Hey Everybody ! C'est vraiment chiant le lycée ^^ Enfin non, les cours sont sympas (même si je déteste Le Rapport de Brodeck, n'en déplaise à son auteur) mais c'est très fatiguant, avec une sâleté de tendance à nous foutre la pression avec des bacs blanc à tout va, des devoris, j'en passe et des meilleurs.
Bref, toujours pas de rythme régulier, je fais de mon mieux. Dans le pire des cas, ce sera comme ça jusqu'aux vacances d'été. J'espère pas. J'aimerais avancer cette histoire, sachant qu'on en est... Même pas au quart.
Chapitre 09 – Jeu d'Echec
Erèbe resta un court instant figé, au milieu de la pièce. A quelques mètres, il y avait la fenêtre par laquelle sa mère avait sauté, sans une once d'hésitation. Qu'avait-elle vu de si terrible pour qu'elle veuille se donner la mort ? Elle, la Reine des Vampires, qui avait survécu à la chasse des humains ? Le jeune prince s'approcha, lentement, sans trop y croire.
En bas, le corps désarticulé gisait.
La tour était haute, mais la vision aiguisée d'Erèbe distinguait la nuque brisée, la côte brisée qui sortait de la poitrine, le sang qui s'écoulait lentement. Ses yeux s'écarquillèrent, brillants de larmes. Il ouvrit la bouche en une plainte muette. Puis, d'un coup, sa voix sortit, son hurlement résonnant jusqu'au palais.
« ! »
Il frappa le rebord avec ses poings, une fois, deux fois. Un torrent de larmes coulait sur son visage blême. Un étau comprimait sa poitrine, comme si on avait enfermé son cœur dans une vierge de Nuremberg. Sa peau s'était arrachée sur ses mains, mais il ne sentait pas la douleur. Il avait l'impression de suffoquer, il était plongé dans un lac de désespoir, sa respiration se bloquait.
Sa mère, sa Reine, s'était donné la mort devant lui, parce qu'elle avait Vu son avenir.
Il regardait toujours le corps cassé d'une marionnette dont on aurait coupé les fils quand une main douce masqua ses yeux. Il ne vit plus que le noir, et son esprit s'apaisa lentement, alors qu'un bras le serrait contre le corps toujours chaud d'Aither.
« Shhh… Mon doux Erèbe… Ne regarde pas… Voilà, ne regarde pas... Ne vois que moi… Ne pense qu'à moi… Mon bel Erèbe… »
Et alors qu'Erèbe, lentement, se calmait, Aither sourit contre le cou de son protégé.
Par un heureux hasard, la Reine n'était plus. Bientôt Echec au Roi.
Erèbe avait pu échapper jusqu'à présent à la majorité des cours de Potions. Ce n'était pas comme s'il avait fait exprès, mais les multiples évènements avaient fait en sorte qu'il n'assiste qu'à un cours sur quatre, voire cinq.
Et encore. Il était optimiste.
Heureusement pour lui, Slughorn était un professeur compréhensif (quoique un peu trop porté sur la gloire à son goût) et il avait fait en sorte qu'il soit à côté de l'un de ses meilleurs élèves afin que ses absences n'influencent pas trop ses notes. En d'autres termes, Erèbe avait Severus comme partenaire de potions, ce qui n'était pas plus mal étant donné qu'il en avait une sainte horreur, en plus d'y être farouchement allergique.
Pour être franc, il déléguait tout ou presque à Severus.
En plus de rester sans rien faire en observant son partenaire faire tout le travail, Erèbe s'amusa beaucoup à gâcher les potions de deux Gryffindor… Potter et Black n'étaient pas nuls en potions (sinon, ils ne seraient pas là) et il était vraiment, vraiment, amusant de les voir s'exciter autour d'un chaudron parce que, sans raison apparente, leurs potions explosaient.
« Cesse de distraire la classe, Thanatos. » Lui murmura Severus.
« Et pourquoi ? Je m'amuse. C'est mon droit. Et puis, ne me dis pas que tu as pitié de ces deux idiots. » Rétorqua le Prince, agitant sa main en un geste agacé.
« Ce n'est pas ça, c'est que les imbéciles qui ricanent ou s'énervent m'empêchent de me concentrer. »
« Eh bien conjure un sort de silence. » Soupira Erèbe.
