Disclaimer : Bon, je vais le dire une dernière fois, après ça, j'arrête de l'écrire : Heroes appartient à NBC et Tim Kring.
Notes : (à noter que la plupart des choses écrites ici ont été écrites depuis longtemps) En tout cas, je peux vous dire que j'avais bien hâte de l'écrire, ce chapitre! Il me semble que ça fait un petit moment que je n'ai pas écrit de la vraie action, un truc qui soit captivant, qui accroche... J'espère simplement que, encore une fois, je parviendrai à écrire mes idées de façons cohérentes et agréables à lire. Parce que, honnêtement, avec les idées que j'ai en tête, il devrait être plutôt intéressant, ce chapitre.
Effectivement, ça fait deux jours que je n'arrête pas de tourner en tête mes idées, de les travailler au maximum. J'en ai donc eu des nouvelles que je n'avais pas au départ, en ai retravailler certaines afin de les rendre plus cohérentes... J'ai pensé au moindre petit détail à l'avance afin de ne pas bloquer lors de l'écriture. J'espère donc parvenir à pondre quelque chose de potable – ou, du moins, de fidèle à mes idées.
(ça, écrit le 7 février) Oh et, vraiment désolée de vous avoir fait attendre aussi longtemps! Seulement, soit j'avais des choses à faire, soit je n'avais pas le moral, soit je n'avais pas d'inspiration… Je suis vraiment vraiment vraiment désolée! Je n'ai jamais fait attendre mes lecteurs aussi longtemps, pour la simple et bonne raison que j'ai horreur de faire attendre les gens. Seulement, depuis un moment, il me semble que je n'ai vraiment plus de temps pour rien faire… J'ai mes travaux, mon texte de théâtre à pratiquer, des livres à lire, et j'ai tout de même une vie – aussi banale soit-elle. Mais là, je me suis promise de poster mon chapitre d'ici ce soir alors, aujourd'hui, je m'y mets à fond!
Important : Rien de bien important pour ce chapitre, à vrai dire… J'espère simplement parvenir à vous faire tenir sur le bout de votre chaise tout le long que vous le lirez!
Tranche de vie : Aujourd'hui – le 7 février –, comme je ne suis pas allée à l'école cet après-midi (exam d'éduc, comme j'ai rien de préparé pour ma présentation j'y suis juste pas allée), j'ai donc devant moi approximativement sept heures pour écrire ce chapitre. J'ai donc suffisamment de temps, cela va de soit! Qui sait, peut-être pourrai-je même continuer mon second Baiser?
Sinon, j'ai vraiment très très hâte à demain! Bien que, durant la journée, mes cours soient atrocement ennuyants, après l'école, ma très chère Kimitsuu vient manger chez moi, puis on va partir à la LUI! (Ligue Universitaire d'Impro) On va donc se caler deux Full Throttle afin d'être boostées pour toute la soirée et une partie de la nuit. Car elle va venir dormir chez moi par la suite et on va se taper encore quelques épisodes de Heroes! Joie, n'est-ce pas?
Kimitsuu
: Mwaha, tu sais bien que j'adore couper en plein suspens, tu
devrais t'y habituer, puisque ça risque d'arriver
fréquemment au cours des prochains chapitres!
Et je
comprends pour toi que ça doit être beaucoup plus
plaisant à lire maintenant que tu as vu plusieurs épisodes
– quoi que, au moins, tu savais de quoi ont l'air Peter et
Claire, faut dire que ça aide. J'ai bien hâte
d'écouter la suite pour la troisième fois en ta
compagnie!
Misslau : Les larmes aux yeux? Woah, tu rigoles là? Parce que ce n'était vraiment rien du tout! Faut dire que des moments tristes comme ça, il n'y en aura pas des tonnes. Quoi que… Enfin bon, je ne veux pas vous gâcher des punchs non plus, vous verrez par vous-même!
Je trouve comique de lire toutes vos suppositions sur le mystérieux personnage qui fera son apparition dans ce chapitre. Parce que, habituellement, il n'y a toujours que deux ou trois choix, ou presque : seulement, là, il y a tant de personnages dans Heroes qu'il y avait des tonnes de possibilités!
Je vous laisse donc découvrir qui sera cet individu mystère, ainsi que ce qui arrivera de nos deux protagonistes!
