N.D.A :

Bonsoir,

Merci à CacoNya d'avoir corrigé ce chapitre et aux lecteurs.

Bonne lecture,

Elishae


Chapitre 11, Au grand jour

— Drago ?

L'homme se tourna vers Pansy qui venait de l'interpeler, sublime dans sa robe grenat fendue sur le côté. Ses yeux étaient soulignés de khôl et sa bouche savamment peinte de rouge. Elle portait des boucles d'oreilles de rubis et une rivière de la même pierre au cou, soulignant sa gorge d'albâtre. Elle était vraiment élégante et belle, ce qu'elle savait parfaitement, en jouant même.

— Oh Pansy, qu'y a-t-il ?

— Harry te cherche, expliqua la jeune femme.

— J'ai emmené Asuia aux toilettes et j'ai croisé un client.

— Ta fille a fui ? sourit Pansy.

— Ouai et j'aurai bien aimé faire pareil, ce gars était soporifique au possible, ronchonna Drago.

Deux mois étaient passés depuis l'entrevue d'Harry et Kingsley, leur projet était bien entamé et la construction de l'orphelinat et de la première école devaient commencer le lendemain. Harry avait passé de longs moments au Ministère pour concrétiser ces deux chantiers et, ce soir dans le grand Hall, on fêtait d'ailleurs avec le gratin de la société sorcière le lancement des travaux. Le brun détestait ce genre de célébration, mais elle était nécessaire pour récolter des fonds et faire connaitre son projet. Les gens étaient d'autant plus empressés que c'était l'une des seules apparitions officielles du Survivant depuis sa disparition. Tout le monde voulait en être, le voir et lui parler, bien en vue de tous.

— Je me souviens pourquoi je travaille de chez moi sans contact avec mes clients maintenant, grommela le blond. Hermione s'est chargée d'Asuia, mais elle ne m'a pas sauvé, moi ! Traitresse !

Pansy ne semblait cependant pas le moins du monde émue de son calvaire et posa légèrement sa main sur son bras pour le mener à son amant. Quelques-uns tentèrent bien de les accoster, mais l'air revêche du jeune homme coupa à tout désir et ils s'abstinrent.

— Drago, tu es ici ! s'exclama joyeusement Hermione en les voyant approcher.

L'autre lui adressa un regard noir et la jeune femme se contenta de lui retourner d'un air moqueur.

— Un problème ? interrogea Harry, inquiet.

— Non, j'ai simplement été retardé par un client.

— Il semblait tout à fait passionnant, sourit Hermione d'un air rusé.

— Merci de ton aide à ce propos, grinça le blond.

— Tu semblais si bien, je ne voulais pas m'imposer !

Hermione lui en devait une depuis cette regrettable histoire de diner où Drago s'était débarrassé discrètement (ou avait tenté) de la tourte à la viande que la jeune fille avait faite, en la faisant tomber petit à petit sur le tapis de la salle à manger. Si la tourte en effet n'était pas vraiment une réussite, tout le monde en avait convenu, mais en silence, chacun avait pourtant fini son assiette, par politesse. Sauf Drago. La née moldu aurait certainement pu passer l'éponge sur ce manque flagrant de savoir-vivre, mais elle n'avait pas pu lui pardonner d'avoir ainsi sali son magnifique tapis persan qu'elle adorait. Elle lui vouait depuis une rancune tenace.

Le blond ne répondit pas et se contenta de relever le nez ostensiblement. Mais son petit air pincé disparut lorsque Noah tira doucement sa veste de costume pour attirer son attention. Ce petit était un ange, il fondait complètement face à lui. Tendant ses bras à l'enfant, il le prit contre lui pour entendre correctement sa petite voix enfantine, couverte par le brouhaha des conversations.

— Quel est le problème Noah ?

— Tu peux m'aider avec mon nœud s'il te plait ?

— Bien sûr, je suis un expert, répondit le blond avec un sourire en nouant à nouveau le petit morceau de tissu.

Drago avait toujours eu un faible pour Noah, même s'il ne l'avait pas souvent vu ces quatre dernières années puisqu'il se tenait reclus chez lui, loin de tous.

— Je n'aime pas trop être ici, avoua le petit garçon alors que Drago le reprenait contre lui. Les gens veulent toujours me parler et me toucher et moi je veux pas.

— Je sais petit ange, je n'aime pas non plus être ici.

