On dit « oui, coach », morpion.
-Oui, coach, soupira le jeune homme entre deux pompes.
Il était à peine 9h du matin. Son entraînement avec Clint n'avait commencé que depuis une petite heure, et le Sokovien regrettait déjà de s'en être remis à lui. L'ancien marins n'avait pas plaisanté en disant que cela allait saigner. On était jeudi, et il n'avait cours que l'après-midi, aussi Clint avait-il exigé qu'il bloque la matinée pour commencer son entraînement, et tous les autres jeudi matins, d'ailleurs. Il l'avait fait lever à 7h, ce que Pietro avait trouvé assez raisonnable, au regard des rumeurs circulant sur l'armée et les heures indécentes auxquelles on faisait se lever les recrues. Il avait eu peur pour son sommeil, mais en fin de compte, il aurait presque préféré se lever plus tôt, en comparaison avec ce parcours du combattant qu'il subissait. Le Clint sympathique et détendu s'était transformé, le temps qu'ils arrivent à Central Park, en sergent recruteur de légion qui s'était mis à l'engueuler copieusement pour qu'il se mette au boulot. En une seule petite heure, il avait eu le temps de le faire méchamment suer. Pietro avait presque envie de pleurer à l'idée qu'il était livré à l'ancien marins pour encore trois heures. Evidemment, il était hors de question de renoncer. Un Maximoff ne renonçait pas. Mais le Maximoff en question sentait qu'il allait en prendre pour son grade, pour ainsi dire.
« -On ne molit pas ! Gueula Clint à ses oreilles, allez 16, 17, 18, 19, plus vite que ça !
Des passants jetaient au quadragénaire des regards qui se situaient au-delà de l'étonnement. Ils avaient l'air de se demander s'ils devaient appeler la police à l'aide du jeune homme martyrisé, si l'homme était frappé de démence, ou s'il n'était pas un brin trop impliqué dans son rôle de coach. En tout cas, Pietro ne ménagea pas ses efforts, et arriva à trente pompes en un temps record. Avec fugacité, il se demanda s'il atteindrait la fin de la matinée en un seul morceau.
« -Tu dors, morveux, lâcha Clint. Trente abdos.
-QUOI ? Couina le jeune homme.
-Quarante.
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Wanda jeta un coup d'oeil circulaire dans la vaste salle principale de la bilbiothèque. Elle était assez fréquentée au milieu de la matinée, en général, et c'était encore le cas ce matin-là. La jeune femme eut beau examiner chaque visage, elle ne trouva pas celui qu'elle cherchait. Avec un claquement de langue agacé, elle décida d'aller récupérer quelques livres pour avancer sur un de ses devoirs. De toute façon, s'il n'était pas là, restée plantée à l'entrée de la salle sans rien faire n'allait pas le faire apparaître, se morigéna-t-elle pour dissiper sa déception.
Elle avait eut beau le guetter dans les couloirs et à la bilbiothèque tout le mercredi durant, elle n'avait pas croisé Paul Bettany. Elle aurait souhaité éclaircir ce qu'il s'était produit le mardi précédant, au rayon psychanalyse et à l'entrée de l'université. Ce qu'elle avait ressenti à ce moment-là l'avait laissée rêveuse, un peu apeurée, et cela l'avait profondément agacée. Agacée parce que Vision s'était littéralement enfuit, la laissant en plan avec ses espoirs à peine nés et tout de suite transformés en doutes. Elle ne savait plus quoi penser de ce professeur, si jeune, si brillant, et pourtant si maladroit, si chaleureux et attentif, et l'instant d'après si distant, qui la tutoyait et la fois d'après la vouvoyait. Qui lui proposait un café et s'enfuyait aussitôt après.
Certes, ce n'était pas comme s'ils s'étaient tant parlé que cela…mais Wanda ne pouvait pas juste oublier ces moments, car ils lui avaient tous semblés prendre une dimension particulière, du fait de leur brièveté et de leur rareté. La jeune femme se rappelait comment ils s'étaient heurtés la première fois, au coin d'un couloir. Comment ils s'étaient croisés de nouveau au rayon psychanalyse de la bilbiothèque. Comment Paul l'avait écoutée et consolée après l'accident de Bucky. Comment une nouvelle colision les avait réunis, de nouveau au rayon psychanalyse. Un sourire involontaire vint illuminer en douceur le visage de la Sokovienne lorsqu'elle se fit la réflexion que cette rencontre-ci était une synthèse des deux premières.
