Bonsoir!
Ce nouveau chapitre sert un peu de transition; d'ailleurs, tout compte fait, ma fiction sera plus longue que prévu, car je ne m'attendais pas à être autant inspirée par cette histoire ! Ce sera un chapitre de découverte, où vous serez notamment plongé dans l'atmosphère si familière de la rentrée de Poudlard... mais au 17e siècle^^ Le personnage de Juliet Sirma sera approfondie, et une femme un peu plus maléfique fera son grand retour.
Bonne lecture!
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11. Le carrosse en verre
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- Oh, j'en ai vraiment ras-le-bol ! J'ai envie de tout envoyer promener !
L'éclat de colère de Rose avait surgi sans prévenir. La présence de Ralston ne lui importait guère plus que son manuscrit poussiéreux, désormais vide de sens pour elle. À quoi bon lutter, maintenant que l'infime espoir qu'elle avait tenté de saisir se révélait être inexistant ? Qu'est-ce qui pouvait bien l'attendre dans cette misérable époque où ses promenades rêveuses à la crique, près de chez ses parents, et tous les délices de Poudlard s'étaient substitués à des cadavres brûlés ? Elle retint des larmes de rage en se sentant brusquement vidée de toute énergie. Ralston, réticent, l'observa sans rien dire. « Les bizarreries de mon langage et de mes manières ne doivent même plus l'étonner, pensa Rose. Ou bien, il me considère vraiment comme une folle ».
En préférant opter pour la première option, elle joua sa dernière carte en se tournant vers lui, et en lui demandant dans un murmure :
- N'avez-vous jamais eu en votre possession... une plume magique qui sécrète d'elle-même de l'encre ?... Comme une plume à papote ?
- Une plume à papote ? La vastitude de votre imagination n'aura de cesse de me surprendre ! Je pensais plutôt que vous vous intéresseriez au contenu de mon livre. Vous devez vous sentir très fatiguée, ce soir, Rose, commenta Ralston d'un ton indulgent sans comprendre l'ampleur de la situation actuelle. Et j'admets avoir une part de responsabilité : je vous ai beaucoup fait travailler. Allez donc vous reposer.
Comprenant qu'elle n'obtiendrait rien de plus de leur entretien, Rose ne put qu'approuver. De toute manière, dormir lui paraissait être une alternative favorable, car le sommeil n'était pas qu'un vecteur de rêves ; il permettait de séparer distinctement le rêve de la réalité. Et aussi de reporter le moment où il fallait à nouveau affronter la réalité. « Mais si demain, je réalise que tout cela n'est pas un simple fruit de mon imagination, que ferais-je ? » Se demanda Rose en se rendant dans sa chambre. Elle considéra le mobilier étranger qui l'entourait, à des lieues du confort de sa véritable chambre, puis des pleurs l'étranglèrent. Rester coincée lui était impensable. Inimaginable.
Finalement peu désireuse de trouver le sommeil, elle ouvrit le vieux carnet qu'elle entretenait depuis déjà quelques jours. Elle y avait noté les brèves expériences de son séjour dans cette époque. Elle écrivit lentement : « Les plumes à papote sont encore inexistantes, alors que les moldus ont déjà développé l'imprimerie depuis un siècle... L'altitude des balais ne dépasse pas la toiture des maisons. » Quand l'écriture lui parut devenir amorphe devant ses yeux, elle sut qu'elle allait s'endormir.
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- Mr. Potter !... Mr. Potter, s'il vous plaît... arrêtez-vous !
La voix de Juliet Sirma, plus cristalline qu'une voix de petite fille, finit par attirer l'attention de Ralston. Abraham grommela discrètement en s'arrêtant, et Rose se sentit de connivence avec lui à cet instant sans trop comprendre pourquoi. Et en se tournant à son tour du côté de la jeune femme, qui avait retroussé ses jupons pour faciliter sa course jusqu'à eux, cette connivence se renforça : le charme de Juliet était beaucoup trop flagrant à son goût. Trop de dynamisme et de flamboyance exhalaient d'elle, à tel point qu'il était difficile à croire qu'elle ait du mal à trouver un époux. Une fois qu'elle les aborda, Juliet fut à peine essoufflée ; seul un rose nacré sain pigmentait ses joues. « J'aimerais avoir une telle énergie », se dit Rose, envieuse.
Quelque peu prit de court, Ralston salua Juliet (dont le sourire était si large que Rose se demanda où elle puisait une pareille joie de vivre). Aujourd'hui, celle-ci arborait un vêtement jaune pâle, une teinte qui n'avait rien de moldu à cette époque – les robes étaient le plus souvent noires pour les femmes chez les moldus – , et le même tablier usé que la dernière fois.
