Le Capitaine Dil vous salue, moussaillons, et vous souhaite la bienvenue à bord du Tome Premier de Piracy. Ici, il n'y aura pas de comportement de petite pucelle, vous vous lèverez à l'aube pour briquer les ponts, vous vous coucherez à minuit après avoir huilé les cordages, et entre les deux, je ne veux pas un bruit, pas une plainte, rien. Notre pavillon est le Jolly Roger et tous ceux qui croient que ceci est un navire de gentilles petites mémères sont invités à rester à terre, parce que si vous avez des remises en question durant notre périple, je vous aiderai à chasser vos doutes en vous présentant aux bas-fonds de l'océan, vu? Maintenant, votre premier ordre est de lire ce chapitre, et pour les gibier de potence qui ne savent pas lire, vous pouvez quitter le quai maintenant. A vos parchemins!
...
- Je crois que nous n'avons plus de porte de chambre, chérie.
(Drago Malefoy à Hermione Granger).
...
7 octobre 1656
Blaise se pencha contre le bastingage, humant avec méfiance l'air de la nuit qui tombait. Le soleil se couchait à l'horizon, striant le ciel bleuté de nuances ocre et orange, rose et jaune. C'était une soirée splendide, et pourtant, son instinct lui hurlait que cette nuit, de grands changements allaient se produire. Oh, il ne craignait rien, de cela il était certain. Les vagues léchaient la quille du Serpentard qui fendait les flots avec assurance, comme si le navire était inatteignable. Chaque pirate à bord effectuait ses tâches avec tranquillité. Non, ce soir, ce n'était pas son destin qui serait bouleversé.
Le jeune métisse se détourna à regrets du spectacle savoureux de la déesse des ténèbres qui tirait sa longue traîne de noirceur au-travers du ciel, et vint se tenir près de la barre, où Anthony Goldstein se trouvait, yeux rivés sur les étoiles naissantes. Derrière le jeune homme, Blaise aperçut, à environ cinq milles marins, une longue bande plate et sombre s'étirer.
-Port Royal, murmura le Capitaine avec révérence.
-Aye, affirma Anthony en jetant un bref regard à sa boussole.
-Virons à tribord, Goldstein, et rejoignons le port, ordonna Blaise soudainement.
Son instinct lui cria que c'était là un excellent plan.
Le blond se tourna vers son Capitaine, haussant un sourcil surpris.
-Mais vous avez dit...
-Je sais ce que j'ai dit, quartier-maître, siffla Blaise. Cap sur le port de Port Royal, immédiatement.
Anthony hésita, puis vira. Alors que la quille du navire s'alignait avec la terre, une explosion retentit dans le lointain, tandis qu'un bâtiment amarré dans le port s'illuminait de mille teintes orangées, dénonçant la présence de flammes. Le quartier-maître ouvrit des yeux ronds, et jeta un bref regard à son Capitaine, qui était dos à lui. Il ne savait pas ce qu'il se passait à Port Royal, mais il était hors de question de rester loin des événements.
…
Neville leva le nez en l'air, ignorant Olivier qui donnait des ordres aux membres de l'équipage, et adressa une petite prière silencieuse aux étoiles naissantes. Lorsqu'il était petit, et que ses cousins se moquaient de lui parce qu'il était trop gros, trop stupide, trop poltron, il se réfugiait sur le balcon de sa chambre et regardait, yeux ronds, les milliers d'étoiles qui surplombaient les Caraïbes. C'était son père qui lui avait appris à reconnaître les constellations, un soir d'été quelques semaines avant sa mort, et c'était la seule leçon que Neville eut jamais retenue par cœur. Sa mère les avaient rejoints avec des tasses de thé, et avait ajouté que les étoiles étaient en réalité les âmes des disparus qui veillaient sur eux et guidaient leurs pas dans les ténèbres.
Après leur mort, il avait passé une nuit entière à fixer les étoiles, et à imaginer que les deux astres qui brillaient le plus fort dans le ciel étaient les âmes de ses parents.
Neville eut un rictus doux-amer au souvenir. Il pouvait encore voir les étoiles qu'il s'imaginait être ses parents lorsqu'il était enfant. Ce soir, elles étincelaient particulièrement fort, et il ne put que considérer cela comme un bon présage, ce qui n'était pas à négliger étant donné la tâche immense qui l'attendait cette nuit. Il secoua la tête en réalisant qu'il était à présent un adulte et un corsaire, et n'avait pas à prêter foi à de douteux présages que son esprit pouvait inventer. La seule chose qui lui octroierait la victoire ce soir était son don pour le maniement de son navire. Toutefois, une petite voix lui soufflait que Luna, elle, y croirait. Elle lui avait expliqué un jour que sa mère, morte sur les eaux, la protégeait dans chaque vague qui léchait la coque de la Rowena.
Neville se permit un petit sourire en s'accoudant fièrement au bastingage. Ce soir, il aurait tout à loisir de prouver à la belle blonde qu'il était digne de son attention. Après tout, leur mission relevait presque du suicide, mais il était bien décidé à en sortir vivant. Ensuite, sa valeur prouvée, il aurait tout à loisir d'entamer sa cour. À présent que Xénophilius ne veillait plus sur sa fille, il estimait être l'homme parfait pour prendre la relève du défunt. Si l'ancien Capitaine de la Rowena était encore de ce monde, il lui aurait demandé la permission et entrepris une lente cour dans les règles, mais il n'avait pas le loisir d'attendre, maintenant. Luna était une ravissante jeune femme et risquait plus que sa vie sur les flots.
Neville eut un petit sourire alors qu'il contemplait ses doigts grassouillets. Autrefois, il avait eu honte de son corps, mais il pouvait à présent aisément imaginer qu'une alliance ornait sa main, et que l'éclat de l'amour qu'il partagerait avec son épouse ne ferait que magnifier sa prestance.
Et de la prestance, il en avait. Pouvait-il en être autrement, lorsqu'on commandait avec succès un grand navire corsaire ?
…
Ron fit lentement rouler ses muscles et craquer ses doigts. Ensuite, il ferma les yeux et entreprit de verser sa tête de chaque côté, écoutant avec satisfaction les os protester. Lorsqu'il les ouvrit à nouveau, ses yeux couleur océan des Caraïbes se posèrent sur la mer au loin. L'horizon se détachait nettement de la mer, cette dernière d'un bleu profond, presque noir, alors que le ciel se striait déjà des émouvantes teintes du coucher de soleil.
Ron se sentait étrangement en paix. Il allait combattre un ennemi réputé invincible, ce soir, pour récupérer sa fiancée. Il aurait dû être à côté de lui-même, pistonné par la nervosité et par l'adrénaline, mais il était étonnement tranquille. Il tourna lentement le regard vers Harry et ricana en voyant la tête que tirait le brun.
Lunettes de travers, sourcils froncés, Harry contemplait une carte des marées, langue tirée dans sa concentration. Au rire de son meilleur ami, il leva deux yeux d'un émeraude pur.
-Pourquoi ris-tu ?
-Je ne sais pas, s'amusa Ron. C'est si...tranquille. La mer est calme, et il n'y a pas un navire ennemi à l'horiz-
-Capitaine !
La voix étranglée de Dean, provenant du nid-de-pie, les interrompit. Le quartier-maître du redouté Red Phoenix semblait paniqué, et Harry se tendit immédiatement, yeux balayant les alentours à la recherche d'une menace imminente.
-Capitaine, le Dragon des Ténèbres se profile à l'horizon !
-C'est impossible, hurla Harry en lâchant sa carte et pivotant pour scruter la mer. Ils n'ont pas pu arriver de la Tortuga si vite, Dean !
