amuto67100: Veux-tu que je t'apporte des kleenex? Un peu de glace au chocolat? Un p'tit café? Faut pas brailler voyons, tu sais bien qu'après la pluie, le beau temps. Aller, prends sur toi! Sinon, bonne lecture.
Chapitre 10.
De Retour.
Le lendemain, à son réveil, le sentiment de solitude de Sébastian lui pesa un peu moins en lui. La lettre des Perkins lui avait redonné une sorte de baume sur le cœur et lui avait remonté un peu le moral. Il venait de prendre une grande décision.
Il allait retourner travailler chez les Phantomhive.
Mais évidemment, il n'allait pas y aller sans se faire une petite toilette. Il lava ses vêtements, prit un bain, mangea un solide déjeuner avec ce qu'il avait emporté, mais en gardant tout de même pour le voyage. Car, on se contera les vraies affaires, le manoir Phantomhive, ce n'est pas la porte à côté.
Sa toilette terminé et une fois avoir mangé, Sébastian rebarra la porte de la maison et partit pour le manoir Phantomhive.
. . .
Ce ne fut pas une mince firme que de s'y rendre. Sébastian y mit une semaine. Il dut demander son chemin plusieurs fois, et à toutes les fois, les interrogés lui lançaient un regard curieux. Sûrement qu'ils se demandaient ce qu'un jeune homme du peuple pour y avoir à faire. Il lui fallut aussi, quand il fut cours de provisions, manger des baies et des racines qu'il trouvait dans la forêt et dormir pelotonné dans une couverture sous un arbre. Il fut chanceux qu'il n'ait pas plut.
Mais au bout d'un périple éreintant, il parvint enfin au manoir Phantomhive. Lui qui trouvait la maison de ville des Phantomhive gigantesque, c'était de la petite bière comparée au manoir. Sa maison au vignoble aurait rentré cette fois-ci une cinquantaine de fois.
Il était encore plus impressionnant qu'il ne l'avait imaginé. Les imposants murs de pierres grège s'accordaient parfaitement avec la toiture bleuet. De grands arbres et de magnifiques rosiers blancs, rouges et noirs poussaient à l'extérieur.
Sébastian s'avança dans l'allée principale en regardant autour de lui. La maison de ville fesait pâle figure au manoir.
Au bas des marches, il n'eut pas besoin de les monter et de cogner à la porte que celle-ci s'ouvrit déjà. L'homme qui se tenait dans l'embrasure, Sébastian le reconnu immédiatement. Le vieux majordome de la famille, M. Tanaka. Il n'avait pas changé durant toutes ces années, à l'exception de nouvelles rides.
- Que puis-je pour vous monsieur?, demanda-t-il.
- M. Tanaka, vous ne vous rappelez pas de moi?, dit Sébastian en affichant un sourire amusé.
- Une seconde, ne me dîtes pas que…non…Sébastian?
- Eh oui, c'est moi. Heureux de vous revoir.
- Eh bien, si je m'attendais!...Pourquoi êtes-vous là?
- J'aimerais demander à M. le comte de me reprendre à son service.
- Je vais voir s'il est disponible pour vous recevoir…Entrez je vous en prie.
Tanaka écarta la porte et Sébastian pénétra dans le hall d'entrée. Plus beau que ça…impossible. Il fut stupéfait pas la finesse de chaque détail. Le carrelage étincelant, le ciselage des rampes d'escaliers ouvragés…
Tanaka revint quelques minutes plus tard.
- M. le comte est disposé à vous accorder une audience, Sébastian. Si vous voulez bien me suivre.
Sébastian lui embouta le pas. En déambulant dans les couloirs, Sébastian put reconnaître des visages familiers des autres domestiques. Il n'eut aucun mal à identifier Undertaker, le secrétaire, avec sa longue chevelure grise et son éternel sourire rieur.
Ce ne fut pas long que Tanaka ouvrit la porte du bureau après avoir frappé et que Sébastian sois présenté au comte. On aurait dit que l'histoire se répétait. Vincent n'avait pas changé d'un pouce. Il était toujours aussi grand, élégant, les cheveux si semblable à ceux de sa fille Angelika et penché sur ses papiers.
- Alors, Sébastian, M. Tanaka m'a fait comprendre que tu souhaitais reprendre ta place au sein des domestiques.
- Oui monsieur.
- Je vois…Pourrais-tu me dire pourquoi tu as soudainement disparut suite à la mort de cette chère Emma.
Une boule de crainte dans la gorge, Sébastian entreprit de relater ce qui c'était passé ces trois dernières années: le comment du décès d'Emma, Mme. Tasha, sa mort à elle, Johan, la lettre et le testament.
- Je vois…Puis-je voir ces document s'il-te-plaît?
Sébastian sortit aussitôt l'enveloppe de son sac et la tendit à Vincent qui prit quelques minutes pour les examiner en profondeur.
- D'accord…en effet, tout ceci est légitime. Les Perkins t'ont effectivement choisit pour héritier…Eh bien, je m'en réjouis pour toi…et suis bien peiné pour la mort d'Emma.
- Oui, moi aussi. C'est pourquoi je suis revenu à Phantomhive pour travailler pour vous.