- Que faites-vous ici ? L'interrogea Ralston.
- Je tenais à m'excuser, Mr. Potter... par rapport à l'incident du maripain, expliqua Juliet en s'empourprant un peu. Ma mère a des fantaisies particulières, mais je ne puis tolérer qu'elle nuise à des personnes qui me sont proches... (elle rougit davantage en se corrigeant) Enfin, à des personnes que je connais.
- Vous n'êtes en rien responsable de ce qu'il s'est produit, Juliet. Ne vous blâmez pas. En ce qui me concerne, je suis plutôt soulagé que vous n'ayez pas fait les frais des manigances de votre mère. Toutefois... l'idée de vous marier vous rebute-t-elle tant ?
Sans regarder Ralston, Juliet répondit d'une petite voix câline surfaite – qui agaça profondément Rose et déclencha un haut-le-cœur mimé chez Abraham :
- Ce n'est pas que je suis rebutée à l'idée de me marier, mais... l'idée d'avoir un prétendant me déplaît. Je veux seulement aimer l'homme que je choisirai... J'ai réussi à échapper aux philtres d'amour de ma mère en prenant des antidotes à chaque repas. Je n'ai pas trouvé d'autre solution, ajouta-t-elle.
Ralston eut un mouvement de tête compassionnel. Pour sa part, Rose ne parvint pas à éprouver la moindre indulgence pour Juliet, aussi sincère et bien intentionnée fût-elle. Elle avait des manières exagérées et volontairement séductrices plutôt déplaisantes. Qui plus est, il était vrai qu'elle n'avait pas l'air très brillante. « Allons, se reprit Rose. Depuis quand est-ce que je suis aussi rapide au jugement ? Ça ne me ressemble pas. »
Lorsque Juliet s'adressa à elle, elle culpabilisa presque de garder un visage fermé et de ne pas se sentir apte à lui témoigner de la sympathie.
- Ma chère petite, lui dit Juliet (qui à l'inverse d'elle-même, affichait toujours un sourire chaleureux). C'est surtout envers vous que je me sens désolée. Vous avez été mêlée à une histoire de grandes personnes indépendamment de votre volonté... Veuillez accepter mes excuses.
- Vraiment, Juliet, vous n'avez pas besoin d'aller si loin, riposta vivement Ralston alors que Rose acceptait formellement les paroles de désolation de la jeune femme.
- Bien sûr que si ! C'est la moindre des choses, fit Juliet sur un ton aussi ardent que le sien.
Par la suite, après un moment de silence, elle ajouta :
- Me permettez-vous de me joindre à votre promenade ?
Dix minutes, Ralston, Rose, Juliet et Abraham déambulèrent sur le chemin de traverse, et Rose laissa son regard s'attarder sur tout ce qui était à sa portée avec une certaine fascination. La structure et les édifices de l'allée principales étaient les mêmes que ceux qu'elle connaissait, et même la banque Gringotts, intemporelle, avait vaillamment traversé les siècles sans que la moindre de ses briques ne fut ôtée ou modifiée. Le chemin de traverse était l'un des rares lieux à être presque exclusivement fréquenté par les sorciers, dans ce vieux Londres. Quelques moldus se faufilaient dans les rues, mais beaucoup demeuraient en retrait, impressionnés par l'amas de capes, de hiboux, et par les étranges produits qui apparaissent dans les vitrines des magasins.
Devant la boutique d'un apothicaire, une femme moldue accompagnée d'une autre femme (probablement sa dame de compagnie) désigna une fiole remplie de foie de dragon en plissant le nez, et s'écria d'une voix aiguë en français :
- Oh, mes aïeuls, c'est effroyable ! Comment peut-on permettre ces immondes choses de sorcier en plein Londres ? Imaginez que la cour de notre roi oie parler de cela !
- Ma comtesse, vous devriez garder vos sels à la main, gémit la dame de compagnie en se recouvrant les yeux. Je crains que vous finissiez par vous trouver mal.
Elles finirent par s'éloigner toutes deux en titubant.
Le soulagement s'empara de Rose quand elle se retrouva dans une boutique spécialisée dans la fabrication de baguettes magiques ; pour un sorcier, pouvoir à nouveau pratiquer la magie était comme retrouver l'usage d'un membre. Une fois qu'elle aurait une nouvelle baguette, elle sera libre. Aucun obstacle, hormis le temps, ne pourra se dresser devant elle. Mais, assurément, elle élaborerait un autre plan pour rentrer chez elle. Seule. Sans l'aide de Ralston. L'espérance jaillit en elle au moment où la chaleur caractéristique de la fusion entre une baguette et son propriétaire l'envahit.
