Déjà, un grand merci à tous les reviewers, les anciens comme les petits nouveaux ;) Pour ceux qui hésiteraient, sachez que je réponds toujours par mp à chaque review ! Si vous avez des questions, n'hésitez pas !

Merci aussi aux nouveaux followers ;)

Kipji : et oui, pas de monstre mais c'est un peu compliqué dans le monde "réel" aussi ;) Pour Gaby no comment pour l'instant XD Lis ce chapitre et ça te donnera une idée de l'étendue des dégâts ! Merci pour ton petit mot en tout cas !

Guest : ça vient ça vient XD Faut me laisser le temps d'écrire quand même ;)

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Pour le reste, chapitre plus court que d'habitude mais vous allez suivre d'autres personnages ce coup-ci ;) Vous vouliez en savoir plus sur Castiel et Gabriel ? C'est le moment !

Et toujours merci à Pimpiericky ! Qui en plus a fait le boulot "en urgence" ce coup-ci XD

Bonne lecture !

Ça déménage !

Chapitre 10 : Sur la route

Castiel rajusta ses manches autours de ses poignets. Il faisait encore chaud en ce début de mois de septembre mais il avait tenu à mettre une chemise à manches longues.

« - Tu comptes vraiment partir à l'aventure avec des fringues pareilles ? s'était moqué Gabriel en dépliant une chemise prise au hasard dans son sac. Sérieux gars ? Et pourquoi pas en costard cravate tant que t'y es !

Castiel l'avait laissé rire sans rien dire, avait repris ses affaires en silence et replié la chemise imitant son costume du collège.

- C'est vraiment si important que cela la façon dont je m'habille ? avait-il demandé posément pour toute réponse.

Son cousin avait buggé une minute avant de rire à nouveau, mais de lui-même cette fois.

- Tu vas être le vagabond le plus classe des États-Unis, lui avait dit Gabriel avec un large sourire en lui tapant dans le dos. »

Assis sur le banc d'une gare routière en Iowa, il attendait patiemment le départ de son bus. Sa destination était Boston, dans le Massachusetts. Il savait de source sûre que son père avait pris cette même ligne, directe depuis Billings dans le Montana jusqu'à Boston et on lui avait confirmé qu'il avait été jusqu'au terminus.

Castiel en avait donc pour quatre jours de voyages entrecoupés de restaurants routiers et d'étapes en ville où il dormirait dans des motels peu coûteux. Il avait tout prévu et même plus grâce à Gabriel. Son sac contenait les indispensables vêtements - y compris un tee-shirt que son cousin l'avait forcé à prendre - et sous-vêtements, un petit nécessaire de toilette et de la nourriture séchée ou en boite en cas de problèmes ainsi qu'une gourde d'eau. Et malgré tout ça, son sac en toile paraissait étonnamment vide et léger. Pas de souvenir, de photo de famille, d'objets auxquels il aurait pu être attaché. Pas même un livre. Tout juste avait-il pris un carnet et un crayon dans lequel il notait ses observations, gribouillait parfois voire faisait sécher une fleur étrange. Le fait est que quand il avait du temps, il commençait ses recherches, au cas où.

Il voyageait libre avec juste son sac, son téléphone portable et le pendentif de Dean. C'était son renouveau.

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04/09/06

Numéro inconnu 17:02

« Salut Cas ! C'est Dean alors retiens bien ce numéro ! J'ai un portable maintenant, on va pouvoir se parler n'importe quand et s'envoyer des textos ! »

Castiel 17:16

« C'est une bonne nouvelle. »

Dean 17:17

« Tu es où ? »

Castiel 17:18

« Je suis à Chicago. Je devrais arriver à Boston dans 2 jours. J'ai toujours ton collier »

Dean 17:20

« Super ! Je te laisse, mon père est rentré. Il nous a promis d'être plus souvent là cette année ! »

Dean raccrocha son téléphone en souriant. Il était content d'avoir eu le courage d'envoyer son premier texto à Castiel. Il avait longuement hésité, se demandant s'il ne devait pas plutôt appeler, et puis il avait fini par se décider pour les messages, plus courts, plus brefs, avec moins de silence, ça lui donnait l'impression que Castiel était encore là.

- Dean !

Le jeune homme sursauta au deuxième appel de son père, jeta le téléphone sur son lit et descendit dans le jardin s'entraîner au fusil et au combat à mains nues.

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Gabriel regardait le directeur de l'établissement avec un petit sourire fier et malicieux. Le directeur était un homme d'une quarantaine d'années, un peu bedonnant mais plutôt compatissant et gentil en règle générale. Il était du genre à recevoir les élèves dans son bureau pour écouter leurs plaintes, connaître les raisons de leur mauvais comportement, essayer de trouver des solutions et appeler les parents en dernier recours mais avec Gabriel... Rien n'avait fonctionné, rien. Il avait usé jusqu'à la corde toutes les méthodes pédagogiques qu'il connaissait, demandant même conseil à des confrères et consœurs, rien n'y avait fait.

Pourtant, à le regarder assis devant son bureau, à l'aise, confiant et souriant, on aurait pu croire à un jeune homme comme tous les autres, un garçon qui n'avait rien à faire dans son bureau, sauf que Gabriel ne faisait rien comme les autres. Il était fugueur mais adorait viscéralement sa famille, la défendant de tout son cœur dès que quelqu'un faisait des commentaires sur son étrangeté. Il était farceur et insolant, à la limite de la rébellion perpétuelle envers le corps enseignant, et pourtant les devoirs qu'il rendait étaient plutôt bons, voir même excellents. Il y avait de l'intelligence sous ce crâne contrairement à ce que voulait faire croire le premier intéressé !

