Entre indécision et agitation

- Quoi ? lâcha-t-il entre ses dents.
- Je... Je vais partir, disparaître pour toujours..., dit Levy dans un souffle.

- Non, attends. Pourquoi devrais-tu t'en aller ? Pour quoi faire ? Pour aller où ?, demanda-t-il, perdu. Je viendrais avec toi.

La jeune femme évitait son regard. Gajil se baissa à son niveau pour la forcer à lui faire face, puis lui saisi les épaules et plongea ses yeux dans les siens.

- C'est impossible, chuchota-t-elle. Je doit laisser ma place, je n'ai pas le droit, d'être ici.

Elle lui sourit et effleura son visage de ses doigts. Il était vraiment beau, la jeune femme aurait voulu le garder rien que pour elle, mais elle ne devait pas le retenir.

- Tu es un homme libre toi, continua-t-elle. Vis ta vie et profites en. Tu as encore de belle années devant toi... Je suis désolée que ais du croiser mon chemin.

- Mais qu'est-ce que tu racontes ? Bon sang !, s'indigna-t-il en la secouant légèrement par les épaules. Bien sur que tu es libre ! Tu peux bien faire ce que bon te semble, ta place est là où tu souhaite qu'elle soit ! Arrêtes de parle comme si tu allais mourir...

- Tu ne comprends pas... Le livre que tu as lu de quoi parlait-il précisément ?

- Ehm... de transmutation, je crois, répondit-il incrédule.

- Très bien, maintenant, repense à ce que tu as lu, et à ce que tu as vu : mes migraines, mes évanouissements, mon comportement étrange quand on est arrivés ici..., fit-elle, la voix toujours aussi basse.

Gajil écarquilla les yeux, paniqué.

- Non... C'est impossible. Ce ne sont que des insanités écrites dans un fichu bouquin ! Ce genre de magie n'existe pas...

La jeune femme l'interrompit, il fallait qu'elle lui explique clairement.

- Si. J'ai une deuxième conscience en moi, je suis un hôte. En réalité je suis morte à l'age de dix ans, Rebecca était une petite fille gravement malade, qui, pour être sauvée à été implantée dans mon corps le temps que le sien guérisse. Maintenant elle se réveil, ses souvenir me reviennent, ce qui signifie qu'elle est prête à retourner dans son corps d'origine. Cependant quand je serais privée de son énergie vitale, je... mourrais...

Gajil la regardait horrifié. Alors c'était vrai ? Tous ces rituels de fous avait été appliqués ? Sur Levy ? Et maintenant elle était condamnée...

Elle n'avait été qu'un jouet pour ces gens qui l'avaient utilisé pour leurs petite expériences et étaient près à la jeter comme un vulgaire déchet maintenant qu'elle ne leur servait plus. Le dragon d'acier senti la rage l'envahir, il du lutter pour ne pas perdre le contrôle.

- Je ne les laisserais pas te toucher, cracha-t-il.

- Je n'ai pas le choix, déclara-t-elle, Rebecca doit récupérer sa vie et quoi que nous fassions son réveil signifie aussi qu'elle finira par prendre le contrôle de mon corps, si elle ne réintègre pas le sien.

- Et toi alors ? Je vois pas pourquoi tu aurais moins le droit de vivre qu'elle ?, s'écria-t-il. Ils te donnent un seconde vie et après ils te la reprenne, sans que tu ais ton mot à dire ?

Levy l'étreignit et laissa aller sa tête contre son torse.

- Je dois leur être reconnaissante pour ça, dit-elle. Ils m'ont donné quelques années de plus et j'ai été heureuse de les vivre. Même si ce que j'ai vécu de mieux m'est arrivé à la fin.

Les bras de Gajil se fermèrent autour d'elle. La jeune femme le serra de toutes ses forces quand elle remarqua que le corps du jeune homme tremblait.
- Je t'en prie, murmura-t-il. Ne parle pas comme si tu avais déjà disparu.

Elle s'agrippait à lui, son chagrin lui torpillait le cœur. Que pouvait-elle faire d'autre ? A part peut-être espérer qu'une solution se présenterait ?


L'après midi est déjà bien avancé quand Nezumi arriva à Tocknet. Il était attendu chez les Kojima pour 18 heures.