Ralston tendit quelques pièces de mornilles au vendeur, puis se tourna vers Rose et Abraham (qui contemplait sa baguette, un bâton clair et légèrement torsadé avec excitation) :
- Maintenant, nous devons aller chez Mrs. Christely, la couturière.
- Monsieur... Je veux dire, Ralston, déclara précipitamment Rose. Vous savez, concernant Poudlard, je...
« Je n'irai pas », acheva Rose dans son esprit. Qu'y ferait-elle, de toute manière ? À quoi bon se trouver dans un vieux Poudlard antique quand elle devrait être actuellement en train de se pencher sur son sujet d'examen d'histoire de la magie ? Tandis que les regards de Ralston, Abraham et Juliet étaient braqués sur elle, elle cherchait une explication plausible. Mais, sa langue était comme entravée. La grande mobilité et le vaste terrain de recherche que lui offrirait Poudlard valaient-ils vraiment moins que les quatre murs de sa chambre de La niche ? Après tout, il lui serait plus simple de trouver une solution à son problème à l'extérieur. Indécise, elle écourta le suspense en lâchant :
- Je suis anxieuse.
- Vous n'êtes qu'une poltronne ! À votre âge, c'est honteux, fit remarquer Abraham d'un ton sarcastique alors que Ralston et Juliet échangeaient un regard amusé.
En regrettant d'avoir une fois de plus adopté un comportement immature, Rose se sentit idiote. En agissant de la sorte, elle ne faisait qu'attirer la condescendance de Juliet et la bienveillance – un peu trop paternelle à son goût – de Ralston.
- Vous avez légitimement votre place à Poudlard, Rose, la rassura ce dernier. Vous avez des talents uniques qui méritent d'être mieux exploités.
Avec un lent signe de tête approbateur, Rose esquissa un sourire machinal.
Une fois dans la boutique de textile, où des rouleaux de tissus noirs étaient dispersés dans la salle principale, Rose laissa passivement la couturière prendre ses mesures, et trente minutes plus tard, elle se retrouva apprêtée d'une robe de sorcière qui ne flattait pas du tout sa taille et qui recouvrait entièrement ses chaussures. Elle se sentait frêle et petite dans cet ample vêtement. Déçue par l'image que lui renvoya le miroir, elle ne put s'empêcher de confier son opinion à Juliet, laquelle avait suivi son habillage depuis le début.
- Cette robe est laide, n'est-ce pas ? Marmonna-t-elle discrètement à son attention.
- Je comprends votre désarroi, dit Juliet. Apparemment, le règlement de Poudlard impose une certaine sobriété concernant les habits, surtout pour les filles. Quoi qu'il en soit, vous ne porterez pas ces uniformes toute votre vie, alors essayez de vous y accoutumer.
Rose ne put qu'adhérer à ce discours.
Dehors, Rose enroula soigneusement son paquet sous son bras, après quoi Ralston extirpa une lettre de sa poche et lui la remit. Intriguée, Rose lui demanda de quoi il s'agissait. « Votre lettre de Poudlard », l'informa-t-il sous ses yeux hébétés. La gorge étranglée par la surprise, Rose commença à lire en tremblant :
- Chère miss Weasley... Nous avons l'honneur de vous confirmer votre inscription à l'école de sorcellerie Poudlard...
Interdite, elle en perdit littéralement l'usage de la parole. Alors, son existence était bien prise en compte, au-delà de toute barrière temporelle ? Même au 17e siècle, elle, Rose Weasley, apparaissait dans les registres de Poudlard ? Elle se souvint brusquement que sa mère lui avait un jour expliqué que quel que soit le lieu où un sorcier pourvu de dons magiques se trouvait, s'il était reconnu en tant que tel, son nom s'inscrivait automatique sur la liste d'adhésion des élèves de Poudlard.
- C'est incroyable, souffla Rose, incrédule.
- On devrait aller vous chercher de quoi écrire et le manuel demandé, maintenant, poursuivit Ralston. Vous aurez aussi besoin d'un hibou, à moins que vous n'y voyez une objection... Et bien évidemment, il vous faudra une bourse.
Embarrassée, Rose se crispa.
- Vous n'avez pas besoin de faire tout ça pour moi. Je veux dire... je sais que je n'ai pas d'argent, mais je ne dois pas...
- Oh, ne vous rendez pas plus pitoyable que vous ne l'êtes ! railla à nouveau Abraham. Mon cousin aime dépenser de l'argent pour les autres, profitez-en.