Chez un autre, le directeur aurait peut-être cherché des signes de dépression mais ce petit blond souriait en permanence et ne donnait aucune impression de repli sur soi, il avait même plutôt tendance à être l'inverse, totalement ouvert aux autres. Rien ne cadrait.

Des coups à la porte de son bureau firent légèrement sursauter et grimacer l'adolescent. Ça avait duré une seconde. Ça n'aidait pas le directeur. Tout le monde savait que la famille Speight avait ses... particularités, mais Gabriel paraissait entouré malgré ça. Que ce soit ses parents ou ses frères, il y avait toujours quelqu'un pour venir le chercher, pour répondre aux convocations, pour s'occuper de lui en somme. Et il semblait extrêmement attaché à eux. Alors pourquoi fuguait-il ?

Un mystère blond.

- Entrez, autorisa le directeur en se rasseyant derrière son bureau, curieux de voir qui était venu cette fois.

Une femme plutôt petite, aux cheveux châtains coiffés en un chignon sophistiqué et portant une robe élégante entra dans le bureau. La mère donc.

- Bonjour Monsieur, s'annonça-t-elle poliment.

- Madame.

- Gabriel ?

- 'Lut M'man ! répondit l'adolescent avec un sourire rayonnant.

La mère regarda son fils, retenant visiblement un soupir. Le directeur ne pouvait pas lui en vouloir, la rentrée scolaire datait de deux semaines et c'était déjà la troisième fois qu'il appelait les Speight.

- Que s'est-il passé cette fois ? demanda-t-elle en se tournant vers lui.

- Votre fils a trouvé amusant de mettre de la colle forte sur plusieurs poignées de l'établissement. Il a aussi bloqué les fenêtres de trois salles dont le gymnase avant de lâcher des boules puantes à l'intérieur et il a finalement enfermé un de ses camarades dans les toilettes, celui-ci n'ayant pu être délivré que deux heures plus tard.

- Hé ! Mark n'est pas un camarade et il l'avait cherché, se justifia Gabriel d'un air offusqué. Il avait...

- Gabriel, soupira sa mère sans se retenir cette fois.

- ... Il avait fait des photos de Joyce volées dans les douches dans plusieurs classes, finit Gabriel en croisant les bras d'un air de défi.

- Monsieur Speight, si ce que vous dites est vrai, vous auriez dû venir nous en parler au lieu de faire votre vengeance personnelle, expliqua posément le directeur.

Gabriel le regarda avec condescendance avant de hausser les épaules et de rire.

- Gabriel, ça suffit, le réprimanda aussitôt sa mère.

- Ouais je sais, râla le blond. Je t'attends dans la voiture maman pendant que tu expliques au dirlo à quel point je suis un méchant garçon mais que tu vas tenter d'arranger ça. Au revoir Monsieur ! Ou... à bientôt ?

Gabriel fit un clin d'œil provocateur au directeur avant de sortir du bureau. Les mains dans les poches, un air guilleret plaqué sur le visage, il traversa l'établissement jusqu'au parking, saluant les rares élèves qui n'étaient pas en cours. Il avait eu raison d'enfermer Mark, il le savait ! Cet idiot ne comprenait rien à la manière douce alors que jouer sur sa claustrophobie... Il n'allait pas de sitôt rejouer au con avec la pauvre Joyce ! Tout ça parce qu'elle avait eu le malheur de lui dire non...

Arrivé devant la voiture, Gabriel se demanda s'il n'allait pas s'en aller, comme ça. Parce qu'il en avait marre. De quoi ? Il ne savait pas bien mais parfois ça allait un peu mieux quand il fuguait. Et puis il en avait envie et avec un peu de chance, ça ferait disparaitre la boule qu'il ressentait au creux de son ventre. Ouais, partir n'était pas une mauvaise idée. Sa mère allait être prise encore un bon quart d'heure avec le directeur du lycée, ce qui lui laissait une petite avance...

Une main se posant brusquement sur son épaule ruina ses plans. Il se retourna, prêt à se moquer de Mickael mais tomba sur le regard goguenard de Luc. Automatiquement, un grand sourire vint ourler ses lèvres. Il adorait Luc. Il avait le même âge que Mickael, soit sept ans de plus que lui mais il en était quand même plus proche que de Raphaël avec qui il n'avait que deux ans de différence. Luc était intelligent, grand, fort, savait toujours obtenir ce qu'il voulait, en bref, c'était lui que Gabriel admirait, encore plus que Mickael.

Physiquement, Luc ne ressemblait à aucun de ses frères. Il était grand, il avait la mâchoire prononcée, le torse large, les cheveux foncés et de magnifiques yeux bleus que Gabriel lui enviait. Luc possédait en plus un charisme magnétique qui faisait que tous les regards se tournaient toujours vers lui. Il avait ce sourire vainqueur aux lèvres, une attitude conquérante et il semblait ne jamais pouvoir connaître la défaite. Mais ce que Gabriel aimait le plus chez son frère, c'était son caractère. Quand il était de bonne humeur, Luc était riant, joueur, toujours partant pour rendre fou Mickey ou Raph. Il était le maître des tours de passe-passe et des farces improbables mais toujours drôles. Mais le grand talent de Luc, c'étaient les mots. Il avait toujours su comment les manier, comment les rendre aussi doux et agréables que le miel, embobinant qui il voulait quand il voulait. De son côté, Gabriel était plus franc dans ses démarches. Il mentait comme un arracheur de dents quand il le fallait mais il n'avait jamais su obtenir des choses de la part des autres par la simple flatterie contrairement à Luc qui aurait pu vendre une sucette à un diabétique ou convaincre une vieille dame de lui donner sa canne, le tout sans mentir une seule fois ! Il torturait les mots et leur signification, tordait les phrases tellement fort qu'elles en perdaient leur sens, mais il ne mentait pas. Et Gabriel était fasciné par ce don qui ouvrait toutes les portes à Luc.

