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Quand Terry se réveilla à nouveau, il se souvint de tout et fut pressé de la revoir. Il se leva en se sentant déjà plus solide et s'étira un peu. Puis il vit des vêtements posés sur la table et un mot.
« La salle de bain est en face de ta chambre. Ta valise va arriver, en attendant contente-toi des vêtements d'Albert. A bientôt. CNA. »
Il partit donc avec les affaires et s'enferma dans la grande salle de bain pour prendre une douche revigorante. En voyant sa barbe naissante et tout le nécessaire pour faire peau neuve, il s'y attela puis coiffa ses cheveux humides en arrière. Il enfila ensuite la chemise et le pull. Le pantalon était un peu large mais avec la ceinture ça irait. Par contre il n'avait pas de chaussures alors il remit les pantoufles qu'il avait trouvées devant son lit. Ainsi présentable, il ressortit et chercha ses hôtes. Il longea le couloir et vit qu'au fond il y avait un grand salon. Il aperçut Albert lisant un journal et qui se leva en le voyant arriver, un sourire aux lèvres.
- Et voici notre marmotte ! Alors Terry ? Comment te sens-tu ce matin ?
Terry admira sa façon de l'aborder comme s'ils s'étaient quittés la veille et lui tendit la main pour se faire pardonner son refus de le faire au commissariat.
- Je me sens pas trop mal Albert, merci. Où est Candy ?
- Elle est en train d'expliquer à la cuisinière quel petit déjeuner elle doit maintenant concocter. Attends-toi à devoir désormais avaler tout ce qu'on te présentera !
Terry sourit et s'aperçut qu'il avait faim.
- Je crois que j'en serai capable.
- Heureux de l'entendre mon ami.
- Merci Albert. Je sais que j'ai de la chance d'avoir un ami comme toi.
- La chance n'y est pour rien Terry. Quand je t'ai rencontré, tu étais dans les ennuis, c'est vrai mais ensuite je t'ai découvert et apprécié puis j'ai vu comme tu veillais sur Candy. Je suis parti de Londres rassuré sur son sort avec toi et je sais que tu aurais toujours été près d'elle si le destin n'avait pas tout compliqué. C'est autant pour elle que pour toi que je suis là, sache-le.
- Je ne l'oublierai plus. Mais, je me sens toujours bien impuissant face aux accusations de Suzanne, j'ai avoué parce que j'étais fatigué de me justifier, même ma mère doutait de moi alors…
- Ne t'inquiète pas, tu n'es plus seul pour prouver ton innocence maintenant. Si tu acceptes juste de nous faire confiance alors nous arriverons à prouver que Suzanne a inventé tout ça. J'ai fait appel à un avocat compétent, il faut te battre Terry.
Celui-ci hocha la tête puis la tourna en voyant entrer Candy, suivie d'une femme portant un plateau.
- Voilà le petit déjeuner de ces messieurs ! fit-elle d'un grand sourire alors que Terry admirait son allure.
Avec ses cheveux noués en un chignon lâche, son corsage mauve et sa jupe étroite beige laissant voir ses chevilles gainées de soie blanche et ses escarpins à boucles noires, elle était magnifique. Elle lui présenta Jenny qui posa sur la table le plateau empli de brioches, de fruits, d'œufs durs, de fromages, de charcuteries, de thé et de crème. Puis elle sortit d'un buffet les assiettes et couverts et fit le service. Une assiette débordante apparut devant Terry qui se demanda comment il allait tout manger même s'il avait grand faim. Candy s'assit face à lui et lui servit son thé avec un nuage de crème. Il sourit qu'elle se souvienne qu'il le buvait ainsi il y a trois ans. Elle servit ensuite Albert qui le prit nature puis se versa le sien avec un peu de citron seulement. Terry se dit alors qu'il passait son premier petit déjeuner en paix et en bonne compagnie depuis très longtemps et apprécia vraiment ce moment.