Avec un grognement, Severus sortit sa baguette et l'agita, créant une bulle de calme autour de leur table. Certains élèves l'imitèrent, ennuyés eux aussi par le brouhaha qui régnait dans la salle de classe.
« Je n'ai pas le réflexe « Magie ». » Expliqua doucement Severus en ajoutant un quelconque ingrédient dans la soupe qui leur servait de potion.
« Oh, ne t'en fais pas. Je connais pas mal de gens de ce genre. » Erèbe songeait à Harry, Lily, et même Crystalla et Alycia, élevés comme s'ils n'avaient pas de magie en eux.
« Oui, peut-être. »
Un silence agréable s'installa, seulement rompu par les bouillonnements de la potion.
Erèbe jeta un coup d'œil à son ami. Il n'avait pas oublié la force étrange de Severus, ni les cauchemars… Encore moins la phrase que son compagnon de chambre avait laissé échapper.
Crois-moi, quand tu as un père comme le mien, tu apprends vite à te défendre.
C'était une étrange parole, même de la part de Severus. Bien sûr, Erèbe savait que le futur Maître des Potions n'avait pas eu à proprement parler une enfance heureuse, merci Lily. Mais, à ce point ? Au point qu'il en avait des cauchemars, même à dix-sept ans ? Au point qu'il se défendait de quelqu'un venu calmer ses mauvais songes ? Au point qu'il avait développé une force peu commune pour quelqu'un de sa carrure…
Mis à part le dernier point, cela lui faisait penser à la situation d'Harry.
Et il ne laisserait certainement pas Severus ruminer un passé aussi noir si c'était le cas.
C'était la journée d'Halloween, et elle rappelait à Erèbe bien des mauvais souvenirs. Pour commencer, la mort des parents de « Harry ». Ce qui le rendait particulièrement morose, en plus d'une migraine tenace qui battait ses tempes depuis son réveil. Il frottait continuellement sa cicatrice, dans l'espoir d'arrêter la douleur, mais ça n'avait rien donné. A présent, le banquet d'Halloween approchait, et il avait si mal qu'il pourrait s'évanouir sur place.
Mais il avait suffisamment vu l'infirmerie.
Il avait un peu cuisiné Severus ces derniers jours, et le résultat n'était pas fameux : le Slytherin, au lieu de lui donner des réponses, s'était refermé sur lui-même et évitait désormais son comparse comme la peste. Erèbe avait chargé Narcissa de lui faire entendre raison… Voire de lui soutirer quelques informations. Lily et Ginevra avaient confectionné son costume (et celui des autres) avec « Amour » ce qui n'était pas pour le rassurer. Le reste de ses « troupes » maugréaient, Gryffindor comme Slytherin (avec quelques Ravenclaw et Hufflepuff dans le lot) clamant qu'il n'était pas normal qu'ils ne puissent pas profiter du festin mais qu'ils doivent faire partie du décor.
Erèbe regrettait vraiment de ne pas pouvoir utiliser de châtiments corporels.
James observait avec défiance la Grande Salle qui n'y ressemblait plus vraiment. Le plafond magique ne montrait pas la véritable météo, mais un ciel nuageux et noir. Un étrange tourbillon au centre de la pièce inquiétait vivement le jeune homme qui apprécierait ne pas devoir supporter un cyclone en plein château… Même s'il ne savait pas si c'était possible ou non. Plus que le plafond, les murs aussi avaient changé : on les avait tapissé d'une étrange matière sombre qui luisait et donnait un air lugubre à la pièce entière. D'autre part, des bougies placées dans des crânes (des crânes humains par Merlin !) flottaient à mi-hauteur, éclairant la salle d'une étrange lueur vert pâle. Le lustre principal avait été recouvert d'un drap vert, rendant sa lumière encore plus inquiétante.
Les quatre tables avaient disparus, remplacées par des dizaines de petits sofas avec table basse éparpillés un peu partout. James ne savait pas si les places avaient été attribuées, mais il espérait fortement que non. Si c'était Thanatos qui s'était occupé de tout, au vu de son goût pour la décoration, il valait mieux éviter de connaître son sens de la répartition.
On se croirait presque aux Enfers.
Severus jeta un regard circonspect à la salle lui faisant face. Il voulait être certain de ne pas s'être trompé par mégarde. Il s'avéra que non. Narcissa gloussa doucement en constatant son air un peu… Abasourdi.