Dans la librairie, il fut à peine possible de se faufiler entre les rangées de livres, tant l'endroit était exigu. Sur la table centrale réservée aux manuels scolaires, des exemplaires d'un même ouvrage intitulé Le guide des enchantements de Nicholas Ray étaient entassés en pyramide. Rose ne manqua pas de s'en étonner.
- Je n'ai besoin que d'un seul livre ?
- Estimez-vous chanceuse, lui répondit Ralston. Nicholas Ray est le premier anthropologue de la magie à avoir dédié son savoir à l'apprentissage des jeunes sorciers. Je pense que dans peu de temps, les manuels scolaires vont se multiplier, mais il est déjà bien d'en avoir un.
Après s'être procurée des plumes et des gants en cuir (les gants en caoutchouc étaient évidemment encore inexistants), Rose pénétra dans une animalerie. Une large variété de hiboux hululaient dans des cages suspendues – par le biais de la magie – en dessous du plafond, et des crapauds s'agitaient dans un gigantesque bac fermé. En revanche, il n'y avait pas de chat : Rose en demanda la raison sans se soucier d'avoir l'air sotte.
- La vente de chats est interdite aux sorciers de premier cycle qui suivent des études à Poudlard, lui dit Ralston. Connaissez-vous cette croyance populaire chez les sorciers selon laquelle un chat qui vit hors d'un foyer familial devient un présage de malheur ? Eh bien, c'est la cause de cette interdiction. Même à Poudlard, on a encore du mal à se défaire des superstitions.
- Avant, on autorisait les élèves à emmener leur elfes de maison avec eux au château, affirma Abraham. N'est-il pas vrai, cousin Ralston ?... C'était une tradition instaurée par Salazar Serpentard qui a été interdite il y a dix ans.
- Oui. Mais dépêchez-vous de choisir votre hibou au lieu de bavarder.
Rose s'attela également à l'examen des cages et finit par jeter son dévolu sur un hibou aux couleurs hybrides. Désormais, elle était parée pour effectuer une deuxième rentrée à Poudlard. « Le temps se rit de moi », songea-t-elle.
...
La gare de King's Cross, de même que le Poudlard Express, n'avaient pas encore vu le jour. De ce fait, le moyen de locomotion pour se rendre dans la contrée désolée qui abritait le château de Poudlard était aérien ; en effet, Rose se souvenait qu'en empruntant le chemin de fer, le voyage ne durait pas moins de huit heures, alors il aurait été laborieux pour les élèves de prendre des carrosses ordinaires. À la place, c'était un carrosse volant tracté par des palominos ailés qui était chargé de transporter les étudiants vers les recoins les plus septentrionaux de l'Écosse. Le point de rendez-vous pour emprunter ce carrosse se situait aux abords de Londres, et tout un chacun pouvait assister au « décollage » du véhicule, même si la présence des moldus était strictement contrôlée pour éviter d'éventuels débordements.
Le carrosse paraissait extrêmement vulnérable avec sa toiture et ses portes en verre, et les brides des chevaux qui étaient en tulle. D'après Ralston, ce décor n'était qu'une illusion pour rendre l'attelage plus discret, et en réalité, l'intérieur était plus vaste et plus solide. Cette atmosphère princière enchantait littéralement les jeunes moldus dont le regard avide s'attardait sur les ailes des palominos. Ralston souffla à Rose qui observait ce spectacle :
- En voyant cela, vous devriez mieux comprendre la raison pour laquelle je lutte contre la visibilité de notre monde aux yeux des moldus. Ces enfants qui sont présent ici sont émerveillés par tout ce qu'ils découvrent, mais c'est contre-productif, car ils finiront par se demander pourquoi l'accès au carrosse leur est interdit. Pourquoi eux-mêmes ne peuvent pas être initiés à la magie... Ils verront cette ségrégation comme une injustice. De ce fait, ils deviendront aigris avec le temps et développeront un rapport de méfiance envers les sorciers. Et des conflits entre nos deux mondes éclateront.
Admirative de la lucidité des propos de Ralton, Rose ne put s'empêcher de lui donner quelques indications concernant l'avenir de Poudlard :
- Oui, vous avez raison, c'est absurde. Ce qu'il faudrait comme lieu de rencontre pour les élèves à Londres, c'est un endroit inaccessible aux moldus. Construire un mur magique seulement franchissable pour les sorciers, et...
- Vous êtes la seule à partager les étranges idées de Mr. Potter, Rose, l'interrompit Juliet qui semblait un peu décontenancée par le discours qu'elle tenait.
