Trop d'Amour Te Tuera

11 – De retour de chez Voldemort

C'était la nuit mais Lorena ne dormait pas. Seule dans les appartements du Maître des Potions, elle pensait à lui. Dehors, la pleine lune projetait sa lumière éclatante tout autour mais elle ne pouvait la voir. La journée avait été chaude et elle avait laissé la fenêtre ouverte afin que la brise fraîche de la nuit puisse entrer dans la chambre.

Elle pouvait entendre de nombreux bruits et sons. Le château et ses environs étaient remplis de divers sons et bruits. Le calamar géant s'ébattant dans les eaux du lac non loin. Les hiboux et les chouettes dans la volière au loin. Toute autre personne n'aurait pas remarqué ces sons mais l'ouïe d'une personne aveugle était autrement plus fine. Elle aurait même juré avoir entendu quelqu'un Transplaner. Non, c'est impossible. On ne peut pas Transplaner à l'intérieur du château.

Elle soupira et se tourna sur le côté. Instinctivement, elle glissa la main vers la table de chevet où elle rangeait sa baguette pour la nuit. Elle ne se sentait pas aussi protégée quand Severus n'était pas dans les parages. Ils dormaient dans des chambres séparées mais elle pouvait sentir sa présence et c'était rassurant. Trois jours qu'il était parti déjà et plus il était loin, moins elle était rassurée à son sujet. Bien entendu, elle avait confiance en les sortilèges de protection du château, elle avait confiance en les pouvoirs du Directeur pour s'assurer que tout allait bien. Mais la présence réconfortante de Severus n'était pas là et cela accentuait son angoisse. Angoisse qu'il puisse être en danger, blessé, ou bien… mort.

Lorena serra sa baguette dans la main. Elle se rappela que c'était la même que celle de son protecteur, sauf pour la longueur – la sienne étant plus courte de quelques centimètres. C'était un peu comme s'il était là. Elle repoussa cette idée. C'était un homme de chair et de sang, pas un simple bout de bois, même magique. Elle ferma les yeux et espéra ardemment qu'il reviendrait sain et sauf. Rapidement.

Elle devait s'être assoupie. Pendant combien de temps, elle n'aurait pas pu le dire. Mais un son dans le château non loin de là, peut-être dans le corridor, la réveilla soudainement. Premier réflexe, elle se saisit de sa baguette et se prépara à l'action.

Ses oreilles avaient bien entendu. Quelqu'un entrait dans les appartements. Non, quelqu'un était déjà dans les appartements. Maintenant ses sens étaient ouverts au maximum, ainsi que sa perception extra sensorielle. Elle se concentra sur ce qui se passait dans les pièces à côté de sa chambre. Il était clair qu'il y avait quelqu'un dans les lieux. Elle se leva du lit et colla son oreille à la porte. Quiconque était entré, était à présent en train de se faufiler à l'intérieur, comme pour éviter de faire du bruit. Elle se demanda comment elle pourrait surprendre l'intrus. A moins que ce soit lui ?

Elle entendit quelqu'un se cogner contre les meubles. Merlin ! Qui pourrait être aussi maladroit ? Elle prit sa décision et ouvrit la porte silencieusement, puis elle se glissa dans le salon, la main sur le mur, palpant la porte de la chambre de Severus, toujours fermée.

Puis elle sentit un corps entrer en collision avec le sien. Elle cria, avant d'entendre un juron proféré par une voix d'homme. Sa voix ! Sa voix profonde, riche et soyeuse.

"Professeur !" Elle était à la fois surprise et soulagée d'entendre sa voix. "Vous êtes revenu !"

"C'est évident…" Sa voix était devenue soudainement rauque, comme s'il était devenu difficile pour lui de respirer. Par réflexe, ils s'étaient agrippés l'un à l'autre pour éviter de tomber. Maintenant, il la tenait contre la porte de sa chambre. Elle pouvait sentir son souffle sur son visage. Quelque chose d'autre attira son attention. L'odeur du sang. Il tremblait aussi de manière incontrôlable.