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Chapitre 11 : Promesse tenue, fuite imprévue
Ai-je réellement besoin de préciser que je commence à en avoir plus qu'assez de cette fichue pièce? Car, oui, encore une fois, ils m'y ont ramené de force. Cinq minutes. Je n'ai eu droit qu'à cinq courtes et lamentables minutes pour la voir… C'est tout à fait déplorable. J'ai bel et bien l'intention de nous sortir de là, certes, mais j'ignore tout à fait si j'y parviendrai. Et si j'échoue, plus jamais je ne la reverrai. Le moindre souvenir d'elle, de son existence, de son visage, de sa voix, de son rire, tout sera effacé de ma mémoire. J'oublierai tout si je ne fais rien, si je ne parviens pas à nous faire sortir d'ici. C'est pourquoi je dois absolument réussir. Pour Claire. Pour son souvenir d'elle incrusté dans ma mémoire. Jamais ils n'y parviendront. Je refuse catégoriquement.
Encore heureux qu'ils m'aient de nouveau attaché à cette stupide chaise dans cette maudite pièce. En fait, bien que je n'en puisse plus de me trouver ici, le fait qu'ils m'y aient ramené me donne plus de temps pour échafauder mon plan. Des préparatifs, disent-ils. Voilà pourquoi ils n'ont pas procédé à l'effacement de ma mémoire sur-le-champ. N'empêche que je me fais du soucie un peu. Claire a parlé d'un homme qui a la faculté d'effacer la mémoire, alors qu'ont-ils de si important à préparer? Ce n'est pas comme s'ils allaient s'y prendre avec des machines, au milieu d'une salle d'opération, et qu'ils avaient besoin de personnel…
Mais bon, à la place, je ferais mieux de penser à comment nous faire sortir d'ici. Si je fais le point sur toutes les données dont je dispose, tout ce que je sais c'est que l'homme de tout à l'heure m'empêche de me servir de mes pouvoirs, ce qui va me rendre la tâche plus complexe. Il faudrait que je trouve moyen de m'éloigner suffisamment de lui, ou encore de le rendre inconscient. Seulement, comme je le disais, sans pouvoirs, cela sera plutôt difficile. Il faudrait en fait que ce même homme éprouve des difficultés avec son propre pouvoir, que, le temps de quelques secondes à peine, il n'en fasse pas usage contre moi. Lorsque j'ai essayé de lire ses pensés, tout à l'heure, il y avait ce grésillement constant qui me prouvait qu'il ne baissait jamais la garde.
Puis une pensé me frappe aussitôt. Je n'arrive pas à croire que je n'y avais pas pensé auparavant. Ce grésillement, cette preuve qu'il neutralise bel et bien mes pouvoirs, il me semble avoir ressenti certaines interférences lors de notre dernier entretien, n'est-ce pas? Cela voudrait-il dire que…
Un bruit me tire soudainement de mes pensés, me faisant échapper une brève exclamation de surprise. Tournant la tête en direction de la provenance dudit bruit, je vois la porte s'ouvrir lentement. À ce même instant, ma gorge se resserre, me faisant déglutir. Ainsi donc, le moment est finalement venu? Moi qui n'ai même pas eu le temps de penser à tout comme il se doit, je ne suis même pas certain de parvenir à me libérer de leur emprise afin d'aider Claire…
Je soupire presque d'exaspération lorsque je vois la jeune femme de tout à l'heure – encore cette même qui s'était amusée à prendre l'apparence de Claire à deux reprises – entre dans la pièce, toute souriante. Je suppose que ces cheveux bruns mi-longs, ce t-shirt noir et cette jupe carottée grise beaucoup trop courte font partie de sa véritable apparence, puisque c'est sous ce jour qu'elle s'est présentée tout à l'heure. Quoi que ce soit plutôt dur à dire, sait-on jamais, avec cette faculté de créer des mirages qu'elle possède.
Marchant un pied devant l'autre, elle me regarde, un sourire étirant ses lèvres. J'ai une totale horreur de la façon dont elle me regarde.
« Qu'est-ce que vous voulez? » m'osé-je, d'une voix moins assurée que je ne l'aurais souhaité.
Croisant les mains dans son dos, elle se met à rire. Décidemment, ce comportement ne peut que me rappeler celui d'une gamine de neuf ans.