-Eh, s'indigna le petit quarteron. Si le navire que je vois n'est pas le Dragon, je veux bien bouffer mes souliers, Capitaine. Sinon, tu mangeras les tiennes.
Ron tendit soudainement le doigt vers un point noir qui venait d'apparaître dans sa ligne de mire.
-Regarde, murmura-t-il.
Harry, mains secouées de frissons d'anticipation, retira la longue-vue qu'il avait glissée à sa ceinture, et la braqua sur les flots. D'abord, la Rowena lui apparut, prête à entrer dans le port, pour les rejoindre. Un peu plus loin derrière, était la Rapière de Godric, gouvernée par Neville. Cela était normal. Leur plan était de se rejoindre à Port Royal, puis d'attendre la nuit tombée pour que la Rowena quitte le port pour se cacher plus loin, le long des côtes. Lorsque le Dragon des Ténèbres arriverait, comme prévu par le pirate traître qui avait vendu les plans de son maître à Harry, ce dernier l'attendrait dans le port avec la Rapière de Godric. Ensuite, le navire de Luna n'aurait plus qu'à boucher l'entrée pour empêcher toute fuite de Malefoy. C'était parfait, et pourtant...
Harry dirigea la longue-vue vers le point noir que son ami indiquait et sentit son cœur sombrer. Il n'avait prévu, à aucun moment, que son ennemi arrive plus tôt qu'annoncé.
-La Rowena ne peut plus faire demi-tour, remarqua-t-il. Nos trois navires seront dans le port et personne ne pourra empêcher Malefoy de sortir.
-Nous devrons l'attaquer dès qu'il entre dans le port, prédit Ron gravement. Cela permettra d'incapaciter son navire suffisamment pour qu'il ne puisse pas repartir.
Harry hocha la tête, soufflant doucement. Il n'aimait pas la tournure que prenaient les événements. Une voix narquoise s'éleva alors du nid-de-pie.
-Alors, Capitaine. Ces souliers, avec ou sans mayonnaise ?
…
Hermione était allongée sur le lit du carré, sur le ventre, contemplant le ciel à travers le verre de la fenêtre. Le temps annonçait une belle nuit. Bientôt, cependant, l'hiver serait là, ainsi que le froid, les pluies et les tempêtes. Elle n'aurait pas le luxe de naviguer son propre navire durant cette période critique. Où serait-elle, d'ailleurs ? Toujours emprisonnée sur le navire de ses cauchemars ? De retour sur la terre ferme ? Morte ?
La jeune femme émit un ricanement désabusé. Dans la société britannique, un baiser était aussi scandaleux qu'un enfant illégitime. Une simple caresse en public dénotait donc un engagement à vie. Malefoy l'avait montrée comme sienne devant les hommes, l'avait embrassée à plusieurs reprises et pourtant, elle ne doutait pas un seul instant qu'il n'hésiterait en rien à la tuer si elle se montrait encombrante. Pour l'heure, il s'amusait d'elle. Après tout, même s'il s'avérait incapable d'éprouver des sentiments bassement humains comme l'amour ou la loyauté, il n'était qu'un homme. Un homme qui passait des semaines en mer, et qui avait la chance d'avoir une jolie jeune femme prisonnière dans ses quartiers. Hermione n'était pas sotte. Elle savait qu'elle avait énormément de chance de n'avoir pas été livrée en pâture aux appétits de son bourreau. Elle admettait aussi secrètement être si confuse lorsqu'il s'agissait de l'énigmatique pirate qu'elle ne savait plus elle-même, par moments, si elle devait ouvrir la porte à son propre désir ou non. Et bien que cette pensée la couvre de honte envers elle-même et de haine envers lui lorsqu'il était absent, elle se l'admettait à présent : lorsqu'elle était face à lui, elle n'était plus maîtresse de ses propres désirs. Comment pouvait-elle être si amoureuse de Ron et vouloir tant un autre homme ? Était-ce le fait qu'il soit son ennemi, et que son goût de l'extrême la poussait à sa propre perte ? N'était-ce pas une infidélité, non seulement à son fiancé mais aussi à ses propres principes ? Même si Hermione était corsaire, elle tenait profondément aux valeurs qui lui avaient été inculquées. Et désirer son plus grand ennemi n'était certainement pas une valeur qu'on lui avait inculquée.
La porte s'ouvrit soudain avec fracas. La jeune femme ne sursauta pas, se contentant de rouler des yeux. Le Capitaine du Dragon des Ténèbres aimait se donner un côté dramatique.
Elle entendit les pas de Malefoy résonner contre le plancher, et se força à se redresser en position assise. Son regard croisa aussitôt l'orage des yeux de son ennemi, et elle se sentit rosir légèrement alors que son cœur rata un battement. Tant de beauté concentrée en un si infâme être devrait être interdit...et voilà, la preuve de ce à quoi elle songeait un instant plus tôt ! Sans pouvoir s'en empêcher, elle lança à brûle-pourpoint,
-Où serai-je cet hiver ?
Drago, debout à côté de l'armoire qu'il venait d'ouvrir, se tourna vers elle en fronçant un sourcil. Elle s'empourpra. Il avait le don de la faire se sentir ridicule par un seul regard.
-Rien, marmonna-t-elle.
Il ne faisait visiblement plus attention à elle. Il jetait un regard pensif à des cartes maritimes, et elle en profita pour détailler son profil sans se déranger. Il ne la remarquait pas, de toute manière, tant il se concentrait intensément sur-
-Attention, Granger, lança-t-il d'une voix traînante. Si tu continues à me fixer de la sorte, je vais m'embraser.
-Si seulement c'était vrai, répliqua-t-elle du tac-au-tac.
-Mais alors, qui t'embrasera, toi ?
Elle inhala vivement et détourna le regard, rougissante, tentant d'ignorer son regard moqueur.
-Tu fais fausse route, assura-t-elle. Je ne te...je n'ai pas envie de...
-Tu peux dire le mot, Granger, railla-t-il. Tu es une adulte, à présent. Alors ?
-Je-ne-te-désire-pas, finit-elle par cracher dents serrées.
-Mais voyons, répondit-il en roulant ses yeux gris. Avec plus de conviction, s'il te plaît.
Elle préféra ne pas répondre, ne voulant pas voir la conversation tourner à son désavantage- c'était un sujet où elle ne gagnerait pas, elle le savait. À quoi lui servait de savoir réciter Platon par cœur si elle était incapable de tenir un badinage simple avec un homme ?
Oui, se souvint-elle, mais pas n'importe quel homme. Drago Malefoy.
Le blond ferma l'armoire brusquement, la ramenant à elle.
-Nous arrivons à Port Royal, déclara-t-il. Naturellement, tu demeureras à bord de ce navire durant mon séjour.
-Harry ne t'aura pas attendu à Port Royal, le méprisa-t-elle. Il continuera à te filer entre les doigts, et un jour, il te tuera.
-Et c'est à ce moment-là que tu auras enfin ton jour de gloire, rappela-t-il avec un rictus menaçant. À présent, tiens-toi tranquille, petite Granger. Des personnes m'attendent, et il est très mal poli de faire trop patienter ces dames.
Avec un clin d'œil moqueur, il claqua la porte, laissant Hermione figée. L'au revoir de Malefoy était un violent rappel à tout ce qui les séparait. Étrangement, elle sentit des larmes lui piquer les yeux, et une grande lassitude l'envahir. Se laissant retomber contre le duvet, Hermione se répéta que c'était stupide de pleurer, de voir les actes auxquels son geôlier allait se livrer comme une trahison, mais elle ne pouvait empêcher cette réaction qui était engrenée en elle. Comme si Malefoy lui appartenait quelque peu parce qu'ils avaient échangé quelques baisers. Comme si elle avait l'exclusivité.