« Erèbe a un peu forcé sur la décoration… » Déclara-t-elle en observant les crânes volants.
« Un peu ? » Severus dit cela en fixant les étranges statues qui peuplaient la salle et semblaient… Dans des positions de tortures diverses.
« Un peu beaucoup, certes. »
Narcissa rit et Severus haussa les épaules. Erèbe était spécial, mais ça, ils le savaient déjà.
« Qui a choisi les places ? » Demanda Ginevra avec une grimace.
La table où elle était installée était également celle de Peter et Sirius… Et Regulus. Le fait que l'aîné des Black soit avec elle était un peu gênant au vu des regards dérangeants qu'il lui jetait par moment… Particulièrement aux repas, quand elle buvait son lait. Ou bien quand elle était avec Regulus.
« Dumbledore je crois. » Dit ce dernier avec lassitude.
Il savait que le vieil homme tentait de le réconcilier avec son frère, mais là, on aurait plutôt dit qu'il cherchait à le tuer sans être trop impliqué. Son frère ne supporterait pas de le voir trop proche de Ginevra…Or, Regulus ne rêvait que de ça, se rapprocher de la belle rousse. Pouvoir la soutenir, être là pour elle et tout faire pour qu'elle soit heureuse.
« Ginevra ? »
« Hm ? »
« Je suis content de t'avoir rencontré. »
Elle le regarda avec une surprise mêlée de plaisir.
« Moi aussi. »
Erèbe frotta sa cicatrice en grognant. La douleur était vraiment désagréable, parce qu'elle était lancinante et douceâtre la majorité du temps, le gênant juste dans ses réflexions, mais il y avait parfois une pointe aiguë de douleur, qui le faisait fermer les yeux avec rage. Il était impuissant contre la cicatrice tant qu'il était humain. Un autre avantage d'être une Créature Magique : la plupart des sorts humains ne marchaient plus. Heureusement que l'Avada Kedavra ne pouvait définitivement pas le tuer, parce que sinon, il aurait eu de nombreux problèmes ! D'ailleurs, il devrait tester ce moyen pour récupérer plus vite sa magie : vu qu'Harry était « déjà » mort, et qu'Erèbe n'était qu'un parasite coincé dans le corps humain, le sort de la mort ne pouvait le tuer. En revanche, il stimulait sa magie, puisque celle-ci se sentait en danger… Il demanderait à Regulus. En tant que fils d'une famille noire, il devrait pouvoir lancer les Impardonnables.
Le jeune homme salua Lupin qui passait et se rappela que la pleine lune approchait. Au vu de la dispute entre Remus et ses amis, il ne pourrait sans doute pas sortir de la cabane hurlante cette fois-là. A moins bien sûr que quelqu'un de fort et ne risquant rien contre un loup-garou ne sorte avec lui…
Mais Erèbe ne se sentait pas vraiment concerné, il ne poussa donc pas plus loin cette pensée.
Il porta une main à son front, las de sa migraine.
Un liquide chaud coula entre ses doigts.
Il se fit la réflexion que le sol paraissait dangereusement proche.
« En es-tu sûr ? » Voldemort accentua le « s » avec un air menaçant sur le visage.
Le Deatheater inclina la tête, sans aucune parole. Erèbe, à travers les yeux de Voldemort, ne pouvait voir son visage, ni celui d'aucun des autres personnes présentes. Il ne savait même pas de quoi il s'agissait. De ce qu'il pouvait ressentir au travers des émotions complexes du Dark Lord, il s'agissait de trahison et… De trahison. Voldemort ne ressentait rien d'autre, à part de la haine.
« On a effacé la mémoire d'Orion… Qui ferait ça ? Pourquoi surtout. » Eclata le Seigneur des Ténèbres, sa magie s'agitant dans un tourbillon noir et vert foncé.
Une silhouette encapuchonnée s'approcha et murmura – Erèbe pouvait presque sentir la magie de cet inconnu caresser l'esprit du Lord.
« La question n'est ni pourquoi, ni qui. Mais plutôt comment ? Quelqu'un a pu effacer la mémoire de l'un de vos serviteurs sans que personne ne s'en rende compte… C'est plutôt inquiétant. »
« Je ne t'ai pas autorisé à parler » Siffla furieusement Voldemort, lâchant sans remords, un doloris fulgurant.
