Disclaimer : Les personnages appartiennent exclusivement à notre chère J.K. Rowling et cette formidable histoire est le fruit de l'imagination de la talentueuse Tira Nog. Vous l'avez donc compris, je ne suis que la traductrice. Rendez-vous sur mon profil pour avoir accès au profil de l'auteur ainsi qu'à l'histoire originale en anglais.
Beta : Julielal pour son merveilleux travail de correction et Alexiel_v pour la relecture !
Chapitre 11 :
Ron était allé chercher les manteaux d'hiver de Harry et de Snape, ainsi que leurs écharpes et leurs gants un peu plus tôt et les avait rétréci pour qu'ils soient à leur taille. Maintenant, Hermione était en train de les emmitoufler.
Harry prit sa main aussitôt qu'ils eurent quitté leurs quartiers. Il écarquillait toujours les yeux face à tout ce qu'il voyait dans Poudlard. Severus marchait calmement à côté d'elle, ne semblant à présent plus importuné par leur compagnie.
Il faisait froid et il neigeait lorsqu'ils sortirent de l'école. Les flocons tombaient toujours lentement du ciel. Le sol était recouvert d'un tapis de neige fraîche et la Forêt Interdite ressemblait à un paysage de carte de Noël. Un chemin avait été magiquement dégagé depuis l'entrée de l'école jusqu'à la route qui menait à Pré-au-Lard.
Harry se prit immédiatement d'enthousiasme.
« Regarde toute cette neige ! Je n'en ai jamais vu autant ! Est-ce que je peux aller y jouer, Hermione ? S'il te plait ? »
Incapable de lui refuser quoique ce soit lorsqu'il avait l'air tellement heureux, Hermione acquiesça.
« C'est d'accord. Mais ne te mouille pas trop. »
« Merci, Hermione ! »
Harry relâcha sa main et se lança directement dans le monticule de neige le plus proche. Il se roula dedans en riant et en hurlant comme un fou.
Hermione regarda le garçon à la mine sombre à côté d'elle. Le professeur Snape aurait jeté un regard noir à Harry et aurait fait des commentaires perfides sur cette perte de temps et d'énergie. Mais ce Severus-ci n'était assez vieux pour être aussi amer face aux plaisirs d'autrui. Il regarda simplement Harry jouer comme si c'était une activité qui ne lui était pas applicable. Il était toujours la personne mise à l'écart, réalisa-t-elle, beaucoup plus que Harry ne l'était, car même s'il avait pourtant eu une enfance difficile, il était toujours très enthousiaste à l'idée d'accepter un peu de bonheur lorsqu'il croisait son chemin. Severus était en permanence tellement sérieux que ça la blessait de le voir ainsi, si proche du bonheur, mais ne pouvant pas l'atteindre.
« Severus, tu n'aimerais pas jouer dans la neige avec Harry ? », demanda-t-elle, un petit nuage de vapeur se formant dans les airs alors qu'elle parlait.
Il leva ses yeux noirs et tristes vers elle.
« Je ne suis pas autorisé à jouer dans la neige. Ce n'est pas digne. »
« Tu n'as pas besoin d'être digne tout le temps », dit-elle doucement, avec un sursaut de haine pour les grands-parents du garçon.
Ce n'était pas étonnant que les autres enfants se moquent de lui. Le pauvre garçon ne savait même pas comment s'amuser.
« Tu es autorisé à t'amuser un peu. Tu n'aimerais pas essayer ? »
Il se mordit la lèvre inférieure.
« Je ne sais pas comment faire. Je n'ai jamais essayé auparavant. »
« Harry non plus », dit-elle, en montrant du doigt l'endroit où Harry était en train de faire des boules de neige. « Vas-y. Va près de lui et essaye. »
Severus s'avança d'un pas incertain vers le tas de neige le plus proche, laissant échapper un cri sous la surprise lorsqu'il s'y enfonça jusqu'aux genoux. Vu l'expression affichée sur son visage, on aurait dit qu'il allait paniquer, mais Harry se glissa alors jusqu'à lui.