- Alors, qu'est-ce que tu as fait cette fois Gaby ? sourit son aîné.

- J'ai refait le coup de la colle forte. Ça fonctionne toujours !

- Chaise ?

- Poignée. J'ai même eu l'infirmière !

- Joli p'tit frère, le félicita Luc en lui ébouriffant les cheveux.

- Pourquoi tu es là ?

- Pas cours aujourd'hui, prof malade. Et quand j'ai su que tu avais encore fait des tiennes, j'ai pas pu m'empêcher de venir admirer le résultat ! Tu vas rendre dingue Papa si tu continues comme ça, lâcha Luc, un ronronnement approbateur dans la voix.

- J'ai pas encore ton niveau, répondit Gabriel en rougissant légèrement de plaisir.

- Tu sais bien que tu ne peux pas me battre p'tit frère ! sourit Luc sur un ton légèrement condescendant.

Gabriel acquiesça et s'assit sur le capot, un sourire apaisé aux lèvres pendant que Luc lui faisait le récit de ses meilleures blagues et de la façon dont il s'en était toujours sorti. Puis la mère de Gabriel revint et ils roulèrent vers la maison.

Celle-ci se situait dans un quartier coté de Minneapolis et elle ne dénotait pas parmi les autres. C'était une belle bâtisse blanche de style colonial avec son perron ombragé et son grand jardin. Gabriel ne détestait pas la maison dans laquelle il avait grandi mais... Au fur et à mesure que le temps passait, les colonnades en bois, la rambarde et la palissade lui avaient donné une impression de barreaux de prison. Il aimait autant être ici qu'il y était mal à l'aise. Sa jolie cage dorée. Sa boite de pandore personnifiée. L'endroit où il avait grandi joyeusement jusqu'à ce que tout s'effrite, jusqu'à ce que sa famille heureuse, modèle de tolérance, pourrisse et devienne son enfer personnel.

A peine la porte d'entrée passée, Gabriel monta dans sa chambre sous le regard amusé de Luc pendant que sa mère allumait la télé pour regarder un soap opéra en engueulant le chat. Allongé sur son lit, il prit un des paquets de sucrerie rangé dans sa table de chevet et commença à gober les crocodiles en gélatine, s'amusant à les lancer puis à les rattraper avec sa bouche. Qu'allait-il faire maintenant ? Et est-ce qu'il allait retourner à l'école le lendemain ? A quoi cela servirait-il ? De toute façon, il savait qu'à la fin de l'année il lui manquerait des heures dans pas mal de matières et qu'il allait donc faire une année supplémentaire alors pourquoi se presser ? Il pouvait sécher et aller se balader, faire un tour au cinéma, aller à la confiserie ou se prendre une douceur chez le pâtissier français qui s'était installé en ville. Il pourrait même aller embêter Mickey à son travail ou squatter son appartement pour lui faire une surprise à son retour !

- Elle est en colère tu sais, indiqua Luc l'air de rien en entrant dans la chambre.

- J'ai fait pire, répondit Gabriel en continuant d'avaler ses bonbons.

Luc s'assit sur le bord du lit et attrapa quelques crocodiles avant qu'ils ne tombent dans la bouche de Gabriel. Cela rendit le blond nerveux qui en enfourna directement deux dans sa bouche pour se rattraper.

- Papa va pas être super content non plus. Imagine, il a passé une mauvaise journée et découvre ce que tu as fait ! s'amusa Luc avec un sourire joyeux. Mais ça en valait le coup, n'est-ce pas ?

Gabriel répondit par un faux sourire convaincu à son frère et augmenta sa vitesse de mastication. Bien sûr que cela en valait le coup ! Ou pas ? Luc avait raison, son père risquait d'être furieux contre lui... Lui qui n'appréciait déjà pas de voir que son benjamin ne suivait pas le même parcours brillant de ses aînés...

- J'ai entendu les voisins parler de toi Gaby, tu vas devenir célèbre si tu continues frangin ! Pas dans le même registre que moi ou Mickael mais c'est déjà pas mal. Et puis, tout le monde n'est pas fait pour rejoindre l'élite... Oh, il est bientôt l'heure pour moi de retourner à la fac, à ce soir !

Dès que Luc fut parti, Gabriel ouvrit un deuxième paquet de sucreries qu'il s'enfila en deux temps trois mouvements, les mains tremblantes et le regard hanté.

000

23/09/06

Dean 14:45

« Sammy s'est encore engueulé avec papa. »

Castiel 14:50

« Une raison ? »

Dean 14:52

« L'entraînement je crois. Il traîne toujours autant des pieds pour ça ! »

Castiel 14:54

« C'est si grave s'il n'y va pas ? »

Dean 14:58

« Il faut qu'il sache se défendre ! Papa a raison ! »

Castiel 15 :01

« D'accord. Pourquoi tu ne lui expliques pas ? »

Dean 15 :04

« Il veut rien entendre. »

Castiel 15 :05

« Ça s'arrangera. »

Dean 15 :06

« T'es où ? »

Castiel 15 :07

« Boston. »

Dean 15 :08

« Du nouveau ? »

Castiel 15 :11

« Pas pour l'instant. »

Dean soupira en renfermant son portable. Il pouvait presque voir à travers la porte les nuages noirs de mauvaise humeur et de colère que dégageaient son père et son frère. La dispute avait été violente comme toujours et Sam s'était enfermé dans sa chambre. Son père l'avait engueulé à travers la porte avant de descendre bruyamment les escaliers. Il avait dû s'ouvrir quelques canettes de bière, peut-être une bouteille de Whisky.