La souris géante parcouru les rues fleuries et remarqua cependant qu'il était suivit. Lorsqu'il aperçu la demeure en question, après plusieurs minutes de marche, l'animal entendit les pas de l'individu qui le poursuivait se rapprocher. Il soupira puis esquissa sourire.
- Alors comme ça... C'est bientôt la fin ?, demanda-t-il en se retournant pour faire face à son traqueur.
- Ne me dit-pas que tu m'as sentit arriver ?, rigola le jeune homme blond.
- Bien sur que si Hikaru, ton odeur m'a chatouillé les narines sur un kilomètre, tu ne me surprendras jamais, je te l'ai déjà dit, fit Nezu en continuant son chemin.
- Es-tu vraiment si pressé ? Tu vas me manquer tu sais….
- Je te connais depuis que tu es petit, et je sais pertinemment que je vais te manquer, affirma-t-il malicieusement. Et je sais aussi que tu seras tellement heureux de retrouver ta Rebecca. Cependant...

Nezumi c'était arrêté et observait maintenant Hikaru, les sourcils froncés. Il lui fit signe de s'accroupir, la mine sévère et le jeune homme, surpris, s'exécuta. Une fois leur deux visages au même niveau il continua à voix basse :

- Ne t'avise plus jamais de faire du mal à Levy, où tu le regrettera !, grogna-t-il.

Le rongeur se jeta sur lui et lu mordit le nez.

- Arrêtes ! Qu'est ce qui te prends ?, cria Hikaru en se protégeant le visage.

- La question est qu'est-ce qui t'as pris à toi ?, vociféra-t-il en renouvelant l'assaut. Heureusement que Gajil surveillait ses arrières si non dieu sait ce qui aurait pu arriver, imbécile !
- C'est bon ! Mais arrête bon sang !, hurla le blond en essayant d'éviter les morsures. J'étais ivre et fou de chagrin, d'accord ? D'ailleurs la Bête Sauvage me l'a bien fait payé, cracha-t-il, furieux à présent. J'étais tellement imbibé d'alcool que je n'ai même pas pu me défendre.

Nezumi se calma et laissa Hikaru souffler.

- J'espère bien, ricana-t-il. Mais je te préviens, elle n'a plus longtemps à vivre, alors si tu touches à un seul de ses cheveux, si tu gâches ses dernières heures, tu t'en souviendras jusqu'à la fin de tes jours, menaça l'animal. Il se pourrait d'ailleurs que Gajil te tue...

- Ouais c'est bon j'ai compris, râla le jeune homme. Du moment qu'ils n'entravent pas le réveil de Rebecca, je me tiendrais tranquille, si non, je ne promettrais rien. Et puis il faudrait déjà que le dragon soit capable de me tuer..., remarqua-t-il sournois. Souviens toi que j'ai plus d'un tour dans mon sac, je me battrais jusqu'au bout pour que Rebecca revienne, peu importe qui se mettra en travers, lâcha-t-il à l'adresse de Nezumi. A chacun ses menaces.

- Tss, crétin, grommela le rongeur.

Il épousseta sa fourrure et attendit que son ami se lève pour repartir. Celui-ci se mit debout et observa le ciel, son expression était douce, allègre.

- Cela fait tellement longtemps que j'attends de la revoir…, souffla Hikaru, mélancolique.
- Je sais, je sais.

Les deux compagnons pénètrent dans la propriété des Kojima. L'heure fatidique approchait.

« Bientôt tout redeviendra comme avant. », se dit le jeune homme.


Makarov méditait dans son bureau.

Depuis quelques temps, il n'en sortait plus car sa tristesse le poussait à s'isoler. Il allait perdre une deuxième enfant, une autre de ses filles était en train de disparaître alors qu'il s'était juré qu'une chose aussi affreuse ne se renouvellerait pas.

Affligé, il se prit le tête dans les mains, le pire n'était pas encore venu, il fallait maintenant qu'il trouve le courage de l'annoncer à toute la guilde.

Quelqu'un frappa à la porte.
- Entrez, fit-il en se redressant.

Jett et Droy apparurent dans l'encadrement.
- Désolé de vous déranger maitre, commença Jett, mais nous nous inquiétons pour Levy.

- Oui, continua Droy, ça fait déjà un semaine qu'elle est partie et elle aurait du être de retour depuis plusieurs jours.

- Hum... Ah ?, fit faiblement Makarov, feignant l'ignorance.
- Il ne faudrait pas envoyer des renforts ? Pour voir si la mission se déroule comme prévue ? On pourrait y aller, Droy et moi, vérifier si tout le monde va bien.
- Les garçons…, soupira le maitre. Je suis sur que Levy se porte comme un charme, répondit-il en se doutant qu'ils se fichaient pas mal de savoir si Gajil allait bien ou non.
- Mais maitre…, protestèrent les deux mages.