L'homme tomba à genoux en gémissant, se tenant la tête entre les mains. Pourtant, sa remarque était juste et Voldemort le savait. Il reprit, sa voix brûlante de colère contenue :
« Qu'on me retrouve le traître ! Et vivant ! Je m'en occuperai moi-même ! »
Puis, il se retourna vers son esclave toujours à genoux et le saisit par le col. Erèbe, interloqué, puis apercevoir un fugace instant, les yeux rouges de « son » interlocuteur. Une créature magique ? Pourtant, à cette époque, il ne devait y avoir que les loups garous à la solde du Dark Lord…
« Quant à toi, je veux que tu m'apportes Erèbe Thanatos. S'il a vraiment survécu à un Avada Kedavra, je le veux ! Et en bonne santé si possible. »
« Je ferais de mon mieux mon Seigneur. » acquiesça l'homme en s'inclinant.
« Tu ne m'as pas encore déçu… Tâches de continuer. »
Voyant que son Prince se sentait mal, Ginevra s'était précipitée vers lui et l'avait soutenu tant bien que mal tandis qu'il tanguait. Il avait une main sur sa cicatrice et grimaçait de douleur, sans émettre un mot – « l'avantage » d'avoir vécu suffisamment de sorts de torture. Elle lui chuchota, voyant que des élèves curieux approchaient :
« Erèbe ! Reprend-toi, je t'en prie ! Ce n'est vraiment pas le moment ! Erèbe ! »
Le Prince de l'Ombre ouvrit soudainement les yeux, et se redressa, la souffrance le faisant vaciller. Mais il resta digne, drapé dans son costume, et lança un regard à Dumbledore. Le vieil homme comprit le message implicite et lui fit signe de le rejoindre. Ils quittèrent tous deux la salle sous les murmures étonnés, voire agacés des étudiants. Ginevra haussa les épaules, sachant qu'elle saurait tout à la fin de la soirée. Elle pointa sa baguette vers son cou et lança un Sonorus afin de se faire entendre :
« Chers camarades, professeurs ! Malgré l'absence inopinée de l'organisateur de cette soirée, je vous propose d'ouvrir le bal et de commencer la fête ! »
Une ovation suivit cette déclaration et Ginevra sourit, satisfaite.
« Que s'est-il passé ? » Demanda abruptement Dumbledore dès qu'ils pénétrèrent dans le bureau directorial.
« Vous vous souvenez que j' – Harry – avais un lien avec Voldemort ? » Commença Erèbe.
« Bien sûr. D'ailleurs, je voulais que Severus t'apprenne l'Occlumencie et… ça n'avait pas été une réussite. »
« Ce, parce que Snape me détestait. » Rappela Erèbe avec amertume. « D'autre part, il semblerait que le lien soit toujours en marche. »
« … Quoi ? » Dit le directeur avec lenteur. « Mais… Comment est-ce possible ? Je veux dire, Harry est l'élu mais n'est pas encore né, tu n'es pas vraiment lui, et puis, comment est-ce possible ? » Répéta-t-il, abasourdi.
« Je n'en sais pas plus que vous. Néanmoins, ce n'est pas la première étrangeté qui arrive. Vous vous souvenez du futur, les autres non. Il y a eu une attaque le jour où Ginevra et moi sommes allés à Diagon Alley, alors que ce n'était pas censé avoir lieu. Et puis, parlant de ma jeune protégée, elle semble avoir déjà trouvé une autre âme-sœur… Ce qui est normalement impossible. Un Neko peut vivre très longtemps, elle aurait pu attendre la naissance de Draco. »
« Mais le jeune Draco Malfoy ne naitra pas puisque tu as tué son père. » Répliqua Dumbledore.
« Certes. » Acquiesça le Prince, « Mais Narcissa est en vie. Son fils aurait pu être un « autre » Draco. Enfin, là n'est pas le sujet. J'ai donc toujours un lien avec Voldemort. Ce n'est pas le plus inquiétant, même si je ne suis pas plus doué qu'Harry pour fermer mon esprit : Voldemort sait que je peux survivre à l'Avada Kedavra. La chasse à l'homme a commencé. »
Un silence pesant suivit cette annonce peu rassurante.
« Savez-vous que le second de Voldemort était une créature magique ? » Demanda finalement Erèbe, se remémorant les yeux rouges qui avait entraperçu.