Dean ne comprenait pas. Il aurait dû se sentir heureux de la présence persistante de son père ! Il tenait sa promesse ! Mais la vérité, c'était qu'il en avait assez de l'entendre se disputer avec son petit frère. Assez de voir le regard de Sam se porter sur lui pour lui demander d'intercéder en sa faveur. Assez de voir le regard culpabilisateur de son père sur lui. Il ne voulait ni prendre parti ni être juge ! Il voulait juste pouvoir profiter un peu de sa famille, de son frère, sans cri, sans porte qui claque, sans cadavre de canettes ou de bouteilles. Et pire que tout, il aurait tant voulu que son cœur ne préfère pas son petit frère à son père...

29/09/06

Dean 10:13

« Je hais les maths ! »

Castiel 10 :20

« Et si tu essayais de suivre le cours ? »

Dean 10 :22

« Trop soporifique pour ça. »

Castiel 10 :24

« Ton prof te voit avec ton téléphone ? »

Dean 10 :25

« Je suis trop discret pour lui. »

Dean 10:30

« Ça avance pour toi ? »

Castiel 10 :31

« Pas trop. »

Dean rentra son portable dans sa trousse en voyant le regard du prof se faire plus insistant sur lui. Il fit semblant de suivre le cours durant deux minutes avant de scanner sa classe. Il avait largué sa dernière copine trois jours auparavant, il était temps qu'il en trouve une autre ! Et il la décrira à Castiel le soir-même, parce qu'il ne se passait pas une journée sans qu'il n'ait au moins deux discussions avec son meilleur ami. Il lui racontera n'importe quoi, tout ce qui lui passait par la tête. Parce que ça n'allait pas et parce que les messages de Castiel étaient ce qui lui redonnait le sourire, avant même le contact de la peau chaude des filles contre la sienne.

01/10/06

Dean 16:08

« On va déménager. »

Castiel 16:25

« Où ? »

Dean 16:26

« Sais pas. M'en fous. »

Castiel 16:27

« Dean ? »

Dean 16:42

« Sam tire toujours la gueule. Papa nous entraîne comme jamais. »

Castiel 16:44

« Ça va aller ? »

Dean 16:49

« J'ai envie d'appeler Bobby. »

Castiel 17 :01

« Pourquoi tu ne le fais pas ? »

Dean 17 :26

« Tes recherches donnent quoi ? »

Castiel 17:28

« Je pars pour New-York. »

Dean 17 :29

« La classe ! »

Castiel se prit à sourire devant le commentaire de Dean. Ils n'avaient pas eu de vraies conversations téléphoniques depuis son départ mais à la place Dean le saturait presque de textos. Le matin pour un bonjour. L'après-midi durant un cours qu'il abhorrait. Le soir pour râler contre son frère ou son père et lui dire bonne nuit. Dean semblait plus à l'aise avec les petits messages qu'avec les grandes discussions et ça arrangeait assez Castiel. Il ne se sentait pas à l'aise de parler avec un téléphone sur l'oreille à quelqu'un d'éloigné, contrairement à ces petits messages qui lui semblaient plus... Intimes. Parfois Dean déviait la conversation, comme aujourd'hui, parce que le sujet était trop sensible pour lui, mais dans l'ensemble ça allait. Ça rassurait Castiel de savoir qu'il avait toujours un lien avec Dean, avec la ville de sa naissance.

Rangeant son portable, le jeune homme repositionna son sac sur son dos et monta dans le bus. Il avait trouvé le fast-food qui avait engagé son père durant quelques mois. Ce dernier était parti moins d'un an plus tard en indiquant qu'il voulait voir New-york. Alors Castiel allait à New-York. Il allait voir de ses yeux la grande pomme ! Il était parti dans le seul but de trouver son père mais il découvrait en passant l'excitation des voyages et de la découverte. Son cœur battait fortement dans sa poitrine à chaque nouveau quartier, à chaque nouvelle rue foulée. Chaque pas était une nouvelle découverte et ses recherches l'amenaient à parler à plus de gens qu'il ne s'en serait cru capable. Et là, il allait à New-York! C'était très excitant mais aussi terrifiant...

Castiel réalisa l'ampleur de la tâche en s'asseyant dans le bus. Comment retrouver une personne disparue depuis quatre ans dans une ville aussi grande ? Ça semblait irréalisable et des bouffés d'angoisse montèrent en lui. Il avait l'impression soudaine de rapetisser. Il voyait New-York, immense, grouillante de monde, et lui, petit et perdu au milieu de la foule, cherchant un homme qu'il connaissait à peine. Il allait chercher une aiguille dans un bac de limaille de fer et il paniquait doucement mais sûrement.

Son portable vibra, il l'ouvrit par réflexe et jeta un coup d'œil à l'écran :

Dean 17:43

« Bonne chance. Je sais que tu le retrouveras. »

Castiel sourit, le découragement s'éloigna et il regarda le paysage défiler à travers les grandes vitres en s'installant plus confortablement. La peur d'échouer était toujours là mais il allait au moins essayer, pour ne rien regretter.

000

Mickael avait donné un double de ses clés à Gabriel depuis un bout de temps déjà. Au départ il avait déménagé pour obtenir un peu d'indépendance mais son jeune frère semblait ne pas l'avoir compris et avait très vite décidé de venir chez lui le plus souvent possible. Au début il forçait carrément la serrure pour rentrer, ce qui poussa Mickael à le réprimander sévèrement, n'en pouvant plus d'appeler le serrurier trois fois par semaine pour réparer ou changer son verrou. Gabriel avait, à son grand étonnement, aussitôt arrêté de forcer sa porte. Son cadet s'était ensuite contenté de s'assoir sur le palier et de l'attendre sagement, parfois plusieurs heures.