Ensuite, quelqu'un rapporta sa valise de l'hôtel et ses vêtements laissés au théâtre. Terry se souvint qu'il avait aussi porté un sac de linge sale chez un chinois pour le nettoyer et Candy prit le ticket pour aller le récupérer tout à l'heure. Mais pour l'instant, elle lui raconta avec Albert, tout ce qu'elle avait constaté dans son appartement de Suzanne et sa mère. Terry fut étonné que Candy soit retournée voir Suzanne en lui faisant supposer qu'elle la croyait pour en apprendre plus et essayer de la faire se trahir. Puis elle lui montra la lettre qu'elle avait reçu d'elle à Chicago, l'accusant sans équivoques. Terry comprit alors que Suzanne avait aussi décidé de blesser Candy avec ses accusations mêlées de demi vérités et trouva en lui ensuite la force de dire tout ce qui était vraiment arrivé depuis le départ de Candy dans sa vie.
Celle-ci apprit alors que Terry était revenu à Chicago peu après leur séparation sans oser aller la voir pour lui avouer que c'était dur à vivre. Puis, qu'Albert l'avait rencontré dans un bar et avait cru bien faire en lui montrant de loin la jeune fille devant la clinique du docteur Martin, qui malgré sa peine, poursuivait son chemin et travaillait courageusement.
Candy comprit alors qu'Albert se sentait aussi un peu responsable de n'avoir pas poussé le jeune acteur vers elle et le rassura sur l'impossibilité à l'époque de pouvoir croire possible de préférer choisir leur amour à la santé de Suzanne, ce que Terry confirma.
Par la suite, il résuma les mois de pseudo fiançailles pour qu'elle retrouve santé, force et envie de vivre. Il n'avait pas triché, il lui avait donné tout son temps de libre, son amitié, son écoute, son soutien financier et moral.
Au bout de six mois, Suzanne avait commencé à l'inciter à songer à l'épouser. Terry avait d'abord contourné la question puis avait essayé de lui faire comprendre gentiment qu'il ne l'aimait pas d'amour et ne se sentait pas capable d'être son mari vraiment. Elle avait refusé de l'entendre puis lui avait rappelé qu'il lui avait promis de veiller sur elle et seul un mari pouvait vraiment assurer cette promesse. Pris par la confusion de ses paroles, plus l'acharnement de madame Marlowe pour venir lui rabâcher sans cesse sa dette, il avait alors laissé Suzanne espérer se marier avec lui, sans refuser mais sans fixer de date. Suzanne avait alors décidé seule et à force de ruses elle l'avait amené peu à peu à penser qu'il devait l'épouser pour respecter sa promesse de reconnaissance. Pourtant, il se sentait de moins en moins à l'aise en pensant à ce qu'un mariage signifiait et par honnêteté, il força Suzanne à l'écouter pour qu'elle sache qu'il ne ferait que ce qu'il pourrait en tant que mari et pas l'impossible alors il fallait qu'elle réfléchisse bien maintenant sur tout ce que ça impliquait afin de ne pas être déçue plus tard. Suzanne lui certifia qu'elle n'avait pas besoin de davantage que ce qu'il lui donnait déjà, en plus de son nom pour avoir un avenir honorable et une assurance financière vu qu'elle ne pouvait plus espérer vivre du théâtre ni aider sa mère à vivre aussi. Alors il accepta de l'épouser et par souci de ne pas montrer d'ingratitude, il décida de lui offrir un mariage digne de son sacrifice. Il emprunta à la banque pour acheter l'alliance, la robe, le buffet, l'orchestre. Il loua un appartement suffisamment confortable pour elle et décida d'allouer une pension à sa belle-mère pour éviter qu'elle vienne vivre sous leur toit.
Terry s'arrêta un peu de son récit, le pire allait venir et il eut un nouveau doute en lui. Devait-il avouer pareille humiliation à la femme qu'il aimait et ne voulait plus blesser ? Il eut envie d'une cigarette pour trouver la force mais il n'en avait pas sur lui et ne pouvait pas demander à ce qu'on aille en acheter pour qu'il enfume cet appartement et ses amis. Il soupira et sentit ses mains trembler alors il les cacha sous la table. Candy se leva et vint s'agenouiller près de lui en lui prenant les mains.