- Je comprends ce qui te pousse à revenir. Mais saches que je…
Il ne put finir sa phrase que la porte du bureau s'ouvrit d'un coup et une jeune femme y entra. Sébastian se retourna automatiquement et il rata un battement de cœur. C'était elle! Angelika!
Sébastian dû avouer qu'elle était encore plus belle que dans son souvenir. Son visage avait perdu ses traits enfantins, le blanc de sa peau contrastait superbement avec le léger rose de ses joues et ses formes n'étaient ni surdimensionnées, ni trop minces, juste ce qu'il faut. Ses jolis yeux et ces longs cheveux étaient les seules choses qui n'avaient pas changés.
- Père, il faudrait-…mais…qu-…Sébastian? Est-ce bien toi?
Elle se figea instantanément sur place et ses yeux s'arrondirent. Elle avança lentement vers Sébastian et lui toucha la joue comme pour voir s'il était réel.
- Sébastian…je pensais que tu avais…disparu.
- Une rumeur sans fondement, répondit Sébastian en prenant sa main et en lui baisant en se penchant.
- Hum, hum, racla Vincent. Donc, j'allais te dire Sébastian qu'étant le successeur des Perkins, et voyant ce testament, je n'ai d'autres choix que de t'accorder le poste qu'ils occupaient.
- De quoi parlez-vous père, l'interrompit sa fille. Je cru comprendre qu'il désirait de nouveau œuvrer pour nous, non? Eh bien, moi j'aurais un poste pour lui. Et bien meilleur que celui-là.
- Ahh, fit Vincent en levant un sourcil. Et qu'est-ce, je te prie, ma fille?
- J'aurais besoin d'un assistant pour mon travail. Sébastian ferait parfaitement l'affaire. Et cela paierait mieux que de s'occuper de notre maison de ville que quelques semaines par an seulement.
Vincent leva un sourcil interrogateur et Sébastian parut déconcerté. Au contraire, Angelika semblait parfaitement certaine de ce qu'elle disait.
- Tu voudrais le prendre pour assistant?, demanda Vincent.
- Tout à fait, père. Et si ça peut vous rassurer, je lui verserai son salaire. Car après tout, Sébastian est adulte et peut gagner son argent.
Sébastian ne comprenait rien de ce qu'ils se disaient. Assistant en quoi? Toutefois, il était bien content qu'Angelika lui vienne en aide.
- Bon. Toi aussi tu es adulte. Embauche-le si ça te chante. Mais garde ton argent pour ton matériel. Je le paierai.
- Merci père. Suis-moi Sébastian. Nous allons avoir une petite conversation.
Elle se dirigea vers la porte du bureau, mais Vincent l'interrompit.
- Tu voulais me demander quelque chose, il me semble?
- Ce n'est plus la peine, père, merci. Bonne journée.
Elle sortit, Sébastian sur les talons. Elle le conduisit vers l'un des salons. Elle s'assit sur l'un des canapés victoriens en velours rouge et invita Sébastian à s'installer en face. Elle sonna ensuite une clochette et la servante Alma apporta du thé et une assiette de scones aux bleuets sauvages.
- Je t'en prie Sébastian, sers-toi, dit Angelika en mordant dans un scone.
Sébastian était un peu tendu. Jamais auparavant il n'avait été seul à seul avec Angelika. Mais pour ne paraître malpoli, il se versa une tasse de thé.
Angelika prit le temps de finir son scone pour débuter la discussion. Elle s'essuya la bouche avec sa serviette et parla.
- Bon Sébastian, je ne passerai pas par quatre chemins. Tu te demandes sûrement quel genre de travail je te propose.
- En effet mademoiselle.
- Pour faire simple, tu seras mon assistant en tant qu'artiste-peintre.
Sébastian failli recracher son thé. Il fit tout son possible pour le dissimuler. Se rendre ridicule était bien la dernière chose qu'il lui fallait.
- Artiste-peintre?
- Exactement.
- Mais je croyais que votre père avait une compagnie de jouets et de sucreries.
- C'est exact, mais je n'aie point le désir de la diriger. Mon père est immortel, je te rappelle. Ce n'est pas le temps qui lui manque. Les grosses entreprises ne m'intéressent guère. J'aime mieux un petit commerce à moi. Je me suis mise alors à la peinture et à l'art et je vends mes œuvres. Les affaires marchent vraiment bien et je ramène un bon montant à la famille. Mais préparer la peinture et le matériel me prend trop de temps. C'est pourquoi j'aimerais réquisitionner ton aide dans cette besogne.
Sébastian ne pouvait demander mieux. Œuvrer personnellement avec Angelika était ce qu'il pouvait espérer de meilleur.
Il s'agenouilla sur le tapis persan et une main sur le cœur, il dit d'un ton humble.
- C'est avec honneur que j'accepte ce travail. Vous ne le regretterez pas.
- J'en suis heureuse.
Sébastian allait se rassoir pour converser encore un peu que la porte du salon s'ouvrit avec fracas et qu'un jeune homme se précipita sur Angelika.
- Ma chérie! Te voilà enfin! Je te cherchais partout!