Spontanément, Rose répliqua :
- Ce ne sont pas des idées étranges, mais progressistes. Je suis certaine qu'un jour, elles apporteront des changements positifs à notre société... Grâce à ce que j'ai découvert sur vous avec l'arithmancie, j'ai foi en toutes vos théories et je sais que vous ne devez surtout pas les abandonner, ajouta Rose à l'attention de Ralston.
Ravi, Ralston lui adressa un sourire qui ne manqua pas de lui arracher un petit frisson ; le voir sourire était particulièrement agréable sans qu'elle sache pourquoi. Et elle rougit inévitablement en réalisant qu'à cet instant précis, Juliet avait posé sur elle un regard flamboyant comme si elle avait deviné ses pensées. Rose s'efforça d'éviter tout contact visuel avec elle, cependant que Ralston disait joyeusement :
- À mon avis, Juliet, puisque Rose a l'intelligence de partager mes idées, elle deviendra la meilleure des apprentis de Poudlard.
- Attention, Ralston, votre vanité pourrait vous perdre un jour.
Cette voix veloutée ne pouvait appartenir à personne d'autre que Lisbeth Black. En effectivement, en pivotant sur le côté, Rose aperçut le visage svelte de celle-ci entourée d'un chapeau mauve. Ses lèvres colorées d'un maquillage sombre esquissaient une moue moqueuse. « Que diable cette horrible femme fait-elle donc ici ? » se demanda Rose en contenant son irritation. La peau très sensible au moindre choc émotionnel de Juliet devint écarlate sous l'effet de la surprise, et Abraham émit un claquement de langue insolent. Et de concert, Ralston rougit.
- Mrs Black.
- Je ne faisais que vous taquiner, Ralston ! Rit Mrs Black sous l'œil enragé de Juliet.
Abraham grogna à voix basse en direction de Rose :
- Ah, que c'est ennuyant ! J'en ai marre d'assister à des querelles d'amoureux, pas vous ? Partons maintenant... Au revoir, cousin Ralston.
Accaparé par sa conversation avec Lisbeth Black, Ralston ne lui prêta aucune attention. Face à son débordement d'enthousiasme, Rose se sentit furieuse, et elle se retint de tourner les talons. Avant de partir, il lui fallait faire quelque chose. Mettre en garde Ralston de manière implicite face au danger qu'il courait en fréquentant Mrs Black avec tant de désinvolture. Sinon, elle passera assurément tout son séjour à Poudlard à s'enquérir de sa sécurité.
- Il fallait absolument que j'assiste aujourd'hui au départ des jeunes sorciers pour l'école de magie !... Avez-vous remarqué comme Londres est devenu placide ces derniers temps ? Disait Mrs Black à Ralston. C'est si soulageant ! Je peux enfin fermer les yeux sans craindre que mon sommeil soit interrompu par des coups de feu.
- Oui, j'ai le même sentiment que vous, dit chaleureusement Ralston.
En se rappelant la présence de Rose, il se tourna vers elle :
- Ah, vous partez déjà... Eh bien, à bientôt. J'espère que vous vous plairez à Poudlard. N'hésitez pas à venir à La niche cet hiver.
- Oui, je vous remercie, murmura Rose. Et... (les prunelles noires de Lisbeth rencontrèrent les siennes) prenez soin de vous. S'il vous plaît.
Sur ces mots, elle s'empressa de rejoindre Abraham qui affichait un air à la fois renfrogné et impatient. Un désagréable sentiment d'oppression l'envahit alors qu'elle embarquait à bord du carrosse, comme si le regard piquant de Mrs Black continuait de la suivre. L'envie de fuir la tenailla brusquement. Qu'adviendra-t-il de Ralston pendant ces longues semaines, si proche d'une femme dangereuse ? Alors qu'elle réfléchissait, elle remarqua la présence d'une étudiante qui lui fut familière devant elle.
Puis elle s'écria :
- Helen Babbling !
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Bon, voilà, Rose a embarqué pour Poudlard. Mais, ne vous inquiétez pas, on reverra très vite les personnages qu'elle a quitté en temps et en heure. Il me tient quand même à coeur de présenter Poudlard et les anciennes coutumes du château. J'espère que vous avez apprécié la lecture de ce chapitre, et je continue d'espérer obtenir quelques avis, même si je sais que beaucoup d'entre vous sont probablement trop las à la fin d'une journée éprouvante pour écrire des commentaires. Encore une fois, je ne vous oblige à rien, mais c'est toujours plus facile pour moi de savoir où je vais quand j'écris grâce à quelques avis.^^ Merci de me lire!
