OS 11 fait à partir de la proposition d'odea nightingale. odea ? J'espère que cet OS te plaira malgré le fait que ce soit une première pour moi d'écrire sur ce type de thème. ;)
ATTENTION : RATING T voire M. Pas de lemon mais présence de masturbation. Je préfère prévenir ceux que ça dérangerait avant qu'ils aient une mauvaise surprise.
Dan : encore merci pour tes review à chaque OS ! Elles me font vraiment plaisir.
Ensuite : n'oubliez pas que vous pouvez participer à la création de ce recueil en me proposant des idées de situations du quotidien de l'enfance dans lequelles vous aimeriez voir Sherlock en compagnie de son ami imaginaire.
Sur ce, malgré le thème qui tranche complètement avec le reste, bonne lecture ! :D
Le silence régnait dans la maison. Le soleil n'était pas encore levé. Il ne le ferra que dans quelques heures. Le vent gémissait doucement dans les feuilles du grand arbre du jardin. Sa mélodie était douce, apaisante. C'était une berceuse et Sherlock se serait volontiers rendormi mais il n'y arrivait pas.
Soupirant, il remonta les couvertures en laine chaude jusqu'à son menton, plongeant le nez dans l'étoffe épaisse. Il avait fait des rêves étranges voire inhabituels cette nuit. Il se frotta les yeux, tentant de se les remémorer en détail mais en vain. Seul le souvenir d'un intense plaisir inconnu lui revenait. C'était déconcertant... tout comme l'étrange sensation que lui renvoyait son corps.
Il alluma sa lampe de chevet, souleva les couvertures et cligna des yeux, interloqué. Il ne manquait plus que ça. Il pensait, compte tenu de sa différence qu'il y serait immunisé. Force était de constater qu'il n'en était rien. Qu'il le veuille ou non, son corps était humain et il lui en donnait une preuve flagrante.
Eh bien, que t'arrive-t-il ?
Une... protubérance plus qu'inconvenante, répondit Sherlock en fixant l'érection qui pointait sous son pantalon de pyjama.
John éclata de rire :
Eh bien, au moins, maintenant tu es opérationnel dans tous les sens du terme ! Merci la puberté !
Il n'y a rien de drôle ! grogna Sherlock en grimaçant sous la sensation inédite d'une partie de son corps qu'il avait toujours négligé. Ça pulsait et c'était anormalement chaud. Il baissa son pantalon et observa une veine qui courrait sur toute sa longueur qui s'élevait fièrement de sa toison noire et bouclée. Puis, il porta son regard scrutateur sur le bout rougi... Qu'est-ce qu'il allait faire de ça ?! C'était la deuxième fois que son corps lui jouait un tour mais la première fois il n'avait eu qu'à changer les draps...
John, je fais quoi maintenant ? Je vais pas garder ça pendant des heures !
Tu as vraiment besoin de poser cette question ?!
John soupira :
Vraiment Sherlock, tu sais ce qu'il faut faire seulement tu n'oses pas mettre les mots dessus, c'est tout. Et puis tu n'oses pas le faire aussi !
Le jeune génie se sentit vexé. Il répliqua :
Je ne vais quand même avoir recourt à la masturbation !
Pourquoi pas ?
Parce que c'est avilissant ! Je suis au-dessus de ça !
Tu as peut-être un esprit supérieur mais ton corps reste humain. Que tu le veuilles ou non, tu as les mêmes besoins que les autres, murmura gentiment John d'une voix douce. Pour l'instant, c'est le seul moyen de te... libérer, ajouta-t-il.
Sherlock porta la main à son visage, frôlant au passage l'un de ses tétons qui pointait et frissonna sous le contact tant sa peau était sensible.
Je ne vais pas faire ça !
Il n'y a aucun mal, Sherlock. C'est normal. Laisse-toi aller. Au moins pour une fois. Si ça se trouve, ce qui te dégoûte tant tout de suite te semblera... plaisant.
Sherlock fronça les sourcils, dubitatif. Il allongea le bras et éteignit la lampe. S'il était réellement obligé de faire ça, il voulait le faire dans l'intimité de l'obscurité.
Timidement, sa main gauche vint caresser sa poitrine qui frissonna sous ses propres caresses. Il sentit son pouls s'accélérer et sa respiration devenir sifflante et hachée. Il avait chaud. Il repoussa ses couvertures, découvrant son torse nu dont les muscles se contractaient sous ses doigts qui ne faisaient que l'effleurer. Suivant le conseil de John, il pinça l'un de ses mamelons et émit un halètement de surprise et de plaisir mêlés.
Descends ta main droite.
Tu es sûr ? demanda Sherlock.
Absolument ! Laisse-toi aller. Tu ne crains rien, tu ne fais rien de mal. Mets ton esprit en suspens et concentre-toi sur ce que tu fais.
La main droite du jeune logicien descendit sur son corps, glissa doucement sous son pantalon et vient s'enrouler autour de son membre brûlant. Sherlock tressaillit : la sensation était tellement forte, tellement étrange, il ne savait plus quoi en penser si ce n'était qu'il avait besoin de plus.
Bien, maintenant bouge ta main.
John était rassurant, il guidait Sherlock qui commença à mouvoir sa main sur toute sa longueur. Il passa son pouce sur son extrémité qu'il sentit légèrement humide. Son esprit perdit en vivacité et se mit à imaginer la main de son ami imaginaire sur lui.