"Etes-vous blessé, monsieur ?" demanda Lorena brusquement.

Pendant une seconde ou deux, le souffle sur son visage s'arrêta. "Professeur ?"

"Aidez-moi… à entrer…" grinça-t-il, avant qu'elle puisse sentir son corps s'appuyer encore contre le sien. Elle glissa un bras autour de la taille de l'homme pour le soutenir. Les tremblements de son corps n'avaient pas disparu. Elle ouvrit la porte de sa chambre, dont il venait de lever le sortilège de fermeture. Il la guida vers son lit car il savait qu'elle n'y était jamais entrée et n'en connaissait pas la disposition.

Une fois qu'il sentit ses jambes toucher le lit, Severus la relâcha. Il essaya de s'asseoir sur le lit mais d'une manière ou d'une autre, ils s'étaient empêtrés dans son manteau. Ils finirent par tomber tous les deux sur le lit, le corps de Lorena sur le sien. Il grimaça et laissa échapper un grognement de douleur.

"Désolée, Professeur," fit Lorena. Elle essaya de se relever mais elle était toujours prisonnière de son manteau. Le réalisant, elle décida de se dégager lentement, calmement, afin de ne pas aggraver ses blessures. Parce qu'elle savait qu'il était blessé. Elle se fit aussi légère que possible sur lui, ses mains sur la poitrine de l'homme. Il grogna encore, ses mains sur la taille de la jeune fille, la serrant plus fort, comme s'il voulait la repousser.

"Attendez, monsieur, votre manteau est enroulé autour de moi et je ne peux pas me relever !"

Son explication douce mais ferme fut suffisante pour le calmer quelque peu. La prise sur elle se détendit mais ses mains restèrent toujours posées sur la taille de Lorena. "Où êtes-vous blessé, monsieur ?" demanda Lorena doucement.

"Qu'est-ce… qui peut vous dire que… je suis blessé ?"

"Je sens l'odeur du sang," répondit-elle prosaïquement.

Severus soupira. "Bien…"

"Laissez-moi vous aider."

Le Maître des Potions se demanda quelle aide elle pourrait bien lui apporter. Elle était aveugle, c'était elle qui avait besoin d'aide ! "Je n'ai pas besoin de votre aide ! Sortez d'ici !" Sa voix avait quelque chose de dangereux.

Mais Lorena n'était pas le genre de fille à être écartée si facilement. Ses camarades de Serpentard auraient dit là que c'était son côté Gryffondor.

"Certainement pas, monsieur. Vous êtes blessé, vous avez besoin d'aide. Je suis aveugle mais je ne suis pas une imbécile. Si je vous dit que je peux vous aider, c'est que c'est vrai."

"Laissez-moi alors le reformuler." Il s'arrêta pour reprendre son souffle. "Je n'ai pas besoin d'une infirmière aveugle, c'est vu ?!"

Elle savait cependant comment se comporter en Serpentarde quand elle en avait besoin.

"Oh, pas de problème, dans ce cas," répliqua-t-elle ironiquement. "Vous avez seulement besoin d'une infirmière pour remettre en place vos côtes cassées et les coupures que vous avez dans le dos, c'est tout. Je peux aller chercher le Guérisseur remplaçant Mme Pomfresh. A moins que vous préféreriez baigner dans votre propre sang. Un couvre-lit si joli, si doux, c'est dommage. Vert et argent, je présume."

Lorena essaya de cacher ses sentiments blessés sous le sarcasme. Elle se sentit offensée par ses remarques. Il savait qu'elle avait voulu devenir médicomage – maintenant qu'elle était aveugle, ce ne serait plus possible.

Elle se pencha vers lui, la bouche tout près de l'oreille de l'homme. "Je suis suffisamment aveugle pour ne pas être apte à prendre soin de vous. Mais je ne suis pas suffisamment aveugle pour vous chercher une aide médicale. Monsieur." Sa voix était descendue d'une octave, une voix teintée de ressentiment. "Inutile que vous me le rappeliez. Monsieur."