- Elle rentrera bientôt, ce n'est qu'une question de temps, je vous assure, mentit le vieillard. Il faut juste que vous soyez patients, maintenant allez vous occuper un peu, dit-il en les congédiant de la main.

Alors que les deux jeunes hommes étaient sur le point de passer la porte en sens inverse, vaincus, ils furent bousculés par une furie blonde. Lucy entra dans la pièce, déterminée, et alla se poster en face du maitre, les mains sur les hanches.
- Ne vous foutez pas de nous, Makarov !, s'écria-t-elle en frappant le bureau de ses paumes.
- Lucy il ne faut pas écoutez aux portes, éluda-t-il, sachant qu'il serait plus difficile de convaincre la jeune femme.
- Ou est Levy ? Vous le savez, affirma-t-elle en serrant les poings.
- Elle rentrera, je vous…débuta le maitre mais Lucy ne lui laissa pas le temps de finir.
- Arrêtez avec ces mensonges ! Vous savez très bien où elle est, c'est vous qui l'avez envoyée là bas !

Puis elle baissa le ton et ajouta, inquiète :

- Ça peut paraître bizarre, mais j'ai l'impression qu'elle ne reviendra pas, que nous ne la reverrons plus...

La jeune blonde se tut, effrayée par ses propres mots. Makarov ne trouva rien à répondre à cela, ses mensonges ne serait d'aucune utilités car Lucy savait déjà qu'il cachait quelque chose.

D'autre mages dont Natsu, Grey, Erza et Jubia c'étaient introduis dans le bureau alarmés par les cris de la jeune femme. Le maitre observa tout ce petit monde, consterné, il ne pourrait continuer à mentir devant autant de ses enfants.
- Je ne sais pas pourquoi vous ne voulez rien nous dire, mais sachez juste que si vous ne faites rien et qu'elle ne revient pas, je ne vous le pardonnerais pas, mença Lucy.

- C'est vrai que ça commence à faire un moment, c'est pas normal, confirma le mage de glace.

- Grey-sama à raison, acquiesça Jubia.

- Si ça se trouve Gajil s'est fait rétamer !, rigola Natsu.

Lucy le frappa derrière la tête.

- Imbécile, grommela-t-elle. Ils pourraient bien être retenus prisonniers quelque part, ou pire...
- Je ne vous poserais qu'une question, Makarov, déclara la voix claire de Marijane qui fusilla son maitre du regard. Êtes-vous sur de vouloir replonger la guilde dans un nouveau moment de deuil ? De laisser une de vos filles alors qu'elle cours probablement un danger ?

Makarov resta silencieux, ils attendaient tous qu'il prenne une décision, qu'il fasse le bon choix. Bien sur qu'il était assailli par le chagrin, le fait d'avoir laisser Levy à son triste sort le torturait. Il se massa les tempes se rappelant la mort de Lisana, puis les premier jours de Levy à Fairy Tail.


- Levy, te voici à Fairy tail !, avait fièrement annoncé le maitre.

La jeune fille avait déjà 15 ans lorsqu'elle était arrivée. Elle avait apparemment eut des problèmes à cause de sa magie, dans la famille où elle avait été adoptée après la Transmutation. D'ailleurs le fait que des aptitudes magiques se soit réveillées en elle, était vraiment inattendu. De plus cela était totalement indépendant du fait qu'elle partageait son corps avec Rebecca, qui dormait encore profondément dans sa tête à l'époque.

Quelle n'avait pas été la surprise du vieux mage quand elle s'était présentée un jour dans son bureau déclarant vouloir faire partie de la guilde.

Makarov avait également constaté que la jeune fille aux cheveux bleus était plutôt refermée et souriait rarement. Un trait de caractère peut-être du au fait qu'elle vivait grâce à l'énergie vitale d'une autre, avait-il d'abord penser. Cependant au contact de ce nouvel environnement magique, elle s'était épanouit et avait abandonné son état de triste bourgeon pour celui d'une magnifique fleur.

Levy s'était intégrée, comme tout le monde et avait dévoilée sa véritable personnalité, celle d'une jeune fille douce et rayonnante qui attirait spontanément les gens. D'un naturel sérieux et appliqué cette petite souris de bibliothèque aidait volontiers ses camarades et pouvait rester des heures à parcourir des livres. Makarov n'avait mis que très peu de temps à la considérer comme une de ses filles au même titre que les autres.

