aujourd'hui :
Je suis sanglée à une chaise, pour changer... Je peine à voir mon environnement, plongé dans le noir. Ce n'est pas une cave, je ne sens pas l'humidité caractéristique. Non, j'ai plus l'impression d'être dans les tréfonds d'ateliers désaffectés des hangars que j'ai vu plus tôt. Ce doit être ça, probablement.
Des talons claquent dans mon dos.
– Je ne me suis pas présentée la dernière fois. Mon nom de code est Vermouth. C'est comme ça que tu devra m'appeler désormais. Simple précaution pour les plus hauts gradés de notre organisation. Pas de nom, pas de délation. Je vois qu'ils t'ont scotché la bouche, c'est sûrement pour ça que tu n'es pas très loquace, mais t'inquiète pas, je vais remédier à ça.
C'est la femme avec laquelle j'ai passé les épreuves précédentes. Qui de moi ou elle a le plus arnaquée l'autre, je ne sais pas trop, mais je risque seulement de passer un sale moment là, en sa compagnie, et c'est un doux euphémisme de le dire. Je lui est fait péter un portable à la figure, c'est clair qu'elle va vouloir se venger.
Elle se place devant moi, profitant du fait que je sois assise pour se grandir. Seul le côté gauche de son visage est légèrement éclairé, le reste de la lumière dessinant les vagues de sa chevelure. D'un geste sec, elle me retire le scotch.
– C'est l'instant de vérité ma vieille. On va voir si tu es vraiment qui tu dis être. On va voir si tu es vraiment Mizunashi Rena. Est-ce la vérité ?
– Ça l'est.
– Attends, attends. On va faire mieux.
Je la vois sortir de son sac une sorte de petit boîtier, que je ne parvient pas très bien à distinguer, dans l'obscurité. Seuls quelques reflets trahissent la forme de la boite, que la femme ouvre en deux.
Ses doigts extirpent d'abord une seringue, puis un petit flacon.
Merde. Alors celle-là , je dois dire que ne m'y attendais pas !
Elle plante l'aiguille dans l'opercule du flacon et en prélève une dose.
– Tiopenthal. Tu connais ?
– Sérum de vérité.
– Tout à fait. Facile à se procurer en plus, un tant soit peu qu'on ait des connexions avec un quelconque hôpital. Et si tu te demande, il ne laisse pas de séquelles. Je vais t'installer le polygraphe aussi. Il peut fonctionner sans sérum, mais avec, si tu tente de mentir, ton corps sera tellement affaibli que dans sa lutte contre la vérité il amplifiera somatiquement les risques du mensonge. Taille de la pupille, respiration, pouls et j'en passe. Tous instantanément captés par la machine...
Vermouth donne un pichenette dans le corps de la seringue et en fait jaillir une petite quantité afin d'éliminer une éventuelle bulle d'air létale.
– Vous ne me mettez pas de garrot ?
– t'es une grande fille, tu survivra. Et de toute façon là où je vais te piquer ça te tuerais.
Une pression s'applique dans ma nuque. Un corps étranger s'immisce dans ma chair, et soudain une brûlure remonte le long de mon cou, vers ma tête.
– Au fait, j'ai oublié de te dire,
il n'y a pas que du Tiopenthal dans la solution...
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Choc visuel.
Ma conscience sort de mon corps.
Les formes et les couleurs se mélangent.
Mes pensées parlent toutes sans mon accord.
Mon esprit se dilue dans le temps et l'espace, me laissant tout juste le temps de comprendre que j'ai été lourdement droguée au LSD, avant de partir en live.
Il y a six mois :
Braxton se tient droit devant la fenêtre de son bureau, se plaisant à observer la coure du bâtiment, ses allées et venues, le vent dans les arbres, le temps qui passe, une tasse de café chaud dans les mains. Une énième tasse, comme en témoignent ses mains tremblantes.
Il porte le liquide brûlant à ses lèvres, finissant la dernière gorgée lorsque quelqu'un cogne à la porte. Son sourcil interrogateur se soulève, pouvant bien se demander qui vient le déranger, n'étant habitué à recevoir dans ces horaires, avant de se rappeler le rendez vous inhabituel qu'il avait fixé pour cette soirée. Une moue rébarbatrice lui traversa le visage.
Braxton prend néanmoins le luxe de finir de déguster sa dernière gorgée avant de poser sa tasse évidée sur son bureau, entre deux dossiers bien classés, alignés, calibrés.
Il tousse, se racle la gorge puis aboie à l'ombre derrière la porte vitrée opaque qu'elle peut rentrer.
– Bonsoir Monsieur.
– Bonsoir Mike, asseyez vous.
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– Jeune homme, entonne la voix grave de braxton, le travail que vous faites est absolument formidable. Se doute-t-elle de quelque chose ?
– Non monsieur, pas le moins du monde, j'aimerais simplement que vous ne nous espionniez pas durant nos entraînements.
– C'est parfait si elle ne se doute de rien, souffle-t-il avant d'ajouter : je suis navré pour cela. C'est simplement mon abruti de collègue qui pense que mademoiselle Hondo est une simple recrue que nous allons envoyer chez l'Organisation. Il voulait vous voir dans la salle de simulation... Quel abruti !