Bien vite, elle tenta de faire disparaître ce sourire, mais en vain, car tout en se dirigeant vers le rayon psychanalyse, elle ne pouvait s'empêcher de laisser ses pensées s'emballer encore. Son sourire renaissait tout seul au moindre souvenir du jeune professeur lui tendant un mouchoir, ou bafouillant, ou lui posant des question sur ses livres. Cela l'agaça davantage. D'autant plus que le sourire semblait définitivement destiné à briller. En effet, elle se retrouva nez à nez avec Paul Bettany, qui sortait de l'un des vastes rayons destinés à la philosophie. Elle croisa son regard noisette qui lui évoqua celui d'un lapin pris au piège. Son sourire flamboya sans qu'elle puisse y faire quoi que ce soit. Avec une joie intense, elle en vit un écho éclore sur les lèvres de Vision, bien qu'un peu plus réservé. Son regard retrouva son éclat pondéré et gentil.
« -Bonjour Wanda, dit-il doucement.
-Bonjour Paul, répondit-elle tout naturellement.
Il y eut un petit éclair surpris dans les prunelles noisettes, faisant réaliser à la jeune femme quels termes elle venait d'employer.
« -…euh, pardon, je veux dire, Monsieur Bet…
-Non. Paul, c'est très bien, la coupa-t-il avec un bon sourire. Appelez-moi Paul, je vous en prie.
-Très bien…Paul. Vous n'étiez pas au rayon psychanalyse, aujourd'hui ? Demanda la jeune femme après un silence.
-Non, pas aujourd'hui. Il faut bien que je retourne aux matières que j'enseigne, de temps en temps…et puis…
-…oui ?
-…hum…disons que j'ai lu la majorité des livres de psychanalyse que propose cette bilbiothèque…
-Oh, lâcha Wanda, haussant les sourcils. C'est vrai que vous lisez vite, ajouta-t-elle.
-Oui.
-Est-ce qu…
Ils se turent tous deux aussitôt, un sourire gêné aux lèvres. Ils avaient parlé en même temps. La jeune femme fit signe au professeur de parler d'abord.
« -Désolé. Est-ce que vous avez le temps pour un café, cette fois ? Demanda-t-il doucement.
-Oui, sans problème.
C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent tous deux, cinq minutes plus tard, à la terrasse chauffée d'un café situé à côté de l'université. Le petit établissement était très fréquenté par les étudiants, mais Paul et Wanda eurent la chance de voir une table se libérer à leur arrivée. Le jeune professeur était allé passer leur commande, qui n'avait pas tardé. En silence, attendant que Vision engage la conversation, Wanda trempa ses lèvres dans son capucino à la cannelle. Il semblait nerveux, gêné.
« -Ecoutez…finit-il par bredouiller, je suis vraiment navré pour le comportement que j'ai eu mardi. Ce n'était pas très galant. Je réalise que je me suis enfui comme un couard, alors que j'aurais pu vous proposer un autre moment…vous avez du me prendre pour un drôle de numéro. Je m'en excuse.
-Il n'y a aucun problème, lui assura la jeune femme.
-Et…je tiens à ce que vous sachiez qu'il n'est pas dans mes habitudes d'inviter mes élèves à boire un café.
-Je ne suis pas votre élève, fut tout ce que Wanda trouva à répondre à cette étrange semi-déclaration. Et je ne vous en veux pas.
-Vous…, rougit Paul, eh bien…tant mieux. Tant mieux, se reprit-il. Votre café est-il à votre goût ?
-Il l'est, répondit la jeune femme. Et le vôtre ?
-Délicieux.
Cette fois, ce fut à la Sokovienne de rougir.
« -Peut-être pourrions-nous passer au tutoiement ? Proposa Paul, son gentil sourire de retour.
Wanda hocha la tête. Et sourit.
