CHAPITRE 11 : Lee et Alicia

« Et la victoire va aux Gryffondor ! Ce sera l'occasion pour tout le monde de se boire une bonne citronnade ce soir ! »

Le hurlement de joie de Lee Jordan explosa dans tout le stade, si fort que certains élèves se bouchèrent les oreilles. Katie Bell se pencha sur son balai pour serrer Alicia Spinnet dans ses bras. Echevelée par le vol, cette dernière souriait largement. Définitivement, elle adorait le Quidditch et l'équipe qu'elle formait avec Katie et Angelina était parfaite. Plus loin, les jumeaux Weasley étaient en train de pousser Harry du coude. Il tenait encore le vif d'or dans les mains. Tout souriant, il n'avait pas l'air d'y croire lui-même.

Alicia était essoufflée. L'équipe de Poufsouffle était vraiment très bonne et ils avaient d'ailleurs failli gagner à plusieurs reprises. Mais elle ne s'était pas laissées faire. Ce n'était pas pour rien que Lee les appelait les trois lionnes de Gryffondor.

La foule continuait à rugir et à applaudir mais déjà beaucoup d'élèves étaient en train de quitter les gradins pour retourner vers le château. C'était vrai qu'il faisait froid, surtout avec cette petite pluie qui tombait depuis le matin et ils avaient joué plus de deux heures. Ça avait été un grand match. Elle essuya ses mains détrempées de pluie et de sueur sur son pantalon et patienta un peu. Elle aimait être la dernière à quitter le stade, ou en tout cas l'une des dernières. Comme si elle laissait la foule se décanter pour mieux pouvoir dire au-revoir au champ de bataille. C'était ridicule, elle le savait, mais ça l'amusait.

Et puis c'était selon ce qu'elle avait envie de faire, rien à foutre du reste. Ce qui comptait, c'était elle, ce qu'elle voulait et ce qu'elle pensait. Alicia avait toujours été comme ça. Elle n'était pas réellement égoïste mais elle était fille unique et bien qu'elle eut des amis elle n'avait jamais eu qu'elle à qui réellement penser. Ce n'était pas qu'elle ne voulait pas s'intéresser aux autres, juste qu'elle n'était pas sûre que sa présence puisse apporter grand-chose aux autres de toute façon.

Le temps qu'elle réfléchisse à tout ceci et volette doucement tout autour du terrain pour éviter d'attraper froid, le stade s'était vidé, si ce n'était quelques derniers retardataires. Elle patienta encore quelques minutes, pour être sûre d'être tranquille et descendit finalement jusqu'aux vestiaires.

Se changer et se doucher avec Angelina et Katie n'était pas un problème pour elle, mais aujourd'hui, elle avait eu envie de savourer sa victoire seule. Son balai sur l'épaule, elle se traversa le couloir juste au moment où ses deux compagnes en sortaient, en tenues moldues et les cheveux encore ruisselant.

« Et c'est maintenant que tu arrives ? sourit Angelina. On est prêtes depuis des heures.

_ Je discutais, répondit Alicia avec aplomb. Avec une fille, je ne sais pas son nom mais je crois qu'elle aimerait postuler pour l'équipe l'année prochaine. »

Et sans s'avancer plus dans la discussion, elle entra dans le vestiaire, ferma la porte. Comme elle s'en était doutée, il était vide. L'équipe de Poufsouffle comportait plus de garçons que de filles et celles-ci devaient déjà être parties depuis un moment.

Elle retrouva le casier où elle avait enfermé ses affaires et entreprit de se déshabiller. Alicia aimait être nue. Elle aimait la sensation de l'air qui caressait sa peau, la liberté qu'offrait cet état. Mais ce n'était pas pour autant qu'elle était exhibitionniste ! Si quelqu'un autre que Angelina et Katie était entré à cet instant précis, elle en serait morte de honte. C'était une fille sportive mais comme toutes les filles, justement, elle complexait énormément sur son corps. Elle trouvait ses seins trop lourds, ses hanches trop larges, ses cuisses trop épaisses. Elle se trouvait laide si ce n'était repoussante. Ses amis et sa mère avaient beau lui dire qu'elle se faisait des montagnes de peu et qu'elle était très bien, mais il n'empêchait.

Elle se dirigea vers la salle des douches. Un filet d'eau s'écoulait encore d'un pommeau. Le robinet avait sûrement été mal fermé. C'était typique de Katie ça. Elle ferma le robinet et se choisit une douche un peu plus loin. Elle fit couler l'eau, attendit qu'elle soit bien chaude pour se glisser dessous. Le jet brûlant sur son corps chassa les courbatures dues au match qui commençaient déjà à pointer le bout de leur nez. Elle passa ses mains dans ses longs cheveux blonds, les laissant cascader dans son dos. L'eau chaude lui faisait un bien fou et pour un peu, elle serait restée là toute la soirée.