« Comme c'est dommage », soupire-t-elle en s'appuyant contre le mur, un air faussement triste et boudeur sur le visage.
De quoi parle-t-elle, encore? N'est-elle donc pas capable de s'exprimer convenablement? D'autant plus que sa présence n'est pas des plus appréciée, présentement. J'aurais de loin préféré rester seul davantage de temps, question de penser un peu plus à ce que je devrai faire pour échapper à tout ça. Seulement, le fait qu'elle soit là nuit totalement à ma concentration : en fait, je n'arrive plus à réfléchir du tout tant elle m'est agaçante.
Le plus froidement qu'il m'en est possible – question de lui faire savoir un peu que je ne l'apprécie pas du tout – je la questionne du regard.
« J'veux dire, ajoute-t-elle en se rapprochant de moi, dommage qu'ils doivent abattre le pauvre petit chiot que tu es. T'es plutôt mignon en ton genre, faut dire. »
Tandis qu'elle me sourit bêtement en soulevant les épaules, moi, j'avale ma salive de travers.
« Que – Quoi? », j'articule avec difficulté.
De quoi est-elle en train de me parler? Bennett a parlé de m'effacer la mémoire, elle a dû mal comprendre. Car il n'a jamais été question de… De me tuer, non…
« Oh! » s'exclame-t-elle en plaçant sa main devant sa bouche, faussant la surprise tout en ayant l'air drôlement amusé. « Ils ne te l'ont pas dit? »
Mon cœur commence à battre dangereusement vite au fur et à mesure que le temps passe. Elle doit me faire marcher, ça n'a aucun sens. Et puis, cela ne serait pas du tout étonnant, venant d'elle. Elle est tout de même une grande menteuse, son don en témoigne. Ce qu'elle dit n'est certainement pas vrai, pourquoi est-ce qu'ils voudraient me tuer de toute façon? Ce n'est pas comme si je leur avais fais quoi que ce soit – bon, j'ai un peu insulté le père adoptif de Claire, mais ce n'est pas un motif, non?
« Ils ont parlé d'un truc de danger public, une affaire de bombe, il me semble… » enchaîne-t-elle en envoyant balader sa main dans les airs en un geste franchement ennuyé.
Bon, d'accord, là j'admets commencer à être sérieusement paniqué. Comment serait-elle au courant de cette histoire si elle ne disait pas la vérité? Déjà que j'ai de la difficulté à croire que Bennet le sache… Bien que, au fond, ce ne soit pas aussi étonnant, s'il possède jusqu'aux croquis insouciants d'Isaac, il a probablement vu toute ses peintures, voilà donc comment il serait au courant de ce que je croyais être secret. Ainsi donc, c'est pourquoi il projette de mettre fin à ma vie, pour protéger celle des autres?
Il désire être un héros dans cette histoire lui aussi, c'est évident. Croit-il vraiment que c'est de façon volontaire que j'atomiserai la ville? S'il y a un moyen d'empêcher cela, j'y aurai recours, cela va de soit, mais… En même temps, je ne tiens pas particulièrement à y laisser ma vie. C'est très égoïste de ma part, j'en suis conscient, seulement, c'est également pour protéger Claire que je tiens à rester vivant…
« Enfin bon. Tu n'es pas très bavard, toi! J'ai donc aucune raison de rester… La petite Bennett sera peut-être plus éloquente, elle! »
M'adressant un bref signe de main en plus d'un sourire facétieux, elle se détourne presqu'en sautillante, refermant la porte derrière elle, me laissant de nouveau enfermé là.
Je commence à avoir un peu de difficulté à respirer, pour tout dire. Déjà que je paniquais à la simple idée de me faire effacer la mémoire, sachant que l'on va me tuer d'ici peu de temps, cela ne fait qu'empirer la chose. Je n'ai pratiquement aucun moyen d'y échapper, c'est évident…
Non, calme-toi Peter. Il faut que tu réfléchisses à un plan qui va vous permettre de vous tirer de là. Tu avais une idée, pourtant, tout à l'heure…
Mais qu'est-ce que c'était, déjà? L'arrivée de celle-là m'a complètement fait oublier…
Puis, ça me revient. Oui, c'est ça : les 'failles' dans le système de l'homme qui neutralise mes pouvoirs. Enfin, s'agit-il réellement de des failles? Car, si oui, cela me donnera à peine quelques secondes pour me servir de mes pouvoirs afin de leur échapper. Mais si je me trompe, cela ne servira pratiquement à rien, et je n'aurai pratiquement plus aucune chance car, honnêtement, je ne vois pas comment autrement je pourrais m'en sortir. Je n'ai toutefois plus rien à perdre, alors autant essayer lorsque l'occasion se présentera.