D'autant que ces femmes-là ne lui refuseraient rien. Elles n'étaient pas arrêtées par des considérations morales. Elles n'avaient pas de fiancé s'inquiétant pour leur vie même. Malefoy n'était pas un ennemi intime de leurs amis. Elles avaient de l'amour à donner, et le manifesteraient de la manière que le blond désirait.
Hermione éclata d'un rire cristallin, qui se brisa finalement, et elle s'emmura dans un silence amer. C'était ridicule. Elle avait entendu parler de prisonniers qui avaient fini par se rendre aux raisons de leurs bourreaux, et même par en tomber amoureux. Mais elle savait que ce n'était pas son cas. Elle savait aussi que, même si elle passait de longues années loin de son ennemi, le désir qu'elle avait éprouvé pour lui ne s'éteindrait pas.
Dans ce cas, la meilleure des solutions n'était-elle pas de se laisser aller ?
Une telle pensée lui fit écarquiller les yeux, et un instant après, elle se roulait de long en large sur le lit, des larmes d'hilarité coulant sur ses joues. Ses amis lui avaient toujours dit qu'elle avait de l'humour noir.
Un grand bruit et un tremblement du navire la fit redresser aussitôt, ses doigts se fermant et s'ouvrant dans ses paumes, la démangeant de prendre part à l'action. Elle était confuse. Malefoy avait pourtant dit qu'ils arrivaient à Port Royal : sûrement, ils n'étaient pas attaqués dans un port, si ? Et qui serait assez fou pour s'en prendre au Dragon des Ténèbres ?
Elle vit le ciel du crépuscule s'illuminer brièvement d'orange et de blanc, puis le navire tangua légèrement alors que des coups de canon étaient tirés et reçus. Elle put entendre des cris provenir du pont, ainsi que le crépitement des mousquets et l'occasionnel grognement. Haletante, Hermione ne put qu'attendre.
Son calvaire prit rapidement fin, cependant, puisque la porte ouvrit avec tant de force qu'elle bondit, et Drago Malefoy apparut, visage fermé, tenant un mousquet à la main et sa chemise blanche ensanglantée. Elle eut d'abord un sursaut de frayeur à la vue de l'arme pointée sur le sol, puis son cœur sombra lorsqu'elle prit conscience de l'état de son vêtement. Était-il blessé ?
Elle n'eut pas le temps de tergiverser là-dessus, puisque en trois pas de géant le Capitaine l'avait rejointe, et enfermait son petit poignet dans l'étau de fer de sa main. Il la traîna derrière lui, l'air grave, et lança par-dessus le bruit de la bataille, avec moquerie,
-On dirait que ton jour de gloire est arrivé plus tôt que prévu, Granger.
Ils parurent sur le pont, et Hermione regarda autour d'elle, perdue. Des pirates couraient, sautaient, tiraient sur d'autres navires. Il semblait y en avoir plusieurs, mais c'était difficile à dire, puisque à présent la nuit était entièrement tombée et que les explosions en rafale l'aveuglaient. Elle marqua un temps d'arrêt, mais Malefoy la tira violemment derrière lui, et elle revint à elle. Un morceau de bois éclaté passa devant son champ de vision et elle prit enfin conscience qu'elle était dans une bataille, pas une promenade de santé, et qu'elle pourrait aisément être tuée.
Aussi se précipita-t-elle derrière le blond qui la traîna jusqu'à la barre. Une balle de mousquet frôla l'oreille de Malefoy et elle laissa échapper un cri, ce qui lui valut un regard exaspéré.
-Tu causes plus d'ennuis que tu n'en vaux, siffla-t-il.
Elle l'entendit à peine par-dessus le bruit ambiant, mais se raidit et le foudroya du regard.
-A qui la faute que tu ais dû venir me chercher en pleine bataille ?
-C'est bon à savoir, rétorqua-t-il en lui attachant les mains avec un morceau de corde. La prochaine fois je te laisserai mourir dans la dunette.
-J'ai l'impression que la dunette est moins dangereuse qu'ici, lâcha-t-elle tandis qu'il attachait fermement la corde à la barre.
A peine eut-elle terminée sa phrase qu'un boulet de canon vint s'encastrer près de la poupe du navire. Avec un regard narquois, Drago rétorqua,
-Je crois que nous n'avons plus de porte de chambre, chérie.
-Quel dommage, minauda-t-elle en lui jetant une œillade glaciale. On dirait que tu vas devoir garder tes mains dans tes poches et ta langue dans ta propre bouche.
-On sait tous les deux qu'une porte n'empêche rien, vint la réponse.
Sur ce, il saisit l'arrière de sa tête d'une main, l'autre portant toujours son mousquet, et il abattit ses lèvres sur les siennes. Elle ne se débattit pas, sonnée. Est-ce qu'il était vraiment en train de l'embrasser alors que son navire était sous attaque ?
Avant qu'elle put réagir, il releva la tête, une étincelle triomphante dans les yeux, et se détacha d'elle, disparaissant aussitôt dans la foule infernale de pirates qui peuplait le pont du navire. Hermione tenta de le retrouver du regard, en vain, et tourna les yeux vers la bataille, curieuse. Lorsque le navire était illuminé par les explosions, elle pouvait voir la terre ferme se dessiner à quelques mètres. Ils étaient dans le port, donc. La ville de Port Royal semblait danser sous la lumière des flammes, de manière à la fois fantomatique et chaleureux. Hermione roula des yeux devant le lyrisme mal placé de la scène et tourna son regard d'ambre vers les attaquants. Un départ d'incendie semblait se déclarer sur le pont d'un navire adverse, et elle écarta les yeux démesurément. La coque du navire enflammé était bleu comme les eaux. Les paroles de Harry avant son baptême des flots lui revinrent à l'esprit. Il lui avait dit qu'elle pouvait compter sur l'aide des Lovegood, des corsaires naviguant la Rowena, à la coque bleue...ses yeux se posèrent instantanément sur le deuxième navire, qu'elle ne reconnut pas, mais la rapière peinte sur la coque dénonçait facilement son nom. La Rapière de Godric, de Londubat...enfin, dans une explosion particulièrement vive, le spectacle du troisième navire se figea sur sa rétine.
Elle avait envie de pleurer de joie. Harry était venu la chercher. Ils étaient trois navires, trois excellents navires face au Dragon des Ténèbres...et ils allaient la sauver.
Hermione se mit à tirer violemment sur ses liens, n'ayant pas l'intention de laisser la bataille se dérouler sans sa participation. Elle se baissa alors qu'un débris faillit lui emporter la moitié du visage, et répriment un frisson, elle laissa l'adrénaline l'emplissant la guider. En un tir particulièrement puissant et désespéré, elle parvint à libérer une main. Elle s'empressa de défaire la corde emprisonnant l'autre, et demeura un instant surprise d'être parvenue à se dégager si facilement. Puis, reprenant ses esprits, elle s'élança au milieu des pirates, cherchant une arme du regard. Elle vit un homme grassouillet, dans la trentaine, agonisant près de l'escalier menant aux cales, clairement condamné à mourir lentement. Il avait visiblement pris une balle au ventre, et sa rapière gisait à ses côtés. Elle le rejoignit en un instant, et se saisit de l'arme, avant de lancer d'une voix polie,
-Permettez ?
-Ne touche pas mon épée, sale femelle, gronda le pirate avec un regard noir.