Mickael avait à nouveau craqué.

Gabriel n'était peut-être pas facile tous les jours mais il était son petit frère et le voir attendre, tristement assis à côté du paillasson, avait été un coup dur pour lui. Alors il lui avait fait un double des clés. Il avait cru que son frère allait s'évanouir quand il les lui avait remises, Gabriel semblant s'être arrêté de respirer. Et puis il avait reçu Le sourire, celui que son jeune frère ne sortait plus, lui préférant la malice ou la fausse innocence. Depuis, son appartement était devenu un énième refuge pour le fugueur quand il avait fait une énorme bourde.

Si bien que Mickael ne savait pas s'il était désespéré, triste ou en colère quand il découvrait Gabriel chez lui en rentrant le soir. Pour cette fois-ci, il se décida pour la neutralité et alla jusqu'à la kitchenette se faire un café, observant à la dérobée son frère assis sur le canapé, pâle, les cheveux collés au visage et le regard éteint. C'était la fin du mois d'octobre, normalement le début de la trêve hivernale, cette période durant laquelle Gabriel arrêtait de fuguer à tout va pour venir se réfugier chez lui. A quelques exceptions près.

- Que s'est-il passé ? demanda l'aîné en s'asseyant à côté de son frère.

- Je sais pas.

- Qu'as-tu fais ?

- Je sais pas, murmura le plus jeune en se recroquevillant sur lui-même.

- Papa et maman étaient là ?

- Avec Luc. Et Raph.

- Tu as encore fait une connerie à l'école ?

Gabriel ne répondit rien mais releva ses jambes contre son torse avant d'enfouir sa tête entre les deux.

- Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu fais tout ça ? soupira Mickael, fatigué de devoir encore gérer son petit frère à la place de ses parents.

- Je sais pas, gémit son cadet.

- Tu as dix-sept ans je te rappelle, bientôt dix-huit. Tu dois cesser d'agir comme un enfant.

Gabriel serra les dents et les paupières, se prenant la remontrance comme un coup en plein cœur. Pourquoi était-il venu chez Mickael ? Il savait ce qui l'attendait pourtant ! Son frère avait autre chose à faire que de s'occuper de lui. Il avait ses études, son travail, sa copine. Il était un vrai adulte lui ! Responsable et tout ! Il n'avait pas à s'occuper de son cadet à la limite de la délinquance qui avait un gros problème avec les sucreries, même si Gabriel cachait ce dernier fait sous de la gourmandise et une envie d'emmerder le monde.

Le canapé bougea à ses côtés, Mickael venait de se lever. Il l'entendit prendre son téléphone pour appeler leurs parents, connaitre le fin mot de l'histoire. Gabriel avait envie de pleurer. Il voulait partir. Fuir. Loin. Plus de culpabilisation. Plus de rappel à l'ordre. Plus de paquets de bonbons et de gâteaux à cacher. Il devait partir. Vite.

Se dépliant étonnamment vite pour quelqu'un qui paraissait amorphe jusque-là, Gabriel récupéra son sac à dos en allant vers la porte d'entrée. C'était son sac de cours et pas l'autre mais il avait toujours le minimum vitale et il savait comment se débrouiller. L'important pour l'instant c'était de partir, mettre de la distance.

Il avait la main appuyée sur la poignée de la porte quand Mickael lui attrapa le bras. Piégé. Il se tourna vers son frère pour lui demander de le lâcher mais sa voix se bloqua quand il tomba sur son visage grave et ses yeux sévères. Mickael n'avait pas lâché le téléphone et écoutait le compte rendu qu'on lui faisait, ses iris bruns s'assombrissant de plus en plus.

Voyant cela, Gabriel se débattit pour tenter de s'échapper de sa prise mais sans succès. Mickael, qui était légèrement plus grand que lui, l'écarta un peu brusquement de la porte et la verrouilla en prenant soin de garder la clé sur lui. Gabriel n'avait que la fenêtre menant vers l'escalier de secours pour s'enfuir mais un simple regard vers elle et Mickael se positionna entre lui et sa liberté. Nerveusement, il se mit à fouiller les placards de son frère jusqu'à ce que Mickael intervienne et emprisonne ses poignets après avoir raccroché le téléphone.

- Tu ne te souviens vraiment plus ? demanda son aîné d'une voix grondante.

Gabriel détourna la tête avec honte.

- Tu as séché les cours aujourd'hui et quand tu es rentré à la maison, tu as jeté les tartes que maman préparait pour une œuvre de charité. Pourquoi Gabriel ? Explique-moi pourquoi !

Parce que j'en avais avalé plus de la moitié, avait envie de dire Gabriel. Parce que c'est le seul moyen qui m'est venu à l'esprit pour que personne ne sache. Parce que je n'ai pas réussi à me contrôler. Parce que Luc et Maman se disaient des atrocités. Parce que Raph m'a demandé du regard d'intervenir. Parce que je suis nul et que je n'y arrive plus. Je n'arrive plus à être celui qui vous réconcilie tous, parce que je suis devenu inutile et même encombrant.

Mais Gabriel ne dit rien de tout ça, à la place il se dégagea vivement de l'emprise de Mickael, qui le lâcha en voyant son teint virer au vert, et se précipita vers les toilettes pour régurgiter une partie de ce qu'il avait avalé. Les tartes à la citrouille, à la pomme, à la rhubarbe et aux noix firent le trajet inverse dans son estomac, ça et les bonbons qu'il avait ingurgités ensuite. Une ombre recouvrit la porcelaine blanche, son frère qui le surveillait. Avait-il l'air inquiet au moins ? Gabriel était incapable de le dire, trop occupé à maîtriser son estomac et à combattre sa crise de foie.