D'ailleurs, quand l'occasion se présentera-t-elle? Je veux dire, combien de temps devrai-je attendre ici avant que Bennett revienne me chercher afin de me… Même mentalement, je ne parviens pas à formuler complètement ma phrase. Je n'arrive pas à croire qu'il ait l'intention de faire ça. Si Claire le savait… Mais elle ne le saura jamais si j'échoue puisque, de toute façon, il est évident qu'ils vont lui effacer la mémoire.
Et c'est à cet instant que je réalise tout ce qui est en jeu, ce qui arrivera si j'échoue. Je mourrai. Je ne serai plus de ce monde. Ce sera encore bien pire que d'oublier Claire. Là, en plus de ne jamais la revoir elle, je ne reverrai plus jamais les gens que j'aime. Plus jamais je ne reverrai Nathan, plus jamais je ne reverrai ma mère… Je cesserai complètement vivre. C'est pourquoi je dois à tout prix réussir à leur échapper. Non seulement pour moi, mais pour Claire. Elle a besoin de quelqu'un qui s'occupera d'elle. Je ne voudrais pas paraître égoïste mais, sans moi, qu'est-ce qui me dit qu'elle sans sortira? Plus personne ne veillera sur elle, plus personne ne la protègera… Je dois leur échapper et les empêcher de me tuer. Il le faut à tout prix.
Encore une fois, j'ignore combien de temps passe avant que je n'entende la porte se rouvrir. Seulement, je sais que plus les minutes passaient, plus mon rythme cardiaque accélérait. Et la chose ne fait qu'empirer lorsque je vois apparaître, sous le cadre de porte, Bennett en personne, l'air dur. J'inspire profondément à plusieurs reprises afin de ne pas lui faire part de mon inquiétude – sans compter que je ne devrais même pas être au courant de ses intentions meurtrières, si je peux les nommer ainsi.
J'essaie donc de paraître le plus froid et le plus impassible qu'il m'en est possible, bien que ce soit plutôt difficile dans une situation pareille. Je ne dois surtout pas me mettre à paniquer : je dois avant tout penser à mon 'plan' afin de le mettre à exécution. Mes chances sont extrêmement minces, mais ça vaut toujours le coup d'essayer.
Suivant son patron, l'homme noir pénètre à son tour dans la salle : au fond, il a bien dû rester près durant tout ce temps, puisque depuis le début je ne peux me servir de mes pouvoirs. Mais bon, qu'importe. Aussitôt, j'essaie de lire dans ses pensés. Je sais très bien que cela m'est inutile, mais c'est pour entendre ce fameux grésillement que je fais cela. C'est lorsque je ne l'entends plus que je devrai me dépêcher de me servir de mes pouvoirs. Pour l'instant, c'est beaucoup trop tôt, par contre.
« Détache-le », lui ordonne Bennett avec un bref signe de tête en ma direction.
Instantanément, l'homme s'approche de nouveau vers moi, venant détacher les liens qui me retiennent à la chaise.
Soudain, l'interférence s'impose. Le grésillement cesse : toutefois, c'est encore trop tôt. À peine deux secondes plus tard, le grésillement revient. Je me mets donc à compter les secondes mentalement.1, 2, 3…
Pendant ce temps, contrairement à tout à l'heure, l'homme détache complètement la corde de mes mains. Cette fois, je le sens refermer autour de mes mains des menottes au métal glacé. Cela ne fait que me prouver qu'ils ont autre chose en tête que de m'effacer la mémoire, sans quoi ils ne prendraient probablement pas autant de précautions.