– Il y a autre chose que je voudrait ajouter, relance Mike.
– Quoi donc ?
– Et bien, Hidemi est de nouveau entrée en contact avec Hartwin Emil Peter, son référant, pour lui parler de l'organisation visiblement, de ce que j'ai pu capter. C'est étrange, je ne pensais pas qu'elle était déjà au courant de son existence...
– Merci Mike, mais je sais déjà que cette rencontre à eue lieux, et oui elle est au courant, c'est précisément une des raisons pour lesquelles elle est désignée. Elle est le joyau de l'Organisation. Une jeune femme qui s'ignore. Qui ignore tout des qualités qu'elle possède et qui ignore tout de son rôle sur l'échiquier. Si Cette Personne était le roi, elle serait sûrement la reine, tant son rôle va être décisif, dit-il en époussetant le dossier remis par son interlocuteur, avant de délicatement l'ouvrir. Un cigare jeune homme ?
– Merci monsieur, je ne fume pas.
La flamme du briquet clinquant vient faire crépiter l'extrémité du cigare, embrasant le tabac.
Braxton laisse s'échapper quelque volutes chargeant l'atmosphère de la pièce. Quelques rayons filtrants assassinent le nuage de fumée allant 'écraser contre le plafond.
Un cellulaire posé sur le bureau se met à vibrer. Braxton regarde Mike, dans les yeux, avec un léger sourire.
– Veuillez m'excuser. Un message de Gin. Explique-t-il, calmement.
– Savez vous s'il est d'accord pour ma promotion au sein de l'Organisation, monsieur ? Intime Mike.
– Oh mon cher ! Je ne suis pas certain que Gin vous donne encore à faire... Moi par contre il semblerait que j'ai une requête de dernière minute...
Braxton tire sur son cigare. Le bout est écarlate. L'homme lève la tête et crache la fumée.
– Vous pouvez disposer jeune homme, dit-il en ouvrant le tiroir le plus proche de lui.
Mike salue son supérieur, effectue un demi tour, et s'apprête à ouvrir la porte, lorsque la décision émanant expressément de GIN s'abat entre ses épaules.
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DOSSIER HONDO
ANNEXE 3.1
Rapport rédigé par Mike Huges.
Intermédiaire de relation : Braxton
Chef de projet : GIN.
PROJET CASSANDRE
Objectif : Intégrer un agent de la CIA dans les rangs de l'organisation afin de transmettre à la dite administration des données erronées sur les activités, ou pour effectuer un contrôle de l'information
RAPPORT D'ENTRAINEMENT :
Etape : fin de formation.
Observations :
La mission concernait un attentat aérien. Les qualités dont à fait fait preuve Hidemi Hondo lors de cette épreuve montrent qu'elle est prête pour accomplir une mission d'ordre majeur.
Ses facultés d'analyse, de réactivité, d'endurance et de tolérance à la douleur ainsi qu'à la peur ont été correctement évaluées et sont parfaitement satisfaisantes.
Conclusion :
Ses capacités à passer les faux tests d'entrés sont désormais certaines.
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ANNEXE 3.2
NO OFFICIAL COVER (NOC)
HONDO
Nouvelle Identité
Redacteur : Braxton sur ordre de GIN
Commentaires : Rédiger cette note pour le service de la CIA afin que HONDO Hidemi dispose de la couverture créée par les soins de l'Organisation pour son compte.
MIZUNASHI
Rena
profession : journaliste.
Diplôme : cf annexe 3.3
Famille : disparue lors d'un incendie.
Date de naissance et d'obtention des diplômes d'État : similaire à ceux d'origine.
Sécurité sociale : cf annexe 3.4
autres : cf annexe 3.5
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Aujourd'hui :
Gin me tend une arme par le canon.
La drogue à cessé de faire effet... Je suis dans un bureau. Je ne sais pas comment j'ai fait pour ne pas vendre la mèche. Je n'ai aucun souvenir des dernières heures.
Bon sang ! Mais c'est impossible que je n'ai pu rien dire , avec le traitement de cheval que j'ai eu !
– C'est ton arme. Prend-en soin. Prononce-t-il fièrement, pour une raison que j'ignore.
– M-Merci. J'y ferais attention.
Son regard me déshabille. C'est le début. Je ne sais pas dans quoi j'ai embarqué, mais ça me fait déjà peur. J'attends ses prochaines paroles...
Il prend une inspiration...
– Bienvenue,
K.I.R.
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Ceci viens conclure cette fiction une bonne fois pour toutes. J'en avais assez de la voir traîner , donc j'ai abrégé ses souffrances.
Je viens de remarquer que cette histoire à été ajoutée à la liste des meilleurs fanfic fr dc, et cela me fait chaud au cœur ! Merci !
Merci également à toutes les personnes qui ont commenté et suivi, et surtout apprécié cette fiction au cours de ses quelques chapitres.
Pour les déçus, sachez que je travaille sur une version longue de cette histoire, avec une fin radicalement différente, et un paysage narratif lui aussi assez changé, mais c'est un projet loin d'être fini pour le moment. Only time will tell...
Continuez d'écrire,
Continuez de lire,
et amusez-vous.
PYROPTOSE