L'enfant posa sa tête contre son torse et entoura son cou de ses petits bras, se cachant du regard des idiots qui leur tournaient autour. Des gens cherchaient toujours à approcher Noah et ses parents, surtout lors de telles réceptions. Seamus et Dean avaient participé à la bataille de Poudlard, Dean avait été enfermé chez les Malfoy, s'était battu avec les raffleurs tandis que Seamus avait participé à la résistance de l'école. C'était des héros de guerre, des amis du survivant qui plus est. Tout le monde voulait les approcher, se faire voir à leurs côtés, comme ils le voulaient également pour Drago, fils de mangemort combattant pour la lumière, compagnon d'Harry Potter et second père de sa fille. Ah ça, l'opinion était clémente envers Drago maintenant, après quatre ans à l'avoir successivement érigé en héros tragique, éploré, cherchant sans cesse son petit ami disparu et renvoyé à terre, salaud sans cœur, adepte de pratique et de magie noire qui avait causé le départ du sauveur de l'Angleterre.

— Monsieur Malfoy !

Le blond se retourna, faisant face à un beau jeune homme aux yeux clairs, les cheveux châtain coupés courts et un petit sourire charmant au coin des lèvres. Drago ne put s'empêcher de soupirer intérieurement. Edward Stolin, le nouveau reporter en vogue de la Gazette du Sorcier.

— Avez-vous un instant à me consacrer ?

Il voulut répondre, mais il fut coupé dans son élan par une voix froide.

— Monsieur Malfoy n'a pas de temps à vous consacrer.

Harry venait d'apparaitre aux côtés de son compagnon, le visage de marbre.

— Monsieur Potter ! C'est un plaisir ! Edward Stolin, reporter pour la Gazette.

L'homme au physique de gendre idéal tendit une main chaleureuse au brun qui l'ignora froidement.

— Je sais qui vous êtes, monsieur Stolin, fit-il.

— Oh appeler moi Ed, c'est ainsi que tout le monde fait, rétorqua l'autre avec un sourire éblouissant. Je peux vous poser quelques questions ?

— Je ne crois pas, Monsieur Stolin.

Le sourire du journaliste glissa légèrement, mais il se reprit bien vite.

— Je comprends, c'est une soirée fort éreintante pour vous qui vous remettez encore.

— Ce n'est pas tant mon état qui est en cause que votre personne, répondit Harry qui le gelait du regard.

A nouveau le jeune homme parut surpris.

— Je … ne comprends pas.

— J'ai lu vos papiers, Monsieur Stolin, ainsi que les petites suppositions que vous avez faites sur mon couple et mon départ. Je sais parfaitement comment vous avez traité mon compagnon.

La voix du brun était polaire à présent et la température semblait avoir soudain chuté de plusieurs degrés.

— Monsieur Potter …

— Je ne goûte guère à la vendetta que vous avez menée contre Drago, pardonnez-moi donc si je refuse de vous parler. Mon ange, Madame Allot voudrait s'entretenir avec toi, déclara-t-il en se tournant vers Drago sans un regard pour l'autre homme.

Ils s'écartèrent ensuite sans plus de cérémonie, mais le journaliste tenta tout de même de rappeler Harry, qui s'immobilisa :

— Monsieur Stolin, je garde mon calme, car nous sommes à un événement festif, en faveur de nos enfants, mais si vous ne cessez pas votre petit manège je ne serais plus aussi poli. Vous avez trainé mon amant dans la boue, un héros de guerre, un homme qui a combattu les mangemorts, qui était présent à la bataille de Poudlard, contrairement à vous et à l'immense majorité de vos lecteurs.

— Justement Monsieur Potter, livrez-moi votre version des faits, contez-moi l'homme qu'est Drago Malfoy.

— Je le ferai, soyez-en sûr, rétorqua Harry, mais pas auprès de vous. Vous n'êtes qu'un charognard, allez donc quêter des lecteurs ailleurs.

Il laissa là le reporter et revint auprès de ses amis.

— Tu n'as pas besoin de faire cela.

Ils étaient tous les trois rentrés à l'appartement et Harry revenait dans la chambre parentale après avoir couché Asuia. Le brun haussa les sourcils à ces mots, interrogatif.

— Me défendre face à Stolin et les autres.

Le brun s'assit sur le lit et soupira :

— Je me sens mal par rapport à cela, ils t'ont attaqué lorsque j'ai disparu, c'est de ma faute. Je n'aurais jamais imaginé qu'ils en viennent à écrire de telles choses sur toi.

— Je m'appelle Malfoy, je suis le fils d'un mangemort convaincu, il était certain que de telles choses allaient être écrites.

— Oui, mais je n'ai pas aidé.

Le blond embrassa son cou et entoura sa taille de ses bras, s'installant derrière lui.