12, 13, 14… Le grésillement cesse de nouveau. Mais ce n'est pas encore le moment, je dois bien choisir l'instant où je sauterai sur l'occasion. Et puis, je ne suis pas encore tout à fait certain du délai. Voilà donc pourquoi je me remets à compter intérieurement. 1, 2, 3…
L'homme me saisit fermement par le bras, tandis que je sens posé sur moi le regard grave de Bennett, qui fait signe à son acolyte de le suivre. À sa suite, nous nous engageons donc dans le couloir, sans un mot. L'ambiance qui règne est tout à fait insupportable.
12, 13, 14… Le grésillement cesse de nouveau pendant deux secondes, mais je ne tente toujours rien pour l'instant. Je recommence de nouveau à compter, mes pieds avançant deux fois plus vite que le rythme des secondes. Nous nous engageons davantage dans le couloir, tournons à l'intersection d'un autre. J'ignore totalement où est-ce que nous nous dirigeons. Je ne comprends décidemment pas pourquoi il prend autant de précautions, puisqu'il aurait très bien pu m'abattre dans la pièce où il me tenait prisonnier. Peut-être ne voulait-il tout simplement pas salir les tuiles du plancher.
12, 13, 14… J'ai maintenant la certitude que les interférences ont lieu à intervalles réguliers. Il ne me reste plus qu'à déterminer le moment précis. C'est donc toujours en suivant silencieusement que je recommence à compter.
Je n'arrive pas à croire que, rendus où nous en sommes, Bennett de m'avoue pas ce qu'il a réellement derrière la tête. Que pourrais-je bien faire pour me défendre, après tout? Enfin, lui ne sait pas que moi aussi j'ai une idée en tête. J'ignore complètement si cela va fonctionner, certes, mais ce sera toujours préférable que de n'avoir aucune idée du tout. D'ailleurs, parlant d'idée, il faudrait peut-être que je me décide à agir. J'ignore précisément quand est-ce qu'il compte m'abattre, alors autant ne pas attendre que ce soit fait avant d'agir.
12, 13, 14… Mon cœur commence à battre extrêmement vite et de façon incontrôlable. Je respire en profondeur et avec difficulté afin de me calmer. Je dois rester calme après tout, si je panique, mes pensés deviendront davantage troublées et je n'arriverai plus à penser convenablement. Je dois rester à mon affaire si je veux y parvenir. J'ai beau vouloir passer à l'action rapidement, ce n'est pas le moment. Tout est beaucoup trop silencieux autour de nous, il faudrait qu'il y ait du bruit, ou quoi que ce soit qui briserait ne serait-ce que légèrement le silence.
12, 13, 14… Mais que faire pour les empêcher d'entendre?
« Si vous vous demandez où nous allons si ce n'est que pour vous effacer la mémoire, me lance Bennett, c'est que nous avons encore quelques formalités à régler. »
Oui, c'est ça! C'est exactement ce dont j'avais besoin! Reste plus qu'à espérer qu'il se remette à parler… Chose qu'il ne semble pas vouloir faire. Pas le choix, je dois faire progresser les choses.
« Ce… Ce que vous allez me faire, est-ce que… est-ce que c'est douloureux? » je demande, conscient de l'idiotie de ma question.
8, 9, 10…
« Ne vous inquiétez pas, la méthode dont… »
À peine a-t-il entamé sa phrase que, dès que le grésillement cesse, je saute sur l'occasion – je n'ai approximativement que deux secondes. Silencieusement, à l'aide de la télékinésie, je détache les menottes. Par chance, le léger déclic est couvert par la voix de Bennett. Afin qu'elles ne tombent pas, je ressers mes mains dans mon dos, exerçant une pression qui les fait tenir en place. Me rendant compte que cela a fonctionné, j'en aurais presque envie de pleurer de joie – je dis bien presque. Ayant perdu le fil du décompte, je devrai attendre encore deux interférences avant de pouvoir vraiment passer à l'action.
Quelques instants plus tard, le grésillement cesse de nouveau. Je me remets donc à compter sur-le-champ. Plus les secondes passent et plus mon cœur se resserre : ce que je vais tenter est très risqué, en un sens, et peut-être ne parviendrai-je pas à y échapper.