-Ceci n'est pas une épée, mon cher, expliqua-t-elle. C'est une rapière. Mais laissez-moi plutôt en faire la démonstration.
Elle lui passa la lame au-travers le cœur. Il se figea, yeux exorbités, avant de s'écrouler complètement du sommeil de l'éternité. Hermione se lécha les lèvres avant de se redresser lentement, tournoyant l'arme entre ses doigts. Elle allait aider à abattre l'ennemi de l'intérieur. Elle se retourna, sentant l'épanouissement de la vie qu'elle était destinée à mener l'envahir, et croisa aussitôt le fer avec un pirate ayant vu ce qu'elle venait de faire. Avec un rictus qui aurait rendu Malefoy fier, elle éclata de rire et le désarma aisément avant de lui porter la rapière à la gorge.
La Capitaine Hermione Granger était de retour dans la place.
…
-Nous allons gagner, nous allons gagner, nous allooooooons gagneeeeeeer...
-Si je mets la main sur l'enfoiré qui est occupé à chanter, hurla Harry en rechaussant ses lunettes sur son nez du pouce, je jure que je lui passe l'épée au-travers du ventre et que je lui confectionnerai un collier avec ses intestins !
Un ricanement lui répondit, et Dean parut à ses côtés, tirant à feu nourri sur les pirates à l'aide des deux mousquets qu'il tenait.
-Tu ne ferais pas ça, Capitaine, répondit le quartier-maître. Tu m'aimes trop. En plus, les intestins ne vont pas bien avec mon teint.
Harry prit son élan, et son épée fendit l'air, coupant la poitrine d'un pirate qui venait d'aborder.
-Et peut-on savoir ce qui te rend si sûr te toi quand à notre victoire, Dean ? Parce que nous combattons depuis trois bonnes heures déjà, et leur nombre ne semble pas s'épuiser. De plus, malgré nos canons, le navire de Malefoy n'est pas si abîmé qu'on pourrait l'espérer. Je ne comprends pas pourquoi il ne quitte pas le port d'ailleurs.
-Parce qu'il sait que nous le poursuivrions, interrompit la voix de Ron quelque part à leur gauche. Et qu'en haute mer nous pourrions l'encercler au lieu de n'attaquer qu'un côté.
Harry hocha la tête, fier de l'esprit stratège de son meilleur ami.
-Peut-on revenir à moi ? se plaignit Dean. J'étais tout de même au centre de la conversation, à l'origine.
-Non, répondit Harry dents serrées. Je ne suis pas intéressé par ce que tu as à dire.
-Nous allons gagner, nous allons gagner...
-C'est bon, parle !
Dean eut un sourire sournois et indiqua le Dragon des Ténèbres de la tête.
-Non seulement Capitaine Hermione est vivante, mais en plus, elle est en train d'abattre l'ennemi de l'intérieur.
Harry opéra vivement un pivot sur son talon et contempla le pont du navire pirate, cherchant avec frénésie sa sœur des yeux. Alors qu'il s'apprêtait à reprendre Dean, il vit une figure frêle sur le navire s'approcher lentement du tribord. Sa rapière tournoyait avec une vivacité enviable, le fer étincelant sous la clarté de la lune, et une chevelure bouclée et épaisse recouvrait ses épaules minces. Soudain, la jeune femme plongea en avant, passant son arme à travers la cuisse de son adversaire, remontant avec une rapidité ahurissante pour lui fendre le ventre, et terminant par la gorge. Harry se figea, stupéfié, puis un sourire apparut sur ses lèvres tandis que la petite forme disparaissait à nouveau dans la foule.
La botte des Potter. Trois personnes au monde connaissaient ce coup d'escrime d'une élégance et d'une efficacité remarquables. Lui-même et Ron...et il l'avait enseignée à celle qui, pour lui-même et pour feu ses parents, était une Potter.
Harry se tourna vers un nouvel adversaire avec une vigueur renouvelée. Le retour de Hermione Granger parmi les siens approchait.
…
Drago fit tournoyer son épée entre ses doigts, la vrillant avec puissance dans le torse du marin de Londubat qui venait sottement de sauter juste devant lui en abordant le navire. Il retira l'arme, admirant avec une pointe de sadisme le liquide rubis qui ornait la lame acérée, et eut un sourire carnassier. Il devait admettre que l'attaque des corsaires Potter, Lovegood et Londubat sur son adoré Dragon des Ténèbres l'avait surpris. Cependant, ils avaient clairement du mal contre lui, et même leurs efforts combinés peinaient à suffire. Toutefois, il ne doutait pas que ses ennemis finiraient par le couler. Ils avaient l'avantage numérique.
Si le Dragon des Ténèbres devait couler, il s'assurerait d'attacher sa charmante petite prisonnière au mât et d'offrir le spectacle de son naufrage à Potter.
Deux marins coururent soudain au-devant de lui. Une étincelle de terreur brillait au fond de leurs yeux, preuve qu'ils savaient exactement ce qu'ils faisaient, mais ils se mirent néanmoins en position de combat. Drago ne cacha pas son rictus, et ôta sa rapière de sa taille. Il pouvait volontiers reconnaître le courage de ses adversaires, mais pas lorsqu'elle était teinte de stupidité, comme tel était le cas actuellement. La bravoure et la prudence de Hermione Granger étaient, par exemple, un mélange fort séduisant. Les deux marins face à lui, en revanche, étaient tout simplement idiots de le défier au corps-à-corps plutôt que de demeurer en retrait avec un mousquet. En outre, songea-t-il avec dérision, ils n'avaient pas les...atouts...de sa petite brunette. Avec un sourire cruel, Drago engagea la bataille avec les deux hommes face à lui, l'esprit ailleurs. Presque sans y songer, il opéra un demi-tour sur ses talons et pointa sa rapière et son épée vers l'arrière, les passant sous ses bras et y empalant simultanément l'un et l'autre de ses adversaires. Il en retira les lames, laissant les deux mourants tomber au sol, complètement oubliés à présent, et se précipita pour aider l'un de ses pirates qui semblait être en difficulté face à un grand blond particulièrement coriace.
-Capitaine ?
Drago roula des yeux et esquiva adroitement la massue que le grand blond abattait dans tous les sens.
-Pucey, railla-t-il d'une voix traînante. Je suis ravi de constater que tu connais mon titre.
Adrian Pucey apparut dans son champ de vision, et tira deux coups de mousquet par-dessus bord en direction du navire de Potter. Les deux balles atteignirent visiblement leurs cibles, si l'on devait en croire les hurlements de douleur qui s'élevaient du pont adverse. Le pirate borgne tenta ensuite de tirer sur la cigarette qui pendait de ses lèvres, en vain. Poussant un grommellement disgracieux, il se pencha au-dessus des ruines en braise d'une partie du mât, et y ralluma le bout de la tige de tabac. Il inspira longuement, puis se retourna et souffla la fumée dans la direction d'un marin qui arrivait derrière lui presque sur la pointe des pieds, dague à la main, pour le surprendre. Il leva son mousquet et tira. Enjambant le cadavre, il tira ensuite sa rapière de sa ceinture et vint attaquer le grand blond aux côtés de Drago.
-Laisse-le moi, Capitaine, grogna Adrian en tranchant net un tendon du marin qui s'écroula en meuglant. Tu as d'autres chats à fouetter.
-Je rêve, s'exclama Drago avec sarcasme. Est-ce que tu essayerais de me donner des ordres sur mon propre navire, Pucey ?