« Nous ne savons rien de lui. Juste qu'il est aussi puissant que son maître et qu'il ne lésine pas sur les tueries. C'est lui qui a proposé l'attaque du 06 septembre. »
Erèbe fronça les sourcils. Une telle coïncidence l'étonnait. Un Deatheater sorti de nulle part et une bataille qui ne devrait pas exister ? Même le hasard ne faisait pas si bien les choses. Machinalement, Erèbe frotta sa main contre le pendentif qu'il gardait toujours avec lui. Ce pendentif, dont l'autre moitié avait été détruite en même temps que son propriétaire. Peut-être était-il maudit ? Il retira la pierre de sous sa chemise et écarquilla un peu les yeux.
« Je ne te dirais pas que je t'aime. Ce serait mentir et j'ai horreur de cela. Mais je serai tien et je ferai de toi mon Roi lorsque cette guerre futile sera finie. Aujourd'hui, je te le jure, je serai à toi, autant que ton amour te pousse à être à moi. »
La pierre était comme celle de la bague de Ginevra. Noire lorsque le ou la fiancé(e) allait bien. Blanche si l'autre roche était brisée ou si celui ou celle qui la portait mourrait. Mais sa pierre n'était ni blanche ni noire.
Elle était grise.
Un fol espoir s'alluma dans le cœur d'Erèbe, poussant son organe humain à battre comme jamais. Etait-il possible qu'il puisse sauver Tom ? Y avait-il un moyen de ramener son bien-aimé ? Puis, doucement, la lueur qui brillait à nouveau dans ses yeux disparut à nouveau. Si Tom pouvait revenir, alors ce ne serait pas à lui qu'il serait, mais à Harry. Son regard pensif dévia vers la fenêtre du bureau. Le ciel était plutôt clair pour une nuit d'Halloween.
Il fallait que James et Lily se mettent ensemble avant la fin de l'année.
Et il allait ramener Tom.
Erèbe quitta la salle, plus déterminé que jamais. Il allait s'entraîner, encore et encore, et quand viendrait l'heure du face à face, il ramènerait Tom. Par égard pour Harry. Et même s'il devait souffrir… Ça n'avait plus d'importance, il était habitué.
Tout ça n'était qu'un jeu pour moi. Un jeu très amusant.
Il avait déjà aimé à sens unique. Cette douleur, il pouvait faire avec.
« Aaah… Mon pauvre Erèbe… Je t'aurai fait souffrir, au fil de ces longues années… Mais, qu'y puis-je si j'aime voir tes yeux se voiler, sous la douleur comme sous le plaisir ? Quand je te retrouverai, tu oublieras cet humain, ces humains si faibles qui ne méritent pas de vivre… Ils nous ont pris notre Soleil, Erèbe… Un jour, tu verras que j'avais raison. »
« Mon seigneur. »
« Ana. Comment avance la libération de Typhon ? »
« Il ne nous manque plus que le sacrifice… Et le Prince Erèbe. Après tout, lui seul connaît la Rune de Libération assez forte pour desceller le Cataclysme. »
« Parfait. »
« Erèbe ! Que s'est-il passé ? Tu n'es pas venu à la fête finalement ! » S'écria Hermione.
Il s'étaient en effet retiré dans la Salle-sur-Demande, pressé d'augmenter ses capacités. Le résultat avait été moyen, mais la libération à retardement de la Reine des Elfes Blancs fonctionnait et il sentait ses forces lui revenir… Lentement.
« J'étais occupé. » Dit-il, laconique.
Erèbe n'avait pas envie de se retrouver assailli par l'inquiétude d'Hermione. Il reconnaissait ses qualités, et digérait mieux sa trahison. Mais son attitude de mère-poule l'agaçait, comme celle de Mrs Weasley agaçait Harry. Même si, contrairement à lui, le jeune humain ne le montrait pas, galanterie oblige.
Toutefois, sa réponse sèche avait blessé sa camarade et celle-ci affichait à présent un air sombre qui ne lui allait pas.
« Hermione ? » Il tenta de rendre sa voix gentille, mais n'ayant pas l'habitude, il échoua misérablement. « Un problème ? »
« Oh… Non, ce n'est rien. » Répondit-elle, fuyant son regard. Bon. Il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond.