« C'est chouette, hein ? », rit Harry. « Tu veux faire un fort ? »
« Un fort ? », répéta Severus, fixant Harry puis l'étendue de neige intacte qui les entourait.
« Mon cousin Dudley et ses amis en faisaient tout le temps », dit Harry. « C'était à te couper le souffle. »
« Bien sûr que c'était à se couper le souffle. C'était froid, c'était de la neige », répondit sèchement Severus.
« Non, pas dans ce sens-là », objecta Harry. « Allez viens. Aide-moi à pousser un peu de neige par ici, et tu verras par toi-même. »
Hermione avait de la peine pour Severus lorsque celui-ci leva un tas de neige dans ses bras et qu'il tomba directement sur le sol.
Mais Harry était un professeur patient.
« Tu dois d'abord la tasser afin que ça ne tombe pas. Tu vois ? Comme ça. Ouais, c'est mieux. »
Ils entassèrent tous les deux la neige pour former des blocs et construisirent un mur avec.
Hermione regarda les deux garçons travailler côte à côte. Leurs deux manteaux noirs étaient maculés de neige et les cils de Severus étaient également tachetés de poudreuse, mais ils avaient l'air de ne s'être jamais autant amusés.
« Non », dit Severus, à peu près dix minutes plus tard, alors que Harry amenait une autre pile de neige au-dessus de sa tête. « Ne mets pas ça là. C'est trop grand. Le mur va... »
Leur fort s'écroula sur leurs têtes avant que Severus n'ait fini de dire son avertissement. Les blocs de neige s'écroulèrent au-dessus des enfants accroupis, les ensevelissant temporairement. Après un moment de silence religieux, les deux garçons se démenèrent pour sortir de l'avalanche blanche pelucheuse.
Severus était debout, recouvert de neige jusqu'à la nuque, et Harry était toujours à quatre pattes en essayant de dégager son corps. Lorsque Harry leva la tête, il rencontra le regard de Severus.
Hermione retint sa respiration, attendant la condamnation cinglante. Elle connaissait la manière dont Snape répondait aux incompétents. Pauvre Neville, il ne pouvait toujours pas s'asseoir du même côté de la table que son ancien professeur.
Mais le silence se prolongea. Au bout d'un moment, Harry commença à glousser et puis... à son plus grand choc et plaisir, Severus rit également. Secouant la neige qui était sur eux comme des petits chiens, ils rampèrent hors de leur abri dévasté, s'aidant mutuellement alors qu'ils se glissaient entre les piles instables. Ils étaient toujours en train de rire lorsqu'ils titubèrent vers elle sur le sentier.
Severus arrêta immédiatement de ricaner et recomposa son visage en affichant ses traits impassibles caractéristiques dès qu'il remarqua qu'elle l'observait, mais il avait ri, et c'était bien plus que ce dont elle le croyait capable.
« Ça avait l'air drôle. Est-ce que vous vous êtes bien amusés ? », demanda Hermione, pointant sa baguette dans leur direction en marmonnant un sortilège de séchage.
« Oui », s'exclama Harry, alors que son manteau et ses vêtements séchèrent sur lui. « On pourra recommencer plus tard ? »
« Si nous revenons suffisamment tôt. Sinon, nous reviendrons demain, promis », lui assura-t-elle, en prenant la main de Harry avant de continuer leur chemin vers Pré-au-Lard.
Ils s'arrêtèrent d'abord au magasin de vêtements. Frokchic ressemblait à un magasin de vêtements Moldu où les articles étaient disposés sur des étagères. Il y avait des rangées et des rangées avec chaque type de vêtement sorcier envisageable.
L'enthousiasme de Harry pour acheter des vêtements qui lui allaient était contagieux. Pendant que Harry jouait à cache-cache derrière les étagères de vêtements et que Severus se tenait à côté d'elle, ennuyé et la mine morose, Hermione leur trouva des sous-vêtements et des chaussettes pour tenir une semaine.
Mais ce fut lorsqu'ils durent choisir quelle robe prendre dans les étagères où il y avait toutes les couleurs de l'arc-en-ciel que Harry prit le plus de plaisir.