— Arrête de t'en vouloir pour cela. Moi je ne le fais pas, personne ne le fait. Tu n'y es pour rien si les journalistes sont des idiots.

— Mais …

— Arrêtons de parler de cela, ronronna Drago en continuant ses attentions. Tu n'as cessé de te balader sous mes yeux avec ce costume qui te va si bien et je meurs d'envie de te l'enlever.

— S'il me va si bien pourquoi veux-tu le retirer ? sourit Harry.

— Parce que tu es mieux encore nu, souffla l'autre en faisant glisser la chemise émeraude des épaules un peu plus musclées de son compagnon.

— Si tu le dis.

— Je le dis, assura Drago.

Il ne mit pas longtemps à le déshabiller et le poussa sur le lit, le faisant s'allonger.

— Enlève tes vêtements, fit Harry à mi-voix.

Le jeune homme s'exécuta avec un sourire coquin, assis sur les hanches de son petit-ami.

— Oh Merlin comment ai-je pu me passer de cela ? interrogea le brun en passant ses mains sur la peau pâle et douce de l'autre.

— Je l'ignore, répondit moqueusement Drago en embrassant légèrement sa poitrine, le titillant sans rien approfondir.

Harry l'attrapa, une main sur les fesses, l'autre sur la nuque et l'immobilisa.

— Arrête de me taquiner ! gronda-t-il.

Le blond eut un petit rire et colla ses lèvres contre les siennes, amoureusement.

— Et si je te laissai me prendre ?

— Ce serait vraiment gentil.

Drago rit plus fort.

— Gentil n'est pas le mot.

Ils échangèrent un baiser enfiévré et Harry prépara rapidement son amant, tout aussi impatient que lui. Sans plus attendre, Drago s'empala sur la verge tendue du brun et gémit de douleur et de plaisir mêlé.

— Ça va ? s'inquiéta l'autre.

— Oui. Juste … juste une minute s'il te plait.

Les mains d'Harry câlinèrent ses hanches. Quelle idée aussi de se précipiter ainsi !

— Oh Merlin ça m'a tellement manqué, soupira Drago en bougeant doucement son séant, se soulevant sur ses genoux avant de se laisser retomber, enfonçant à nouveau son amant en lui.

La douleur disparut bien vite, remplacée par le plaisir et l'incroyable sensation d'être complètement rempli par celui qu'il aimait. Les mains du brun l'aidaient à se soulever régulièrement, tandis que les siennes prenaient appui sur le torse de l'autre.

— Tu es tellement magnifique, souffla Harry, dévorant des yeux son délicieux amant qui s'activait sur lui.

Drago lui offrit un sourire ravageur, les joues empourprées, le souffle court et les cheveux en bataille. L'image même de la luxure. Les mains du brun avaient glissé sous ses fesses, ses doigts enserrant la chair pâle pour mieux percuter la prostate de son amour à chaque coup. Ils atteignirent finalement tous les deux l'orgasme et Harry se répandit au fond du corps tremblant du blond tandis que lui le faisait entre les doigts du brun qui avait saisi sa verge. Drago s'effondra finalement sur son torse et son compagnon l'enserra immédiatement pour le tenir contre lui.

— Une chose est sûre, murmura le blond avec difficulté, cherchant son souffle, c'est que tu n'as rien perdu de ton talent.

Harry souleva difficilement sa tête pour poser un baiser sur l'épaule salée par la sueur de son amant et se laissa retomber sur l'oreiller, souriant.

— C'est à cause du sujet, rien à voir avec moi, rétorqua-t-il.

Drago chassa tendrement quelques mèches humides de son visage et planta ses lèvres sur les siennes.

— Je t'aime.

— Moi aussi je t'aime mon cœur, sourit Harry en amorçant un mouvement pour se retirer.

Mais le blond serra ses cuisses autour de lui et le brun le questionna du regard :

— Non, reste s'il te plait. J'ai besoin de te sentir encore. De savoir que tu es bien là avec moi.

— Ok mon ange.

Harry se tortilla un peu pour trouver une position plus confortable et Drago s'avachit un peu plus sur lui, remontant la couverture sur eux d'un geste las. Il fourra son visage dans le cou hâlé et ne tarda pas à s'endormir, épuiser par la soirée et ce qui avait suivi. Le brun le suivit bientôt, le nez dans les cheveux clairs.

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— Papa ?

— Oui Asuia, fit Drago en essuyant son front.

— C'est la maison de vous avant ?

— Oui mon cœur, c'est la maison du parrain de papa Harry et celle de la famille de ma maman.