000

06/11/06

Dean 16:36

« Salut Castiel ! »

Castiel 16:38

« T'es de bonne humeur aujourd'hui. »

Dean 16:40

« Et toi rapide ! Je me suis trouvé une nouvelle copine ! »

Castiel 16:41

« Et alors ? »

Dean 16:43

« Je crois que je vais le faire avec elle ! »

Castiel 16:44

« Faire quoi ? »

Dean 16:48

« Cas, c'est de la naïveté ou tu le fais exprès ? »

Castiel 16:53

« Je ne comprends pas. »

Dean 16:54

« On va coucher ensemble ! »

Castiel 16:56

« Oh ! Félicitation. »

Dean 16:59

« Tu me fais honte là... »

Dean secoua la tête avec amusement. Castiel restait encore et toujours le même. Il avait beau être à des centaines de kilomètres, rien ne changeait. C'était rassurant. Un point fixe dans son univers.

- Dean ? appela son frère de l'autre côté de la porte sa chambre.

- Tu veux quoi Sammy ?

- Je peux entrer ?

Dean rangea son portable dans sa table de chevet avant de donner son autorisation à son frère. Ce dernier entra et se posta nerveusement à côté de son lit.

- Tu... Papa n'est pas là ce soir, marmonna Sam en triturant ses cheveux qui retrouvaient lentement leur longueur.

- Et alors ? Tu devrais être content non ? demanda méchamment Dean.

- Ça fait longtemps et... On a du pop-corn dans les placards, bafouilla timidement son petit frère.

- Pas envie. Une autre fois.

Sam le regarda avec tristesse avant de repartir en traînant des pieds. Dean s'en voulait un peu mais son frère avait ravivé une sourde douleur en lui. Il aimait son père. Il l'adorait. Il voulait devenir comme lui plus tard ! Il voulait qu'il le félicite, pour s'être bien occupé de Sammy, pour être devenu un homme fort, pour être une fierté de la famille et pourtant... Pourtant il commençait à se dire qu'il ne voulait pas que son père revienne. Qu'il voulait retourner à l'époque où il était seul à s'occuper de Sammy. Et ce n'était pas normal ! Il... Il devait être le digne fils de son père, il n'avait pas le droit de le rejeter ! Il n'avait pas le droit de... de détester sa présence... Il n'avait pas le droit de se dire que son père avait tout faux avec Sammy... Que lui seul savait s'en occuper...

15/11/06

Dean 11:05

« Les cours de chimie c'est vraiment la loose. »

Castiel 11:22

« Si tu suivais ça irait peut-être mieux. »

Dean 11:23

« Rabat-joie. J'ai pas envie. »

Castiel 11:24

« Tu l'as fait alors ? »

Dean 11:27

« Ouais. On était chez elle, ses parents étaient pas là et franchement, c'était le pied ! »

Castiel 11:28

« C'est le but non ? »

Dean 11:30

« Cas tu... Laisse tomber... Du nouveau pour toi ? »

Castiel 11:31

« Pas pour l'instant. »

Dean envoya un mot d'encouragement à Castiel et raccrocha avant d'embrasser Cassie. Elle était belle et piquante et ensemble ils avaient vraiment passé un bon moment. Dean avait presque réussi à oublier qu'il se sentait seul, que son père ne lui inspirait plus que du dégout et qu'il se comportait comme un enfoiré avec son petit frère. Il avait presque oublié que sa vie était vraiment pourrie ces derniers temps. Depuis le départ de Castiel. Il avait presque oublié que son ami lui manquait plus terriblement qu'aucun autre auparavant.

18/11/06

Dean 01 :11

« C'est grand comment New-York ? »

Castiel 01:28

« T'as vu l'heure ? »

Dean 01:31

« J'arrive pas à dormir. Je t'ai réveillé ? »

Castiel 01:31

« Non. »

Dean 01:32

« Alors ? »

Castiel 01:33

« Très grand. Je me demande si je vais y arriver. »

Dean 01:35

« S'il y en a bien un qui peut, c'est toi ! Et puis la chance est avec toi ;) »

Castiel sourit et empoigna le pendentif pour y trouver un peu de réconfort.

Dean 01:47

« Sam a vu que je ne l'avais plus. »

Castiel 01:49

« Tu lui as dit quoi ? »

Dean 01:52

« Que je te l'avais prêté. Il m'a regardé bizarrement. »

Castiel 01:53

« Je te le rendrai. »

Dean 01:54

« T'as intérêt. »

Castiel rentra son portable dans sa poche et se dirigea vers le night-club. Il n'avait pas encore l'âge d'y entrer et encore moins de boire, mais il espérait que le videur pourrait le renseigner. C'était la seule piste qu'il avait et il ne comptait pas la lâcher.

000

Gabriel dormait dans la chambre d'ami de Mickael. Il y passait tellement de temps qu'elle portait presque son nom et ce n'était pas près de s'arranger. La fin d'année approchait et sa mère comme son père et Luc et même Raph' devenaient intenables. Mickael, vivant en dehors de la demeure familiale échappait un peu à l'hécatombe, mais pas Gabriel. Les disputes résonnaient en quasi permanence à ses oreilles. Tellement que les cris continuaient de sourdre dans sa tête alors qu'il était encore à moitié endormi dans son cocon de couette.

Une insulte vola plus haute que les autres et Gabriel se réveilla d'un coup, le cœur battant et l'esprit confus. Où était-il ? Qui était-il ? Qu'est-ce qu'il se passait ?

Reprenant peu à peu son calme, le jeune homme se leva et entrouvrit la porte de la chambre. Aussitôt, le bruit l'agressa.

- Tu te rends comptes que ma sœur pense que son fils a fui à cause de lui ? hurlait sa mère.