« Hermione, dis-moi ce qu'il ne va pas. » Insista Erèbe, calmement.
La Gryffindor se contenta de hocher la tête de droite à gauche, refusant toujours de le regarder. Erèbe fronça les sourcils devant cette attitude étrange. Ils se trouvaient pourtant dans un couloir désert, un peu à l'écart du hall, là où ils s'étaient heurtés (les tournants étaient toujours dangereux, même si le Basilic était bien enfermé dans sa prison décida Erèbe en se frottant son bras encore endolori). Le Slytherin souffla de fatigue, pressé de retrouver son lit (quelle pitié que lui le Prince de l'Ombre doive dormir comme une faible créature !).
« Hermioooone. » Murmura-t-il en s'approchant un peu de la jeune femme.
Il fut stupéfait de la trouver en train de pleurer silencieusement. Ses longs cheveux cachaient son visage rougi par une peine qu'il ne comprenait pas. Son instinct – ou sa conscience humaine – le poussa à la prendre maladroitement dans ses bras, lui tapotant doucement l'épaule. Il réalisa que contrairement à d'habitude, elle était seule dans ce couloir désert et que si Ronald ne l'accompagnait pas, c'était qu'il y avait anguille sous roche.
Il imagina aussitôt les pires scénarios, sentant une intense colère gronder dans son ventre : Elle avait été enlevée par un élève peu scrupuleux et abusée sexuellement, Ronald ne l'avait pas cru et avait rompu avec forces cris et grognements, Ginevra était partie roucouler avec Regulus et était par voie de conséquence, introuvable, et les Maraudeurs avaient fait une nouvelle blague stupide, marginalisant Hermione qui s'était retrouvée à errer dans les couloirs en comptant les toiles d'araignées jusqu'à ce qu'elle rentre dans Erèbe.
Il paniqua un peu en sentant son amie sangloter plus fort.
« Euh… Hé là… Doucement… Que… Qu'est-ce qui se passe ? Hey ? Hermione ? On t'a fait du mal ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu souffres ? C'est physique ou pas ? Tu as été violée ? » Dit-il dans une tentative de la rassurer.
Elle rit un peu, convulsivement, et marmonna quelque chose à propos du tact qu'il n'avait pas.
« Je n'ai pas été agressée ou quoi ce soit d'autre… C'est juste… Ronald s'est disputé avec Sirius… C'était son idole, en tant que dernier Maraudeur encore en vie. Enfin, il y avait Remus, mais il était avant tout le professeur Lupin, ce qui fait qu'il n'a jamais vraiment été proche de lui. De Sirius non plus, mais il était quand même plus accessible. D'un autre côté, je vois Lily qui a vraiment l'air de haïr James Potter, et ça me fait mal, parce que je sais qu'Harry n'aurait pas aimé voir ça. En plus, Ginevra rajoute de l'huile sur le feu, surtout qu'elle est très proche de Regulus… Et qu'apparemment, ça ne plaît pas du tout à Sirius. »
Durant ses explications, Hermione avait séché ses larmes, mais elle resta contre le torse froid d'Erèbe. C'était si rare qu'il soit démonstratif, même avec Ginevra, qu'elle en profitait un maximum ! Lui s'en rendait compte et décida qu'elle avait besoin d'être réconfortée. Il la serra un peu plus contre lui, envoyant au diable la bienséance et les règles de galanterie des Créatures. Il était un monstre et un prince, alors il pouvait bien agir comme il l'entendait !
« Hermione, tu es agaçante, lassante, énervante, irritante, voire même exaspérante… Mais tu es mon amie. Si tu as encore un problème, dis-le-moi ou je te l'extorquerai par la force. Et je peux te dire que tu n'aimeras pas ça. » Assena-t-il dans l'oreille de la jeune femme, son ton doux contrastant avec ses paroles.
Hermione sourit, le nez dans le cou de son meilleur ami. Harry était l'image même du petit frère idéal mais Erèbe représentait également une excellente figure fraternelle, pas toujours sympathique, mais là quand on a besoin de lui. Un peu maladroit avec les gestes d'affection, mais protecteur et puissant.
Une idée lui vint, brillante.