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Un sourire. Deux sourires. Trois sourires. Pepper était un sourire ambulant. Toute sourire. Souriez, vous êtes filmé. Sourire colgate. La banane. Banana split. Sunshine smile. En somme, ce matin-là, en la voyant arriver au travail, les salariés de la tour Stark comprirent que quelque chose de très sympathique était arrivé à leur patronne. La rousse était plus rayonnante que jamais. Sublime, le cheveu libre, aucun brushing, tout au naturel, ce qui n'était pas habituel. Oui, ce matin-là, Pepper avait eu une flemme monstrueuse. Elle n'avait jamais été aussi négligée un jour de travail. Donc, pas de brushing, pas de petit tailleur cintré, pas de maquillage parfait, pas d'escarpins. Non. Ce matin-là, Pepper s'était habillée d'un somptueux sourire, d'une chemise, d'un pull bleu pâle et d'un pantalon noir, et de BASKET. Elle qui d'habitude abhorait les baskets, se baladait ce matin-là avec bonheur dans ces chaussures confortables, qu'elle avait choisies bleu électrique. Oui, un vent de changement soufflait. Et pour cause. Pepper allait être maman.
En arrivant dans son bureau, suivie du regard par sa secrétaire éberluée, et ferma la porte à la volée et sortit de sa serviette un paquet de bonbons et son téléphone portable, avant de se jeter sans délicatesse dans l'énorme fauteuil de bureau pour y rêvasser cinq minutes. En grignottant des haribos en forme de bananes, elle lisait les messages ennamourés que Tony lui avait envoyé depuis son départ de la maison, une demi-heure auparavant. Elle gloussait comme une adolescente, plus heureuse que jamais. Tout en répondant à son époux, elle alluma l'ordinateur, non pas pour relever les mails que les plus importants collaborateurs de Stark Industries envoyaient à sa patronne en chef…mais pour aller se balader sur les sites de tricot. Elle se fichait royalement de savoir s'il était un peu tôt pour commencer à comparer les layettes et les couleurs de laine, baignant dans un bain de bonheur plein de bulles de tendresse et de guimauve. Pepper ne se reconnaissait plus, mais elle adorait la nouvelle locataire qui avait pris possession de son corps à la place de l'ancienne. Etait-ce cela, devenir mère ?
Se poser mille questions ? Du genre, est-ce que je veux savoir si ce sera une fille, ou un garçon ? Ou, et si ce sont des jumeaux ? Quelle couleur fait à la fois fille et garçon ? Comment allons-nous réaménager l'appartement pour le bébé ? Comment allons-nous appeler le bébé ? Qui sera le parrain ? La marraine ? Est-il vraiment diététique de manger des bonbons bananes une heure et demi avant le déjeuner ? En ai-je quelque chose à faire, en fin de compte ?
Avec une infinie satisfaction, Pepper renfonça son corps dans son fauteuil et sa main dans le paquet de bonbons.
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Bruce réajusta lentement sa veste, un peu gauche dans ses mouvements. Il se rendit soudain compte que, posté juste devant la porte de la brasserie, il gênait le passage. Avec maladresse, il se mit sur le côté, manquant renverser le serveur qui allait dans la même direction. Gêné, il entra précipitament, effrayé à l'idée de créer une catastrophe telle qu'on en voyait dans les films, finissant invariablement avec un plateau chargé de victuailles valdinguant par terre ou sur les vêtements des malheureux clients à proximité. Soufflant un bon coup, il se mit en quête de son rendez-vous.
La jeune femme rousse lui fit un signe de la main, non loin de lui. Elle avait choisi une table près de la fenêtre, constata Bruce avec satisfaction. Il n'aimait pas trop être enfermé, et s'arrangeait toujours pour trouver une place à la fenêtre, qu'il soit au restaurant, ou dans le train. Il osa jeter un coup d'oeil à la rousse qui lui souriait tranquillement. Ce qu'elle était belle, et élégante, et simple tout à la fois. Elle portait un pull vert sombre qui rehaussait son teint de lait et ses boucle de feu.
« -Bonjour, Natasha, dit-il lorsqu'il arriva à sa hauteur.
-Hello, répondit-elle.
-Je suis navré pour le retard, ma dernière consultation s'est un peu éternisée.
-Ne t'inquiète pas, je viens d'arriver, le rassura Natasha. Je suis contente de te voir.
-Et moi donc…j'ai cru que jeudi n'arriverait jamais…
- Qu'est-ce que tu veux boire ? Demanda la jeune femme, son regard pétillant de plaisir.
-Une bière, sourit Bruce en ôtant sa veste.
La rousse passa commande à un serveur qui leur apportait les menus.