- Ta sœur exagère toujours tout, répondit la voix grave de son père. Et puis franchement, je me contrecarre de l'avis de cette trainée !

- Je suis sûr que Gabriel n'est pour rien dans la disparition de Castiel, intervint Mickael en essayant de calmer le jeu.

Le blond déglutit avec difficulté de l'autre côté de la porte. N'ayant rien vu venir durant le premier mois du départ de Castiel, il s'était cru à l'abri. Il avait eu tort. Tante Elisabeth avait juste mis du temps avant d'avouer son échec à sa sœur.

- Gabriel n'est qu'un sale gosse que tu as trop gâté, lâcha son père, le ramenant à la réalité. Si tu avais été plus ferme avec lui on n'en serait pas là !

- Tu veux qu'on reparle de Lucifer ? cria sa mère en utilisant le surnom qu'elle donnait toujours à Luc quand elle était énervée. Ton batard de fils que tu as osé ramener sous notre toit et que tu préfères même à Mickael !

- Il s'appelle Luc ! Au moins c'est un prénom normal pas comme toutes tes bondieuseries et lui, il sait qui sont ses deux parents ! On ne peut pas en dire autant de ton mulâtre de rejeton !

Gabriel referma la porte en silence. Ses mains tremblaient tellement qu'il dut les serrer fort contre lui pour essayer de se calmer. Le pas mal assuré, il alla vers son sac et fouilla désespérément dedans, espérant y trouver sa dose de sucreries. Mais rien. Il avait presque tout mangé avant d'arriver chez son frère la veille et avait achevé ses provisions durant la nuit, après s'être réveillé d'un cauchemar. Il n'avait rien à manger. Derrière la porte ses parents avaient arrêté les civilités et s'insultaient en s'envoyant toutes leurs erreurs passées à la figure, lui inclus.

Gabriel ne voyait plus qu'une porte de sortie. Littéralement. Il se rhabilla aussi vite que ses membres tremblants le permettaient, enfila son sac à dos et ouvrit la fenêtre de la chambre. Elle n'était pas vraiment prévue pour les évacuations mais il devait absolument partir. Et puis ce n'était pas la première fois qu'il fuyait par là. Il s'agrippa au rebord de la fenêtre et se déplaça lentement vers l'échelle de secours. Une fois atteinte, il n'eut plus qu'à descendre à toute vitesse.

Il crut vaguement entendre Mickael crier son nom dans la ruelle, peut-être alerté par le bruit de ses pas sur la structure métallique. Gabriel ne prit pas le temps de réfléchir davantage avant de courir dans la rue, cherchant une supérette pour combler son besoin pathétique et irrépressible de sucre avant de prendre le premier bus pour Sioux Falls.

Il n'alla pas chez sa tante. Castiel n'était pas là et il risquait d'être très mal accueilli de ce qu'il avait compris. Il n'alla pas non plus dans ses refuges habituels, il avait besoin de compagnie. Il trouvait dommage que les Winchester ne soient plus là, ça aurait été une bonne solution. Il restait un endroit. Un dernier qu'il pouvait tester. Parce qu'il était fatigué, parce qu'il avait froid, parce qu'il avait mal au ventre et qu'il se sentait affaibli.

Il toqua à la porte sans trop savoir ce qui l'attendait.

- Qu'est-ce que tu fiches là gamin ? demanda Bobby en fronçant les sourcils, intrigué.

- Hey ! Il parait qu'il y a un canapé de libre ici, lança Gabriel en sortant son sourire malicieux.

- Dean et Sam ne sont pas là si c'est eux que tu cherches.

Gabriel réussit par il ne savait quel miracle à maintenir son sourire alors qu'il se prenait le commentaire comme une claque dans la figure. En même temps, qu'avait-il espéré en venant ici ? Il ne connaissait Bobby que par Dean et Sam. Les propositions de ce dernier n'étaient que pures formules de politesse, il aurait dû le savoir.

- Entre avant de te transformer en bonhomme de neige, grommela Bobby avec inquiétude en voyant le jeune blanchir dangereusement sous ses yeux.

D'une main passée dans son dos, le ferrailleur poussa Gabriel à l'intérieur.

- Tu devrais aller prendre une douche pour te réchauffer.

- Il y a de l'eau chaude dans cette bicoque ? Qui l'eut cru !

- Hors de ma vue, petit crétin !

Gabriel ne se le fit pas dire deux fois et grimpa jusqu'à la salle d'eau. A peine fut-il sous le jet d'eau chaude que les premiers sanglots montèrent en lui, si forts qu'il dut s'appuyer sur le carrelage pour ne pas tomber. Si forts qu'il finit à genoux dans le bac de douche, l'estomac tordu par le trop plein de sucre et la peine.

000

01/12/06

Dean 07:43

« Hey Castiel. Bon anniversaire »

Castiel 07:47

« Merci Dean »

Dean 07:50

« Comment ça va pour toi ? »

Castiel 07:51

« Bien et toi? »

Dean 07:52

« On déménage. A Cleveland »

Castiel 07:55

« Bientôt ? »

Dean 07:56

« Ce week-end. »

Castiel 07:58

« Ca n'a pas l'air de te faire plaisir »

Dean 08:12

« On se revoit quand ? »

Castiel 08:13

« Pas avant Septembre Dean. Un an. »

Dean 08:17

« A bientôt Cas »

Castiel empocha son portable avec une certaine tristesse. Il ne pouvait pas arrêter ses recherches, c'était inenvisageable, surtout maintenant ! Devant lui se trouvait le Cardinal, le premier train du voyage coast to coast* qui l'attendait. Il aurait été plus rapide et moins cher de faire le trajet en avion mais son père avait pris le train, ce train, alors Castiel allait faire de même. Il espérait ainsi pouvoir le comprendre un peu mieux et éventuellement rencontrer parmi les agents du train quelqu'un qui l'avait croisé, qui pourrait lui donner une indication sur la suite de son parcours.