-Non, bien sûr que non, répliqua Adrian en dansant sur ses pieds pour éviter la massue que le blond s'évertuait toujours à remuer sans distinction. Mais si tu pouvais empêcher la petite peste de tuer tous les pirates à bord de ce navire, ce serait juste génial.
Drago pivota vivement vers la direction que son quartier-maître indiquait du pouce, derrière eux. Hermione Granger était bel et bien debout, à quelques mètres seulement, escrimant avec une précision mortelle un pirate noir qui perdait rapidement la partie. Le capitaine lâcha un grondement agacé. D'expérience, il devrait pourtant savoir qu'il n'était guère prudent de laisser la jeune femme hors de sa vue. Regard aussi noir que le navire de Bellatrix, il s'avança d'un pas décidé.
…
Hermione n'aimait pas tuer, loin de là. Elle considérait que tout être avait droit à la vie, et que s'ils étaient venus en ce monde en premier lieu, ce n'était pas pour qu'elle décide, de manière totalement arbitraire, de leur ôter la vie. Cependant, elle devait admettre qu'il y avait quelque chose de profondément libérateur à en finir avec ceux qui la maintenaient captive depuis des semaines. Ceux-là même pour qui, quelques temps plus tôt, elle chantait des airs de pirate, dans le but de les divertir. Le pirate noir face à elle faiblissait à vue d'oeil. Étant donné les capacités de leur Capitaine en matière de combat, elle s'étonnait qu'ils ne fussent pas meilleurs, mais elle devait avouer sans prétention qu'elle était très apte. Harry l'avait entraînée, après tout, et elle ne pouvait rêver de meilleur maître dans l'art. D'un geste vif, elle désarma son adversaire, puis recula le bras et le porta vers l'avant, prête à asséner le coup fatal.
Sa rapière fut aussitôt arrêtée par la lame d'une autre arme, et elle vit avec choc un sourire lent et menaçant se dessiner sur le visage parsemé de cicatrices de son adversaire sauvé. Lentement, les yeux d'ambre de la jeune femme se tournèrent vers le propriétaire de la rapière ayant bloquée la sienne, et son cœur sombra.
Drago Malefoy la regardait avec une froideur qu'elle n'avait jamais vue encore chez lui, si intense et mauvaise qu'elle ne put croiser son regard. Il avait cet effet-là sur elle. Cependant, il était hors de question qu'elle remette sa liberté entre les mains de quiconque. Elle seule était maîtresse de son destin. Aussi, d'un mouvement du poignet, elle écarta la lame du blond et adopta aussitôt une position d'attaque.
-Ne peux-tu jamais rester là où je t'ordonne d'être, princesse ? lança-t-il d'un ton glacial.
-Je ne suis pas ta chose, rétorqua-t-elle, létale.
Il eut simplement un rictus narquois, et, furieuse, elle s'élança vers l'avant, l'attaquant.
-Allons, Granger, déclara-t-il d'une voix doucereuse. Il serait ridicule que je doive te blesser pour te faire tenir tranquille.
Elle éclata d'un rire quelque peu sauvage. Ils s'escrimaient avec une vivacité et une fougue qui semblait inégalable dans la bataille qui prenait place autour d'eux, dansant si rapidement sur leurs pieds qu'il était impossible pour d'éventuels spectateurs de décomposer leurs mouvements. Même la dernière et seule fois qu'ils s'étaient battus en duel, dans le carré, ils avaient été limités par le manque d'espace. Cette fois, à l'air libre, rien ne retenait leurs mouvements.
-Tu en rêverais, répondit-elle. Néanmoins, avant la fin de la nuit, ton cher navire sera au fond des eaux du port, Malefoy.
-Je possède plusieurs autres navires, vint la réponse accompagnée d'un sourire suave. Il y en a un, particulièrement, que j'aimerais naviguer si le Dragon venait à couler. Il s'appelle le Golden Lion, mais peut-être le connais-tu ?
Hermione serra les dents. Il essayait de l'enrager à dessein, pour lui faire perdre son calme et ainsi lui donner l'avantage dans leur combat. Elle ne céderait pas, et deux pouvaient jouer ce jeu-là.
-Certes, reconnut-elle d'une voix pincée. En attendant de me trouver un autre navire, je retournerai à terre. Je veux me marier avant qu'il ne soit trop tard.
Elle triompha en silence, étincelle malicieux dans le regard, alors que le sourire moqueur de Malefoy s'effaçait brusquement.
-Ton fiancé est mort, cracha-t-il. Je l'ai tué.
-Qu'en sais-tu ? As-tu vu son corps ? le défia-t-elle. Et puis, les Caraïbes sont pleines de jeunes hommes célibataires et charmants. Qu'est-ce qui m'empêche d'en épouser un ?
Elle sut instinctivement, au regard noir de son adversaire, qu'elle était allée trop loin. Il s'imaginait qu'elle lui appartenait, et qu'elle se devait de répondre à ses ordres. Or, Malefoy ne voulait certainement pas la voir dans les bras d'un homme. Elle était sa prisonnière, sa victime personnelle, et il ne désirait pas la perdre jusqu'à ce qu'il ait fini de la torturer. Cela n'avait rien à voir avec la jalousie, simplement avec un sentiment de dominance absolue et de possession.
-Moi, siffla-t-il.
Et soudain, sans qu'elle sut trop comment, elle se retrouva désarmée, sa rapière tombée au sol et glissant à plusieurs mètres, perdue entre les jambes des combattants autour d'eux. Yeux écarquillés, elle fixa Malefoy, interdite, tentant d'ignorer la pointe de sa rapière sous son menton et l'air méprisant qui s'étalait sur son visage.
-Comment...
-Tu es si novice en la matière que c'est un miracle que tu parviens à porter une arme sans te couper, la dédaigna-t-il. Stupide petite fille. Comment oses-tu me défier ?
La lame quitta son menton, venant doucement glisser contre sa gorge, sous son collier de baptême, soulevant la chaîne. Elle n'osait bouger d'un pouce. Si elle le faisait, elle savait qu'il la tuerait. Il regardait la pointe de sa rapière avec une intensité dérangeante. Qui savait ce à quoi il pensait. Il fit descendre la lame plus bas, à la naissance de sa poitrine, puis opéra doucement le tour d'un de ses seins avec la pointe. Elle sentit ses joues s'enflammer et une faim caractéristique lui tirailler l'estomac. Comment osait-elle le désirer ? Ils étaient en plein milieu d'une bataille, pour l'amour des corsaires ! Elle retint sa respiration, le détaillant avec attention. Puis soudain, la rapière disparut et sa main était dans celle de Malefoy, alors qu'il l'entraînait vers...
Mais voyons. Il allait la rattacher à la barre.
…
Les cheveux de Luna lui encadraient le visage. Ils étaient si lisses qu'ils ne cessaient de s'échapper du chignon lâche qu'elle avait fait à la hâte. Neville l'avait vue se coiffer, et il devait s'avouer impressionné. Elle venait de couper, d'un coup de dague, une corde d'abordage, précipitant le pirate qui pendait au bout à la mer. Vivement, elle plaça sa dague entre ses dents- ressemblant en tous points à cet instant à une pirate- et monta sa chevelure blonde dans ses doigts, glissant un ruban dedans. Alors qu'elle effectuait un nœud papillon avec dit ruban, un ennemi s'était précipité sur elle avec un grondement victorieux. Elle avait simplement haussé un sourcil, comme étonnée que l'on puisse vouloir s'attaquer à elle alors qu'elle attachait ses cheveux, et leva le pied, l'enfonçant dans la poitrine de son adversaire, lui coupant la respiration et le faisant tomber à la renverse par-dessus bord. Ses petits doigts agiles achevèrent sa coiffure, et elle ôta sa dague de sa bouche avant de se jeter à nouveau dans la mêlée. À bord de son propre navire amarré à côté du sien, Neville partageait son temps entre l'observation de la jeune fille et ses propres combats. Non loin de lui, Olivier Dubois escrimait deux ennemis à la fois avec paresse, avalant une gorgée de rhum d'une flasque toutes les trois passes.