Lorena parvint à se dépêtrer du manteau de Severus et elle se dégagea de son étreinte, les mains sur la poitrine de l'homme. Elle se pencha vers lui un peu plus, appuyant ça et là. Il gémit de douleur lorsqu'elle se leva. Elle savait aussi comment blesser. Sacrée gamine ! Serpentarde à fond ! pensa Severus. Mais il admit qu'il n'avait que lui-même à blâmer.

En dépit de ses commentaires sarcastiques, elle avait mal pour lui. Elle pouvait sentir sa douleur, même à un niveau physique. Le sentiment était troublant. Elle décida de contrer ce sentiment en lui envoyant un chaleureuse vague de soulagement et de compassion. Severus se sentit mieux soudainement, au moins plus en sécurité, en son for intérieur. Ses tremblements diminuèrent aussi. Sa perception inconsciente lui suggéra que cela venait de la jeune fille.

Elle était sur le point de rompre le contact physique avec lui lorsqu'elle sentit une prise ferme sur son poignet. Elle se tourna vers le Maître des Potions. "Quoi ?" Sa voix reflétait toujours sa contrariété.

"Ne me laissez pas…" Il voulait que continue la chaude sensation qu'elle lui avait envoyée. Mais il ne pouvait pas l'exprimer ainsi. C'était seulement une sensation puissante. Il avait seulement besoin que la jeune fille reste avec lui. La sensation qu'elle lui avait envoyée avait eu un effet agréable contre les tremblements – conséquences de l'Endoloris qu'il avait reçu plusieurs fois au cours de la soirée.

Lorena crut qu'elle n'avait pas bien compris. Elle se rapprocha de lui.

"Ne me laissez pas, Mlle Nottingham… Restez avec moi… s'il vous plaît." Il reprit son souffle. "Mes blessures ne sont pas sérieuses… elles peuvent attendre demain. S'il vous plaît, restez avec moi… s'il vous plaît."

Severus Rogue qui supplie ! pensa-t-elle. Eh bien, ça doit être vraiment sérieux.

"Vous me faites mal au poignet," déclara-t-elle avec un ton de reproche.

"Je suis désolé… si je vous ai fait mal, Mlle Nottingham." Il semblait sincère. Par le contact physique, elle le savait qu'il l'était. Elle était consciente que cela avait dû lui coûter bien plus que le simple effort produit pour le prononcer.

Lorena soupira. "Très bien. Laissez-moi alors seulement aller de l'autre côté du lit."

Severus ne dit rien et il la relâcha, en espérant qu'elle ne saisirait pas là l'occasion de s'échapper de sa chambre et de retourner dans son propre lit. Il avait besoin de sa présence plus que jamais – sans être capable d'exprimer pourquoi.

Lorena ne s'échappa pas. Il sentit les mains de la jeune fille palpant son corps et le lit pour trouver son chemin. Ce faisant, elle tâta ses jambes pour trouver son chemin. Elle lui enleva ses chaussures et lui étendit les jambes sur le lit afin qu'il puisse être plus confortable. Puis elle se dirigea vers l'autre côté du lit et s'y coucha. Le lit était grand mais bientôt, elle sentit la main de l'homme chercher la sienne, saisissant son poignet finalement. "Merci…" l'entendit-elle murmurer avant qu'il ne sombre dans le sommeil.

Lorena soupira. Elle était heureuse qu'il fût de retour entier, sain et sauf. Elle était rassurée qu'il fût de retour. Cependant, elle se sentait bizarre de partager le lit de Severus. Elle s'allongea confortablement pour lui, la tête de l'homme sur sa poitrine, libérant son poignet de son emprise, sa baguette toujours dans la main. Juste au cas où. Mais en même temps, elle savait qu'il n'était pas en état de faire quoi que ce soit contre elle. Il avait seulement besoin de sa présence. Instinctivement, elle lui envoya des vagues de confort et de compassion. Les tremblements de Severus disparurent progressivement dans le temps. Elle lâcha prise et elle s'endormit rapidement aussi.


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