La fin
Pour la première fois des vacances, je passais mon mercredi chez moi, à regarder la télévision. Je tournais dans la maison comme une âme en peine. Mes parents et ma sœur étaient partis le matin suivant pour une semaine, la maison était donc toute à moi ! Il me fut pourtant impossible de me concentrer sur quelque chose… Télévision, livres… rien ne réussissait à me changer les idées. Personne avec qui discuter ou me disputer. L'ennui total. Et mon esprit qui se faisait un plaisir de repenser à cette dernière danse ! J'envoyais un hibou à Mary le midi, un vrai appel au secours. Alors que l'oiseau n'était qu'un point à l'horizon, je voyais un autre point grossir à vue d'oeil. Mes yeux s'agrandissaient au fur et à mesure que l'oiseau m'approchait… C'était… la chouette de Potter ! Mon cœur loupa un battement.
Je saisis tremblante la lettre, la posais sur la table devant moi. De quoi pouvait il donc parler ? Je pris une profonde inspiration.
Salut,
Mike fait une soirée DVD ce soir.
J'espère t'y voir.
J.
Mon cœur fit un bond dans ma poitrine. Quoi ? Une soirée DVD ?! Je n'étais même pas invitée ! Un sentiment de profond désappointement m'étreignit. Je me sentais abandonnée, une horreur. Je notai tout de même qu'aucun 'Evans' ou 'Potter' ne figurait dans sa lettre… Mais avait ce réellement un sens caché ? Je décidai de m'habiller et d'aller en ville. Je flânais dans les rues avant de passer chercher Julia à la sortie du boulot pour lui proposer une soirée entre filles. Un restaurant japonais venait d'ouvrir dans notre quartier, excuse parfaite. La soirée fut agréable, malheureusement une fois de retour à la maison, l'impression de vide me reprit.
Un pot de glace et une cuillère dans les mains plus tard, je m'enfonçais dans le canapé devant une nième rediffusion. Je n'avais osé amener le sujet Potter sur la table durant la soirée, laissant Julia me décrire en détails les premiers balbutiements de son futur couple avec Ben. Jalouse, voilà ce que j'étais. Je ressentais pour la première fois de ma vie l'envie d'avoir un petit ami. Les hormones, voilà pourquoi qui pouvait expliquer le trouble quand Potter était dans le coin… Cette réponse sembla me satisfaire. Enfin pour le moment…
L'identité de l'assassin allait enfin m'être révélée quand la sonnette de la porte d'entrée retentit. Qui cela pouvait il donc bien être ? Par Merlin, je suis seule dans une grande maison !!! Peut-être était ce un violeur ou un cambrioleur ou pire un meurtrier !!! Je m'approchais de la porte en serrant fermement ma baguette pendant que je cherchais mentalement tous les sorts possibles pour me protéger. Je regardais par la fenêtre. Mes épaules s'affaissèrent…
« - Potter, que fais tu là ?
Ravi de te voir moi aussi.
…
Je peux rentrer ?
Oui bien sur… Tu veux boire quelque chose ?
Non, merci. »
Potter se tenait maintenant dans mon salon, enfin dans le salon de mes parents… si quelqu'un m'avait dit que ça arriverait… Je pense que j'aurais cru à une bonne blague. Il portait des jeans qui mettaient en valeur ses jambes et son pull soulignait sa carrure. Je ne sais qui l'avait conseillé pour ces achats, mais cette personne avait réellement bon goût… Se pourrait il que ce soit Melissa ou Kate ? M'énerve ces filles… Peut être même sortait il avec l'une d'entre elle ?! Je l'observais afin de trouver un indice sur cette liaison mais rien. Il se tenait devant moi gêné, je jubilais intérieurement, parce qu'il est gêné bien sur, en aucun cas parce que j'étais persuadée qu'il était célibataire. Non ! Ainsi, il ressemblait presque à un adolescent normal, il avait perdu de son arrogance ainsi que sa confiance en lui si légendaire. Ca le rendait humain.