10, 11, 12, 13, 14… Sans perdre une seconde – puisque, de toute façon, je n'en ai pas la possibilité – je me débarrasse d'un geste vif des menottes, écartant les bras, ce qui a pour effet de propulseur mes deux détenteurs des mètres plus loin, le tout grâce à la télékinésie. (J'en profite d'ailleurs pour expédier Bennett avec deux fois plus de force que l'autre homme, en l'envoyant balader sur un mur, ce qui lui fait perdre connaissance sous l'impact.) L'autre homme maintenant déstabilisé, il n'est plus en position de neutraliser mon pouvoir. Je cours donc en sa direction puis, rendu à sa hauteur, et profite du fait qu'il soit légèrement sonné pour le prendre par le collet et l'aplatir contre le mur. Ceci fait, je plaque mon avant bras sur sa gorge, l'immobilisant. L'autre étant inconscient, il est le seul qui puisse me dire où se trouve Claire.
Mais à peine ai-je ouvert la bouche pour parler qu'il parle par-dessus moi :
« AS - C4 - P117. Dépêchez-vous d'aller la chercher. »
Euh… Quoi? Attendez un peu, s'il est du côté de Bennett, pourquoi me dit-il où se trouve Claire? (si c'est bien d'elle dont il parle) Se pourrait-il que…? Non, je ne peux pas croire que ces interférences il les ait fait exprès pour me donner une chance. Quoi que, à bien y penser, il a bien laissé l'autre femme-mirage entrer dans la pièce et me dire qu'elles étaient les vraies intentions de son patron… Se pourrait-il donc qu'il est tout fait afin que je sorte Claire d'ici? J'ai peine à y croire, mais, de toute façon, je n'ai pas de temps à y accorder.
Lui adressant un bref signe de tête reconnaissant, je le relâche, puis me rend aussitôt invisible. Moins d'une seconde plus tard, je me suis déjà élancé à la recherche de la jeune fille, traversant le couloir à la course. Tout en courant, j'essaie de me souvenir avec exactitude le code que m'a donné cet homme. 'AS - C4 - P117'. Si on y réfléchit bien, 'AS' doit vouloir dire 'Aile-Sud', 'C4' doit signifier… 'Couloir 4', et 'P117'… Quelque chose comme 'Pièce 117', ou encore 'Prison 117'…
Si je me fie à cela, Claire doit donc se trouver dans la pièce 117, qui elle se trouve dans le quatrième couloir de l'aile Sud. Bon. Il ne me reste plus qu'à trouver où cet endroit se trouve, maintenant.
La respiration haletante, je continue de courir à travers les maints couloirs qui s'offrent à moi, tout en regardant les panneaux accrochés au plafond qui, par moment, m'indique où je me trouve. Malgré ces indications, je dois admettre que je suis un peu perdu : il y a tant de couloirs et tant de chemins possibles qu'il m'est plutôt difficile de m'y retrouver.
Puis, une alarme se fait entendre : probablement à cause de ma fuite, cela aurait bien du sens, après tout. Cela veut donc dire que Bennett est de nouveau conscient. Cela ne fait donc qu'ajouter des difficultés à la tâche.
Alors que je tourne à l'intersection d'un couloir, je sens quelqu'un m'attraper. On me plaque donc aussitôt sur le mur, et une main se pose sur ma bouche, bloquant de ce fait mes canaux nasals, ce qui m'empêche de respirer. Le tout se passe si vite que je n'ai même pas le temps de remarquer qui m'a intercepté de la sorte. Ce n'est que quelques fractions de secondes plus tard que l'individu devant moi, qui avait la tête tournée en direction du bout du corridor, me fait face, et retire enfin sa main de sur mon visage, ce qui me permet de respirer à nouveau.
« C-Claude? »
Je n'arrive tout simplement pas à y croire. Qu'est-ce que mon ancien 'mentor' – si on peut dire cela ainsi – fiche ici? Et pourquoi m'a-t-il plaqué au mur de la sorte? S'il y avait quelqu'un que je ne m'attendais pas à voir, c'est bien lui. Se pourrait-il qu'il travaille pour la Compagnie lui aussi?
« Tais-toi, imbécile! »
Encore une fois, il jette nerveusement un regard en direction du bout du couloir, s'assurant que personne ne vient. Étant donnée l'alarme sonnée, il ne serait pas étonnant que plusieurs hommes de Bennett soient à ma recherche.
« Mais qu'est-ce que tu fiche ici? » je continue, me souciant pas du fait qu'il m'ait dit de me taire.