« Erèbe… Pourquoi on ne reformerait pas l'AD ? »
Erèbe se figea en l'entendant passer ainsi du coq à l'âne. C'était bien une humaine, modifiant le sujet de conversation au fur et à mesure de ses pensées. Il appréciait ce côté rafraichissant des humains. Les Créatures n'avaient pas ça, elle restaient fixées sur un sujet jusqu'à ce qu'il soit réglé.
« Que serait l'intérêt ? » Demanda-t-il finalement.
« Eh bien, tu as besoin de t'entraîner. En combattant contre tes élèves, non seulement tu les formerais, mais en plus, tu t'habituerais à combattre en duel avec le corps d'un humain. Tu t'en sors avec un mannequin, mais contre Voldemort, ce ne sera pas la même chose ! »
« Tu gagnes un point. D'un autre côté, mes élèves comme tu dis, ne m'aideront pas à m'améliorer. Au contraire, je stagnerai. »
« Pas forcément. Ginevra est presque à ton niveau et Lily et moi apprenons vite. Regulus, Narcissa et Severus connaissent des malédictions, qui te sont peut-être inconnues. »
« Hm… »
« Et puis, tu formerais ainsi une armée, dont tu pourrais te servir contre les Deatheater ! » Finit Hermione, pleine d'espoir de pouvoir se rendre utile.
Erèbe se dégagea de l'étreinte pour réfléchir, sa main tapotant pensivement sa cicatrice frontale. Hermione avait raison, même si elle était sans doute très optimiste sur l'amélioration de ses combats contre de petits adolescents de même pas vingt ans.
« Faisons un essai. » Proposa-t-il finalement. Il eut la sensation d'avoir pris la bonne décision en voyant le visage d'Hermione se mettre littéralement à irradier le bonheur, elle qui, deux minutes plus tôt, pleurait dans ses bras.
Les femmes étaient vraiment incompréhensibles, conclut-il.
Les jours passèrent, une tranquillité relative s'était installée. Suite à la punition d'Halloween, Bella et Erèbe s'ignoraient, se lançant juste des regards noirs de temps à autre et rivalisant d'inventivité pour humilier l'autre en classe. Les Maraudeurs étaient un peu trop pris par leurs problèmes internes pour faire des plaisanteries douteuses. Quant au groupe d'Erèbe… Severus fuyait toujours, Narcissa le suivait, Regulus se rapprochait de Ginevra qui se laissait timidement courtiser, Hermione travaillait à la reconstruction d'une AD et Ronald tentait d'arranger les choses entre Severus et Lily. Cette dernière passait d'ailleurs le plus clair de son temps à étudier, prétextant les examens de fin d'années et son stage avec l'infirmière de l'école pour éviter ses amis.
C'était reposant pour Erèbe, de se dire qu'il était à peu près en sécurité à Hogwarts et que la chasse à l'homme n'était pas trop préoccupant pour l'instant. En revanche, il s'inquiétait à propos de ce Deatheater inconnu et la manière dont ils avaient été amenés. Ou bien c'était également un voyageur du temps qui modifiait donc allègrement le futur, soit c'était simplement un changement soit… Et c'était sans doute la pire situation possible, c'était celui qui était l'instigateur de tout ça.
Il ne voulait vraiment pas penser à ce cas de figure.
Les choses bougèrent un peu entre Sirius et Erèbe quand, alors que le Prince rentrait d'une retenue avec le professeur de runes (oui, il créait des runes en assemblant diverses combinaisons, ce qui était prohibé depuis le 19ème siècle, mais comment était-il censé le savoir ?) il trouva Regulus, tenu en joue par un Sirius très remonté. Il n'avait pas tout à fait compris pourquoi Sirius en voulait à son frère (une sombre histoire d'harcèlement, de manipulation et de potions d'amour) mais il avait parfaitement vu que l'aîné était prêt à ensorceler son cadet.
Il ne laissa pas passer ça et désarma le Gryffindor (et en profita pour lui crier dessus un bon coup, histoire de le secouer un peu). Sirius, furieux, réussit à lui envoyer un coup de poing sur le visage, lui ouvrant la lèvre, puis partit en vociférant sur sa vengeance. Erèbe, essuyant le sang qui perlait, se promit de ne plus toucher à quoi que ce soit qui n'ait pas été confectionné par ses soins.
Pas comme s'il mangeait beaucoup non plus.