« -Tu connais bien ce restaurant ? S'enquit le médecin en parcourant les quelques pages plastifiées d'un regard appréciateur.
-J'y mange souvent, avec Clint et les enfants, répondit-elle. C'est simple mais délicieux, et tu en as pour ton argent.
-Oh, c'est une bonne chose.
-Je te conseille l'escaloppe de poulet à la crème…leurs pâtes napolitaines sont aussi à tomber…hum, et ils font un fish and chips délicieux.
-Va pour le fish and chips.
-Excellent choix, sourit Natasha en piochant dans les cacahuètes que le serveur venait d'apporter avec leur apéritif.
-Puis-je prendre votre commande ? S'enquit le jeune homme.
-Un fish and chips, lâcha Bruce avec un air d'évidence et un sourire complice pour Natasha.
-Deux, renchérit la jeune femme, ne le quittant pas des yeux.
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« -Pietro ! Appela une voix dans le couloir.
Le jeune homme se retourna, l'oeil vide. Il était littérament lessivé. Il avait l'impression d'être passé sous une moissonneuse-lessiveuse-batteuse-essoreuse-étripeuse-crampeuse, et que cet engin de malheur s'appelait Clint. Pas une seule seconde il ne l'avait laissé souffler. Le jeune homme n'avait pas eu une minute de répit. Au cours des trois dernières heures, entre deux engueulades passivement essuyées, il avait sérieusement songé à s'enfuir à toutes jambes. S'il n'était pas passé à l'acte, c'était moins par peur du ridicule que parce qu'il n'en avait pas trouvé l'occasion. Néanmoins, c'était la première fois qu'il avait droit à un vrai entraînement dans les formes -bon, des maxi-formes alors-, et malgré la fatigue, il sentait que cette façon de travailler allait porter ses fruits. Il était peut-être un peu tôt pour s'avancer, mais Pietro, malgré les méthodes extrêmes de son coach, savait qu'il était entre de bonnes mains. Ce qui ne l'empêchait pas de râler pour la forme. Sachant que de toute façon, à la fin de chaque entraînement, il n'aurait plus de forces, pas même pour cette saine occupation que constitue une bonne séance de plainte.
En tout cas, le Sokovien devait réellement faire une drôle de tête car T'Challa, en le rejoignant, eut un mouvement de recul.
« -Oulà, ça va mec ? Tu as l'air à bout de forces…
-Tout va bien, marmonna Pietro en se secouant pour retrouver un peu de vitalité. J'ai eu un entraînement ce matin. Costaud.
-Hum, fit T'Challa. Les entraînements costaud sont ceux qui payent, finit-il par lancer.
Pietro hocha la tête, avant de se secouer une nouvelle fois pour se réveiller. Il n'avait pas prévu le soudain vertige qui le prit. Oh, oh. Là, il avait vraiment besoin de dormir. Quand il parviendrait à supporter l'entraînement de Clint il serait véritablement un homme de fer. À n'en pas douter.
« -Pietro ? Eh ! Pietro ?
Le jeune homme réalisa soudain qu'il était pressé contre un corps chaud, et qu'étonnamment, il ne tenait plus sur ses jambes. Il n'avait même pas remarqué qu'il tombait, l'esprit et le corps trop cotonneux pour réagir. Heureusement que ce grand gars était là pour le rattraper. Le rattraper ? HEIN ? Pietro prit alors vraiment conscience de la position dans laquelle ils se trouvaient. Appuyé contre un mur, T'Challa le soutenait d'un bras autour de sa taille et d'un autre autour de ses épaules. Autant dire qu'ils étaient proches. Assez pour que l'odeur du grand black fasse tourner la tête du Sokovien. Forte, musquée, quasiment…animale. Wow. Un cocktail molotov de séduction. Pietro ne doutait pas qu'un individu dans le comilateur d'un mec comme T'Challa n'avait aucune chance de lui résister. Avec un froncement de sourcil, Pietro sentit une gentille tape sur sa joue, et réalisa qu'il avait encore la tête dans le gaz. Voilà qui expliquait ses pensées étranges. C'était comme s'il était saoul.
« -Eh, Pietro, fit doucement T'Challa, tu veux que je t'accompagne à l'infirmerie ?
-Hein ? Non…se ressaisit le jeune homme en se dégageant peut-être un peu précipitament, non non…tout va bien.