Neville monta près de la barre, venant à la rescousse de trois de ses marins qui étaient piégés, dos à la mer, par une petite horde de pirates, lorsque soudain, quelque chose capta son attention. Fronçant les sourcils, le jeune corsaire se tourna vers la mer au-delà du port, voyant, dans la clarté de la lune, un navire glisser en direction du port. Il retira sa longue-vue de la capote ornant sa ceinture et la braqua sur l'arrivant, puis ses yeux s'écartèrent démesurément.
-Par tous les coquillages des filles à pirates, siffla-t-il.
…
Luna fut étonnée de voir Neville se précipiter sur le pont de la Rowena, mais lui offrit un sourire éclatant. Elle put voir les yeux du jeune homme, au visage grave, s'adoucir quelque peu, mais ses traits restèrent tirés. Neville portait son mousquet et tira immédiatement dans la nuque du pirate que son amie était actuellement occupée à combattre.
-Tu as l'air sérieux, remarqua la jeune femme d'une voix rêveuse. Cela ne te ressemble pas. Est-ce que les Enormus à Babille ont pénétré tes oreilles ?
Neville marqua un bref temps de pause, comme pour procéder ce qu'elle venait de dire, puis secoua la tête.
-Luna, nous avons de la visite.
-Oh, répondit-elle simplement en se tournant vers la poupe du navire.
D'un geste vif et parfaitement exécuté, sa dague quitta ses doigts et vint s'encastrer dans le torse d'un pirate qui venait d'aborder son navire. Elle retira sa rapière de sa ceinture, et se retourna vers Neville.
-Je crains que nos provisions de thé n'aient brûlé, annonça-t-elle tristement en indiquant de la tête la poupe charbonneuse.
-Non, je veux dire qu'un autre pirate vient d'entrer dans le port.
Yeux alertes, Luna le dévisagea, doigts étreignant douloureusement son arme.
-Et ? répliqua-t-elle quelque peu sèchement.
-Il s'agit de Blaise Zabini et du Serpentard.
…
Cette fois, remarqua Hermione avec dérision, Malefoy ne prenait aucun risque. Plutôt que d'user de la corde, il lui attachait les mains avec une chaîne de fer. Se désintéressant de la scène, elle se tourna vers la bataille, yeux parcourant le Red Phoenix. Elle n'avait toujours pas aperçu Harry mais savait qu'il était là, quelque part. Ses yeux vinrent se poser sur la chemise blanche tâchée de sang du pirate qui lui attachait les mains, et elle ne put s'empêcher de demander,
-Tu es blessé ?
Il la regarda, yeux soigneusement gardés.
-Ne me fais pas croire que tu t'inquiètes pour moi, princesse, siffla-t-il. Tu ne parviendras pas à m'amadouer.
Elle haussa les épaules, puis rétorqua calmement,
-Je voulais juste savoir si tu étais proche de la mort ou non.
Il eut un rictus carnassier et replaça sans y songer une boucle rebelle derrière l'oreille de la corsaire.
-Comme c'est flatteur, railla-t-il. Pour répondre à ta question, Granger, non, je ne suis pas blessé. Crois-tu réellement qu'il existe quelqu'un en ce bas monde qui soit capable de faire couler mon sang ?
Elle lui jeta un regard étrange, puis ses yeux glissèrent jusqu'aux lèvres du pirate. Elle ne manqua pas la pointe d'intérêt qui illumina le regard orage de Malefoy à ce geste délibéré. Elle s'avança d'un pas timide, et il ne bougea pas, la regardant avec attention. Elle posa alors ses lèvres dans le cou du Capitaine, et sourit à demi en le sentant frissonner sous elle. Alors, elle enfonça d'un geste vif ses petites dents dans la peau de son ennemi. Il inhala vivement et s'arracha à elle, portant sa main à la marque de morsure qu'elle y avait laissé. Ses doigts, en s'ôtant, étaient recouverts de sang. Elle le regardait bizarrement, et il la foudroya du regard.
-Que...
-Il y a au moins quelqu'un qui soit capable de faire couler ton sang, déclara-t-elle sans cacher sa satisfaction.
Il la détailla longuement, interdit. C'était bien la première fois que Hermione voyait Drago Malefoy réduit au silence, et elle devait s'avouer que c'était une sensation tout à fait plaisante. Elle avait l'impression de reprendre le contrôle.
Puis un cri détourna leur attention, et ils se tournèrent d'un même mouvement vers un navire qui venait d'entrer dans le port, glissant près du Dragon des Ténèbres. Hermione se figea alors que le visage fendu d'un large sourire de Blaise Zabini paraissait dans leur champ de vision.
-Alors, vieux frère, appela le métisse, appuyé contre le rebord de son navire. On a besoin d'un coup de main ?
…
-On est maudits, je le savais, s'époumona Dean Thomas alors qu'il jetait un pirate par-dessus le bord du Red Phoenix.
Harry ne lui répondit pas, l'air grave, tourné vers le Serpentard qui venait d'ouvrir le feu sur la Rowena. Ron, près de lui, jeta son épée au plancher dans sa rage.
-Gibier de potence, grogna le rouquin sombrement. Ils ont repris l'avantage.
-Rien n'est écrit, répliqua Harry d'une voix prophétique. Je crois plutôt que nos cinq navires finiront au fond du port cette nuit si nous continuons de la sorte.
Ron indiqua les deux pavillons pirates avec mépris.
-Alors quoi d'autre ? Nous ne pouvons pas nous échapper, ils sont entre nous et la sortie. De plus, cela ne sauvera pas Hermione. Sans compter que nous avons là une occasion unique d'en finir avec cette blondasse et son sbire italien.
Harry lui jeta un regard méfiant, et Ron, captant instantanément les pensées de son ami, entreprit de secouer la tête avec une détermination féroce.
-Non, non, non, scanda le rouquin clairement offensé. Il n'en est pas question.
-C'est pourtant la seule solution que nous ayons, affirma Harry en essuyant ses lunettes sur sa manche déchirée. Au moins, nous pourrons récupérer Hermione. Pour le reste...
-Mais nous pourrions en finir avec Malefoy tout de suite !
Harry se tourna complètement vers Ron et le fixa sévèrement.
-Il faut savoir replacer nos priorités. Qu'est-ce qui est le plus important maintenant ? Récupérer Hermione et parvenir à échapper à ce massacre, ou laisser tout le monde mourir ?
Ronald soupira et essuya son front dans un geste épuisé.
-Cela ne me plaît pas.
-Parce que la situation me ravit, évidemment, rétorqua Harry avec sarcasme. Dean ! Va chercher Neville et Luna.
Dean jeta un regard interrogateur à son Capitaine, mais s'exécuta néanmoins, sautant à l'abordage de la Rapière de Godric avec agilité.
-Tu te rends tout de même compte, grogna Ron, que nous allons proposer une paix temporaire à Malefoy ?
Harry plissa les lèvres, rechaussant ses lunettes et observant son épée sans croiser les yeux bleu clair posés sur lui.
-Disons plutôt un cessez-le-feu.
Ron siffla tout bas avant de lever son mousquet et de tirer avec une hargne insoupçonnée sur un pirate qui tentait d'aborder le Red Phoenix.