Mais il fallait quand même qu'elle songe à rentrer, d'autant qu'elle n'avait pas encore tout à fait fini ses devoirs et qu'elle avait trois exercices de potions à commenter pour le lendemain.

Elle tendit la main vers la bouteille de gel douche…

… Pour se rendre compte qu'elle était restée dans son casier. Elle poussa un juron. Quelle tête en l'air ! Elle regarda autour d'elle mais personne n'en avait laissé à disposition. Tant pis, elle allait être obligée de retourner la chercher.

Elle coupa l'eau. Ses parents lui avaient toujours appris à le faire et ce n'était pas parce qu'elle était à Poudlard et non à la maison qu'elle devait perdre le réflexe.

Elle se glissa hors de la pièce et tomba nez à nez avec Lee Jordan. L'espace d'un instant, il ne se passa rien puis tous deux poussèrent un cri. Alicia plongea derrière un casier dont elle ouvrit la porte pour se dissimuler alors que lui pivotait sur ses talons pour regarder ailleurs.

« Pardon, pardon, pardon, gémissait-il. Je pensais que tout le monde était parti.

_ Mais qu'est-ce que tu viens foutre ici ? »

Il rigola.

« J'ai… c'est con hein, mais j'ai perdu Jojo.

_ Jojo ? Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel encore ?

_ Jojo, c'est mon véracrasse. Je l'avais sauvé d'une préparation de potion et depuis je l'ai adopté.

_ Un… un véracrasse ? »

Alicia se retenait à grand peine de hurler. Déjà, elle commençait à frissonner, toute nue et trempée, elle se rendait bien compte qu'il ne faisait pas très chaud. Et tout ça, pour un stupide véracrasse qui s'était sauvé ! Elle n'en revenait pas. Et cet imbécile de Lee qui ne semblait pas du tout avoir l'intention de quitter ce vestiaire et la laisser terminer de se laver et s'habiller tranquillement. Si elle n'avait pas laissé sa baguette dans son vestiaire, elle lui aurait lancé un Doloris tiens.

« D'ailleurs, est-ce que tu le vois ?

_ Non je ne le vois… »

Elle se tut. Mais si justement ! L'infâme, l'horrible, le visqueux petit animal était là, sur un banc, à quelques pas d'elle à peine, se dandinant, tout gluant, pour avancer péniblement. Alicia en avait déjà vu et manipulé plusieurs mais elle les détestait tout de même. Ces choses, mortes ou vivantes, étaient affreuses. Elle poussa un hurlement.

Lee se retourna brusquement, ce qui fit hurler Alicia de plus belle. Du doigt, elle pointa l'horrible véracrasse. Il se précipita sur lui, tira une boîte d'allumettes de sa poche et l'y enferma.

« Vilain Jojo, le rabroua-t-il comme s'il était capable de l'entendre. Tu m'as fais peur.

_ Et à moi aussi et… »

Merlin, voilà que Alicia se sentait mal maintenant. Non quand même, elle n'allait pas défaillir pour un stupide véracrasse, nue et devant un garçon qu'elle avait toujours trouvé craquant ? Elle nageait en plein cauchemars. Quelle horreur, quelle…

Ses genoux tremblaient, elle avait chaud mais elle avait aussi très froid. Elle allait tomber.

« Alicia ? Ça ne va pas ? »

Lee s'avança vers elle et posa la main sur son flanc. Alicia se sentit partir, ses pieds glissèrent, elle tomba dans ses bras. Mais elle ne s'évanouit pas. Il sourit tout en l'entraînant vers le bas où il avait ramassé Jojo quelques secondes plus tôt.

« C'est moi qui te fais cet effet.

_ Pitié Lee, je crois qu'il vaut mieux… »

Il l'embrassa. Alicia sentit toute trace de défaillance s'envoler. Elle était nue, et elle l'embrassait et plus rien d'autre ne comptait. Elle passa ses bras autour de son cou et répondit à son baiser, cherchant sa langue de la sienne. Machinalement les mains du jeune homme cherchèrent à se positionner sur son corps. L'une se posa sur sa hanche et la chaleur de la paume laissa une empreinte brûlante sur sa peau. L'autre effleura un sein. Lee n'avait pas l'air gêné. Alicia se doutait qu'elle n'était pas la première fille qu'il touchait tout comme il n'était pas le premier qu'elle embrassait et… pas la peine d'en dire plus. Et puis elle préférait se concentrer sur l'instant.