Le blond venait de finir de déplacer les meubles dans la nouvelle chambre de sa fille, au Square Grimmaurd. Il leur restait encore des pièces à aménager, mais les principales l'étaient à présent. La magie leur avait été d'un grand secours et il n'avait pas fallu plus d'une journée pour tout mettre en place, d'autant que Kreattur et Winky avaient nettoyé de fond en comble la maison avant leur arrivée. Harry avait cédé sous l'insistance de Drago, il avait accepté de laisser les elfes s'occuper d'assainir la maison et avait réhabilité les lieux à l'aide de la magie ainsi que de celle de leurs amis. Le blond voulait quitter au plus tôt l'appartement qui ne lui rappelait que des souvenirs de solitude et de tristesse et il était pressé de reprendre leur vie dans leur maison d'avant.

— Comment tu trouves ta chambre, petit ange ? interrogea l'aristocrate.

— Elle est grande, plus que l'autre, répondit Asuia, assise à ses côtés sur le lit ancien à baldaquin. Je l'aime bien, elle est jolie. Noah pourra dormir ici ?

— Oui, Seamus et Dean l'emmèneront demain et il pourra rester s'il veut.

— Chouette !

Elle sauta dans ses bras pour le remercier. Les vieilles tapisseries de la pièce avaient été ôtées pour laisser la place à d'autres, précieuses et magnifiques, offertes par Narcissa, qui représentaient un bosquet et son étang, ainsi que les créatures qui y vivaient. La femme avait eu une bonne intuition, sa petite-fille les adorait, surtout lorsqu'elle s'était aperçue que la tapisserie, comme les peintures sorcières, bougeait. Ses parents avaient également enchanté la pièce et le plafond, représentant le ciel, pour qu'il s'adapte à la temporalité et aux saisons du dehors. L'endroit était magnifique. Les meubles provenaient du Manoir Malfoy, du Square et de divers achats et répondaient parfaitement aux besoins présents et futurs de l'enfant. Harry avait également aménagé une chambre pour Teddy, afin de voir plus souvent son filleul et des chambres d'amis au même étage, avec l'aide de Drago et des deux elfes. La chambre parentale était quant à elle au bout du couloir, avec sa propre salle de bain. Les chambres de Sirius et de Regulus avaient été nettoyées, mais rien n'avait été déplacé. Les deux jeunes hommes ne savaient qu'en faire et Harry se refusait à les changer. De toute façon, la maison était bien assez grande, ils n'avaient nul besoin de le faire. Le grand nettoyage avait révélé bien des surprises, bonnes en générales, et la demeure avait révélé son véritable charme de vieil hôtel particulier anglais. Avec l'aide de Kreattur, les sorciers avaient percé de nouvelles fenêtres, révélé celles qui étaient cachées et la lumière inondait à présent l'endroit donnant sur le square et le jardin de derrière, complètement transformé par les bons soins de Winky. Neville y avait ajouté sa patte, conseillant le couple quant aux plantes et aux arrangements à apporter à l'endroit.

Le tintement de la cheminette retentit et un immense sourire barra le visage d'Asuia :

— C'est Grand-Mère ? interrogea-t-elle.

— Certainement.

— On descend alors !

Drago s'empara de son enfant avant qu'elle ne saute du lit et se précipite dans les escaliers.

— Hey jeune fille qu'avons-nous dit à propos des escaliers ?

— Ne pas courir dedans.

— Et qu'allais-tu faire ?

La fillette fit la moue pour toute réponse.

— C'est bien ce qu'il me semblait.

Il la chatouilla sauvagement et le rire de la petite éclata dans la pièce.

— Mais je voulais voir Grand-Mère ! proféra-t-elle entre deux gloussements, se tordant sur le lit.

— On y va Asuia, ne t'en fait pas, mais pas de course dans les escaliers.

Pour plus de sureté, il la descendit dans ses bras. Comme il s'y attendait, sa mère était dans le salon, confortablement installé dans l'un des canapés. En face, Harry les servait en thé et en petits gâteaux.

— Grand-Mère !

— Asuia chérie comment vas-tu ?

— Bien. La nouvelle maison est trop bien ! Papa Drago dit que tu dormais dans ma chambre quand tu étais petite !

— C'est vrai. C'était la maison de ma tante, je venais souvent.

Narcissa visita ensuite la maison, les complimentant sur ce qu'ils en avaient fait.

— C'est bien moins lugubre que dans mes souvenirs. Même du vivant de Walburga, c'est bien mieux maintenant, surtout pour élever un enfant.