-En attendant, clama-t-il, je vais en tuer le plus possible.
…
Drago se sentit presque déçu lorsqu'il vit un drapeau blanc être hissé au pavillon du Red Phoenix. Essuyant quelques gouttes de sang qui avaient giclé sur sa joue, il secoua lentement la tête. Il parvenait à comprendre Potter, qu'il avait largement sous-estimé. Si le combat continuait de la sorte, les cinq navires allaient finir au fond de l'eau avec tous les marins engagés à combattre, qu'ils soient pirates ou corsaires. Cependant, il avait sincèrement cru que Harry Potter poursuivrait la bataille jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'autres issues possible. À présent allait commencer le temps des négociations.
Blaise aborda adroitement le navire et vint se tenir aux côtés de son ami de longue date. Une déception profonde était affichée sur le visage du métisse. Il s'attendait clairement à s'amuser plus longtemps, lui aussi.
-Qu'est-ce qu'on fait ? demanda-t-il. On arrête le combat, ou on continue ?
Drago n'ôta pas ses yeux orage du pavillon de Potter.
-Nous devons cesser le feu, déclara-t-il. Nos navires et nos hommes ne tiendront pas longtemps dans cette situation. Le mieux est d'en finir, et ensuite de couler Potter, Lovegood ou Londubat plus tard, lorsqu'ils seront isolés...
Blaise hocha la tête, mais lâcha un long soupir.
-Moi qui pensais arriver juste à temps pour le feu de l'action, se lamenta-t-il. Bon, je retourne sur le Serpentard. Nous verrons ce qui adviendra.
…
C'était calme.
Étonnement calme.
Après le bruit incessant des combats des dernières heures, des explosions, des coups de feu, du fer frappant le fer, des boulets tapant le bois, le silence ambiant était d'une lourdeur angoissante, et Hermione ne put s'empêcher de sursauter à chaque fois qu'un râle agonisant s'élevait, déchirant la tranquillité de la nuit. Le mât de la Rapière de Godric étant fendue en deux, le vent marin soufflait dedans en sifflotant, conférant à la scène post-bataille une aura inquiétante. Hermione grimaça lorsqu'elle bougea les poignets et que le bruit de ses chaînes se heurtant résonna avec la force du tonnerre. Elle put voir Malefoy s'avancer vers le rebord du navire, et Blaise Zabini, debout derrière la barre du Serpentard, bras croisés, air vaguement ennuyé démenti par l'éclat vif de son regard.
Hermione regarda ensuite le pont du Red Phoenix, et elle sourit en voyant Harry, décoiffé, lunettes de travers mais en parfaite santé, se tenir avec raideur face à Malefoy. Un garçon à l'air gentil, un peu rond, se tenait aux côtés de Harry. Elle s'imagina qu'il devait être Neville.
Le jeune homme fut rejoint par une jolie blonde qui posa sa main sur le coude de Neville- sans doute Luna Lovegood. Et enfin, à la grande surprise de la brunette, un quatrième personnage vint parachever ce tableau- grand, mince, une chevelure de feu...
-Ron, murmura-t-elle.
Elle sentit une impression de bien-être se répandre dans ses veines, alors qu'elle réalisa qu'il était, contre toute attente, vivant. Dans le même temps, elle était légèrement confuse- elle en avait fait le deuil, et il était à nouveau là, devant elle. Cela n'empêcha pas son cœur de s'emballer. Ron était revenu d'entre les morts pour elle...
Visiblement, elle n'était pas la seule étonnée de ce revirement de situation. Malefoy était dos à elle, mais elle remarqua la soudaine tension dans tout son être, et il finit par écarter les bras en laissant échapper un rire glacial.
-Enfin, Potter, nous nous rencontrons, lança-t-il d'une voix froidement amusée. Je dois t'avouer qu'il me tardait.
Un sourire sans joie écarta les lèvres de Harry.
-Malefoy, répondit-il d'une voix presque aimable. On m'avait beaucoup parlé de toi. Je dois avouer que pour une fois, les rumeurs concernant ta force maritime sont vraies.
Drago hocha la tête, puis ses yeux traînèrent sur les trois personnes accompagnant son ennemi.
-Lovegood, railla-t-il. Ton père n'est pas présent ? Aaah, mais oui, on m'avait informé de sa mort. Et Londubat...je vois que tu es enfin capable de regarder un pirate dans les yeux sans fuir jusqu'en Asie mineure.
Luna et Neville se tendirent, mais ne répondirent pas, se contentant de dévisager le blond avec un mépris cuisant. Il les ignora superbement, fidèle à lui-même.
-Et voilà Ronald Weasley, revenu d'entre les morts, ricana-t-il sobrement. Je dois avouer que tu m'étonnes, Weaslaid.
Ron caressa lentement la lame de son épée, foudroyant son rival du regard.
-Va te faire mettre par un âne des îles Vierges, Malefoy, siffla-t-il.
-Langage, Weasley, répliqua Malefoy d'une voix traînante. Tu as peut-être été élevé dans un taudis au milieu des cochons mais ce n'est pas le cas de tout le monde, ici.
-Assez, les interrompit Harry en envoyant à un Ron rouge vif un regard d'avertissement. Je veux proposer un cessez-le-feu, Malefoy.
Le blond hocha lentement la tête.
-Et quelles sont tes prétentions ?
-Plus un seul échange de tir entre ce moment et l'aube, répondit Harry avec assurance. Chacun des cinq navires actuellement dans ce port devront pouvoir repartir comme bon leur semblera. Enfin, nous voulons que tu nous rendes Hermione Granger.
Les yeux du pirate se plissèrent, et il sourit d'un air malveillant.
-Autre chose, Potter ?
-Rien.
-Parfait. Pucey, amène Granger.
Les pirates s'écartèrent pour laisser passer le quartier-maître en silence. Ce dernier s'approcha, et fit tourner la clef qu'il tenait dans le cadenas retenant la jeune femme. Elle se leva d'un bond et suivit Pucey jusqu'à l'endroit où Malefoy se tenait.
-Adieu, petite peste, lui glissa-t-il.
-Tu sais bien que ce n'est qu'un au revoir, rétorqua-t-elle avec un clin d'œil.
Il ricana et s'écarta, la laissant à côté de Malefoy. Hermione ignora les yeux d'orage posés sur elle et fit un signe de la main à ses amis sur le Red Phoenix. Les yeux de Harry étincelèrent de plaisir.
-Bienvenue parmi les tiens, petite sœur.
Elle éclata d'un rire cristallin, exalté, puis se tourna vers Malefoy. Un des pirates venait de lui remettre les effets personnels de la jeune femme, supprimés lorsqu'elle avait été amenée à bord du navire. Le Capitaine ne dit rien, visage fermé, alors qu'il lui tendit sa ceinture, qu'elle chaussa aussitôt, puis sa rapière, qu'elle glissa dans le cache en étreignant d'un geste adorateur la garde. Enfin prête, elle regarda enfin le blond dans les yeux. Il recula de plusieurs pas, lui lançant un rictus carnassier.
-Je t'en prie, Granger. Tu es libre de rejoindre le Red Phoenix.
Hermione se retourna vers le rebord et saisit une corde d'abordage, lorsque soudain, la voix de Drago s'éleva à nouveau derrière elle.
-Oh...une dernière petite chose.
Serrant les dents, agacée, Hermione se raidit et attendit la suite. D'une voix tranquille, l'air de ne pas y toucher, Drago poursuivit.
-Il me semble que tu as une petite...dette, à mon égard, Granger.