Il se souvint d'une phrase qu'elle lui avait confiée un jour. C'était un matin, tôt, alors que le reste de la guilde dormait encore. Ils étaient seuls dans le grande salle. Levy avait l'air heureuse mais quelque chose semblait la turlupiner.
- Vous savez, Makarov, avait-elle commencé un peu anxieuse. A vous je peux bien l'avouer. J'ai toujours une drôle d'impression.
- Et quel genre d'impression, Levy ?, demanda-t-il soucieux pour sa fille.
- J'ai l'impression… de ne pas appartenir à cette endroit.
- Comment ça ?, fit le maitre intrigué.
- C'est comme si je n'aurais jamais du être ici, continua-t-elle comme si elle craignait que quelqu'un en dehors de lui ne l'entende.

Accoudée à la une table elle posa son menton dans ses main.

- Cela doit vous paraître bizarre, mais parfois j'ai le sentiment, d'être quelqu'un d'autre, quelqu'un qui aurait du vivre une vie complètement différente, comme si ma vie à Fairy Tail n'aurais jamais du être possible.

La jeune fille releva la tête et lui sourit.

- C'est dingue, non ?, ajouta-t-elle en riant. N'empêche je voulais vous remercier Maitre, car grâce à vous j'ai pu recommencer à zéro.

Il s'était d'abord figé en entendant ses dernières paroles, croyant qu'elle parlait de la transmutation, mais il avait ensuite réalisé qu'elle le remerciait simplement de l'avoir adoptée dans sa guilde.

A son grand soulagement, Levy ne s'était pas attendue à ce qu'il ajoute quoi que soit car il en aurait été bien incapable. Il lui avait simplement rendu son sourire, en priant pour que le jour où celle qu'il considérait maintenant comme sa fille serait effacée, n'arrive jamais. En effet, sa deuxième vie serait, elle aussi, aussi éphémère qu'une magnifique fleur de cerisier.


Makarov se leva brusquement de son fauteuil et contourna son bureau, suivit des yeux par les autres mage.
- Eh le vieux! Ou tu vas ?, lança Nastu surpris par ce changement d'attitude.
- N'est-ce pas évident ? On va sauver Levy !

Tous l'observèrent décontenancés. N'était-il pas celui qui avait assurer que la situation n'était pas si dramatique ?

Le maitre leur expliqua brièvement l'état des choses et ne put s'empêcher de grimacer devant leurs mines horrifiées. Ils se précipitèrent vers la sorti, plus résolus que jamais. Les mage de Fairy Tail ramènerait leur camarde peu importe le moyen.


Levy et Gajil étaient toujours enlacés, n'osant brisés leurs étreinte de peur que tout ne s'évapore. Cependant deux coups les ramenèrent à la réalité et ils s'éloignèrent l'un de l'autre.

La porte s'ouvrit sur une madame Kojima.
- Oh! Levy vous êtes réveillée !, s'écria-t-elle aux anges. Vous allez mieux ?

La jeune femme acquiesça d'un signe de tête. Elle ne voulait pas parler, elle savait que si elle ouvrait la bouche ses larmes reviendraient. L'immense sourire de Mme Kojima ne lui rappelait que trop bien ce qui l'attendait.
-Tant mieux, fit-elle.

La rousse posa ensuite les yeux sur le plateau qu'elle avait apportée quelques heures plus tôt.

- Gajil, vous n'avez rien mangé, constata-t-elle contrariée en s'en emparant. Bon, dans tout les cas, maintenant que Levy est réveillée nous allons pouvoir diner tous ensemble. Il sera d'ailleurs prêt dans une heure.

Puis elle sortit de la chambre.
- Je ne les laisserai pas faire, répéta durement le dragon d'acier un fois qu'ils furent seuls. Je ne te laisserais pas disparaître.

Il posa une main sur sa joue.

- Je t'aime trop pour les laisser t'éloigner de moi, ajouta-t-il entre ses dents.
- Je t'aime aussi et je n'ai aucune envie de partir loin de toi, fit-elle avant de lui embrasser la joue.

Les mots de Gajil lui faisait du bien, la dernière fois qu'il lui avait dit qu'il l'aimait, il s'était défilé. Elle senti les bras du jeune homme s'enrouler de nouveau autour d'elle et lui caresser le dos. Levy regarda par la fenêtre et aperçu les premières étoile.

- Je souhaite qu'une solution apparaisse, que quelqu'un nous vienne en aide..., souffla-t-elle.


D'après On dit que les contraires s'attirent, de Tenjouneko. Lien :