Aussi insensé et inapproprié cela puisse-t-il être, je dois admettre être content de revoir cet homme à la constante expression de mépris, de l'entendre me parler de nouveau aussi rudement avec son fameux accent anglais qui lui est propre. Moi qui croyais ne jamais le revoir, je n'arrive pas à croire qu'il se trouve devant moi présentement.
« Dès que j'ai su qu'ils t'avaient eu, je me suis dépêché à arriver sur les lieux », se contente-t-il de dire en haussant les épaules, exaspéré.
Dès qu'il a su? Mais d'ailleurs, comment a-t-il bien pu faire pour savoir que j'étais ici? Cela fait des semaines que nous nous sommes adressé la parole et, à ce que je sache, il n'a pas la faculté de voir l'avenir. Le seul moyen qu'il aurait pu savoir aurait été qu'il…
« Attends un peu… Depuis tout ce temps, tu m'espionne? »
La mâchoire serrée, il roule les yeux au ciel, détournant la tête. Après avoir poussé un bref soupir, il réplique :
« C'est pas vraiment le moment de causer, tu crois pas? »
Bon, j'admets qu'il marque un point. N'empêche que je trouve toute cette histoire plutôt bizarre.
« La
fille, ils doivent la détenir dans…
- C'est bon, je
sais déjà où elle est », je le coupe
aussitôt.
Pendant quelques instants, il semble plutôt surpris que je détienne une quelconque information – et ce doit bien être l'une des rares fois où je le vois afficher autre chose que de la méprise.
À peine a-t-il le temps d'ouvrir la bouche pour ajouter quoi que ce soit que, plus loin, dans des couloirs adjacents, des bruits de pas à la course font entendre. Des voix s'y ajoutent également : ce sont probablement les hommes de Bennett qui fouillent le secteur à ma recherche.
« Prends
le couloir de droite, puis celui de gauche, encore à gauche,
puis de nouveau à droite. La pièce devrait se trouver
vers le fond. Pour y pénétrer, entre le code 'C –
4-8-15-23'. File! Je m'occupe de tes poursuivants.
-
T'es pas bien ou quoi? Depuis le temps que tu les fuis, tu te
jettes finalement dans la gueule du loup?
- File, j'te dis!
»
Ecore une fois, il parvient à me déstabiliser à l'aide de son éternel ton autoritaire. En un sens, il est vrai que je ferais mieux de partir chercher Claire immédiatement avant qu'ils ne me mettent la main dessus... Bon, d'accord, je n'ai pas le choix, je dois filer. Après avoir tenter d'articuler quelque chose de cohérent – en vain – je lâche prise. Simultanément, nous posons chacun notre main sur l'épaule de l'autre en un geste quasi fraternel, fixant notre vis-à-vis intensément. J'ignore si c'est la dernière fois que nous nous voyons, mais je doute fort que nos chemins se recroisent de si tôt.
« Bonne chance, petit. »
Lui adressant un signe de tête gratifiant, j'inspire avec difficulté, pour finalement reprendre ma course à contre cœur. Je dois admettre me sentir mal de laisser Claude comme ça, et je lui suis vraiment reconnaissant de retarder les hommes de Bennett. J'espère simplement qu'il ne lui arrivera rien : l'a dernier fois que nous nous sommes vus, les membres de la Compagnie ne semblaient pas lui vouloir du bien.
Comme il me l'a indiqué, je prends le couloir de droite, le traverse, toujours en courant le plus rapidement qu'il m'en est possible, puis tourne deux fois à gauche, et encore une fois à droite. La respiration littéralement coupée, je m'arrête devant l'une des portes du fond : soit la 117ème. Sous l'effet du stress, la combinaison à entrer. Je me concentre donc du mieux que je peux pour m'en souvenir.
Allez, Peter, c'est pas si compliqué, il y avait une lettre et quatre chiffres... La lettre, c'était un 'C'. J'appuie donc sur la touche sur laquelle ont peut lire cette lettre. Et le reste d'était... c'était...
« 4-8-15-23 », je dis en appuyant sur lesdits boutons.
À peine trois secondes plus tard, un bruit de déclenchement se fait entendre et la porte s'ouvre automatiquement en un geste lent. Une fois la porte ouverte, je vois Claire, recroquevillée sur un lit miteux en décomposition. Lorsqu'elle lève son regard paniqué vers moi, on dirait que, aussitôt qu'elle me voit, l'assurance renaît sur son visage.