Harry et Drago avaient finalement réussi à se débarrasser du portrait de la vielle folle, mais ils avaient laissé la tapisserie généalogique en place, l'étendant simplement pour qu'elle recouvre aussi les différentes branches des familles Potter et Malfoy. Kreattur en avait été ravi et les avait aidés à la restaurer, redessinant les portraits brulés et rafraichissant les couleurs passées.

— Harry, puis-je vous parler de votre projet, j'ai quelques propositions à vous faire.

Ils s'installèrent à nouveau dans le salon et tandis que Drago et Asuia jouaient à l'un des jeux de la petite, les deux autres s'entretenaient au sujet des nouvelles activités d'Harry.

— L'orphelinat ouvre dans une semaine, révéla le brun.

— Vous avez déjà …

— Les enfants ? fit Harry en souriant. Oui. Huit d'entre eux viennent d'orphelinats moldus et quatre viennent de familles d'accueil et attendaient d'être adoptés.

— Ils auront une meilleure chance de l'être par des gens pour eux dans notre monde, c'est une excellente chose pour eux de grandir dans un environnement comprenant et acceptant leur nature, opina Narcissa.

Harry ne répondit pas, semblant pris dans ses souvenirs et Drago releva la tête, inquiet pour son compagnon qui semblait brusquement affligé.

— Une excellente chose oui, souffla le brun.

Narcissa, garda le silence, semblant comprendre quelles pensées agitaient le jeune homme. Son fils lui avait un peu parlé de l'enfance de son petit-ami et c'était une chose qui se savait depuis la fin de la guerre et les fouilles faites dans la vie privée d'Harry Potter. Même si personne n'en parlait devant lui, tout le monde savait que l'enfance de leur sauveur n'avait pas été rose, au contraire.

— Vous vouliez me parler de quelque chose en particulier ? interrogea Harry qui ne voulait pas s'appesantir sur ses sombres souvenirs.

—En effet. J'ai beaucoup trop d'argent pour moi seule et si la fortune des Malfoy revient à Drago, je n'ai quant à moi jamais touché à ma dot, si ce n'est pour placer mes galions dans des entreprises juteuses. Je voudrais vous en faire cadeau pour votre projet.

Elle sortit de son habit un parchemin que le brun parcourut rapidement.

— C'est beaucoup d'argent, Madame Malfoy, êtes-vous certaine de le vouloir ?

La blonde eut un sourire tendre et ramena derrière son oreille une mèche platine rebelle.

— Je vous ai déjà dit de m'appeler Narcissa, Harry. Mais oui je suis certaine. J'ai fait beaucoup de choses dont je ne suis pas fière dans ma vie, cela ne rattrapera rien de mes erreurs, mais je veux le faire et changer la vie de ces enfants. Et je suis certaine que nombre de personnes sont dans mon cas. Parmi mon entourage d'abord. Vous savez, nombre des épouses de mangemorts n'approuvaient pas les activités de leurs maris, mais l'éducation, la pression familiale et sociale les empêchaient de parler. Le manque de courage aussi et les sentiments que certaines leur portaient. Plusieurs d'entre elles seraient ravies de faire don à votre noble cause.

Harry opina et reposa le parchemin.

— Nous pourrions envisager des dons directs, ou bien de meubles, vêtements … toute chose qui pourrait nous être utile. Nous travaillons également en ce moment avec Pansy sur des bourses pour chaque enfant, pour leur permettre de faire des études et de trouver un travail correct. Certaines de vos … connaissances pourraient parrainer des enfants et leur offrir un avenir si elles le souhaitent. Les fonds publics ont leurs limites et cela pourrait donner un but à ceux qui n'en ont plus.

— C'est une excellente idée. J'en discuterai avec les concernés. Seriez-vous prêt à les recevoir ?

Narcissa semblait incertaine, beaucoup d'entre eux avaient été affiliés aux mangemorts, épouses, enfants, familles … et elle savait que revivre cela serait douloureux pour le brun. Mais celui-ci la rassura immédiatement :

— La guerre est finie Narcissa, j'ai tourné la page et je suis prêt à œuvrer avec tous ceux qui veulent que le monde soit meilleur.

— Vous êtes quelqu'un de bien, souffla la femme en prenant sa main.

— Je suis tout à fait conscient du véritable coupable des maux de mon existence et il n'est plus de ce monde. Je sais que nombre de ceux qui ont été vus comme l'ennemi ne l'avaient pas choisi. Mais tout ceci est terminé à présent, les coupables ont été jugés, il faut se tourner vers le futur et profiter de la chance que nous avons d'être en vie. Et c'est bien ce que je compte faire.