« - Pourquoi tu souris ?
Tu sembles différent, dis je avec un petit sourire.
Différent ?
Oui, plus… sympathique.
Et pourquoi tu rougis maintenant ? demanda t il s'amusant visiblement de ma gêne.
Parce que je viens de me rendre compte que je t'ais fait un compliment. C'est contre nature !
Fais attention je pourrais m'habituer, ajouta t il avec un clin d'œil. »
Je souriais au moins autant que lui. Mon cœur battait dans ma poitrine, il fallait que je me ressaisisse, que je n'oublie pas qui se trouvait en face de moi. C'est Potter ! Tu sais le gars qui te gâche la vie au Collège ?! Mais je perdais pied dans ses yeux, la chaleur que j'avais ressenti lors du slow, me revenait à l'esprit et au corps... Il fallait que je me ressaisisse, mais comment ?
« - J'aime bien tes chaussons.
c'est Garfield, dis je en remarquant que je les fixais.
Je suis venu pour te dire que je ne pourrais plus te voir. Sirius vient passer la fin des vacances à la maison.
Oh… OK, répondis je un brin déçue. »
Et il partit sans un mot de plus. Et je restais là à fixer la porte qu'il avait refermé derrière lui. Alors comme ça, c'était fini. Il aurait pu venir avec Sirius. Bien que passer une journée avec Black… Je souris, il n'y a pas si longtemps je pensais la même chose de Potter… J'avais l'impression que quelque chose se déchirait dans ma poitrine. La prochaine fois que je le verrais, ce serait sur le quai pour aller à l'école. Il serait entouré de filles et ne me remarquerait pas ma présence. La prochaine fois qu'il me parlerait… Nous ne nous reparlerons plus, même plus d'insultes… Il venait littéralement de sortir de ma vie. Mon cœur me fit mal, et je sentis mes yeux se mouiller. Ma vie avait définitivement changé, et là j'avais entièrement conscience de ce que je perdais.
Mon mois d'Août passa lentement, heureusement que je travaillais, ça m'occupait l'esprit. Le mercredi, je me surprenais à me demander ce qu'il faisait, où il était, avec qui… Craig me proposait souvent des sorties, je compris vite qu'il attendait quelque chose de moi… Quand je me retrouvais seule avec lui, je ne pouvais m'empêcher de le comparer à Potter, de me demander comment ce serait avec lui… Je refusai alors de plus en plus souvent, m'enfermant ainsi dans la solitude. Je lus beaucoup durant ce mois là, et mes devoirs furent faits parfaitement… Mais quelque chose me manquait. Ma sœur avait, elle aussi vu le changement et s'en montrait que plus cruelle. Elle me répétait que c'était normal qu'il ait rompu, il avait seulement ouvert les yeux sur le monstre que j'étais…
La dernière semaine des vacances, je retrouvais Mary sur le Chemin de Traverse pour les achats scolaires. J'avais décidé de passer mon unique semaine de vacances auprès de mes parents, après tout je voyais Mary toute l'année alors qu'eux, ce ne serait pas avant Noël. Les températures s'étaient rafraîchies, les robes avaient été mises au placard au profit des jeans et des pulls légers. Nous avions acheté tout ce qui se trouvait sur la liste et mangé une bonne glace pendant que Mary me racontait ses vacances. Elle savait déjà tout des miennes et il n'y avait rien de plus à ajouter… Nous flânions tranquillement quand nous fûmes encerclées par 4 personnes : les Maraudeurs.
« - Alors Evans, quoi de neuf ? Prête pour une nouvelle année ? Cet été j'ai eu le temps de trouver deux trois petits tours à essayer sur toi, je suis sur que tu vas aimer ! me dit Black un sourire carnassier aux lèvres.
Tes vacances ont dû être bien vide pour que tu penses à moi, répliquai je en plaçant Mary derrière moi.