« Est-ce que je peux avoir la bleue et la verte, Hermione ? », demanda Harry, les yeux verts remplis d'espoir, aussi verts que le vêtement choisi d'ailleurs, alors qu'il farfouillait dans les vêtements sur l'étagère.
« Oui. Je vais également te prendre quelques robes noires en guise d'uniforme, au cas où nous n'aurions pas réglé ce problème avant que les cours ne recommencent. Minerva a parlé au directeur de l'école de Pré-au-Lard afin de lui faire savoir que vous pourriez peut-être vous y rendre d'ici quelques semaines. »
« Je vais aller à une école de Sorcellerie ? »
Même cette chose semblait faire énormément plaisir à Harry.
« Oui Harry. Tu iras. »
Hermione se tourna vers Severus.
« Et en ce qui te concerne Severus ? Quelle couleur de robes désires-tu ? »
Severus semblait surpris. Après un silence, il dit avec réticence, « Je suis seulement autorisé à porter du noir. Les autres couleurs sont... »
« Ne sont pas dignes, je sais », compléta Hermione, ne voulant pas considérer ce qu'il avait dû endurer pour que ce garçon intelligent en arrive au point de réciter bêtement ces restrictions alors que les personnes qui les avaient créées n'étaient même pas présentes.
« Severus, je sais que tes grands-parents étaient très stricts avec toi, mais tu n'es pas avec eux à présent. Si tu veux choisir une autre couleur que noir, vas-y. Tu es très digne, tu n'as pas besoin de compter sur tes vêtements pour ça. »
Elle les emmena un peu plus loin dans l'allée.
« Voilà, celles-ci sont à ta taille. Cherche et vois lesquelles tu aimerais. »
La tentation étincela sur son visage. Après quelques brèves hésitations, il commença à bouger les vêtements dans le rayon. Pour finir, il demanda, « Puis-je avoir la verte ? »
« Bien sûr. Tu en auras besoin de plus d'une. Prends-en une autre et nous prendrons également une noire pour l'école. »
Ses sourcils se froncèrent sous la concentration alors qu'il farfouillait dans les robes. Il s'arrêta devant une en particulier et regarda Hermione, « Je suppose que celle-ci ne serait pas convenable ? »
Hermione serra les lèvres. La robe qu'il tenait était couleur lilas, pratiquement rose. Ce n'était certainement pas une couleur qu'elle l'aurait encouragé à choisir, mais il l'avait choisi de lui-même et elle lui avait dit qu'il pouvait prendre la couleur qu'il désirait. Ne voulant pas retirer sa promesse, elle lui dit d'un ton un peu incertain, « Je ne dirais pas que ce n'est pas convenable. »
En voyant son enthousiasme à peine masqué, elle sourit.
« Et bien, pourquoi pas ? Tu es certainement suffisamment grand pour arriver à bien la porter. »
Bien que le sourire ne toucha pas les lèvres de Severus, l'éclair de surprise dans ses yeux la rendit très heureuse.
« Est-ce qu'on rentre à la maison maintenant ? », demanda Harry, alors qu'ils sortaient du magasin de vêtements quelques instants plus tard.
Hermione rangea avec soin leurs articles rétrécis dans sa poche et leur fit un sourire.
« Pas encore. Nous avons encore quelques magasins à aller voir. »
« Encore des vêtements ? », demanda Severus.
« Non. » Elle fit un grand sourire en voyant leurs visages curieux. « Je pensais m'arrêter chez Zonko pour des farces et attrapes et chez Honeydukes pour des friandises, en réalité. »
Ravie de les avoir surpris, elle les emmena.
Elle découvrit que Harry était vite réjoui. Tellement rejeté par les Dursley, il était émerveillé par tout ce qu'elle faisait pour lui. Il semblait tout aussi touché par le fait qu'elle pense suffisamment de bien de lui pour faire ces choses, que par les choses en elles-mêmes.