Peu à peu, son va-et-vient s'accéléra. Le plaisir monta rapidement, brûlant, violent dans son intensité. Sherlock ferma les yeux, la respiration erratique.
Comment une simple friction peut-elle être aussi... aussi...
L'adolescent ne put finir de formuler sa pensée. Il rejeta la tête en arrière, écrasant ses boucles dans son oreiller tandis que son corps s'arquait sur le matelas qui émit un grincement aigu. Il se libéra dans un grognement presque animal, sentant sa semence bouillante et épaisse, oindre ses doigts moites de transpiration.
Il mit plusieurs minutes à retrouver une respiration et un pouls normales. Il se sentait comme... vidé. Son corps était alangui dans le cocon protecteur de l'obscurité.
Alors ? Ça va mieux ? questionna gentiment John avec dans sa voix fictive un écho de complicité.
C'était... bordel de merde !...
Le simple fait de jurer voulait tout dire chez Sherlock qui, malgré ses répliques acerbes, avait un langage irréprochable.
Il ralluma la lumière, retira la main de sous ses draps et grimaça en sentant le liquide poisseux qui la recouvrait sécher et refroidir. Les lèvres pincées jusqu'à les blanchir, il essuya ses doigts contre une jambe de son pantalon qui – de toute façon – été bon à changer. Avec un soupir passablement agacé il le retira et le jeta dans la poubelle trônant contre le mur. Il était hors de question de le mettre dans la panière à linge sale familiale. Sherlock n'avait aucune envie que sa mère découvre la tache présente à un endroit plus que...
A un endroit qui ne laisse aucun doute quant à tes activités nocturnes ? proposa John, amusé par les manies de son créateur, désormais en tenue d'Adam, qui était occupé à s'enrouler étroitement dans ses couvertures.
Brillante déduction, John. Tu me fascine, vraiment ! Quel talent incroyable ! dit-il de son ton le plus sarcastique.
Sherlock serra sa couverture avec un geste brusque. Nerveux.
Eh là, qu'est-ce qui se passe ? s'alarma John.
Ce qui se passe ? ricana Sherlock, il se passe qu'en plus d'être salissant ce n'est pas rationnel ! Comment mon esprit s'est-t-il déconnecté ? Pourquoi j'ai eu ce « blanc »? Je ne comprends pas et je déteste ne pas comprendre !
OK. Sherlock, respire un grand coup parce que tu es en train de faire une crise de panique.
Je ne panique pas ! protesta Sherlock.
Oh que si, alors tu vas faire ce que je te dis et tu vas la boucler ne serait-ce qu'une seule petite minute !
Le logicien ne moufta pas et obéit à son ami dont les paroles étaient dictées par son subconscient.
Bon, reprit John, parfaitement calme et maître de lui. Ton esprit se déconnecte et ton corps prend le dessus, c'est normal. Le "blanc" que tu as eu, c'est ce que le commun des mortels appellent « un orgasme ».
Sherlock renifla :
Il n'est pas question que mon corps prenne le dessus !
Ce n'est que temporaire, souffla John.
Sherlock secoua la tête :
Non, tu ne comprends pas, John. Je suis un être de logique. Je place la raison, la déduction, la puissance de mon esprit au dessus de tout. Si je laisse mon corps dicter mes actes, alors je ne suis plus moi-même. J'ai essayé. Parce qu'il a bien fallu. Je considère ce qui... vient de se passer comme une expérience, non pas ratée mais dont le résultat me convainc que tout ceci n'est définitivement pas pour moi.
Donc, tu vas renoncer au plaisir de la chair, même en solitaire ? Sur un coup de tête ?
Oui.
Parce que c'est beaucoup trop irrationnel pour toi ou bien c'est parce que tu ne veux pas perdre le contrôle de ton propre corps ?
Sherlock soupira :
Les deux, John. J'ai essayé. J'ai... expérimenté et... je ne tiens pas à recommencer. La raison avant toute chose. Là, encore, ça allait, il n'y avait personne mais il n'est pas question que quelqu'un soit présent quand je ne suis plus... moi-même.
Et, tu n'as pas peur de passer à côté de quelque chose ? On n'a qu'une seule vie, tu sais.
Assez, John ! Je sais parfaitement ce que je veux faire de ma vie et il est hors de question que ces chamboulements interviennent. Je peux contrôler mes heures de sommeil. Me passer de manger. Je ne vois pas pourquoi je ne contrôlerai pas l'intégralité de mon anatomie ! Mon corps est un moyen de transport et rien de plus, John.
C'est dommage...
Garde tes jérémiades pour toi. Ma décision est prise.
John ne répondit pas. Sherlock se coucha sur son flanc et ferma les yeux. Il savait qu'il ne se rendormirait pas. Il écouta le vent dans les feuilles de l'arbre et le bruit du trafic lointain. Sa décision était prise. Sherlock estimait qu'il n'était tout simplement pas fait pour ce type de plaisir. Seule la satisfaction intellectuelle devait compter. Seule la perfection de ses déductions devait lui apporter du plaisir. Ce serait sa manière de prendre son pied...
Voilà. Oui, c'est assez court. Ce n'est pas le genre de thème que j'affectionne d'ordinaire mais j'espère néanmoins que ça vous aura plu.
Le thème était « le premier émoi sexuel ou sensuel ». j'espère avoir répondu à cette proposition même si je ne suis pas trop rentrée dans les détails !