Oh ne t'inquiètes pas ! Avec James, on a bien profité de notre été, fit il en se retournant vers son ami qui restait silencieux, le visage impassible. On a trouvé un nid de vraies femmes qui n'attendaient que nous !
Ça s'appelle des prostituées, Black ! Si elles n'attendaient que toi, tu n'aurais pas eu à payer ! »
J'avais franchi la ligne, je le savais, et la main sur mon cou le prouvait. Il me faisait mal, je sentis la main de Mary sur mon bras. Un jour, je lui avais dit que quoiqu'il arrive il ne fallait jamais qu'elle intervienne. Avec son asthme, un mauvais tour des Maraudeurs pourrait être très dangereux pour elle. Elle avait protesté mais n'avait pu que se ranger à mon avis quand j'avais répliqué en désespoir de cause que l'une d'entre nous devait rester en 'forme' pour soigner l'autre… Je ne sais combien de temps nous restâmes ainsi. Je regardais Black dans les yeux, le défiant de continuer. Il est vrai que Potter m'avait dit qu'il arrêterait de me faire des sales coups, il n'avait pas parlé de ses copains. Le petit serpent m'avait bien eu !
Voyant une foule compacte se former autour de nous, il me lâcha en me crachant au visage que je le paierais. Et voilà, les cours n'avaient pas encore repris que notre guerre reprenait. Je me tournais vers Mary, sans un regard pour Potter. L'après midi était fini pour moi, je voulais rentrer et pleurer. Pourquoi ? je n'en savais pas réellement la raison, peut-être parce que je me sentais si naïve, si stupide. Je m'étais faite avoir… Mais pourquoi avais je cru que ma septième année serait différente !?! J'avais eu peur aussi je pense, ma gorge me faisait mal et je savais que des bleus ne tarderaient pas à apparaître.
Je laissais Mary au Chaudron Baveur où elle utilisa une des cheminées pour rentrer chez elle. Notre fin de journée avait été gâchée, nous en avions toutes les deux conscience. Je sortis du coté Moldu, il avait commencé à pleuvoir, je poussais un soupir de lassitude. Mon parapluie ouvert, j'avançais tête baissée tentant de faire le tri dans ma tête. Il avait donc vu des filles pendant les vacances ? Mon cœur se serra douloureusement. Je pense que de l'altercation avec Black, cette information était celle que j'avais le plus de mal à digérer. Je m'arrêtais brusquement à quelques mètres de la descente de métro, fascinée par le spectacle qui s'offrait à mes yeux. Potter me regardait, il semblait m'attendre. Il était trempé par la pluie mais il restait fier et sur de lui. Je comblais les quelques mètres qui nous séparaient et mis le parapluie au dessus de nous deux m'obligeant à me tenir proche de lui, peut être trop proche. Je lui en voulais de ne pas être intervenu, de s'être joué de moi… Mais que venait il faire là, sous la pluie ?
« - Que fais tu là ? Prenant conscience de mon ton sec, je ne pus m'empêcher d'ajouter plus doucement. Tu vas attraper la mort, on ne t'a jamais parlé de parapluie ou de vêtements de pluie ? »
Je lui souris, un de ses sourires pour un enfant à qui il faut faire comprendre l'importance de quelque chose. Je sentis sa main sur ma joue avant de réaliser qu'il m'embrassait. Un léger baiser qui ne dura que quelques secondes mais porteur de promesses. Je voulais qu'il recommence alors je lui fis comprendre… J'appliquais une faible pression à la base de sa nuque avec ma main libre pour qu'il se penche de nouveau. Un vrai feu d'artifice, rien à voir avec le baiser de Craig l'été dernier. J'en oubliais tout, qui j'étais, qui il était…
Ce fut seulement quand j'entendis des sifflements tout autour de nous que je me rendis compte de la situation. Mon Dieu, je venais d'embrasser Potter. Et avec une fougue que je ne me connaissais pas !
« - Tu vois Potter, tu t'es finalement abaissé à embrasser une sang de bourbe. »