-La dernière fois que tu as dis ça, tu es quasiment tombé dans les pommes, dit T'Challa en se penchant vers lui, très près (trop ?). Bon, comme, tu veux. Tu viens, on va être en retard en escalade. Pietro ! Tu dors debout, ma parole !
-Hein ? Lâcha Pietro, non non. J'arrive.
Mi-amusé, mi-agacé, T'Challa se saisit d'autorité du sac du jeune homme et l'attrapa par les épaules pour l'aider à marcher droit. Du moins, c'est ce qu'il répondit au regard interloqué du Sokovien. Pietro n'eut pas le temps de protester, car, il entendit soudain un bip caractéristique. Il sortit son téléphone de sa poche pour voir qui lui avait envoyé un SMS.
13h53 : Coucou, mon frère…euh…Paul m'a invitée à dîner ce soir…et à aller au cinéma…je ne pourrai donc pas garder les enfants de Clint…est-ce que tu pourrais me remplacer, juste cette fois ? Ce serait adorable…
Pietro gémit, sous le regard surpris de T'Challa. Qu'est-ce qu'il ne ferait pas pour sa petite sœur adorée ? Mourir de fatigue n'était apparemment pas sur la liste.
13h54 : Ok, soeurette.
En envoyant le SMS, il se fit la réflexion qu'il n'avait même pas eu le réflexe de l'interroger sur qui était Paul exactement. Il l'avait aperçu le mardi et sa sœur en avait déjà parlé…mais ça ne répondait pas aux interrogations d'un grand frère supraprotecteur, ça. Enfin…pour l'heure, le grand-frère supraprotecteur était assommé de sommeil, l'inspection de sécurité se ferait plus tard. De toute façon, le Paul en question n'avait pas l'air bien méchant, dans son genre.
13h55 : Merciiiiiii ! Je te raconterai tout. Je t'aime, à demain !
13h56 : Tu m'enverras un message une fois rentrée à la maison.
« Un message que je ne verrai sans doute pas », se dit le jeune homme, mais tout de même.
13h57 : Bien sûr !
Pietro sourit. Wanda avait vraiment l'air de l'apprécier, son Paul. Il avait intérêt à bien la traiter, sinon…
« -C'était ta sœur ? Demanda le grand noir, son bras toujours autour des épaules du Sokovien.
-Oui, sourit Pietro. Comment sais-tu que j'ai une sœur ?
-Je vous ai aperçu plusieurs fois arrivant et repartant ensemble.
-Mais comment as-tu su que c'était ma sœur ? Elle aurait pu être ma copine, on ne se ressemble pas tant que ça…
-Si, quand même un peu. Et puis, ça me paraîssait peut probable qu'elle soit ta copine, vu ton orientation sexuelle, conclut T'Challa.
-Hein ? Rougit Pietro sans même penser à se dégager du bras reposant sur ses épaules, mais là aussi, qu'est-ce que tu en sais ?
-Une intuition, fit le jeune homme en jetant sur lui un regard félin.
Pietro, cette fois parfaitement réveillé, frissonna, et le bras qui entourait ses épaules lui parut soudain beaucoup moins innocent. T'Challa éclata de rire face à sa gêne et ôta le bras suspect pour ouvrir la porte conduisant au complexe sportif.
« -Eh, respire, je ne vais pas te manger, lui lança-t-il.
Pietro, avec un demi sourire amusé, passa devant lui. Il se tendit cependant de nouveau imperceptiblement lorsque T'Challa ajouta quelque chose.
« -Enfin, pas tout de suite.
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« -Tu as soif ? Demanda soudain Steve. Bucky ? Il faut t'hydrater...tu n'as rien bu de la matinée…
-Oui, sourit gentiment Bucky, de son doux sourire habituel, tu as raison. Peux-tu me donner un verre d'eau ?
Avec sur les lèvres un écho au sourire de son amant, le grand blond s'exécuta tout de suite, heureux de trouver à s'occuper. Il versa de l'eau dans un verre posé sur la table de chevet, tout en discutant.
« -Wanda m'a dit qu'elle viendrait te voir cet après-midi. Elle finit tôt, dit joyeusement Steve.