- Terry ! Tu es fatigué, ça ne presse pas tout ça, va te reposer, on verra plus tard et seulement si tu en as besoin. Pour moi c'est déjà assez clair, je sais qui elle est maintenant et que ce n'est pas toi qui dois avoir honte, tu t'es conduit en homme sincère et droit seulement, je suis fière de ta droiture, moi.
Il lui sourit, elle était si différente de Suzanne, son amour à elle était si visible dans ses yeux, il se sentit à nouveau plus solide et encore un peu plus après les paroles d'Albert.
- Oui Terry. Tu t'es vraiment comporté en homme honnête et généreux, tu as le droit de garder la tête haute contrairement à Suzanne. Tu sais, Candy a déjà compris le plus important ces derniers jours. Elle sait qu'on ne peut pas forcer quelqu'un à l'aimer, qu'on ne doit pas épouser quelqu'un si on est pas certain de l'aimer vraiment et qu'il vaut mieux affronter un présent compliqué et douloureux que de subir un passé empli de regrets. Je pense aussi que tu as déjà assez payé cette dette, bien trop payé. Mais rien ne t'oblige à tout raconter, surtout si vite.
- Je préfère le faire maintenant Albert, pendant que je me sens vide de méfiance, de rancœur et d'idées de vengeance. J'ai vécu des semaines de solitude emplies de dégoût. Au théâtre j'ai cru que cette fois j'avais vécu le pire, je n'avais plus rien à m'accrocher, je pensais que c'était fini pour moi. Et puis, je me suis réveillé ici et un ange m'a donné en quelques minutes plus de bonheur et de confiance que je n'en ai jamais reçu de toute ma vie. Alors, qu'ai-je à perdre à rester qui je suis devant vous qui m'acceptez ainsi depuis que vous me connaissez ? Je n'ai plus honte de moi, j'ai juste conscience que Suzanne a réussi à m'atteindre à mon seul point sensible hélas, en blessant mon ange et c'est ça qui me blesse seulement.
- Ton ange a acquis assez de force pour l'entendre Terry. Savoir nous permettra d'être plus armés pour nous battre et nous rendre notre vérité ! fit Candy dans ses yeux avec une assurance certaine.
Terry lui sourit et lui baisa la main puis reprit son récit.
Il raconta alors les mois supportables puis la descente aux enfers suite à la frustration de Suzanne. Candy réussit à ne pas montrer trop sa peine mais sursauta quand même en apprenant l'empoisonnement et la réaction de moquerie et de haine de Suzanne après que Terry ait été battu alors qu'il avait joué au poker uniquement pour lui payer sa nouvelle prothèse.
Terry se sentit épuisé après son récit mais aussi soulagé, allégé d'un poids et en paix avec lui même. Candy lui proposa d'aller se reposer un peu avant le déjeuner et partit soulager sa colère dans sa chambre en tapant dans son oreiller et promettant à Suzanne toute une liste de malédictions pour les mille ans à venir. Puis elle se dit qu'elle perdait son temps à la maudire alors qu'elle pouvait agir plus utilement. Elle retourna alors au salon pour téléphoner à sa pire ennemie en lui proposant d'aller à nouveau la voir demain afin de lui faire oublier tous les malheurs qu'elle avait vécu à cause d'elle avec cet homme volage et ingrat qu'elles avaient toutes deux aimé. Suzanne sembla ravie et Candy raccrocha, satisfaite puis retourna discuter avec Albert qui revenait après avoir été télégraphier à Georges Johnson.
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A suivre...
Merci pour les commentaires Mars Lena et DinaChhaya TalaNoKomis, j'espère que la suite vous a plu, merci à tous ceux et celles qui me font l'honneur de suivre mon histoire