Détachant son regard fasciné de la vieille locomotive cubique des années soixante-dix, Castiel grimpa dans son wagon et chercha son compartiment. Il le trouva sans mal et s'assit sur la banquette. Il se demanda un instant si son père avait été à cette place ou à une autre, avant de réaliser que ça n'avait pas une grande importance finalement. Là, assis dans ce vieux train, il avait l'impression de vivre son aventure comme jamais et la recherche de son père passa presque au second rang dans son esprit. Quand le train se mit en branle et que le paysage défila sous ses yeux incrédules, son père disparut complètement de son esprit..

Il n'avait jamais été un voyageur, il était resté toute sa vie à Sioux Falls avant de partir pour sa quête et n'avait pas spécialement envisagé de partir. Par conséquent, chaque nouvelle ville qu'il avait traversée avait été pour lui une découverte, un mélange d'excitation et de peur. Sauf que cette fois, il n'y avait pas de peur. Uniquement de l'émerveillement.

Le train tanguait au gré des rails et le son de la locomotive et du fer contre le fer ronronnait le long de la longue carcasse métallique, berçant les quelques voyageurs. Castiel vit passer Washington sous ses yeux, tellement différente de New-York avec ses immeubles bas et blancs. Puis le train prit de la vitesse et s'enfonça dans l'arrière-pays. Castiel vit l'Amérique défiler sous ses yeux. Il voyait le paysage recouvert de son manteau de neige, d'un blanc immaculé et il avait l'impression que le train roulait sur un nuage, les rails le conduisant dans des lieux à peine fréquentés qu'aucune route ne traversait, uniquement le chemin de fer. Les grands espaces, ces petites villes, ces vallons et ces forêts ainsi que ces immenses champs endormis pour l'hiver. Le train avançait, vite et loin et Castiel réalisa doucement qu'il était entrainé par le mouvement. Il avançait, dans sa tête et dans son cœur alors qu'il contemplait son pays depuis sa bulle de métal.

Lentement, Castiel se roula en boule contre la fenêtre, laissant son corps suivre mollement les mouvements réguliers du train, ses pensées défilant avec le paysage. Ses paupières papillonnaient, il somnolait, rêvait, mais ne dormait pas. Il pensait à lui, à sa famille, à Sam, à Gabriel, à Dean... A ce qu'il ressentait pour ce dernier. Machinalement, il sortit son portable et relut les messages laissés par son ami, un léger sourire flirtant sur ses lèvres. L'impatience de Dean à vouloir le revoir lui réchauffait le cœur, ses problèmes de déménagement l'attristaient, ses commentaires sur ses cours l'amusaient et son message sur sa première vraie relation sexuelle...

Castiel n'était pas tout à fait sûr de ce qu'il ressentait quand il relisait celui-ci. Il était content pour Dean bien entendu ! Ce dernier avait semblé si content de sauter le pas qu'il ne pouvait qu'être heureux pour lui ! Mais il y avait plus. Et moins aussi. Pour une raison qu'il commençait tout juste à envisager, ça lui serrait le cœur de voir son ami sortir avec des filles. Qu'il y en ait une, deux ou quarante, Castiel s'en fichait, c'était le principe même de Dean avec la gente féminine qui le rendait malheureux. Dean était hétéro, purement et simplement. Lui ne... Lui non.

02/12/06

Dean 09:03

« Cas, je crois que je vais étriper Sam... »

Castiel 09:05

« Qu'est-ce qu'il t'arrive ? »

Dean 09:10

« Il tire une tête de trois pieds de long et refuse de préparer ses cartons. Il est furieux que papa nous fasse à nouveau déménager. »

Castiel 09:11

« Pas toi ? »

Dean 09:11

« Que veux-tu dire ? »

Castiel 09:12

« Tu es content de partir ? »

Dean 09:14

« Papa est là plus souvent, comme promis ! Il essaye même de nous apprendre des trucs ! »

Castiel 09:16

« Tu n'as pas répondu à ma question. »

Dean 09:21

« Parce qu'elle est débile. Si papa s'en va, c'est évident que je vais le suivre. C'est mon père ! »

Castiel 09:22

« Mais toi, tu as envie de changer de ville ? »

Dean 09:26

« Je te laisse, j'ai des cartons à faire »

Castiel soupira en voyant le dernier message de Dean. Celui-ci pouvait être plus buté qu'un cochon quand il s'y mettait ! En attendant, son second train l'attendait. Il monta dans le California Zephyr, prêt à entamer son long voyage de Chicago jusqu'à San Francisco.

000

Dean serra son portable contre lui, roulé en boule dans sa chambre déjà vide. Ce n'est pas qu'il ne voulait pas partir, il s'en fichait royalement même. Cette ville ou une autre, quelle importance ? Il n'y avait qu'une ville dans tout le pays qu'il voulait revoir ! Toutes les autres n'étaient que des lieux de passage. Le problème était ailleurs. Le problème c'est qu'il était en train de perdre Sam à défendre son père. Le problème c'est qu'il perdait confiance en son père à mesure qu'il s'occupait de Sam.

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A suivre

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* j'ai gardé la version américaine du nom que je trouve plus jolie que sa traduction.

Voilà ! Bien plus court que d'habitude mais c'est le chapitre qui veut ça (j'ai essayé plus long mais au mieux je m'embourbe...) J'essayerai d'écrire un chapitre pour le week-end prochain mais rien n'est sûr. Suis en vacances et même si j'ai internet et ma tablette, je ne vais être que partiellement maitresse de mon emploi du temps XD Promis, je fais au mieux ;)