Hermione écarquilla les yeux. Il avait parlé si doucement que Harry et les autres, en face, ne pouvaient l'entendre, et lançaient à la brunette des regards interrogateurs. Lentement, elle fit demi-tour pour le regarder, sans lâcher la corde, et il n'y avait aucun moyen de cacher la terreur dans ses yeux d'ambre.
-Je crois que je vais te demander de l'honorer maintenant, siffla-t-il d'une voix doucereuse.
-Malefoy...
Elle détesta la supplication évidente dans sa voix. Un éclat sadique brillait dans le regard de son ennemi, et elle frémit. Il prit tout son temps, savourant clairement son appréhension, avant de lâcher,
-Reste avec moi.
Elle refoula à peine un sanglot. Sa liberté l'attendait, était à quelques pas. Elle n'avait qu'à ignorer le pirate, rejoindre Harry d'un bond, et fuir ce maudit bâtiment. Mais elle était une femme d'honneur. De plus, la demande était chuchotée d'une voix rauque qu'elle avait parfois entendue de sa part auparavant, généralement entre les frontières de son lit...
-S'il te plaît, murmura-t-elle en retour, serrant la corde entre ses doigts avec tant de force que ses jointures craquèrent.
Il était visiblement froid à son appel du cœur.
-Reste avec moi, répéta-t-il à voix basse.
Hermione se détourna en sentant une larme couler sur sa joue, et se tourna vers ses amis qui l'attendaient, clairement perplexes à présent. Elle remua les lèvres, marmonnant,
-Je suis désolée.
Lâchant la corde, elle ôta sa rapière de sa taille, et en un geste ample, trancha les cordes d'amarrage. Elle ne quitta pas le visage de Ron des yeux, où mille émotions se succédaient. L'incompréhension, l'étonnement, le questionnement, la colère, la trahison. Derrière elle, elle entendit vaguement Pucey lancer des ordres pour le retour en mer. Alors que le Dragon des Ténèbres s'éloignait de Port Royal, elle tourna le regard vers Harry, et sut à son visage qu'il avait compris ce qu'il venait de se dérouler. Cher, cher Harry.
Le Red Phoenix disparut à ses yeux, et enfin, elle s'autorisa à éclater en larmes, affaissée contre le bord du navire tandis que les pirates allaient et venaient autour d'elle.
…
-Maître...
Le messager s'arrêta près de la porte, tête baissée, tremblant de tout son corps. Il n'osait pas lever les yeux, et à sa place, qui l'aurait fait ? Même la réputée Bellatrix Lestrange craignait Lord Voldemort, et pourtant il était difficile de surpasser le sadisme et la cruauté de la favorite du maître. Heureusement, le messager apportait de bonnes nouvelles. Non, plutôt d'excellentes nouvelles. Il n'osait imaginer quel sort l'aurait attendu dans le cas contraire.
Lord Voldemort était installé sur son trône, doigts squelettiques caressant langoureusement la tête de son serpent de compagnie, Nagini. La cape noire du puissant seigneur était étalée autour de ses pieds, lui conférant un air quelque peu fantomatique. Ses yeux rouges se plissèrent et ses narines palpitèrent alors qu'il tournait la tête vers le nouvel arrivant.
-Un messager, siffla-t-il froidement. Approche, mon garçon.
L'homme s'exécuta, tremblant ouvertement, front en sueur. Ses pas claquèrent contre le sol de pierre, l'écho le faisant frémir davantage encore.
-Dis bonjour à notre invité, Glacius, exigea Lord Voldemort. Qui sait, il apporte peut-être des nouvelles de ta fille ?
Le messager se tourna, confus, vers un homme dans un coin de la pièce. Un immense aquarium de verre était installé sur une longue table d'ébène, et grouillait de bébés serpents. Devant l'aquarium, un pauvre homme se tenait, tenant des souris par la queue et les offrant en guise de repas aux horribles bêtes qui n'hésitaient pas à sauter et à mordre les mains de l'homme. Glacius Parkinson baissa la tête, l'air malheureux, mains ensanglantées, et lança d'une voix triste,
-B-b-bon...jour.
Lord Voldemort continua à caresser Nagini et haussa un sourcil inexistant en direction du messager.
-Glacius a l'immense honneur de s'occuper des filles et des fils de Nagini, lança-t-il d'un ton doucereux, et pourtant, il se comporte comme s'il s'agissait d'un châtiment. Il n'a clairement aucune idée de ce qu'est réellement une punition. De grandes souffrances attendent ceux qui me déplaisent, est-ce bien compris, messager ?
L'homme hocha la tête avec rapidité, et parvint à murmurer en rassemblant tout son courage,
-J'apporte d'excellentes nouvelles, M-maître.
-Moi seul juge de la qualité des informations qui me sont communiquées, siffla Voldemort. Parle, à présent.
Le messager inspira doucement, et annonça, yeux balayant le sol,
-Lucius Malefoy est parvenu à infiltrer Londres avec ses troupes, Maître.
Les ongles de Voldemort cessèrent un instant de gratter le crâne de son atroce animal, qui siffla de déplaisir devant ce manque d'attention. Le maître reprit sa caresse après un certain temps, yeux étincelant d'un éclat mauvais.
-C'est en effet une excellente nouvelle, reconnut-il. Va, tu as mérité la clémence de Lord Voldemort.
Le messager salua et s'empressa de ressortir de la salle du trône. Il s'épongea le front, fébrile. Il était grand temps de songer à changer de métier.
Lord Voldemort se leva, chassant son serpent qui vint siffler envers Glacius.
-Va annoncer à mes hommes que nous partirons à l'aube, déclara-t-il. Nous allons en Angleterre. J'ai une petite visite à rendre au roi Albus...
...
Arrr, le chapitre est fini, moussaillons!
Alors, qu'en avez-vous pensé? De la bataille? De la fin de la bataille? De Voldychou qui fait des plans? Des instants Dramione?
Pour le prochain chapitre, il y aura le retour de deux personnages, un important, un moins mais que vous me faites chier pour revoir- elle devait revenir ce chapitre, mais je ne l'ai pas casée parce que j'ai eue une superbissime idée pour introduire une scène olé-olé dans le prochain chapitre. Oups...ai-je mentionné une scène intime? Messieurs, mesdames, veuillez me lâcher maintenant. Non, je ne signe pas d'autographes. Non, je ne veux pas de groupies devant mes fenêtres jour et nuit. Veuillez garder vos distances!
Au fait, Nadra, oui j'ai regardé ;) d'ailleurs j'invite tous ceux qui se sont remplis la panse de chocolat devant W9 hier soir et Pirates des Caraïbes à me pardonner. Ce chapitre devait être publié hier soir, mais franchement j'ai lâchement abandonné l'ordi pour la télévision en voyant le programme. Maintenant, tous ceux qui sont éternellement déçus que Jack Sparrow et Elizabeth Swan n'aient pas fini ensemble me rejoignent en un instant de recueillement. Parce que bon, Turner est beau gars, mais il n'a pas le sex-appeal de Sparrow, n'est-ce pas? Bien. Je vois que je ne suis pas seule à aimer les pirates portant de l'eye liner et se bourrant de rhum sans jamais approcher un bain de sa vie. Oublions la dernière partie de cette phrase.
N'oubliez pas de payer la taxe maritime avant de partir- ou, en langage moderne, une review- et on se dit à très vite.
Bises,
DIL.
PS: au fait, je sais toujours ce qu'il y a dans le prochain chapitre, et pas vous.
Ha.
Haha.
Hahahahaha.
MOUAHAHAHAHAHA!