« Peter! »
Alors qu'elle se jette sur moi, je la sers dans mes bras, appréciant un peu trop ce contact et ses bras qui me tiennent fermement contre elle. Posant mon menton et mes lèvres sur le dessus de sa tête, j'inspire profondément, question de reprendre un peu mon souffle après avoir tant couru – et aussi question de profiter de cette étreinte.
« Je t'avais promis, pas vrai? »
Effectivement, je n'ai pas pour habitude de ne pas tenir parole. J'avais dis que je reviendrais la chercher et que je nous sortirais de là, eh bien, j'ai l'intention de tenir ma promesse jusqu'au bout.
« Allez viens, il faut filer! » je m'empresse de lui dire.
La tenant par la main, je repars à la course, la forçant à me suivre au pas. J'ignore complètement où se trouve la sortie, par contre. C'est pourquoi nous traversons de nombreux couloirs au hasard : nous finirons bien par tomber dessus à un certain moment, n'est-ce pas?
Un peu plus loin, je stoppe notre course, question d'essayer de repérer où nous sommes. Je jette donc de brefs regards aux écriteaux, qui indiquent plusieurs directions, dont où se trouvent les toilettes. (Comme si cela pouvait nous être utile) Malheureusement, aucun d'eux ne nous indique où se trouve la sortie.
« Si j'étais vous, je ne ferais pas un geste de plus. »
Au son de cette voix beaucoup trop familière à mon goût, Claire échappe une exclamation de surprise – ou d'horreur, je ne saurais dire. Lentement, je me retourne vers notre interlocuteur. Une fois face à celui-ci, je ne peux m'empêcher de déglutir.
La main de la jeune fille sert la mienne avec davantage de force lorsque Bennett lève son revolver vers nous – ou plutôt, lorsqu'il lève son revolver vers moi.
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Ce
fut long, mais j'y suis parvenue! (En effet, il est rendu 21 :15...
Mais bon, faut dire que j'ai perdu beaucoup de temps en faisant
autre chose, aussi.)
Alors, êtes vous satisfaits et
satisfaites? Personnellement, j'ai pris beaucoup de plaisir à
écrire ce chapitre! Cela faisait un moment que je n'avais
pas écrit de la véritable action il me semble, et
j'avais bien hâte de vous en pondre un peu – sans compter
que je n'ai pas écris depuis plus d'une semaine, et que
cela me manquait atrocement.
Personne ne s'était douté
que j'introduirais Claude dans ce chapitre, n'est-ce pas? Eh bien
oui! Pourquoi avoir choisi Claude? Parce que après Peter (et
Claire), Claude est sans aucun doute mon personnage préféré.
Je l'aime tellement, il a tant de classe, mon homme invisible
robineux méchant qui prend plaisir à tabasser Peter! Je
ne pouvais tout simplement pas ne pas l'introduire. (Et puis bon,
en même temps, s'il y a aussi des fans de 'Plaude' qui
lisent ceci, ça leur aura fait plaisir...)
Honnêtement,
bien que j'adore Peter et Claude, je n'aime pas vraiment ce
couple. En fait, tous les deux, je les adore vraiment ensemble, ils
forment un magnifique duo. Seulement... Ils vont bien ensemble si ont
oubli les baisers et les minouchages! (Parce que, honnêtement,
Milo Ventimiglia et Christopher Eccleston qui s'embrassent, c'est
pas la plus belle chose au monde...) Pour ce qui est du truc de
Claude qui espionnait Peter depuis tout ce temps, c'est à
prendre comme vous le voulez : pour ce qui est de ma part, je
dirais plus tôt que, s'il surveillait Peter depuis tout ce
temps, c'est parce que, veut veut pas, il y était tout de
même attaché en quelque sorte, il me semble. Enfin,
c'est ce que j'aime m'imaginer en tout cas!
Sinon, pour la
suite, que va-t-il arriver d'après vous? Bennett osera-t-il
tirer sur Peter et/ou Claire? (Car, même s'ils se régénèrent,
si on leur tire une balle dans la tête, ils meurent) Quels sont
vos prévisions pour la suite?
Le prochain chapitre –
contrairement à celui-ci – devrait être posté
dans les jours qui suivent!