Le lendemain de cette altercation, un hibou grand-duc, noir, descendit en piqué vers Sirius, une enveloppe rouge vif entre ses lèvres. Le jeune homme pâlit drastiquement en voyant que l'animal se dirigeait vers lui. Erèbe pouvait voir de sa table qu'il était au bord de l'évanouissement. Regulus se pencha vers lui et lui chuchota :
« C'est le hibou de Mère. Elle n'était pas contente de savoir qu'il a tenté de m'attaquer parce que je courtisais Ginevra. »
C'était donc ça, réalisa Erèbe avec ennui. Il se fichait éperdument de ce qui se passait dans la famille Black, mais comme il voulait rester proche d'Harry et jouer les Eros pour Lily et Potter, il était préférable qu'il ne s'attire pas trop les foudres de Sirius… Enfin, plus trop. La Howler (Fr : Beuglante) explosa et Erèbe sourit en constatant que la voix de Mrs Black n'avait rien à envier à celle de Mrs Weasley.
« SIRIUS ORION BLACK ! QUE TU SOIS PARTI CETTE ETE NE CONCERNE QUE TOI ! SI TU NE « SUPPORTE PLUS D'ENTENDRE PARLER DES ARTS NOIRS » POUR TE CITER, TANT PIS POUR TOI, TU PERDS UNE GRANDE SOURCE DE SAVOIR ET DE POUVOIR, D'AUTANT PLUS AVEC LA GUERRE ACTUELLE ! QUE TU DECIDES DE DENIGRER NOTRE FAMILLE, TA FAMILLE, C'EST TON CHOIX, MÊME SI JE NE LE COMPRENDS PAS ! MAIS QUE TU T'EN PRENNE A TON FRERE POUR LA SIMPLE RAISON QU'IL EST SLYTHERIN ET QU'IL COURTISE LA FILLE QUE TU DESIRES ET QUI NE VEUT PAS DE TOI, JE NE PEUX L'ACCEPTER ! JE TROUVE INNACEPTABLE TON COMPORTEMENT JEUNE HOMME, ET JE TE JURE QUE SI TU FAIS DU MAL A REGULUS, TU LE REGRETTERAS, MÊME SI TU ES MON FILS! »
Un cours silence suivit la tirade. Sirius pleurait presque de peur. Puis :
« Ginevra Thémis, je te remercie d'avoir accepté la cour de mon fils. Tout Slytherin qu'il est, il a une sensibilité et je sais que s'il t'a choisi, c'est que tu en vaux la peine jeune fille. J'espère te rencontrer au manoir Black bientôt, en tant que fiancée de Regulus. »
Ginevra rougit violemment en entendant cela. Walburga Black n'était pas connue pour envoyer souvent des Howler, encore moins pour dévoiler ainsi une humanité dont beaucoup doutait. Enfin vint la dernière partie de la lettre, adressée à Erèbe cette fois.
« Ce sera un honneur de vous rencontrer Erèbe Thanatos. De ce que m'en a dit mon fils, vous avez l'air d'être une importante personne pour notre avenir. Ainsi, je vous invite à venir à la fête du Nouvel An, au manoir principal de la famille Black. Je vous enverrai une invitation en bonne et due forme. D'ici là, prenez soin de mon – mes – fils, Erèbe. Je vous en serai gré. »
La lettre brûla, d'un feu rouge flamboyant, laissant pour toutes traces, quelques cendres éparpillées, et une école stupéfaite de l'accordance qu'accordait la famille Black à ces inconnus venus de Grèce – soit disant, ils n'avaient pas parlé un mot de grec depuis qu'ils étaient là. Bellatrix songeait déjà à ce que penserait le Lord lorsqu'il apprendrait que Walburga accueillerait Erèbe Thanatos chez elle au Nouvel An… Il était connu que les Black respectaient les anciennes traditions de l'hôte et de l'invité, mais une petite entorse en temps de guerre ne serait pas si grave…
Si Erèbe mettait les pieds au manoir, il ressortirait les pieds devant… Ou il ne ressortirait pas.
Fin du Chapitre
Voilà voilà... Il me plaît déjà plus que le dernier, mêe si ce n'est pas encore ça (encore que, la scène entre Hermione et Erèbe était très amusante à écrire. J'adooore rendre Erèbe un peu ridicule... Il a trop d'imagination le pauvre X))
Bref, cela vaut-ill des reviews ?
Kiss
Asuka Tanku