-Oui…c'est gentil à elle…
En revenant près de son amant, Steve hésita un instant sur la conduite à tenir. Fallait-il donner le verre à Bucky pour lui faciliter la tâche, ou le porter directement à ses lèvres et ainsi risquer de souligner son infirmité ? Le convalescent se redressa et eut un geste vers lui, répondant à sa question, mais quelque chose dans le regard bleu, comme un éclair de douleur, interpella Steve. Bucky se détourna avant qu'il puisse voir les larmes dans ses yeux.
Cela le submergea violemment, sans prévenir. Des spasmes cruels agitaient sa poitrine comprimée, empêchaient l'air de passer dans sa gorge nouée. Il venait de prendre une horrible conscience de l'absence de son bras gauche, qu'il avait voulu tendre pour prendre le verre que lui offrait Steve, avant de réaliser qu'il n'y avait là plus de membre. Plus de bras. Que le vide. De l'air. Comme une négation d'une partie de son être. Cela lui donna une violente envie de vomir.
« -Bucky ! S'inquiéta son compagnon. Bucky, est-ce que ça va ? Bucky !
-Oui…oui, Steve…laisse-moi s'il-te-plaît…
-…Bucky, que t'arrive-t-i...
-Ne me TOUCHE PAS ! Cria le brun en repoussant tant bien que mal les bras qui cherchaient à l'étreindre.
Interloqué, Steve s'éloigna, ne voulant pas causer plus de tord à son compagnon, fouillant des yeux son visage pour tenter de comprendre sa réaction. Bucky refusa de croiser son regard. Ses paupières restèrent obstinément fermées, ses sourcils froncés sur une douleur insondable. Son poing droit était crispé sur le drap qui couvrait ses jambes.
« -…ne me regarde pas ainsi. Je peux sentir ton regard sur moi, sans même le voir, murmura le brun. Laisse-moi respirer en paix. Arrête de me regarder comme si j'étais aveugle, cul-de-jatte et cancéreux tout à la fois BORDEL ! Finit-il par hurler.
Steve se détourna, ne trouvant pas de mots pour répondre à la détresse de son amant. Un souffle de colère, réveillé par le haussement de ton du danseur, mourut rapidement dans sa poitrine. Il avait le sentiment que lui répondre aurait été une insulte. Mais ne pas le regarder lui semblait n'être rien d'autre que la plus vile des lâchetés. En silence, il se rassit donc dans le fauteuil qu'il occupait depuis une petite semaine, n'étant rentré chez lui que très brièvement pour se doucher et emmener des affaires de rechange. A côté de son amant, mais assez loin pour le laisser « respirer », comme il l'avait dit. Il regarda ses mains, attendant.
« -…pardon…finit par gémir Bucky, des larmes dans la gorge et roulant sur ses joues. Pardonne-moi…ce n'est pas juste…comment pourrais-tu avoir un regard différent…j'aurais le même pour toi…
-…je cherche juste…à rester à tes côtés…souffla Steve. Je t'aime…
-Je sais…je sais, assura Bucky sans le regarder, sa main droite trouvant avec difficulté le chemin des siennes, croisées sur le drap blanc. C'est juste que…j'ai besoin de temps…
Les paupières rougies s'entrouvrirent lentement, presque avec douleur.
« -J'ai besoin de m'accepter…d'accepter ce que je suis devenu…de supporter mon propre regard…avant de supporter celui des autres sur moi…tu comprends… ?
-Tu…hésita Steve, tu voudrais que je te laisse seul ici ?
-Je voudrais pouvoir être seul. Seul avec moi-même. Et tout ce que cela implique.
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Pietro avait essayé. Sincèrement, il avait vraiment essayé. Mais c'était plus fort que lui. A 20h33 précises, il dormait comme un bébé dans le canapé, Nathaniel dans les bras. Le petit garçon était monté sur ses genoux alors qu'il jouait à un jeu de cartes avec Lila et Cooper, avant qu'ils n'aillent se coucher, et n'avait pas tardé à s'endormir. Le Sokovien n'avait pas tenu beaucoup plus longtemps. Il avait piqué du nez pendant tout le jeu et, lorsqu'il lui fallut ramasser une carte tombée au pied du canapé, il tomba raide endormi sans même s'en rendre compte, Nathaniel dans les bras. Lila et Cooper, finirent simplement la partie à deux, rangèrent les reliefs du repas, firent la vaisselle. Ensuite se posa une question problématique : fallait-il laisser Nathaniel dormir avec Pietro, ou le récupérer et l'emmener dans son berceau au risque de les réveiller tous les deux ?