Avec Severus, c'était un peu plus compliqué. Bien qu'elle ait le sentiment que Snape n'ai pas été plus gâté dans sa vie de famille que Harry, ses goûts étaient de loin plus matures. Les jouets et les blagues qui séduisaient Harry dans le magasin Zonko laissaient Severus avec un air ennuyé affiché sur son visage. Elle fut capable de persuader Severus de choisir quelque chose chez Honeydukes, mais même là, elle sentit qu'il faisait plus ça pour lui faire plaisir que par réel intérêt. Et son choix la laissa les yeux humides. Parmi les douzaines de possibilités excentriques qu'offrait ce magasin de bonbons sorciers, Severus choisit un petit paquet de bonbons au citron Moldus.
Ce ne fut que lorsqu'ils s'arrêtèrent à la librairie afin de récupérer la commande de Hermione que Severus montra quelque chose qui ressemblait à de l'excitation. Il regarda les étagères avec avidité, mais il y avait quelque chose sur la table des nouveautés qui l'attirait continuellement.
Lorsqu'elle vit Severus prendre le télescope portable pour la troisième fois, elle vint à côté de lui et lui demanda doucement, « Est-ce que tu aimerais l'avoir, Severus ? »
Bien qu'il essayât de masquer sa surprise, elle l'avait percé à jour.
« Je n'ai pas d'argent sur moi », dit-il doucement.
« Tout comme Harry, mais il a pris plusieurs choses chez Zonko », lui rappela-t-elle.
« Oui, mais... »
Ses mots s'attardèrent alors qu'il baissait le regard.
« Mais ? », l'encouragea-t-elle.
« Tu... apprécies Potter », dit-il avec réticence
Même à sept ans, Severus Snape était un maître de la déduction. Hermione pouvait clairement savoir la fin de sa phrase, le « et pas moi » que sa fierté ne l'autorisait sans aucun doute pas à exprimer.
Hermione se pencha jusqu'à ce qu'elle soit à son niveau et lui dit calmement, « Severus, je te connais depuis quinze ans. Je t'apprécie aussi. »
Elle vit sa pomme d'Adam tressaillir, et l'entendit déglutir. Puis il lui demanda, presque dans un chuchotement, « Vraiment ? »
« Oui, vraiment. Je te le promets. »
En voyant à quel point il était submergé par cet aveu, Hermione changea rapidement de sujet, « Donc, est-ce que ce télescope te ferait plaisir ? Tu n'as rien pris au magasin de farces et attrapes. »
Un hochement de tête timide ainsi qu'un « Oui, s'il te plait », et ils se retrouvèrent à faire la file pour payer leurs achats.
Il faisait déjà sombre quand ils eurent terminé leurs emplettes. Les deux garçons semblaient épuisés lorsqu'ils quittèrent les Trois Balais après un chocolat chaud et des petits biscuits en guise d'en-cas. Ils semblaient calmes, mais heureux alors qu'ils sortaient du café.
Hermione prit automatiquement la main de Harry et commença à s'approcher de la rue principale de Pré-au-Lard illuminée par toutes les décorations de Noël. Severus était proche d'elle, à sa gauche. Alors qu'ils marchaient et faisaient des commentaires sur les décorations de saison, sa main gauche libre continuait de frôler le bras de Severus. Ils étaient arrêtés devant le magasin de balais de Zoe, en regardant les grimaces des mannequins ensorcelés. Hermione était en train de dire « Et si vous regardez très attentivement l'atelier du Père Noël par cette fenêtre, vous pourrez voir un véritable elfe qui fait des jouets », lorsqu'elle sentit la main de Severus recouverte d'un gant se glisser dans sa main gauche qui était libre.
Elle lui lança un regard du coin de l'œil. Il se tenait rigide à côté d'elle, les traits de son visage s'attendant visiblement à un rejet. Elle voulait le serrer très fort et lui assurer que ça allait, mais elle comprit qu'il détesterait ce genre de démonstration. Alors, elle serra brièvement sa main pour l'encourager et continua de parler, comme si rien d'extraordinaire ne s'était passé. Mais au fond d'elle, son cœur rayonnait de triomphe.
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à suivre...
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