La main de Lee était en train de pétrir son sein. Du pouce, il jouait avec le téton, le faisant rouler pour le faire durcir. Alicia aimait ça et elle rompit le baiser pour ouvrir sa veste et la faire glisser au sol. En-dessous, il portait un t-shirt moldu elle le lui retira. Il n'était pas très musclé et il était un tout petit peu trop mince mais sa peau était douce, agréable à toucher. Elle joua avec les poils sur sa poitrine, les entortillant autour de son index. Il sourit, se pencha en avant pour embrasser son cou et, du bout de la langue, tracer un sillon jusqu'à son sein dont il emprisonna le mamelon entre ses lèvres. Elle rejeta la tête en arrière et poussa un soupir. Mais déjà il délaissait son sein pour continuer à descendre vers son nombril.

Elle passa les mains dans ses cheveux, s'amusa à jouer avec ses rastas. Et lui, il continua à descendre jusqu'à ce que ses lèvres effleurent celles de son sexe. Elle s'ouvrit à lui, s'allongea sur le banc sans délacer ses doigts de ses cheveux. Il embrassa son pubis puis glissa sa langue entre ses lèvres pour chercher son clitoris qu'il suçota une fois qu'il l'eut trouvé. Elle gémit de plaisir, lança son bassin en avant pour aller plus en avant à la rencontre de sa bouche. Sa langue et ses lèvres parcoururent son sexe puis il se redressa malgré ses protestations et baissa son pantalon et son caleçon.

Son sexe était en train de durcir. Alicia haussa les sourcils.

« Ce qu'on dit des noirs n'est pas un mythe alors.

_ Je ne suis pas entièrement noir. Je suis métis. Mais j'ai pris le meilleur des deux côtés. »

Elle sourit en retour et empoigna son sexe. Sa main lui intima quelques mouvements de va et vient. A moitié agenouillé sur le banc, Lee ondulait doucement des hanches en respirant fort. Il n'était pas encore prêt à aller plus loin et Alicia le prit entre ses lèvres pour l'y aider. Elle le sentit durcir contre sa langue tandis qu'elle le faisait glisser le plus possible avant de revenir en arrière. Ce fut au tour de Lee de passer la main dans ses cheveux.

Lorsque son érection fut suffisamment importante, il la repoussa doucement et elle s'allongea à nouveau sur le banc. Il se positionna le mieux possible et empoigna son sexe pour le guider jusqu'au sien. Lorsqu'il s'allongea sur elle, Alicia ne put retenir un gémissement. Elle le sentit entrer en elle délicatement, si doucement que c'en était presque une torture.

Leurs hanches se touchèrent et elle referma les jambes autour de lui. Il avait l'air concentré, c'en était presque drôle. Il bougea, tout doucement, presque timidement. Alicia s'agrippa à ses épaule, le griffa et ce fut comme le signal de départ, comme une autorisation. Lee ne se retint plus. Prenant appui sur ses mains, il laissa déferler tout son désir et bougea rapidement, de plus en plus vite. Sa chair heurta celle de la jeune fille, son sexe s'introduisant en elle avait une telle soif de plaisir qu'elle ne put se retenir de gémir. Elle qui avait toujours trouvé vulgaire ces filles qui criaient pendant qu'elles faisaient l'amour se surprenait maintenant à faire de même.

Chaque poussée de Lee lui procurait un plaisir grandissant. Elle sentait sa présence en elle, comme s'il complétait un vide. Et soudainement, la jouissance la prit. Elle poussa un cri, planta ses ongles dans la chair des épaules de son compagnon et le griffa, serra ses jambes contre lui, plaqua son bassin contre le sien. Lee avait le visage contracté, de la sueur qui perlait aux tempes. Il se retenait pour la laisser atteindre le plaisir jusqu'au bout et lorsque, la bouche grande ouverte et les yeux écarquillés, elle retomba contre le banc, il se dégagea de son intimité juste à temps pour jouir à son tour.

Il s'assit sur le banc. Son sexe avait déjà ramolli. Alicia se redressa pour s'asseoir à côté de lui.

« Balle de match, souffla-t-il en souriant. Gryffondor gagne.

_ Gryffondor gagne toujours. »

Lee se déshabilla complètement pour l'accompagner sous la douche. Cette fois, elle n'oublia pas sa bouteille de savon. Ils s'embrassèrent plusieurs fois, se touchèrent encore un peu tandis qu'ils se savonnaient puis ils se séchèrent, s'habillèrent puis rentrèrent au château main dans la main. Arrivés dans le hall, les jumeaux vinrent les intercepter.

« Lee, il faut que tu vois ça ! »

Ils alpaguèrent le garçon et l'entraînèrent. Alicia, elle, remonta jusqu'à la tour des Gryffondor. Elle avait encore des devoirs à faire. Mais elle se laissa tomber dans un fauteuil près de la cheminée, les muscles fatigués du double effort qu'elle leur avait demandé, son ventre se souvenant du plaisir que lui avait donné Lee. Elle ferma les yeux et sourit. Elle ne finirait pas ses devoirs mais elle avait gagné bien mieux.