Les deux aînés Barton décidèrent de laisser les dormeurs tels quels. Ils amenèrent un oreiller et le glissèrent en douceur sous la tête de Pietro, ainsi qu'une couette pour les tenir au chaud. Satisfaits, ils éteignirent les lumières et allèrent se coucher après s'être brossé les quenottes. L'horloge de Laura égrenna doucement les heures qui passèrent sans que Pietro ou Nathaniel ne bougent un cil. Peu après 5 heures, un bruit de clé dans la serrure de la porte d'entrée troubla le silence du salon. On poussa la porte en douceur pour la refermer en silence. Clint marqua un temps d'arrêt en avisant son fils dans les bras du jeune homme, avant de sourire avec amusement. C'était à croire que Nathaniel ne pouvait plus se passer de Pietro. Le quadragénaire déposa ses clés, son sac, rangea sa veste. Puis il récupéra l'enfant des bras du Sokovien avec mille précautions, pour ne réveiller personne, et alla le coucher dans son berceau. Il alla ensuite à la cuisine, n'allumant qu'une petite ampoule à côté du plan de travail. Clint savait bien qu'il ne dormirai plus à cette heure-là, alors autant commencer tout de suite sa journée. Il se prépara un café et vint s'installer en silence dans le fauteuil du salon, à côté du canapé. Son regard erra sur la forme de Pietro, révélée imprécisément dans le clair-obscur du salon. Le jeune homme avait l'air paisible, son visage doux, sans sa verve habituelle, un léger sourire aux lèvres. Soudain, le jeune homme eut un sursaut dans son sommeil, sûrement du à un rêve, et la couette glissa de ses épaules.
Clint hésita, mais finit par déposer sa tasse sur la table basse. Il se pencha sur le jeune endormi pour réajuster la fuyarde. Il le voyait déjà frissonner dans son sommeil. Soudain, alors qu'il se redressait, une main se posa sur son poignet. Avec un haussement de sourcils, il baissa les yeux pour croiser deux iris d'un bleu translucide.
« -Pardon, je ne voulais pas te réveiller.
Pietro le fixa sans rien dire, avant de se fendre d'un sourire ensommeillé. Clint récupéra doucement sa main.
« -Pas grave…ça s'est bien passé ton boulot ? Demanda le Sokovien en se redressant en position assise.
-Oui. Rien d'inhabituel.
-Bon, c'est bien alors, bâilla le jeune homme en s'étirant.
-Tu devrais te rendormir, petit. Il est tôt et…
-Et tu m'as épuisé hier matin, compléta Pietro en le coupant. J'ai pris cher. Mais je suppose que je vais m'y faire, dit-il distraitement en se grattant la nuque.
Clint haussa les sourcils, un brin amusé par le jeune homme, qui semblait beaucoup trop épuisé pour saisir le double sens dans lequel ses mots pouvaient être interprétés. Non, il avait définitivement besoin de dormir. Le quadragénaire se leva et vint attraper les épaules d'un Pietro étonné pour le rallonger et rabattre la couette sur lui.
« -Dors, Pietro. Il reste une bonne heure avant l'aube. La récupération fait partie de l'entraînement.
Sans surprise, le jeune homme ne résista pas, et se rendormit presque immédiatement. Ses cheveux blancs tombèrent en cascade sur son visage lorsqu'il tourna la tête sur l'oreiller. Par réflexe, Clint les repoussa doucement pour dévoiler le front pâle.
« -Dors bien, petit, murmura-t-il du bout des lèvres.
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Voili voilou…des hauts et des bas…la vie quoi…ça fait terriblement philosophie de comptoir…
En somme, un Pietro qui en bave mais qui se rapproche de Clint, un T'Challa qui semble s'intéresser à Pietro, une Pepper future maman en mode femme libérée, une Wanda et un Paul qui se trouvent enfin, ou en tout cas, qui sont sur la bonne voie, une Natasha et un Bruce qui se plaisent bien…une touche bleuâtre avec Bucky qui peine à faire face…et du coup, un Steve qui souffre en même temps…
Mais…je vous rappelle que je n'aime pas les fins tristes :)
Au programme de la semaine prochaine…eh bien...vous verrez :P
A la semaine prochaine !
